Les 8 perreyeurs à Nantes Sud Loire en 1846 : carrière du chemin de Vertou

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Née en 1938, j’ai connu les pavés, très nombreux, même si le centre ville en a encore conservé quelques uns pour mémoire. En 1846 en outre, on ne construit pas encore en béton partout, donc il faut des pierres pour les maisons neuves, d’autant que l’hopital d’une part et la rue st Jacques d’autre part sont en construction et reconstruction, du moins en partie, et la route de Clisson voit le jour avec des maisons nouvelles sur les anciennes terres de jardiniers.

Outre les carrières de Chantenay, je découvre une carrière chemin de Vertou, et voici les perreyeurs dont je ne peux dire s’ils sont sur la même carrière : (lieu, âge, propriétaire, logement, nom)

Hte Grèneraie 29 Deplanchettes 2P rz, jardin Praud Jean
Hte Grèneraie 37 Deplanchettes 2P rz, écuries, grenier, cave Garraud Jean
village de la Boierie 28 Guilbaud 1P rz Guilbaud François
village la Gilarderie 43 Guilbaud 2P rz Guilbaud Sébastien
village la Gilarderie 44 Peneau 2P rz Chandebel Louis
ch. de Vertou est 45 Livain 2P rz, jardin, carrière Livain Charles
ch. haut de Vertou 63 Brochet 1P rz Levesque Louis
village de Sèvres 29 Duchatelet 2P rz Peltier Pierre

Les boîtiers avant la machine à faire les boîtes de conserve : ici chez Cassegrain en 1901

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Pour répondre à la question posée hier, voici effectivement le boîtier travaillant chez Cassegrain, dont l’usine est bien au prolongement de Nantes Sud Loire.

Le recensement de 1901 Nantes Sud Loire (les 2 collections, celle des AM et celle des AD additionnées car se complétant) donne bien 2 fois le métier de boîtier, donc l’un chez Cassegrain, l’autre sans travail. Voici celui qui travaille chez Cassegrain :

Vezin Louis 50 chef boitier Cassegrain
Ordronneau Marie 44 femme blanchisseuse patronne
Vezin Louis 19 fils manoeuvre Chevalier rue Jeanne d’Arc
Vezin Marie 16 fille couturière divers

Et voici en 1901 aussi, celui qui était sans travail, mais il se trouve qu’il a 17 ans et vit avec ses parents et frères et soeurs à Sèvres. Je me permets de vous rappeler cependant qu’à 17 ans à cette époque, on est normalement au travail depuis longtemps. Sans doute a-t-il terminé son apprentissage mais pas encore été embauché ! A moins que la machine ne soit déjà là !!!

 

 

L’explosion du chômage (sans Assedic) fin 19ème siècle : Nantes Sud Loire

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Je vous parlais avant-hier de la fin des scieurs de long pour débiter les grumes de bois arrivant au port de Nantes. Voici l’augmentation considérable des « sans travail » entre 1846 et 1901 à Nantes Sud Loire. La population est passée de 3 000 à 4000 dans ce quartier Sud Loire de Nantes, sans doute sous le poids des arrivées pour trouver du travail à Nantes, mais force est de constater qu’on ne trouvait pas toujours du travail, car ils sont 114 « sans travail », et si je rapporte au nombre d’adultes chefs de famille qui sont environ 1 000, je constate un taux de chômage déjà à 11 %.

Dans cette longue liste des métiers qui ont des « sans travail », je note surtout la fin des tonneliers à Nantes. Je n’ai pas compris si les navires n’avaient plus besoin du vin en tonneaux, ou si les tonneaux étaient désormais fabriqués hors Nantes, car le quartier Nantes Sud Loire devenait habitations ouvrières et petites boutiques essentiellement, alors que les ateliers de tonneliers n’y ont sans doute plus leur place et leur bruit.

