Carême : Allez chez le poissonnier !

Voici, extrait du Rituel (de Nantes, 1776), les deux sermons d’antan

en commençant par celui de la Quinquagésime (qui était il y a 8 jours) :

… Le Jeûne du Carême commence le jour des Cendres, et il a été institué pour nous porter à suivre l’expemple de Jesus-Christ, qui jeûna quarante jours ; et pour nous disposer à la grande Fête de Pâques. Faisons-nous un devoir d’observer une pratique si religieuse, et établie pour des motifs si graves.
Tous ceux qui ont vingt et un ans accomplis, sont obligés de jeûner, excepté les malades et les convalescents, les femmes enceintes, les nourrices, les personnes que l’âge rend faibles et caduques, ou qui sont employées à des ouvrages fort pénibles, et généralement tous ceux qui ne peuvent faire une longue abstinence sans un péril évident de leur santé. Mais il prendre garde de se flatter sois-même, Dieu est le juge des consciences. Ceux qui demandent permission, pour manger de la viande sans nécessité, n’en pêchent pas moins, parce qu’ils violent le précepte de l’Eglise…

le premier Dimanche de Carême (qui était hier) :

Nous sommes entrés, mes Frères, dans le temps de la pénitence. Nous vous avons expliqué Dimanche dernier l’étendue de la loi du jeûne, et nous nous persuadons que l’Eglise trouvera en vous des enfants dociles à ses Commandements ; mais faîtes attention que le jeûne du corps ne suffirait pas sans celui de l’esprit ; et ce jeûne spiritual consiste à éviter le pêché, à mortifier ses passions, et à se priver des plaisirs permis, ou du moins à en user plus sobrement. C’est pourquoi, ne le séparez point de l’autre ; et même pratiquez le avec plus d’exactitude ; puisque le fruit et le mérite du premier en dépend ; et que sans cela Dieu ne le saurait agréer.
Marcredi, Vendredi et Samedi prochain, sont les Quatre Temps ; le jeûne qu’on y doit observer, et qui concourt, avec celui du Carême, a été institué par l’Eglise…
Nous sommes envore obligés de vous avertir aujourd’hui, que tous les Fidèles doivent se confesser au moins une fois l’an, à leur Curé, ou a un autre prêtre commis et approuvé à cet effet et communier en leur paroisse à Pâques, pour obéir aux ordres de l’Eglise. Le temps de la Communion Paschale commencera le Dimanche des Rameaux, et finira le Dimanche de Quasimodo inclusivement.
Nous vous exhortons, mes chers Frères, à ne pas attendre la quinzaine de Pâques, pour vous acquitter du précepte de la Confession annuelle ; puisque dans un intervalle si court, et partagé par de longs Offices, nous ne pourrions que très difficilement donner à chacun de vous le temps nécessaire pour une oeuvre si importante. Quelques-uns se présenteront peut-être à nous dans des était d’habitude mortelles, ou manquant d’ailleurs de dispositions nécessaires, et pour lors nous serions obligés de différer leur absolution et leur communion au delà du temps Paschal. Le moyen le plus sûr pour éviter ce délai, qui les empêcherait de sanctifier la grande Fête de Pâques par la participation du corps et du sang de Jesus-Christ, c’est de se confesser au plutôt, afin que nous ne soyons pas obligés de les renvoyer après la quinzaine. Cette carrière de pénitence, est très propre à la discussion des consciences. Pour nous, mes chers Frères, nous serons toujours disposés à vous donner tous les secours qui dépendront de notre ministère.

Autrefois, on ne mangeait pas de viande pendant le carême, sauf un exception sur laquelle je reviendrai. J’ai rencontré, dans les actes notariés, plusieurs marchés de poissonniers avec le propriétaire d’un étang, pour vider l’étang pendant le carême. Je suis désolée, ils sont tous poissonniers à Angers, et j’ignore comment on procédait dans les plus petites villes. Mais, allez en voir, ils illustrent le type de poisson pêché, les dimensions et les prix payés au propriétaire de l’étang, généralement un seigneur ou son « fermier ».
Dans tous les contrats c’est le poissonnier (un ou plusieurs) qui vide l’étang, et récupère le poisson sous l’oeil attentif du représentant du propriétaire, lors du décompte, par taille et type de poisson. Naturellement, celui-ci choisit quelques poissons, qui lui reviennent de droit.
Et dans les ports, fleurissaient des métiers tout à fait spécialisés, ainsi, à Nantes le Compteur de morues.

