Autrefois on s’entassait à 17 dans une pièce, aujourd’huy 10 millions de Français fuient la cohabitation et vivent seul(e) dans un logement !

Il y a 25 ans, j’ai eu l’occasion de visiter la ferme de la Bintinais près Rennes transformée en éco-musée.
Cette ferme n’était pas petite mais plutôt riche, comparée à d’autres exploitations.
La pièce principale logeait 17 personnes, et je me souviens de notre stupeur (nous étions un groupe). Puis nous avons tenté de comprendre comment et où ils pouvaient bien dormir, mais même en en logeant plusieurs par lits nous n’y étions pas parvenu.

Certes, nous pensions bien que l’intimité était rare autrefois, mais à ce point !

En Loire-Atlantique, avec les rencensements d’une part, et les rôles de capitation d’autre part, on peut souvent savoir combien de personnes logeaient sous le même toît que nos ancêtres.

C’est ainsi que je sais que mon arrière grand mère route de Clisson était loin d’être l’unique occupante de sa maison, car on y compte en tout 13 personnes. En fait chacune des 4 pièces était occupée par un ménage, en sous location.
Et quand on se souvient comme moi (née en 1938) qu’à l’époque il n’y avait que des toilettes rares ou au fond du jardin, et ne parlons pas de l’eau courante !

Mais aujourd’hui je suis totalement assommée par une autre constation du même ordre, mais probablement bien pire.
Voilà, je suis obnubilée (et même obsédée) depuis 6 semaines pas mes BONNISSANT que je ne peux remonter car nés dans la Manche, là où les bombardements de la seconde guerre mondiale ont bien détruit le passé et ses archives. Donc je les fais depuis leur arrivée à Chantenay en 1757. Ils venaient à 2 frères, de Saint Malo et Saint Servan, avec maman, veuve, sachant bien signer. Et ils sont charpentiers de navire à Chantenay, justement attirés par l’énorme explosion que va connaître à cette date la construction navale nantaise.
J’ai donc étudié aussi toutes les publications sur la construction navale nantaise de cette époque, stupéfiante.
Seulement voilà, on avait certes attiré les compétences et même beaucoup, car le registre paroissial de Chantenay triple de volume, mais on n’avait pas trop construit de maisons, et ils s’entassent d’où des conditions d’hygiène indignes, de sorte que sur 16 enfants du couple dont je descends, il n’en reste que 4 adultes dont 2 garçons et 2 filles.
Le garçon dont je descends sera commis aux vivres puis son fils épicier. Mais l’autre garçon suivra son père dans la construction de navires, aura même une entreprise, dont les historiens se souviennent :

• « Quelques constructeurs du XVIIIème siècle ont survécu à l’ombre des Crucy, comme les Bonnissant, Baudet, Jollet et bien sûr les Dubigeon. ‘Rochcongar, Des Navires et des Hommes, page 28) »

Crucy les avalera en 1864.

Sachant que toutes les femmes de ces Bonnissant et alliés savaient fort bien signer, et qu’ils ont été jusqu’à être de petits entrepreneurs, je ne pensais pas trouver ce que je viens de trouver dans les rôles de capitation.

Certes, j’avais bien compris que pour 16 naissances, on n’avait plus que 4 enfants adultes, et j’avais quelques soupçons sur la qualité de vie, d’autant que les pseudo historiens qui nous décrivent l’Hermitage, quartier où ils vivaient, de la manière la plus affreuse qui soit. Ils le décrivent en 1865, et je suis cependant un siècle plus tôt que leur description.
Voici ce qu’ils disent du quartier de l’Hermitage en 1865 : (attention, cramponez vous, car c’est fort !)

 » l’Hermitage est habité par des Bas-Bretons[au passage mon Bonnissant n’est pas Bas-Breton, et le rôle de capitation ne donne pas de noms très bretons] pauvres et sales, logeant dans des réduits sans air ni soleil, qui conservent dans leur maison des matières, des os, des vieux chiffons, ou qui élèvent des lapins… » (Nantes Passion, 2005)

Cela ne colle pas du tout avec des femmes sachant si bien signer, et avec un fils constructeur de navires, et l’autre commis aux vivres.

