JAILLE, JAILLOUX, JAILLETTE

Inutile d’aller chercher dans les dictionnaires anciens en ligne sur ATLIF. Ils ignorent ces termes.

Par contre j’ai beaucoup de dictionnaires de patois etc… J’ai donc ouvert tous mes ouvrages, et j’en conclue que le terme est localisé entre Nantes et Le Lion-d’Angers.

Il s’agit d’un nom de lieu boueux.

  • MORLET Marie-Thérèse, Dictionnaire étymologique des noms de famille, Perrin, 1991

JAILLE, terme régional (ouest), désignant un endroit bourbeux, marécageux. Diminutif : Jaillet, Jaillat, Jaillot, Jailloux, Jaillon, Jaillette, Jaillard. Autre diminutif : Jaillardon. Aussi nom de localité : Saint-Mars-la-Jaille (Loire-Atlantique), de hameau la Jaille (Maine-et-Loire et Sarthe), le Jaillet (Ain, Drôme) la Jaillette (Maine-et-Loire)

  • VIVANT Georges, N’en v’la t’i’ des rapiamus, patois du pays nantais. Vivant éditeur, 1980

jaille : ordures, vase. « de ç’temps-là, c’est pitrâilloux, j’sommes que dans la jaille »

jailloux : boueux. Celui qui est sale et négligé

  • MENIÈRE Charles, Glossaire Angevin, 1880

jailloux : qui enlève la jaille.

En conséquence, la famille de la Jaille tire son nom d’un lieu boueux. Mais n’a pas donné son nom à la Jaillette, qui est un autre lieu boueux.

La Nantaise que je suis utilise toujours le terme JAILLOUX, typiquement Nantais.

La Roche-d’Iré, in « Histoire de la baronnie de Candé » par le Comte René de l’Esperonnière Angers, Lachèse Imprimeur, 1894, tome 2 page 527-537

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sire de Derval et de Rogé vaudra à l’obbéissance des diz de Laval et de Chastiaubriend, teille comme il li doit et comme il a eu de ses prédecesseurs, senz fortieture ne déchéance de se ne de soy.
Et ces chouses ont promis le dit sire de Laval et de Chastiaubriend et ladite dame Loïse sa compaigne, o l’autorité dudit sire son seigneur. Et celi monsr. Jehan, sire de Derval et de Roche, et dame Jehanne de Lille, mère dudit sire de Rogé, pour tant comme à elle touche, tenir en bonne fay, pour eulx et leurs hoirs, senz venir en contre. Celi monsr. Jehan jure celles chouses non rapeler pour cause de minour âge. Et ad ce se sont obligez les dessur diz, en bonne fay.
Fait et accordé à Nozay (1). Donné tesmoins les signez dudit sire de Laval et de Chastiaubriend pour li et la dite dame Loise, sa compaigne, et dudit sire de Cliczon et de Belleville, pour les diz de Roger et sa dite mère, en absance de leurs seaulx, le XIIe jour de febvrier l’an mil III saixente deiz et ouyit » (2).
Vers le milieu de l’année 1379, le roi de France Charles V voulant châtier le duc de Bretagne, Jean IV, qui était entré en France avec le duc de Lancastre, ordonna au duc de Bourbon (3) d’aller réduire son puissant vassal. L’armée française se réunit à Angers, puis marcha sur Chantocé. C’est au cours de ces événements que fut prise la Roche-d’Iré. Le Chronicon Briocense, reproduit par dom Lobineau, relate ainsi ce fait d’armes :
« … Mais avant que le duc de Bourbon se fut retiré, le seigneur de Clisson le rejoignit à Chantocé et lui dit que toute la Bretagne s’était soulevée contre le Roi et contre lui-même, et que les Nantais avaient fait sortir de sa ville, malgré eux, ses serviteurs et ses officiers ; et comme il ne savait ce qu’il devait
(1) NOZAY, chef-lieu de canton, arrondissement de Châteaubriant
(2) Archives de Noyant, C36, parchemin original
(3) Louis II, duc de Bourbon (1337-1410)

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faire, il suppliait le duc de Bourbon de vouloir bien l’excuser auprès du Roi de ce qu’il n’avait pu lui assurer la possession de la ville de Nantes. Le duc de Bourbon lui dit qu’il en ferait volontier part au Roi et qu’il ferait son possible pour qu’il l’excusât.
Mais après que ledit duc de Bourbon eut quitté la ville d’Angers, les Bretons, sans aucun retard, envahirent le royaume de France avec une nombreuse armée, et prirent aussitôt les deux forteresses de Pouancé et de la Roche-d’Iré, qu’ils conservèrent longtemps, malgré les Français. Puis ils ravagèrent le territoire Français jusqu’à ce que le Roi fût en mesure de leur résister » (1).
L’histoire de Jean IV, écrite en vers, raconte aussi cet événement :

… La Bellière (2) lors s’est avancé ;
Il prit le fort de Pouancé.
Ne scey s’il ot rien à dire
Quand il print la Rochediré ;
Car chaicun s’émerveilloit
Comment il estoit si gloict
De prandre l’autrui sans congié … (3).

Jean de Rougé décéda sans postérité, laissant ses biens à son frère puîné, Gallehot.
Gallehot (ou Guillaume) de ROUGÉ, devint, après la mort de son aîné, seigneur de la Roche-d’Iré. Aux assises de Candé, tenues par Olivier Tillon, sénéchal, le lundi après l’Épiphanie 1394, il obtint un délai pour présenter son aveu (4).
(1) Histoire de Bretagne, par dom Lobineau : Chronicon Briocense, II, 845 (traduction).
(2) Jehan Raguenel, chevalier, vicomte de la Bellière. (Voir A. du Paz, 146)
(3) Histoire de Bretagne, par dom Lobineau. – Histoire de Jean IV, dit le Conquérant…, par messire Guillaume de Saint-André, II, 735
(4) Archives de Noyant, BB 22

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Gallehot de Rougé mourut avant 1398. Il avait épousé Marguerite de BEAUMANOIR (1), fille de Jean de Beaumanoir, maréchal de Bretagne pour Charles de Blois, et de Marguerite de Rohan. Il en eut trois enfants :
1° – Jean, qui suit,
2°- Jeanne, mariée à Armel de Châteaugiron, seigneur dudit lieu. Cette union fit passer les seigneuries de Rougé, de Ferval, de la Guerche en Touraine et plusieurs autres, dans la maison de Châteaugiron.
3°- Olive, qui hérita de la Roche-d’Iré et épousa Jean du Perrier. Son article vient après celui de son frère Jean.
Jean de ROUGÉ, sire de Derval et de Rougé, vicomte de la Guerche en Touraine, seigneur de la Roche-d’Iré, de la Motte-Cesbron, de la Chapelle-Glain, etc., rendit hommage lige et dénombrement à Charles de Dinan, seigneur de Candé, le 28 août 1407, pour les fiefs qu’il possédait dans la paroisse de Chazé-Henry (2).
Le 11 avril après Pâques 1409, en cour de Pouancé, il passa une transaction avec le même Charles de Dinan, relativement aux droits de haute justice qu’il s’était attribués sur ses terres de la Roche-d’Iré, de Neuville, de la Cornuaille et de Chazé-Henry. – C’était la suite des prétentions seigneuriales élevées dès le siècle précédent par le suzerain de la Roche-d’Iré. – Il fut convenu qu’à l’avenir le sire de Rougé et ses successeurs jouiraient du droit de haute, moyenne et basse justice, sous certaines réserves au profit du seigneur de Candé (3).
Jean de Rougé décéda le 8 février 1415 (1416 n.s.), et fut inhumé dans l’église de Derval. L’inscription suivante fut gracée sur son tombeau :
Cy gist hault et puissant monssour Jean jadis seigneur de Derval, de
(1) BEAUMANOIR (de) : D’azur à onze billettes d’argent, quatre, trois, quatre.
(2) Archives de Noyant, C 63. Parchemin original, jadis scellé.
(3) Archives de Vallière. Parchemin original

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Rougé, de Sainct Mars de la Pile, et vicomte de la Guerche en Touraine, qui trespassa le VIII jour de Fevrier, l’an de grâce MCCCXV. Priez Dieu pour luy.
Il avait épousé Béatrix de RIEUX (1), troisième fille de Jean, sire de Rieux, maréchal de France, et de Jeanne de Rochefort, dame dudit lieu. De cette union naquit une fille unique :
Béatrix de Rougé, qui épousa, avant 1413, Jehan du Bois, chevalier, seigneur de la Chalopinière. Elle reçut en dot la seigneurie de la Motte-Cesbron et mourut en 1422, laissant une fille, Marguerite, mariée en 1434 à noble homme Charles de la Grandière (2).
Jean de Rougé fut le dernier représentant mâle de la branche aînée et survécut à ses deux soeurs, Jeanne et Olive. Il est à croire qu’il partagea lui-même son patrimoine entre ses neveux, puisque sa fille ne paraît avoir hérité que de la Motte-Cesbron. Après lui, les seigneuries de Rougé, de Derval, de la Guerche en Touraine, et de Cinq Mars la Pile échurent à Patry de Châteaugiron, fils de Jeanne, décédée en 1413, et de Armel de Châteaugiron, qui mourut en 1414, quelques mois après sa femme. Geffroy du Perrier, fils encore mineur d’Olive de Rougé, décédée dès 1409, eut pour sa part la Roche-d’Iré.
Olive de ROUGÉ, soeur cadette de Jean de Rougé, épousa Jean du PERRIER (3), sire dudit lieu, fils aîné de Geffroy du Perrier et de Plésou de Quintin, et comte
(1) RIEUX (de) : D’azur à neuf besants d’or, trois, trois et trois.
(2) Voir MOTTE-CESBRON (la).
(3) PERRIER (du) : D’azur à dix billettes d’or, quatre, trois, deux et une. – Cette maison, éteinte au XVIIIe siècle, fut l’une des plus illustres de Bretagne et paraissait issue des anciens rois de ce pays. Hudran, sire du Perrier, mourut en l’an 1000. – L’un de ses descendants, Conan, chevalier, seigneur du Perrier, est cité en l’an 1200 comme devant fournir des écuyers et chevaliers d’host au duc de Bretagne. – Hervé, fils de Conan, accompagna le duc Jean II en Gascogne pour joindre ses troupes à celles d’Édouard, roi d’Angleterre, contre le roi de France. – Son fils Alain fut maréchal de Bretagne, 1304, 1322. – Geffroy, qui épousa Plésou de Quintin, eut quatre enfants : 1° Jean, qui devint comte de Quintin, et seigneur de Roche-d’Iré par son mariage avec Olive de Rougé ; 2° Geffroy, marié à Tiphaine de Keradros ; 3° Marie, qui épousé Roland de Dinan, baron de Châteaubriant et de Candé : et 4° Jeanne, qui fut la seconde femme de Jean de Penhoët, seigneur dudit lieu. La branche aînée s’est fondue, en 1482, dans la maison de Laval.

