NANTES LA BRUME, Ludovic GARNICA DE LA CRUZ, Paris, 1905 Chapitre X. CARNAVAL

Ludovic Garnica de la Cruz. Nantes la brume. 1905. Numérisation Odile Halbert, 2008 – Reproduction interdite.

Des affiches multicolores avaient annoncé que le « Carnaval à Nantes n’est pas mort ». On croit toujours qu’il veut mourir. Chaque année assiste à son désossement. Les commerçants s’ingénient pourtant à le ranimer de leurs efforts. Mais la défiance et la jalousie sont telles que leur succès reste stérile. Quoique rnal secondés les organisateurs avaient fait de leur mieux.
Dès le matin une vive animation s’entrecroisait les rues. Les baladeuses aux tas de confettis, aux rnains courbes soutenant des sacs jaunes, des chasse-belles-mères et autres fantaisies anodines, s’allaient caler sur le bord des carrefours, sur le centre de la place Graslin et de la place Royale, déjà encombrées de marchandes de violettes et d’oranges. Les cafés préparaient leurs tables, ornaient leurs devantures. La ruche nantaise terminait ses préparatifs de plaisirs. Le monde ouvrier surtout s’apprêtait au franc rire.
Quand deux heures sonnèrent chacun son tour aux cadrans de la ville, les groupes se tassèrent rue Crébillon, place Royale et placé Graslin. Toutes les autres rues de la ville vomissaient ce sang de bonne humeur sur un même point. Chère aux Nantais, la bousculade commença parsemée de luttes en couleurs ; les confettis flottaient comme des poussières échappées des ailes de papillons variés. Les serpentins se rendaient visite de croisées en croisées. C’était un dôme de tapisserie claire en fils de satin brillamment entrelacés. En avant, les jolies filles aux dents blanches, aux yeux humides de rires, aux lèvres bavardes, en avant, dans les poussées formidables des tourbillons humains ! Hardi, les giffles aux indiscrets. Les confettis sont des diables curieux. Où vont-ils parfois se nicher ? C’est une marée de libéralités qui passe, n’est-il pas vrai ? Osez donc, c’est jour de liesse et l’on ne se fâche que pour la forme ! Carnaval, jour de mascaraderies, jour qui ne compte pas dans l’année de la sagesse ! Il faudra bien ce soir dénouer ses bandeaux bourrés de poussières et rêver d’avoir pu les laisser dénouer en rêve. Audacieux ou rosses, c’est une fusée de moqueries où le plus trompeur est trompé lui-même. Ouvrez le parapluie de l’inconstance sous le déluge des vaines promesses et des menteuses futilités ! Qui saura la vérité de ce regard, de ce geste matin effeuillant les papiers roses ? Qui pénétrera le secret rapide de ce front mince où vous avez posé les doigts ? Que dit sous les corsages la chanson des coeurs essoufflés ? Quel refrain répètent-ils à l’unisson ? Un rythme affolant d’ivresse se déploie au grand air, plane en des accords martelés de cris rauques, d’effarouchements crédules ou rusés. Un tambour de basque sonne la charge délirante de la folie des mots, de la débauche des esprits, des étincelles gauloises et, hardies. Ouvrières habilleuses, gamines, étudiants, calicots, barbes grises, surveillantes, et autres, les grelots battent la mesure du vaste chahut légendaire de vos tranquillités, de vos laisses habituelles et de vos paix sournoises.
Parmi le fluctueux hurlement quelques travestis tachent le noir d’une ponctuation vive. Des groupes chantaient des airs populaires, les mêmes scies bornant l’horizon de leurs esprits fêtards. Et les filles criaient qu’on les pincait, qu’on les chatouillait fort, se débattaient comme des couleuvres prises au piège. Il y avait aussi des voleurs de baisers sur les nuques distraites et les fouilleurs de gorges discrètes. Il y avait encore des brutes malfaisantes qui amusaient bestialement à la façon des chiens en rut : la plaie honteuse des foules qui s’étale contagieusement comme un eczéma.
Remuée par les pieds la peluche épaisse des confettis dissipait un nuage compact de poussière. Une pluie en flocons imitant les grains de tabac à priser s’infiltrait au fond des nez, des paupières et des gorges. La fontaine de la place Royale s’épanouissait d’eau, et le vent collant les confettis sur les torses sombres, ils semblaient couverts de pustules saignantes où suppurantes. Dans le bassin se noyaient les papiers ronds. Ça le transformait en un étang fardé de goëmon millicolore.
La cavalcade trancha la foule de la beauté funambulesque ou ironique de ses chars et des voitures fleuries. Les humains, faisant abstraction de leur dignité d’êtres supérieurs, formaient le cortège du Bœuf Gras royalement entouré de sa cour de futurs bourreaux. L’énorme roi que l’on applaudissait, à qui l’on jetait des fleurs et des baisers, arrondissait ses gros yeux placides, ses yeux inquiets de tout ce bruit, de ces honneurs étranges. Peut-être son étroite cervelle devinait-elle le rire de la mort dans les cris de joie qui le saluaient ? Nul ne saura le drame effroyable qui se passe au creux de ses prunelles élargies ! Son indifférence n’est-elle que l’héroïque résignations à l’échafaud où le char enjolivé le conduit ? Qui sait, si dans son attitude impassible, il n’y a pas du mépris pour les lâches qui l’acclament, polir les tortionnaires qui demandent sa tête derrière le bouquet offert ? Royauté carnavalesque, mensonge stoïque, pauvre innocent, dont on mangera les reins, sublime captif, paré de chaînes d’or pour la plus sincère des fêtes, la mort ! Sur l’autel de la folie, il faut du sang, du sang comme un sanglot sauvage excitant la foule au charivari monstrueux.
Les bouquets s’arquent-en-ciel. Les violettes parfument discrètement les corsages. Les oranges font la joie des enfants petits ou grands. Des voitures fleuries à la foule, et aux fenêtres pleuvent les lazzis, les saluts, les bombes. Le boa bariolé du cortège glisse lentement au bruit de ses écailles à travers les rues.
Charles et René regardaient nonchalamment dans leur voiture ornée de fleurs jaunes la masse grouillante des curieux. On les interpellait, étonnés de les voir en dominos jaunes avec des masques verts. Dédaigneux, ils laissaient errer leurs yeux sur l’océan moutonné de têtes flottantes. Jouir de l’amusement insane de leurs concitoyens ; les hommes et les femmes riant bêtement de leurs jeux ridicules, comme un moutard qui rirait d’effeuiller les pétales d’une rose ! Inconsciemment grisés de bruit fantômale, ils gesticulaient au bout de la corde, la corde des pantins de foires aux pains d’épices.
Puis le soir s’était affolé sur la gaieté ambiante. Les cafés blancs de lumières se gavaient de consommateurs. Au café de France, sur la place Graslin, les deux amis allèrent s’attabler. Il se déroula une trame plus fantaisiste. Un mendiant de circonstance chanta des airs abracadabrants et fit la quête pour les pauvres. Les sous tintaient. Renversant verres et soucoupes une sultane singeait la danse du ventre, s’accompagnant de gestes ignobles et provocateurs, ennivrée des souillures qu’elle devinait en l’âme de ses admirateurs. Une autre s’évanouissait pour exhiber ses seins et les faire caresser des voisins. Plus audacieuses les grues, fières de leurs travestissements, guettaient les mâles, les frôlaient d’impudences.

