NANTES LA BRUME, Ludovic GARNICA de la Cruz, chapitre XVII Fuséïdes, première partie

Ludovic Garnica de la Cruz. Nantes la brume. 1905. Numérisation Odile Halbert, 2008 – Reproduction interdite.

  • Chapitre XVII
  • Fuséïdes
  • Par les chaudes ondées de soleils, ils allaient en canot sur la rivière. Elle tenait la barre, abritée sous une large chapeau de paille et elle était souverainement joyeuse de chanter ou de plonger ses doigts dans l’eau. L’esquif glissait avec le silence d’une hirondelle qui rase le sol. Les rives décolletées laissaient entrevoir leurs reins verts gonflés des fécondations de l’été. Aux flancs, les villas rivalisant de grâce et de coquetterie formaient les agrafes et les joyaux de leurs ceintures. Le cours sinueux de l’Erdre ouvrait des criques où se penchaient rêveurs les arbres engourdis, frôlait des promontoirs à pic, séjour d’un fouillis d’herbes et de fleurs, s’attardait alentour des meules de roseaux bruissant sans cesse comme un camp de sauterelles.
    Sur la semaine, rares étaient les importuns à leur tête à tête. A peine quelques barques d’étudiants fuyaient aux chocs vigoureux des rames, quelques pêcheurs tenaces s’obstinaient dans un coin, quelqes gros chalands chargés de pierres descendaient de Nort, halés par un remorqueur bruyant, ou vides, remontaient, la voile carrée emplie de vent. Aux environs de Sucé, ils choisissaient un gentil endroit bien calme où ils débarquaient. Tandis que la barque s’ensommeillait, les naseaux accrochés par une corde à un arbre voisin, ils erraient visiter les lieux la main dans la main. Leux chois, c’était toujours la pleine campagne s’étendant à l’infini, de l’herbe épaisse, au-dessus, des ombrelles de feuillages. Après avoir erré, cueilli des fleurs dont elle avait garni son corsage et ses cheveux, aussi sa boutonnière à lui, ils collationnaient de friandises et de baisers.
    Une promenade en canot, un lieu très à l’écart des curieux, une solitude entre deux êtres qui s’aiment, assaisonnés d’une molle chaleur, troublent bien des têtes, épanouissent bien des coeurs. Voici que monsieur l’Amour fait sa cueillette de fleurs vivantes. Les cheveux dénoués auront des brins d’herbe en prison, les jupes seront froissées. Pourquoi ce chapeau erre-t-il à l’anventure, ce soleil grivois s’excite-t-il sur les faveurs roses d’un pantalon épars ? Ah ! les tendres caresses sous le voûte libre du ciel bleu, joindre sa chanson d’amour à celle de la nature qui ne cesse jamais de s’aimer ! Les soupirs s’en vont emportés par le vent vers l’urne des cantiques sacrés. Mi-devêtue, Jeanne est si jolie dans son bain de verdure, qu’il s’affole de ses seins blancs luisant au soleil leur nacre et leurs boutons de rose.
    A ceuillir des fleurs dans les prés, à entendre les oiseaux chanter, Jeanne aima follement les fleurs et le chant des oiseaux. Elle en voulut dans leur jardin. Bientôt leur pelouse balança au vent un chevelure d’épingles d’or, de peignes blancs ; des volières installées alentour.

    Le dimanche, elle allait faire son choix sur la place du Bouffay. Les marchands d’oiseaux y avaient installé leurs cages dont les habitants remuaient, si vifs qu’on aurait dit les barreaux danser. Au milieu du chant des captifs, elle discutait ses préférences. Et les pigeons jaloux qui se battaient comme des députés, le gros ara vert qui dormait le cou dans les épaules, les tourterelles qui récitaient leurs litanies de nonnes éplotées, les serins papillonant leurs ailes jaunes et leurs gorgerins et… d’autres encore. C’était un coin de l’arche de Noé, le domicile d’où partaient l’ingrat corbeau et la timide colombe.
    Ensuite on se rendait par la rue d’Orléans sur la place de la Bourse où s’étalait dans un flot de chartés parfumées le marché aux fleurs. En route, on s’était attardé chez quelque pâtissier. Jeanne avait croqué plusieurs éclairs, barbouillé ses lèvres de crème. Ainsi, toute joyeuse, elle emplissait ses yeux d’une extase en flore, le long des boutiques de fleuristes, habillées de blanc comme une table ornée pour d’extrêmes onctions. Son âme s’égarait dans l’amoncellement des bouquets. La marchande en coiffe, les jupes troussées, les mains rougeaudes, l’incitait à respirer le poison de ses cassolettes « mises par le bon Dieu pour encenser la terre et les dames ». Son corsage garni, elle se suspendait au bras de son ami, plus tendre, plus coquetteuse. Ils évoluaient encore parmi les plantes rares emprisonnées dans de vulgaires pots. René ne pouvait s’empêcher de sourire en l’entendant marchander. Tenace, elle n’abandonnait jamais la proie convoitée avant une discussion terrible. Elle se proclamait victorieuse lorsqu’elle avait fait rabattre quelques sous.
    Jeanne épanouissait ses toilettes resplendissantes, orgueilleuse d’être plus belle que les autres promeneuses. Les heures que l’amour n’employait pas étaient, la plupart du temps, consacrées à l’apprêt de toilettes nouvelles, de coiffures curieuses, de chapeaux merveilleurs. René cédait à ses caprices. Il aimait la voir briller comme une chapelle toujours en fête ; il aimait l’entendre froufrouter près de lui, sentir la moire craquer sous ses doigts quand il la caressait sur ses genoux, connaître de nouveaux parfums en baisant son cou mutin ou sa nuque frisonnante.
    Ils s’éloignaient de la place de la Bourse laissant le soleil encenser les parasols géants et la statue de Villebois-Mareuil émergeant d’une touffe luxurieuse d’hommages comme serait un bouddha fêté en une pagode dont la voûte est bleue et le sole, l’écume de la marée des fleurs universelles.
    Ils prenaient quelquefois le bateau de Tretemoult. Ils déjeunaient à la terrasse d’un café, avec devant eux, la Loire sillonnée de barques. Ils fuyaient ensuite sur les berges du fleuve par les sentiers étroits, au travers des prairies chevelues, buvaient du cidre sur des tables moussues d’auberges champêtres. Parfois aussi, excités par la chaleur et les baisers, ils se laissèrent disparaître dans l’herbe haute et s’aimèrent librement sous les rideaux célestes.

    Sur le bateau-mouche, Jeanne rencontra une amie de pension qu’elle n’avait pas revue depuis longtemps. Elles se dirent bonjour amicalement.

  • Tu es avec ton mari ? demanda l’amie subitement
  • Surprise de cette question inattendue, Jeanne Rougit.

