1.3.1916
mercredi A 6 h du matin nous apprenons que les autos qui devaient
nous conduire à Aubigny nous conduiront à Crécy
(changement total de direction). Je suis désigné pour l’embarquement
(le colonel a été rappelé de permission), les camions arrivent et nous embarquons
à 8 h, voyage par Hedun, déjeuné dans le camion
près du docteur Flandrin, nous arrivons à 2 h à Estrée-les-Crécy,
je loge chez Mr Dupont très bon gite, des gens aimables, ferme riche, plutôt
propriétaire, le pays est peu important
2.3
jeudi Promenade autour du village, puis jusqu’au champ de bataille
de Crécy ou Jean de Bohême fut tué, il y a
une simple croix rappelant cette bataille et cette date de l’histoire de
France
Verdun
n’est pas brillant mais on tient ferme et on a bon espoir (photo
: sous la neige, on regarde les avions)
il y a de la neige et ça tombe très fort, le
cantonnement n’est pas préparé, il faut attendre, le pays n’ayant pas de
ressource Tronchois, je fini par avoir une chambre
de
notre popote, petite jeune fille très bien, vivant avec sa grand-mère et
fiancée avec un marchand de vin qui est venu pendant notre séjour
Paris, mais cette joie est de courte durée, ma feuille indique bien Massy-Palaiseau,
mais ce n’est qu’une première destination, nous passons par Beauvais
et de nuit Pontoise, Versailles-Chantiers,
puis nous continuons toute la nuit
Photo
: cuisine en forêt, lieu non identifié
j’avais
rendez-vous pour visiter les usines Peugeot qui sont sur les bords
du Doubs (Photo : verres à pied, bouteilles, fleurs)
14.3
mardi Promenade, c’est magnifique mais les côtes sont dures à gravir,
le panorama est magnifique, on aperçoit la Suisse, les montagnes
sont encore couvertes de neige. Trémulot en profite pour aller avec Mr Beudroit
à Blamont et se fait attraper par Péroux puis
par le colonel
gens bien aimables, bonne chambre quoique chez un ouvrier
Mr Euvrard Auguste, nous faisons popote chez Bernard
ouvrier également. La Chapotte est une usine d’horlogerie,
mais qui avant la guerre ne marchait qu’en partie, les hommes sont logés
dans les ateliers assez mal car il y a très peu de foin, pas de paille du
tout, ce pays étant essentiellement industriel, très peu de culture. Dès
le soir, je profite de l’arrière pour aller à Herimoncourt
pour visiter les usines Peugeot Frères. J’arrive assez
mal, le colonel visite en même temps. Je prends rendez-vous avec un chef
de fabrication pour une autre fois avec des camarades.
Carte
postale d'Herimoncourt, adressée par Edouard à ses parents, leur signalant
la demeure des Peugeot
Carte
ci-contre : E. Gabory, 1923
26.3
dimanche Grand-messe à Glay, il n’y
a pas d'église à Meslières, Glay
est un beau petite village Suisse entre deux montagnes, l’après-midi, promenade
à Hérimoncourt. Mr Leglaive, Savré et moi,
nous admirons le magnifique panorama de la vallée du Doubs, on aperçoit
très bien Montbéliard, le temps est très beau,
la promenade est des plus agréables, le soir à mon retour je rencontre Avignon
qui est à Glay ou plutôt à Pierrefontaine.
Dans tout le pays les gens sont très aimables, se promènent avec nos poilus,
beaucoup ont été recus à déjeuner ou diner, à notre popote on nous a offert
du gateau, c’est souvent l’habitude à Rambois ou nous fait des beignets,
on mange aussi dans la contrée des choux salés et des saucisses fumées
28.3
mardi Tous les jours nous venons travailler dans ce coin pendant
huit jours, le 28 je demande une permission pour aller
visiter les usines Japy, le colonel la refuse avec cette annotation
« il est inadmissible qu’un officier demande une permission pour se promener
pendant que les hommes travaillent » Soit disant le commandant aurait répondu,
mais en tout cas je n’ai pas eu de permission ce que je pardonnerais pas
au colonel
2.4
dimanche Messe à Glay avec Mr Leglaive,
Caiade, l’après-midi promenade à Hérimoncourt,
bruits de départ, mais le lendemain travaux à nouveau dans le ravin de la
Doue. Mr Leglaive apprend qu’il ne part pas, il n’y a que Créhalet,
Lefeuvre et de Vlacourt
je trouve difficilement une chambre, c’est regretable
car la population est aimable, le 3e bataillon est installé commes
des princes. Nous faisons popote chez un contremaitre loin devant les usines,
après déjeuner nous allons visiter les Forges où
nous sommes bien reçus. Mr Boileau chef de tréfilerie nous fait visiter,
nous explique toutes les fabrications, pointes, tôles,
rivers, fil de fer, c’est très intéressant, nous prenons une bière
ensemble
On sort de la gare et on apprend que nous sommes cantonnés à Landremont
(un peu au S.O. de Pont-à-Mousson et à 209 km au N. d’Audincourt, précédent
cantonnement) Nous venons faire des travaux
de première position. On ose pas trop bouger et on déjeune au plus prêt
sur la route, les renseignements sont peu rassurants, c’est la ruine où
nous allons, il n’en est rien, on passe la Moselle pays charmant, Millery
avant d’arriver à Landremont, grand halte, un avion laisse tomber une bombe,
le soir installation modeste au cantonnement, peu de ressources Photo
: Edouard lit
14.4
vendredi Travaux toute la journée
21.4
vendredi Départ de Landremont à 4 h, prend Crue à Millery
et nous prenons le train à Champigneulles,
voyage pour Paris, déjeuner Wagon-restaurant,
diné à Paris chez Chaussé où on fait maigre
c’est Vendredi Saint, achat imperméable,
départ à 9 h pour Nantes
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