Certes, la viande était rare, voire très rare, chez beaucoup autrefois, en particulier le boeuf. En outre, la ration énergétique quotidienne était bien plus basse que de nos jours, alors que le travail physique était plus important souvent (c’est pourquoi nous sommes devenus plus gras… enfin, généralement). Je suis donc toujours en admiration devant de telles privations… qui de nos jours feraient du bien à beaucoup… à commencer par moi… et plairaient à tous les nutrionnistes de 2008 !

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Faux-sauniers, attention, la brigade arrive ! jettez vite le sel à l’eau !

C’est ainsi qu’on procédait autrefois à l’approche des gabeloux. Certaines émissions à la télé tendent à montrer qu’on procède encore de même de nos jours, mais avec d’autres poudres, et sur mer !
Ce billet fait suite à celui d’hier, donc nous sommes sur la Maine, magnifique rivière qui montait d’Angers vers la Normandie via Château-Gontier autrefois.

  • Voyez la carte ancienne des paroisses d’Anjou, le trait en gras est la rivière. Vous y retrouvez toutes les paroisses bordant la rivière, et qui relevaient donc de la juridiction du grenier à sel de Château-Gontier.
  • Je n’ose redire ici qu’autrefois les rivières étaient des autoroutes commerciales importantes, mais notre environnement moderne fait oublier tant de choses, que j’ose.

    Voici donc la brigade. Enfin, la brigade presque au complet, dans l’étude du Grenier à sel de Château-Gontier. Si les officiers sont issus de la bourgeoisie locale, les gardes ne sont jamais du village à surveiller, et ils ont fait quelques dizaines de km. J’ai même vu un Nantais garde en Haut-Anjou, au nom bien Nantais : Couillaud.
    La généalogie de ces gardes est souvent difficile de ce fait, d’ailleurs celle des voituriers sur eau et autres bateliers est aussi souvent difficile, j’en sais quelque chose sur la Loire, et ce sur toute sa longueur. On n’hésitait pas, né à Nantes, à se marier à Orléans (c’est ainsi qu’à fait mon ancêtre Porcher né à Pirmil et il n’était surtout pas dans un métier de l’eau).

    Je souhaite donc bon courage à ceux qui sont en panne sur un garde de la gabelle.

    Voici les noms des gardes, relevés aux Archives de la Mayenne, concernant Montreuil sur Maine :

      1730, René Messager, de Château-du-Loir ; garde à Montreuil.
      1731, Pierre Marsollier, de Chérancé ; garde à Montreuil.
      1731, François Vidy, de Saint Loup du Gast ; garde à Montreuil.
      1733, Gilles Foustier, de Niafle ; garde à Montreuil.
      1738, Louis Le Roger, de Laval ; garde au Rideau de Montreuil.
      1738, François Adam, de Laval ; garde au Rideau de Montreuil.
      1748, Jean Hubert ; garde aux Noyers en Montreuil.

    Rien à l’article Noyers, ni à celui Rideau dans Célestin Port, pas plus qu’hier à l’article Montreuil sur Maine. Le Rideau est situé sur les bords de la Mayenne, à 1 km au N du bourg, et sur la rive opposée. Effectivement, il n’y avait pas de village avec maisons pour les femmes des gardes, seulement surement un poste de garde.
    Les femmes, demeurant au bourg de Montreuil étaient-elles bien accueillies par la population ? j’ai des doutes depuis hier, et je suppose qu’elles avaient la vie peu facile. Heureusement qu’elles étaient entre elles… ce qui était sans doute une maigre consolation. Je me sens beaucoup de tendresse pour elles depuis que j’ai trouvé hier cette petite phrase sur elles au bourg. Même si je n’en ai pas dans mes ancêtres, je suppose qu’elles n’ont pas eu la vie facile puisque leurs époux étaient honnis de la population, et qu’en outre, comme dit hier, leur exemption d’impôts, est une autre source de mécontement de cette population…