  • Oui, hésita-t-elle.
  • L’autre ne fut pas dupe de ce mensonge et reprit d’un ton plus froid où perçait le dédain.

  • Ah ! … moi, je suis mariée depuis trois ans avec un brave employé… au revoir… Je crois qu’il m’apelle.
  • Jeanne pinça les lèvres de dépit. Elle resta appuyée sur le bord du bateau. René la rejoignit. Elle le brusqua pour la première fois alors que des larmes silencieuses emprisonnaient ses yeux.
    René ne comprenant rien à cette mauvaise humeur, attendit pour l’interroger d’être avec elle dans leur chambre.

  • Pourquoi pleurait-tu ?
  • Je ne pleurais pas, c’est le vent, un grain de poussière.
  • Et ton mutisme, et ton humeur massacrante, était-ce aussi le vent, un grain de poussière ?
  • Tu m’embêtes ! C’est de ta faute si j’ai du chagrin.
  • Voilà qui est bizarre. Tu n’as fait que rire toute la journée. Je ne t’ai même pas contrariée et soudain tu me boudes.
  • On m’a insultée à cause de toi.
  • Où… qui… sur le bateau… ton amie de pension… Pourquoi ?
  • Parce que je suis ta maîtresse… là !
  • Il fallait ne pas lui dire si tu en as honte. Ce n’est pas inscrit sur ton visage.
  • Elle m’a demandé si j’étais mariée… J’ai hésité… Elle m’a tourné le dos.
  • Jeanne se mit à sangloter comme une enfant.

  • Voyons, ma petite chérie, console-toi. Ce te sera une leçon pour ne plus parler à des amies qui n’en sont pas.
  • Alors il faudra que je sois une ours, que je me tienne à l’écart comme une criminelle, qu’on me fasse honte impunément. Je ne sortirai plus d’ici. Je me cacherai du matin au soir. Que je suis malheureuse !
  • En voilà une scène ridicule pour si peu de chose
  • Comment si peu de chose de m’insulter !… Tu ne m’aimes pas !
  • Quelle folie ! Couchons-nous, la nuit te calmera.
  • Ils se couchèrent en silence. Au lit, comme d’habitude, René enlaça son amie désireux de son corps tiède qu’il sentait à travers la chemise. Elle mit sa tête sur son épaule pendant qu’il s’attardait aux préliminaires de l’amour.

  • René, tu m’aimes bien ?
  • Oui, ma chérie.
  • Beaucoup.
  • Beaucoup.
  • Tu m’aimeras toujours ?
  • Toujours.
  • Tu ne me quitteras jamais ? Nous serons toute notre vie ensemble ?
  • Oui, mon aimée.
  • Alors, pourquoi ne m’épouserais-tu-pas ?
  • Tu y songes encore… Vien m’aimer. Le reste importe peu.
  • Réponds-moi ?
  • Nous avons le temps… c’est l’heure de l’amour.
  • Je veux que tu me dises oui ou non ?
  • N’es-tu pas heureuse maintenant ?… Je ne te refuse rien !
  • Je ne veux plus qu’on m’insulte ? Quand je serai ta femme, ils courberont la tête !
  • Orgueilleuse !
  • Je vois que tu ne veux pas puisque tu évites de me répondre.
  • Je t’aime, ma petite Jeanne
  • Non ! Laisse-moi !
  • Méchante qui va bouder !
  • Fiche-moi la paix !
  • Jeanne !
  • Zut !
  • Viens m’embrasser !
  • Zut.. zut… zut… zut.
  • Ils se tournèrent le dos. Le lit dont les ressorts avaient chanté quotidiennement les « nuictées » d’amour s’ennuya comme celui des ménages… prudes ou prudents.
    Ils se boudaient encore un peu lorsq’uarriva la Fête appelée Nationale.
    Au matin du 14 juillet, René fit une tentative de parfaite réconciliation.

  • Jeanne, veux-tu passer la journée à Nantes ?
  • Comme tu voudras, répondit-elle indifférente.
  • Cependant elle s’habilla le plus coquettement possible, coula des parfums sur ses épaules, sur ses mains et dans ses cheveux. Son chapeau mis, elle se regara une dernière fois dans la glace. René la surprit s’admirant. Du seuil de la chambre les parfums de son amie le troublaient, il désirait toujours cette femme aujourd’hui si délicieuse en sa robe de voile rose.

  • Jeanne, la voiture est prête, dit-il en contenant son envie folle de lui baiser la nuque, de la froisser dans ses étoffes légères.
  • C’est bien, je te suis.
  • Ludovic Garnica de la Cruz. Nantes la brume. 1905. Numérisation Odile Halbert, 2008 – Reproduction interdite.

    NANTES LA BRUME, Ludovic Garnica de la Cruz, 1905

  • 1 : le brouillard
  • 2 : la ville
  • 3 : la batonnier et l’armateur
  • 4 : le peintre
  • 5 : le clan des maîtres
  • 6 : rue Prémion
  • 7 : labyrinthe urbain
  • 7 : labyrinthe urbain – fin
  • 8 : les écailles
  • 9 : emprises mesquines
  • 10 : carnaval
  • 11 : le cul-de-sac
  • 11 : le cul-de-sac – suite
  • 11 : le cul de sac – fin
  • 12 : les portes de Neptune
  • 13 : Cueillettes d’avril
  • 14 : Moisson d’exil
  • 15 : Les courses
  • 16 : Une Fête-Dieu en 1903
    17 : Fuséïdes, première partie
    17 : Fuséïdes, fin
    18 : Villanelles
    19 : la hantise
    20 : Chevelure de sirène
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    Inventaire de teinturier, Craon, 1687

    Ce site-blog donne le métier de teinturier à travers divers inventaires après décès :

    Angers, 1612
    Craon, 1633

    • bibliographie
      1. VINÇARD Auguste, l’

    Art du teinturier-coloriste sur laine, soie, fil et coton, suivi d’une concordance chimico-tinctoriale,

      1. Paris 1820 termes expliqués, bibliographie (n), iconographie en 1820 selon A. Vinçard (4)

    HELLOT M., l’Art de la teinture des laines et des étoffes de laine en grand et petit teint, 1750, Pissot & Herissant libraires Paris

    Secrets concernant les arts et métiers, nouvelle édition, Bruxelles, 1766, tome 2 (concerne uniquement la teinture)

    LACHIVER Marcel, « Dictionnaire du monde rural, les mots du passé« , Fayard, 1997

    atelier de teinturerie
    VINÇARD A. l’Art du teinturier-coloriste sur laine, soie, fil et coton Paris 1820

    Une famille a tenu longtemps à Craon le métier de teinturier, celles des Saiget, et bien qu’on retrouve le même métier portant le même patronyme à Laval, et à Angers, nous ne sommes parvenus à ce jour à établir le lien, car selon moi, il est plus que probable : un teinturier autrefois devait apprendre longtemps son métier, compte-tenu de la diversité des étoffes, et des colorants naturels.
    Voir ma page sur Craon.