  • Allons, beaux museaux verts, leur dit-une clownesse, en portant les mains à son corsage, il y a ici de quoi travailler toute une nuit sans repos.
  • Si ça t’arrive souvent, ricana Charles, ils doivent être flasques.
  • Viens donc voir, mon petit. Flasques, tu sais, faudrait pas me le dire deux fois.
  • Charles haussa les épaules. La femme recommença son offre ailleurs.

    A la nuit, l’électricité vidait ses ventres lumineux sur les carpettes des rues. Un flot nouveau s’amoncela. Les chansons cascadèrent plus nombreuses, plus brutales, hurlées par des poumons enthousiastes. Vers le cours de la République, les groupes se pressaient. Entre les grilles d’entrée, deux grandes tentes abritaient les humains des étoiles. Ou les avait remplacées plus près du sol par des lampions en guirlandes. Des orchestres primitifs et surtout tapageurs gueulaient des chachuts enlevants, des valses populaires. Et ça sautait, ça tournait, ça broyait les pieds, déchirait les robes, renversait les chaises. Des bandes de filles bras dessus, bras dessous cherchaient des cavaliers.

  • Masques verts, venez avec nous. Nous sommes gentilles et nous savons de jolies farces.
  • Passez, passez, les belles.
  • Les familles venaient avec leurs jeunes filles chastes. Des voyous leur pinçaient le derrière en passant. Le père roulait des yeux terribles. Joli bal des familles au milieu d’une promiscuité de vice qui forme glue. Hors des tentes, dans l’ombre, des couples s’écartent, cherchent du secret pour de calmes marchés. Au centre, la statue du général Cambronne grommèle encore une fois à l’adresse de son entourage fantoche le fameux mot, le résumé philosophique de ce bal à toutes les laideurs.
    Minuit vomi dans la tempête des gosiers, le peintre et le poète entrèrent au grand théâtre.
    Le bal.
    Les costumes scintillaient leurs satins précieux et leurs dorures. Une gamme féerique de couleurs à jets indiscontinus d’éblouissements sonores. Glissaient au vent de l’insensé les chamarris diaprés. Ondulaient les groupes étincelants de velours d’or ou de soie, à travers les buées folâtres de la joie. Et des beaux inconnus passaient doucement au bras sur des chemins de miel et de charmeuses causeries. Dans une atmosphère de secrets, semblant les ailes de moulins illusoires, arlequins, gnômes, pierrelets, tournaient au froufou des satins et des moires. Les intimes grelots de passagères amourettes tintaient de jolis airs dévots dans le parfum des collerettes.
    Les dames du ballet esquissèrent de gracieux pas, plus gracieux qu’un vol d’anges, semant les lueurs dé leurs riches décors. Les galeries des spectrateur étaient combles. Badauds enfantins venus pour s’égayer des projections d’une lanterne magique, étalant une mêlée fluctueuse de va et vient, fragiles accoutumances de tableaux disparates ! Vieillards passionnés s’efforçant de cueillir sur la frivolité des trames de ces longues tapisseries en fête les flammes d’amour qui s’y consument ! Et ceux qui ont besoin d’oublier, d’emplir leurs crânes de fantastiques vêpres de démences ! Et ceux qui s’amusent de riens, ceux qui n’ont pas de pensées, ceux qui ne savent pas pourquoi ils sont à regarder leurs semblables grimacer.
    Est-ce encore une grimace sincère ? Une grimace oublieuse du passé, insoucieuse de l’avenir qui ne sait pas que le présent paie le fossoyeur de sa tombe ! Gens de plaisir, jetez-vous au creux de la fosse d’oubli des brassées de pleurs, des brassées de ris, des brassées de douleurs fraîches ; inapaisées ? Une heure de foi sublime s. v. p ! Adorez le bénévole dieu des farces sur les débris du vieux préjugé ! Raillez les cervelles ritournelles de sermons ! Puisez à la tiédeur des épaules des ferments de sève galante ! Sonnez aux portes de la gaieté un carillon funambulesque ! Mêlez devant l’éternité, le diable à polichinelle, l’inanité sublime au grotesque !

    Note d’Odile : Cette page est numérisée de l’ouvrage Nantes la Brume,1905. Vous verrez ici d’autres auteurs et thèmes du vieux Nantes. Vos souvenirs seront les bienvenus sur ce blog. Merci !

    Ludovic Garnica de la Cruz. Nantes la brume. 1905. Numérisation Odile Halbert, 2008 – Reproduction interdite.

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    Dispense de consanguinité, Bourg-d’Iré (49), 1755, entre Yves Jallot et Mathurine Bellouis, par Georges Blouin

    du 4 au 4e degré : étant aisés ils ont dû passer par la bulle du pape

    Nous avons vu jusqu’à présent des dispenses de gens peu aisés, qui suivaient donc la filière courte, c’est à dire au niveau de l’évêché, sans avoir à payer les frais de passer par Rome. Dans le cas présent, il s’agit de fermier de campagne (comme Toisonnier aime à les appeler), qui sont des hobereaux aisés. Le parcours était véritablement un parcours du combatant, il fallait aller trouver un banquier en cour de Rome, lequel envoyait à Romes. Puis Rome envoyait, en latin bien sûr, une bulle signée du pape, que l’official (juge ecclésiastique de l’évêché) devait traduire, puis recommencer la procédure à l’évêché.

    Cette dispense fait 15 pages au lieu de 3 habituelles, mais à chaque paragraphe il est vrai que l’official commence par aligner sur plusieurs lignes tous ses titres… etc… Je dirais volontiers que ce type de dispense illustre le mariage entre gens du même milieu social, qui a eu cours durant des siècles… et il est vrai que plus on montait, plus c’était difficile de trouver, même si, à mon avis, il y a un gros mensonge, car avec ce rang social on possédait cheval et voiture à cheval, et on pouvait trouver une épouse à 35 km à la ronde, au moins… donc l’arguement de la petitesse des lieux est un énorme mensonge à mon avis, et il ne faut pas le prendre à la lettre, mais bien comme un moyen d’obtenir la dispense.

