﻿{"id":1725,"date":"2008-03-19T09:49:01","date_gmt":"2008-03-19T07:49:01","guid":{"rendered":"http:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=1725"},"modified":"2008-09-10T10:00:55","modified_gmt":"2008-09-10T08:00:55","slug":"journal-detienne-toysonnier-angers-1683-1714-1683-debut","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=1725","title":{"rendered":"Journal d&rsquo;Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714 (1683 d\u00e9but)"},"content":{"rendered":"<p>1683 : janvier, f\u00e9vrier, mars, avril, mai, juin, juillet<\/p>\n<li><em>Avec ce billet, j&rsquo;ouvre une nouvelle cat\u00e9gorie qui donnera la frappe, que j&rsquo;ai faite, du manuscrit d&rsquo;Etienne Toysonnier, avocat \u00e0 Angers, pour les ann\u00e9es 1683-1714, durant lesquelles il tient un journal \u00e0 la fois mondain et \u00e9vennementiel ; ses remarques ne figurent pas dans les registres paroissiaux : maladies, fortunes, m\u00e9salliances&#8230;, parfois cruement dites. Je m&rsquo;efforcerai de mettre en caract\u00e8res gras ces remarques&#8230; et de votre c\u00f4t\u00e9 vous pouvez contribuer \u00e0 compl\u00e9ter ces notes. Merci de songer pour cela \u00e0 la rubrique COMMENTAIRES ci-dessous.<\/em><\/li>\n<li><em>Voici ce qu&rsquo;en dit C\u00e9lestin Port (Dictionnaire Historique du Maine et Loire, 1878) : Etienne Toisonnier, fils d&rsquo;Etienne T., maitre apothicaire, \u00e9tait avocat au Pr\u00e9sidial, comme son oncle, en 1686. Devenu veuf de Marguerite Guillot, il \u00e9pousa le 22 ao\u00fbt 1712 Marie Dugu\u00e9 et mourut \u00e0g\u00e9 de 65 ans, le 6 juin 1719. Il a laiss\u00e9 un Journal de ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 de plus remarquable \u00e0 Angers depuis 1683 jusqu&rsquo;en 1714 (Mss. 883, autog., in-fol. de 124 ff.), recueil de notes au jour le jour sans grand int\u00e9r\u00eat, que poss\u00e8de la Biblioth\u00e8que municipale.<\/em><\/li>\n<li><em>Cette derni\u00e8re remarque n&rsquo;engage que C\u00e9lestin Port, car ce n&rsquo;est pas mon avis, vous allez pouvoir en juger avec cette frappe du manuscrit, que j&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9e :<\/em><\/li>\n<p>Journal de Ma\u00eetre Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714<br \/>\nNum\u00e9risation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. <strong>Reproduction interdite<\/strong>.<br \/>\n<strong>L\u00e9gende <\/strong>: en gras les remarques, en italique les compl\u00e9ments &#8211; Avec les notes de Marc Sach\u00e9, Trente ann\u00e9es de vie provinciale d&rsquo;apr\u00e8s le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L&rsquo;Ouest, 1930<\/p>\n<li>Le 2 du mois de janvier (1683) mourut Mr de la Boucheti\u00e8re Aubin, avocat au si\u00e8ge pr\u00e9sidial d\u2019Angers, \u00e2g\u00e9 de 66 ans, et fut enterr\u00e9 le lendemain en l\u2019\u00e9glise de Saint-Maurille. Il a laiss\u00e9 neuf enfants. Une de ses filles a espous\u00e9 Mr Valleau, aussy avocat<\/li>\n<li>Le 3e dudit mois (janvier 1683) mourut madame du Ruau veuve de Mr Tr\u00e9ton du Ruau, vivant conseiller au si\u00e8ge pr\u00e9sidial. Elle s\u2019appelait Marie Gohin fille de Mr Gohin, aussy conseiller au si\u00e8ge pr\u00e9sidial. Elle a laiss\u00e9 deux filles dont la premi\u00e8re a espous\u00e9 Mr Cupif seigneur de Teildras, aussy conseiller audit si\u00e8ge, laquelle est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e depuis quelques ann\u00e9es. De ce mariage est iss\u00fce une fille unique qui a \u00e9pous\u00e9 Mr Boylesve, conseiller au parlement de Bretagne, fils de Mr des Aulnais Boyslesve et de dame Gandon. La seconde a espous\u00e9 Mr Leclerc des Aunais seigneur de Sautray. Elle fut enterr\u00e9e le lendemain en l\u2019\u00e9glise de Saint-Michel du Tertre ; <strong>son corps fut le matin expos\u00e9 \u00e0 la porte dans un lit d\u2019honneur. Elle \u00e9tait \u00e2g\u00e9e de 84 ans<\/strong>.