    Voici l’un de ces inventaires Saiget, malheureusement, ils n’avaient trouvé aucun autre teinturier dans le voisinage et l’inventaires des ustenciles et vaisseaux de teinturerie n’est pas chiffré.
    D’ailleurs, cette remarque, relative à l’absence de teinturier pour venir aprécier, montre que les plus proches étaient à Laval et Angers.

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales de la Mayenne, série 3E1 – Voici la retranscription de l’acte, dvt André Planchenault Nre de Craon : Inventaire et appretiation ont été faicts des meubles et effets après le décès d’honorables personnes Jacques Saiget vivant marchand teinturier demeurant au faubourg saint-Pierre de cette ville de Craon, et Marguerite Mabille sa femme, à la requeste et présence de l’advis d’honorable homme Jean Buguet marchand potier d’estain demeurant audit faubourg saint-Pierre, curateur à la personne et biens de Joseph Saiget, fils mineur desdits Saiget et Mabille, Marguerite Saiget fille mineure usant de ses droits, Jacques, Laurent et Françoise les Saiget tous enfants desdits Saiget et Mabille, procédant sous l’autorité de Me Jacques Guilloteau avocat en cette ville leur curateur aux causes, lesquels ont convenu d’experts pour faire l’appréciation savoir au regard des meubles meublants d’honorable femme Catherine Rayer femme de Guillaume Lefrère, hoste au Cheval Blanc, et Jacquine Thibault veuve deu Jean Chesneau demeurant à l’Escu de Bretagne, le tout au faubourg Saint Pierre dudit Craon, et à l’égard de la boutique, vaisseaux et ustenciles servant à la teinture, ils ont esté inventoriés en quantité et qualité sans en avoir fait appréciation faulte d’avoir pu trouver d’experts et gens à ce connaissant à l’appréciation desquels meubles meubles a esté vacqué comme s’ensuit par devant nous André Planchenault notaire de Craon y demeurant
    Du 28 juillet 1687 après midy
    Un lit garny d’un charlit de bois de noyer et paillasse, une couette, un traverslit et 2 oreillers de plume ensoullés de couettis (coutil), une mantaut (mante qui est une couverture) double de catalogne blanche, un tour de lit de sarge sur estain (attention, il s’agit de l’estaim pour lequel j’ai fait un article), et les rideaux de sarge roze (rose) et rouge avecq du passement, le tout mi usé estime ensemble 40 L

    Item un autre lit foncé de bois avec son charlit de bois de noyer une paillasse, une couette ensouillée de couettis, un traverslit ensouillé de toile et 2 orillers ensouillez de couetiz (coutil) avec un méchand tour de lit rouge presque usé estimé ensemble 25 L

    Item une couchette garnie de son bois, paillasse, couette ensouillée de couettiz, un traverlit ensouillé de toille, et un oriller ensouillé de couetis avecq une mante jaulne et un lodier le tout presque usé estimé ensemble 10 L

    Item un tabler (table) fermant de clef avecq deux banselles (bancelles) le tout de bois de nouyer (noyer) avecq 2 bancelles sur quoy appyuye les pieds le tout mi usé estimé 6 L

    Item un petit coffre de bois de nouyer (noyer) fermant de clef contenant environ 3 boisseaux estimé 4 L

    Item un grand vieil coffre couvert de cuir enrichy de clouds (enrichi de clous) avecq un cerrure (une serrure) contenant environ 4 boisseaux estimé avec les 2 supports 3 L

    Item un petit coffre couvert de cuir ferment de clef garny de clouds avecq les 2 supports contenant environ un boisseau estimé 2 L

    Item une huge (huche) de bois de chesne (chêne) contenant environ 4 boisseaux estimée 2 L

    Item un rouet à filer avec un travoueil le tout de peu de valeur estimés 15 S

    Item 4 cheses (chaises) enfoncés de jong (il s’agit de nos chaises empaillées) presque usées estimées 10 S

    Item 3 marmites l’une contenant environ 2 seaux la segonde contenant environ 5 ou 6 escullées et la petite environ 4 escullées le tout estimé ensemble avec un méchant couvercle et une cuiller de fer 3 L (l’écuellée est le contenu d’une écuelle, servant de mesure de capacité elle vaut le plus souvent en Poitou le 1/12e d’un boisseau, selon le Dict. du Monde Rural, de Lachiver, 1997)

    Item une poisle à frire avecq un petit poislon de peu de valeur estimés ensemble 1 L 5 S

    Item une lampe et un chandelier de cuivre estimés 1 L 10 S

    Item une perre (paire) de chenets, une broche à routir (rôtir), une grisle (grille) et un petit trépied, le tout de peu de valeur estimé 1 L 10 S

    Item un fuzil (fusil) et un vouge (serpe à long manche) emmanché de bois de chesne estimés 7 L

    Item 37 livres d’étain estimé à 10 sols la livre revenant à 18 L 10 S

    Item un escabeau avecq un poix (poids) à peser estimés 5 S

    Item 12 draps de brin de 7 aulnes le couple, presque usés, estimés 12 L

    Item 2 petites nappes et 6 souilles d’orillers le tout presque de nulle valeur estimées 1 L 5 S

    Item 12 serviettes de peu de valeur estimées 2 L 10 S

    Item un métier à faire des étoffes avecq une lame le tout estimé 6 L
    Item 2 paonnes de terre à faire la laissifve (pannes à faire la lessive) avecq un treteau le tout de peu de valeur estimé 3 L

    Item les vaisseaux et ustanciles de la bouticque de tainturerie concistant en une grande chaudière d’erain (airain) contenant environ 2 pippes d’eau, une aultre chaudière d’erain contenant environ une busse, une cuve de bois servant à la teinture, la praisse à praissier les estoffes avecq les tableaux et le casble pour mettre les estoffes, 3 tours de bois pour desmeller (déméler) les estoffes sur lesdites chaudières, 3 tonneaux et une rondelle en quoy on met la teinture, une table sur laquelle on met lesdites étoffes, un boyard à porter les étoffes mouillées avecq un attifouer de fer et un chenet avecq une méchante table et une huge qui sont en la chambre où est ladite presse, et 2 crochets avecq quoy on met les estoffes dans ladite cuve, un sercle (cercle) de fer pour soutenir lesdites estoffes dans ladite cuve, un tour qui est dans une chambre haulte avecq quoy on dresse les estoffes, 2 ettoubles (ce mot m’échappe, malgré tous les ouvrages de teinturerie anciens consultés),

    Grâce à Yves Brun, 8 ans après cette publication, j’ai l’explication (cf commentaire ci-dessous), et je constate qu’autrefois, en 2010, je n’avais pas pensé à ouvrir mon Dictionnaire du Monde Rural de Michel Lachiver, car il donne bien en effet ETOUBLE, dans la Manche, le chaume qui reste en terre quand on a coupé le blé. ETEULE chaume qui reste sur place après la moisson. 

