Sully, ministre de Henri IV, cerné par la Loire dans son château de Sully-sur-Loire est sauvé par les mariniers

« Le 18e jour d’octobre (1608), il vint une grande crue de la rivière de Loire et plus que toutes les autres cy-devant et rompit les Turcies et levées à la grande brêche de Lyon (en Sullias).
Le duc de Sully se voyant peu après assiégé d’eaux qui montaient dans les chambres, puis voyant rompre les levées de la porte du Guichet, ruiner les murailles qui étaient à l’entour des dites levées et que toutes les eaux qui passaient paroisse rladite brêche de Lyon passaient par sondit château, de telle force qu’il voir emporter la maison et le jeu de paulme du sieur Maurice, puis la maison de Tavernier, envoya quérir des mariniers pour le tirer de ce danger, lesquels, avec grand danger, le menèrent en la ville avec le comte de Ventadour. » (Pierre Chasteigner, chroniqueur 1541-1621, Mémoires inédits)

Le désastre caussé par l’inondation fut tel, il frappa si vivement l’imagination de Sully que, dès le 25 octobre, celui-ci écrivait à Henri IV :

« Sire, j’ai reçu lettres de tous côtés et bourgs étant sur la rivière de Loire où les ravages sont si étrangers et les ruines si grandes, que c’est chose effroyable de la ouïr conter… »

Et il ajoutait, parlant de la détresse des sinistrés :

« S’il ne plaît à Votre Majesté les secourir en les déchargeant des tailles, et les assistant d’une bonne et grande somme pour les réparations les plus pressées et nécessaires, il faudra qu’ils abandonnent tout et laissent leurs maisons désertes et leurs terres en friche… »

Pierre de l’Estoile disait, plus tard, que la réparation du dommage causé cousterait un million d’or qui est la ranson d’un roy.

d’après Louis Martin, Au temps de la Marine de Loire, les souvenirs d’un vieux batelier, Orléans, sans date

Une réponse sur “Sully, ministre de Henri IV, cerné par la Loire dans son château de Sully-sur-Loire est sauvé par les mariniers

  1. 10 février 2013, la Loire monte et commence à innonder les îles de Loire qui sont au pied de mon immeuble, s’étendant sur 10 km de prairies innondables et de loisirs.
    Les accès aux îles pavoisent donc de gentils panneaux signalant le danger, car non seulement elle monte, mais les marées renforcent singulièrement le phénomène à certaines heures.
    Eh bien !
    que croyez-vous !
    du haut de ma tour, je peux voir les curieux sans doute munis de caméras, et dans des endroits plus que limite danger !
    Nous vivons une époque de dingues !
    prendre des risques et les filmer est devenu un plaisir.
    Pour sur que du temps de Sully, on y regardait à deux fois car on avait à payer.
    Odile

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