Histoire de la maison dite l’Ouchette, face au cimetière Saint Jacques, aujourd’hui boulevard Joliot Curie

Il y quelques jours je vous mettais l’histoire d’une maison face au cimetière Saint Jacques, l’ex n°174 route de Clisson, aujourd’hui boulevard Joliot Curie.

La voici en 1914 (aujourd’hui touche Atlantic Gaz) :

Voici maintenant l’histoire de la maison voisine. Elle est ici acquise par adjudication en 1886, par suite du décès d’une pensionnaire de l’hospice Saint Jacques la demoiselle Thomas. L’adjudication comportant 6 lots, et elle est donc très longue. Je vous mets ce qui concerne cette maison route de Clisson et qui est le lot n°2, le reste ne concerne pas le quartier Saint Jacques.

Et après demain, je vous explique comment j’ai trouvé ces actes aux Archives Déparementales dans la série Q des hypothèques.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales de Loire-Atlantique, 2Q9023 – Voici sa retranscription :

« Le 16 juin 1886[1], en l’étude de Me Dabin Paul-Emile, notaire commis, sis au Pé de Vignard, commune du Pallet, canton de Vallet, ont comparu Me Augustin Delalande, avoué, demeurant à Nantes, 6 place du Bouffay, lequel a déposé audit Dabin notaire le cahier des charges sur lequel devront être ouvertes les enchères pour la vente de divers immeubles situés en les communes de Nantes, Vallet et La Chapelle-Heulin, dependant de la succession de demoiselle Jeanne Thomas décédée à l’hospice Saint-Jacques à Nantes le 6 février 1886. Ce cahier des charges dressé par Me Dabin notaire soussigné, en conséquence d’un jugement rendu par le tribunal civil de Nantes le 27 mai 1886 … entre 1/ Auguste-Marie Vezin, marinier demeurant à la Chebuette à St Julien de Concelles, 2/ Jeanne Fanny Vezin veuve de Léon-Constant Robin, épicière à St Julien de Concelles, 3/ Françoise Heurtin veuve de René-Charles Ripoche, propriétaire demeurant au Cartron à Gorges, demandeurs, procédant sous la constitution d’Augustin Delalande avoué, et François Luzet, propriétaire à Nantes (f°3) actuellement à Boire-Courant à St Julien de Concelles, défendeur, procédant sous la constitution d’Albert Reneaume avoué, et encore, Victor Boquien, administrateur des Hospices Civils de Nantes en qualité de mandataire ad litem du sieur Julien Vezin interdit retenu à l’hospice général de St Jacques à Nantes, nommé par jugement du tribunal …, procédant sous la constitution d’Augustin Delalande avoué. Le tribunal a ordonné la vente des immeubles dépendant de la succession de Jeanne Françoise Thomas.  1er lot : maison rue de la Blèterie à Nantes … 5 000 F – 2ème lot : la maison dite l’Ouchette[2], située 4ème canton de Nantes, route de Clisson, composée de 3 pièces, d’une chambre au dessus de celle du milieu, grenier au dessus de cette chambre, derrière la maison une cour avec petits batiments de servitude tels que serre-bois, serre-four, latrines et puits ; à la suite un jardin renfermé de murs garnis d’espaliers. Le tout contenant 900 m2 environ, joignant au nord la route de Clisson et pourtant le n°172. Appartenait à Melle Thomas pour l’avoir reçue devant Me Lambert notaire à Nantes le 23 avil 1850 de la succession de Michel Thomas marchand grainetier et Jeanne Heurtin sa veuve, père et mère desdits Thomas. Mr Thomas père avait acquit ledit immeuble devant Me de Bussy[3] notaire à Nantes le 15 novembre 1826 de M. Charles Janneau, laboureur, et Marie Aubin sa femme, demeurant au village du Douet à Saint-Sébastien moyennant 2 600 F. Mise à prix 4 000 F – 3ème lot : à Vallet, la borderie de la Minardière … 4 000 F – 4ème lot : à La Chapelle-Heulin la métairie e la Bertinière … 7 000 F – 5ème lot : à la Chapelle-Heulin le bois taillis de l’Enfer … Les adjudicataires auront la propriété des immeubles vendus à compter du jour de l’adjudication soit pour eux-mêmes soit pour la perception des fermages … La propriété de l’Ouchette est louée à mesdemoiselles Bourgine et Eugénie Peccot pour 3, 6 ou 9 années à compter du 24 décembre 1882 moyennant le prix annuel de 250 F payable par semestre le 24 juin et le 24 décembre de chaque année, suivant bail reçu par Me Frangeul notaire à Nantes le 2 mars 1883, le bail cesse à partir du 24 juin 1886 … Les adjudicataires prendront les immeubles adjugés dans l’état où ils se trouveront lors de l’entrée en jouissance … Les adjudicataires entretiendront pour le temps qui reste encore à courir les baux et locaitons ci-dessus … Les adjudicataires devront payer en sus de leur prix d’adjudication et dans la huitaine du jour où elle aura été prononcée les frais de poursuite aux avoués … et en sus les honoraires de Me Dabin notaire … Les prix principaux d’adjudications seront payables à l’expiration de 4 mois du jour de l’adjudication … en l’étude de Me Dabin en bonnes espèces d’or ou d’argent ou en billets de la Banque de France ayant cours … Enchères : … 2ème lot : mis en vente sur la mise à prix de 4 000 F. Un premier feu a été allumé pendant sa durée une seule enchère a été portée par Mr Monnier Jacques, propriétaie, demeurant à Nantes, rue Saint Jacques, n°174, qui a élevé le prix à 4 134,9 F (f°25) deux autres feux successivement allumés s’étant éteints sans nouvelle enchère, Mr Monnier Jacques a été déclaré adjudicataire du 2ème lot … Récapitulatif des sommes payées compte tenu des frais et charges :