    Cependant, je ne comprends toujours pas ce que fait ce chaume dans l’inventaire du teinturier.

     

    une hache aussy servant à ladite bouticque, avec un cent et demy de carte à presser lesdites étoffes, et la moitié de laquelle bouticque dépend de le succession desdits Saiget et Mabille icelle moitié estimée à la somme de (blanc)
    et ont lesdites parties déclarer n’avoir aucuns tiltres pièces ny papiers journaux qui puissent servir
    Tous lesquels meubles mentionnés au présent inventaire sont demeurés en la maison où sont décédés lesdits Saiget et Mabille et où sont demeurant lesdits les Saiget enfants desdits Saiget et Mabille sise au faubourg Saint-Pierre dudit Craon, en laquelle a été fait le présent inventaire, desquelles meubles ladite Marguerite Saiget s’est chargée, et promis iceux représenter quand besoin sera, et calcul faute de ceux dont appréciation n’a esté faite se sont trouver monter la somme de 153 livres dont nous l’avons jugée,
    fait et arresté le présent inventaire en la maison susdite présents Jean Rocher et Jaen Thibault arquebusiers demeurant audit faubourg saint Pierre témoins à ce requis et appelés, lesdites appréciatrices et lesdits Joseph et Françoise les Saiget ont dict ne scavoir signer

    Craon
    Craon

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    Bail à ferme de la métairie du Lattay à Challain, 1636

    Claude Pouriats, marchand à Combrée, prend à ferme en 1636 une métairie située à Challain, dont le nom ne figure pas dans le dictionnaire de C. Port. Elle relevait de la Bigeotière et seul le chartrier de cette terre, déposé aux Archives du Maine-et-Loire, pourrait donner la clef de ce nom de lieu.


    Cliquez l’image pour l’agrandir.Cette image est la propriété des Archives Départementales du Maine-et-Loire. Je la mets ici à titre d’outil d’identification d’un nom de lieu disparu

    Mais pour le moment, je m’intéresse aux POURIATS aliàs Pouriast, Pouriatz, et même avec deux R…, en particulier ceux qui tournent autour du sieur de la Hanochais, parce que je descends par les Gousdé de Noëllet de Perrine Pouriast mère de Jacques et décédée en 1610, qui est manifestement de cette famille. Je tente donc tous les actes tournant autour de cette famille, pour essayer de la comprendre mieux.
    Ici, Claude Pouriats en un neveu de Jean Pouriats sieur de la Hanochais, avocat à Angers.

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E6 – Voici la retranscription de l’acte : Le 1er août 1636 après midy par devant nous Louis Coueffe notaire royal Angers furent présents establys et deuement soubzmis Me René Gaucher Sr de la Perrière ? advocat au siège présidial de ceste ville y demeurant paroisse Saint Maurille mary de damoiselle Marie Piculus d’une part,
    et Claude Pouriaz marchand demeurant en la paroisse de Combrée, tant en son privé nom que soy faisant fort de Françoise Blanchard sa femme à laquelle il promet faire ratiffier ces présentes et obliger solidairement avec luy à l’entretien d’icelles en fournir et bailler audit sieru Gaucher ratiffication et obligation vallable dans le jour et feste de Toussaincts prochain venant à peine etc et esditsnoms seul et pour le tout sans division de personnes ne de biens ses hoirs renonçant au bénéfice de division discussion et ordre d’autre part
    lesquels confessent avoir fait et font entre eux le bail et prise à ferme conventions et obligations suivantes, c’est à savoir que ledit sieur Gaucher a baillé et baille par ces présentes audit Pouriaz esdits noms qui a pris et accepté audit tiltre de ferme pour le temps de 7 années et 7 cueillettes entières et consécutives qui commenceront au jour et feste de Toussainctz prochain venant et finiront à pareil jour le lieu et mestairie du Lattay à luy appartenant situé en la paroisse de Challain avecq droit de deme (dîme) qu’il lève en certains endroitz de ladite paroisse de Challain,
    comme lesdites choses se poursuivent et comportent avec leurs appartenances et dépendances, que le preneur a dit bien cognoistre sans rien en réserver à la charge d’en jouir bien et deuement sans rien desmollir,
    tenir entretenir et rendre en fin dudit temps les maisons et logements dudit lieu en bonne et suffizante réparation de terrasse et couverture d’ardoise de tant que ledit sieur bailleur luy promet faire faire lesdites réparations au commencement du présent bail
    prendra et recueillera lesdits dixmes en la manière qu’elles sont deues et ont accoustumé se lever
    tenir pareillement les terres dudit lieu bien et duement closes de leurs hayes et clostures ordinaires, faire chacun an autour d’icelles des lieux (il a voulu dire endroits) plus nécessaires le nombre de 20 toises de fossé neuf ou réparé,
    planter chacun an sur icelles 6 esgrasseaux et faire pareil nombre d’antures de bonnes matières de fruictz, de les conserver à son pouvoir du dommage des bestiaux,
    noster (n’ôter) ni enlever de sur ledit lieu aucuns foings pailles chaumes en engrais ains les relaisser pour y estre consommez
    ne coupper ne abattre aucuns bois par pied branche ne autrement fors les esmondables et en saison convenable une fois seulement pendant le présent bail
    payer et acquitter les cens rentes et debvois deubz chacun à cause dudit lieu, mesme la rente de 15 boisseaux de bled deue à la seigneur de la Bisottière et en fournir les acquitz audit sieur bailleur ledit bail finy
    prendra ledit bailleur les bestiaux à prisage qui sera fait au commencement du présent bail et les rendra de pareil prix et valleur et pareille qualité et quantité
    et est fait ledit bail outres lesdites charges pour en payer et bailler par ledit preneur esdits noms et solidairement audit sieur bailleur chacune desdites années en sa maison en ceste ville la somme de sept vingt livres tz (140 livres) aux termes de Toussaintz et Pasques par moitié le premier paiement commençant à la Toussainctz de l’année prochaine 1637 et à continuer
    ce qui a esté stipullé et accepté par lesdites parties etc mesmes ledits preneurs esdits nom et solidairement …
    fait à notre tablier présent Me Jehan Raveneau et Charles Coueffe clers audit Angers

    enture : fente où l’on ente la greffe (Lachiver, Dict. du Monde rural, 1997)

