Jean Séjourné vend une moitié de maison : La Jaillette (49) 1721

Cet acte est aux Archives Départementales du la Sarthe, chartrier du prieuré de la Jaillette AD72-H486 – f°258v – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :


« Le 23 septembre 1721, a comparu en jugement René Marpault tixier demeurant au bourg de la Jaillette, lequel a exibé copie de contrat passé devant Bouvet notaire royal le 10 may 1719, par lequel François Brillet et Renée Brillet luy ont vendu la moitié d’une maison au bourg de la Jaillette, l’autre moitié appartenant à Jean Séjourné, pour et moyennant la somme de 55 livres, et par ledit contrat ledit Séjourné lui a céddé l’autre moitié de ladite maison, arantée (sic) par le sieur Trillot prêtre, à la charge de payer en son acquit 50 sols de rente foncière par an aux héritiers du sieur Trillot, auxquels apartient ladite rente, et s’est avoué sieur an (pour « en ») nuepce [c’est la « nuesse », dont je vous ai souvent entretenu. Tappez nuesse dans les mots étiquetés sous ce billet] et en sensifve (pour « censive ») de cette seigneurie pour raison de ladite maison, rues et issues en dépendant, joignant d’un costé la maison dudit Guyoullier, d’autre costé le jardin de Pierre Drouet, d’un bout la Grand Rue, et d’autre bout le jardin de Guyoullier ; pour raison de quoy il a confessé devoir chascun an doit 20 deniers de cens et rente en fraresche, à laquelle déclaration il a fait arrêt, dont nous l’avons jugé et condamné payer servir et continuer lesdits cens et rentes et en payer les arrérages, ensemble vantes (pour « ventes ») de l’acquisicion faicte desdits Brillets, et aux dépands … »

4 réponses sur “Jean Séjourné vend une moitié de maison : La Jaillette (49) 1721

  1. Bonsoir Madame,

    Si j’ai bien compris : René Maupart achète
    – ½ maison aux Brillet pour 55 livres
    – et l’autre ½ maison à J. Séjourné, laquelle a été « arentée » par le Sr Trillot, à charge de payer 50 sols/an de rente aux héritiers dudit Trillot.

    Mais ce, pendant combien de temps ou de générations ?

    Je retrouve le mot « arenter » que j’avais évoqué en commentaire de votre article du 11.04.2011 ; c’était toutefois dans un fait antérieur de 2 siècles.

    Bien sincèrement.

    1. Bonjour
      Il s’agit de la vente à rente foncière annuelle et perpétuelle.
      Donc, pour toutes les générations suivantes.
      Et vous avez souvent souvent sur mon blog de ces types de vente à rente perpétuelle, et il vous suffit de prendre la fenêtre RECHERCHE sur la colonne de droite du blog, et d’y taper PERPETUEL et vous allez voir des tas de réponses.

      Mais cela me réjouit que vous vous posiez la question, car j’y pense souvent, quant à la Révolution, qui a tout supprimé, et j’ai personnellement compris que ces rentes avaient brusquement cessé alors.
      Et, de ce pas, j’ai cherché sur Internet, en tapant « que sont devenu les rentes foncières perpétuelles à la Révolution », et je trouve une étude qui me paraît répondre à la question :

      Les rentes foncières sous le Consulat et l’Empire. [article] sem-linkGeneviève Massa-GilleBibliothèque de l’école des chartes Année 1975 Volume 133 Numéro 1 pp. 59-91

      Odile

  2. Bonjour Madame,

    Merci pour toutes les informations que vous apportez. Ce n’est pas un sujet simple que ces rentes perpétuelles avec, en plus, le vocabulaire technique de l’époque. Elles ne permettaient pas d’être vraiment propriétaire mais assuraient toutefois l’avenir du preneur.

    Dans l’acte du jugement, René Marpault a acheté une demi maison appartenant à Jean Séjourné. Ce dernier la possédait par arentement ( 50 sols/an) envers le Sieur Trillot puis ses héritiers. Jean Séjourné pouvait donc en jouir à perpétuité, passer ce droit à ses héritiers mais il pouvait aussi la vendre ce qu’il fit ( pas de valeur indiquée pour cette ½ maison ou alors sans autre valeur que la rente). Il a acheté l’autre moitié aux Brillet pour 55 livres.
    Mais René Marpault a oublié, semble-t-il, suite à cette acquisition, de payer les 20 deniers de cens et de rente en fraresche à la Seigneurie et le jugement l’y oblige.
    Mme Massa-Gille indique, dans le livre que vous mentionnez, qu’il y a plusieurs sortes de rentes foncières (avec des variantes, selon les régions) qui vont disparaître à la Révolution. Il s’agirait donc là d’une rente foncière seigneuriale.

    Au 19e siècle, j’ai pourtant vu encore la trace d’une rente annuelle et perpétuelle. Elle était destinée à une fabrique paroissiale (1829). Mais en 1891, les héritiers qui en continuaient le versement annuel, pressentant sans doute d’autres événements, font ajouter la clause : « … au cas où la rente viendrait à être réunie au domaine de l’Etat, celle-ci serait éteinte ». Ce qui se produisit en 1905. Perpétuel n’était donc pas éternel…

    Bonne journée, cdlt.

    1. Bonjour
      Oui, il existait beaucoup de formes de rentes, et je ne parle que de la Province que je connais l’Anjou, et un peu la Normandie.
      J’ai bien aimé votre dernier paragraphe, et de la secousse il m’est revenu en mémoire les fameux emprunts russes, et j’ai été voir sur internet : pas triste comme argent perdu !!! et comme perpétuité !!!
      et même j’ai pensé à notre emprunt et la dette que nous laisserons après nous et je vous remets sont terrifiant compteur :
      http://www.dettepublique.fr/

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