La montre serait en voie de disparition !

Une enquête récente constate que la majorité des jeunes regardent désormais l’heure sur leur téléphone et n’ont plus de montre.

Et les journalistes d’enchaîner :

« A quoi reconnaît-on un vieux d’un jeune ? », le premier regarde l’heure à sa montre, le second à son téléphone.

Comme je suis vieille, donc ringarde (cf ci-dessus), j’ai investi à Noël dans une montre. Et pour faire encore plus ringard, dans une montre squelette automatique, c’est-à-dire une montre sans pile, où on peut passer son temps à regarder le mouvement, histoire de se souvenir que le temps s’écoulait autrefois écologiquement, sans pile.

Ainsi les montres à quartz sont en train de devenir des bijoux fantaisies en voie de disparition, et n’auront vécu que l’espace d’une génération, alors que les bonnes vieilles montres mécaniques résistent au temps…. et refont parler d’elles. Qui l’eut cru il y a 20 ans !
L’heure ne fut pas toujours précise. Les habitués des registres paroissiaux ont l’habitude de lire « vers les 9 h du soir », etc… puis au 19e siècle, peu à peu, la précision s’est installée.
Le prêtre dont je vous parlais hier avait une montre en 1740 à Laval. Il est normal que les prêtres aient été parmi les premiers équipés pour faire sonner les cloches et la messe à l’heure plus précise.
Je trouve l’heure précise à Gené le 30 octobre 1612,

« est décédé noble homme Jean Baptiste d’Andigné escuier sieur des Tousches, de Riboul, de la Blanchaie en Ste Jamme, à neuf heures et un quart du matin en sadite maison de la Blanchaye et fut ensepulturé le soir dudit jour en l’église de la paroisse de Saincte Jamme près le grand autel ».

Horloge ou montre à la Blanchaie ? en tout cas sépulture rarissime par sa précision à cette date. Les autres actes sont imprécis sur l’heure, donc, puisque le prêtre était généralement appelé près du mourant, l’heure précise était bien à la Blanchaie et non sur le prêtre qui aurait sinon noté tous les actes avec cette même précision.
La montre est

« une très-petite horloge, construite de façon qu’on la puisse porter dans le gousset, sans que sa justesse en soit sensiblement altérée… L’origine de ce nom vient de ce qu’autrefois on appelloit le cadran d’un horloge, la montre de l’horloge ; de maniere que dans les premieres horloges ou montres de poche, toute la machine étant cachée par la boîte, on leur donna vraisemblablement le nom de ce qui seul indiquait l’heure, qui étoit la montre. On ne sait pas précisement dans quel temps on a commencé à en faire ; ce qu’il y a de vraisemblable c’est que ce fut approchant du temps de Charles-Quint, puisqu’on trouve dans son histoire qu’on lui présenta un horloge de cette espece comme quelque chose de fort curieux » (Diderot, Encyclopédie).

Nos ancêtres ont vécu dans l’à peu près durant des millénaires, se contentant du cadran solaire, voire de rien du tout : regarder tout bonnement où en était le soleil, sans cadran solaire pas donné à tous. Comment arrivaient-ils à l’heure à la messe, lorsqu’ils demeuraient trop loin des cloches, ou que la distance était trop importante pour courrir ensuite à la messe, même si on avait entendu les cloches… Mystère incompréhensible pour moi ! En fait, ils devaient arriver bien avant, en ordre dispersé, et en profiter pour causer longuement … Cela me fait penser qu’il faudrait que je dresse un tableau de ceux qui possédaient une horloge ou montre dans les inventaires que j’ai relevés.
Je demeure à 300 m du Lycée Professionnel Les Savarières à Saint-Sébastien-sur-Loire, rare établissement à proposer une formation aux métiers de l’horlogerie, car 150 emplois d’horlogers se dégagent chaque année ! Gardons les montres mécaniques…

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Ouf ! l’herbe à Nicot n’est plus au restaurant ! C’est un grand jour dans ma vie !

Mon dernier avatar date de l’automne dernier à Angers près de la gare, sous une pluie légère.