<\/li>\n<li>Le 4e dudit mois (janvier 1683) mourut mademoiselle Bourmault veuve de Mr de la Haye Le Roy, avocat au si\u00e8ge pr\u00e9sidial, et fut enterr\u00e9e le lendemain en l\u2019\u00e9glise de St Maurille. <strong>Elle a laiss\u00e9 un fils aussy avocat qui s\u2019est signal\u00e9 dans le barreau ; ses trop grandes \u00e9tudes lui ont caus\u00e9 une maladie d\u2019esprit et il est actuellement travaill\u00e9. <\/strong>Elle \u00e9tait \u00e2g\u00e9e de 79 ans.<\/li>\n<li>Le 6e (janvier 1683) mourut Mr Hubon marchand droguiste, veuf de la fille de Mr Deschamps, revendeur. Il a laiss\u00e9 six petits enfants. Il fut enterr\u00e9 le lendemain en l\u2019\u00e9glise de la Trinit\u00e9, \u00e2g\u00e9 de 38 ans.<\/li>\n<li>Le 10e (janvier 1683) mourut Mr Eturmie demeurant \u00e0 Saumur, \u00e9pousa mademoiselle Coustard, fille de Mr Coustard Me apothicaire et de \u2026<\/li>\n<li>Le 17e (janvier 1683) dudit mois mourut madame Toysonnier ma m\u00e8re, \u00e2g\u00e9e de 64 ans, veuve de Estienne Toysonnier vivant marchand Me apothicaire, fils d\u2019Estienne Toysonnier, vivant greffier au si\u00e8ge de la pr\u00e9vost\u00e9 et de Marguerite Guillot, lequel d\u00e9c\u00e9da le 21 novembre 1680 et fut enterr\u00e9 le lendemain dans le cimeti\u00e8re de l\u2019\u00e9glise de St Michel du Tertre, proche la croix. Elle s\u2019appellait Catherine Guitton, fille de Jean Guitton bourgeois, et de Marie Riob\u00e9.<strong> Elle fut enterr\u00e9e le lendemain pr\u00e8s de mon p\u00e8re, lequel mourut d\u2019une maladie de langueur, \u00e2g\u00e9 de 66 ans, et ma m\u00e8re d\u2019un abc\u00e8s qui lui survint au bras gauche et lui fit souffrit avec le dernier courage et une grande r\u00e9signation les douleurs les plus aig\u00fces pendant neuf semaines.<\/strong><\/li>\n<li>Le m\u00eame jour (17 janvier 1683) mourut mademoiselle de la Na\u00fce Le Rat, femme de Mr de la Na\u00fce Le Rat, avocat au si\u00e8ge pr\u00e9sidial, \u00e2g\u00e9e de 42 ans. <strong>Il n\u2019y avait qu\u2019un an qu\u2019elle \u00e9tait mari\u00e9e ; elle se trouva grosse de deux gar\u00e7ons morts sont elle ne put accoucher ; on l\u2019ouvrit apr\u00e8s sa mort ; ses enfants ne donn\u00e8rent aucuns signes de vie.<\/strong> Elle s\u2019apellait Marie Reimbault, fille de feu Mr Reimbault Sr de la Foucherie, bourgeois, et de Jacqueline Chauvin. Elle fut enterr\u00e9e le lendemain dans l\u2019\u00e9glise de St Michel du Tertre.<\/li>\n<li>Le 25 (janvier 1683) dudit mois Mlle Boulin du Chastelier, fille de feu Mr Blouin du Chastelier et de feue madame Lagou espous\u00e9 Mr Doyen, avocat \u00e0 Saumur.<\/li>\n<li>Le mesme jour (25 janvier 1683), Monsieur de Ch\u00e9rit\u00e9 seigneur de Voysin ; elle \u00e9tait de Bretagne.<\/li>\n<li>Le mesme jour mourut monsieur Constantin seigneur de la Lorie, grand pr\u00e9vost d\u2019Anjou. Il fut enterr\u00e9 le lendemain dans l\u2019\u00e9glise des dames religieuses de Sainte Catherine. Toute la mar\u00e9chauss\u00e9e marcha \u00e0 son enterrement. <strong>Il fut enterr\u00e9 dans un cercueil de plomb<\/strong>.