Ouf ! l’herbe à Nicot n’est plus au restaurant ! C’est un grand jour dans ma vie !

Mon dernier avatar date de l’automne dernier à Angers près de la gare, sous une pluie légère.

Après 7 portes entr’ouvertes et réponses incongrues du genre un petit coin au fond de la salle, suivies vous vous en doutez d’une fuite immédiate, j’avais été contrainte de me rabattre sur un sandwich et un banc ! Je vais enfin pouvoir déjeuner dans mes déplacements !
Enfin, comme tant d’autes, je vais pouvoir franchir la porte
Je remercie le ciel d’avoir connu ce jour tant la fumée et moi c’est une longue et pénible histoire.
La fumée d’une collègue a été mon lot tout au long des 25 dernières années de mon travail. Une galère qui est désormais épargnée aux générations actuelles et je m’en réjouis ! Même le jour de l’entretien annuel d’appréciation, j’avais droit à la clope qui s’allumait en guise de salutations d’ouverture. Mes yeux, qui ont génétiquement toujours refusé de produire des larmes, paraît-il lubrifiantes chez les autres, devaient supporter ce cauchemar !

Mais au fait, combien de fois ai-je rencontré le tabac dans les nombreux inventaires après décès que j’ai mis dépouillés avant la Révolution ?
Passé d’Amérique latine en Espagne et au Portugal, il arrive en France en 1560 avec Jean Nicot, ambassadeur de François II en Portugal, qui en offre à Catherine de Médicis.

Je rencontre peu l’herbe à Nicot dans les inventaires. Bien entendu elle arrive d’abord chez des gens aisés, mais pas tous.
La voici en 1740 à Laval dans le Maine, chez un prêtre Yves Moride. Il n’a pas encore de tabatière, mais une boîte en fer blanc pour mettre tabac.
Je la rencontre aussi en Anjou chez un médecin, aussi mieux vaut ne pas en parler.

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2008 : Les personnes âgées ne sont plus toutes pauvres !

Monsieur le Maire, pourquoi m’envoyez vous chaque année un bon de charité pour les fêtes ?

Les Nations Unies ont proclamé 2008 année internationale de la pomme de terre C’est avec ce joli symbole de la victoire contre la famine autrefois en France que je m’adresse à vous Monsieur le Maire.

Les temps changent, voici un bref historique de la vieillesse, car depuis le temps que je suis tombée dans les actes anciens, et même très anciens, je connais les durées de vie du passé et le sort réservé autrefois aux anciens !
Jusqu’en 1880, beaucoup de jeunes arrivent au mariage ayant perdu leurs parents. Quand ils vivent encore, ils sont presque toujours parain et maraine du premier enfant, un de chacun des deux côtés.
La vie est courte, mais il y a des exceptions. Dans le petit coin de Normandie de La Sauvagère, on vit plus vieux qu’ailleurs, alors on émigre par manque de terre pour tous… Et puis il y avait carrément des records : ainsi, Roberde Bonvoisin, mariée en 1548 à François Lefevbre : non contente d’avoir mis au monde 17 enfants, elle vévut assez longtemps pour voir 225 enfants, petits enfants et arrière-petits-enfants, dont 144 assisteront à sa sépulture.
Il faudra attendre 1880 pour que cela change.
En 1880, l’’espérance de vie à la naissance, autrement dit l’âge moyen au décès, était de 40,8 ans pour les hommes, 46,4 pour les femmes.
Arrivent alors les progès de l’hygiène et de la médecine, et en 1914 ces chiffres sont respectivement de 48,5 pour les hommes et 52,4 pour les femmes, pour atteindre 63,4 et 69,5 en 1950, puis 77,2 et 84,1 en 2006. Et hier à la télé on annonce qu’une petite fille sur deux née en 2008 vivra centenaire.
Au milieu du 20e siècle, le nombre des personnes âgées avait donc explosé, alors même que les modes de vie en famille avaient encore plus explosé, et que rien ne permettait d’assurer un revenu à ceux qui ne pouvaient plus travailler.
Après la seconde guerre mondiale, la pauvreté de bon nombre d’entre eux fut grande, et c’est sans doute alors qu’un maire décida de leur offrir un geste de charité pour Noël.
Mais aujourd’hui, Monsieur le Maire, les temps ont changé. Quand certains n’ont pas assez pour assurer leur dignité, il en est qui ont assez pour vivre, et qui trouvent indigne de figurer dans une liste d’assistés anachroniques, alors que cet argent serait bien plus utile à ceux qui en ont besoin.
Ne pourriez vous revenir sur cette mesure anachronique, dont je me sens totalement indigne, car je ne suis pas dans le besoin, d’autres aussi sans doute.
Enfin, comment votre journal peut-il écrire que tous ceux qui n’ont pas assisté au repas viennent retirer leur colis. Ceci n’est pas possible car je n’ai jamais assisté au repas et jamais retiré de colis, alors où passent les colis ?
Je ne vous ai jamais demandé de figurer dans cette liste, et je me demande comment j’y figure, aussi par la présente, je vous demande de me rayer de cette liste.
Bon courage Monsieur le Maire, car je comprends que remettre en cause un avantage est délicat pour un élu, mais je pense que vous en sortirez grandi ! Veuillez croire, Monsieur le Maire, à mes salutations respectueuses. Odile Halbert

PS : à la suite de cette lettre, la mairie de Saint-Sébastien m’a répondu que ce repas était justifié, mais qu’elle acceptait de me retirer de la liste des assistés du nouvel an. Dommage qu’un maire ne soit pas assez courageux pour comprendre que toutes les personnes âgées ne sont pas pauvres et qu’un certain nombre d’entre eux n’ont pas à déjeuner aux frais de la collectivité pour le nouvel an, mais pourraient déjeuner en payant leur repas.

    QUE LE REPAS EXISTE : OUI
    QU’IL SOIT GRATUIT POUR TOUS : NON, telle restera ma devise

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