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de Quintin par succession de Geffroy, comte de Quintin, frère de sa mère, dernier représentant de cette maison issue des comtes de Penthièvre.
Elle décéda en 1409, laissant un fils nommé Geffroy, qui suit.
Jean du Perrier se remaria en 1423 avec Constance Gaudin, fille de Péan Gaudin, seigneur de Martigné-Ferchaud, et de Jeanne Riboule, dame d’Assé et de Lavardin ; il en eut trois enfants, : Jean, Guillaume et Jeanne.
En qualité de tuteur de Geoffroy, son fils du premier lit, il rendit aveu, pour la châtellenie de la Roche-d’Iré, à Robert de Dinan, baron de Candé, le 1er avril 1426.
Nous reproduisons la plus grande partie de cette déclaration, la plus ancienne qui nous soit parvenue :
« De vous monseigneur de Chasteaubrient, du Montafillant et de Candé, Je, Jehan, seigneur du Perier, chevalier, aiant le bail, garde, administracion et gouvernement de Geffroy du Perier, fils de moy et de feue Olive de Rougé ma feue compaigne, cognoys estre homme de foy lige au regart de votre baronnie et chastellenie de Candé, à cause et par raison du chastel, chastelenie, herbergement, terre et appartenance de la Rochediré dont la declaration s’ensuit.
Et premièrement, le chastel et herbergement dudit lieu de la Rochediré, avecques les douves, fossez et fortificacion dudit chastel, jardrins, garennes à connins, courtilz et clouaisons d’environ, contenant quinze journelx de terre ou environ. Item, les boais de la Rochediré contenans deux cens journelx de terre en boais, ou environ, esquelx jay droyt de chasse à toutes bestes et garenne deffensable. Item, les metaeries de la Chaussée, du Grant Estang de

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la Rochediré, de Saucoigné, de la Brocherie, si comme elles se poursuyvent avecques leurs appartenances et deppendances. Item, le grant estang de la Rochediré, si comme il se poursuict. Item, le petit estang de la Rochediré, si comme il se poursuict audessoubz dudit grant estang. Item, les vignes de la Rochedira, cest assavoir le cloux de la Barre … le cloux de Phéliopaie … le cloux du Suzerain … le cloux de la Boucinaye … (1) le cloux de la Rouxelière … (2) le cloux du Boays-Corbin, sis la paroisse de Noyent … Item, le pré de Houppe … Item, le pré de Noyent …. Item, le pré de l’Omelaye …. Item, le moulin à blé du Bourgdiré … Item, le pressouer de la Rochediré et le droyt de pressouerage et de contraindre mes hommes et subgiz aïans vignes en maditte terre, de tournier à mondit pressouer, selon la coustume du païs. Item, le droyt que jay de tendre, chasser, tesurer et fureter, et prendre connins en la garenne de Fousses appartenant au prieur de Saint-Blayse (3).
Item, s’ensuyvent les services, cens, rentes et devoirs que plusieurs personnes mes subgiz tenans de moy en laditte terre me doivent par chacun an à cause de plusieurs choses et héritages quils tiennent ès fiez dudit lieu de la Rochediré. Et premièrement, au terme de l’Angegine … par plusieurs parcelles, quatre vings six livres quinze souls un denier, ou environ, et tant mes hommes de foy que mes autres subgiz. Item, au terme de Saint-Michiel, quatre deniers. Item, au jour de la Saint-Denis, dix-neuf souls deux deniers. Item, au terme de la Toussaints, vingt et une livres troys deniers maille, ou environ. Item, au terme de la Saint-Nicolas diver, cent quinze sols ou environ. Item, au terme de Nouel, cent quatorze sols huit deniers, ou environ. Item, au dimanche après les Cendres, cinq souls dix deniers, ou environ. Item, au dimanche après les Cendres, cinq souls dix deniers, ou environ. Item, à la
(1) BOUSSINAIE (la), ferme, commune de Loiré
(2) ROUSSELIÈRE (la), ferme, idem
(3) SAINT-BLAISE, ferme, commune de Noyant-la-Gravoyère. – L’ancienne chapelle seigneuriale de la Gravoyère, dédiée à saint Blaise, était desservie par un chapelain spécial et dépendant du prieuré de Château-l’Hermigage (commune de Pontvallain, arrondissement de la Flêche, Sarthe).

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veille des grans Pasques, dix huit souls quatre deniers, ou environ. Item, sensuict les blez de rente qui me sont deuz par chacun an en montdit … de la Rochediré ; au terme de l’Angevine, dix-huit septiers de saigle, mesure de la Rochediré (1), ou environ. Item, au terme de l’Angevine, que me doivent plusieurs de mes subgiz de la Rochediré, vingt et neusf septiers d’avoine grosse, ou environ, à laditte mesure. Item, audit terme de l’Angevine, en la paroisse d’Engrie et ou fié de Villechesne, soixante et un septiers d’avoine menue, à laditte mesure, ou environ. Item, la disme de febves, de poys, de chanvres et de lins que jay en maditte disme de Rochediré, qui vault, communs ans, dix sols ou environ. Item, la disme de vins, appellée la grant disme de la Rochediré, vallant communs ans, seze pipes de vin ou environ. Item, au jour de l’Angevine, que me doivent plusieurs de mes hommes et subgiz, quatorze oayes. Item, au jour de Nouel, que me doit le Prevoust de Noyent, doze chappons, chacun an. Item, audit jour de l’Angevine, vingt et quatre coqs, que me doivent plusieurs de mes hommes, chacun an. Item, audit jour de l’Angevine, quartorze gélines … Item, le biaign (bian), que me doivent plusieurs de mes hommes et subgiz, à fenner l’erbe du pré de l’Omelaye, tant qu’il soit sec, et m’en rendre le faing audit chasteau et herbergement de la Rochediré, à leurs propres coustz et despens. Item, le droyt de coustume, que jay en la ville de Brain et ès environs, des denrées qui sont trépassans dès le Jarriay jusques à Neufville, en traversant la ville de Brain ou ès environs, qui vault bien communs ans, cing souls ou environ. Item, le droyt des seaulx et des contractz et du tabellionnage qui puent bien valoir, communs ans, quatorze sols de rente ou environ. Item, le droyt de patronnage que jay de donner la chappelle appellée la chappellenie de la Rochediré, fondée de mes prédécesseurs, et servie en la chappelle qui est ou herbergement et manoir de la Rochediré, avecques mes droyz segnoriaulx, et d’en faire faire le service.
(1) La mesure de Roche-d’Iré comptait deux boisseaux pour un des Ponts-de-Cé.