<\/li>\n<li>Le 7e f\u00e9vrier (1683) mourut mademoiselle du Planty veuve de monsieur Duplanty eleu ; elle fut enterr\u00e9e le lendemain en l\u2019\u00e9glise de St Maurille. Elle s\u2019appellait mademoiselle de la Bute Sara ; elle \u00e9tait \u00e2g\u00e9e de 72 ans<\/li>\n<p>.<\/p>\n<li>Le mesme jour (7 f\u00e9vrier 1683), <strong>un nomm\u00e9 Chesneau, fils du fermier du Bois l\u2019Abb\u00e9, fut tu\u00e9 d\u2019un coup de fusil par des chasseurs dans ledit bois<\/strong>.<\/li>\n<li>Le 14e (f\u00e9vrier 1683) monsieur du Temple Herreau, fils de Mr du Temple Herreau, avocat au si\u00e8ge pr\u00e9sidial de cette ville \u00e9pouse mademoiselle Cherbonneau, fille de monsieur Cherbonneau avocat et de mademoiselle Bouchard.<\/li>\n<li>Le 18e (f\u00e9vrier 1683) monsieur Peneau sieur des No\u00fces, cy-devant capitaine au r\u00e9giement des vaisseaux, \u00e9pousa mademoiselle Desplaces Gaultier.<\/li>\n<li>Le 19e (f\u00e9vrier 1683) mourut monsieur Froger, chanoine de St Maurice, docteur en Sorbonne. Il mourut sans r\u00e9signer. Monsieur d\u2019Angers pr\u00e9senta sa pr\u00e9bende \u00e0 Monsieur Boylesve prieur de Pruniers et de St Melenne, fils de Mr Boylesve, lieutenant g\u00e9n\u00e9ral.<\/li>\n<li>Le 20e (f\u00e9vrier 1683) monsieur Aufr\u00e9 \u00e9pousa mademoiselle de la Houssaye Binet, fille de Mr de la Houssaye Binet et de mademoiselle Hubert<\/li>\n<li>Le 22e (f\u00e9vrier 1683) messieurs Cesbron et Doublard plaid\u00e8rent leurs premi\u00e8res causes.<\/li>\n<li>Le 25 f\u00e9vrier 1683, \u00e0 Ste Croix, mariage de messire Jacques de la Bou\u00e8re de Cordon, chevalier, seigneur du Fresne, avec Marie Gouin.<\/li>\n<li>Le 7e mars (1683) monsieur Lancrau sieur de Piart, \u00e9pousa mademoiselle S\u00e9guin.<\/li>\n<li>L<strong>\u2019hyver (1682-1683) n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 rude ; on n\u2019a ressenty le froid que pendant trois semaines. Le reste s\u2019est pass\u00e9 en pluies assez f\u00e2cheuses et incommodes qui engendr\u00e8rent plusieurs loches et vers qui mang\u00e8rent les bleds assez avanc\u00e9s et oblig\u00e8rent de semer deux fois en diff\u00e9rents lieux.<\/strong><\/li>\n<li>Le 22 (mars 1683) mourut monsieur Durant marchand de dentelle. <strong>Il ne fut malade que deux jours ; il \u00e9tait fort puissant de taille.<\/strong><\/li>\n<li>Le pemier avril (1683) mourut monsieur Bauvais, capitaine du ch\u00e2teau du Verger. Il a laiss\u00e9 trois petits enfants, sa femme s\u2019appelle mademoiselle Lechamp.<\/li>\n<li>Le 4e (avril 1683) mourut monsieur Toublanc, prestre chapelain de St Maurice, cy-devant cur\u00e9 prieur de St Augustin, \u00e2g\u00e9 de 72 ans. Il \u00e9tait fils de monsieur Toublanc, docteur en m\u00e9decine qui laissa plusieurs filles dont l\u2019une espous\u00e9 monsieur Artaux <strong>du pays de Forest<\/strong> ; l\u2019autre feu monsieur de Boisbernier <strong>gentilhomme<\/strong> ; la troisi\u00e8me feu monsieur Ganches Sr du Bross\u00e9 et la quatri\u00e8me feu monsieur Bodin sieur de Logerie. De ces mariages sont venus plusieurs enfants, comme du premier monsieur Arthaud qui a \u00e9pous\u00e9 mademoiselle Des Landes de la ville de La Fl\u00e8che, monsieur du Fouger\u00e9 Artaud qui a espous\u00e9 mademoiselle Lefebvre de Chamboureau ; du second monsieur de Boisbernier qui a \u00e9pous\u00e9 mademoiselle Chauvin fille de monsieur Chauvin advocat ; du 3e une fille qui a espous\u00e9 un nomme monsieur Gaultier et du 4e deux filles dont la cadette a espous\u00e9 monsieur de Chevreux <strong>gentilhomme<\/strong> cy-devant capitaine.