Guy d’Andigné paie ses impôts féodaux pour sa nouvelle métairie : Bécon les Granits 1606

Il a 12 ans de retard, et il a subi quelques relances.
Mais à cette occasion, comme souvent d’ailleurs, je me suis demandée comment ces propriétaires de nombreux biens pouvaient penser à tout gérer à temps, d’autant qu’ici la date du terme de paiement est Saint Nicolas, et non Notre Dame Angevine comme la plupart des paiements. Je suppose qu’ils classaient leurs papiers mais pour leur comptabilité, comment se souvenaient ils de tout ce qu’il y avait à payer et à recevoir ? J’ai déjà vu dans des archives, des comptabilités de marchands, et sur mon blog vous avez déjà des « mémoires » ou « comptes de gestion », mais au quotidient comment faisait-on, je me demande cela parce que je suis tellement devenue entièrement numérique que j’oublie les méthodes papier.

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales de Loire-Atlantique, série AD44-4E2/434 – Voici la retranscription de l’acte (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 9 juin 1606 après midy, par devant nous Julien Deille notaire royal Angers fut présent Charles Guerin, receveur de la terre fief et seigneurie du Boistravers, demeurant en la paroisse de Vern, lequel deument soubzmissoubz ladite cour confesse avoir receu contant en notre présence de Guy d’Andigné escuier sieur de Vendor la somme de 8 livres 8 sols en monnaye aiant cours suivant l’édit pour les arrérages de 12 années finies et escheues au terme de la Saint Nicolas dernier de l’année 1604 de 14 sols de cens ou debvoir deuz chacun an audit terme à la recepte de ladite seigneurie du Boistravers sur à cause et pour raison du lieu terres et appartenances de la métairie sise en la paroisse de Bescon dont ledit d’Andigné auroit cy devant jouy et iceluy possécé par une part, et la somme de 18 livres tz pour les frais et despens faits en la poursuite du payement desdits arrérages et exhibition du contrat d’achapt dudit lieu fait entre ledit d’Andigné et Jehan Faucillon, à laquelle somme ils ont arresté lesdits frais et despens par l’adis de leurs conseils pour éviter la taxe d’iceulx par autre ; desquelles sommes ledit Guerin s’est tenu à contant et bien paié et en a quité et quite ledit d’Andigné, auquel affin de son recours et remboursement contre ledit Faucillon, ledit Guerin luy a ceddé et cède ses droits et actions sans aulcun garantaige éviction ne restitution d’aulcune chose fors de son fait et assurance que lesdits arrérages sont deuz et sans préjudice aussi audit Guerin audit nom d’autres arrérages depuis escheuz des ventes dudit contrat, et sans déroger à l’instance desdites ventes sans autres frais toutefois jusques à huy ; et à ce tenir etc oblige etc renonçant etc foy jugement et condemnation etc fait et passé audit Angers à notre tablier en présence de Me Noel Bernier et Pierre Portan clercs demeurant audit Angers tesmoings

8 Replies to “Guy d’Andigné paie ses impôts féodaux pour sa nouvelle métairie : Bécon les Granits 1606

  1. C’est vrai que cela devait être compliqué à cette époque, surtout de gérer les entrées (plus irrégulières que de nous jours) et les sorties. Il y a parfois, dans les archives des seigneuries, des registres qui consignent au jour le jour toutes les entrées et toutes les sorties, et l’on peut imaginer qu’il en était de même pour les gens un peu aisé, du moins ceux qui savaient écrire. Je ne sais pas par contre comment cela pouvait se passe rpour les plus humbles, mais j’imagine que cela pouvait être sans compte bien entendu, et en direct (en fonction de l’argent qu’ils possédaient physiquement)