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Item, le droyt que jay en la disme de blé ou de vin ou … de Monfollour (1), qui vault, communs ans, cinq pipres de vin et huit sextiers de saigle, mesure de la Rochediré, laquelle est en débat entre le chappellain de ladite chappellenie et moy.
Item, sensuict la déclaracion des hommes de foy et liges de laditte terre. »
Nous résumons cette liste :
Brient de la Rivière, à cause de sa femme, fille de feu Jehan le Prevoust de Noyent, homme de foy lige à cause de ses choses du Plessays de Noyent, et par raison de la prévoté et sergentise dudit lieu ; et homme de foy simple à cause de sept septiers de saigle de rente dûs sur le lieu de la Corbinière … – Jehan d’Andigné, seigneur du Bourgdiré, à cause de sa femme, homme de foy simple pour raison de son lieu de la Paltière … (2). – Millé Cerbron, seigneur de Villeprouvée, chevalier, homme de foy lige à cause du fief de Lannoy, et homme de foy simple à cause de son herbergement de la Guionnaye (3). – Jehan de la Freté, homme de foy lige, à cause de l’herbergement, terres et appartenances de la Freté (4), et homme de foy simple à cause de la prévoté de la Rochediré … – Jehan de Montecler, chevalier, homme de foy lige par raison de son herbergement de la Bijotière … (5), et homme de foy simple à cause de son herbergement du Houx … (6). – Jehan de la Tousche, homme de foy lige par raison de la Rivière-Mainneuf (7) et de la Jocheterie … (8). – La femme de feu Jehan Bellangier, comme bail de Guillaume Resay, son frère, femme de foy simple à cause de partie de son herbergement de la Moullière … (9). – Jehan
(1) MONFOULEUR, ferme, commune du Tremblay, anciennement paroisse de Challain. – Maison noble, relevant de Roche-d’Iré.
(2) PALLIÈRE (la), ferme commune de Combrée.
(3) GUIONNAIE (la), ferme, commune de Noyant-la-Gravoyère.
(4) FERTÉ (la), château et ferme, commune de Loiré.
(5) BIGEOTIÈRE (la), ferme, dommune du Bourg-d’Iré
(6) HOUX (le), ferme, idem
(7) RIVIÈRE-MAINEUF (la), ferme, idem
(8) JOCHETERIE (la), ferme, idem
(9) MOULIÈRE (la), ferme, commune de Gené

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Baraton, à cause de sa femme, fille de feu Pierre du Tronchay, homme de foy lige à cause de son féage de Breslon de Saint-Aignen (1) et de appartenances. – Le sire de Quintin, comme bail, à cause de sa femme, des enfans de feu messire Païen Gaudin, chevalier, homme de foy simple à cause de son berbergement de Monfoulleur … – Loys, seigneur de la Tour, homme de foy lige à cause des rentes d’avoines et de gélines qu’il a à Monfoulleur … – Charles de la Mote, homme de foy simple à cause de sa métaerie de la Houppe … – Jehan d’Orvaux, homme de foy simple à cause de son fié de Villechesne, de partie de sa métaerie de la Rivière-d’Orvaus, de la borderie dudit lieu, et des herbergements de la Huetaye (2) et de la Menardière … – Simon Auvé, homme de foy simple, pour raison du lieu de la Berardaie … (3). – La femme feu messire Pierre de Vendosme, chevalier, femme de foy lige à cause des féages qu’elle tient en la paroisse de Combrée … – Lancelot d’Andigné, chevalier, homme de foy lige par raison de sa terre d’Engrie, pour tant qu’il y en a tenu de moy, tant en fié comme en dommaine. – Jehan Raice, homme de foy lige par deppier de fié, à cause de huit bouesseaux de saigle de rente, mesure de Candé, que feu Jehan de Livenaye, père de sa femme, acquist de feu messire Geffroy d’Andigné, pour lors seigneur d’Engrie. – Jehan de Juigné, homme de foy simple par raison de sa terre de Brain, pour tant comme il en a en votre ditte chastellenie de Candé. – Jehan Racappé, homme de foy simple à cause de son herbergement de la Goderie (4). – Symon de Jonchières, comme bail de ses enfans, homme de foy lige à cause de sa terre de Carqueron (5). – Jehan Valleaux du Fail, homme de foy simple, à cause de sa métaerie de la Haye (6). – Jehan Touschart,
(1) BRELLON, ferme, commune du Bourg-d’Iré. – Les « fiefs de Saint-Aignan » s’étendaient dans une partie de la même paroisse
(2) HUTAIE (la), ferme, commune de Loiré.
(3) BRARDAIE (la), ferme, commune de Chazé-sur-Argos.
(4) GAUDRIE (la), ferme, commune du Lion-d’Angers.
(5) CARQUERON, ferme, commune du Lion-d’Angers. – Ancien fief.
(6) HAIE (la), ferme, commune du Lion-d’Angers.

