Cartes d’Anjou

La représentation plane de la terre ou partie de la terre, ronde, est très approximative jusqu’au XVIIIe siècle. Les évêques sont plus souvent promoteurs de cartes de leurs diocèses, que les ducs de leur duché. Les cartes de Bretagne (GAUDILLAT Claude, Cartes anciennes de Bretagne 1582-1800

  • , Coop Breizh 1999), attestent que les ducs de Bretagne ont eu une idée plus qu’approximative de leur territoire, voire parfois fantaisiste.

    Le roi de France n’est pas mieux loti, d’ailleurs il n’entretient pas le réseau routier, qui ne lui appartient pas et est à l’abandon. Les seigneurs rendent aveu pour leur terre en la bornant de ses voisins ou des rivières. Chaque sujet possesseur d’un bien foncier fait de même à son seigneur : « une quantité de terre située dans le bout vers midi dudit pré Brettault contenant ladite quantité 28 cordes de terre joignant vers soleil levant la terre de René Gisteau, vers soleil couchant la terre cy-dessus, vers midi ledit ruisseau et vers septentrion la terre de ladite Gisteau ». Peu possèdent un plan terrier (ancêtre du cadastre). Et les ventes de biens se font sur le même principe.

    Avec Louis XV tout change. Il est le premier à renover le réseau routier depuis le départ des Romains. Il était temps ! Sous l’impulsion des progès des mathématiques et de l’astronomie, il charge César Cassini de dresser une Carte Topographique de la France. Ce relevé, fait en équipe, demandera des années de travail, et sera achevé par son fils Jacques Dominique.

    Pour cette carte, il faut relever les noms de lieu. Les seigneurs, possesseurs des biens fonciers sur lesquels il prélèvent les impôts fonciers, sont censés connaître ces noms. Hélas, à cette époque, une partie des seigneuries est entre les mains de nouveaux riches. Peu connaissent la paléogaphie, et savent encore lire les anciens terriers (chartriers). Il s’ensuit une altération accélérée des noms de lieu au XVIIIe, et les noms de lieux donnés par Cassini en souffrent beaucoup. Bref, la carte de Cassini elle-même est tout sauf exacte, mais elle eut le mérité d’exister à son époque, comme un grand progrès.

    Voici quelques cartes anciennes :

  • sur Gallica
  • 6 cartes, dont seule la 6e donne les limites de l’Anjou !

    • Carte du duché d’Aniou / [Tassin]- [s.n.] ([Paris]) – 1634
    • Aniou / per Gerardum Mercatorem- [s.n.] ([Amsterdam]) – 1636
    • Le duché d’Aniou- I. Ianssonium (Amstelodami) – 1630
    • Ducatus Andegavensis, Aniou, 1573 / auctore Licimo Guyeto Andegavense- G. Blaeuw (Amsterdami) – 1600-1699
    • Carte générale du Duché d’Anjou dediée a Monseigneur le Duc d’Anjou frere unique du Roy, et faite aux frais de Mre Guy Arthaud archiacres et chanoine de l’Eglise d’Angers / par Iean le Loyer de la Flèche- [s.n.] – 1654
    • Gouvernement général d’Orléans suivant les derniers estats generaux ; et qui comprend le Maine, le Perche, la Beauce, et le Gastinois au deça de la Loire ; le Nivernois, l’Orleanois, le Blaisois, la Touraine, et l’Anjou / par N. Sanson d’Abbeville- Chez l’Auteur et chez Pierre Mariette ([Paris]) – 1650
    Dernière des 6 cartes de Gallica, datée de 1650, c’est la seule donnant les limites de l’Anjou, et ce relativement exact.

  • au CDIP
  • pas d’indication de la source de la carte, hélas !

    Et voici quelques cartes modernes, plus fiables :

  • sur Wikipedia
  • carte moderne donnant le contour, mais peu de détails sur les communes. Elle a la particularité d’englober le Loudunois, et de donner le contour du département du Maine-et-Loire, dont on voit clairement les parties ont été détachées.

  • livre d’histoire en 1922
  • Elisabeth vous envoie le manuel scolaire de sa maman en 1922. On enseignait alors dans le Maine-et-Loire, l’ancienne carte d’Anjou, et les écoliers pouvaient voir les parties détachées de l’Anjou sur leur carte !


  • selon R. Favreau, Atlas historique de l’Anjou
  • Voici un extrait, concernant le Haut-Anjou. C’est la carte que j’utilise quasiement quotidiennement

    5 réponses sur “Cartes d’Anjou

    1. Très bien. Maintenant ça m’est possible de préciser que Cossé-le-Vivien tombait dans l’Anjou anciennement tandis que Cossé-en-Champagne était à l’extérieur. Merci beaucoup.

        Note d’Odile :

      Bonjour
      Sur mon blog, vous trouvez aussi beaucoup d’actes notariés anciens (en tout 25 actuellement) concernant Cossé le Vivien, dont voici le dernier :

      Antoine Babineau est venu acheter 42 pipes de vin à Angers, Cossé le Vivien 1610

      Puis il vous suffit de cliquer sur le tag Cossé le Vivien situé sous le post, et vous aurez les 24 autres actes qui défileront

      Bonne journée
      Odile

    2. je m’interesse aussi beaucoup à Cossé le Vivien , don’t mes ancetres sont originaires . Et votre blog est une véritable mine riche en informations. Ce dont je vous remercie infiniment.
      Le nom de Thomas B. Higgins semble Anglo-Saxon ? …

    3. Bonjour Mme Halbart,
      D’abord, bravo et merci du travail que vous avez réalisé.
      Plusieurs collègues directeurs d’hôpital et moi-même essayons de réaliser un « Guide du Patrimoine hospitalier de l’Anjou »…
      Ceci sous l’égide de la Société Française d’histoire des hôpitaux.
      Je suis demandeur, vous vous en doutez, de toutes informations et données qui nous aiderait à réalisé le travail que nous avons mis en chantier.
      D’où mon message. On ne sais jamais…
      Je vous souhaite une bonne fin de journée
      Marc Guillochon

    4. Pouvez-vous m’indiquer ou etait la frontiere entre le Maine et l’Anjou sur la route du Gue de Meziere jusqu’a La Bruere. Il me semble qu’elle correspondait a l’embranchement de la route de Chenu. Est-ce exacte?
      Je vous remercie tres vivement a l’avance de bien vouloir me renseigner.

      Respectueusement,

      Francois Thevenin (actuellement en Thhailande.

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