[1] AD44-2Q9805 adjudication Dabin-Thomas au Pallet

[2]  OUCHE s. f. Terrain voisin de la maison et planté d’arbres fruitiers. Dictionnaire de la langue française (Littré). Tome 3 [ 1873 ]

[3] acte transcrit au bureau des hypothèques de Nantes le 25 novembre 1826 Vol. 127 n°31 et inscription d’office le même jour Vol. 78 n°240. Cette inscription a été radiée.

Normalement, par la suite, cette maison de l’Ouchette serait n°172 route de Clisson, mais manifestement modifiée, car la description ci-dessus ne ressemble pas à ce qui existe de nos jours. Qu’en pensez vous ?

 

 

 

 

Nantes Saint-Jacques : les épiciers en 1890

Il y a quelques jours je vous mettais le nombre impressionnant d’épiciers à Nantes en 1890, car on en comptait alors pas moins de 528.

Si l’ïle Beaulieu, avec son quartier de Vertais, artisanal et densément peuplé, en comptait beaucoup, le quartier Saint Jacques n’était pas en reste. Mais, la route de Clisson, pourtant déjà un peu plus peuplée, était moins équipée, et manifestement il fallait aller à Saint Jacques.

Je tire ces épiciers tout simplement de l’Annuaire de 1890, qui est en ligne sur le site des Archives Départementales rubrique Presse. Et j’était tellement surprise du nombre d’épiciers rue saint Jacques et rien route de Clisson que j’ai tout relu attentivement 3 fois, donc voici la rue Saint-Jacques et la rue Dos-d’Ane, soit 13 épiciers, et un autre route de Clisson. On pouvait donc trouver facilement un peu de sucre, quelques biscuits ou farine, et quelques légumes ? En 1950, je me souviens avoir acheté chez Mme Briand, sur St Jacques, quelques bonbons, à l’unité, car à l’époque les emballages n’avaient pas encore envahi la distribution et ils vont ensuite se multiplier avec les grandes surfaces, mais j’avoue que c’était émouvant de recevoir dans la main quelques bonbons, et il est vrai que maintenant les enfants utilisent leurs mains pour glisser en caisse quelque sachet dans le chariot maternel à l’insue de la maman, autre temps autre méthode mais surtout autre distribution.

Besnard Pierre, rue Dos-d’Ane, 6

Cassin Charles (Vve), rue Dos d’Ane, 30

Ertaud Victor, rue St-Jacques, 26

Fonteneau Jean, rue St-Jacques, 130

Frétis Alexandre, rue St-Jacques, 72

Houssais Julien (Mlle), rue St-Jacques, 43

Jeannin Alfred, rue St-Jacques, 23

Lebris Jean (Vve), rue St-Jacques, 102

Maraud, rue St-Jacques, 27

Mary Félicité, rue St-Jacques, 168

Naux Charles, rue St-Jacques, 6

Pergeline Jean-Baptiste, rue St-Jacques, 9

Quirion Auguste, rue Dos d’Ane, 14

Touzé Bernard, rue de Clisson 2

Mais, cet annuaire, qui semble pourtant très complet, ne me paraît pas tout dire, car je connais personnellement le cas d’épiciers route de Clisson, et je vais m’empresser de vous en parler ces jours-ci, sachant que l’annuaire les a « oubliés ».

 

Histoire d’une maison face au cimetière Saint Jacques, l’ex n°174 route de Clisson, aujourd’hui boulevard Joliot Curie

Jusqu’à la Révolution, je vous ai déjà montré que passé Bonne Garde ce n’étaient que jardins maraîchers le long de la route de Clisson.  Devant l’invasion d’immeubles denos jours sur des km de route de Clisson, un coin tient encore quelques maisons, du côté du cimetière. Voici l’histoire de l’une d’elles, de son puits, et en fin d’article je vous mets aussi de ses innombrables habitants, car autrefois on vivait nombreux par pièce.

Vous allez découvrir ici que les premiers propriétaires étaient parfois peu résidants, comme si parfois ce quartier avait servi de placements immobiliers. Au fonds, un peu comme le font de nos jours ceux qui acquièrent des appartements pour les louer ensuite.

Enfin, outre l’extrême complexité des propriétaires successifs, vous constaterez qu’en cette année 1863 on paie en monnaie exclusivement métallique, et qu’on a une peur bleue du papier pour payer en billets. On est loin de nos paiements numériques !

Le prix de la maison est de 8 000 F de 1863 qui feraient 16 000 € ce qui nous semble si peu qu’on a peine à y croire. En tous cas, l’acheteur paie sur 3 ans, ce qui signifie que son commerce lui dégage chaque année 3 000 F de bénéfices. Il est marchand de grains pour chevaux, alors fort nombreux à Nantes pour tous les transports et travaux.

Et si vous êtes très curieux, je pense que c’est le n°62 actuel Bd Joliot Curie.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales de Loire-Atlantique, 2Q9023 – Voici sa retranscription :

« Le 14 juillet 1863[1] par devant maître Joseph Martineau et son collègue, notaires à Nantes, ont comparu : premier Aristide Pottin, propriétaire, demeurant à Nantes rue de Gigant n°8, agissant tant en son nom personnel qu’au nom et comme mandataire de monsieur Michel René Lecrac, rentier, et madame Victorine Louise Adelaïde Pajot sa femme, demeurant ensemble à Paris, rue du Faubourg St Honoré n°180, en vertu de procuration passée devant maître Bertrand Maillefer et son collègue, notaires à Paris, le 21 mars 1863, dont le brevet original duement enregistré et légalisé, demeurera ci-après annexé, après avoir été certifié véritable par le mandataire et revêtu de mentions par les notaires soussignés – second mademoiselle Aglaé Lefèvre, rentière, demeurant à Nantes, rue Santeuil n°5 – tertio Mr Pierre Jean Lefèvre, capitaine au long cours, et madame Alexandrine Louise Cosson, son épouse, qu’il autorise, demeurant à Nantes rue de l’Heronnière n°5 – lesquels ont par ci-après vendu avec garantie solidaire contre tous troubles, évictions, et autres empêchements quelconques, à monsieur Jacques Mounier, marchand de grains, et madame Victoire Alphonsine Fortin, sa femme, qu’il autorise, demeurant ensembe route de Clisson, commune de Nantes, ici présente et acceptante – Designation : une maison située route de Clisson, non loin du cimetière Saint Jacques commune de Nantes, consistant en un rez de chaussée composé de 4 magasins et arrière magasins en tout 8 pièces, d’un premier étage composé de 5 pièces, vastes greniers au dessus couverts d’ardoise, 4 caveaux ou celliers, lieux d’aisance, un terrain à la suite de la maison du côté de monsieur Mounier, donnant sur la route, derrière la maison, un grand jardin entouré de murs garnis d’espaliers et mitoyens avec les voisins, lequel jardin est planté d’arbres fruitiers et d’agrément, et contient un puits, le tout borné au nord par Delaunay, au sud par le même et les acquéreurs, à l’est par la route de Clisson et à l’ouest par Thomarde. Telle au surplus que ladite propriété se poursuit et comporte avec toutes ses appartenances et dépendances sans rien en excepter ni réserver, les acquéreurs le déclarant le connaître parfaitement. Origine de propriété :  mademoiselle Lefèrre, monsieur Lefèrre, monsieur et madame Lecrac sont propriétaires de ladite maison, chacun pour un cinquième pour l’avoir acquise conjointement et indivisement avec madame anne Marie Lefèvre veuve de monsieur Aristide Pottin, libraire demeurant à Nantes rue Santeuil n°5, aujourd’hui décédée et représentée par monsieur Aristide Pottin son fils et seul et unique héritier, et madame Perrine Zoé Lefèvre, rentière, épouse séparée de corps et de biens du sieur Adolphe Letourneux, demeurant à Nantes sur Guetry, propriétaites des deux autres cinquièmes, de mademoiselle Geneviève Lechartier, propriétaire, demeurant route de Clisson, commune de Nantes, aux termes du contrat passé devant maître Boix notaire à Nantes le 24 mai 1851, moyennant une rente viagère de 1 000 francs. Ce contrat a été transcrit au bureau des hypothèques de Nantes le 5 juin 1851 n°412 volume 357 … suivant acte passé devant maître Boix notaire à Nantes le 4 juillet 1856 madame Letourneur susnommée, autorisée par jugement du tribunal civil de Nantes le 26 janvier 1856, a vendu à mademoiselle Lefèvre, monsieur Lefèvre, monsieur Lecrac et monsieur Aristide Pottin, acquéreurs indivisement entre eux et fondés dans l’acquisition chacun pour un quart, le cinquième à elle appartenant par indivis avec les acquéreurs dans ladite maison, depuis mademoiselle Lechartier est décédée à Nantes le 11 janvier 1852, de sorte que ladite rente viagère se trouve aujourd’hui éteinte ainsi que les vendeurs le déclarent et s’obligent justifier, mademoiselle Lechartier était elle-même propriétaier de cette maison pour l’avoir acquise de dame Marie Bugel épouse du sieur Joseph Marie Guillaume, laboureur, secundo Antoine Bugel, laboureur, tertio Jean Bugel laboureur, quarto Julienne Bugel cultivatrice, quinto Isabelle Bugel demeurant tous au village de l’Angle commune de Guenrouët, sexto Jeanne Bugel épouse du sieur Joseph Lelièvre maçon demeurant à Guichin, commune de Redon, septimo Louise Talva veuve de Pierre Nicoleau, sage femme, demeurant à Nantes, octavo sieur Isidore Talva, marin, demeurant à Nantes, nono Charles Talva cuisinier marin demeurant à Nantes, suivant procès verbal d’adjudication dressé le 10 juin 1844 par monsieur Crucy notaire à Nantes commis judiciairement c’est effet moyennant un prix payé, ainsi qu’il est ci-après relaté, les vendeurs de mademoiselle Lechartier avaient recueilli ledit immeuble dans les successions de Jean Bugel et Anne Talva, enfin les époux Bugel avaient fait construire cette maison, au garantie de puis par mademoiselle Lechartier, sur un terrain par eux acquis en diverses parcelles, sur actes authentiques. Une expédition de procès verbal d’adjudication sus énoncée, a été transcrite au bureau des hypothèques à Nantes le 9 juillet 1844, volume 281, n°79, et inscription d’office a été faite le même jour volume 170 n°407, contre ladite demoiselle Lechartier, celle-ci s’est libérée de son prix et adjudication de la manière suivante, en payant aux vendeurs 1 100 F le jour même de l’adjudication ainsi qu’il est constaté par le susdit procès verbal, et l’outre plus après l’accomplissement des formalités de transcription et de purge légale, ainsi qu’il est constaté dans un acte contenant quittance et main levée de l’inscription d’office susrelatée passé devant ledit maître Crucy et un de ses collègues le 24 février 1845, et par suite duquel cette inscription a été radiée sans réserve le 3 mai suivant. Entrée en jouissance : les acquéreurs entreront en jouissance de la propriété rétroactivement à partir du 24 décembre dernier. Charges, conditions : la présente vente est faite aux charges clauses et conditions suivantes que les acquéreurs s’obligent solidairement entre eux de fidèlement exécuter : primo, ils prendront ladite propriété dans son état actuel sans pouvoir prétendre aucune indemnité pour cause de réparations ou dégradations, et ils supporteront les servitudes passives sauf à profiter d’icelles actives, s’il en existe, le tout à leurs risques et périls – tertio, ils paieront les contributions à compter du 1er janvier dernier – quarto, ils entretiendront les baux verbaux qui pourront exister de manière à ce que les vendeurs ne soient pas inquiétés ni recherchés – quinto, ils entretiendront les polices des assurances et paieront les primes à partir du 1er janvier dernier –  cinto, ils acquitteront les frais, droits et honoraires auxqueles les présentes donneront ouverture. Prix : et en outre la présente vente est faite moyennant la somme de 8 000 F, que les acquéreurs s’obligent solidairement entre eux de payer de la manière suivante, 3 000 F le 24 décembre prochain, pareille somme de 3 000 F le 24 décembre 1864, et les 2 000 F restant le 24 décembre 1865, jusqu’à parfait remboursement paieront les intérêts 5% par an à partir du 24 décembre dernier, payables annuellement. Les paiements tant du principal que des intérêts auront lieu à Nantes, quittes de frais en l’étude de maître Martineau notaire soussigné, et ne seront valablement fait qu’en espèces métalliques d’or ou d’argent ayant cours actuel, sans billets, papier monnaie ou autre valeurs fictives, monsieur et madame Mounier renonçant à se prévaloir du bénéfice de tous décrets ou lois pouvant en autoriser l’émission ou la circulation, monsieur et madame Mounier pourront anticiper les époques de remboursement ci-dessus en prévenant un mois à l’avance, les paiements particuliers ne pourront être inférieurs au tiers de la somme due. Transcription : les acquéreurs feront transcrire une expédition des présentes au bureau des hypothèques de Nantes et rempliront si bon leur semble les formalités nécessaires pour purger leur acquisition des hypothèques légales qui peuvent le grever, et si pendant l’accomplissement de ces formalités il y a des inscriptions du chef des vendeurs ou de leurs auteurs, ledits vendeurs seront tenus d’en porter main levée ou certificat de radiation dans le mois de la dénonciation qui leur en sera faite au domicile ci-après élu ; Etat civil :  Déclarent monsieur Pottin et les vendeurs que monsieur et madame Lecrac sont mariés sous le régime de la communauté légale à défaut de contrat qui ait précédé leur mariage à la mairie de la Garnache (Vendée) le 29 novembre 1848, que monsieur et madame Lefèvre sont mariés sous le régime e la communauté légale à défaut de contrat de mariage, que monsieur Pottin et madamoiselle Lefèvre sont célibataires, qu’aucun desdits vendeurs n’a été tuteur de mineurs interdits, que l’immeuble présentement vendu est libre de toutes hypothèques légales … »

[1] AD44-2Q9023

Y vivent en 1901 (recensement, par ménage, soit 4 ménages) :

Jules Bernard, 27 ans, chef, peintre
Berthe Martin, 21 ans, sa femme

Marc Vrignaud, 56 ans, chef, épicier

Jacques Mounier, 78 ans, chef
Victorine Mounier, 78 ans sa femme

Eugène Rojouan, 32 ans, chef, mécanicien
Beccavin Constance, 31 ans, sa femme
Madeleine Rojouan 6 ans leur fille
Martin Rojouan 5 ans leur fils
Yvonne Rojouan 3 ans leur fille

Les 7 occupants du pavillon du cimetière Saint Jacques : Nantes 1851

Dans quelques jours la Toussaint, et nous fleurissons déjà nos tombes, nous visitons déjà les cimetières.

La ville de Nantes, propriétaire des cimetières municipaux, avait fait construire dans les années 1840 ce qu’elle appelait un PAVILLON à l’entrée du cimetière Saint Jacques, afin d’y loger celui qu’elle appelait le PORTIER. Ce pavillon existe toujours, composé de 2 pièces, l’une ouvrant sur l’entrée, servant de bureau pour consulter de nos jours le garde, quand il est là. Je vous propose d’abord de bien comprendre le terme PAVILLON, car dans les recensements il est RARISSIME et semble bien spécifique à l’entrée du cimetière, et dans tous les cas de petite maison et/ou maison basse, elles sont appelées MAISON. Bref, on ne s’attend pas à ce que le PAVILLON soit habité.

PAVILLON Le Dictionnaire de l’Académie française. Sixième Édition. T.2 [ 1835 ] en Architecture, Corps de bâtiment ordinairement carré, appelé ainsi, à cause de la ressemblance de sa forme avec celle des pavillons d’ armée. Sa maison ne consiste qu’ en un pavillon. Il a bâti un pavillon au bout de son jardin. Un corps de logis entre deux pavillons. Un corps de logis ayant un pavillon au milieu. Gros pavillon

On comprend ici que le pavillon n’est pas tout à fait une maison. Pourtant au cimetière Saint Jacques à Nantes en 1851, c’est le logement du portier.

La rue qui voisine le cimetière, appelée alors ROUTE DE CLISSON, possède quelques maisons mais surtout des jardins, et les maisons sont habitées par une famille par pièce. Vous avez bien lu, autrefois, et encore quelques décennies, on vivait UNE FAMILLE PAR PIECE. Et bien sûr, pour l’hygiène, une pompe et des aisances dans le jardin.

Revenons au pavilon du cimetière Saint Jacques. Il sert donc de logement au PORTIER, mais le portier ne vit pas seul, c’est le moins qu’on puisse dire car il a femme, 5 enfants, et même une tante, soit en tout 8 personnes dans ce pavillon, certes de 2 pièces, dont l’une ouverte au public, dans laquelle il y a certainement une table/bureau et une petite armoire pour le/les registres d’entée, car c’est le premier rôle du portier. Je suppose que les lits étaient dans la pièces arrière et qu’on dormait plusieurs par lit.

Voici donc ce portier et sa famille, logés dans le pavillon de la ville de Nantes, au cimetière Saint Jacques.

pavillon, 2 pièces RDC MESNARD Joseph portier 52 m Mouzillon
BARRÉ Marie sa femme 49 m Thiere
MESNARD Joseph enfant 18 c Haie Fouassière
MESNARD Augustine enfant 15 c Haie Fouassière
MESNARD Louise enfant 13 c Nantes
MESNARD Louis enfant 9 c Nantes
MESNARD Adèle enfant 5 c Nantes
GUITTON Françoise tante 76 c

m pour marié, c pour célibataire, et à droite c’est le lieu de naissance, vous l’aviez deviné. Donc le portier vient de Mouzillon, car à l’époque on arrive nombreux sur Nantes. Et voici la preuve et source, c’est à dire les Archives Municipales de Nantes (mes copies d’écran vous prouvent toute la source et ces documents donnent même à gauche le nom du propriétaire, ici bien entendu LA VILLE) :

Je suis certaine que si vous entrez dans ce cimetière, vous vous souviendrez de cette famille, logée ainsi. Bonnes fêtes de Toussaint à vous et fleurissez bien.

 

 

Henri Barbot : l’auteur oublié de Nantes en Flânant, 1930

introduction

Dans les années 1930-1954 de nombreux enfants, dont je suis, ont massacré les touches d’un piano impasse 24 rue du Frère Louis.