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homme de foy lige à cause de son hostel et domaine de la Himebaudière … (1). – La femme (2) feu messire Olivier de Champagné, chevalier, femme de foy simple à cause de son fié et devoir de Viletes. – Jehan de Chasteaubrient, homme de foy lige à cause de ses mollins de la Himebaudière et de sa metairie de la Jaillette… – Jehan des Rues, homme de foy lige à cause de sa terre des Rues et appartenances, pour tant qu’il en tient de moy en fiez et en dommaines en votre ditte chastellenie de Candé, à un cheval de servige à muance de homme. – Jean Peaudoyae, homme de foy simole à cause de ses vignes de Noyent … – Messire Hugues de Montallays, chevalier, homme de foy simple à cause de féage de la Noullière. – Regnault de la Porte, homme de foy simple à cause de son lieu et appartenance de la Charpenterie. – Le Prieur de la Jaillette (3), mon homme et subgit en garde et en ressort de son herbergement de la Jaillette, … ou quel herbergement il met mesures à blé et à vin, lesquelles il prent de moy… – L’abbé de la Roë, mon homme et subgit, à cause de son herbergement et féage de la Morelière … (4), par raison duquel il me doit, à muance de seigneur, un aguiller de saye, aprécié à dix sols. – L’Abbesse et couvent de Nyoaiseau me doivent une bourse de saye par chacun an, au jour de la Chandeleur, à cause de la metaerie de la Graudinière, avecques ses appartenances.
Esquelles choses dessus dittes et en chacun d’icelles tant en fiez comme en dommaines, je advoue atenir de vous tout droyt de justice haulte, moyenne et basse, tabellionnage, scaulx de contralz, droit de forbannir et rappeller, remettre et pardonner, et tant pour les grans cas et meffaiz que autrement, et tant en grans et petiz chemins que autre par èsdittes terres. Desquelx droiz de justice haulte, moyenne et basse, de forbannir et rappeler, remettre et pardonner
(1) HIMBAUDIÈRE (la), ferme et moulin, commune du Lion-d’Angers.
(2) Roberde de Vendôme, fille de Pierre de Vendôme, seigneur de Segré, et de Jeanne de Chazé. Elle avait épouse Olivier de Champagné par contrat du 2 mai 1405.
(3) JAILLETTE (la), bourg, commune de Louvaines
(4) MORLIÉRE (la), ferme, commune de Louvaines

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jay droyt de user selon la teneur de certain acort et traicté passé entre feuz messire vos prédicesseurs et les miens, lequel appiert par lettres autentiques scellées des scaulx de … de la court de Pouancé, données le XIe jour d’apvril après Pasques, l’an mil IIIIc et neuf … » (1)
Cet aveu ne porte pas de date, mais il fut présenté et reçu à l’Assise de Candé tenue par Thomas Morel, pour Jehan Fournier, sénéchal, le 1er avril 1426.

Geffroy du PERRIER, seigneur de la Roche-d’Iré par héritage de son oncle Jean de Rougé, décéda le 11 août 1428, longtemps avant son père, qui lui survécut près de vingt ans. Il avait épousé Isabeau de la Motte (2), fille de Louis de la Motte, seigneur de Bossac, et de Marguerite Anger, dont il eut cinq enfants :
1° – Tristan, qui suit.
2° – Jean, décédé sans postérité.
3° – Jeanne, mariée en premières noces à Jean de Malestroit, et en secondes noces à Bertrand du Parc.
4° – Mathurine, mariée à Jean Tournemine, seigneur de la Guerche-en-Rays.
5° – Michelle, qui épousa Jean de la Lande, seigneur de Guiguen.

Tristan du PERRIER, comte de Quintin, seigneur de Bossac et de la Roche-d’Iré, entra en possession de son héritage dans le courant de l’année 1448. Le 13 janvier 1456, il rendi hommage lige à Guy de Laval, baron de Candé. Voici quelques extraits de cet aveu, qui complète le précédent :
« De vous très puissant et doubté seigneur monseigneur le comte de Laval, seigneur de Vitré, de Chasteaubrient et de Candé, je, Tristan du Perier, seigneur de Quintin et de la Rochediré, congnoys et confesse estre homme de
(1) Archives de Noyant, T3. Parchemin original, jadis scellé sur queue de parchemin.
(2) MOTTE (de la) : De vair au lambel de gueules.

La Roche-d’Iré, in « Histoire de la baronnie de Candé » par le Comte René de l’Esperonnière Angers, Lachèse Imprimeur, 1894, tome 2 page 523-526

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J’ay veu une transaction ès archives de Chasteau-brient, entre monsieur Guillaume de Rougé, tant pour luy que pour sa femme d’une part, et monsieur Bonabes de Rochefort, pour luy et pour son fils, par raison d’Anne femme dudit fils, et de ladite Anne en nom d’elle, par laquelle ledit sire de Rougé veut que ledit fils de Bonabes ait dès à présent (c’est à dire dès la date dudit accord, qui est de l’an mil trois cens quatorze) toute sa portion de toute la terre qui fut monsieur Emery de Neuville, et de Madame de la Roche-d’Iré sa femme, et est tenu le délivrer de toutes les debtes où il fut tenu par raison de la succession dessusdite, et de la commune d’entr’eux. Le sire de Rougé baille audit fils tout ce qu’il avoit par raison de sa femme en la ville de Candé, tant en coustumes, que cens, que ventes, et tout ce qu’en dépend ; c’est à sçavoir que la Dame de la Roche-d’Iré y avoit quand elle mourut. Et luy bailla aussi ledit sire de Rougé ce qu’il avoit en la Vicomté de Donges (1), et en la Coustume de Loire à Nantes. Et si ces choses ne suffisoient pour sa portion, il luy devoir parfaire ès pièces de Précorpt ; et cela ne suffisoit, ledit sire de Rougé le luy devoit parfaire en la terre de la Cornouaille, et ne jouira ledit fils desdites choses, sinon après le décès de la Dame de la Vouste, qui les tenoit à douaire. Ledit sire de Rougé y doit faire consentir madame sa femme. Ladite dame de la Roche-d’Iré avoit par son testament fait des donations audit monsieur Bonabes de Rochefort, chevalier, et avoit ordonné qu’il seroit dédommagé de ce qu’il avoir mis et employé pour garder sa terre. Sur quoy lesdits Guillaume de Rougé et Bonabes de Rochefort accordent et transigent. Ce qui montre que ladite Dame de la Roche-d’Iré, estant veufve dudit Emery de Neuville, s’estoit remariée avec ledit Bonabes de Rochefort estant veuf de sa première femme, de laquelle il avoit eu ledit Thébaud son fils aisné, mary de sa seconde fille et dudit Emery, estant l’aisnée mariée audit monsieur Guillaume de Rougé » (2).
(1) DONGES, commune, canton de Saint-Nazaire (Loire-Inférieure)
(2) Histoire généalogique …, par A. du Paz, p.165