    Voici la dispense : Par devant nous Joseph Houdbine prêtre docteur en théologie chanoine de l’église d’Angers vicaire général au spirituel et temporel de monseigneur l’illustrisime et révérendissime évêque d’Angers, official d’Angers, ont comparu Yves Jallot et Mathurine Anne Bellouis, lesquels nous ont représenté une bulle apostolique en forme de dispense de mariage par eux obtenue de notre St père le pape Benoist 14e à présent séant au St Siège à nous adressée, que nous avons receue avec toute la révérence à nous possible et nous ont très humblement supplié et requis de vouloir bien accepter la commission à nous donnée par notre St père le pape, ce faisant faire procéder en les formes ordinaires à la fulmination de ladite bulle et les faire jouir et user de la grâce à eux accordée par icelle, sur quoi, lecture faire de la bulle, dont est question, nous avons accepté avec respect la commission à nous donnée par notre St père le pape, donné acte aux parties de leur présentation dires et réquisition avant de faire droit ordonnons que ladite bulle sera transcrite de mot à autre à la suite des présentes pour y avoir recours en temps lieu que lesdites parties comparaîtront devant nous pour prêter serment de déposer vérité sur les faits par eux annoncés dans ladite bulle pareillement que témoins pour aussi prêter serment et déposer vérité sur la connaissance qu’ils pourraient avoir des faits pour le tout communiquer au vénérable promoteur afin qu’il prit telles conclusions qu’il avisera et par nous statué ce qu’il appartiendra, donné à Angers par nous official juge susdit ayant avec nous maître Germain Leroy notre greffier ordinaire le 30 mai 1755 Signé Yves Jallot, Mathurine Anne Bellouis, Houdbine
    Suit la bulle en latin … (à partir d’ici je fais court car on y serait encore dans 15 jours, avec les 15 pages de cet acte)

    puis, le 1er juin, toujours devant le même, Yves Jallot, impétrant, duquel serment pris de dire vérité sur les faits résultants de la bulle de dispense de mariage qu’il nous a présentée et de laquelle lui a été fait lecture, a déposé comme s’ensuit : a dit se nommmer Yves Jallot, âgé de 28 ans, marchand fermier, demeurant paroisse du Bourg d’Iré – a quel degré il est parent ou allié d’Anne Bellouis impétrante, a dit qu’ils sont parents du 4 au 4e degré de consanguinité comme s’ensuit (en italique mes notes complémentaires et remarques)

    Georges Blouin (époux Claude Le Breton)

  • Françoise Blouin – 1er degré – Anne Blouin
  • Marie Lechamp – 2e degré – Louise Créhon (il semble qu’avec les aller retour à l’évêché et à Rome, le passage des noms du français en latin puis refrancisé, il y a pas des transformations dans les patronymes et les prénoms : Cochon est devenu Créhon, Marie (Chevallier) devenue Renée, Marie Anne (Bellouis) devenue Mathurine Anne) (Mariage à Montguillon (49), le 23 août 1695, de honnêtes personnes René Chevalier marchand, fils de Mathurin Chevalier et de Jeanne Deserrée, et Louise Cochon, fille de défunt h. h. Jean Cochon vivant marchand et d’honorable femme Anne Blouin … en présence d’honorables personnes Mathurin Chevalier marchand et Jeanne Deserrée père et mère dudit Chevalier, Anne Blouin veuve de h. h. Jean Cochon vivant marchand mère de l’épouse, Ambroise Blouin Sr de la Balangeraie oncle maternel, et Mathurin Bellouis cousin germain de ladite Cochon.) (On note au passe que Mathurin Bellouis est bien dit cousin de Louise Cochon en 1695)
  • Mathurin Belouis – 3e degré – Renée Chevalier (d’après la généalogie les Chevallier-Chantepie par le Général de Peyrelongue, manuscrit, AD53 : Marie Chevallier x Yves Jallot était fille de Mathurin et Jeanne Dezerée, il s’est visiblement trompé d’un génération. Les Chevalier sont issus du Ménil (53) paroisse que le Général, décédé en 2005, avait longuement étudiée)
  • Mathurine Anne Bellouis – 4e degré – Yves Jallot (cet arbre est simplifié car je n’y vois pas les alliances des parents, enfin on passe des Blouin aux Bellouis… qui se ressemblent bien mais diffèrent…)
    1. si à cause de la petitesse des lieux de naissance de l’impétrant et de l’impétrante, l’impétrante ne peut trouver homme de l’état et condition pareille à la sienne avec qui elle puisse se marier qui ne lui soit parent ou allié :

    a répondu que l’impétrante à cause de la petitesse du lieu de sa naissance et de celle de l’impétrant ne peut trouver d’homme de l’état et condition pareille à la sienne avec qui elle puisse se marier qui ne lui soit parent ou allié –

      s’il n’a été fait aucune violence à l’impétrante pour la faire consentir à se marier avec lui impétrant :

    a dit que non si il fait profession de la religion catholique apostolique et romaine : a dit que oui lecture à luy faire de nos présents interrogatoires et de ses réponses a dit que ses réponses contiennent vérité et a signé

    Suit le même interrogatoire pour Mathurine Bellouis

    Suit Jacques Bellouis de la Cussionnière, âgé de 57 ans, marchand fermier demeurant à Ste Gemme d’Andigné, … a dit qu’il les connaît et qu’ils sont parents du 4 au 4e degré de consanguinité … mêmes questions

    Suit Jacques Poilièvre, âgé de 48 ans, marchand tanneur demaurant à Angers paroisse de la Trinité, … mêmes questions

    Suit Charles François d’Andigné, comte de Ste Gemmes, âgé de 60 ans, demeurant à St Michel de la Palud (Angers) … mêmes questions (tant qu’à faire prendre des témoins, autant en prendre qui ont du poids, car bien sûr il ne s’agit pas d’un parent.)

    Suit Joseph Claude Fontaine de Mervé, âgé de 44 ans, prêtre chanoine de l’église collégiale St Pierre (Angers) … mêmes questions … y compris s’il fait profession de la religion catholique… (on n’est jamais trop précis ! s’agissant d’un chanoine ! la question me semble saugrenue… mais atteste d’une certaine rigueur dans la méthode. Je fus chimiste et j’en conviens il faut toujours tout vérifier…)

    Et enfin la dispense signée G. Louet promoteur, puis Joseph Houdbine official (soit 15 pages). Ouf ! Même après avoir reçu la bulle de Rome, il aura fallu se rendre tous en choeur 2 jours à Angers… et si vous voulez bien vous en souvenir, pour les dispenses courtes que nous avons déjà vues, on ne se déplaçait, au pire que chez le curé voisin de sa paroisse… En somme, mieux valait ne pas posséder… enfin, j’entends pour la dispense…

    Ces Jallot ne sont pas les miens, mais je les ai beaucoup travaillés car ils sont voisins des miens. Mes travaux ont mis en lumière un milieu social certes équivalent aux miens, qui étaient tous marchands tanneurs, mais à la profession différente : d’abord marchands de fil puis marchands fermiers. Notez bien que tous ces métiers constituent les hobereaux de campagne… un peu plus riche que la moyenne, mais à la campagne seulement, car en ville ils auraient fait petite mine face à la grande bourgeoisie… D’ailleurs Toisonnier nous aide à découvrir ce clivage… Souvenez-vous qu’il utilise même le terme fermier de campagne

