Le Nouvel An il y a 100 ans : carnet de guerre d’Edouard Guillouard

Bonne année 2018 à tous mes fidèles lecteurs et amis.

J’ai fait un retour il y a 100 ans, dans le carnet de guerre de mon grand père Edouard Guillouard, et je m’aperçois que ce père de famille (il avait alors 3 enfants) a eu des permissions.
Le premier Nouvel An est touchant, car ils croient toujours que cela va bientôt s’arrêter !!!

1.12.1914 jeudi – Le départ pour les tranchées est remis au 1er au soir, aussi à 8 h grand repas chez le Ct qui fait popote chez le maire, chants, discours, les Nudreins, Stéphan, Goheau, on attend la nouvelle année qui doit nous donner la victoire et la paix, le retour au foyer fiers d’avoir bien fait son devoir, mais tous avec la conviction qu’en avril ou mai tout serait terminé
1.1.1915 vendredi – Nous recevons les sous-officiers chez Ferron, Bichon, Faucheron, Liclou, Moreau, Goron, Bridonneau, Pierre, Pavageau, Deslandes, Charron, Guitard, Faucheron, cap. Tourrien, Pineau coiff., Marchais cycliste. Réception chez le Ct, le colonel envoi un mot qui donne satisfaction

26.12.1915 Arrivée à Nantes à 4 h
1.1.1916 samedi Le premier janvier me trouve en famille à Nantes et dans les souhaits de nouvel an il n’y a pas d’arrière pensée, l’année qui commence sera l’année de la Paix, on entrevoit l’offensive ce printemps et même on fixe comme date extrême le 14 juillet. Aussi c’est avec confiance que le 2 janvier à midi je quitte ma famille pour retourner au front.
2.1.1916 dimanche Le départ toujours pénible, les parents, ma femme, mes enfants, mes frères viennent me conduire à la gare, c’est quand même avec tristesse que je quitte les êtres aimés pour repartir vers l’inconnu et le danger. A mon passage à Paris je retrouve l’ami Chaussé à m’attendre à la gare et qui m’emmène diner chez lui où je trouve le meilleur accueil près de sa femme, après un bon dîner, je quitte Paris en fête car c’est dimanche et dans un compartiment bondé je passe la nuit puis la matinée pour arriver à Doullens (au nord d’Amiens et à 167 km de Paris) à 9 h
3.1 lundi Pas de train pour L’Arbret, mais malgré les ennuis d’un long voyage en train de marchandise, je trouve une occasion avec le capitaine Denis du 83e T. et à 4h je suis avec les camarades, qui sont au comble de la joie occasionnée par le départ du colonel Dussert. Je vends à Créhalet l’imperméable horizon que j’avais acheté à Abbeville pour 20 F, il m’en avait coûté 55

29.12.1916 vendredi Projet et théories par escouade
30.12 samedi la Tuilerie de Jeandelaincourt
31.12 dimanche Messe par le curé de Jeandelaincourt, sermons, le 31 au soir la 1ère qui préparait un grand festin reçoit l’ordre de départ
1.1.1917 lundi Réception à la Tuilerie de Jeandelaincourt des sous-officiers, visite à Moivrons au chef de bataillon qui s’excuse de ne rien offrir, déjeuner à la 2e, RI092.JPGPerrin est très gai, le déjeuner copieux, Lebastard, Bigard, Faineu, Legard, Paradure. Le soir ordre pour les travaux par nuit noire, je prends un fameux bain de pieds près du bois d’Aulnois
ci-contre : photo à identifier. Est-ce Port au Seille ?
2.1 mardi Reprise des cours de F.M., travaux
5.1 vendredi Bruits de départ qui se confirment, nous attendons les ordres qui arrivent dans la journée du 6
6.1 samedi Préparatifs
7.1 dimanche Départ à 3h par la neige et le grand vent route par Leyr, Amance, Laître-sous-Amance, Laneuvelotte, Velaine-sous-Amance, Réméréville (25 km S.E. de Moivrons) où nous arrivons à midi. Cantonnement occupé par le 82e mal logé

1er janvier 1918 mardi En permission, la croix de guerre, visites, souhaits paix prochaine
2-3.1 Profite de 2 jours de plus
4.1 vendredi Soir, départ de Nantes, grand froid, voyage avec le général commandant IIe C.A.
5.1 samedi Paris, diné avec Chaussé qui est indisposé
6.1 dimanche Arrivée à Nancy, grand-messe, accident bain, déjeuné avec Paradesse, retour à Dieulouard, diné avec Glorion et Mr Leglaive, champagne avec Lecolter
7.1 lundi Dieulouard, achat chez Gouvy, départ pour le Pouillat sous la pluie
8.1 mardi Installation, coup de main à Flirey
9.1 mercredi Bombardement tous les jours, travaux au Bois Le Prêtre dans la neige

11 réponses sur “Le Nouvel An il y a 100 ans : carnet de guerre d’Edouard Guillouard

  1. Très bonne année à vous Madame et tous les lecteurs de ce site
    en ce moment grosse tempete sur notre littoral.
    n de la Hardouinaye

  2. Bonne année Odile et que la santé vous permette à ce changement (qui est aussi le mien) de continuer la traduction de vos merveilleux documents. Amitiés et meilleurs voeux aussi à tous vos lecteurs.

    1. Ouille ! je viens de lire http://science.blog.lemonde.fr/2013/12/11/le-quatrieme-age-ou-la-derniere-etape-de-la-vie/
      Car, je pressentais que 2018 ressemblait pour moi à 4ème âge, et je n’entends pas fêter cet anniversaire. Or, l’article que je viens de lire définit bien 80 comme le seuil différenciant old de old old, c’est à dire 3ème de 4ème âge.
      Ainsi, Marie-thèrèse, nous devons nous résoudre à cette réalité.
      Ceci dit, parmi mes lecteurs, il y en a beaucoup dans cette tranche d’âge, que nous rejoignons donc.
      Je les salue tous amicalement, me voici donc avec vous dans le 4ème âge avec la plupart de mes lecteurs.
      Ouille !
      Odile

  3. Bonjour Odile, j’ai reçu d’une amie de Touraine les 20 règles pour les années d’or, les nôtres. Je vous fais grâce de tout ou presque car je retiens seulement que  » on ne plaisante pas avec les vieux de la vieille, l’âge et la ruse arriveront toujours à triompher de la jeunesse et de la force ! L’astuce et l’esprit viennent seulement avec l’âge et l’expérience ». Encore bonne année Odile et surtout que Dieu et la médecine nous gardent le plus longtemps possible l’esprit libre et éveillé.

  4. Une très bonne année à vous Mme Halbert et à tous les lecteurs de ce blog, entre nous 3e ou 4e age peu importe s’il est de qualité!

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