Après 7 portes entr’ouvertes et réponses incongrues du genre un petit coin au fond de la salle, suivies vous vous en doutez d’une fuite immédiate, j’avais été contrainte de me rabattre sur un sandwich et un banc ! Je vais enfin pouvoir déjeuner dans mes déplacements !
Enfin, comme tant d’autes, je vais pouvoir franchir la porte
Je remercie le ciel d’avoir connu ce jour tant la fumée et moi c’est une longue et pénible histoire.
La fumée d’une collègue a été mon lot tout au long des 25 dernières années de mon travail. Une galère qui est désormais épargnée aux générations actuelles et je m’en réjouis ! Même le jour de l’entretien annuel d’appréciation, j’avais droit à la clope qui s’allumait en guise de salutations d’ouverture. Mes yeux, qui ont génétiquement toujours refusé de produire des larmes, paraît-il lubrifiantes chez les autres, devaient supporter ce cauchemar !

Mais au fait, combien de fois ai-je rencontré le tabac dans les nombreux inventaires après décès que j’ai mis dépouillés avant la Révolution ?
Passé d’Amérique latine en Espagne et au Portugal, il arrive en France en 1560 avec Jean Nicot, ambassadeur de François II en Portugal, qui en offre à Catherine de Médicis.

Je rencontre peu l’herbe à Nicot dans les inventaires. Bien entendu elle arrive d’abord chez des gens aisés, mais pas tous.
La voici en 1740 à Laval dans le Maine, chez un prêtre Yves Moride. Il n’a pas encore de tabatière, mais une boîte en fer blanc pour mettre tabac.
Je la rencontre aussi en Anjou chez un médecin, aussi mieux vaut ne pas en parler.

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2008 : Les personnes âgées ne sont plus toutes pauvres !

Monsieur le Maire, pourquoi m’envoyez vous chaque année un bon de charité pour les fêtes ?

Les Nations Unies ont proclamé 2008 année internationale de la pomme de terre C’est avec ce joli symbole de la victoire contre la famine autrefois en France que je m’adresse à vous Monsieur le Maire.

Les temps changent, voici un bref historique de la vieillesse, car depuis le temps que je suis tombée dans les actes anciens, et même très anciens, je connais les durées de vie du passé et le sort réservé autrefois aux anciens !
Jusqu’en 1880, beaucoup de jeunes arrivent au mariage ayant perdu leurs parents. Quand ils vivent encore, ils sont presque toujours parain et maraine du premier enfant, un de chacun des deux côtés.
La vie est courte, mais il y a des exceptions. Dans le petit coin de Normandie de La Sauvagère, on vit plus vieux qu’ailleurs, alors on émigre par manque de terre pour tous… Et puis il y avait carrément des records : ainsi, Roberde Bonvoisin, mariée en 1548 à François Lefevbre : non contente d’avoir mis au monde 17 enfants, elle vévut assez longtemps pour voir 225 enfants, petits enfants et arrière-petits-enfants, dont 144 assisteront à sa sépulture.
Il faudra attendre 1880 pour que cela change.
En 1880, l’’espérance de vie à la naissance, autrement dit l’âge moyen au décès, était de 40,8 ans pour les hommes, 46,4 pour les femmes.
Arrivent alors les progès de l’hygiène et de la médecine, et en 1914 ces chiffres sont respectivement de 48,5 pour les hommes et 52,4 pour les femmes, pour atteindre 63,4 et 69,5 en 1950, puis 77,2 et 84,1 en 2006. Et hier à la télé on annonce qu’une petite fille sur deux née en 2008 vivra centenaire.
Au milieu du 20e siècle, le nombre des personnes âgées avait donc explosé, alors même que les modes de vie en famille avaient encore plus explosé, et que rien ne permettait d’assurer un revenu à ceux qui ne pouvaient plus travailler.
Après la seconde guerre mondiale, la pauvreté de bon nombre d’entre eux fut grande, et c’est sans doute alors qu’un maire décida de leur offrir un geste de charité pour Noël.
Mais aujourd’hui, Monsieur le Maire, les temps ont changé. Quand certains n’ont pas assez pour assurer leur dignité, il en est qui ont assez pour vivre, et qui trouvent indigne de figurer dans une liste d’assistés anachroniques, alors que cet argent serait bien plus utile à ceux qui en ont besoin.
Ne pourriez vous revenir sur cette mesure anachronique, dont je me sens totalement indigne, car je ne suis pas dans le besoin, d’autres aussi sans doute.
Enfin, comment votre journal peut-il écrire que tous ceux qui n’ont pas assisté au repas viennent retirer leur colis. Ceci n’est pas possible car je n’ai jamais assisté au repas et jamais retiré de colis, alors où passent les colis ?
Je ne vous ai jamais demandé de figurer dans cette liste, et je me demande comment j’y figure, aussi par la présente, je vous demande de me rayer de cette liste.
Bon courage Monsieur le Maire, car je comprends que remettre en cause un avantage est délicat pour un élu, mais je pense que vous en sortirez grandi ! Veuillez croire, Monsieur le Maire, à mes salutations respectueuses. Odile Halbert