  • Voici la généalogie connue :
  • Georges Blouin sieur de la Blancheraie, épouse Claude Le Breton, dont 4 enfants

      Ambroise x Marie Juffé
      Perrine x Julien Le Mercier
      Anne x Jean Cochon
      Françoise, alliance ou descendance inconnues
  • génération 2 : Anne Blouin, épouse Jean Cochon, dont 2 filles
    1. Anne Cochon x Mathieu Bodin
      Louise x 1695 Montguillon (49) René Chevallier, marchand fermier de la Bourgonnière (la généalogie Chevallier-Chantepie ne leur donne qu’un fille Claude, il semble donc qu’ils aient eu Renée x Jallot parent d’Yves)

    d’après généalogie Chevallier-Chantepie (par le général d’Auber de Peyrelongue) ce René Chevallier avait une soeur : Marie Chevallier x d’Yves de Jallot, qui d’après la dispense pourraient être les parents de Yves Jallot qui épouse sa couine Mathurine Anne Bellouis

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    Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

    1687 : juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre, décembre

    Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 1er juin (1687) mourut d’apoplexie et de paralysie monsieur de la Perrière Foussier conseiller honoraire au siège présidial, mari de la dame Gardeau.
  • Le même jour (1er juin 1687) monsieur de la Martinière Girault, conseiller au présidial, fils du feu sieur Girault greffier en chef au siège présidial et de la Delle Baché, épousa la fille de monsieur de la Sauvagère Guinoiseau conseiller honoraire audit siège et de la dame Boizourdy.
  • Le 2 (juin 1687) monsieur Bernard, conseiller au siège présidial, fils de Mr Bernard, conseiller honoraire au même siège et de la défunte dame de la Blanchardière Audouin, épousa la fille de feu Mr Robert Sr de Rouzée avocat et commissaire des saisies réelles et de la Delle Bellière.
  • Le 6 (juin 1687) mourut la femme de monsieur de la Houssaye Boucault conseiller au présidial ; elle a laissé six petits enfants ; elle s’appelait Gandon, fille du feu Sr Gandon et de la dame Denyau, mariée en secondes noces à Mr de Grée Poulain doyen des conseillers.
  • Le 7 (juin 1687) mourut madame Balain ; son fils droguiste confiseur a épousé la dame Olivier.
  • Le 8 (juin 1687) le Sr Viot marchand droguiste épousa la fille du Sr Chantelou du bourg de Foudon.
  • Le 13 (juin 1687) mourut monsieur Artaud âgé de 90 ans. Il avait beaucoup d’esprit, de mérite et de vertu. Il avait épousé la demoiselle Toublanc, dont il y a deux garçons ; l’aîné a épousé la défunte Delle de la Lande de la ville de la Flèche ; et le cadet mademoiselle Lefebvre de Chambourreau. Il fut enterré le lendemain dans l’église de St Michel du Tertre.
  • Le 15 (juin 1687) mourut le Sr Loyseau peintre.
  • Le 17 (juin 1687) mourut la femme de Mr Burolleau marchand de draps de soye ; elle s’appelait Guynoiseau, sœur de feu Mr Guynoiseau avocat ; elle a laissé plusieurs enfants.
  • Dans ce même temps mourut la femme de Mr de Lisle Me apothicaire.
  • Le 25 (juin 1687) le fils de Mr de la Roche Goizeau et de la Delle … épousa la fille de Mr du Brossé Mincé et de la Delle …
  • Le 26 (juin 1687) Mr Maussion conseiller au présidial, fils de Mr Maussion docteur en médecine et de la Delle Chedanne épouse Melle de la Gaudinière Poulain. Elle est sœur de madame Douasseau.
  • Le 3 juillet (1687) mourut à Château-Gontier monsieur de Chassonville cy-devant capitaine aux gardes ; il était oncle de Mr de Bailleur président à mortié au parlement de Paris, marquis de Château-Gontier.
  • Dans ce même temps mourut monsieur de la Hauterivière gentihomme.
  • Le 4 (juillet 1687) mourut la femme du Sr Camus commis aux traites ; elle s’appelait Geslin ; elle n’a point laissé d’enfants.
  • Le 7 (juillet 1687) mourut la femme de Mr de la Saulaye Guynoiseau avocat.
  • Le 13 (juillet 1687) monsieur Denis Guilbault avocat, fils du feu Sr Guilbault et de la dame Voirie, épousa la veuve du feu Sr Audiau ; elle s’appelle Hardy sœur de Melle Bassecourt Gault.
  • Le 26 (juillet 1687) messieurs François de Crespy fils de Mr de la Mabilière de Crespy procureur du Roy au siège présidial et de la dame Chauvel, et Georges Daburon fils de monsieur Pierre Daburon et de la défunte demoiselle Audouis plaidèrent leur première cause.
  • Le 3 août (1687) mourut la femme de monsieur Coiscault avocat ; elle s’appelait Chatelier ; elle a laissé trois enfants.
  • Le 9 (août 1687) mourut la femme du sieur Lourdais, marchand droguiste ; elle s’appelait Le Cout.
  • Le 12 (août 1687) mourut la femme du sieur Bedane, marchand de draps de laine ; elle s’appelait Caternault.
  • Le 13 (août 1687) mourut Legris, Me charpentier, âgé de 41 ans. Il était très habile et honnête homme dans son métier. Il a laissé cinq petits enfants. (il est rare que Toisonnier face place à un artisan dans son journal. On remarque que celui-ci est nommé uniquement par son nom de famille, non précédé de Mr)
  • Le 18 (août 1687) mourut madame Dupré de la Bourdrie ; elle avait été mariée en premières noces avec le feu Sr Mouteau dont il n’y a point d’enfant, en secondes avec le feu Sr Dupré dont il y a plusieurs. Elle avait été lontemps hôtesse de la maison de St Jean au faubourg St Michel du Tertre ; elle s’appelait …
  • Le 30 (août 1687) Mr Deniau et Mr Chantelou plaidèrent leur première cause.
  • Le 10 septembre (1687) mourut monsieur de Pontlevoy Froger, juge des traites.
  • Le 15 (septembre 1687) mourut la femme de monsieur Chauveau Me apothicaire. Elle s’appelait …
  • Le 28 (septembre 1687) mourut monsieur Cupif de Teildras conseiller au sièg eprésidial de cette ville, un des académiciens de l’Académie royale de belles lettres ; il avait épousé défunte dame Tréton duquel mariage il n’y a qu’une fille qui a épousé monsieur Boylesve conseiller au parlement de Bretagne.
  • Le même jour mourut madame Basile ; elle s’appelait Guérin.
  • Le 29 (septembre 1687) mourut Brulé Me boulanger.
  • Dans ce même temps mourut à Paris monsieur de la Grandière Laillé.
  • Le 2 (octobre 1687) mourut la femme de monsieur de la Jaille de St Offange ; elle n’a point laissé d’enfant.
  • Le 4 (octobre 1687) Mr Davy notaire veuf de la dame Boisard épouse Melle Marie Huet.
  • Le 13, le Sr Phelipeau marchand épousa la fille du feu sieur Saulay Me apothicaire.
  • Le 17 (octobre 1687) Mr Boylesve de Goismard, conseiller au siège présidial, fils de défunt Mr de Goismard Boylesve conseiller audit siège et de la dame Guinoiseau épousa la fille de Mr de Chazé Gaultier conseiller honoraire audit siège et de la dame de la Féaulté Renou.
  • Le 19, 21 et dernier (septembre 1687) arrivèrent onze cent hommes du régiment d’Alsace pour le quartier d’hyver.
  • Le 26 (septembre 1687) j’ai épousé mademoiselle Marguerite Guillot fille de feu Mr Guillot marchand en cette ville et de la dame Françoise Hodemont. Dieu donne sa sainte bénédiction à mon mariage.
  • Le 23 (septembre 1687) mourut madame Baillif, femme du feu Sr Baillif marchand ; elle s’appelait Audouin.
  • Le 17 novembre (1687) mourut la femme de Mr de Forges ; elle était fille de Mr de la Hurtaudière Chauvin avocat ; elle n’a point laissé d’enfant.
  • Le 18 (novembre 1687) mourut Mr de Hotteman, prêtre, curé prieur de Faye. Il était savant et très honnête homme.
  • Le 27 (novembre 1687) mourut Mr de Lusson prêtre doyen de St Lo.
  • Le même jour (27 novembre 1687) mourut madamoiselle Françoise Harangot, fille, âgée de 47 ans.
  • Le 29 (novembre 1687) mourut monsieur Lanier trésorier de l’église d’Angers, grand vicaire de monsieur l’évêque. Il fut enterré le mardy ensuivant dans la chapelle de Mrs Lanier dans l’église de St Michel du Tertre. Il était âgé de 86 ans.
  • Dans ce même temps mourut le Sr la Miche marchand poilier.
  • Le 2 décembre (1687) mourut le Sr Papillon marchand droguiste.
  • Le 15 (décembre 1687) le fils de Mr de la Porte Trochon, cy-devant grenetier, se fit installer dans la charge de lieutenant de Mr le prévôt possédée par Mr de Barault.
  • Le 19 (décembre 1687) mourut Mr Gault de Bassecourt, bourgeois de cette ville.
  • Le 21 (décembre 1687) mourut monsieur Jean Delorme avocat.
  • Dans ce même temps, mourut le Sr des Galachères Blouin. Il avait épousé la fille du Sr Binet.
  • Le 27 (décembre 1687) Mr Lezineau prêtre cy-devant avocat et maire de cette ville prit possession du doyenné de St Lo. (Note de Marc Saché, Archiviste du département du Maine et Loire, in Trente années de vie provinciale, 1930 : « René Lézineau, sieur de Gastines et de la Maronnière, avocat au Présidial, était fils d’un fermier de Saint-Macaire. Il fut nommé maire le 1er mai 1677 grâce à l’intervention du gouverneur de la province, Louis de Lorraine, comte d’Armagnac, grand écuyer de France, et malgré les protestations du Présidial et de plusieurs membres du conseil de ville qui lui faisaient grief « de sa basse naissance, du peu de suffisance et de mérite ». Il n’en fut pas moins continué dans ses fonctions jusqu’en 1681. Après son veuvage il entra dans le clergé, (voir sa mort en 1695). Il est bon de faire remarquer que le jugement sévère, porté sur lui lors de son avènement au mairat, doit être attribué à l’orgueil bourgeois du corps des magistrats plus intolérable et encore moins justifié que la morgue nobiliaire (voir C. Port, Dictionnaire, t2 p.514 ; Gontard de Launay, les Avocats d’Angers, 1888, p.176, Registre du Présidial p.98 note)
  • Cette année a été fertile en bled, vin et fruits.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