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    Journal d’Etienne Toisonnier, Angers 1683-1714 (1704)

    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 14 janvier 1704 le sieur Favrie de la province du Lionnais, veuf de la fille de Mr Cochon, avocat, duquel mariage il y a 3 enfants, épousa la fille du feu sieur Vieil de la Martinière ; ledit sieur Favrie est à présent receveur des Aydes.
  • Le même jour mourut la femme de feu Mr Le Royer de la Baronnière avocat : elle s’appelait Viau : elle a laissé 7 enfants.
  • Le 17 (janvier 1704) mourut Mr Baudry bourgeois. Il a laissé 2 garçons lesquels sont conseillers au présidial ; leur mère s’appelait Bault.
  • Dans ce même temps, mourut la femme de Mr Le Royer, officier au grenier à sel de Candé ; elle s’appelait Poitras.
  • Le 23 (janvier 1704) Mr Gaudicher, fils du sieur Martin Gaudicher, notaire royal en cette ville, fut installé en la charge de conseiller sans licences au siège présidial cy-devant remplie par Mr Rousseau de Pantigné.
  • Le 22 (janvier 1704) Mr Delorme conseiller au présidial, fils de feu Me Jean Delorme, avocat, et de la Delle Daulneau, épousa la fille du sieur Dupaty Gourreau bourgeois et de la Delle Dupas.
  • Le 18 (janvier 1704), le nommé Gaignard, de la paroisse de Rochefort, convaincu d’avoir tué son frère dans son lit d’un coup de fusil, fut condamné de faire amande honorable, d’avoir le poing coupé, et d’être rompu vif, ce qui fut exécuté.
  • Note de Marc Saché : Sur cette peine infamante, qui constituait l’aveu public du crime, Lehoreau nous donne des détails fort intéressants, précisément à propos du cas signalé par Toisonnier. « Lorsque quelque homme ou femme sont condamnés de faire l’amende honorable messieurs de la justice en font avertir le grand doyen. Ce cas arriva le lundy 18 février 1704 pour l’amende honorable que fit un homme de Rochefort pour avoir tué son frère d’un coup de couteau et l’avoir fait à demi brûler pour mieux couvrir son crime. M. Ayrault, lieutenant criminal, fit avertir Mr le doyen et fit rompre vif le criminel. – Lors donc que le criminel arrive vers le placitre (place devant l’église) de la cathédrale, un huissier ou bien un archer de prévôt prend le devant et avertit le valet semainier de se tenir prêt à sonner son arrivée. Le criminel se met de genoux sur le seuil de la porte de la galerie devant le placitre qui est fermé jusqu’à ce que toutes les formalités ordinaires de justice soient faires ; puis on le conduit en prison. Au moment que le criminel paroist dans la cité, le valet semainier de la sacristie tinte neuf coups par intervalle la cloche appelée Maurice pour avertir le peuple d’estre témoin d’une telle action. Ce son est gratuit. » (Cérémonial de l’Église d’Angers, t.III, liv. V, pp. 24, 25). La férocité des mœurs rendait la mort épouvantable ; mais la vue des supplices les plus horribles, comme l’exposition sur la roue du patient qui venait d’être rompu sur la croix, était un spectable apprécié du peuple et auquel, on le voit ici, il était convié.

  • Le 19 (janvier 1704) mourut Mr de Vaux Landevy ; il a épousé la dame Nivard dont il n’a point laissé postérité, ainsy le nom des Landevy est éteint.
  • Le 26 (janvier 1704) mourut Mr de la Carte Coiscault, avocat et syndic des avocats. Il avait épousé en 1ères noces la fille du sieur du Chatelier, chirurgien, à Chalonnes, dont il a deux enfants, et en 2e la Delle Trochon dont il n’a point laissé d’enfants.
  • Le 4 février 1704 mourut la femme du sieur Delmur le Jeune, âgée de 28 ans ; elle a laissé 7 enfants ; elle s’appelait Salmon.
  • Au mois de janvier dernier, Mr Troullet de la Bertière, qui a traité d’une charge de conseiller au Parlement de Bretagne, fils de Mr Trouillet lieutenant particulier au siège présidial de cette ville et de la défunte dame Martineau, épousé Melle Mathée fille de feu Mr Mathée, trésorier à Tours et secrétaire du roy, dont le père était lieutenant général du présidial de Tours.
  • Le 10 mars 1704 Mrs Jauneaux et Alleaume plaidèrent leur première cause.
  • Le 15 (mars 1704) Mr de la Mothe, fils de Mr de la Mothe, cy-devant marchand de soie et banquier, à présent receveur des décimes de ce diocèse, et de défunte Delle Catherine Guillot, sœur de ma femme (note de Marc Saché : voir au 7 janvier 1698), a été installé en la cherge de conseiller au présidial cy-devant remplie par Mr de Grée Poulain.
  • Le 18 (mars 1704) mourut la femme du sieur du Catel ; elle s’appelait Simone Avril ; elle n’a point laissé d’enfants.
  • Le 29 (mars 1704) mourut Mr de Monplacé écuyer.
  • Le 1er avril 1704 Mr de Bonétat écuyer fils de Mr de Bonétat aussy écuyer, et de la dame … épousa la fille de Mr de la Croiserie Grimaudet écuyer et de la dame Verdier.
  • Le 8 (avril 1704) le fils de feu Mr Pichard avocat et de la Delle Bousselin, épousa la fille du feu Sr Trochon de Richebourg et de la défunte Delle Coustard.
  • Le même jour mourut la femme de Mr Lanier de Vernusson ; elle n’a point laissé de postérité ; elle s’appelait Volleige de Vaugirault.
  • Dans ce même temps, Mr Chantelou de Portebize, fut élu conseiller de ville par la démission de Mr de Chanzé Gaultier.
  • Le 26 (avril 1704) Mr François Boylesve seigneur de Goismard conseiller au présidial, fut installé en la charge de lieutenant général de robe courte au présidial de nouvelle création.
  • Note de Marc Saché : La famille des Boylesve de Goismard fournit longtemps des conseillers au Présidial d’Angers. François Boylesve de Goismard, fils de François Boylesve, conseiller au présifial, et de Renée Guinoiseau, était lui-même conseiller. Il épousa, en 1687, Marie Gautier, fille de Jacques, chevalier, sieur de Chanzé, juge au présidial, et de Marie Renou, et en secondes noces, le 13 avril 1693, Madeleine de Méguyon, fille de François, sieur de la Houssaye, et de Marthe Jousselin. Il fut inhumé le 27 décembre 1710 en l’église Saint-Pierre d’Angers. Sa qualité de lieutenant général lui permettait de siéger, l’épée au côté, immédiatement après le lieutenant général avec voix délibérative tant au civil qu’au criminel. (Voir Gontrd de Laynay, Familles des maires, t.II, pp. 112, 113)