    Bonne journée, les apothicaires d’Angers en 1559 arrivent…

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    Exemptés d’impôts à Montreuil-sur-Maine, 1691

    la plupart des maisons du bourg sont occupées par les femmes des gardes du sel, qui ne sont aucunement taxées, ce qui porte un notable préjudice

    Ceci est extrait du PV dressé devant notaire, à la demande du procureur de la fabrique de Montreuil-sur-Maine (Maine-et-Loire), le 31 août 1691.
    Ce PV obéit à l’ordonnance de sa Majesté portant qu’il sera fait procès verbal en chaque paroisse des pertes et ruines arrivées depuis l’année dernière. Le procureur de fabrique, René Riveron, déclare :

  • en premier lieu que les nommés Brart et Poitrin ont sorti de ladite paroisse pour aller demeurer en celle du Lion d’Angers, qui étaient taxés environ 20 L tant au sel qu’à la taille,
  • qu’il y a la métairie de la Censive désertée et abondonnée où il y avait 60 L tant pour la grand taille que l’ustencile, et 11 mesures de sel, (je crois savoir que cette année là, Georges Bouvet étant décédé, la succession n’est pas réglée entre les héritiers, mais je ne soupçonnais pas que cela puisse engendrer des pertes de récolte)
  • que la plupart des maisons du bourg sont occupées par les femmes des gardes du sel, qui ne sont aucunement taxées, ce qui porte un notable préjudice
  • et que les fruits des arbres sont en très petite quantité n’en ayant qu’en très peu d’endroits, ce qui faisait une bonne partie pour aider à payer les tailles
  • Célestin Port (Dictionnaire Historique du Maine-et-Loire) est muet sur le poste de gabelle à l’article MONTREUIL SUR MAINE, et la phrase du PV peut s’entendre comme un poste qui n’est pas au bourg. Les femmes ne vivent pas au poste mais au bourg, et recevraient leur mari de temps à autre ? Du moins c’est ce que je comprends, et vous ?
    Je n’avais envisagé le mode de vie des épouses, et ce tout petit PV est une aubaine, qui nous rend ce petit morceau d’histoire de la gabelle.

    J’ai déjà dépouillé deux rôles pour Montreuil (le sel, l’ustencile), et j’ai été frappée par l’absence du bourg. Voici donc l’explication. Les gabelous (et leurs épouses) sont exonérés d’impôt, sans doute en temps que militaires, car autrefois les métiers à risque de sang étaient exonérés. Ainsi des nobles…

    C’est Françoise de Person, dans son ouvrage Bateliers, contrebandiers du sel 17e-18e siècles, Rennes, 1999, qui m’a fait comprendre la vie des brigades volantes sur Loire, et le trafic important de la rivière autrefois pour la contrebande aussi. A lire absoluement par tous ceux qui descendent d’un garde du sel sur eau.
    La Maine possédait ses brigades de gabelle, et les épouses étaient bien au chaud au bourg de Montreuil, les hommes le plus souvent sur l’eau : brigade volante.

    Je n’oublie pas la liste des apothicaires en 1559 à Angers, elle arrive. Vos pronostics sont parfaits, ils sont un peu plus de 25.

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    Châtreur, greleur affranchisseur, restaurateur, maréchal, marchand briffon, puis hongreur, et enfin vétérinaire

    On racontait autrefois qu’on appelait le « vétérinaire » dès qu’une bête avait un problème, mais qu’on attendait un peu pour appeler le médecin pour sa femme… Bien entendu, seules les méchantes langues racontaient de pareilles choses… Un proverbe dit cependant :

    « La mort de sa femme n’est pas une ruine mais la mort de sa vache en est une »

    J’ai mis en italique les métiers car leur nom était tout autre par le passé !
    Méchantes langues ou pas ; il faut bien l’avouer, la santé des bêtes a compté pour l’homme de tous temps… surtout lorsqu’assurances et autres indemnités, même partielles, étaient inconnues. Il a fallu des spécialistes dont le métier était de soigner les bêtes, et bien sûr parfois de les chastrer.