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    Auberge, hôtellerie, taverne et cabaret

    Réponse à la question « mon ancêtre était aubergiste et sergent »

    Si votre ancêtre exerce 2 métiers, c’est que ni l’un ni l’autre n’assurent de revenus suffisants, ou une occupation à plein temps… Le cumul des emplois était très fréquent autrefois, car nombre d’entre eux, surtout dans le milieu rural, ne permettait pas toujours de survivre. Le cumul n’est pas rare de nos jours, et si on ajoute le travail au noir actuel, il est même assez important. En 2008, et ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres, on peut avoir un emploi déclaré et tenir gîte déclaré, ce qui est comparable au cas que vous citez. D’ailleurs, j’ose dire qu’il vaut mieux avoir un autre emploi dans ce cas… car le gîte est le plus souvent un complément de ressources, etc…

    Revenons à l’Ancien Régime : même un métayer du Haut-Anjou, aisé et bien occupé par la surface à cultiver, occupe la saison d’hiver par divers travaux (j’y reviendrai). Mon boucher à Segré, relativement aisé, est aussi fermier de campage, comme les appelle si joliement Toisonnier, c’est à dire gestionnaire de biens pour un propriétaire vivant au loin.

    La question posée « mon ancêtre était aubergiste et sergent » semblait en forme d’étonnement qu’un sergent soit obligé de tenir auberge pour vivre, et vice-versa. Il semble que beaucoup d’entre vous aient donc des images toutes faites sur le niveau de vie de chacun, et j’impute ceci à la manière dont on nous apprend l’histoire. Pour moi, dans les années 50, ce fut une catastrophe, car lorsque j’ai commencé les notaires, j’ai dû oublier un grand nombre d’idées qu’on m’avait inculquées…
    C’est grâce à l’ouvrage de Michel Nassiet, Noblesse et pauvreté, la petite noblesse en Bretagne XVe- XVIIIe siècle, SHAB 1993 que je suis parvenue à me débarasser de toute cette scorie que j’avais dans les neurones.
    Cet historien actuel brosse un portrait saisissant de la petite noblesse en Bretagne et montre comment et pourquoi elle s’appauvrissait. Ainsi, selon Michel Nassiet, même les closiers peuvent descendre de nobles. Or, j’ai déjà rencontré ces cas en Haut-Anjou, qu’il cite en Bretagne.
    On m’avait appris l’existence de nobles donc riches, mais on avait omis de me préciser qu’il s’agissait de l’aristocratie, couche très aisée de la noblesse, qui représentait un faible pourcentage de tous ceux auxquels on a joyeusement coupé la tête sous prétexte. Et je ne parle pas de la riche bourgeoisie, se comportant souvent beaucoup plus durement que les nobles pour engranger les cens, rentes et autres devoirs féodaux.

    Montigné, Mayenne
    Montigné, Mayenne

    Regardez bien cette maison, elle est dite gentilhommière, sur cette carte postale des années 1905 environ. Or, un gentilhomme est un noble. Ces petits gentilshommes n’étaient pas si rares, et, parlant de noblesse qui s’appauvrissait aux 15 et 16e siècles, nous arrivons tout droit à l’auberge et la taverne, car ce sont des activités non dérogeantes. Une activité non dérogeante permet au noble de conserver la noblesse, tout en exerceant cette activité.
    Vous savez maintenant que beaucoup de gentilshommes s’appauvrissaient et certains, qui possédaient chambre haute (souvenez vous de la chambre haute) ouvrirent leur maison à titre payant.
    Bonchamps-lès-Laval, Mayenne
    Bonchamps-lès-Laval, Mayenne

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    Cette auberge illustre la gentilhommière tenue au 16e siècle environ par un gentilhomme fauché qui ouvrit sa porte au gîte et couverts payants au lieu de l’hospitalité gratuite. Par la suite, les auberges et hôtelleries furent acquises par des roturiers.

    Auberge ou hôtellerie offrent le gîte et le couvert, taverne ou cabaret offrent seulement la boisson au détail.

    AUBERGE. s. f. Maison où l’on donne à manger à tant par repas, & où on loge en chambre garnie.
    HÔTELLERIE. s.f. Maison où les voyageurs & les passans sont logés & nourris pour leur argent.
    TAVERNE. s. f. Cabaret. Lieu où l’on vend du vin en détail (Dictionnaire de L’Académie française, 1st Edition,1694)

    Auberge et hôtellerie sont à mon sens équivalents, même si beaucoup d’auteurs prétendent le contraire, et il s’agit plutôt de variantes de vocabulaire local, car elles ont tous deux la même fonction. De même pour taverne et cabaret, mais cette fois seulement débit de boissons (cidre, vin, eau-de-vie)

    Et le sergent dans tout cela ? Il viendra la semaine prochaine … à bientôt, et souvenez-vous, je parle de ce que je connais, le Haut-Anjou, or, la France d’alors est si diversifiée que rien n’est transposable ailleurs sans de grandes vérifications au préalable.

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    Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

