Journée de la femme

et je n’ai rien préparé.
Pourtant, il me semble que sur ce blog, elle est souvent à l’honneur. A vous d’en juger.
Une fois n’est pas coutume, voici quelques souvenirs.

Née avant guerre (telle est l’expression utilisée dans les années 50 et 60 pour distinguer ceux qui avaient connu la guerre de ceux qui ne l’avaient par connue), je me souviens d’une profession féminine à l’époque hyper répandue, et totalement déconsidérée socialement : mère au foyer, qui était alors le statut de toutes les épouses d’artisans, agriculteurs etc… bossant avec leur époux, autant qu’au foyer. Naturellement, ce statut n’ouvrait droit à aucun des droits sociaux, tels que la retraite, etc… puisqu’elle était tout sauf salariée de l’affaire du mari…

Puis, les temps ont évolué sur ce plan, et c’est bien.
On a même découvert les pères au foyer !

Pour ma part, salariée toute ma carrière, j’ai connu la différence de salaire abyssale, différence que je subis encore, puisque la retraite, c’est bien connu, est fonction des revenus. C’est d’ailleurs le point qui m’a le plus choquée lorsque j’ai eu ma retraite : j’ai réalisé que je subirai encore, toute ma vie, la différence.
Alors, après tant d’années, je suis toujours toute ouïe lorsque j’entends parler des inégalités homme femme sur ce plan, et croyez-moi, si le sujet est légérement moins criant que ce que j’ai connu, et connais encore, il paraît que l’égalité n’est pas encore un fait.

Et il paraît même, malgré toutes les déclarations politiques des uns et des autres, que l’égalité n’est pas pour demain !

Heureux enfants d’hier, qui ne connaissaient pas l’insécurité !

Noël, heureux enfants !
mais au fait, lesquels ? ceux d’aujourd’hui ? ou ceux d’hier ?

J’ai eu une enfance heureuse, du temps où la voiture n’avait pas envahi les rues. Aînée de 6, j’avais pour mission le samedi après midi, âgée de 12 ans, à mon retour du lycée, d’aller promener tout le monde, dont un landeau à l’ancienne, sur grandes roues.
Pas question de trottoirs, ni de voitures, mais hélas pour moi, la rue était légèrement en pente, et rien de plus amusant pour les autres que de pousser le landeau, histoire de voir comment notre petite soeur roulait toute seule ! Et moi, bien entendu de courir rattraper la jeune soeur qui dévalait !

Qui pourrait imaginer de nos jours une telle scène dans Nantes, car vous avez bien compris, il n’était pas question de trottoirs mais de la rue de mon temps ! Et le seul risque était de passer par dessus le landeau dans la pente ! Nulle voiture et ce, dans Nantes !

L’un de mes beaufs, questionné, m’assure avoir lui-même fait du patin à roulettes sur la rue à Monselet ! C’est dire qu’autrefois nous autres enfants étions libres de mouvements et insouciants de sécurité, l’insécurité ayant été inventée par l’invasion de l’automobile !
Et c’était bon l’insouciance.
Je l’ai redécouvert à travers l’ouvrage : Manifeste pour une enfance heureuse, de Carl Honoré, aux Editions Marabout
A lire absoluement ! à offrir a tous les jeunes parents débutants ! Cet ouvrage stupéfiant dresse le bilan de tout ce qui a changé, et de toutes les méthodes, et ma conclusion est certaine, nos enfants sont-ils plus heureux que ceux d’antan ?

Le bilan que dresse Carl Honoré sur ce que nous a apporté la voiture avec son lot d’insécurité est saisissant :

Beaucoup d’enfants sont maintenus à l’intérieur des maisons comme des poules de batterie. Ils n’ont aucune liberté parce que notre société est obsédée par la sécurité.

Chailland, Mayenne, enfants jouant sur la rue
Chailland, Mayenne, enfants jouant sur la rue
La Haye-Fouassière, Loire-Atlantique, enfants sur la rue
La Haye-Fouassière, Loire-Atlantique, enfants sur la rue

Après les jeux de la rue, les jeux tout court !

Il y a environ 30 ans, voyant un de mes jeunes nièces ronchonner devant la somme délirante de poupées à ranger chaque soir, et il faut dire que c’était du boulot ! j’avais alors exprimé mon bonheur de n’avoir eu qu’une poupée à ranger ! et à aimer !
Et je n’en démords pas, j’ai eu cette chance !
Enfin, je ne l’ai pas eue tout de suite, car il avait fallu faire ceinture pendant la guerre ! Mais elle arriva après la guerre, et son nom fut tout un programme pour une foule de petites françaises comme moi. Elle avait un nom, bien plus joli qu’une certaine B…, car elle portait le nom de Bleuette.