PS : à la suite de cette lettre, la mairie de Saint-Sébastien m’a répondu que ce repas était justifié, mais qu’elle acceptait de me retirer de la liste des assistés du nouvel an. Dommage qu’un maire ne soit pas assez courageux pour comprendre que toutes les personnes âgées ne sont pas pauvres et qu’un certain nombre d’entre eux n’ont pas à déjeuner aux frais de la collectivité pour le nouvel an, mais pourraient déjeuner en payant leur repas.

    QUE LE REPAS EXISTE : OUI
    QU’IL SOIT GRATUIT POUR TOUS : NON, telle restera ma devise

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Le rôle de taille de Faye d’Anjou en 1635

vignerons des côteaux du Layon

Le rôle de taille de 1635 de la paroisse de Faye sous Thouarcé est d’autant plus précieux que les registres paroissiaux ne commencent qu’en 1668 !

Il y a une semaine nous fêtions l’arrivée de la confiserie, douceur pour Noël. Aujourd’hui je vous propose la douceur des vins d’Anjou pour le réveillon, douceur historiquement tellement ancienne !
Je mets ce jour en ligne le dépouillement du rôle de taille de Faye sous Thouarcé en 1635.
Le métier est très souvent donné. Voici en ordre alphabétique :

    Charbonnier (1), charpentier (5), closier (3), cordonnier (1), fagottier (3), faulconnier (1), fermier (2), filassier (4), forestier (1), laboureur (11) maçon (1), marchand (4), maréchal (3), mercier (1), métayer (10), meunier (10), noble (5), notaire (2), pauvre (10), prêtre (4), sabotier (4), sergent royal (2), serger (5), tailleur d’habits (5), tissier (8), tonnelier (7), veuve (56), vigneron (142), indéterminé (35).

Au passage, soulignons un métier peu fréquent, le faulconnier. Les faucons étaient-ils utilisés pour la chasse dans les vignes ? je vous pose la question, d’autant qu’il y a 5 familles nobles ayant droit de chasse.
Les métiers de la vigne dominent avec 142 vignerons et 7 tonneliers. Le taux d’imposition des vignerons atteste une grande disparité des revenus : ils paient en moyenne 7,6 livre avec un écart-type de 5,5 ; 9 d’entre eux sont dans la misère avec moins d’une livre. Cependant ces chiffres ne donnent pas les vignerons plus aisés que la moyenne de la paroisse, en effet, dans ce calcul ne sont inclus que les vignerons actifs, alors que de nombreuses veuves et pauvres sont manifestement des mères de vignerons.

