Charles Champs acquiert une caille de jardin contenant 8,5 cordes : Chambellay 1610

Revoici le terme « caille de jardin » que nous n’avions pas réussi à comprendre, et je vous mets donc ici le lien vers nos discussions passées.

Voici la définition de la corde :
Dans quelques régions la corde, normalement mesure de longueur, est aussi mesure de superficie. En Bretagne, la corde carrée de 24 pieds de côté fait 576 pieds carrés, soit 60,78 m2, et il en faut 80 pour faire un journal. En Anjou elle fait 25 pieds de côté et 65,95 m2 (Marcel Lachiver, Dictionnaire du monde rural, 1997)

Donc la caille acquise par Charles Champs 8,5 x 65,95 = 560 m2 soit 7 fois mon appartement, c’est donc bien trop grand pour être un abri de jardin.
En outre, elle jouxte des pièces de jardin, et selon ma meilleure hypothèse la caille de jardin est une expression voisine de « pièce de jardin »

A propos de Charles Champs, il s’agit d’un mien collatéral de mes MIZAUBIN.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, AD49-5E6 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 4 février 1610 en la cour royale d’Angers devant nous René Garnier notaire royal Angers a esté présent François Restyf marchand au bourg de Chambellay soubzmectant confesse avoir par ces présentes vendu quité cédé délaissé et transporté, vend quite cèdde délaisse et transporte à Charles Champs marchand demeurant audit Chambellay présent et acceptant lequel a achapté pour luy ses hoirs etc une caille de jardrin contenant 8 cordes et demye située près le grand cymetière de Chambellay joignant d’ung costé ledit cymetière d’autre costé et abouttant d’ung bout le jardrin de l’acquéreur d’autre bout le chemin tendant de Chambellay au boys de Montbourcher, ainsi que ladite caille de jardrin se poursuit et comporte, appartenant dudit vendeur à tiltre successif (f°2) de ses deffunts père et mère sans aucune réservation, au fief et seigneurie de Beauregard en fresche avec l’acquéreur et autres en l’article de 5 deniers par an, lequel debvoir quite du passé ; transportant etc et est fait la présente vendition cession delays et transport pour le prix et somme de 45 livres que ledit acquéreur a payée en pièces de 16 sols et autre monnaye et double pistolets le tout bon et ayant cours suivant l’édit royal ; à laquelle vendition tenir etc garantir oblige ledit vendeur etc fait Angers en présence de Jacques Guyet et René Bachelot témoins, et en vin de marché 45 sols »

2 réponses sur “Charles Champs acquiert une caille de jardin contenant 8,5 cordes : Chambellay 1610

  1. Bonsoir Madame,

    En 1610, la possession d’un jardin d’environ 6 ares semble être d’une très grande importance. Il permettait sans doute à cette époque (comme ce serait le cas de nos jours d’ailleurs si l’on exploitait une telle superficie – cela revient d’ailleurs à la mode) de nourrir, en partie, toute une famille. Son prix semble, en effet, élevé (45 livres) quand on sait qu’une closerie qui devait se composer de qqs ha au moins et de sa maison, est évaluée à la veille de la Révolution, à 2 ou 3000 livres. ( sans prendre en compte la dévaluation monétaire).

    Très bon dimanche.

    1. Bonjour
      Tout à fait d’accord avec vous. D’autant qu’autour des grandes villes, le jardin était à légumes pour se nourrir et/ou vendre au marché, mais aussi, et j’insiste sur ce point, toute propriété foncière, même minime, était le placement sur des économies, chose que nous avons oubliée avec notre livret A, et ces petits placements servaient aux ajustements des dépenses de la vie : je songe ici à la nécéssité autrefois de doter les enfants, et aussi à la solidarité famille et même famille très élargie, comme j’ai pu le constater lors de l’arrestation à Pouancé de faux-sauniers, voyez mon site à ce sujet, car pour payer l’élargissement des prisonniers toute la famille très élargie se réunissait et vendait des petits biens fonciers pour payer l’élargissement. Mes pages sont très anciennes, mais je me souviens parfaitement de tous ces actes notariés de ventes de parcelles pour payer l’élargissement des proches.
      Odile
      PS Il y a environ 60 millions de livrets A, chiffre qui fluctue énormément depuis quelques temps par suite de la loi Eckert, mais tout de même avec ce premier moyen de placer ses économies nous avons totalement oublié comment on faisait autrefois pour placer ses économies.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *