Histoire de la chapelle Notre-Dame de Bonne-Garde : Nantes

L’histoire de la chapelle Notre-Dame de Bonne-Garde est brièvement évoquée p. 139 par le chanoine Jarnoux dans son ouvrage « Les anciennes paroisses de Nantes hors de la cité, 1982. Il s’avère qu’il a résumé ses prédécesseurs.
Car avant lui, 2 autres prêtres ont publié l’histoire de cette chapelle.
Le premier, André Jean Marie Hamon curé de Saint-Sulpice, a publié « Notre-Dame de France, ou Histoire du culte de la sainte Vierge en France depuis l’origine du christianisme jusqu’à nos jours, en 7 volumes 1861-1866. Son texte est en ligne sur le site http://www.infobretagne.com/nantes-ville-culte-sainte-vierge.htm
Enfin, l’abbé Emile Ricordel prêche le mois de Marie à Saint Nicolas à Nantes en 1904. Chacun des 31 jours est consacré à l’une des 31 Madones Nantaises. Ces 31 prédications sont publié en 1904 . Je vous en donne ci-dessous l’intégralité.
Ces 2 études, celle de Hamon et celle de Ricordel, diffèrent sur beaucoup de points, même si le fil semble identique.
Ainsi, l’origine du nom Bonne-Garde a 3 explications :
1. Pour Hamon « Le 4 novembre 1657, on la bénit sous le vocable de Notre-Dame de Bonne-Garde, probablement parce que, placée à une des extrémités de la ville, la plus exposée aux invasions des calvinistes du Poitou, on la regardait comme une défense de la cité, qui déjà, par le même motif, avait élevé, tout près de là, une statue à Notre-Dame de Bonne-Délivrance. ». Géographiquement parlant, c’est en effet là que se termine la zone artisanale de Pirmil et que commencent les exploitations agricoles. C’est donc bien une frontière. La date par contre semble bien tardive pour évoquer une menace calviniste, car Nantes en a déjà vu d’autres.
2. Ricordel c’est le nom de cette pieuse tertiaire, Marie de Bonne-Garde, à laquelle on doit la chapelle construite en 1657. Pour ma part, je ne pense pas que cette religieuse ait commis un tel péché d’orgueil que de mettre son nom en avant plutôt que celui de la Sainte Vierge.
3. Puis il évoque les prières à Marie pour sa protection devant la mort. Or, la chapelle est au confluent de la Loire et la Sèvre, et la Loire est une autoroute fluviale où de très nombreux bateliers, ne sachant par nager, luttent chaque jour contre ses dangers, car elle est sauvage, et est encore sauvage en 2019. Il est donc très vraisemblable, comme à Béhuard en Anjou, que les mariniers aient eu besoin de confier leur protection sous la garde de Marie.
Alors, Marie gardait-elle Nantes ou les mariniers ? Je reste convaincue que la protection devant la mort est l’explication la plus plausible compte-tenu du confluent imporant des 2 rivières.

Voici le texte de l’abbé Ricordel :
« Presque à l’entrée de la route de Clisson, sur ce plateau de Saint-Jacques, d’où l’on domine les belles vallées de la Loire et de la Sèvre, et d’où l’on voit toute la ville de Nantes à ses pieds, s’élève un élégant sanctuaire dédié à la sainte Vierge, et cher à nos concitoyens depuis déjà deux cent cinquante ans.
Ver le milieu du XVIIème siècle – au rapport des traditions du quartier – plusieurs personnes aperçurent un soir une statue de la saint Vierge, inconnue jusqu’alors en ces lieux, et qu’environnait une éblouissante clarté. Etonnées et ravies, elles s’empressèrent de recueillir la merveilleuse image et de la placer avec honneur dans leur maison. Hélas ! Marie n’accepta point leur pieuse hospitalité. Le lendemain, l’image avait disparu et on la retrouvait au lieu de l’apparition. Les religieux bénédictins, qui occupaient alors le prieuré de Pirmil, accoururent et transportèrent la statuette dans leur chapelle, actuellement église paroissiale de Saint-Jacques. Efforts inutiles, ce n’est pas là que la Vierge voulait être honorée, et, durant la nuit, la statue retourna dans le coin de terre qu’elle avait choisi.
Cette fois, la pensée de la Bonne Mère fut comprise, et son désir rempli : les voisins édifièrent immédiatement une petite grotte et le peuple, instruit du prodige, vint en foule la prier en ce lieu béni.
Quelques années s’écoulèrent, et la vénération pour la statue miraculeuse ne fit que s’accroître. Bientôt une pieuse tertiaire, respectée de tous pour sa vertu ainsi que pour sa charité envers les pauvres malades, et connue dans le quartier sous le nom expressif de Marie de Bonne-Garde, entreprit d’élever à la Mère de Dieu un monument plus digne de sa grandeur et de l’amour de son peuple. Elle fit appel aux voisins, qui entrèrent dans ses vues et se montrèrent généreux. Ses parents lui vinrent en aise les premiers ; et le gouverneur de Nantes, Charles de la Porte, duc de la Meilleraye et maréchal de France, joignit ses largesses aux aumônes des habitants de Pirmil. Le 4 novembre 1657, l’édifice était achevé, et l’on y célébrait, pour la première fois, la sainte messe.
Le sanctuaire bâti, la piété le décora, et bientôt la petite chapelle posséda de beaux ornements, des calices, des ciboires, libéralement offerts par les pélerins.
Ceux-ci accouraient de plus en plus nombreux ; de toute la contrée avoisinante, on venait avec empressement à Notre-Dame de Bonne-Garde. – Le peuple avait récompense le zèle de la pieuse tertiaire, en donnant son nom à l’oratoire qu’elle avait élevé. – Saint-Sébastien s’y rendait chaque année en pélerinage, et les paroisses voisines l’imitèrent plus d’une fois. Le concours du peuple rendit nécessaire la présence d’un prêtre qui fut attaché au service de la chapelle. Une confrérie y fut établie en l’honneur de la sainte Trinité, et y célébrait solennellement ses fêtes. Chaque soir, au son de l’Angelus, les fidèles aimaient à se réunir aux pieds de la Bonne Mère, et l’on conserve encore, après plus d’un siècle, le souvenir et le nom d’un pieux laïque qui présidait à la récitation du chapelet et au chant du cantique.
Comme tous nos autres sanctuaires, la chapelle de Bonne-Garde eut à souffrir de la Révolution ; elle aussi fut dépouillée de toutes ses richesses, elle aussi fut vendue, elle aussi vit sa statue miraculeuse menacée par des mains sacrilèges. Dieu toutefois ne permit pas que la ruine fût complète. Un courageux chrétien sauva la chère statue, et la chapelle ne fut pas détruite.
Les mauvais jours passés, les fidèles continuèrent à visiter Notre-Dame de Bonne-Garde ; mais les splendeurs de son culte étaient bien amoindries. Un saint prêtre, tout dévoué à Marie, et dont le nom est encore vénéré dans la paroisse de Saint-Jacques, M. l’abbé Durand, devait renouveler, par son exemple et par son zèle, cette antique dévotion. Plus d’une fois, en temps de sécheresse, dans les dangers d’une terrible innondation, sous la menace du choléra, il invoqua solennellement par des neuvaines la gardienne de la paroisse, et Marie justifia toujours les promesses de son nom.
Mais la chapelle tombait en ruines, et les agents de la voirie menaçaient et de la faire disparaître. Le zélé pasteur fit appel à ses paroissiens, et bientôt un élégant édifice vint prouver à tous que Marie ne s’était pas trompée en choisissant ce lieu pour sa demeure, et que ce peuple conserve fidèlement dans son coeur l’amour que ses ancêtres portaient à Notre-Dame de Bonne-Garde.
Chaque année, depuis lors, les habitants de Saint-Jacques y célébraient sa neuvaine de l’Ascencion à la Pentecôte ; chaque mois, au temps du moins où règne la liberté, ils s’y rendent en procession ; souvent aussi, malgré l’éloignement de ce faubourg, les fidèles de Nantes vont viviter la gracieuse chapelle, et je ne doute pas que vous tous, qui m’écoutez, vous n’ayez fait de pieux pélerinages à Notre-Dame de Bonne-Garde.
Jadis, au soir de la première communion, les enfants aimaient à se rendre dans la chapelle de Bonne-Garde et s’y consacraient ensemble à la Vierge Marie. C’était une touchante pensée ; Marie n’est-elle pas, en effet, la meilleurre gardienne de leur foi et de leur vertu ? Tous les hommes courent des dangers, tous ont befoin de se placer sous l’égide de Marie, et Marie les protège tous. N’est-il pas vrai cependant que la jeunesse est plus exposée ? que la jeunesse a plus à craindre pour sa foi et pour sa vertu ? La jeunesse court plus de dangers, parce qu’elle est ignorante et qu’elle côtoie les abîmes avec une insouciance qui fait trembler ; la jeunesse court plus de dangers par ce qu’elle est plus faible et qu’elle n’a pas encore acquis les bonnes habitudes qui rendent la vertu plus facile, la résistance plus forte ; la jeunesse court plus de dangers parce qu’elle est l’avenir, l’espérance, et que l’Enfer, le monde, les méchants cherchent à l’accaparer et multiplient les pièces sous ses pas ; la jeunesse court plus de danger parce qu’elle est à l’âge où le sang bouillone, où les passions s’allument, où le coeur et la chair tressaillent. Le jeune, plus encore que l’âge mur, a donc besoin d’être gardée par Marie.
Or Marie aime la jeunesse, et je ne crains pas de dire qu’il y a dans son coeur une place de prédilection pour les jeunes. Est-ce qu’une mère, qui aime tous ses enfants, ne montre pas cependant une sollicitude plus empressée pour les dernier-nés, parce qu’ils sont plus faibles, parce qu’ils ont davantage besoin de ses bras ? Ainsi Marie. Je ne sais si je m’abuse, mais il me semble que Jésus a voulu cela. Pourquoi, lorsque du haut de sa croix il lui a donné tous les hommes pour enfants, les lui a-t-il confiés dans la personne de saint Jean, le plus jeune des apôtres, sinon parce qu’il voulait ainsi désigner principalement les jeunes à sa tendresse de mère ?
L’Eglise sait cela, les mères aussi ; de là tant de petits enfants voués à la sainte Vierge ; de là les consécrations au soir de la première communion ; de là les congrégations de jeunes gens et de jeunes filles, rangées sous la bannière de Marie… Donc, vous qui êtes jeunes, confiez-vous à Notre-Dame de Bonne-Garde ; vous qui avez des enfants et qui redoutez pour eux l’âge des tempêtes, confiez-les à Notre-Dame de Bonne-Garde.
Je remarque aussi dans l’histoire de notre modeste sanctuaire qu’on venait y demander à Marie sa protection contre la mort subite et, par là-même, la grâce d’une mort chrétienne ; que beaucoup de marins s’y rendaient de Rezé et des rives de la Loire pour réclamer son secours dans la tempête ou la remercier de son assistance.
Comme je comprends cette prière ! N’est-il pas vrai que si Marie nous garde, ce doit être surtout à l’heure de la mort. Avant de remonter au ciel, Jésus disait à son père : « Ceux que vous m’avez donnés, je les ai gardés, et aucun d’eux ne s’est perdu, si ce n’est le fils de perdition, afin que l’Ecriture fut accomplie ». Le désir de Marie, c’est de répéter à Jésus la même parole : « Ceux que vous m’avez donnés, je les ai gardés, et aucun d’eux ne s’est perdu. » Aussi comme elle veille sur ses enfants ! C’est surtout à la mort qu’ils risquent de se perdre ; c’est surtout à la mort qu’ils ont besoin d’être gardés. Voilà pourquoi nous lui disons chaque jour : « Priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. »
Répétons souvent cette prière et ne manquons pas de nous recommander, en ce moment qui décidera de notre éternité, à Notre-Dame de Bonne-Garde. »

Retranscription exhaustive des baptêmes de Saint Sébastien d’Aigne fillette (succursale) du prieuré Saint Jacques de Pirmil, Loire Atlantique : 1615-1623

… Le dépouillement d’un registre présente en lui-même un attrait analogue à celui du miracle de Lazare. L’acte de naissance de ces morts du XVIIIe siècle, qui n’ont même plus de tombes, les restitue partiellement à la vie…

… La grande histoire peut mépriser les humbles en elle anonymes, comme sont en nous anonymes les millions de globule de notre sang. Mais ni elle, ni la petite histoire, ni même le roman, quelles que soient les précisions et la couleur de son récit, ne peuvent donner ce caractère d’authenticité, ce parfum de fleur desséchée… Hervé BAZIN – Vipère au poing.

J’ai eu ce plaisir, et voyez plutôt en quelle quantité !!!

Voici la table des baptêmes de Saint Sébastien d’Aigne, fillette (succursale) du prieuré Saint Jacques de Pirmil, Loire Atlantique – Saint-Sébastien-d’Aigne, aujourd’hui Saint-Sébastien-sur-Loire, a perdu en 1790 la moitié d’ellemême par le rattachement du prieuré Saint Jacques de Pirmil à la ville de Nantes. août 1615 – mai 1623

  • analyse
  • Ce registre est parfois difficile à déchiffrer car trop d’encre ou pas assez. J’ai donc mis beaucoup de points d’interrogation

    624 baptêmes sur 8 années
    soit 78 baptêmes par an.

  • variété des patronymes et des classes sociales
  • Pirmil montre une immense variété des patronymes mais surtout des classes sociales, avec la présence de très nombreux bourgeois ayant des postes importants au château de Pirmil, à la Chambre des Comptes de Bretagne, au Présidial …
    Chaque baptême est une occasion de rassemblement bourgeois, avec de très nombreuses signatures, sauf pour les classes modestes, que l’on reconnaît vite à l’absence de rassemblement bourgeois de signatures.
    Après avoir passé 3 semaines sur ce dépouillement, je constate que les exploitants agricoles, moins cultivés, fuyaient ces bourgeois et fréquentaient l’église du bourg de Saint Sébastien, malgré la distance.
    Gens de 2019, songez que sans automobile, vos ancêtres allaient à la messe et aux sacrements, dont le baptême dans les 3 jours après la naissance, depuis le village de la Gillarderie jusqu’au bourg de Saint Sébastien dont ils étaient les paroissiens, avant d’être assimilés à la ville de Nantes en 1790. Et rien d’étonnant qu’en 1790 ils se soient sentis malheureux de devenir Nantais, eux des cultivateurs et pas des artisants ou marchands !!!

  • orthographe et accent
  • L’orthographe des patronymes dépend du prêtre qui baptise et varie beaucoup, car manifestement au prieuré de St Jacques, les prêtres n’étaient pas issus de cette paroisse.

    Je viens de refaire ma page HTML (page de mon site en mode HTML) qui donne la liste et les liens de tous mes relevés gratuits, et j’ai été émue de revoir tant d’années après l’immensité de mon travail gratuit et bénévole, totalement libre d’accès sur mon site sans aucune adhésion, contrairement aux associations qui vendent et demandent une adhésion payante.

    J’ai par contre, à cette occasion, fait le tour d’Internet, à la recherche des relevés gratuits, et j’ai été tristement stupéfaite de constater que la gratuité n’est pas de mise !!! et pourtant, rien de plus simple sur Internet !!!

    Voir mes relevés gratuits, qui concernent l’Orne, la Mayenne, La Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire, et même les Côtes d’Armor.

    En 1790 la paroisse de Saint-Sébastien-d’Aigne perdait plus de la moitié de ses habitants

    Le découpage administratif lors du passage de la paroisse à la commune entraîna parfois quelques modifications des limites du territoire. Nous en avons tous rencontré.

    Le découpage de Saint-Sébastien-d’Aigne fut de très grande ampleur, en lui ôtant Sèvre, Le Lion d’Or, la Gilarderie, Pirmil et Vertais, c’est à dire plus de la moitié de ses habitants, et surtout plusieurs centaines d’artisans, cantonnés à Pirmil et Vertais.
    J’y reviendrai car je vais vous mettre des dépouillements de registre et du rôle de capitation.

    Avant la Révolution et ce découpage violent, Saint Sébastien d’Aigne avait une fillette, c’est à dire une autre église autorisée à administer les baptêmes, mariages et sépultures : le prieuré Bénédiction de Saint Jacques Pirmil.
    Mais, pour avoir ces temps-ci repris les retranscriptions exhaustives de ces registres, je constate que les habitants des hameaux de Sèvres, le Lion d’Or et la Gilarderie, hameaux plus ruraux que Pirmil et Vertais, fréquentaient peu le prieuré de Saint-Jacques et préféraient aller au bourg de Saint-Sébastien, à l’église paroissialle. D’ailleurs, j’ai même quelques familles qui ont fréquenté les 2 églises à tour de rôle.

    Avant la Révolution, l’appartenance à une paroisse était un lien fort partout en France.
    Donc, ceux qui fréquentaient l’église du prieuré Saint-Jacques

    L’ouvrage « Du village à la cité jardin, Saint-Sébastien-sur-Loire, depuis ses origines, Durand Robert et Coll., 1986 », raconte : (page 117)

    « Il faut dire que le découpage administratif de 1790 a été mal compris. On voit encore en 1795 et 1796, les habitants des hameaux de Sèvre, la Gilarderie, le Lion-d’Or, situés théoriquement à Nantes, se dire toujours de Saint-Sébastien. »

    La porte de l’Espau : rue Dos d’Ậne, Nantes.

    La ville de Nantes avait un nombre considérable de portes. Autant de passages où l’on montait la garde !!! Et où sans doute on percevait quelque droit de passage !

    Paul de Berthou a recensé :
    Charrière, Chalandière ou de la Poissonnerie, Saint Pierre, Saint Nicolas, Sauvetout, Brancas, des Changes, Drouin-Lillard, de l’Echellerie, du Port Briand-Maillard, de la Saulsaie, de Saint Cyr, des Chartreux, Mercoeur, de la Paterne, Château-Gailalrd, de l’Espau, de la Chambre des Comptes, de Saint-Louis, du Port-Communeau, Gellée, Barrière de la Corne de Cerf, de la Garde, Barrière de Bretin, Neuve, Saint-Jaqcues, de la Cohue, Saint-Saturnin, de Richebourg, Blanche, Barrière Fouquet.

    Hier, je vous mettais : le Châtelet, rue Dos d’Ậne, Nantes. Il y était question de la Porte de l’Epau. La voici, toujours selon les notes de Paul de Berthou.

  • Porte de l’Espau
  • 1615 : la ville demanda le renvoi des munitions fournies ; elles revinrent par la Porte de l’Espau, qui existait au bout de la rue Dos d’Ậne (Travers, III, 198)
    Je lis dans le Dictionnaire des Terres du Comté Nantais, par M. Ernest de Cornulier, p. çç, que la terre et seigneurie du Chaffault était des anciens vicomtes de Rezé, dont la famille du Chaffaut est issue, et qu’en 1662 le Chaffault fut vendu par Charles de Lespinay Pierre Noblet sieur de Lespeau, avocat général en la chambre des Comptes. Serait-ce le nom de cet avocat général qui fut donné à la Porte de l’Espau ?
    Le nom de l’Espau n’est pas écrit dans Travers comme dans le Dictionnaire des Terres de M. Le Cornulier, mais ce ne serait pas une raison pour que ce ne fût pas le même nom. J’ai plus confiance dans la manière dont M. Le Cornulier a écrit ce nom.
    Je lis encore dans le même dictionnaire, p. 178, que la terre de Lespau (sic) appartenait en 1662 au même Pierre Noblet. Elle était située en La Chapelle-sur-Erdre. J.F. Voir l’article Pirmil.

    Je reste très dubitative sur l’assimilation des lieux de l’Espau situé à La Chapelle sur Erdre, et l’origine du même nom de lieu pour cette porte située sur la Sèvre. Je n’ai pas trouvé d’autres notes ou explications.

    Huissier des Eaux et Forêts : Nantes Saint Jacques Pirmil 1620

    Le quartier de Saint Jacques Pirmil Vertais était autrefois habité de nombreux bourgeois aisés, ayant des postes au Présidial, à la Chambre des Comptes, et même en voici un qui a un poste qu’Henri IV avait rénové, en attendant que Colbert renove encore.
    Je veux parler des Eaux et Forêts.

    Mais comme les forêts sont très loin de Nantes, je suppose que les eaux de la Loire avaient un intérêt ? Mais j’avoue que je suis dubitative. Avez-vous une idée, car la Loire méritait bien qu’on s’en occupe ! D’ailleurs, à ma connaissance, la Loire est toujours un fleuve qui intéresse les scientifiques du monde entier !

    Le voici :

    Nantes St Jacques Pirmil (ancienne fillette de la paroisse Saint Sébastien d’Aigne : « Le 28 octobre 1620 baptisé Michelle fils de Martin Lemerle huissier des eaux et forests de Bretagne et de honnorable femme Magdeleine Lesire parrain honnorable homme Estienne Lemerle non marié marraine Louyse Guillotin femme de honnorable homme Jan Savary »

    Respect missire André Ernaud : vous traitiez les femmes sur le même rang que les hommes : prieuré Saint Jacques de Pirmil, 1615

    Vous êtes rare, si rare que je reste infiniement admirative et respectueuse : vous avez osé traiter les femmes comme les hommes, ou plutôt vous avez traité les hommes comme ils avaient l’habitude de traiter les femmes.

    Car à l’époque où vous viviez, et ce durant des siècles, les femmes étaient nommées par leur nom de jeune fille, mais immédiatement suivi du nom de leur mari.

    Mais, jamais l’inverse dans les parrainages.

    Les hommes existaient pour eux-mêmes, sans mention de leur épouse. Elle était transparente.

    Vous, vous avez osé écrire l’inverse. Vous avez traité les hommes comme on traitait les femmes.
    Vous avez nommé un parrain en faisant suivre son nom de celui de son épouse !

    Donc, vous écriviez sur le registre paroissial :

    René Leroy mary de Sébastienne Bureau, marraine Marie Chouet femme de Louys Charpantier

    Chapeau bas missire André Ernaud, je vous témoigne ici tout mon respect. Vous aviez mis les femmes égales des hommes !!!