Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

1689 : juillet, août, septembre, octobre, novembre, décembre

Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 4 juillet (1689) mourut mademoiselle des Places Gaultier ; elle fut enterrée le lendemain dans l’église des R. Jacobins de cette ville.
  • Le 12 (juillet 1689) mourut la femme du défunt sieur Cordon, vivant marchand de soie en cette ville, âgée de 75 ans.
  • Le même jour (12 juillet 1689) Mr Lemasson avocat au siège présidial de cette ville et procureur du Roy en l’élection de Château-Gontier, épousa la fille du feu Sr Juffé, bourgeois dudit Château-Gontier.
  • Le 18 (juillet 1689) le fils de monsieur Desmazières Menier avocat plaida sa première cause.
  • Le 19 (juillet 1689) mourut monsieur Dupas, bourgeois. Il avait été longtemps à l’armée ; il a laissé un garçon et une fille.
  • Le 14 (juillet 1689) arrivèrent icy à quatre jours différents seize cent Suisses qui venaient des travaux de la Rochelle. Ils en partirent le 28 et les autres jours suivants ; il y en avait 800 aux Ponts-de-Cé. (Note de Marc Saché : Au moment de la déclaration de guerre à la Hollande par Louis XIV le maréchal de Lorge fut chargé de rendre compte de l’état de la place de La Rochelle, alors complètement démantelée. Sur les ordres du roi, Fery, directeur général des fortifications depuis la Loire jusqu’à l’Adour, fit travailler à une nouvelle enceinte plus grande qu’un tiers de l’ancienne. Les ouvrages furent commencés le 29 mars 1689 et le 29 septembre un état-major s’y établit sous le commandement de Marcognet, gouverneur de la place. Voir Arcère, Histoire de la ville de la Rochelle, 1757, t.II, p. 358)
  • Le 30 (juillet 1689) monsieur Desmauvrais Jollivet, fils de défunt monsieur Jollevet, avocat, et monsieur Gontard, fils de feu monsieur Gontard, aussy avocat, plaidèrent leur première cause.
  • Le 3 août (1689) mourut madame de Chenedé femme de monsieur de Chenedé, auparavant veuve de monsieur d’Héliand, chevalier, seigneur d’Ampoigné, duquel mariage il y a trois garçons et une fille, et du second mariage deux filles. C’était une des plus belles, des plus agréables et des plus spirituelles femme de la province ; elle était âgée de 43 ans ; elle m’honorait d’une amitié très particulière ; Elle fut enterrée le lendemain dans l’église St Michel du Tertre avec pompe. (Il s’agit de la femme de René Joachim Chénedé.)
  • Le 8 (juillet 1689) mourut monsieur de la Roche Goizeau. Son fils aîné est juge des traites, qui a épouse Melle du Brossé Minée.
  • Le 26 août (1689) mourut madame des Aunais Boylesve, femme de monsieur des Aunais Boylesve, auparavant veuve de feu monsieur de la Marée Cupif. Elle n’a jamais eu d’enfant ; elle s’appelait Bellet. C’était une femme d’une grande vertu ; elle a donnée tant aux hôpitaux, pauvres qu’à l’église 25 000 livres.
  • Le 4 septembre (1689) mourut le sieur Bouguerel, marchand ferron en cette ville. Il avait épousé la fille des défunts Sr Guiet aussy marchand ferron et de la dame Legendre.
  • Le même jour (4 septembre 1689) mourut la femme du feu Sr Buscher ; elle s’appelait … ; âgée de 97 ans.
  • Le même jour (4 septembre 1689) Mr Gontard du Pin, avocat, fils de défunt Mr Gontard aussy avocat et de la Delle Verdier, épousa la fille de Mr Chotard aussy avocat et de la Delle Romain.
  • Le 15 (septembre 1689) mourut Mr L’Epagneul Sr de la Plante. Il a amassé de grands biens dans les partis. On le dit riche de deux cent mil livres. Il est mort receveur des traites de Saumur. (Note de Marc Saché : Gilles Lépagneul de la Plante avait été receveur des traites aux Ponts-de-Cé. Comme toutes les personnes notables de la ville on le trouve agrégé, ainsi que trois fils, à la puissante Confrérie des bourgeois des trois états établie en l’église Saint-Laur. Voir Bibl. Angers, man. 765-anc.696, registre des réceptions des frères.)
  • Le 18 (septembre 1689) mourut monsieur des Ruaux Provost, bourgeois de cette ville.
  • Le 20 (septembre 1689) mourut la veuve de défunt Mr Brard, marchand de soie en cette ville. Elle s’appelait de la Plante Pierre.
  • Le 22 (septembre 1689) mourut à Chalonnes le sieur du Tertre Gault, bourgeois.
  • Le 24 (septembre 1689) mourut monsieur Gourreau. Il avait été cy-devant quelques années conseiller au siège présidial de cette ville, mais s’étant adonné à l’excès de vin et étant extrêmement incommodé de la goutte, il fut obligé de vendre sa charge. Il avait épousé la fille du Sr Périgault marchand de chaux à Chalonnes, duquel mariage il y a deux filles. (Note de Marc Saché : Jacques-Marin Gourreau de la Blanchardière était le fils de Jacques Gourreau, également conseiller au siège présidial (Voir Bibl. mun., man. 1120-anc.919, f°632)
  • Le 16 octobre (1689) monsieur du Pont Gourreau, veuf de la défunte dame de la Marre Bault, duquel mariage il y a plusieurs enfants, épousa la veuve du feu Sr des Cheminaux Herbereau président au grenier à sel de cette ville.
  • Le 8 novembre (1689) mourut mademoiselle Bachelot veuve du feu Sr Bachelot contrôleur au grenier à sel de cette ville ; elle s’appelait Panetier. Elle a laissé un garçon, marié avec la Delle Ganches de la Fourerie, et deux filles dont la cadette est religieuse aux Ursulines.
  • Le 23 (novembre 1689) il fut arrêté à l’hôtel de ville que les trente six mil livres que le Roy demande pour être déchargé des contributions aux ustanciles des soldats pendant le quartier d’hyver, seraient levés sur les exploitants les maisons de la ville et des faubourgs au sou la livre. Cela monte à trois sous trois deniers pour livre.
  • Le 29 (novembre 1689) mourut le sieur Bruneau, garçon, âgé de 58 ans.
  • Le 25 octobre (1689) mourut monsieur de la Rousselière Thomas, conseiller honoraire au siège présidial. Il avait épousé Melle Jousselin fille du Sr Jousselin docteur en médecine, dont il y a 4 garçons.
  • Le 1er décembre (1689) mourut la femme de Mr de l’Epinay Soreau avocat ; elle s’appelait Bertereau.
  • Dans ce même temps mourut monsieur de la Bachelotière Sourdrille, bourgeois. Il avait épousé la fille de Mr de Bazourdy, dont il y a 4 enfants.
  • Le 4 (décembre 1689) mourut le Sr Greteau ; il avait été cy-devant notaire royal en cette ville.
  • Dans ce même temps mourut la femme de monsieur Grézil, bourgeois ; elle s’appelait Nail. Il y a 3 ou 4 enfants de leur mariage.
  • Le 9 (décembre 1689) monsieur Eveillard conseiller aux requestes du parlement de Bretagne, fils de feu monsieur Eveillard président au siège de la prévôté de cette ville et de la dame Avril, épousa la fille de feu monsieur Chauvel de la Boulaye procureur du Roy au siège présidial et de la dame Grimaudet.
  • Le 10 (décembre 1689) mourut Mr des Sourcelles Cupif ; allant à la campagne, il tomba de cheval et s’étouffa.
  • Le 28 (décembre 1689) mourut Mr Muzard, secrétaire de monsieur l’évêque d’Angers, âgé de 55 ans ; il avait beaucoup de mérite.
  • Cette année a été abondaite en vin et en bleds.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
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    Contrat de mariage de métayers, Corzé (49), 1744 entre Vincent Perthué et Noelle Brossier.