<\/li>\n<li>Le 6e (avril 1683) mourut madame Le Cornu du Plessis Caume, femme de monsieur Le Cornu du Plessis Caume gentilhomme. Elle s\u2019apellait mademoiselle Galisson de Courchant, fille de monsieur Galisson de Courchamp et de mademoiselle de St Aubin ; son fr\u00e8re est lieutenant g\u00e9n\u00e9ral du pr\u00e9sidial de Ch\u00e2teau-Gontier.<\/li>\n<li>Le 9e (avril 1683) mourut monsieur Drouin notaire \u00e2g\u00e9 de 57 ans. Il avait \u00e9pous\u00e9 en premi\u00e8res n\u00f4ces madame Moreau et en secondes mademoiselle Marguerite Tess\u00e9 fille de monsieur Tess\u00e9 Me chirurgien et de Mme d\u2019Eggremont. Du 1er mariage il a eu deux filles dont la premi\u00e8re a \u00e9pous\u00e9 monsieur de la Blanchardi\u00e8re Audouin, conseiller au si\u00e8ge pr\u00e9sidial et la 2e a espous\u00e9 monsieur Gohin Sr de la Fautraye. <strong>Il \u00e9tait dans son commencement peu avanc\u00e9 en biens ; il a fait depuis une fortune assez consid\u00e9rable.<\/strong> Il fut le lendemain enterr\u00e9 \u00e0 la porte de St Maurille pr\u00e8s de sa premi\u00e8re femme ; il \u00e9tait \u00e2g\u00e9 de 57 ans. <strong>Il a laiss\u00e9 sa seconde femme grosse<\/strong>.<\/li>\n<li>Le 26e (avril 1683) Me Jacques Goureau, fils de monsieur Goureau conseiller honoraire au pr\u00e9sidial et de mademoiselle Eveillard, et Me Lemasson plaid\u00e8rent leur premi\u00e8re cause, le premier avec grand applaudissement.<\/li>\n<li>Le 28e (avril 1683) mourut madame Jallet, \u00e2g\u00e9e de 64 ans, veuve de monsieur Jallet. Elle fut enterr\u00e9e le lendemain en l\u2019\u00e9glise de St Michel du Tertre devant l\u2019image de Notre Dame de Pi\u00e9t\u00e9 ; <strong>elle est morte d\u2019un cancer du t\u00e9ton.<\/strong> Elle s\u2019appellait Symphorienne Bourdonni\u00e8re ; elle a laiss\u00e9 deux gar\u00e7ons dont le premier est <strong>actuellement travaill\u00e9 d\u2019une paralysie<\/strong> et l\u2019autre est religieux au couvent du Verger.<\/li>\n<li>Le 1er jour de may (1683) messieurs Pocquet de la Livoni\u00e8re conseiller au pr\u00e9sidial et Me Charles Jauneaux docteur aggr\u00e9g\u00e9 et avocat furent nomm\u00e9s eschevins en la place de Mr de Pantign\u00e9 Rousseau aussy conseiller et Me Pierre Thibaudeau notaire.<\/li>\n<li>Le 2e (mai 1683) monsieur \u2026 \u00e9pousa mademoiselle Gouin fille de monsieur Jean Gouin notaire et de la dame Martineau.<\/li>\n<li>Le 4e (mai 1683) monsieur du Martr\u00e9 \u00e9pousa mademoiselle Camus fille de monsieur Camus et de \u2026<\/li>\n<li>Le 6e (mai 1683) monsieur Chauveau apothicaire fils de monsieur Chauveau apothicaire et de Delle de La Roche, \u00e9pousa la fille de Mr Deschamps teinturier de chapeaux (<em>Il lui est \u00e9cheu depuis 10 ans une succession fort consid\u00e9rable<\/em>) et de Marie Mauriceau.<\/li>\n<li>Le 12e (mai 1683) mourut monsieur Allard droguiste \u00e2g\u00e9 de 70 ans, mary de Marie Phelipeau.<\/li>\n<li>Le 18e (mai 1683) mourut monsieur Le Rat, \u00e2g\u00e9 de 33 ans, fils de monsieur Le Rat avocat et de Delle Faligan.