    1. Bonjour Jérôme
      Pour les plus humbles, je pense avoir une hypothèse sérieuse. En effet, il y a environ 30 ans, j’ai eu communication personnelle d’un curieux papier. Un couple (les grands parents de la personne qui m’avait communiqué ces papiers) fin 19ème siècle, mais ne sachant pas lire et écrire, avait reçu une lettre d’un notaire, que le facteur leur avait lue (à l’époque ce service était rendu, j’ignore comment les analphabètes font de nos jours).
      Ce notaire les convoquait pour je ne sais qu’elle affaire les concernant, suivant un RV quelques jours plus tard, auquel ils se rendirent avec sous le bras toute leur liasse de papiers de famille.
      Ce déplacement était toute une affaire et l’après midi entier y fut consacré, le notaire prenant le temps de tout lire et autrefois il prenait réellement le temps au sens propre, c’est à dire que ce n’était pas encore l’époque du vite-fait.
      Et il s’avéra qu’ils n’étaient pas concernés, mais ne sachant pas lire, ils n’avaient pas pu, avant de se déplacer, entrevoir qu’ils n’étaient pas concernés. Par contre le notaire (ou son clerc, ou l’un de ses clercs) lisait et triait leurs papiers et leur rendait ainsi jusqu’à la prochaine fois.
      Donc les humbes personnes ne faisaient que la garde des papiers, et je suppose que c’était dans les niches dans le mur à l’abri de l’eau, du feu etc…
      Pour ce qui est des sommes petites et à payer ou payées je pense qu’on savait faire des batons au couteau sur une petite branche de bois, à défaut de crayon ou stylo, et je suis certaine de cette méthode car j’ai connu la guerre et le manque de tout, et la méthode que je viens de vous citer.
      Bien à ovus
      Odile

      1. -Autrefois,on payait le pain à « la coche »,(baguette de noisetier fendue et cochée),cela correspondait à une façon de faire crédit et de payer au mois.

        1. Pour certain c’était il y a très longtemps, pour moi (87 ans) c’était hier;
          La boulangère qui venait livrer son pain à la maison avait accroché à sa ceinture des baguettes de bois et quand elle livrait un pain (que l’on appelait alors pain de 2 livres, mais qui en réalité devait en faire au moins 3 ou 4), elle faisait avec son coteau une petite coche dans la baguette de bois. Au bout de 10 coches, toujours avec son couteau , elle faisait une coche en travers. A la fin du mois on payait suivant le nombre de coches.
          Ceci se passait avant la guerre , quand je vivais au Moyen Age comme l’ont longtemps pensé certains de mes petits enfants;

  2. Bonjour Madame,

    Les domaines importants tenaient une comptabilité. J’ai pu voir, concernant l’un d’eux, les multiples reçus ( pour de petites sommes) écrits sur de minuscules morceaux de papier et signés (fait sans doute en 2 exemplaires). Le tout devait être reporté sur un cahier de comptabilité (snde moitié du XIXe s).

    J’ai pu voir aussi de petits morceaux de papier de qqs lignes trouvés, dans une fissure d’une modeste et très ancienne maison avec qqs objets : rouelle, baguette cochée… Le mieux conservé m’a semblé être un reçu datant de 1530 (sous toute réserve). J’ai gardé des photos. Cela peut-il avoir un intérêt pour votre site ?
    Bon après-midi. Cdlt.

  3. Pour rebondir sur le commentaire de Pierre.
    -Comme dirait Charles…
    « Je vous parle d’un temps, que les moins de quatre vingts ans,ne peuvent pas connaître… ».

  4. Oui ici dans ma maison de retraite j’entends souvent « c’était mieux avant »… oui mais à 80 ans ou presque en ce qui me concerne alors que j’ai choisi cet hébergement, il vaut mieux suivre le progrès pour ne pas être dépassée par les événements. Sans être aussi pro que vous Odile, c’est agréable d’être connectée avec le monde… avec le monde des vivants, tout en se référant à nos aïeux qui ont fait l’histoire de la France.
    Je peste aussi souvent au sujet du français, à croire que maintenant on n’apprend plus les règles… malgré les diplômes dont certains se parent ! Dans une maison de retraite, il n’y a pas que certains résidents qui perdent la mémoire !

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