    Ce contrat de mariage contient une information intéressante sur le métier de sergent royal, aussi je m’empresse de vous communiquer cette info, puisque le sergent royal faisait l’objet d’un précédent billet.
    Dans le contrat de mariage qui suit, la mère de la future est décédée. Elle apporte donc en mariage sa part des meubles de la succession de sa mère, et on apprend alors qu’un inventaire avait été dressé par Launay sergent royal. Or, depuis 16 ans que mon nez est tombé dans les archives notariales et n’en a pas décollé, je constatais quelques inventaires après décès, mais sans comprendre pourquoi on n’en trouve pas plus en Anjou. Et, dans le cas présent, j’ai dépouillé tout le notaire de Corzé, sans trouver aucun inventaire de mes métayers.
    Donc, je viens enfin de comprendre que des inventaires étaient plus souvent dressés qu’on n’en dispose aux archives, mais soit sous seing privé (cela je le savais) soit par un sergent royal (cela je viens enfin de le découvrir). Or, les archives des sergents royaux, au même titre que des archives privées, n’ont pas été conservées. D’ailleurs, ils ne devaient pas être tenus de le faire.

    Retranscription de l’acte : Le 18 mai 1644, Dvt Christophe Davy Nre royal à Baugé Dt à Corzé, honneste femme Françoise Riffault veuve de défunt Vincent Pertué et Vincent Pertué leur fils, demeurant en la paroisse de Marcé, et honneste homme Louys Brossier métayer et Nouelle Brossier sa fille et de défunte Nouelle Hubert demeurant au lieu seigneurial de Chemant en la dite paroisse de Corzé, (ce métayer avait la particularité d’exercer aussi le métier de fermier, c’est à dire gestionnaire de biens à ferme, et au fil des années il prit à ferme plus de biens, et on voit qu’en 1644 il a même prit à ferme la seigneurie de Chemant. Le fermier d’une seigneurie occupait toujours le lieu seigneurial, à titre d’ailleurs de garde de la maison seigneuriale. Ce Louis Brossier aura été pour moi un oiseau rare, car si j’ai vu beaucoup d’autres métiers prendre des biens à ferme pour les gérer en intendants, c’est le premier métayer que je rencontre dans ce cas. )
    lesquels ont fait et font par ces présentes les accords de mariage pactions et conventions matrioniales qui s’ensuivent,
    savoir est que ledit Vincent Pertué, de l’advis de ladite Riffault sa mère, Jehan Sayeret son beau-frère, et de Yves Reau son proche parent, et ladite Nouelle Brossier de l’advis de sondit père, de Gilles Brossier son oncle paternel, et de Mathurin Raveneau et Guillaume Hubert ses oncles maternels, et autres leurs parents et amis, (ce paragraphe est souvent très intéressant, et dans le cas présent il me confirme les liens de parenté que j’ai découvert sur d’autres actes notariés, mais 2 preuves de liens de parenté valent mieux qu’une, et je ne crache jamais dessus.)
    se sont promis et promettent mariage solempniser en fasse de saincte église catolicque apostolicque et romaine dès que l’ung en sera requis par l’autre, tout légitime empêchement cessant, (je souhaite aux lecteurs non catholiques de s’imprégner de l’appellation de l’église, telle qu’elle figure le plus souvent dans ces actes, même si cela doit leur paraître un peu rébarbatif, mais au moins on sait de quelle église on parle.)
    et avec tous et chacuns les droits et raisons qui leur peuvent compéter et appartenir, savoir audit Vincent Pertué à cause de la succession dudit défunt Pertué son père et à ladite Nouelle Brossier à cause de la succession de ladite défunte Hubert sa mère, sans aulcune réserve en faire, et entre lesquels droits de ladite future épouse, ledit Brossier son père a assuré consister en la somme de 300 L tournois pour sa part des meubles demeurés en la communauté de lui et de ladite défunte Hubert sa mère, suivant l’inventaire qui en a été fait par Launay sergent royal, (ainsi, il existait donc des inventaires après décès sous seing privé, d’autres devant sergent royal et enfin d’autres devant notaires, et seuls ces derniers ont pu nous parvenir, lorsque les notaires les ont conservés… et enfin déposés) laquelle somme de 300 L ledit Brossier a promis et demeure tenu et obligé payer aux futurs conjoints dedans la fête de Toussaint prochaine, (300 L est généralement la somme apportée par un métayer et elle représente environ 1/6e des biens d’un métayer, d’ailleurs on pourrait en simplifiant, calculer la fortune d’un père en multipliant par 6 la dot d’une fille, mais ceci est très approximatif, car il y avait plus ou moins d’enfants… j’y reviendrai)
    de laquelle somme de 300 L ledit futur époux et ladite Riffault sa mère chacun d’eux seul et pour le tout demeurent tenus et obligés en convertir et employer la somme de 200 L en achat d’héritages qui seront censés et réputés les propres de ladite future épouse en ses estocs (écrit estotz) et lignées, et à faute de ce faire les employer et convertir en rentes à raison du denier 18, rachetable un an après la dissolution de leur mariage, (autrefois les biens propres de Madame étaient rigoureusement respectés, et c’était une bonne chose. Si j’insiste sur ce point, c’est que je pense qu’en 2008 beaucoup de Français pensent qu’autrefois les femmes n’avaient aucun droit.)
    et a ledit futur assigné douaire à ladite future sur tous ses biens suivant la coutume (le douaire aussi était une bonne chose pour les femmes. Il n’est pas inutile de le rappeler au passage, car lui aussi semble oublié) ce qui a été stipulé et accepté par lesdites parties …
    fait et passé en notre maison, présent vénérable et discret Me Laurent Chevreul prêtre, et René Launay praticien demeurants audit Corzé… Signé Chevreuil, Aubert