Alors cramponnez vous encore, car j’ai découvert dans le rôle de capitation, l’horreur absolue, et j’en suis bouleversée :
maison Boudoux et Hubert (AD44-rôle de capitation de Chantenay, 1789, numérisé et en ligne)
le sieur Boudoux 36 livres
2 servantes 4
le sieur Loizon 13
une domestique 2
Scheledere forgeron 4
le sieur Bodet constructeur 13
une servante 2
Moneron charpentier 1
la veuve d’Agnon 1
Charteau père maçon 1
le commis de Mr Baudet 2
Hurtin charpentier 1 livre 10 sols
Guerin tourneur 1 livre 10 sols
Roberteau charpentier 1
Mme veuve Bonisant 1
Charteau fils maçon 2
Journée portefaix 1
Painhouet cordonnier 1
Barbin charpentier 2
Jeaudron perrayeur 1
Plarre roullier 4
une servante 2
Pannereau charpentier 1 livre 10 sols
Favreau père cordier 5

Soit 24 personnes dans la maison, qui n’ont strictement aucun lien entre elles. La maison ne possédait certainement pas 24 pièces, alors même en supposant que tous ceux qui sont domestiques logeaient ensemble au grenier soit 5 domestiques, il reste 19 personnes.
Comment certains faisaient-ils la cuisine ??? leur hygiène ??? et combien étaient ils par pièce, et dans tout cela mon ancêtre la veuve Bonnissant qui est Catherine Douillard née en 1735 et sachant bien signer. Le rôle de capitation de donne pas les enfants et on ne les voit nulle part. Ils se marient prochainement.
Sa belle soeur, aussi veuve Bonnissant, est dans un autre quartier de Chantenay, aussi dans une maison de plusieurs personnes, mais paye 3 livres au lieu de une livre. Elle est la mère de celui qui va avoir un chantier de construction en propre.

  • Et de nos jours !!!
  • Allez vous l’INSEE qui donne pour 2008 le chiffre qui dépasse 9 millions de Français qui occupent seul un logement !!! Ils disent que le chiffre est inflation galopante alors on peut l’évaluer à 10 millions à 2018 !

    Contrat de travail de souffletier pour beaucoup de forges : Port Brillet 1768

    Surprenant de voir le maître de forges de la Provôtière vivre à Laval. Encore plus surprenant de découvrir qu’il est maître de forges de tant de forges !!!
    Mais encore plus surprenant de décrouvrir dans l’ouvrage : La métallurgie du Maine, Cahiers du patrimoine, 1986, p.149, son métier de blanchisseur !!! Le blanchisseur est alors à Laval aussi important socialement que les négociants en toile comme les Duchemin, avec lesquels d’ailleurs ils s’allient.

    Donc, je croyais qu’un maître de forges résidait à la forge, et qu’il n’en avait qu’une mais je découvre que les baux à ferme avaient un tel niveau !!!
    D’ailleurs, l’ouvrage que je viens de vous citer, lui donne même encore plus de forges que celles qui sont citées ci-dessous.

    Ici, le contrat de travail n’est pas indéterminé mais pour une durée de 9 ans. Le souffletier fabrique les soufflets neufs, et il les entretiendra aussi. Il devra l’exclusivité à son employeur. Et vous allez lire une phrase (une clause) amusante concernant l’activité à la maison « il n’a rien droit de faire chez lui » ! Nous, nous aurions tendance à comprendre qu’il n’a pas le droit de faire la vaisselle, mais je reste persuadée qu’il faut lire qu’il n’a pas le droit de faire des soufflets pour un tiers à la maison.