    1687 : janvier, février, mars, avril, mai

    Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 7 janvier (1687) monsieur de Boult Sr de Cintré gentilhomme épousa la fille de défunts monsieur la Jaille Davoine et de la dame de Chandolant Goureau
  • Le 8 (janvier 1687) mourut la femme de monsieur Burin, cy-devant greffier en chef au criminel ; elle s’appelait Gigon.
  • Dans le même temps mourut monsieur de Montrou mari de la dame veuve monsieur de Gentian.
  • Le 17 (janvier 1687) le fils du Sr Jouanneau marchand ferron tua sa sœur âgée de 18 ans d’un coup de fusil sans y penser.
  • Le 19 (janvier 1687) mourut monsieur Ganne maître apothicaire en cette ville, âgé de 54 ans.
  • Le 26 (janvier 1687) mourut la femme de monsieur de la Saulaye Jouët ; elle s’appelait Callixte ; elle n’a point laissé d’enfants.
  • Le 27 (janvier 1687) mourut la femme de Mr Gouerrand valet de chambre de Monsieur le Duc d’Orléans ; elle s’appelait Davy.
  • Le mesme jour (27 janvier 1687) le sieur Touchais marchand de draps de soye, épousa la fille de madame veuve Vallée imprimeur.
  • Le 28 (janvier 1687) le sieur Paytrineau de la ville de La Flèche marchand de soye en cette ville épousa la fille du Sr Garciau greffier en chef au présidial et de la dame…
  • Le 29 (janvier 1687) mourut le Sr Banchereau archer de la maréchaussée de cette ville âgé de 42 ans.
  • Le 30 (janvier 1687) mourut monsieur Pierre Landevy prêtre fils de feu monsieur Landevy et de la demoiselle Boisard de la ville de Baugé.
  • Dans ce même temps mourut le Sr Bridier marchand de dentelles.
  • Le 31 (janvier 1687) mourut monsieur Guérin prêtre chanoine en l’église de St Maurille de cette ville ; il était âgé de 41 ans.
  • Le 1er février (1687) mourut la femme de défunt monsieur de la Plante Pierre, marchand droguiste en cette ville ; elle s’appelait Barbier ; de son mariage elle eût un fils unique décédé depuis quelques mois, marié avec la demoiselle Ganches, laquelle n’a eu aucun enfant.
  • Le même jour (1er février 1687) mourut la femme de feu monsieur de la Foucherie Reimbault. Elle s’appelait Chauvin ; elle a laissé plusieurs enfants, un banquier à Rome, un prêtre, une fille mariée avec monsieur de Pretiat Courault, et une autre décédée mariée avec Mr Le Rat, avocat dont il n’y a point d’enfants.
  • Le 3 (février 1687) les Sr Dolbeau et Bogais plaidèrent leur première cause, le premier avec beaucoup de succès.
  • Le 4 (février 1687) mourut la femme de monsieur Peneau de Pegon, conseiller honoraire au siège présidial de cette ville ; elle était extraordinairement puissante, aussi elle est morte d’apoplexie ; elle s’appelait Gaudichon ; elle n’a laissé qu’une fille mariée à Mr de Neuville Poisson, cy-devant maire de cette ville.
  • Le 6 (février 1687) on chanta une grande messe en musique en la salle du palais de cette ville où assistèrent messieurs du présidial en robe rouge, mrs de la prévôté, mrs de l’élection, mrs des eaux et forêts, et mrs les avocats, pour remercier Dieu de la santé qu’il lui avait plu de rendre au Roy. Tous les autres corps et communautés de la ville ont aussi rendu leurs actions de grâce, chacun en particulier.
  • Le 10 (février 1687) monsieur de Villeneuve du Cazeau gentilhomme, veuf de la dame Carion, duquel mariage il y a une fille, épousa mademoiselle Grimaudet, fille de Mr Grimaudet de la feue dame Boylesve, sœur de feu Mr de la Mauroisière Boylesve.
  • Le même jour (10 février 1687) mourut madame Mabit, femme du feu Sr Mabit, marchand de draps de laine ; elle s’appelait Grezil ; elle a laissé cinq filles, une morte femme du Sr Cazeau marchand de draps de laine, remarié avec la dame Maumusseau, une mariée avec le Sr Esnault marchand droguiste, une autre mariée avec le Sr Deschamps receveur des décimes à Rennes, une mariée avec le Sr Fagotin marchand de draps de soie et une autre fille.
  • Le même jour (10 février 1687) mademoiselle Boucault, fille de Mr de Hommeaux Boucault, conseiller honoraire au siège présidial, et de la dame Grudé, épouse Mr de Martin de St Aignan, gentilhomme.
  • Le même jour (10 février 1687) monsieur Dolbeau, avocat, épousa la fille de défunt Mr Gault Bassecour, aussy avocat, et de la Delle Hardy.
  • Le 11 (février 1687) mourut Mr Gontard avocat fils de feu Mr Gontard avocat et de la demoiselle Verdier. Il a laissé deux petites filles ; sa femme s’appelle Melle Primault, fille de Mr Primault et de Delle de la Haye Le Roy.
  • Le 21 du mois passé (janvier 1687) mourut Mr Chardon prêtre docteur en théologie, chanoine en l’église de St Maurille, à Riom en Augergne où il avait été exilé par ordre du … au mois de juillet 1676, après avoir paru trop attaché à la doctrine de Jansenius, qui dans ce temps là a tant fait de bruit dans de Royaume et pour être trop dans les intérêts de Monsieur l’Evêque d’Angers. Il est mort regretté de toute la ville de Riom.
  • Le 12 (février 1687) mourut une des filles de monsieur Gilles Guilbault, avocat ; elle avait été longtemps travaillée d’un mal qui l’agitait extraordinairement qui fit croire qu’elle était obsédée du démon, et ce qui fit qu’on l’exorcisa.
  • Le 19 (février 1687) mourut le sieur Bergereau ; il a marié une de ses filles à Mr de l’étang Gandon.
  • Le 3 mars (1687) monsieur de la Martinière Girault se fit installer dans la charge de conseiller au siège présidial de cette ville, cy-devant possédée par monsieur de la Féaulté Renou, à présent maire de la ville.
  • Le 14 (mars 1687) il fit un grand éclat de tonnerre sur les quatre heures du soir.
  • Le 15 (mars 1687) messieurs Lesourd et Gouyon plaidèrent leur première cause.
  • Le 16 (mars 1687) mourut la femme de feu monsieur Richard, receveur aux Ponts de Cé ; elle s’appelait Guédier, âgée de 80 ans.
  • Le 24 (mars 1687) mourut la femme de feu Mr Brillet bourgeois. Elle s’appelait Richard ; elle a laissé plusieurs enfants qui ne sont point encore établis.
  • Le 25, 26 et 27 (mars 1687) les 1 600 hommes du régiment d’Alsace qui étaient en cette ville en quartier d’hyver depuis six mois, partirent pour se rendre au camp de Maintenon pour la continuation des travaux et pour l’aqueduc de la rivière d’Eure.
  • Dans ce temps mourut le sieur Angoulant ; il avait été pendant plusieurs années valet de pié de monsieur.
  • Le 9 avril (1687) monsieur de la Saulaie Jouët, veuf de la demoiselle Calisse, duquel mariage il n’y a point d’enfants, épousa mademoiselle Françoise Brichet.
  • Le 8 (avril 1687) monsieur Avril, conseiller au présidial, fut élu conseiller et échevin perpétuel de l’Hôtel de cette ville en la place de Mr Avril son frère, cy-devant procureur du Roy à la Prévôté, et à présent major du château.
  • Le 14 (avril 1687) Mr Cordier, fils de Mr Cordier avocat et de la demoiselle Sager, plaida se première cause.
  • Le même jour (14 avril 1687) Mr Gouin, avocat, fils de défunts Mr Gilles Gouin, aussi avocat, et de la demoiselle Chevallier de Laurière, épousa la fille de défunts Mr de la Roche Trochon, grenetier en cette ville et de demoiselle de la Cour Lemanceau.
  • Le 16 (avril 1687) Mr Le Rat avocat veuf de la demoiselle de la Foucherie Reimbault, duquel mariage il n’y a point d’enfant, épousa la fille de monsieur de la Béraudière Cupif.
  • Le même jour (16 avril 1687) mourut mademoiselle Legaufre, âgée de 79 ans.
  • Le 21 (avril 1687) la fille du feu Sr Neveu, cy-devant marchand de draps de laine, et de la dame Nau, épousa le Sr Joly, fils du feu Sr Joly cy-devant fils du Sr Joly cy-devant notaire en cette ville.
  • Le même jour (21 avril 1687) le Sr Dupuy, veuf de la dame Bonnet, épousa la fille du Sr Roger, hôte. Il est hoste à Brissac.
  • Le 27, le fils cadet de Mr de la Roulerie gentilhomme, épousa la fille de défunt Mr de Lorchère Damné, dont le frère aîné a épousé la fille de feu Mr de la Boulaye Chauvel procureur du Roy au siège présidial de cette ville et de la dame Grimaudet.
  • Le 1er mai (1687) messieurs de Montiron Hernault, conseiller au siège présidial, et de la Tirrelière Poulain, furent élus pour échevins.
  • Le même jour (1er mai 1687) le fils de défunts Mr Caternault notaire et de la dame Perrouin, épousa la fille de défunt Mr Cherpentier avocat et de Delle Crosnier.
  • Le 2 (mai 1687) mourut monsieur Piolin, bourgeois.
  • Le 3 (mai 1687) mourut monsieur de la Hussaudaye Robert. Il a laissé plusieurs enfants ; une fille a épousé le Sr Delaunay marchand ; feu son fils était avocat et commissaire des saisies réelles.
  • Le 4 (mai 1687) le fils de feu Mr de Jonchère Thomas avocat et procureur de l’hôtel de cette ville, épousa la fille de feu Mr de la Douve du Cormier et de Delle Siette. Deux de ses sœurs Cormier ont épousé les sieurs de la Hamardière Neveu et Duménil d’Acigné.
  • Le 5 (mai 1687) mourut une fille de feu monsieur Aubert avocat et de la demoiselle Augeard ; elle était âgée de 20 ans.
  • Le 8 (mai 1687) Me Elys, avocat, veuf de la demoiselle Millecent de la Dodaye, duquel mariage il n’y a pas point d’enfant, fils de défunts Mr Elys conseiller au siège de la prévôté et de la demoiselle Brouard épousa la demoiselle Ganches veuve du feu sieur de la Plante Pierre, duquel mariage il n’y a point aussy d’enfant, fille de défunts Mr Ganches Sr du Brossé et de la Delle Toublanc.
  • Le 4 (mai 1687) mourut à Paris monsieur Lanier, thrésorier de l’Eglise d’Angers, fils de monsieur Lanier maître des requêtes et qui avait été ambassadeur au Portugal et de la dame Liquet.
  • La nuit du dernier jour d’avril et la nuit suivante, la plus grande partie des vignes d’Anjou gelèrent. On dit que la même disgrêce est arrivée dans les autres provinces. (mais fin décembre il note : Cette année a été fertile en bled, vin et fruits !!!)
  • Le 8 mourut à Paris madame de la Guérinière Boylesve. Son mari avait été longtemps dans les partys ; elle s’appelait Oger.
  • Le 12 (mai 1687) le fils de Mr Carré notaire en cette ville et de la défunte dame Chesneau épousa la fille du Sr Ponceau marchand à Saumur et de la dame Pigeon.
  • Le 15 (mai 1687) mourut la femme de Mr de Grée Poulain, fils de Mr de Grée Poulain, conseiller au siège présidial ; elle s’appelait Bernard.
  • Le 18 (mai 1687) mourut la femme de monsieur Duménil d’Aussigné ; elle laissa deux enfants ; elle est morte de la petite vérole ; elle s’appelait de la Douve du Cormier.
  • Le 19 (mai 1687) Mr Couesté avocat, fils de Mr Coueffé aussy avocat et de la Delle Huchedé, épousa la fille de feu Mr Aubert avocat et de demoiselle Augeard.
  • Le 20 (mai 1687) le fils de Mr Desplantes Jallet et de la dame Legoaqueller épousa la fille de Mr Gourreau conseiller honoraire au siège présidial et de la feue dame Eveillard.
  • Le 19 (mai 1687) Mr Carré notaire veuf de la dame Chesneau, épousa la veuve du feu Sr Mingon marchand ; elle s’appelle Pelletier.
  • Le 24 (mai 1687) messieurs Duport et Boussac plaidèrent leur première cause.
  • Le même jour (24 mai 1687) mourut subitement à Paris monsieur Belot sieur de Martou, mari de la dame Gohin, duquel mariage il y a plusieurs enfants.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
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    Contrat de travail de compagnon tissier en toile, Laval, 1655