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    Sommations respectueuses, 1755, Mathurine Anne Bellouis et Yves Jallot

    suivies de refus, ceci se passe en la maison des Aulnais à Segré (49), où demeurent les parents de la fille

    Nous avions vu il y a peu de temps une dispense de mariage concernant ce couple.

    Voici encore mieux, le refus des parents de la demoiselle au mariage ; et toujours mieux, cela ne s’invente pas, la demoiselle n’a pas osé affronter directement ses parents, et tandis qu’elle est bien au chaud chez sa tante à Angers, c’est son oncle qui agit en son nom.
    J’ai déjà parcouru bon nombre de sommations respectueuses, mais alors là, je suis bouchée bée ! La demoiselle n’a même pas osé affronté ses parents ! Heureusement qu’elle avait mis son oncle dans sa poche, à moins que ce ne soit l’oncle qui ait trouvé Yves Jallot un bon parti, et qui ait arrangé ce mariage. Cela m’en a tout l’air ! Et cela explique que les parents boudent !
    Etonnez vous après cela qu’il ait toujours existé des zizanies en famille ! Car nul doute que les deux frères (l’oncle et le père de la demoiselle) n’ont pas du se réconciler de si tôt !
    Certains (es) d’entre vous rêvaient de vieilles marieuses romantiques : je crois bien que nous avons là un oncle marieur pour affaires ! Celui-ci est sans doute sans enfants.

    Voici la retranscription de l’acte : Le 6 juin 1755 sur les 8 h du matin, en présence et compagnie du sieur Jacques Bellouis de la Cussonnière demeurant au prieuré de Sainte Jammes d’Andigné (Sainte-Gemmes-d’Andigné), au bourg et paroisse dudit lieu, au nom et comme fondé de pouvoir spécial de Delle Mathurine Anne Bellouis, fille majeure du sieur Mathurin Bellouis de la Houssinaye marchand fermier, et de Delle Jeanne Marie Boury son épouse, demeurante ordinairement avec lesdits sieur et Delle Bellouis ses père et mère en la maison des Aulnais paroisse de la Magdelaine de Segré, et de présent à la maison de la Croix de la ville d’Angers paroisse de la Trinité, suivant la procuration au raport de maistres Thorode et Murault notaires royaux audit Angers le 18 juillet 1754, dont la minute en forme demeure joint à ces présenes, à la requeste de la Delle Mathurine Anne Bellouis,
    pour suite et diligence et à la stipulation dudit sieur Bellouis de la Cussonnière son procureur, nous Pierre Joseph Laumaillé, notaire royal à Château-Gontier y résidant, assisté de François Lemanceau marchand tisserant, Jean Trouillet cy-devant hôte demeurant audit bourg et paroisse de Sainte Jammes d’Andigné nos témoins à ce requis et appelés, et en vertu de l’ordonnance sur requête de Mr le lieutenant particulier en la sénéchaussée et siège présidial de Château-Gontier en date du 5 de ce mois, signée Lemasson, et scellée le même jour aussi attachée,
    nous sommes transportés au domicile desdits sieur et Delle Bellouis de la Houssinaye sis comme dit est, où étant la Delle Bellouis requérante en la personne comparution et stipulation dudit sieur Bellouis de la Cussonnière son procureur,
    après plusieurs réquisitions verbales, s’est mise en devoir de requérir avec toute décence et respect lesdits sieur et Delle Bellouis de la Houssinaye ses père et mère de vouloir bien donner leur consentement au mariage proposé entre la Delle Mathurine Anne Bellouis leur fille, et le sieur Yves Jaslot marchand fermier demeurant paroisse du Bourg-d’Iré, et de fait la Delle Bellouis comparante comme dit est par ledit sieur Bellouis de la Cussonnière son procureur, parlant audit sieur Bellouis de la Houssinaye, l’a très humblement et respectueusement supplié de vouloir bien octroyer leur consentement audit mariage, lui représentant avec une soumission filiale que ce parti est sortable et avantageux pour la Delle Bellouis,
    ledit sieur Bellouis de la Houssinaye a refusé,
    en conséquence de laquelle réponse à la Delle Bellouis comparant et stipulant comme dit est par ledit sieur Bellouis de la Cussonnière son procureur spécial, a protesté que la présente réquisition respectueuse vaudra consentement,
    dont et de tout ce que dessus nous a requis acte à elle octroyé par nous notaire soussigné, souscrit de nous et témoins cy-devant nommés, et du sieur Bellouis de la Cussonnière procureur de la Delle Mathurine Anne Bellouis sa niepce,
    fait et passé an ladite maison des Aulnais demeure desdits sieur et Delle Bellouis de la Houssinaye, ledit jour et an que dessus (Archives Départementales de la Mayenne, série 3E)