  • Le 1er mai 1704 Mr Jarry avocat et le Sr Maugars de la Gancherie ont été élus échevins et Mr de Vaux Davy conseiller de ville, par la démission de Mr Charlot.
  • Le 6 (mai 1704) le fils de Mr Huslin de la Selle écuyer et de la fame Prinquet, épousa la fille de Mr Grandet, écuyer, conseiller au présidial et de défunte dame Françoise Jousselin.
  • Le 25 (mai 1704) mourut Mr Guérin de la Pyverdière, doyen de Mrs les conseillers au présidial ; tous les avocats assistèrent à la cérémonie en robes et bonnets à cause de sa qualité de doyen. Il a été longtemps malade d’une hydropisie tympanique et ensuite mort de phtysie. Il avait beaucoup de mérite ; il laisse 4 garçons.
  • Note de Marc Saché : Jean Guérin de la Piverdière, fils d’Alexandre Guérin de la P., et de Françoise Pâquereau, né le 12 février 1652, était petit-fils d’un apothicaire d’Angers. Il était sieur du Grand-Launay en la paroisse d’Andard. Il épousa, en 1675, Elisabeth du Fraisier, et reçut ses provisions d’office de conseiller au Présidial le 9 février 1674 (voir Bibl. d’Angers, man. 123-anc. 1005, vol. I, p. 553 ; Gontard de Launay, t. III, p. 153 ; état civil des paroisses Saint-Martin, Saint-Maurille et Saint-Pierre)

  • Le 31 (mai 1704) mourut le sieur Chaillou, marchand ferron ; il avait été consul.
  • Le 2 juin 1704 mourut Mr Daigremont avocat, conseiller garde-manteau au siège des Eaux et Forêts de cette ville.
  • Le 3 (juin 1704) mourut la femme de feu Mr Varice écuyer, seigneur de Juigné-Béné ; elle s’appelait Catherine Belot ; elle a laissé une fille unique mariée avec Mr Dubois Legouz écuyer.
  • Le 17 (juin 1704) mourut Mr René Pasquereau l’aîné, avocat. Il fut enterré le lendemain dans l’église de St Maurice ; il est mort subitement d’une apoplexie de sang.
  • Le 19 (juin 1704) mourut la femme du sieur Maussion directeur du domaine en cette ville.
  • Le 20 (juin 1704) mourut le sieur du Rocher, garde de maire.
  • Le 1er juillet 1704 le fils du Sr Vaslet de la ville de Beaufort épousa la fille de feu Mr Gontard de la Perrière et de la Delle Boullay.
  • Le 10 (juillet 1704) mourut Mr Artauld bourgeois ; il était de l’Académie française ; il avait épousé mademoiselle … de la ville de La Flèche. De son mariage sont issus un garçon et 2 filles : l’aînée femme de Mr… conseiller au présidial de La Flèche, est décédée ; l’autre a épousé Mr de Villeneuve du Cazeau.
  • Dans ce même temps, le fils du sieur Ducerne notaire et de la défunte Delle Lemasson, épousa la fille du feu Sr de la Normandière Blouin et de la Delle Binet.
  • Le 7 aôut 1704 Mrs Mijonnet et Gilly plaidèrent leur première cause.
  • Dans ce même temps Mr Lejeune de la Grandmaison, président au grenier à sel de cette ville, fils du Sr Lejeune de la Grandmaison ancien juge consul et de la défunte Delle Poisson épousa la veuve du feu Sr Chaillou marchand de fer.
  • Le 22 (septembre 1704) mourut la Delle Lanier femme de feu Mr Boylesve de la Maurousière, maître d’hôtel chez le roy ; de ce mariage sont issus feu Mr Boylesve de la Maurouzière président au présidial, Mr de la Maurouzière marié avec mademoiselle Poisson de Neuville, une fille mariée avec Mr du Saulay Boylesve et une autre avec Mr de Vrie.
  • Dans ce même temps mourut Mr de la Varanne du Tremblier conseiller honoraire au présidial de cette ville.
  • Le 1er octobre 1704 Mr Gencian seigneur d’Erigné, fils de feu Mr Gencian, seigneur d’Erigné et Meurs, et de dame Catherine Artaud, épousa la filel de feu Mr de Chenedé avocat et procureur du roy en l’élection de Paris et de dame Louise Aveline, en conséquence de dispenses de Rome, étant cousins rémuez de germains.
  • Le 2 (octobre 1704) mourut mademoiselle Marie Coueffé fille âgée de 70 ans ; elle avait beaucoup de piété et de mérite.
  • Dans ce même temps mourut la femme du feu Sr Dupas surnommé « major » ; elle n’a point laissé d’enfant ; elle s’appelait Cupif.
  • Le 11 novembre 1704 Mr Dolbeau avocat fut installé dans la place de conseiller de ville, remplie par le sieur de la Gaulerie Brundeau, en conséquence de sa démission, et le sieur Cousin de la Bridraye en la charge d’assesseur de l’hôtel de ville, cy-devant remplie par Mr Bachelot.
  • Les commissions de subdélégués de Mr l’intendant ont été créées en titres d’offices ; Mr Amys du Ponceau en a traité pour cette ville.
  • Note de Marc Saché : On sait que le subdélégué, homme de confiance de l’intendant, exerçait des fonctions qui n’avaient aucun caractère officiel. Le nombre des subdélégués n’avait rien de fixe dans le ressort de l’intendance. L’édit d’avril 1704 créa un subdélégué dans chaque chef-lieu d’élection, le chargeant de recevoir les requêtes adressées à l’intendant et accompagnées de ses avis et de transmettre ses ordres. En fait, cette création d’office n’était qu’un nouveau moyen de vendre une charge. – Amis-Duponceau (François-Gabriel), était fils de n. h. Pierre A., écuyer, sieur du Ponceau, gouverneur de la ville et château de Sablé. Il avait épousé, en 1696, Marie Ganches, fille de feu n. h. Pierre Ganches, sieur de la Fourerie, conseiller au siège de la Prévôté d’Angers, et de Marguerite Avril (voir Bibli. d’Angers man. 1214 bis anc. 1005, vol. II, p. 63 ; état civil de Saint-Michel du Tertre)

  • Dans ce temps, le fils du sieur François Chauveau Me apothicaire et de la dame Buret, épousa la fille du feu Sr Lemaçon et de la dame Lecouz.
  • Le sieur Pelletier mourut au mois d’octobre dernier, âgé de 82 ans ; il avait été autrefois greffier au grenier à sel de cette ville.
  • Cette année a été assez abondante en vin et grains, mais le tout se vend à vil prix attendu la guerre et la rareté de l’argent.
  • Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930
    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog et non aller en discuter dans mon dos sur un forum ou autre blog.