Voici ces 114 « sans travail », par métier

ajusteur
ajusteur
boisselier
boitier
boulanger
boulanger
calfat
camionneur
camionneur
charbonnier
charpentier
charpentier
charpentier
chaudronnier
chaudronnier
chauffeur
chauffeur
chauffeur
chauffeur
coiffeur
cordonnier
corroyeur
couvreur
couvreur
dévideuse
domestique
emp.
emp. Commerce
emp. de commerce
factrice
fileuse
fondeur
forgeron
frappeur
garçon de magasin
garçon épicier
giletière
imprimeur
imprimeur
jardinière
journalier
journalier
journalière
journalière
journalière
maçon
maçon
maçon
maçon
maçon
maçon
maçon
maçon
maçon
maçon
maçon
magasinier
manœuvre
manoeuvre
manoeuvre
manoeuvre
manoeuvre
manoeuvre
manoeuvre
manoeuvre
manoeuvre
manœuvre
manoeuvre
manœuvre
manœuvre
maréchal
marin
mécanicien
mécanicien
mécanicien
mécanicien
mégissier
menuisier
menuisier
menuisier
menuisier
mouleur
mouleur
ouvrier
paveur
peintre
perreyeur
plâtrier
scieur de long
scieur de long
serrurier
tailleur de long
tailleur de s?
tailleur d’habits
tailleuse
tanneur
tanneur
tapissier
tesseur de tas
tonnelier
tonnelier
tonnelier
tonnelier
tonnelier
tonnelier
tonnelier
tonnelier
tonnelier
tonnelier
tonnelier
tonnelier
tonnelier
tonnelier
tonnelier

La fin des scieurs de long à Nantes avant la mécanisation des usines de traitement du bois

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En dépouillant les recensements de Nantes Sud Loire, j’ai rencontré beaucoup de métiers surprenant, enfin que je ne m’attendais pas à trouver là, aussi je vais vous les transmettre.

En 1846 Nantes est un port encore accessible aux bateaux de haute mer, et importe du bois. Les grumes de bois sont débitées en particulier à Rezé. La mécanisation n’est pas encore passée, aussi ce sont des scieurs de long qui sont ouvriers dans ces usines. Si vous regardez sur Internet ce que ce métier manuel physiquement dur signifie, vous verrez qu’ils sont 2 ensemble l’un en haut de la scie ,  perché débout sur la grume de bois, l’autre en bas, pour débiter la grume de bois.

Ainsi, un scieur de long demeure en 1846 à Nantes Sud Loire : René Neau, 37 ans, né à Saint-Maurice, marié, 4 enfants, vit en une pièce au 1er étage de la maison appartenant à Gallard.

Pour moi, avant d’avoir lu ces recensements, un scieur de lont était lié aux forêts et surtout pas à une grande ville comme Nantes. J’ai donc été très surprise de les rencontrer à Nantes, puis en réfléchissant, je me suis dit que Nantes importait des grumes à débiter et que la mécanisation n’était pas encore là en 1846, donc il est normal de trouver ce métier dans la banlieue nantaise.

Hélas, en 1901, la mécanisation est passée, et Nantes Sud Loire compte encore 2 scieurs de long, mais dans la rubrique « patron », qui note le nom de l’employeur, ils sont marqués « sans travail ». Ce sont Jean Guiton et Léonard Salagnac. Ce dernier a un nom bien d’ailleurs, mais venu à Nantes travailler, il est sans travail.

Car entre 1846 et 1901, la mécanisation des usines de la banlieue nantaise a engendré une classe dans la rubrique « métier » des recensements : « sans travail », et ils sont très nombreux, aussi je vais demain vous transmettre un autre métier alors condamné.

Benoît Halbert, artiste peintre, s’en est allé : ses oeuvres demeurent.

Benoît Halbert demeure par son oeuvre. Ainsi, cet ancien presbytère habite ma salle de séjour, me rappelant aussi que ces lieux ont souvent été désertés faute de prêtres, même certains ont une seconde vie de nos jours.

J’avais acheté cette oeuvre dans les années 1990, découvrant alors que l’artiste peintre avant un ancêtre commun avec moi, mais avant la Révolution, et cela remonte loin. Il est inhumé demain à Sucé-sur-Erdre, et j’aurai une pensée, devant ce presbytère qu’il a signé.

A sa mémoire.