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    Dispense de consanguinité, Laubriere (53), 1757, par Jacques Leseure entre Jean Regnier et Françoise Leseure

    (Archives Départementales du Maine et Loire, série G)

    J’ai ajouté dans la précédente dispense quelques observations complémentaires, pour tenter de mieux cerner ces dispenses. Nous les pensons intéressantes, car ils n’auraient pas payé une dispense si elle n’avait pas lieu d’être : ils n’avaient pas intérêt à mentir sur leur généalogie, et on peut penser que le prêtre faisait un minimum de vérifications, aidé de ses confrères et de leurs registres. Par contre elles peuvent comporter des variantes dans la forme des prénoms et de noms, à cause du passage du français en latin etc.. ou tout bonnement de la mémoire orale. Mais en conclusion, à ce jour, elles sont certainement beaucoup plus fiables que les généalogies dressées lors des successions collatérales, ces dernières étant parfois une partie de main basse sur une mane, et avec des moyens pas toujours très honnêtes.

    Voici la retranscription de l’acte : Le 12 avril 1757 en vertu de la commission à nous adressée par Mr le vicaire général de Mgr l’évêque d’Angers en date du 11 février 1757, signée abbé de Monteclerc, vicaire général… pour informer de l’empêchement qui se trouve au mariage qu’ont dessein de contracter Jean Renier, âgé de 27 ans, veuf de Perrine Rivault métayer à la Brosse paroisse de Laubrière, et Françoise Leseure fille, âgée de 23 ans, demeurante au Bignon dite paroisse, accompagnés de Jean Regnier père dudit impétrant aussi métayer à la Brosse en société avec son fils (au passage, vous remarquez qu’une métairie a une surface importante, et un couple ne peut pas l’exploiter seul), de Jacques Aubert oncle dudit Jean Regnier, closier à la Court de la Brosse, de Louis Chedeville aussi oncle dudit Jean Regnier closier à l’Eveillardière tous de Laubrière, de Françoise Triboueil veuve Leseure, mère de ladite Françoise Leseure, demeurante au Bignon à Laubrière où elle est servante domestique également que sa fille, de Jean Leseure métayer à Sousljoche à Laubrière oncle de ladite Françoise Leseure, de Julien Leseure closière au bourg de Laubrière cousine de ladite Françoise Leseure, qui ont dit bien connaître les parties, et serment pris … avons dressé l’arbre généalogique qui suit :

    Souche commune : Jacques Leseure épouse Jeanne Hattier et eurent pour enfants

  • Augustine Leseure mariée à Louis Chedeville – 1er degré – Jean Leseure marié à … Pierre ou Pierreuse
  • Louis Chedeville marié à Renée Touvry – 2e degré – René Leseure marié à Mathurine Gourand
  • Augustine Chedeville mariée à Jean Regnier – 3e degré – René Leseure marié à Françoise Triboueil
  • Jean Regnier veuf de Perrine Rivault, qui veut épouser Françoise Leseure – 4e degré – Françoise Leseure
  • Ainsi nous avons trouvé qu’il y a un empêchement de consanguinité du 4e au 4e degré entre ledit Jean Regnier et ladite Françoise Leseure ;
    à l’égard des causes ou raisons qu’ils ont pour demander la dispense dudit empêchement ils nous ont déclaré que lesdites parties se sont recherché de bonne foy pour le mariage,
    que la paroisse de Laubrière qu’ils habitent tous deux est très petite et que les familles dudit Regnier et de ladite Leseure peuplent la meilleure partie de la paroisse, qu’ils sont presque tous parents ou alliés les uns aux autres ou conjoints par affinité spirituelle ;
    que ledit Jean Regnier veuf est chargé d’un enfant âgé de 3 ans et pour le bien de ses affaires et même qu’il est dans une grande métairie en société avec son père qui est aussi veuf, ce qui fait qu’il a besoin d’épouser ladite Françoise Leseure pour le soutenir en ladite métairie et aider à gouverner la maison ;
    et comme leur bien ne monte qu’à la somme d’environ 300 livres en meubles ou effets mobiliers (de vous à moi, nous le verrons au fil des billets, un métayer possède environ 2 000 livres, car il possède aussi matériel et bêtes, mais ici le fils est en société seulement, et c’est le père qui possède le reste. Donc, pour le moment n’en concluez pas qu’un métayer est un pauvre n’ayant que 200 livres), ledit Jean Regnier n’ayant qu’environ 200 livres et ladite Leseure n’ayant qu’environ 100 livres aussi en meubles et effets, ils se trouvent hors d’état d’envoyer en cour de Rome, pour obtenir la dispense dudit empêchement, ce qui nous a été certifié par lesdits témoins, qui ont tous déclaré ne savoir signer

    Vouz aurez régulièrement d’autres dispenses, et ce serait sympa à ceux qui pourraient apporter des observations ou compléments de se manifester, comme dans la précédente dispense, afin de mieux percer leur fiabilité et tous leurs secrets en général. Merci à vous d’avance.
    Et pour retrouver toutes les dispenses déjà en ligne, cliquez sur la catégorie MARIAGE, ou si vous cherchez un patronyme utilisez la fenêtre RECHERCHER et vous verrez qu’elle marche bien, et ce sur la totalité des billets.