    Transaction avec le chapelain de la Mabile à Craon, pour passage sur un pré, 1640

    Selon le Dictionnaire de la Mayenne de l’abbé Angot, tome 1er, p. 813, article de Craon :

    De nombreux chapelains se joignaient dès le 14e siècle aux chanoines dont le nombre avait été porté à huit. Parmi ces chapellenies secondaires, il faut citer d’abord les 4 chapelles de fondation seigneuriale dont les titulaires devaient « chacun an amesser monseigneur et madame » ; celle de l’Ecorcherie, fondée par Amaury de Craon vers 1366 ; de la Forcelière, de la Mabile, fondée avant 1410 par Mabile de Saint-Eutrope ; etc…

    Mabile est un patronyme, dérivé du prénom Mabile, présent dans le Craonnais. Un nommé Mabile aurait habité en 1401 Saint-Eutrope qui est un quartier de Craon.
    Mabile était un prénom de femme, dérivé de saint Aimable, curé de Riom, décédé en 485, dont le nom latin était « amabilis ». On sait que ce prénom a été porté dans le Craonnais au Moyen-Âge au moins par Mabille (est-ce la même ?) qui fut épouse de Robert II de Bellême, citée par l’abbé Angot in Généalogies Féodales Mayennaises, p.133.

    Le terme chapelle s’entend ici par bénéfice ecclésiastique lié à une chapellenie, détenue par un chapelain et ses successeurs, moyennant un service religieux perpétuel. A ne pas confondre avec un bâtiment du nom de chapelle.

    Jean Crannier, chapelain de cette chapelle de la Mabile en 1640 est un de mes collatéraux. La famille Crannier, un temps au Lion-d’Angers à la fin du 16e siècle, avait eu quelques prêtres à Craon.

    Ce bénéfice ecclésiastique était lié au chapelain en titre et à ses successeurs, et nous allons voir qu’une pièce de terre relevant du temporel de cette chapelle, était enclavée, comme cela arrive parfois. Et comme dans toute pièce enclavée, le droit de passage est sujet à disputes. Ici, la dispute risquant de dégénérer en procès coûteux, dont les frais sont toujours autrefois à la charge du perdant, une transaction devant notaire est préférable.
    Et ici, la transaction entraîne la cession du pré enclavé, ce qui est la meilleure solution. Mais, comme il s’agit d’un bénéfice ecclésiastique, il faut l’aval de l’évêque, qui mandate un audit, d’où les pièces jointes telles que PV du mandataire de l’évêque d’Angers.

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales de la Mayenne, série 3E1-460 – Voici la retranscription de l’acte : Le 12 mai 1640 après midy devant nous Pierre Hunault notaire royal en Anjou résidant à Craon furent présents en leurs personnes establis et duement soumis et obligés chacuns de vénérable et discret Me Jehan Crannier prêtre curé de Saint Clément de Craon y demeurant et chapelain de la chapelle de la Mabile desservie en l’église collégiale de St Nicolas de Craon d’une part,
    et Pierre Louault marchand boucher et Marie Laurent sa femme de luy autorisée par devant nous pour l’effet et exécution des présentes, demeurant en ceste ville de Craon d’autre part,
    entre lesquelles parties a esté accordé du procès prest à mouvoir entre elles sur ce que lesdits Louault et femme disaient qu’ils sont seigneurs d’un pré près le pré de Boultye qui fut en estang par sur lequel pré le fermier dudit sieur Crannier aurait depuis 3 mois environ passé par sur ledit pré avec bœufs et chartées pour aller exploiter une portion de terre contenant 2 boisselées ou environ qui est joignant des deux costés et aboutté d’un bout la terre de la mestairie de la Motte Guillaume et aboutté d’autre bout à la terre d’Estienne Peluau à cause de (blanc) Duboys sa femme, dépendant de ladite Chapelle à leur desnye ? en quoi ils ont souffert plus de 30 livres de dommages et intérêts, qui est plus que ne vallent lesdites 2 boisselées de terre un fois payée, pour raison ils voulaient faire appeler ledit fermier attendu qu’ils disaient que le chemin pour exploiter ladite portion devrait être par sur une pièce de terre dépendant de ladite chapelle proche le pré dudit Peluau par sur lequel pré dudit Peluay ledit chapelain a droit de passer pour aller exploitier sadite portion de terre qui est plus commode pour ledit chapelain
    à quoy était respondu par ledit sieur Crannier que luy et ses prédecesseurs estaient en possession de passer par sur le pré desdits Louault et femme ce qui estait par eux desnyé et que encore qu’il eust droit que non, il ne pouvait prétendre chemin avec bœufs et chartées et notémment lorsque lesdits prés sont retirés
    sur lesquels différends lesdites parties estaient prêtes à tomber en grand procès pour auxquels éviter, paix et amour nourrir entre eux, ont par l’avis de leurs conseils et amis auxquels ils ont fait voir les choses contentieuses, accordé ce qui s’ensuit
    c’est à scavoir que ledit sieur Crannier chapelain de la Mabille, a ce jourd’huy baillé à rente foncière annuelle et perpétuelle ladite portion de terre contenant deux boisselées ou environ, close à part cy-dessus spécifiée, auxdits Louault et sa femme, qui ont pris et retenu audit titre de rente foncière annuelle et perpétuelle pour eux leurs hoirs les deux boisselées de terre avec le droit de chemin par sur le pré dudit Peluau pour exploiter ladite portion de terre comme est de coustume, à tenir censivement du fief et seigneurie dont relève ladite portion de terre aux charges cens rentes et devoir si aucuns sont dus, que les parties n’ont pu déclarer avertis de l’ordonnance royal,

    transporte ledit sieur Crannier le fonds propriété et seigneurie avec tous les droits qu’il y avait pour en disposer par les preneurs comme de leur propre héritage et est faire la présente baillée à rente pour en payer par lesdits preneurs chacun d’eux seul et pour le tout audit sieur Crannier et à ses successeurs chapelains de la Mabille la somme de 8 livres tz de rente foncière annuelle et perpétuelle à pareil jour et dabte que ces présentes le premier payement commençant au jour d’huy en un an et à continuer à perpétuité, au payement et contenu de laquelle somme de 8 livres tz de rente, lesdites choses demeurent spécialement affectées et obligées et généralement tous et chacuns les autres biens desdits Louault et femme, par hypothèque spéciale renonçant à en faire disposer et demeure ledit sieur Crannier tenu faire homologuer ces présentes à monseigneur le révérendissime évesque d’Angers ou à messieurs ses grands vicaires aux frais et despends desdits preneurs qui demeurant tenus délivrer à leurs despends grosse des présentes audit sieur Crannier
    tout ce que dessus les parties ont voulu consenty stipullé et accepté, accordé que sy monseigneur le révérendissime évesque ne voulait homologuer ces présentes, ledit sieur Crannier ne sera tenu d’aucuns dommages intérests et despends
    auquel accord transaction baillée à rente et tout ce que dessus est dit tenir obligent lesdites parties respectivement mesme lesdits Louault et Laurent sa femme ung chacun d’eux seul et pour le tout renonçant etc qui ont renoncé au bénéfice de division discussion droit et d’ordre leurs biens et choses à prendre vendre etc dont etc
    fait et passé à notre tablier en présence de honnestes personnes Hélye Hunault et Daniel Adron marchand demeurant en la ville et faubourg de Saint Pierre dudit Craon témoins et ont lesdits Louault et Laurent dit ne scavoir signer. Signé J. Crannier, H. Hunault, D. Adron, P. Hunault