    Pour Pierre Bonhommet d’Avénières, payement à la tache et non au forfait comme le contrat d’allouement

    Voici un contrat de travail, mais il est rémunéré à la tache à la différence du contrat d’allouement du verbe allouer : traiter à forfait, connu à Laval.
    Ce contrat, payé à la tache, concerne la plus célèbre des toiles, la toile de Laval, que vous pouvez approfondir dans l’ouvrage de Jocelyne Dloussky, Vive la Toile, Mayenne, 1990.

    Contrairement au contrat d’apprentissage, c’est le maître qui rénumère le compagnon, ayant déjà appris à travailler, donc terminé son apprentissage, et débutant dans le métier réellement.
    Madame Dloussky observait un paiement à l’année, avec un rendement minimal d’une aune et demi à 2 aunes tous les jours. Le paiement au forfait à l’année est le contrat d’allouement, qui subit quelques variations, en particulier la rémunération semble varier selon l’âge (selon Madame Dloussky, un compagnon âgé gagne un peu plus).

    Le contrat qui suit est basé sur le paiement à la pièce sans notion de rendement (voir son ouvrage, cité ci-dessus). Il est vrai que le contrat ci-dessous est passé 56 ans avant ceux dont parle Mme Dloussky. J’ignore si le paiement à la pièce fut utilisé simultanément avec le contrat au forfait annuel dit d’allouement, ou bien si l’un a précédé l’autre, et aurait eu ses limites qui auraient entraîné l’autre ?
    Il concerne un marchand tissier d’Avenières, nommé Pierre Bonhommet, qui ne sait signer, et est probablement un proche parent, voire même frère ou père, de mon Jean Bonhommet qui épouse à Avennières en 1664 Marie Lebeau. (Je suis en panne sur mes Bonhommet, et pourtant j’en ai remué beaucoup. Si vous avez plus que moi, merci de me faire signe)

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales de la Mayenne, série 3E, voici la retranscription de l’acte : Le 21 avril 1655 après midy, par devant nous Pierre Gaultier Nre et tabellion royal établi et résidant à Laval, furent présents en leurs personnes et deument établis, Pierre Bonhommet marchand tissier en toille d’une part, et René Faulteard compaignon dudit métier tous demeurants en la paroisse d’Avenières d’autre part, lesquels parties après submission pertinente ont fait ce qui ensuit,
    c’est à scavoir que ledit Faulteard a promis et s’est obligé mesmes par corps travailler de son métier de tissier en sa maison et ouvrouer pour ledit Bonhommet pendant le temps d’un an qui commencera le 1er jour de juin prochain et finira à pareil jour et fera des toilles bonnes et vallables, au moyen de ce que ledit Bonhommet lui baillera les toilles ourdies et du fil prêt à employer loyal et marchand (c’est un contrat de travail à domicile à la pièce. Certes, on pourrait aussi le considérer comme un contrat d’achat exclusif, mais vu les fournitures, on peut le considérer comme un ancêre des contrats de travail. Et, on n’a pas inventé le travail à domicile !)
    et luy paiera de la façon de l’aulne de toille scavoir 6 sols de celle qui sera en 58 portées, et 5 sols de l’aulne qui sera du compte de 57 portées, duquel compte de 57 portées ledit Faulteard fera seulement 2 pièces de toilles pendant ladite année, (une aune de Laval vaut 1,43 m, mais j’ignore combien vaut la portée, manifestement une mesure ?)
    à la charge en oultre par ledit Bonhommet de fournir pendant ledit temps d’un an ledit Faulteard de besogne sans le laisser au chommaige, et luy advancera les façons en prenant les toilles,
    et oultre luy baillera la somme de 10 livres dans le 15 août prochain, sans diminution desdites façons, laquelle somme de 10 livres ledit Faulteard promet et s’oblige comme dessus luy rendre 6 mois après ledit prêt, (l’ancienne salariée que je suis comprends cela comme une avance sur salaire, mais vous précise qu’autrefois les salaires étaient payés annuellement, souvent en retard, donc l’avance spécifiée dans ce contrat se justifie pleinement)

    et a l’exécution de la présente convention ledit Bonhommet s’oblige aussy par corps, (vous avez bien compris n’est-ce-pas, c’est comme au jeu de l’oie Allez à la case prison. Non mais ! On ne rigole pas avec un contrat de travail !)

    dont les avons jugez à leur requête et de leur consentement, fait et passé en nostre tabler audit Laval ès présence de Me Jean Chasligné et Jean Landelle clercs praticiens demeurant audit Laval, tesmoings qui ont signé,
    et quant aux parties ils ont déclaré ne scavoir signer. (c’est merveilleux, il n’y a pas besoin de savoir signer pour employer les autres ! Alors, prenez-en de la graine, ce n’est pas parce que votre ancêtre ne sait pas signer qu’il ne sait pas faire des affaires…, en effet le notaire est bon à faire des tas de contrats qui suppléent aux lacunes épistolaires de l’employeur. Ainsi le contrat de travail, désormais obligatoire chez tout employeur même pour une journée de travail, était autrefois écrit par notaire et plutôt annuel, voire pluri-annuel)
    Inversement, nous verrons bientôt que ce n’est pas parce qu’il sait signer qu’il fait des affaires…

    Calcul du salaire réel par an pour 5 jours par semaine
    On sait par les travaux de Mme Dloussky que le rendement est d’1,5 à 2 aulnes par jour. Si on prend 1,5 aulne par jour, le salaire quotidien est dont de 9 sols; soit 117 livres par an sur la base de 5 jours par semaine, soit environ 10 livres par mois.

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