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    Le lit à travers les classes sociales

    Toujours collectif, il est estimé garni, et coûte de 200 à 10 L en 1700, de la classe aisée au domestique ou paysan peu aisé, mais c’est le meuble indispensable et la pièce maîtresse du mobilier.

    Dans cette catégorie NIVEAU de VIE, vous allez découvrir, au fil de ces billets, les éléments du coût de la vie, et de véritables indicateurs économiques. Nous avons vu que le logement était considérablement moins onéreux que de nos jours (sans eau, électricité, gaz, chauffage central), qu’il avait cheminée pour faire cuire les aliments et accessoirment se chauffer, mais pas de vitres au fenêtres de la grande majorité des Français.
    Je vous invite à découvrir quelques meubles et je commence par le lit. Sa principale caractérisque est d’être collectif, et surtout pas individuel : même à l’hostellerie, on y dort à plusieurs.
    J’ai dépouillé beaucoup d’inventaires, et les lits ci-dessous sont uniquement pour vous habituer à différencier les classes sociales. D’ailleurs, dans les 3 premiers cas, le lit est dans la chambre haute, ce qui signifie un minimum d’intimité, laquelle n’existe pas à partir du métayer, René Bouvet qui suit.
    Les lits sont décrits garnis, et les éléments qui composent la garniture sont amplement énumérés dans mon LEXIQUE DES INVENTAIRES, mais je vous en ferai un billet spécial si les couvertures et rideaux vous branchent… Mais au fait, les rideaux sont là pour clore le lit et être à l’abri des courants d’air puisque les volets de bois n’assurent pas l’isolation. D’ailleurs on porte même un bonnet de nuit aussi…

    Voici quelques exemples, de la classe très aisée, à la plus pauvre, le lit principal (il y en a toujours tout plein d’autres) :

  • Jacquette Lefebvre, décédée en 1575, femme de Jacques Ernault Sr de la Daumerye, conseiller et juge magistrat au siège présidial d’Angers, et fille de François Lefebvre de Laubrière et Roberde Bonvoisin, Angers, 1575 : un grand charlit (celui-ci est dans la chambre haute, mais il y en a un assez indentique dans la salle basse, et pour les amateurs de petite histoire, Mr le conseiller Ernault possède une hallebarde, mais elle est près du lit de la chambre haute. Aurait-il à craindre des malfrats ?) de bois de noyer (bois noble) fait à grosses quenouilles tournées et cannelées et les costés et pieds à voyses et godronnées (Voyez ci-dessous les commentaires qui expliquent les godrons) enrichy et garny d’une corniche par le hault aussi enrichye de toile et garni de sa carrye et à corde sur lequel charlit y a une couette de grand lict garnye de son traverlit et vestue de chacun une souille de lin le tout garny de bonne plume avecque deux mantes l’une blanche et l’autre verte (la couleur verte est souvent présente lorqu’il y couleur dans le lit, je ferai un billet sur les couleurs) presque neuve avecque 4 pantes de ciel d’estame verd garny de sa frange et frangette de lin vert ensemble 3 grands rideaux et ung petit de serge verte le tout presque neuf 88 L (attention, ceci est en 1575, et compte tenu de la déflation sur un siècle suivant, vous pouvez multiplier par deux pour comparer les prix ci-dessous)
  • René Richard, ancien conseiller du roi au grenier à sel de Pouancé, décédé en 1730 veuf d’Elisabeth Hiret, décédée en 1725 à 76 ans : charlit de bois de noyer (c’est le bois noble) garni de son fond foncaille paillase et vergettes, une couette de plume d’oye ensouillée de coutty, un travers-lit et oreiller pareil, un matelas fourré de laine et crin, une mante de catalogne blanche, une courtepointe de toile peinte picquée, un tour de lit de serge couleur brune bordé d’un ruban couleur aurore 100 L
  • Antoine Pillegault Sr de l’Ouvrinière, Dt à Angers possède aussi une maison de campagne à la Maboullière au Bourg-d’Iré, 1704 : 1 bois de lit ancien et ses vergettes, garni d’une paillase, couette, traverses de lit, le tout ensouillé de toile, matelas (rare, et pourtant il ne s’agit que de sa résidence secondaire), courtepointe d’Indienne picquée, rideaux et pants d’étamine rouge rayée de noir (tout le mobilier d’Antoine Pillegault est raffiné et suit les nouveautés, ici on remarque l’Indienne et les rayures rouge et noire, et le tout était surement du plus bel effet) 78 L
  • René Bouvet métayer à la Gerbaudière paroisse de Montreuil sur Maine, 1690 : un charlit de chêne (c’est le bois solide, qui fait plusieurs générations) à quenouille carrée (écrit « quarée », et cela n’est rien à côté de tout ce qu’il m’a fallu déchiffrer dans tous les inventaires qui sont en ligne.), une couette (écroit coitte) de plume ensouillée de coutil (écrit coittis), 2 traverslits aussi en plume ensouillés de toile, 2 draps de toile de réparon mesurés de 6 aulnes le couple, une mante de beslinge gris presque neufve, un demi tour de toile de brin plus que mi usé avec son chef de fil, un vieil linceul servant de font 30 L, mais il y a 3 autres lits dont 2 de cormier et poirier, et un de chêne, soit 4 lits dans la chambre (il faut vous y faire, c’est le terme pour ce que nous appelons « pièce »), et pour un total de 106 L.
  • Maurice Debediers, métayer Saint-Julien-de-Vouvantes, 1766 : Un lit à 4 quenouilles garni d’une couette, 1 traversier, 2 draps, 1 vieille couverture de beslinge, avec des rideaux de toile teinte (écrit tainte) 27 L (Le métayer est la classe paysanne aisée, passons à un paysan moins aisé.).
  • François Gohier laboureur à la Maisonneuve à Pouancé 1737 : Un bois de lit de bois de cerisier garni de 2 couettes, 3 traverslits, 1 oreiller ensouillé de toille, 1 lodier gani de filasses , 1 mauvaise couverture de meslinge avec ses rideaux de serge de Can ( pour Caen) verte 15 L (La Maisonneuve est une maison manable, à deux chambres hautes à cheminée renaissance chacune, construite vers 1575 par la famille Hiret que j’ai tant étudiée, et peu après baillée à ferme à moitié à un closier qui vit en bas, et a transformé durant des siècles les 2 chambres hautes en grenier à récolte.)