    Je mets ce jour sur mon site un 2e contrat d’apprentissage « d’affranchisseur, restorateur et grelleur », qui m’amène à faire le point sur ces études spécialisées. La durée est de 24 mois (en 1727 à Loiré) pour 30 mois (en 1746 à Louvaines). Si on veut bien admettre que la durée est fonction de la difficulté du métier à apprendre, c’est une durée qui atteste une certaine difficulté.
    Le prix diffère du précédent contrat, car manifestement il est négociable au cas par cas.
    Le détail des clauses particulières est toujours un plaisir à découvrir et comparer, c’est pourquoi je tente de récapituler ce que je sais de ces clauses (c’est en cours, mais vos relevés persos seront bienvenus).

    L’apprenti bien sûr n’a pas le droit de s’absenter sans autorisation. Ce contrat précise le cas de maladie : « et si la maladie continue plus de 8 jours, ledit Boulay se retirera où il avisera bon être, et l’excédant au delà dudit 8 jours, sera récompensé par ledit Boulay au delà desdites années ». En d’autres termes, passé 8 jours pour maladie, la femme de son maître le met dehors car elle ne fait pas hôpital. Voilà, c’est cruement dit, mais c’est ainsi ! En outre, non seulement il sera prié d’aller se faire soigner ailleurs, mais il devra payer l’absence.
    Bien entendu, il est aussi passible de la prison s’il n’effectue pas son contrat en entier : « et à tenir mesme par corps faute d’exécution de clauses et conditions cy-dessous ». Le terme « par corps » suffit à signifier qu’il répond de la saisie de son corps donc de la prison. La menace de saisie par corps est fréquente pour les contrats d’apprentissage long, c’est à dire 24 mois et plus.
    Une autre clause est prévue : « il obéira à ce que le maître luy commandera, et en ce que sera honneste et licite, sans pouvoir cependant luy faire bucher (pour bêcher) ni labourer la terre ». Il faut croire que certains maîtres se seraient permis d’utiliser l’apprentis pour lui faire cultiver leurs terres… et qu’il est sage de borner le maître lui-même. C’est une jolie clause n’est-ce-pas ? … que certains stagiaires actuels envieraient sans doute…
    Enfin, l’apprenti doit fournir à ses frais du matériel car « le maître fournira tout ce qui sera nécessaire pour sa dite profession à l’exception du baston, vice, et crochet ». Il est probable que vice soit vis, mais de toutes manières je ne connais pas l’usage de ces instruments, par ailleurs assez primitifs, sans doute pour maintenir l’animal ?
    L’apprenti est orphelin, puisqu’il a un curateur. C’est un point notable, qui conforte mon hypothèse que ces contrats d’apprentissage touchent surtout les orphelins de père et les cadets…

    Revenons au nom du métier lui-même. On voit que ces deux contrats d’apprentissage sont clairs sur le nom du métier de greleur affranchisseur et affranchisseur, restaurateur, greleur. Le greleur dans ce cas ne peut être assimilé au Grêleux : Campagnard qui se charge de nettoyer le grain. (Glossaire angevin, Ch. Ménière, Angers 1880). Définition reprise par d’autres dictionnaires. Il est utile de le rappeler car certains ont confondu parfois ces métiers, alors que ces contrats d’apprentissage confirment clairement le nom du métier. En effet, ces contrats d’apprentissage ne visent qu’un métier, portant plusieurs noms mis bout à bout afin de bien le décrire. C’est aussi la preuve que pour désigner les métiers des soignants les bêtes, il a existé beaucoup de vocabulaire.

    Restaurateur, ou restorateur comme on l’a orthographié à la Renaissance, est un terme parlant : « qui restaure, qui guérit », appliqué aux bêtes en l’occurence.