    Cet acte est aux Archives Départementales de la Mayenne, AD53-3E8/181 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

    Le 10 mars 1768 après midy devant nous Michel Trois et Pierre Aubry notaires au comté pairie de Laval résidant audit Laval furent présents en personnes les sieurs Olivier et Michel Dubois maître des forges du Port Brillet, Chaillant, la Provostière, la Vallée et Pouancé, demeurants à Laval paroisse de la Trinité d’une part et Pierre Huchet souffletier demeurant paroisse d’Ollivet d’autre part, entre lesquels a esté fait ce qui suit, savoir que ledit Huchet s’est alloué en sadite qualité de souffletier aux dits sieurs Dubois pour 9 années consécutives qui ont commencé le 1er janvier dernier pour entretenir, les matières luy étant fournies, les douflets desdites forges de Port Brillet, Chaillant et Villeneuve en dépendant, la Provostière, la Vallée et Pouancé, ensemble ceux des fourneaux dépendant desdites forges, à la charge par ledit Huchet de se fournir et entretenir de tous outils et ustenciles nécessaires, de donner tout son tempe et son industrie à l’entretien et façon des souflets desdites forges, sans pouvoir travailler à autres forges ny faire chez luy aucun travail lorsqu’il y aura quelsque ouvrage aux dites forges et dépendances, mais seulement lorsque lesdits sieurs Dubois n’auront aucunement besoin de luy ; (f°2) lesdits sieurs Dubois de leur costé ont promis et se sont obligés de paier par chacue année du présent allouement audit Huchet la somme de 340 livres payable par mois, de luy payer en outre la somme de 50 livres par an pour un loyer qu’il sera tenu de prendre à proximité de ladite forge du Port Brillet et pour son chauffage ; a été en outre convenu que ledit Huchet sera payé de la façon des soufflets neufs qu’il sera nécessaire de faire auxdites forges savoir des soufflets de fourneaux à raison de 90 livres la paire, des soufflets de chaufferie à raison de 50 livres et des soufflets d’affineries à raison de 45 livres. S’oligent encore lesdits sieurs Dubois de nourrir ledit Huchet et les compagnons dont il aura besoin pendant tout le temps qu’il travaillera tant à la façon des soufflets qu’à l’entretien des vieux, même son cheval à Pouancé et aux Provostières ; au surplus ledit Huchet fera tous les frais de voyage. A été encore convenu que dans le cas où lesdits sieur Dubois ne reprendront pas un nouveau bail de la forge de Chaillant dont le bail courant expire pendant le cours desdites 9 années l’allouement dudit Huchet sera diminué en conséquence, mais ledit Huche poura continuer à son profit la ferme de ladite forge de Chaillant avec le nouveau maître de forge. (f°3) Si lesdits sieurs Dubois jugeoient à propos d’établir de nouveaux fourneaux auxdites forges ou d’en supprimer le présent allouement n’augmentera ni diminuera. Enfin ledit Huchet sera tenu de faire sans sallaires l’entretien des soufflets aux rendues qui pouroient se faire de tout ou de plusieurs desdites forges au cours du présent allouement.Ce qui a été ainsi voulu convenu et respectivement accepté par les parties, dont les avons jugées à leur requeste et de leur consentement. Fait et passé auxdites forges du Port Brillet après lecture faite et ont lesdits sieurs Dubois signé avec nous nsotaire, et ledit Huchet a déclaré ne savoir signer, de ce enquis.

    François Fouquet sieur du Fau, malade, résigne son office d’assesseur en la maréchaussée en faveur de son fils : Château-Gontier 1626

    L’office vaut 6 000 livres, que le fils devra payer à son père.
    En outre, il devra faire la démarche auprès du roi, pour se voir attribuer l’office qu’avait son père, car la transmission passait par le roi et n’était en rien héréditaire.
    Vous savez tous que dans les CATEGORIES qui sont le plan de classement de ce blog, j’ai une catégorie OFFICES qui donne quelques prix de différents offices. Voyez colonne de droite du blog.
    Un office de 6 000 livres marque un niveau social aisé, car de mémoire pour un avocat ou notaire on est de l’ordre de 2 000 livres.