Dans un coin de la pièce, un vieux monsieur supportait en silence les fausses notes des élèves de madame : fausses sans doute, mais indispensable au couple pour survivre financièrement pauvrement.

Ce couple d’artistes, peu aisés, s’est éteint sans bruit, sans reconnaissance des Nantais, tombés dans l’oubli, s’ils ne l’étaient de leur vivant déjà.

Des années plus tard, vivant avec mon temps, j’ai scanné et mis sur mon site l’ouvrage « Nantes en flânant », que les Nantais ont manifestement boudé lors de sa parution en 1930.

Les Nantais n’aimaient pas flâner ? Pire, ils étaient occupés à combler des bras de la Loire.

Voici ce couple, qui a laissé l’ouvrage « Nantes en flânant » paru en 1930 sous le nom d’Henri Barbot, illustrations Rylem. En réalité il se prénomait Georges-Henri  à l’état-civil.

Et suivra ce que j’ai découvert de Rylem. Donc, je vous mets ce jour sa vie selon l’état civil, demain ses publications, et après demain Rylem. Merci de me suivre patiemment à travers l’oubli, car il s’agit bien d’un oubli quand on évoque Henri Barbot. Et pour mémoire,  l’ouvrage « Nantes en flânant » est numérisé sur mon site.

A leur mémoire !

 

Georges-Henri-Louis Barbot

Celui qui a signé 3 ouvrages du nom de « Henri Barbot », se prénommait en fait Georges-Henri-Louis. Or, des Henri Barbot homonymes, il en a existé beaucoup.

J’ai la certitude de cet état-civil par :

  • tous les recensements à Nantes 24 rue du Frère Louis
  • nous sommes plusieurs à se souvenir encore des cours de piano de madame Barbot à cette adresse
  • son acte de naissance à Tours, qui donne en marge sa date de décès à Nantes
  • son acte de remariage à Nantes
  • son acte de sépulture à Nantes

Donc, celui qui a publié 3 ouvrages sous le nom d’Henri Barbot est : « Georges-Henri-Louis Barbot né à Tours au domicile de son aïeul maternel, le 23 août 1866 fils de Jules Laurent Barbot, 26 ans, marchand de nouveautés, demeurant à Amboise, présentement à Tours, place au Fruits n°4, et Marthe Marie Louise Sabouré 23 ans, présents Joseph Ambroise Sabouré, 49 ans, marchand de nouveautés place aux Fruits n°4, aïeul, et Pierre Camille Baudat, 28 ans, oncle – en marge « décédé à Nantes (L. Inf.) le 7 février 1954 »

 

fiche militaire

Sa fiche militaire[1], matricule 540, classe 1883, classée dans celle de 1886, bureau de Tours, lui donne bien pour prénoms

« Georges, Henri, Louis » et aucun surnom. Il est blond, yeux gris, front moyen, nez moyen, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille 1,73 m et demeure 2 rue du Change à Tours canton du centre.

Incorporé à compter du 12 septembre 1884, comme engagé conditionnel d’un an le 5 dudit à la mairie de Tours, arrivé au corps le 12, immatriculé sous le n° 3380. En disponibilité le 12 septembre 1885 en attendans son passage dans la réserve de l’armée active qui aura lieu le 5 septembre 1889.

A obtenu la note « Bien ». Dans l’armée active : 90° régiment d’infanterie. Dans la réserve : 70° d’infanterie. Passé dans la réserve le 5 septembre 1887. Nommé sous lieutenant de réserve au 32° d’infanterie (Décret du 10 septembre 1888). Démissionnaire par décision présidentielle en date du 11 juillet 1895.

 

Il est à noter que sa fiche militaire ne porte aucune mention ultérieure, en particulier concernant les 2 guerres mondiales

Par contre elle nous donne ses domiciles successifs :

  • 27 août 1888 : 12 rue St Denis – Paris
  • 26 novembre 1890 : 2 rue du Change – Tours
  • 2 octobre 1897 : Ste Radegonde – Tours
  • 5 février 1903 : 106 rue Monge – Paris
  • 22 mars 1904 : 21 boulevard Pineau – Seine
  • 22 septembre 1906 : 74 rue Galba – Levallois-Perret

devenu Nantais

Il épouse en 1ères noces Louise-Jeanne Dubuc †17 mars 1922[2], j’ignore où et où ils vivent.