Ce rôle atteste deux phénomènes démographiques importants :
Le premier point important concerne le nombre de feux, c’est à dire de contribuables. En 1635, la paroisse de Faye compte 346 feux. Sachant qu’on compte habituellement 5 personnes par feu, il y aurait 1 730 habitants. Ce chiffre paraît élevé, comparé aux chiffres connus par ailleurs « 260 feux en 1720. — 1 174 hab. en 1790. — 1 297 hab. en 1831. — 1 229 h. en 1841. — 1 275 hab. en 1851. — 1 220 hab. en 1861. » (C. Port, Dict Maine et Loire, 1876) Il semble que le nombre de contribuables, normalement égal au nombre de feux, doit être revu à la baisse. En effet, il y a un nombre élevé de personnes seules en particulier de veuves. Lorsque j’ai retranscris le document original, j’avais le sentiment parfois que des personnes seules habitaient manifestement le même toit, car il est impossible d’avoir eu tant de personnes seules et tant de toits. J’ai même pensé à un hospice pour personnes démunies ou autres… Mais je n’ai en fait aucune explication…
Le second point important, voire même surprenant, est la diversité des noms de famille. Généralement, à cette date de 1635, les noms de famille dans une paroisse attestent l’enracinement local de certains patronymes. Or, le rôle de Faye en 1635 donne 205 noms (pour 346 feux) différents sans compter les orthographes variables d’un même nom, que j’ai bien sûr éliminées. Il s’agit donc d’une population plus brassée que dans les paroisses agricoles du nord de l’Anjou. La vigne devait donc attirer, bien que les revenus ne soient pas supérieurs à ceux des cultivateurs du nord de l’Anjou, malgré la qualité du vin de Faye.
Partant, ce rôle ne sera d’aucune utilité aux généalogistes, compte tenu du fossé entre 1635, date du rôle, et 1668, date du premier registre paroissial, soir plus d’une génération ! Mais surtout, le brassage de population y est tel qu’il n’est pas possible de prédire la stabilité des familles !
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Voir le rôle de taille de Faye-d’Anjou

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marchand ciergier ferronnier, Angers, 1653, inventaire

A Angers, les fabricants vendeurs de chandelles, appellés ciergiers, avaient diversifié leurs ventes par le métal.

Nous avons vu la dernière fois la naissance du commerce de détail du verre et de la confiserie, en 1653. A cette date, on trouvait depuis longtemps du métal dans la boutique du marchand ciergier ferronnier.
Comme son nom l’indique, le ferronnier vendait d’abord le fer : fer plat, essieux, cercles pour tonneaux, et même tout ce qu’il fallait pour souder. Il ne fait pas les instruments ménagers encore vendus par les quincaillers colporteurs.
Mais certaines nouveautés étant apparues, il s’était encore diversifié.
Il vend des carreaux (ancêtres des vitres), mais aussi le plomb alors indispensable pour monter ces carreaux dans les fenêtres (quand elles avaient des vitres, souvenez vous de l’histoire des vitres).
Une autre nouveauté (qui va valoir à ce billet les honneurs des moteurs mouchards d’internautes dangereux) est apparue : l’arme à feu. Il vend donc du plomb pour faire les munitions. Et puis, dans la même gamme de produits, il vend carrément la poudre à canon. Son magasin était donc assez dangereux en lui-même par son stock !
D’ailleurs il vend également des produits pour artificiers !
L’inventaire de sa boutique en 1653 permet de reconstituer ce qui précède.
Il achète directement au fabricant. Nous verrons dans un prochain billet, que comme pour le verre, le fabricant vient à Angers proposer et vendre sa marchandise directement à ces marchands.
Certains marchands ciergiers ferronniers s’enrichissent assez pour acquérir des terres, ainsi les Mauvif de Montergon à Brain-sur-Longuenée. Plus généralement, ils ont issus de milieux notables.
Tout ceci, comme mes autres billets, relève de mes travaux aux archives, et relève de la propriété intellectuelle. Merci aux pilleurs de cesser de copier mes travaux sur les autres sites et blogs.
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Confiseries de Noël en emballage de verre, fabriqué par Louis de Mesenge

En 1633, Louis de Mésenge, natif de la Ferrière-aux-Étangs, gentihomme verrier à la Plesse à Précigné (Sarthe, à 50 km N.N.E. d’Angers) livre pour Noël des boîtes à confiture.