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Guillaume de Rougé (1), sire de Rougé et de Derval, et seigneur de la Roche-d’Iré par son seconde mariage avec N. de Neuville, eut de celle-ci :
Jean, sire de ROUGÉ et de Derval par héritage de son demi-frère Bonabes, décédé sans postérité, et seigneur de la Roche-d’Iré, de Neuville et de la Cornuaille, par succession de sa mère. Il prit parti pour Charles de Blois et périt au siège de la Roche-Derrien, le 20 juin 1347. Il épousa une fille de Guy de Montalais, qui lui apporta la seigneurie de la Motte-Cesbron (2) en la paroisse de Loiré, et lui donna deux fils. L’aîné fut tué avec son père à la Roche-Derrien, et le second fut :
Bonabes, quatrième du nom, chevalier, sire de ROUGÉ, de Derval, de la Roche-d’Iré, de Neuville et de la Cornuaille. Il quitta le duc de Bretagne et, s’étant mis au service du roi de France, fut fait prisonnier à la bataille de Poitier (18 juin 1356). Ayant payé sa rançon, il fut désigné parmi les otages de Jean le Bon et emmené en Angleterre. En récompense de ses services, le Roi
(1) ROUGÉ (de) : De gueules à une croix patée d’argent. – Cette ancienne maison, l’une des premières de la province de Bretagne, a sa filiation établie depuis le XIe siècle. Hervé de Rougé eut pour fils Eudes, qui signa la lettre de fondation du prieuré de Saint-Sauveur de Béré, près Châteaubriant, en 1056. – Bonabes, premier du nom, sire de Rougé, s’allia avec plusieurs seigneurs bretons contre Henri II, roi d’Angleterre (1174). – Bonabes, deuxième du nom, assistait aux États de Vannes en 1202. – Olivier, croisé en 1248 (Cabinet Courtois), épousa, vers la moitié du XIIIe siècle, Alice de Derval. Depuis lors, les seigneuries de Rougé et de Derval furent réunies. – Guillaume, fils du prédécent, devint seigneur de la Roche-d’Iré par son mariage avec l’héritière des Neuville. – Jean, mari de Béatrix de Rieux, décédé sans enfant mâle, le 8 février 1415, fut le dernier représentant de la branche aînée, fondue par sa soeur Jeanne dans la maison de Châteaugiron (1400). Une branche cadette, établie en Anjou, au château des Rues, paroisse de Chenillé-Changé, reprit le nom de Rougé et a continué la descendance. Parmi les personnages illustres qu’elle a produits, nous citerons : Pierre, marquis de Rougé, maréchal de camp, tué au combat de Filinghausen, le 16 juillet 1761. – Jacques de Rougé, marquis du Plessis-Bellière, capitaine général des armées du Roi, mourut de ses blessures à Castellamare, en 1654. – Son fils, François-Henri, maréchal de camp, commanda le régiment d’infanterie du Plessis-Bellière et décéda en 1692, etc.
(2) Voir MOTTE-CESBRON (la)

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lui donna la vicomté de la Guerche en Touraine. Mais le duc de Bretagne, mécontent de son abandon, lui confisqua le château de Derval et le donna à Robert Knolles, l’un des principaux chevaliers anglais. Jean de Rougé, fils de Bonabes, ne rentra en possession de son manoir qu’à la paix de 1380.
Ce fut pendant cette période, en 1359, que les Anglais occupèrent la Roche-d’Iré. Ils durent l’évacuer l’année suivante, puisque le traité de Brétigny (8 mai 1360) stipulait pour le roi d’Angleterre l’obligation d’abandonner les forteresses qu’il occupait au pays d’Anjou.
Bonabes de Rougé mourut en 1377 et fut inhumé dans l’abbaye de la Meilleraye. Il s’était allié à Jeanne de l’ISLE (1) qui lui apporté la seigneurie de Cinq-Mars-la-Pile (2) et lui survécut. Quatre enfants naquirent de ce mariage :
1° – Jean, qui suit
2° – Galhot, qui vient après Jean.
3° – Jeanne, qui eut en partage la terre de la Cornuaille ; elle épousa Geoffroi de la Tour, seigneur de la Tour-Landry et de Bourmont (3).
4° – Huette, mariée à Brisegaud d’Usaiges, seigneur de Vouens, vidame du Mans, vers 1353.
Jean de Rougé, de Derval, de la Roche-d’Ir2, etc., était encore mineur en 1378. Le 7 février de cette année, il passa un appointement avec Guy de Laval, seigneur de Candé, mari de Louise de Châteaubriant, pour terminer un procès qui avait été intenté à son père au sujet du droit de haute justice dans la terre de la Roche-d’Iré.
Voici ce document :
« Sur les debaz et pledaeries meues, ja piecza, entre nobles hommes le Sires
(1) ISLE (de l’) : D’azur au léopard d’argent.
(2) CINQ-MARS-LA-PILE, commune, arrondissement de Chinon (Indre-et-Loire).
(3) Voir BOURMONT