    Cet acte est aux Archives Départementales de la Mayenne, AD53-3E63/1122 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

    Le 7 janvier 1627 avant midy, devant nous Nicolas Girard notaire royal à Château-Gontier furent présents establis et soubzmis au pouvoir de ladite cour François Foucquet escuier sieur du Fau assesseur en la maréchaussée establie en ceste ville y demeurant paroisse de St Jehan l’Evangéliste d’une part, et noble homme Christofle Foucquet sieur de la Feronnière conseiller du roy au siège présidial d’Angers, y demeurant paroisse de St Pierre, d’autre, lesquels ont fait et font par ces présentes le concordat conventions et obligations qui ensuivent, c’est à savoir que ledit sieur du Fau ne pouvant vacquer à l’exercice dudit office d’assesseur en ladite maréchaussée à cause d’une maladie qui le tient au lit, doutant de sa reconvallessence, a baillé ceddé et transporté et par ces présentes cèdde et transporte audit sieur Foucquet son fils ledit estat et office d’assesseur en ladite maréchaussée de ceste ville aux gaiges y appartenant et attribués tant de première érection que depuis mesmes au moyen et par la supression du provost et archers de Pouencé, comme aussi le droit acquis sur l’office d’archer dont est pourveu Lafortune de Segré, pour raison (f°2) de quoy il auroit financé de nouveau lesdits gaiges revenus à 450 livres ou environ, et aux autres droits et honneurs appartenant, sans aulcune réservation, pour ce faire pourvoir par ledit sieur Foucquet dudit office et en disposer ainsi qu’il verra estre à faire dedans 6 mois, lesquels passés le peu et perte d’iceluy si aulcun avoit couru sur ledit sieur Foucquet fils à ses périls et fortunes, affin de quoy ledit sieur du Fau a promis bailler audit sieur Foucquet son fils les lettres de provision et autres expéditions qu’il a dudit office dedans le temps de 6 mois ; pour ce par ces dites présentes par nous ce jourd’huy passées pour résigner ledit office d’assesseur entre les mains de sa magesté (sic) et de monseigneur le garde des sceaux en faveur dudit sieur Foucquet fils et non d’autre ; et promet oultre luy mettre entre mains quand bon luy semblera les quittances tant du profit fait (f°3) à sa magesté pour estre receu à paier le droit annuel à cause dudit office que autres quictances du paiement du droit annuel depuis l’année 1621 signées Garsenlen et encores la quictance du paiement dudit droit annuel pour en jouir pendant l’année courante 1627 conformément aux édits et arrests de sa magesté ; et est faite ladite cession et transport pour et moiennant la somme de 6 000 livres tz, laquelle somme ledit sieur Foucquet fils a promis et s’est obligé paier audit sieur du Fau dedans d’huy en ung an prochainement venant, et jouira ledit sieur du Fau des gaiges attribués audit office jusques à ce que ledit sieur Foucquet son fils ou autre que sondit fils verra soit pourveu et receu en iceluy office ; le tout stipulé et accepté par lesdites (f°4) parties, auquel concordat et tout ce que dessus est dit tenir etc obligent etc renonçant etc foy jugement condemnation ; fait audit Château-Gontier maison dudit sieur du Fau en présence de noble homme René Poisson conseiller du roy lieutenant général civil et criminel au siège présidial de ceste dite ville, et Me François Hardy sieur de la Crouez et de Estienne Cherbonnel sieur de la Riboursière Me apothicaire audit Château-Gontier, demeurant en ladite ville tesmoings, et a ledit sieur du Fau déclaré ne pouvoir signer pour la faiblesse de son bras droit

    Le 7 janvier 1627 après midy, devant nous Nicolas Girard notaire royal à Château-Gontier fut présent estably et soubzmis au pouvoir de ladite cour François Foucquet escuier sieur du Fau conseiller du roy, assesseur en la maréchaussée establie en ceste dite ville et y demeurant paroisse de St Jehan l’Evangéliste lequel a aujourd’huy créé et constitué et par ces présentes constitue Me (blanc) son procureur auquel il a donné pouvoir express spécial de résigner au nom dudit constituant ès mains de sa magesté sondit office de conseiller du roy assesseur en la maréchaussée dudit Château-Gontier, en faveur de noble Christofle Foucquet sieur de la Feronnière son fils …