    Affranchisseur et châtreur sont équivalents, et les termes les plus anciennement nationaux, donnés par tous les grands dictionnaires, contrairement au hongreur, alors inconnu, mais qui sera utilisé plus tard pour dire la même chose.
    Affranchisseur 1. Celui qui affranchit. 2. Homme qui fait le métier de châtrer les animaux. (Émile Littré, Dictionnaire de la langue française 1872)
    Châtreur. s.m. Celui qui fait métier de châtrer des animaux. Châtreur de chiens. Couteau de châtreur. (Dictionnaire de L’Académie française, 4th Edition, 1762)

    Hongrer : Chastrer un cheval. Hongrer un cheval. ce cheval est trop vicieux, il le faut hongrer. (Dictionnaire de L’Académie française, 1st Edition, 1694). Hongreur n’existe pas dans les dictionnaires nationaux. Il est donné par le Dictionnaire du Monde Rural (Lachiver, 1997)

    Je trouve plus tard seulement le terme Vétérinaire : adj. des 2 genres. Il ne se dit qu’en parlant De la médecine des chevaux et des bestiaux. Médecine vétérinaire. Art vétérinaire. École vétérinaire. (Dictionnaire de L’Académie française, 5th Edition, 1798). Voulant comprendre quand on est passé de l’adjectif au substantif, j’ai sorti mon Dictionnaire Encyclopédique Quillet 1938, année de ma naissance, et constaté que le terme vétérinaire n’était alors qu’un adjectif. Ainsi j’ai vécu sans le savoir un grand tournant de l’histoire de ce métier, passé d’adjectif à substantif décrivant la profession.

    Bien sûr, tout ou partie de ce corps de métier d‘affranchisseur, restaurateur, assistait aux foires aux animaux, pour prodiguer des conseils sur l’état des bêtes. J’ignore si les marchands, que l’on appelait joliement marchand briffon dans le Maine, et faisaient commerce des bêtes, avait suivi une formation pour reconnaître le vrai prix de chaque bête, et ne pas faire le maquignon, marchand qui trompe un peu sur la qualité des bêtes.

    Mais, c’est aussi le travail du maréchal : Artisan qui ferre les chevaux, et qui les traite quand ils sont malades. On dit dans le même sens : maréchal ferrant, maréchal vétérinaire. (Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872). J’avoue que je n’ai pas encore compris comment se répartissaient les taches entre tous ces métiers.

    Bien sûr, ces ancêtres de nos vétérinaires, ont eu des variantes locales… et ce billet était typique de l’Anjou. En tous cas, j’habite une ville qui possède une école de vétérinaires, qui dispense la formation moderne de ce dont je viens de vous parler…

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    Rôles de taille, du sel, de l’ustencile, des soldats de milice, etc… sur mon site

    Au cours de mes recherches notariales, j’ai relevé un grand nombre de rôles d’impôts, fort variés, et fort anciens. J’avais dû mal mettre les liens sur mon billet d’hier car Elisabeth ne les a pas vus.
    Le but d’un billet est uniquement de mettre au courant des nouveautés sur mon site, et les liens que j’y mets vous permettent de revoir le sujet sur le site (enfin, je l’espère).
    Les liens apparaîssent en autre couleur, et s’ils ne fonctionnent pas merci de me signaler. Voici donc à nouveau les liens sur les impôts étudiés sur mon site :

  • Voir ma page sur les impôts, tels que je les ai découverts. Cette page n’est pas exhaustive bien sur, seulement le reflet de mes travaux personnels.
  • Voir ma page sur la taille.
  • Voir ma page sur le sel, car j’ai beaucoup sur cet impôt
  • Je vais tenter ce jour de récapituler tous ces nombreux rôles, qui sur mon site, à chaque paroisse ayant la chance d’être concernée.
    Je conçois qu’il vous faut un vision de mon site plus claire, mais je gis totalement KO pour cause de grève des taxis ayant bloqué le plus long périf de France (48 km), puis nuit également mouvementée faute des mêmes, pour départ aéroport d’une soeur Nordiste (se suis Sudiste du périf) à 4 h et tout le périf a me tapper par brouillard nocturne, y compris le pont de Cheviré. En ais usé toute mon énergie, et un réservoir entier de ma Clio… Mes idées seront plus claires dans 24 h.
    A demain. Autrefois les charettes n’avaient que des chemins plein de boue et d’ornières, mais je ne suis pas certaine parfois que je vis une période de progrès…