  • Fenêtres des chambres hautes de la Maisonneuve, en 1997 : à gauche dimensions conservées, avec sa grille, et à droite, la seconde fenêtre, qui avait été transformée en porte d’accès extérieur aux chambres devenues grenier à récolte.

  • Et les domestiques ? ?
  • Les domestiques ont bien entendu une catégorie en dessous, donc mettez 10 L pour leur lit. Et, lorsqu’il s’agit d’une maison manable, c’est à dire dans laquelle les maîtres dorment en haut dans la chambre haute, la ou les domestique(s) dorment dans la salle basse, et si celle-ci est divisée en salle basse et cuisine, ils dorment dans la cuisine. Les vagabonds, et autres routiers dorment sur la paille de la grange.

  • Et les enfants ?.
  • Attention, vous allez revecoir un choc.
    Moi-même, après le choc que j’avais reçu (je n’étais pas la seule) lors de la visite de la Bintinaye (pourtant l’odeur en moins, et il faudrait leur suggérer de l’ajouter), qui donne une idée impressionnante de la salle collective d’alors, j’ai eu un second choc lorsque j’ai lu l’ouvrage de François Lebrun Les hommes et la mort en Anjou aux 17e et 18e siècles, Flammarion, 1675.
    François Lebrun y traite de la fréquence des décès d’enfants en ces termes :

    « Comment voir disparaître autant d’enfants au berceau – un sur quatre en moyenne avant l’âge d’un an – sans considérer le fait non comme un scandale, mais comme un événement aussi inéluctable que le retour des saisons ? Cela est si vrai que l’on n’essaie même pas de prendre pour les nouveau-nés ce minimum de précautions qui aurait évité peut-être certaines morts prématurées. Les statuts synodaux du diocèse doivent interdire de faire coucher les enfants de moins d’un an avec les grandes personnes et classent, parmi les cas réservés, la suffocation d’enfant arrivée fortuitement dans ces conditions ; le renouvellement d’une telle interdiction aux 17e et 18e siècles prouve que des accidents de ce genre continuent à se produire.» Ainsi, nous seulement on les emmène à l’église le jour de leur naissance, ce qui en élimine déjà quelques uns… mais on continue donc en les étouffant dans le lit collectif.

    Vous aussi, vous en avez le souffle coupé ! Alors relisez ce qui précède, car vous avez bien lu, les nouveaux nés étaient mis dans le grand lit collectif. Et je confirme qu’au cours des nombreux inventaires après décès que j’ai dépouillés, je n’ai vu qu’une seule fois une bercouère. Ce qui signifie qu’il n’y en avait pas et qu’on pratiquait pour les nouveaux-nés le lit collectif.
    Les autres enfants jusqu’à leur majorité, étaient réunis dans un grand lit, voire 2 grands lits lorsqu’ils sont très nombreux, mais il n’existe pas de lits pour enfants.

    La garniture viendra une autre fois, car le coffre va suivre. Au fait, à quoi sert-il le plus souvent ?

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet seule une citation ou un lien sont autorisés.

    Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

    1689 : Janvier, février, mars, avril, mai, juin

    Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 15 janvier (1689) mourut monsieur du Roncerai Bernard président en l’élection et grenier à sel de cette ville. Il était fort honnête homme, aimé et regretté de tout le monde. Il avait épousé en premières noces défunte Melle de la Pinardière Bouteiller, duquel mariage il n’y a qu’un garçon, et en secondes noces mademoisellle Lebouvier auparavant veuve de défunt Mr ….
  • Le 20 (janvier 1689) mourut le Sr Faucheux beaupère du Sr Yvard notaire royal en cette ville.
  • Le 22 (janvier 1689) mourut la femme du Sr Carré cy-devant praticien au palais et à présent greffier en chef à la prévôté ; elle a laissé cinq petits enfants ; elle était sœur du Sr Balain confiseur.
  • Le 26 (janvier 1689) monsieur Deniau assesseur au siège de la prévôté de cette ville épousa la fille du Sr Curieux greffier à Beaufort.
  • Le 29 (janvier 1689) monsieur de l’Esperonnière, de la Roche Bardou, gentilhomme, fils de défunt monsieur de la Roche Bardou, lieutenant de la Vennerie et de la dame de Brie, épousa mademoiselle Constantin, fille de défunt monsieur Constantin grand prévôt d’Anjou et de la dame Peltier.
  • Le 2 février (1689) mourut monsieur Syette bourgeois de cette ville. Il avait épousé la fille de monsieur de la Jouannière Hardy avocat à Château-Gontier. Il a laissé 4 enfants.
  • Le 8 (février 1689) mourut monsieur Barbotin. Il avait été icy longtemps intéressé dans les Aydes. Il a depuis couru les commissions dans plusieurs provinces.
  • Le 9 (février 1689) mourut monsieur Camus chanoine en l’église d’Angers. Monsieur Ripoche doyen du chapitre St Julien a sa chanoinie.
  • Le 14 (février 1689) monsieur Dupont épousa la fille de monsieur Trochon de Richebourg et de la dame Coutard.
  • Le 15 (février 1689) monsieur Gilles Goüin fils de défunts Mr Gouin avocat au siège présidial et de la demoiselle Chevalier épousa la fille de défunts Poulain Me Vinaigrier et Peigné sa mère. Elle est fille unique et a, dit-on, 12 000 livres de bien. (Patience aux non initiés aux chiffres, les indicateurs arrivent sur ce blog, au fil des billets, demain le lit, en attendant vous avez là la fortune d’un avocat, et j’ose ajouter que la fille unique est fort intéressante, d’ailleurs elle l’est toujours, et cela n’a pas changé)
  • Le 17 (février 1689) mourut Mr Poisson marchand droguiste en cette ville.Il avait épousé en premières noces une des filles de feu Mr Dupont notaire et de la dame Camus dont il n’y a point d’enfant, et en secondes noces, il avait épousé la dame Esnault.
  • Le 18 (février 1689) mourut Mr Caternault notaire, garçon, âgé de 35 ans, fils de défunts Mr Caternault aussi notaire et de la dame Perrouin.
    Le même jour (février 1689) mourut monsieur Binet marchand cirier en cette ville.
  • Le 20 (février 1689) le fils de feus Mr Herbereau des Cheminaux et de la Delle Augeard épousa Delle Cantin.
  • Le même jour (février 1689) le sieur Goyer marchand épousa la fille du Sr Jory Me pâtissier.
  • Le même jour, le Sr Tellier épousa la fille du défunt Sr la Roche.
  • Le 2 mars (1689) Jacques Stuart, second du nom, roy d’Angleterre, arriva en cette ville sur les six heures du soir, avec très peu de suite. On lui présenta le dais et les clefs de la ville à la porte St Aubin, qu’il refusa. Les habitants étaient sous les armes ; toutes les compagnies le complimentèrent. Il soupa à l’hôtel de ville ; il en sortit sur les onze heures du soir. Il se mit sur l’eau pour se rendre à Nantes et de là à Brest. (Je découvre à travers ce journal que la Loire, que j’aime, et que je vois de mes fenêtres du haut de ma tour de béton, a vu passer tant de rois… Je savais quel trafic incroyable y régnait, mais jamais je n’avais oser imaginer que le port de Nantes avait vu tant de grand voyageurs étrangers pour Paris)
  • Le 8 (mars 1689) mourut la femme de monsieur de Chastelaye Pasquier conseiller au siège présidial de cette ville. Elle s’appelait Testard ; elle n’a point laissé d’enfant.
  • Le 12 (mars 1689) monsieur Le Tourneux, fils de monsieur Le Tourneux, médecin en l’université de cette ville, et de Melle Jarry, se fit installer dans la charge de président en l’élection cy-devant possédée par feu Mr du Roncerai Bernard.
  • Le 20 (mars 1689) monsieur de Chauvon Louet, fils de feu monsieur de Chauvon Louet et de la dame Grimaudet épousa la fille de monsieur Dupont Gourreau et de la feue mlle Bault.
  • Le 28 (mars 1689) monsieur de la Richelière Toublanc se fit installer dans la charge de conseiller au siège de la prévôté de cette ville cy-devant possédée par feu Mr Galard de Mongazon.
  • Le 30 (mars 1689) mourut mademoiselle Guilbault femme de monsieur Claude Guilbault avocat. Elle s’appelait Jeanne Tonnellier.
  • Monsieur l’Evêque d’Angers a permis de manger des œufs pendant ce carême jusques au dimanche des Rameaux, à cause de la rareté du poisson et des légumes.
  • Le 11 avril (1689) monsieur de Boizourdy, second avocat du Roy au siège présidial de cette ville, fils de monsieur Boizourdy et de la Delle … épousa la fille de feu monsieur de la Sablonnière Chotard et de la Delle …
  • Dans ce temps mourut monsieur de Girard Sr de Gastines. Il avait épousé en premières noces Melle … et en secondes noces une batarde de feu Mr l’abbé de Bégare.
  • Le 1er jour de may (1689) on élut pour maire de cette ville monsieur Grandet conseiller au présidial et un des acamédiciens. (François Grandet, sieur de la Plesse et de Mons, était frère du curé de Sainte-Croix, Joseph Grandet. Conseiller au Présidial, échevin perpétuel en 1689, il fut maire pendant 4 ans d e1689 à 1692. Il fit élever au bout de la rue de l’Hôpital la Porte Neuve ou Grandet, réparer les ponts, établir 2 nouvelles foires (Voir plus bas à l’an 1692) et installer une école d’équitation, toutes initiatives rappelées au revers de son jeton par la légende Porta. Collegio. Pontibus. Hippodromo. Nundinis. Il fut inhumé au cimetière de Faye, le 7 novembre 1730 (Voir C. Port, Dict. p. 290 ; Lehoreau, Cérémonial, vol. III, p. 73 ; Planchenault, Les Jetons angevins, pp. 287, 288, Gazette des Beaux-Arts, 1901) Note de Marc Saché.)