    Contrat de mariage de Nicolas Blanche et Rose Fleury : Angers 1571

    Rose Fleury est mon ancêtre dont j’avais déjà les parents. Cette Rose mit au monde 19 enfants, enfin c’est du moins ce que j’ai trouvé, mais je pense que j’ai tout de même tout trouvé car plus d’enfants serait encore plus terrifiant à mes yeux : elle a dû être enceinte toute sa vie ou presque.

    Ce contrat de mariage, que je dois à Stéphane, que je remercie pour tout (y compris sa trancription), me situe encore mieux le milieu social, car il convient toujours d’avoir en mémoire l’égalité entre frères et soeurs pour la dot, certes parfois lors du mariage un peu différente, mais pas énormément, et si c’était le cas, de toutes façons les dots sont remises lors de la succession, pour être égalisées.

    Donc, les Fleury ont marié plusieurs enfants, et sont d’un milieu marchand assez aisé.

    Vous allez découvrir parmi les témoins, à la fin de l’acte, un Anceau Fleury, or, Rose Fleury a eu beaucoup de soeurs, mais que des filles selon la succession de Jeanne Simon leur mère. Donc cet Anceau Simon m’est encore inconnu, mais manifestement proche parent.

    Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E5-617 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

    Le septième jour de juin de l’an mille
    cinq cent soixante et onze
    comme en traitant le mariage futur
    d’entre honneste personne Nycolas Blanche
    demeurant en cette ville d’Angers paroisse
    de Saint Maurice fils de déffuncts
    Jean Blanche et Marguerite Blondeau vivants
    demeurant en la paroisse des Roussiers
    et honneste fille Roze Fleurye
    fille de déffunct honneste
    personne Mathurin Fleury vivant Marchand
    demeurant au Port Ligner de cette ville
    et de honnête femme Jeanne
    Symon demeurant audit Port Ligner
    eussent esté faicts les accords
    et conventions qui s’ensuivent auparavant
    aucune bénédiction ou solempnitté
    nuptialle, sans lesquels ledit
    mariage futur n’eust esté conlud
    (f°2) ni accordé, pour ce est il que
    en la cour du Roi notre Sire et
    de monseigneur duc d’Anjou
    fils et frère de Roi Angers
    endroit par-devant nous personnellement
    établys lesdits Blanche d’une
    part et (lesdits: terme rayé) Symon et
    Roze sa fille d’autre, soumettant
    respectivement eux leurs hoirs etc confessent
    avoir conclud et accordé et
    par ces présentes concluent et
    accordent ledit mariage futur
    avecqs les pactions et conventions
    qui s’ensuivent, c’est à savoir que
    ledit Blanche avecqs le conseil
    et advis de ses amys et
    (f°3) ladicte Roze avecqs le conseil
    et consentement et authorité de
    ladicte Simon sa mère et
    consentement conseil et advis
    de ses parents et amys si après
    nommés, ont promys et par
    ces présentes promettent l’un à l’autre
    s’entre espousser par mariage en
    face de sainte église etc
    catholique quand l’un
    en sera requis par l’autre moyennant
    qu’il n’intervienne aucun légitime
    empeschement ; en faveur duquel
    mariage lequel autrement
    n’eust esté faict ne accomply
    ladite Simon a promys payer
    et bailler audit Blanche
    (f°4) dedans le jour des espousailles
    la somme de mille livres tournois,
    de laquelle somme ledit Blanche
    a promys est et demeure
    tenu et obligé convertir
    la somme de sept cent
    livres tz en acquests d’héritage
    qui sera censé et réputé le
    propre matrimoyne de ladicte
    Roze sans qu’il puisse
    entrer en la communauté de biens
    qu’ils espèrent acquérir entre eux selon la coutume
    de ce pays, etc à faute de ce
    faire dedans la dissolution
    de leur communauté de biens
    (phrase rayée : qu’ils espèrent acquérir selon)
    (phrase rayée : la coustume de ce pays) a
    (f°5) ledict Blanche dès à présent comme
    dès lors etc dès lors comme
    dès à présent constitue etc par
    ces présentes constitue et assigne
    sur tous et chacun ses biens à ladite Roze
    la somme de cinquante huit livres six sols huit deniers tz
    de rente annuelle
    et perpetuelle payable au jour
    de l’an après la dissolution de
    ladite communauté, o puissance
    d’en faire assiette sur les
    biens dudit Blanche de proche
    en proche admortissable par les hoirs dudit Blanche à la somme de 700 livres tz ung an après la dissolution dudit mariage et le reste de ladite somme de 1 000 livres tz montant la somme de 300 livres tz demeure audit Blanche pour don de nopces ;
    aussi en faveur
    dudit mariage futur qui autrement
    n’eust aussi esté accomply ledit
    Blanche a donné et par
    ces présentes donne pour présent
    (f°6) et simple don de nopces à ladite Roze stipullante et acceptante
    le cas advenant que le dit
    Blanche prédécedast ladite Roze
    sa future espouse sans enfants
    issus dudit mariage la somme
    de deux cens escuz soleil
    payable ledit cas advenant par
    ses héritiers à la dite Roze
    ou ses hoirs (héritiers) etc dedans trois
    mois après le décès dudit Blanche
    à l’option de ladite Rose de prendre accepter lesdits deux cens escus au douaire coustumier
    au désir de la coustume de ce pays ;
    auxquels accords et
    tout ce qui dessus est dit tenir
    (f°7) et accomplir etc garantir etc
    obligent les dites parties respectivement etc
    renonçant etc et
    par espécial ladite Simon au droit
    velleian après que luy avons
    déclaré que femme qui s’oblige pour
    le faict d’autruy en peult estre
    relevée par le moyen dudit
    droit et bénéfice villeyan
    combien quelle y ait expressement
    renoncé, foy jugement et condemnation
    etc fait et passé Angers
    es présence de honneste homme Me
    François Guyonneau sieur de Lebais
    et greffier criminel et
    Nicolas Gendron Jean et
    Guillaume les Guyomes, Guillaume
    Baillif et Anceau Fleury
    demeurant scavoir ledit
    (f°8) Guyonneau à la Guerche et
    lesdits Gendron Guyonier Baillif
    et Fleury en cette ville d’Angers »