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    Rôle de l’impôt de l’ustencile en 1692 à Montreuil-sur-Maine (49) pour le logement des gens de guerre

    Les actes notariés nous livrent parfois des rôles d’impôt, puisque le notaire était le plus souvent le greffier préposé à la rédaction du rôle, et je suppose qu’il contribuait non seulement à écrire le rôle, mais aussi à peaufiner les calculs savants de conversion en livres, sols et deniers, pas tellement commodes à utiliser pour tout un chacun, surtout pour nous, habitués au système métrique.
    Montreuil-sur-Maine, proche du Lion-d’Angers, au Nord d’Angers, est située sur une très jolie rivière, touristique, autrefois transit fluvial permanent. J’avais déjà fait pour cette commune (paroisse d’antant) un rôle du sel.

    L’impôt de l’ustencile est l’impôt perçu pour le logement des militaires. Il est perçu par paroisse, pour les paroisses qui n’hébergent pas physiquement de militaires, mais doivent contribuer à l’effort national.
    Les montants sont très diversifiés, et surtout exprimés souvent jusqu’au denier. Afin de pouvoir établir une comparaison, il a fallu convertir chaque montant en deniers sur la base 1 livre = 20 sols, 1 sou = 12 deniers.
    Lors de cette conversion, il est apparu que les montants étaient en fait exprimés d’abord en deniers par les collecteurs répartiteurs, puis convertis par le notaire greffier, Bodere, en livre, sol, denier. En fait le notaire, alias greffier du rôle, est là est là pour assister les collecteurs, auxquels on ne demande pas de savoir tout lire, écrire, mais seulement un peu compter, et surtout bien connaître les paroissiens, et avoir assez d’ascendant sur eux pour faire d’abord la répartition, puis aller physiquement prélever chez eux la somme due. C’est ainsi qu’on trouve des collecteurs qui ne savent pas écrire.

    Le rôle comporte 164 items, sans doute proche du nombre de feux.

  • Le montant varie de 8 580 à 18 deniers, pour une moyenne de 1 157,7 deniers, soit 4,82 livres (exprimé en système métrique). C’est donc un impôt élevé, qui est du même ordre que la taille annuelle. Heureusement que cet impôt n’était pas annuel, car il représente bien un effort important des populations.
  • L’écart-type, reflet de la dispersion, est élevé : 1 869,8 deniers, soit 7,8 livres. C’est donc bien une dispersion très importante.
  • Le métier ne figure pas toujours, mais plus de la moitié d’entre eux. On ne peut donc établir de conclusions certaines.
  • Les métayers sont les plus imposés, suivis de meuniers et closiers, encore que ceux-ci soient en ordre dispersés.
  • Un tailleur d’habits et un couturier, 6 poupeliers, 4 filassiers, 6 tissiers, 3 lainiers.
  • Un hôte, un foulon, un forgeur, un cordonnier, un charon
  • 2 tourneurs de bois, payant peu. 4 charpentiers, aussi payant peu.
  • Les métiers de l’eau : un voiturier, un pontonnier, aucun pêcheur. J’ai remarqué que les paroisses en bordure de Loire ont le métier de pêcheur, et je ne le trouve pas sur la Maine, sans doute est-ce parce que la pêche n’y était pas un métier à temps plein. Le pontonnier quant à lui est l’homme de péage de la rivière, qui perçoit le droit de pontonage. Autrefois on circulait plus de marchandises sur eau que sur terre, normal donc que le bon vieux péage s’y retrouve… disons plutôt que le péage actuel ressemble fort à l’un de ces bons vieux droits bien féodaux…
  • C’est émouvant de pouvoir chiffrer ses ancêtres. Mais attention, il existe des homonymes, peu semblables dans l’impôt, ainsi René Bouvet, etc…
    Souvent ces rôles donnent des métiers qui ne figurent pas dans nos bons vieux registres paroissiaux, telle est du moins mon expérience, alors, ils sont non seulement un témoin d’histoire sociale locale, mais aussi des éléments individuels indispensables. J’ai beaucoup d’ancêtres à Montreuil-sur-Maine et c’est toujours un plaisir que de les revoir ainsi…

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