<\/li>\n<li>Le 20e (mai 1683) mourut monsieur Le Jeune, marchand de bled,<\/li>\n<li>Histoire du temps (1683) \u2013 Un jeune fr\u00e8re des Minimes, appell\u00e9 <strong>fr\u00e8re Jean, d\u2019une humeur gaye enjou\u00e9e et libre, et un peu effront\u00e9 dans son air, fort adroit en peinture et mignature, se fit de grandes habitudes en cette ville et s\u2019attach\u00e9 particuli\u00e8rement \u00e0 mademoiselle de Grandbois, femme de monsieur le lieutenant de la pr\u00e9vost\u00e9. C<\/strong>et homme a quelques duret\u00e9s pour cette femme et ne l\u2019aime pas aussy tendrement qu\u2019elle le souhaiterait, quoiqu\u2019elle soit bien faite, d\u2019une taille fine et ais\u00e9e, de l\u2019esprit et des charmes assez pour engager tout autre. Cette femme ennuy\u00e9e de la conduite et des froideurs de son mary, s\u2019en explique au moine, qui d\u2019abord entre en toutes ses peines d\u2019une mani\u00e8re fort obligeante, lui ouvre les moyens de s\u2019en s\u00e9parer et lui promet de mettre tout en usage pour la secourir ; ses fr\u00e9quentes visites et ses entreve\u00fces particuli\u00e8res devinrent suspectes au malheureux \u00e9poux ; on s\u2019en plaint hautement et rompt par son bruit et ses menaces toutes leurs mesures. <strong>Il exila sa femme \u00e0 sa campagne pour leur oster l\u2019occasion de se voir. Ce moine, d\u00e9sol\u00e9, s\u2019adresse \u00e0 un \u00e9tranger, l\u2019engage \u00e0 lui prester une perruque, une esp\u00e9e, et un habit de cavalier, et dans cet \u00e9quipage va voir incognito cette pauvre exil\u00e9e. Il ne put si bien faire qu\u2019il ne fut descouvert.<\/strong> Le lieutenant en est aussy tost averti. Il l\u2019arreste luy mesme en ville quoique dans son habit religieux et la besace sur l\u2019espaule et le fait conduire dans les prisons de l\u2019\u00e9vesch\u00e9. Le proc\u00e8s s\u2019instruit et enfin monsieur l\u2019official rend sa sentence et le condamne \u00e0 quinze jours de prison, au pain et \u00e0 l\u2019eau, et \u00e0 dire pendant ce temps deux fois le jour, les sept psaumes p\u00e9nitentiaux, et \u00e0 sortit la province. Il est conduit ensuite dans les prisons royayx. Le justice s\u00e9culi\u00e8re par sentence confirme la premi\u00e8re dont il interjette appel au parlement, lequel par son arrest confirme les deux sentences et le renvoye entre les mains du sup\u00e9rieur de Tours. Cet arrest est du 15 de ce mois (mai 1683) fort en faveur devant les \u00e9vesques contre les moines qui pr\u00e9tendaient qu\u2019ils ne devaient point connoistre des crimes commis au dehors par leurs religieux. C\u2019est une tache d\u2019huile qui ne fera que s\u2019\u00e9tendre.<\/li>\n<li>Le 30e (mai 1683) mourut madame la marquise de la Porte femme de monsieur le marquis de la Porte ; elle fut enterr\u00e9e le lendemain en l\u2019\u00e9glise des Cordeliers ; elle \u00e9tait fille de monsieur Boylesve de la Maurici\u00e8re et de la fille de monsieur Papin, vivant avocat. Il n\u2019y avait que dix mois qu\u2019elle \u00e9tait mari\u00e9e. (<em>Le 31 mai 1683 aux Cordeliers, s\u00e9pulture de Catherine Boylesve, femme de haut et puissant messire Bernard Fran\u00e7ois de la Porte de Vezins<\/em>)<\/li>\n<li>Le mardy 25 (mai 1683), jour de St Urbain,<strong> il y eut un orage de gr\u00eale qui brisa les vignes et les bleds en plus de vingt paroisses<\/strong>, entr\u2019autres du cost\u00e9 de la Pommeraye et de la Fl\u00e8che.