En vous écrivant ce billet, j’ai voulu voir Bleuette sur Internet. Miracle, une foule de Bleuettes, toutes de ma génération. Allez voir celle-ci, j’y retrouve exactement les mains articulées qu’elle avait, je les reconnais…

Joyeux Noël à tous !

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Vitesse du courrier postal autrefois

L’autre jour, vous aviez le retour de pélerinage de Compostelle à travers les cartes postales de ma grand’mère.
Ses amies de pension échangent avec elle des séries de cartes postales, qu’elles collectionnent en vraies collectionneuses.

Je tappe toutes les cartes. Chacune est mise recto et verso sur un fichier Word, dans lequel je retranscris tout, y compris le cachet de la poste.
C’est un énorme travail, loin d’être terminé.
Les jeunes filles ne racontent pas grand chose, mise à part la collection des cartes, car leur vie est monotone, faite de visites, leçons de mandoline, leçons de dessin etc…
Le rythme d’envoi des cartes postales est soutenu, quotidien, voire plus.

La 5e carte postale du retour de pélerinage de Compostelle comportait une de ces jolies petites perles que j’aime à glaner.

Retour de pélerinage
Retour de pélerinage
    J’avais envoyé ma dernière lettre mercredi au train de 1 h ½ et est-elle parvenue le soir ?

Le cachet de la poste indique La Possonnière, située sur les bords de la Loire, rive nord, non loin de Béhuard, à 57 km de Nantes, destination de la carte postale.

Cela n’est pas la première fois, tout au long de ma lecture et frappe de toutes ces cartes que je découvre que ma grand’mère avait 2 distributions de courrier par jour à Nantes au début du 20e siècle.

Cela me rappelle ma jeunesse. Lorsque j’écrivais à Hildegard, à Cologne, je postais en banlieue de Nantes avant 17 h elle l’avait le lendemain matin. Ceci était dans les années 50.
Dans les années 80, toujours posté avant 17 h, elle n’avait plus le courrier que 3 jours plus tard, rarement 2.

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Impossible de trouver un téléphone mobile uniquement pour appeler au secours

Appel au secours aux pouvoirs publics

    La seule fonction utile d’un téléphone mobile, pour la majorité des personnes âgées, serait d’appeler au secours et en ce cas les pompiers ou quelques proches préenregistrés.

La complexité des téléphones mobiles actuels, même bas de gamme, est scandaleuse, car elle laisse sur la route un grand nombre d’utilisateurs, et je ne suis pas certaine que seules les personnes âgées soient laissé en route… et ceci est vrai aussi pour des tas d’appareils électroménagers actuels.
Je viens de rédiger un manuel à l’usage des gros nuls en téléphone mobile.

Cette complexité est dangereuse pour un appareil réservé au seul appel au secours (c’est mon cas).

Je lance ce jour un appel solennel aux pouvoirs publics, pour demander leur assistance devant la complexité et l’inutilité des objets de la vie courante, laissant sur le chemin tant de personnes. Il est du rôle des pouvoirs publics de faciliter l’accès aux appels au secours de la majorité des concitoyens.

Ceci est devenu impossible car un téléphone mobile actuel fait tout sauf simple. Et à moins de s’entraîner tous les jours comme le font les jeunes, impossible de trouver le moment venu la bonne fonction.

Je comprends maintenant pourquoi les jeunes sont toujours suspendus à leur mobile, cela doit être pour s’entraîner pour le jour où il faudra crier au secours… et savoir le faire rapidement. Parce que sinon, que ce soit dans le train, le bus ou dans les grandes surfaces, je n’ai pas encore remarqué à quoi cela leur servait…, pourtant nombreux sont ceux qui nous font profiter de leurs inutilités… probablement pour nous prouver qu’ils existent…

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La montre serait en voie de disparition !

Une enquête récente constate que la majorité des jeunes regardent désormais l’heure sur leur téléphone et n’ont plus de montre.

Et les journalistes d’enchaîner :

« A quoi reconnaît-on un vieux d’un jeune ? », le premier regarde l’heure à sa montre, le second à son téléphone.

Comme je suis vieille, donc ringarde (cf ci-dessus), j’ai investi à Noël dans une montre. Et pour faire encore plus ringard, dans une montre squelette automatique, c’est-à-dire une montre sans pile, où on peut passer son temps à regarder le mouvement, histoire de se souvenir que le temps s’écoulait autrefois écologiquement, sans pile.