    Pièce jointe : Par devant nous René Avril, licencié ès droit canon, prêtre, prieur curé de Mée (près Château-Gontier), comparu vénérable et discret maistre Jean Crannier prestre curé de Saint Clément de Craon et chapelain de la Chapelle de la Mabille desservie en l’église collégiale de Saint Nicolas de Craon, qui nous représenté une ordonnaice de monsieur Guy Lanier vicaire général de monseigneur l’évesque d’Angers du 2 juin dernier, signée Lanier, estant au bas d’une requeste présentée par ledit Crannier, par laquelle ledit Sr Lanier nous aurait commis et député pour visiter les choses baillées par ledit Crannier à Pierre Louault et Marie Laurent sa femme, portées par le contrat de baillée à rente par luy fait auxdits Louault et Laurent sa femme, passé par maistre Pierre Hunault notaire royal en Anjou le 12 may dernier, nous requérant qu’il nous playse nous transporter sur les lieux pour faire procès verbal de la valeur desdites choses et s’il est besoin et utile pour le profit et utilité dudit chapelain et de ses successeurs, de laquelle représentation nous luy avons donné acte et ordonné que nous transporterons demain en la ville de Craon et de là sur les lieux pour être en présence des parties et d’experts, dont les parties conviendront autrement en sera par nous pris d’office, à dix heures, attendant onze, à laquelle heure sera le seigneur baron de Craon inthimé, parlant à son procureur et pareillement convenu d’experts autrement, et à faulte de ce faire en sera par nous pris d’office et fait procès verbal de l’estat desdites choses
    Fait à Mée au prieuré dudit lieu par nous conseiller susdit le 7 juillet 1640. Signé J. Crannier, R. Avril

    Autre pièce jointe : Et le lendemain 17 desdits mois et an, nous conseiller susdit, sommes transportés dudit prieuré de Mée nostre demeure en ladite ville de Craon, où sommes arrivés à 11 h du matin en descendant en la maison du Chapeau Rouge où en nostre présence et dudit Hunault notaire royal qu’avons pris d’office pour nostre greffier en ceste partie, ont comparu en leurs personnes lesdits Crannier, Louault et Laurent, comme aussy a compary noble homme René Gouin procureur et advocat fiscal de la baronnie dudit Craon, aussi en sa personne,
    Lequel Crannier a requis l’exécution de ladite ordonnance et déclaré pour son regard qu’il ne veult convenir d’experts, attendu qu’il croit avoir fait son profit le bien et utilité de ses successeurs chapelains se rapportant à nous d’en prendre d’office, lesdits Louault et Laurent sa femme ont pareillement déclaré n’en vouloir convenir s’en rapportant à nous de ce faire, ledit sieur procureur a dit qu’il n’en veult pareillement convenir, se rapporte aux experts qu’il nous plaiera prendre, de rapporter au vray de l’utilité commodité et profit que pourra avoir ledit Crannier et successeurs chapelains
    desquels dires et déclarations avons jugé lesdites parties et après qu’elles n’ont voulu convenir d’expert pour voir visiter et apprécier les choses de la baillée à rente faire par ledit Crannier aux dits Louault et Laurent sa femme avons pris d’office chacuns de maistre Pierre Fouyn Sr de la Laizerie et Hélye Hunault Sr de Rommée marchands demeurant en ceste ville, lesquels avons fait venir devant nous et d’eux pris le serment en tel cas requis et accoustumé en présence desquels, de notre greffier commis, et desdites parties sommes transportés sur les lieux en ladite portion baillée à rente mentionnée par ledit contrat dudit 12 may dernier, et après avoir icelle vue et considéré de nous ont lesdits experts dit scavoir ledit Fouyn estre âgé de 35 ans ou environ et ledit Hunault de 53 ans ou environ, demeurant en la ville de craon, et eux séparément enquis, nous ont concordement dit et rapporté que ladite portion de terre contien environ 2 boisselées qui ne peult valoir de revenu annuel au plus que la somme de 60 sols et que ladite baillée à rente de ladite portion de terre est utilité et profitable audit Crannier et à ses successeurs chapelains et dont les avons jugés
    fait et dressé le présent procès verbal par nous conseille susdit pour recours aux parties ce que de raison lesdits jours et an que dessus, et ont lesdits Louault et Laurent dit ne scavoir signer. Signé : R. Avril, René Gouin, J. Crannier, Fouyn, H. Hunault, P. Hunault

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    saint Vigor

    Aujourd’hui je ous offre un acte notarié concernant Julien Cointet, natif de Neau.

    saint Vigor,
    Cliquez sur l’image, et visitez le site des cultes de saint Vigor. Ce site et extrêment bien fait et complet.

    Selon l’encyclopédie Migne, volume de l’hagiographie des saints, par l’abbé Pétin :

    Saint Vigor est honoré le 1er et 3 novembre
    Né dans le territoire d’Arras, se mit sous la conduite de saint Vaast, évêque de cette ville. Il quitta enusite sa patrie et vint se fixer en Neustrie, près de Bayeux.
    Comme l’idolâtrie régnait encore dans cette province, il s’appliqua avec succès à la conversion des infidèles, et après la mort de l’évêque de Bayeux, qu’on croit être saint Contest, il fut élevé sur le siège de cette ville.
    Parmi les monastères qu’il fonda, on cite celui de Cérizy.
    Il mourut avant le 6e siècle, vers l’an 530, il et il fut enterré sur le mont Phanus, où l’on bâtit un prieuré qui portait son nom. Il y avait à Rouen une église paroissiale sous son invocation. Il y a aussi près de Bayeux une paroisse qui s’appelle Saint-Vigor-le-Grand, et une autre dans le même diocèse, près de Condé-sur-Noireau, qui porte le nom de Saint-Vigor-de-Mésérets.

    Encore une fois, je vous engage vivement à visiter le site Internet de saint Vigor, car il est bien fait et complet.

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