<\/li>\n<li>L\u2019ann\u00e9e <strong>1682 avait \u00e9t\u00e9 fort st\u00e9rile du cost\u00e9 de Ch\u00e2teau-Gontier et de Craon ; les paysans ne pouvant plus supporter leurs mis\u00e8res et apr\u00e8s avoir vendu leurs vaisselles, meubles et habits, la pluspart ont rest\u00e9s nuds sur les lieux, et les autres fondirent dans notre ville en tr\u00e8s grand nombre \u00e0 la charge du public ; ces pauvres languissans touch\u00e8rent tout le monde<\/strong>. Il y eut une assembl\u00e9e de police ; on nomma deux personnes pour chaque paroisse pour y quester. Il s\u2019y fit des aumones consid\u00e9rables. Les messieurs du pr\u00e9sidial donn\u00e8rent cent louis d\u2019or et ainsy des autres compagnies et communaut\u00e9s \u00e0 proportion de leurs forces. <strong>Toutes ces sommes ont \u00e9t\u00e9 mises entre les mains des Mrs missionnaires pour en soulager les pauvres sur les lieux.<\/strong><\/li>\n<li>Le 31 (mai 1683), messieurs de la Boucheti\u00e8re Aubin, Burolleau, Lefort et Blanchard plaid\u00e8rent leur premi\u00e8re cause.<\/li>\n<li>Le 4e juin (1683) mourut madame Quin, femme du sieur Quin, teinturier ; elle \u00e9tait fille du feu Sr de la Marche, vitrier.<\/li>\n<li>Le m\u00eame jour (4 juin 1683) monsieur Chotard de la Sablonni\u00e8re fut install\u00e9 en la charge de feu monsieur Pecherat, conseiller au pr\u00e9sidial.<\/li>\n<li>Le mesme jour (4 juin 1683), les lettres de monsieur de Baumont de Miribel d\u2019Autichamps, de r\u00e9ception de survivance de monsieur son p\u00e8re de la charge de lieutenant du Roy en la ville et ch\u00e2teau d\u2019Angers, furent lues en l\u2019audiance du pr\u00e9sidial et enregistr\u00e9es. Monsieur Martineau avocat du Roy parla en la louange du p\u00e8re et du fils d\u2019un discouts juste et \u00e9lev\u00e9.<\/li>\n<li>Le synode de messieurs de la religion pr\u00e9tendue r\u00e9form\u00e9e fut indiqu\u00e9 \u00e0 Sorges et ouvrit le 2e juin. Monsieur d\u2019Autichamp en fut nomm\u00e9 commissaire par le Roy. Il dura pendant quinze jours. Sa majest\u00e9 lui donnait 50 livres par jour pour tenir table ouverte de douze couverts.<\/li>\n<li>Le 6e (juin 1683) jour de la Pentecoste, <strong>le ministre de Montrichard et celuy de Baug\u00e9 firent abjuration de leur h\u00e9r\u00e9sie <\/strong>entre les mains de monseigneur d\u2019Angers en l\u2019\u00e9glise de St Maurice. Le Te Deum fut ensuite chant\u00e9 en musique. Cinq autres particuliers la firent en m\u00eame temps.<\/li>\n<li>Le 7e (juin 1683) mademoiselle Briand, veuve de monsieur Marais, du pays de Laval, \u00e9pousa monsieur Milon, fils de monsieur Milon, assesseur au pr\u00e9sidial de Tours, aussi veuf de mademoiselle Gillot, dont il y a un gar\u00e7on et une fille.<\/li>\n<li>Le 11e (juin 1683) <strong>jour St Bernab\u00e9, il y eut un orage de gresle qui d\u00e9sola les paroisses de Marc\u00e9, Duretal, Baun\u00e9, Corn\u00e9 et plusieurs autres.<\/strong><\/li>\n<li>Le 14e (juin 1683) monsieur Guynoiseau, avocat fils de Mr Guynoiseau, avocat et de Anne Rossignol, \u00e9pousa la fille de Mr Brondeau de la Gaulerie et de Mme Min\u00e9e du Bross\u00e9.<\/li>\n<li>Le 18e (juin 1683) i<strong>l y eut un tremblement de terre sur les onze heures du soir<\/strong>.<\/li>\n<li>Le 21e (juin 1683) monsieur de Rouillon \u00e9pousa la fille de Mr Pinard, bourgeois, et de M. Couest\u00e9.