  • Le même jour (1er mai 1689) on élut pour échevins messieurs de la Varanne Tremblier conseiller et du Motay Davy bourgeois.
  • Le même jour (1er mai 1689) mourut monsieur Verdier conseiller honoraire au siège présidial, capitaine de ville, échevin perpétuel de ladite ville, docteur régent du droit français et un des Académiciens. C’était un des grands hommes de cette ville, très éclairé dans sa profession et que tout le monde de la Province consultait dans les grandes questions ; son mérité était honoré d’un chacun. (Jean Verdier, né à Angers en 1610 environ, était fils de Jean Verdier, lieutenant général au Présidial. Lui-même nommé conseiller en devint le doyen. Il se vit confier, lors de la création des chaires de droit français, en 1679, celle de la Faculté d’Angers. Autant que son Commentaire sur la Coutume d’Anjou, resté inédit, sa fidélité au parti de la cour pendant la première période de la France angevine lui avait valu cette faveur. Il fut un des premiers membres de l’Académie en 1685. L’acte de son inhumation, le 2 mai 1689, dans l’enfeu de la chapelle de Boistravers, fondée en l’église Sainte-Croix, s’accompagne de cette mention du curé Grandet : Il mourut, âgé de 74 ans, en cinq heures d’une apoplexie, le dernier jour d’avril, regretté de tous pour sa grande piété et science particulière. (Voir Etat-civil – Poquet de Livonnière, les Illustes, man. 1300-anc.1068 ; De Lens, l’Université d’Angers, Faculté des Droits, 1880, pp. 234, 236 ; Registre du Présidial, p.152 ; Debidour, la Fronde angevine, 1877, p. 97 et suivantes. – Note de Marc Saché.)
  • Le même jour (1er mai 1689) mourut monsieur Hunault docteur régent en médecine. Il était très habile dans sa profession et consulté de tout le monde ; Il était aussi un des Académiciens.
  • Le 6 (mai 1689) mourut madame de la Perrière Foussier, veuve de défunt monsieur de la Perrière Foussier conseiller au siège présidial de cette ville. Elle s’appelait Gardeau, fille de monsieur Gardeau mort prêtre et auparavant marchand et de défunte madame Guillot. J’avais l’honneur d’être son parent assez proche du côté de feu mon père. Elle fut enterrée le lendemain dans l’église de St Maurille.
  • Le 7 (mai 1689) monsieur Garsenlan, fils de Mr Garsenlan et de la dame Belote, se fit installer en la charge de conseiller au siège présidial de cette ville, possédée par monsieur Duplessis Moreau.
  • Le 10 (mai 1689) mourut la femme de défunt Mr Aubin de Cheveigné ; elle s’appelait Pasqueraye ; son fils est maître des eaux et forêts d’Anjou.
  • Le 21 (mai 1689) mourut Melle Guyonneau de la Frenaye femme de Mr Guyonneau de la Frenaye bourgeois de cette fille ; elle a laissé trois petites filles ; elle s’appelait Julienne Angouland, fille de défunts Mr Angouland vivant droguiste en cette ville et de la dame Guitton, mes oncle et tante. Elle était âgée de 48 ans.
  • Le 25 (mai 1689) mourut Delle Cormier femme de feu Mr Grandet, lieutenant de prévôt de cette ville. Elle a laissé plusieurs enfants ; le 1er est prêtre curé de Ste Croix de cette ville ; le 2e est lieutenant criminel à Château-Gontier, marié avec la fille de Mr de la Jouannière Hardy avocat audit Château-Gontier, le 3e est conseiller au siège présidial de cette ville et à présent Maire de ladite ville, marié avec la fille de Mr Jousselin, docteur en médecine ; une fille mariée avec Mr le marquis de Sasilly et une autre mariée avec Mr de la Blanchardière Gourreau conseiller au siège.
  • Le 28 (mai 1689) quarante gentilshommes du ressort et de la juridiction d’Angers, convoqués pour l’arrière ban, partirent pour se rendre à Monfaucon jusques à nouvel ordre, commandés par monsieur de Servien marquis de Sablé, grand sénéchal d’Anjou.
  • Le 31 (mai 1689) monsieur Garsenlan conseiller au siège présidial de cette ville, fils de Mr Garsenlan cy-devant marchand et de la dame Belote, épousa la fille de Mr Duplanti Frein, cy-devant assesseur en l’élection de cette ville et de la Delle Boisard.
  • Le 6 juin (1689) mourut monsieur Pinard greffier en chef en la maréchaussée de cette ville, âgé de 97 ans ; sa femme s’appelle Doostel, fille de défunt Mr Doostel greffier en chef de ladite maréchaussée et de Delle Louise Guitton, sœur de défunte Catherine Guitton ma mère. Le Sr Pinard a laissé deux filles, l’aînée mariée à monsieur de Montiron Hernault conseiller au siège présidial de cette ville, et l’autre morte depuis quelques années mariée avec Mr de la Chaize Herbereau cy-devant présidient au grenier à sel de cette ville, duquel mariage il y a une fille ; il est remarié avec Melle Sicault fille du feu monsieur Sicault lieutenant de la prévôté de cette ville.
  • Le 13 (juin 1689) monsieur René Brillet, fils de feus Mr Brillet et de la Delle Richard, épousa la fille de défunts Mr Gilles Gouin avocat au siège présidial et de la Delle Chevalier. (C’est la demoiselle aux 12 000 livres, la fille unique citér plus haut. Il fait une affaire, ce qui est d’ailleurs démontré par la suite de l’histoire de cette famille.)
  • Le 20 (juin 1689) messieur Martineau et Boulay plaidèrent leur première cause.
  • Le 22 (juin 1689) mourut la mère de la femme de Mr Du Bouchet, âgée de 99 ans ; elle s’appelait …
  • Le 26 (juin 1689) monsieur de Chatelaye Pasquier conseiller au siège présidial de cette ville, veuf de la dame Testard, duquel mariage il n’y a point d’enfant épousa mademoiselle de Cierzé.
  • Le même jour (26 juin 1689) mourut la femme de Mr Carré notaire ; elle s’appelait Anne Pelletier, veuve du Sr Mingon, âgée de 43 ans ; elle n’a jamais eu d’enfants ; elle avait été de la religion prétendue réformée ; elle est morte dans des sentiments fort chrétiens. Ledit Sr Carré est mon cousin germain.
  • Dans ce même temps (26 juin 1689) mourut la femme de monsieur des Rousses Herbereau, conseiller au siège de la prévôté de cette ville ; elle a laissé quatre enfants ; elle s’appelait Esther Davy.
  • Le 30 (juin 1689) mourut le sieur Coignard marchand de bled, fils du Sr Coignard cy-devant hôte de la maison du Gryphon (voir le commentaire ci-dessous) ; il avait épousé la fille de la veuve Menagé, dont il a laissé deux enfants ; il était âgé de 29 ans.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

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