    François Baillif était parti avocat au parlement de Tours : 1591

    Je descends de Rose Fleury, tante de François Baillif, et il s’agit de la succession de la mère de Rose et grand mère de François Baillif, qui était Jeanne Simon, pour laquelle j’ai beaucoup d’actes désormais.

    Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E1-91 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

    Le 20 avril 1591 après midy en la cour du roy notre sire à Angers endroit par devant nous Françoys Revers notaire d’icelle personnellement estably honnorable personne Me François Baillif advocad en la cour de Parlement à Tours, estant de présent en ceste ville d’Angers, lequel deument soubzmis soubz la cour d’Angers soy ses hoirs etc aujourd’huy nomme créé et constitue honneste homme Pierre Ragot marchand demeurant audit Angers son frère son procureur général et spécial pour gérer et administrer les choses de la succession escheues audit constituant par la mort et trespas de deffuncte Jehanne Symon vivante veufve de deffunct Mathurin Fleury ayeulle dudit constituant, d’y faire tout ce qui sera requis et nécessaire mesmes de prendre rendre et percepvoir pour et au nom dudit constituant les fruits qui pour raison de ladite succession luy peuvent et pourront appartenir, et a ledit constituant par ces mesmes présentes révocqué et revocque la procuration qu’il avoit consentye pour le mesme effet que dessus à Mathurine Fleury veuve feu Guymyer par devant nous le 18 août 1590, ne voullant qu’à l’advenir ladite procuration serve audit effet, et affin que ladite Guymyer n’en prétende cause d’ignorance a ledit constituant donné pouvoir à sondit procureur de le faire assavoir et signiffier à ladite Fleury et généralement etc prometant etc foy jugement condemnation etc fait Angers maison dudit Ragot en présence de Julien Bouder Me tailleur d’habits et Merc Delalande praticien audit Angers tesmoins »