Ainsi les montres à quartz sont en train de devenir des bijoux fantaisies en voie de disparition, et n’auront vécu que l’espace d’une génération, alors que les bonnes vieilles montres mécaniques résistent au temps…. et refont parler d’elles. Qui l’eut cru il y a 20 ans !
L’heure ne fut pas toujours précise. Les habitués des registres paroissiaux ont l’habitude de lire « vers les 9 h du soir », etc… puis au 19e siècle, peu à peu, la précision s’est installée.
Le prêtre dont je vous parlais hier avait une montre en 1740 à Laval. Il est normal que les prêtres aient été parmi les premiers équipés pour faire sonner les cloches et la messe à l’heure plus précise.
Je trouve l’heure précise à Gené le 30 octobre 1612,

« est décédé noble homme Jean Baptiste d’Andigné escuier sieur des Tousches, de Riboul, de la Blanchaie en Ste Jamme, à neuf heures et un quart du matin en sadite maison de la Blanchaye et fut ensepulturé le soir dudit jour en l’église de la paroisse de Saincte Jamme près le grand autel ».

Horloge ou montre à la Blanchaie ? en tout cas sépulture rarissime par sa précision à cette date. Les autres actes sont imprécis sur l’heure, donc, puisque le prêtre était généralement appelé près du mourant, l’heure précise était bien à la Blanchaie et non sur le prêtre qui aurait sinon noté tous les actes avec cette même précision.
La montre est

« une très-petite horloge, construite de façon qu’on la puisse porter dans le gousset, sans que sa justesse en soit sensiblement altérée… L’origine de ce nom vient de ce qu’autrefois on appelloit le cadran d’un horloge, la montre de l’horloge ; de maniere que dans les premieres horloges ou montres de poche, toute la machine étant cachée par la boîte, on leur donna vraisemblablement le nom de ce qui seul indiquait l’heure, qui étoit la montre. On ne sait pas précisement dans quel temps on a commencé à en faire ; ce qu’il y a de vraisemblable c’est que ce fut approchant du temps de Charles-Quint, puisqu’on trouve dans son histoire qu’on lui présenta un horloge de cette espece comme quelque chose de fort curieux » (Diderot, Encyclopédie).

Nos ancêtres ont vécu dans l’à peu près durant des millénaires, se contentant du cadran solaire, voire de rien du tout : regarder tout bonnement où en était le soleil, sans cadran solaire pas donné à tous. Comment arrivaient-ils à l’heure à la messe, lorsqu’ils demeuraient trop loin des cloches, ou que la distance était trop importante pour courrir ensuite à la messe, même si on avait entendu les cloches… Mystère incompréhensible pour moi ! En fait, ils devaient arriver bien avant, en ordre dispersé, et en profiter pour causer longuement … Cela me fait penser qu’il faudrait que je dresse un tableau de ceux qui possédaient une horloge ou montre dans les inventaires que j’ai relevés.
Je demeure à 300 m du Lycée Professionnel Les Savarières à Saint-Sébastien-sur-Loire, rare établissement à proposer une formation aux métiers de l’horlogerie, car 150 emplois d’horlogers se dégagent chaque année ! Gardons les montres mécaniques…

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Ouf ! l’herbe à Nicot n’est plus au restaurant ! C’est un grand jour dans ma vie !

Mon dernier avatar date de l’automne dernier à Angers près de la gare, sous une pluie légère.

Après 7 portes entr’ouvertes et réponses incongrues du genre un petit coin au fond de la salle, suivies vous vous en doutez d’une fuite immédiate, j’avais été contrainte de me rabattre sur un sandwich et un banc ! Je vais enfin pouvoir déjeuner dans mes déplacements !
Enfin, comme tant d’autes, je vais pouvoir franchir la porte
Je remercie le ciel d’avoir connu ce jour tant la fumée et moi c’est une longue et pénible histoire.
La fumée d’une collègue a été mon lot tout au long des 25 dernières années de mon travail. Une galère qui est désormais épargnée aux générations actuelles et je m’en réjouis ! Même le jour de l’entretien annuel d’appréciation, j’avais droit à la clope qui s’allumait en guise de salutations d’ouverture. Mes yeux, qui ont génétiquement toujours refusé de produire des larmes, paraît-il lubrifiantes chez les autres, devaient supporter ce cauchemar !

Mais au fait, combien de fois ai-je rencontré le tabac dans les nombreux inventaires après décès que j’ai mis dépouillés avant la Révolution ?
Passé d’Amérique latine en Espagne et au Portugal, il arrive en France en 1560 avec Jean Nicot, ambassadeur de François II en Portugal, qui en offre à Catherine de Médicis.

Je rencontre peu l’herbe à Nicot dans les inventaires. Bien entendu elle arrive d’abord chez des gens aisés, mais pas tous.
La voici en 1740 à Laval dans le Maine, chez un prêtre Yves Moride. Il n’a pas encore de tabatière, mais une boîte en fer blanc pour mettre tabac.
Je la rencontre aussi en Anjou chez un médecin, aussi mieux vaut ne pas en parler.

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