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de Laval et de Chastiaubriend et dame Loïse, sa compaigne, dame des dix lieux, d’une partie, et feu monsr. Bonnabes, sire de Derval et de Rogé au temps qu’il vivoit, auquel Deix pardonne, d’autre partie ; De ce que ledit feu monsr. Bonnabes avoit usé de haute justice en sa terre de Rochediré et autres qu’il avoit et tenoit ou povair des diz sires de Laval et de Chastiaubriend en leur chastelenie de Candé, et usé de Justice ès grans chemins qui sont ès dites terres dudit feu monsr. Bonnabes, et ès sorties d’icelles. Lesquelx justicemenz et congnouessances de ce, disoient que cela … monsr. Bonnabbes ne povoit ne ne debvoit faire, ne à li appartenoient. Celi feu monsr. Bonnabbes, au temps qu’il vivoit, avouoit les causes dessus dites et droit de faire ; dont plusours proceiz sourdirent entr’éulx en la court de Parlement du Roy, notre Sire, et est encore en Parlement.
Est troictié et acordé, si il plaist à la Court du Parlement, entre les dessus diz de Laval et de Chastiaubriend d’une partie, et monsr. Jehan, sire de Derval et de Rogé, filz et héritier principal dudit feu monsr. Bonnabbes, d’autre partie, que les enquestes, procès et erremenz faiz sur les causes de sur dites en Parlement et aillours, tant d’une partie que d’autre, seront trairrés de la Court de Parlement, mises, livrées et baillées par devers ledit de Laval et de Chastiaubriend qui les vira et fera voairs. Et en oultre, veult et est d’assentement, celi sire de Derval et Rogé, que celi sire de Laval et Chastiaubriend soit chargé à sa consiance et ordene à sa volunté des chouses dessur dites en saisine et propriété, senz nul resort, ne jamès venir en contre ; laquelle charge et ordenance celi sire de Laval et Chastiaubriend a prinse et acceptée.
Et pour tant comme touche les domapges et despans, en est et sera à l’ordennance de noble homme le sire de Cliczon et de Belleville (1), laquelle sera tenue des dites parties et chacune, sens venir en contre ; et le congié donné dudit Parlement et les dites causes en mises hors, comme dit est celi
(1) Olivier de Clisson, connétable de France

La Roche-d’Iré, in « Histoire de la baronnie de Candé » par le Comte René de l’Esperonnière Angers, Lachèse Imprimeur, 1894, tome 2 page 522

de proudes hommes, afin et à acort suy venuee o les diz religioux sur les chouses desus dites … en tele menière que suy tenue à rendre et payes ès leux acoustumez … c’est assavoir à la Roche-d’Iré et à Engrie, aus diz religioux, les diez et oyct septiers de seille d’annuel rente à la mesure que ils ne me puent rien demander des errérages de tout le temps passé, ne à mes hoirs. A laquele somme de seille de rente, rendre et entériner ausdiz religioux ès leux dessus diz, à la mesure davant dite par chiescun an dedenz la feste de Saint-Michel ou mont de Garganne … je oblige moy et mes heirs et touz mes biens moubles et immoubles présenz et avenir.
En tesmoing de laquele chouse, je en ay donné ausdiz religieux cestes présentes lettres scellées de mon scel. Ce fut donné au jour de mercredi davant la Pentecouste, l’an de grâce mil CCC et onze » (1).
Ysabeau de la ROCHE-d’IRÉ épousa Emery de NEUVILLE, seigneur de Neuville (2) et de la Cornuaille. Deux filles naquirent de cette union :
L’aînée épousa Guillaume de ROUGÉ, fils d’Olivier de Rougé, fils d’Olivier de Rougé et d’Agnès de Derval, et veuf de Macée de la Haye, dont il avait eu un fils, Bonabes, qui mourut sans enfants, et une fille, Marguerite, qui épousé, en 1339 (n.s.), Olivier Tournemine, chevalier, seigneur de la Hunaudaye.
Le seconde, nommée Anne, fut mariée à Thébaud de Rochefort.
Le P. du Paz cite une transaction de l’an 1314, qui donne de précieux éclaircissements sur ces alliances, aussi croyons-nous devoir copier ce passage de son Histoire généalogique :
(1) Archives départementales de Maine-et-Loire, H, 1444. Parchemin original, jadis scellé.
(2) Voir CANDÉ, chapître IV, Mouvance féodale

La Roche-d’Iré, in « Histoire de la baronnie de Candé » par le Comte René de l’Esperonnière Angers, Lachèse Imprimeur, 1894, tome 2 page 521