<\/li>\n<li>Le 3 juillet (1683) mourut monsieur Guillaume Lou\u00ebt fils de monsieur Lo\u00fcet lieutenant particulier et de Delle Joubert. Il fut enterr\u00e9 le lendemain dans l\u2019\u00e9glise de St Michel du Tertre en la chapelle de Mrs Lo\u00fcet ; sa femme s\u2019apelle Anne Grimaudet. Il avait \u00e9t\u00e9 quelques ann\u00e9es conseiller au pr\u00e9sidial. (<em>Le 4 juillet 1683, \u00e0 St Michel du Tertre, s\u00e9pulture de Guillaume Louet, \u00e9cuyer, sieur de la Motte d\u2019Orvaux, \u00e2g\u00e9 de 67 ans<\/em>)<\/li>\n<li>Le 5e (juillet 1683) monsieur Romain, avocat, fils de monsieur Romain, aussi avocat et de Delle Joubert de la Vacherie, veuf de mademoiselle Destrich\u00e9, \u00e9pousa mademoiselle Duport.<\/li>\n<li>Le 13e (juillet 1683) mourut madame Nau femme de Mr Nau Me plombeur.<br \/>\nLe mesme jour (13 juillet 1683) mourut monsieur \u2026<\/li>\n<li>Le 19e (juillet 1683) Mr Legout plaida sa premi\u00e8re cause.<\/li>\n<li>Le 26e (juillet 1683) mourut mademoiselle Elye, femme de Mr Elye, avocat, et fut enterr\u00e9e le lendemain en l\u2019\u00e9glise de St Maurille. Elle s\u2019apellait Fran\u00e7oise Millecent de la Dodaye ; elle n\u2019a point laiss\u00e9 d\u2019enfants.<\/li>\n<li>Le mesme jour (26 juillet 1683) monsieur Delaunay plaida sa premi\u00e8re cause.<\/li>\n<p>Journal de Ma\u00eetre Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714<br \/>\nNum\u00e9risation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. <strong>Reproduction interdite<\/strong>.<br \/>\n<strong>L\u00e9gende <\/strong>: en gras les remarques, en italique les compl\u00e9ments &#8211; Avec les notes de Marc Sach\u00e9, Trente ann\u00e9es de vie provinciale d&rsquo;apr\u00e8s le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L&rsquo;Ouest, 1930<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/odileO.gif\" title=\" \" class=\"alignnone\" width=\"40\" height=\"50\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/odileH.gif\" title=\" \" class=\"alignnone\" width=\"40\" height=\"50\" \/> Odile Halbert &#8211; <strong>Reproduction interdite sur autre endroit d&rsquo;Internet <\/strong> seule une citation ou un lien sont autoris\u00e9s.<strong><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1683 : janvier, f\u00e9vrier, mars, avril, mai, juin, juillet Avec ce billet, j&rsquo;ouvre une nouvelle cat\u00e9gorie qui donnera la frappe, que j&rsquo;ai faite, du manuscrit d&rsquo;Etienne Toysonnier, avocat \u00e0 Angers, pour les ann\u00e9es 1683-1714, durant lesquelles il tient un journal \u00e0 la fois mondain et \u00e9vennementiel ; ses remarques ne figurent pas dans les registres &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=1725\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Journal d&rsquo;Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714 (1683 d\u00e9but)&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[52],"tags":[],"class_list":["post-1725","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-toisonnier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1725","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1725"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1725\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1739,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1725\/revisions\/1739"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1725"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1725"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1725"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}