 

Il épouse en 2èmes noces à Nantes 4°C le 9 avril 1923 Marguerite Hyacinthe Florentine Albertine Lallemant, sans profession, célibataire, 37 ans, née à Bolbec (76) 10 juillet 1885, fills de Jean Baptiste Ernest Lallemant et Mélina Angélique Lacacheur. Elle a 19 ans de moins que lui, et demeure comme lui à Nantes, au Côteau de Sèvres.

Il est alors « agent d’assurances ».

Le couple emménage rapidement au 24 rue du Frère Louis à Nantes, qui est une impasse. Il ne sera jamais propriétaire, et passe rapidement « employé au chômage », et elle toujours « sans profession », ce qui était le vocabulaire de l’époque pour désigner les femmes au foyer. Ils vivent des leçons de piano de madame.

 

Il décède à 87 ans le 9 février 1954. Elle le suit le 7 janvier 1956. Ils sont inhumés au cimetière Saint Jacques, où leur tombe n’existe plus.

Demain, je vous mets ses oeuvres, et après demain Rylem.

 

 

[1] AD37 en ligne

[2] selon son remariage à Nantes le 9 avril 1923. Le décès de Louise Dubuc et ce mariage ne sont pas à Nantes.

 

 

Les Gobelets, sans les moulins, devenus ouvriers : 1936

Comme les jours précécents, le tableau qui suit n’est autre que le recensement de 1936 (Archives Municipales de Nantes), et il donne numéro de foyer/NOM/prénom/profession/sexe (à gauche les garçons, à droite les filles), âge.

Les enfants travaillent jeunes, et comme leurs parents.

Attention, il a y bien 11 foyers, mais à cette époque on vit encore souvent plusieurs foyers pour une maison, et il n’y a pas 11 maisons, mais le document ne le précise pas.

1 1 ROBÉ MAILLARD Anne sans profession 1 77
2 ROBÉ Maurice fils, manœuvre chômage 1 47
2 3 LELIEVRE François manœuvre 1 61
4 CAULON Clémence sans profession 1 55
5 LELIEVRE Marcel magasinier 1 21
3 6 MERLEAU Georges cheminot 1 41
7 FETIVEAU Luce sans profession 1 43
8 MERLEAU Georgette fille, couturière 1 16
9 MERLEAU Gilette «  1 15
4 10 LE VIGAINEUX Vincent bourelier chez Rodineau 1 41
11 LELISORE Andrée sans profession 1 27
12 LE VIGAINEUX Armel ? enfant 1 6
5 13 BERTEAU Alphonse manœuvre 1 53
14 BERTEAU MACÉ Anne sans profession 1 50
15 BERTEAU Odette enfant 1 18
6 16 MÉNARD Henri outilleur chez Brissonneau 1 50
17 DESTOUCHES Gabrielle ouvrière à la Parisienne 1 50
18 MÉNARD Gabrielle leur fille, ouvrière 1 23
19 MÉNARD Louis fils, tourneur Brissoneau 1 16
7 20 CROCHET Auguste retraité 1 65
21 CROCHET Augusta fille, couturière chômeuse 1 26
8 22 PLEDEL Maurice manœuvre 1 38
23 GILARD Jeanne sans profession 1 32
24 PLEDEL Maurice fils 1 15
25 PLEDEL Michel fils 1 6
26 PLEDEL Jeanne fille 1 3
9 27 HAYE Henri paveur 1 36
28 ROYER Julie sans profession 1 35
29 HAYE Henri fils 1 14
30 HAYE Jeanne fille 1 9
31 HAYE Denise fille 1 7
10 32 MERY Maximin cheminot 1 58
33 HERVOUET Henriette sans profession 1 43
34 MERY Georges fils, chaudronnier 1 19
35 MERY Lucette fille 1 23
11 36 ROUL Barthélémy jardinier 1 62
37 PERRAUD Anne sans profession 1 58