de quoi, nous donnons auxdits religieux les présentes lettres scellées de nos sceaux, le …, du mois d’octobre de l’an de Notre Seigneur 1299 (1). »
Renaud d’Iré et Marguerite de Bailleul (2) eurent deux enfants :
1° – Renaut, qui paraît être décédé sans alliance au commencement du XIVe siècle.
2° – Ysabeau, héritière de la Roche-d’Iré. Ayant eu des difficultés avec les moines de Pontron au sujet de la rente de blé qui leur était due, elle conclut avec eux, en 1311, un arrangement dont les détails furent sécifiés dans les lettres suivantes :
« A tous ceux qui verront ces présentes lettres … Ysabeau, dame de la Roche-d’Iré, salut en nostre Seigneur … Sachent tous présents et avenir que comme concenz fust esmen entre moy Ysabeau, d’une partie … et religieux hommes et honestes labé et le couvent don Pont-Octron de l’autre, sur ce que lesdiz religioux demandoient à avoër diz et oyct septiers de seille (3) que je lour devaye de rente si comme l’apparoyssoit par lestres scellées dou seau de noble homme monssour Renaut d’Iré, mon père, et lesquels monssour Renaut d’Iré, mon frère, avoit conffirmées par lestres scelles dou seau de noble homme monssour Renaut d’Iré, mon père, et lesquels monssour Renaut d’Iré, mon frère, avoit conffirmées par ses lestres, si comme il apparoyssoit ; les quex diz et oyct septiers de seille, lesdiz religioux demandoient a avoër à la mesure de Candé qui coroit au tems de la date de ces dites présentes lettres… et je disaye que je ne les devaye pas payer à celle messure, quar elle estoit trop grevée… depuys que celles lestres de mon père avoient esté données … pour quez je disaye que je devaye pas payer celuy seille fors à la mesure ancienne, ne les errerages qui lour en estoient deuz … Après plusiours concenz et plusiours propousitions et atercacions de partie et d’autre, par conseil
(1) Archives départementales de Maine-et-Loire, H, 1444
(2) BAILLEUL (de) : D’hermine à la fasce d’or. (Roger, Armorial, mss 995)
(3) Dix-huit setiers de seigle

La Roche-d’Iré, in « Histoire de la baronnie de Candé » par le Comte René de l’Esperonnière Angers, Lachèse Imprimeur, 1894, tome 2 page 519-520

Guillaume de la ROCHE-d’IRÉ, chevalier (miles), auquel Guillaume de Thouars, seigneur de Candé, fit dont, en 1243, de la part qu’il percevait dans la coutume et le péage de la ville de Candé (1).
Il décéda avant 1253, laissant deux fils :
1° – Amaury ;
2° – Renauld, qui suit.
Amaury de la ROCHE-d’IRÉ fut chanoine de Tours et ratifia devant l’Official d’Angers l’acte par lequel son père et Hervé de Marans avaient donné au prieuré de Champigné le droit de chauffage dans la forêt de Longuenée, qu’ils possédaient en commun. Ces lettres furent scellée le premier vendredi de l’an 1264 (Preuves, X).
Renauld de la ROCHE-d’IRÉ, chevalier, hérita de la seigneurie. Avec l’assentiment de Renauld de Bolle, chevalier (Raginaldus de Bolleio, miles), il fit don à l’église de Nyoiseau de son moulin de Vicelle (2), en 1253 (3).
Le samedi avant la Quasimodo 1299, il confirma, par lettres revêtues de son sceau, l’accord passé, en 1218, par son grand-père Renaud d’Yré et l’abbé de Pontron (4).
Au mois d’octobre 1299, il fonda, d’accord avec sa femme Marguerite de Bailleul (Margarita de Baillolio), une chapelle dans le monastère de Pontron.
Voici la traduction des principaux passages de ces lettres de fondation, écrites en latin :
« A tous ceux qui les présentes lettres verront et orront, Renault d’Iré, chevalier, et Marguerite de Bailleul, sa femme, salut en Dieu. Sachez tous que désirant nous rendre participants et associés aux bonnes oeuvres et aux prières qui se font et se feront par la suite dans le monastère de Pontron, de l’ordre de Citeaux, au diocèse d’Angers, et l’un comme l’autre veiller utilement au salut de nos âmes, pour le salut et le remède d’icelles, de celles de nos parents, de nos amis et de ceux qui nous ont obligés, d’un accord et consentement mutuel, nous établissons et fondons, dans ledit monastère, une certaine chapelle qui sera desservie, à l’avenir, par l’un des moines dudit monastère, à raison de trois messes par semaines, savoir : une du Saint-Esprit, une de la Bienheureuse Marie, et l’autre pour les défunts, tant que nous vivrons, nous et le survivant d’entre nous. Et après le décès du survivant d’entre nous, il sera célébré, chaque semaine, trois messes de Requiem pour le salut et le remède de nos âmes, de celles de nos parents et de nos amis…
Et pour la fondation et l’établissement de ladite chapelle, nous destinons, assignons, donnons et condédons aux religieux, à l’abbé et à la communauté dudit monastère, cent sous de monnaie courante, payables annuellement et perpétuellement. Lesquels nous promettons et nous obligeons rendre et payer en totalité auxdits religieux et à leurs successeurs, tous les ans, le lendemain de la fête de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie, sur les cens et à prendre sur nos cens de la Roche-d’Iré … Et en ouvre, pour l’augmentation de ladite chapelle, nous donnons, condédons et accordons, en notre nom et au nom de nos héritiers et successeurs … et laissons auxdits religieux et à leurs successeurs tous les revenus des maisons qui appartiennent auxdits religieux dans la mouvance de … ( ?) en la ville de Candé. Et pour que toutes ces promesses soient entièrement tenues et inviolablement observées et qu’aucun changement n’y soit apporté pour quelque cause que ce soit, nous nous obligeons envers lesdits religieux et leurs successeurs, nous et chacun de nous, ainsi que nos héritiers et ceux qui leur succéderont, et tous nos biens, meubles et immeubles présents et futurs, en quelque lieu qu’ils soient situés, et sous quelque droit et nom ( ?) qu’ils soient déclarés, spécialement et expréssement. En témoignage
(1) Voir tome 1er, p. 41
(2) VICELLE, moulin, commune de Sainte-Gemmes-d’Andigné
(3) Dom Morice, Preuves, I, 955
(4) Archives départementales de Maine-et-Loire, H, 1444, parchemin 12 (charte en latin)