    Catherine Ganches épouse de Pierre Leveau encaisse une rente créée par sa mère Anne Fleury : Angers 1611

    Anne Fleury est soeur de mon ancêtre Rose Fleury, dont j’avais déjà les parents. Son époux, Jacques Ganches, était apothicaire à Angers, mais ici, j’apprends un nouvel apothicaire que je n’avais pas encore mis dans mon tableau des apothicaires, aussi je m’empresse de compléter mon tableau en l’y insérant. Il s’agit de Jean Deniau qui est ici caution vendeur.

    Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E8 1-90 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

    Le vendredi 23 décembre 1611 avant midy, par devant nous René Serezin notaire royal à Angers furent présents et personnellement establys damoiselle Catherine Chappelain veufve de deffunt Mainfray Levesque vivant escuyer sieur de la Sansonnière demeurant en la maison seigneuriale du Roussays paroisse de Feneu et honorable homme Jehan Deniau sieur de la Mortonnière Me apothicaire en ceste ville et y demeurant paroisse saint Pierre, lesquels soubzmis soubz ladite cour eulx et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division ont recogneu et confessé avoir ce jourd’hui vendu créé et constitué et par ces présentes vendent créent et constituent perpétuellement à honnorable femme Anne Fleury veuve de deffunt Jacques Ganches vivant Me apothicaire Angers y demeurant paroisse ste Croix, à ce présentes stipulante et acceptante et laquelle a achapté et achapte pour elle ses hoirs etc la somme de 12 livres 10 sols tournois d’annuelle et perpétuelle rente rendrable et paiable et laquelle lesdits vendeurs et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division ont promis rendre paier servir et continuer à ladite achapteresse en cestedite ville en sa maison franche et quite par chacun an au 23 décembre le premier paiement commenczant le 23 décembre prochain et à continuer etc ; laquelle rente de 12 livres 10 sols lesdits vendeurs ont assise et assignée et par ces présentes assignent et assient sur tous et chacuns leurs biens meubles et immeubles présents et advenir et de chacun d’eulx sollidairement et sur chacune pièce seulle spéciallement sans que la généralité et la spécialité puissent déroger nuire en préjudicier l’une à l’autre en aulcune manière que ce soit avecq puissance à ladite achapteresse d’en demander et faire faire particulière et spéciale assiette en tel lieu qu’il luy plaira et touttefois et quantes que bon luy semblera suivant la coustume promettans lesdits vendeurs sollidairement garentit de tous troubles les choses sur lesquelles ladite assiette sera faicte et les descharger de tous autres hypothèques et empeschements quelconques ; la présente vendition création et constitution de ladite rente faicte pour le prix et somme 200 livres tournois paiée baillée manuellement comptant par ladite achapteresse auxdits vendeurs qui icelle somme ont eue prise et receue en présence et à veue de nous en espèces de pièces de 16 sols et autre monnoye au poids et prix de l’ordonnance, dont ils se sont tenuz comptants et en ont quitté et quittent ladite achapteresse : à laquelle vendition, création et constitution de ladite rente tenir etc et paier etc et aux dommages etc obligent lesdits vendeurs eulx chacun d’eux seul et pour le tout sans division etc renonczant etc et par especial aux bénéfices de division de discussion et d’ordre de priorité et postériorité foy jugement et condemnation etc faict et passé audit Angers maison de nous notaire présents Me Fleury Richeu et Etienne Mestivier demeurant Angers tesmoings – En marge : Cette rente a esté amortye par messire René Leclerc chevalier sieur de Saultray … Pierre Leveau sieur du Préneuf mary de Catherine Ganches fille et héritière en partie de ladite deffunte Fleury … par devant Deille notaire royal en ceste ville le 12 janvier 1622 »