Dans les innombrables actes notariés que j’ai dépouillés, j’ai eu une faiblesse pour les inventaires après décès, pour l’immense témoignage qu’ils livrent sur les intérieurs et les modes de vie du passé.
Alliant ma passion pour le verre et les verriers, à celle des inventaires, j’ai constaté, parfois avec quelque étonnement, la très faible pénétration des objets usuels en verre au 17e siècle en Anjou. Ils étaient un objet de luxe, réservés à une élite, car en fait, point d’usine, mais uniquement quelques ateliers de verriers fort rares et éloignés. Voir mon billet « ouvrons les fenêtres »
Aussi, la découverte d’une vente de tels objets rares, parmi les actes notariés, fut pour moi un joie sans pareil !

Voici l’acte :« Le 8 novembre 1633, Dvt Claude Garnier Nre Angers, Louys de Mezange, écuyer, Sr du Pont Dt en la paroisse de Présigné au lieu seigneurie de la Plesse, vend à Françoise Tribouillard marchande de verrerie, veuve de Mathurin Lapert Dt à Angers la Trinité, le nombre de quatre cents fais de verre bons et marchands assortis partie de verre à boire, de mascaron, verre commun, boîtes à confitures et verres de deux cents bouteilles d’un quart qui auront le col court et grande embouchure, le tout provenant de la verrerie dudit lieu de la Plesse, que ledit Sr du Pont promet livrer en cette ville d’Angers à la boutique de ladite Tribouillard chacune charge assortie tous les 15 jours, jusqu’à la parfaite livraison pour le prix de 200 L qu’elle promet payer en l’acquit dudit vendeur à h. h. René Guyet Sr de Fromentière marchand à Angers à Noël Prochain. »

Françoise Tribouillard, dont le nom vient du verbe tribouler : troubler, agiter, est effectivement une grande agitatrice, et pour tout dire, une révolutionnaire. A mon avis, elle vient de lancer la trêve des confiseurs, et, à ce titre, elle mérite une place dans l’Histoire avec un H.
En effet, l’acte stipule que la marchandise doit être livrée avant Noël, donc il s’agit pour cette commerçante hors norme, de vendre pour Noël !
En 1633, le sucre lui-même est une nouveauté, et tout fruit avec du sucre est appelé « confiture », alors que nous distinguons aujourd’hui confiserie, fruit confit, confiture.
Noël 1633 est une date dans l’histoire du sucre. En effet, c’est le 27 novembre 1632 qu’un arrêt de la Cour accorde aux épiciers le privilège de la vente exclusive du sucre, confiture, sirops, dragées…
Auparavant, le sucre était le privilège exclusif des apothicaires. Il fut d’abord paré de vertus médicamenteuses, mais d’aucun avait remarqué son petit côté gourmand ! Le monopole de la vente du sucre, fort lucratif, fut alors à l’origine d’une longue querelle entre apothicaires et épiciers, chacun voulant le monopole pour sa chapelle.
Ainsi, c’est dans ce joli quartier de la Trinité à Angers, qu’on nomme aujourd’hui la Doutre, où tant de maisons à pans de bois arborent avec fierté leurs 4 siècles, voire plus, que ce fit en ce Noël 1633 une immense révolution des modes de vie à Noël.
Mais, cette révolution ne fut pas la seule. Françoise Tribouillard lance aussi l’emballage : le récipient en verre pour confiture ! Vraiement, cette Françoise Tribouillard était une visionnaire : deux innovations en 1633, la confiserie à Noël et l’emballage en verre !
PS : Merci à Monsieur le maire de Précigné, et à tout autre lecteur de ce billet, de ne pas l’imprimer ou le rééditer, mais de signaler seulement son existence à ses administrés, en leur conseillant la visite de ce blog. Car, bien trop de maires du Haut-Anjou, ont abondament imprimé et diffusé, tuant mon site, or, ce site doit vivre, et pour vivre il doit tourner dans la guerre des clics qu’est Internet. Merci de le comprendre.

Joyeux Noël, Merry Christmas, Frohe Weihnachten !

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