﻿{"id":17602,"date":"2010-02-08T13:58:58","date_gmt":"2010-02-08T11:58:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=17602"},"modified":"2010-02-08T14:10:53","modified_gmt":"2010-02-08T12:10:53","slug":"histoire-de-larquebuse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=17602","title":{"rendered":"Histoire de l&rsquo;arquebuse"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;arquebuse, contrairement \u00e0 l&rsquo;\u00e9p\u00e9e, n&rsquo;est pas r\u00e9serv\u00e9e aux gentilshommes. C&rsquo;est l&rsquo;arme des troupes.  <\/p>\n<p>in <em>Dictionnaire encyclop\u00e9die universelle<\/em>, B. Dupiney de Vorepierre, 1876<\/p>\n<li><strong>Les premi\u00e8res armes \u00e0 feu portatives <\/strong><\/li>\n<p>Les bouches \u00e0 feu \u00e9taient \u00e0 peine invent\u00e9es, que l&rsquo;on imagine de donner aux troupes des armes \u00e9tablies suivant le m\u00eame syst\u00e8me, mais assez l\u00e9g\u00e8res pour qu&rsquo;un seul homme p\u00fbt les manoeuvrer. Ces armes parurent vers 1380, et furent appel\u00e9es <em>Canons \u00e0 main.<\/em>. Elles consistaient en un tube de fer du poids de 12 \u00e0 15 kg, qu&rsquo;on chargeait ordinairement avec des balles de plomb, et qu&rsquo;on appuyait sur un chevalet pour les tirer. On y mettait le feu avec une m\u00eache allum\u00e9e, comme n\u00e9gu\u00e8re encore on le pratiquait pour l&rsquo;artillerie.<br \/>\nMais les nouveaux engins de guerre \u00e9taient extr\u00eamement lourds et fort peu maniables. On r\u00e9m\u00e9dia \u00e0 ces inconv\u00e9nients en diminuant la longueur et le poids du tube, et en adaptant \u00e0 son centre de gravit\u00e9 2 tourillons servant d&rsquo;axe de rotation, et reposant sur une fourchette, appel\u00e9e croc. de plus, le canon fut termin\u00e9 par une poign\u00e9e que l&rsquo;on tenait de la main gauche, tandis que la main droite portait le feu \u00e0 la lumi\u00e8re. Ainsi perfectionn\u00e9s, les canons \u00e0 main re\u00e7urent d&rsquo;abord le nom d&rsquo;<em>Haquebutes<\/em>, puis celui d&rsquo;<em>Arquebuses \u00e0 croc<\/em>.<br \/>\nVers 1480, une nouvelle am\u00e9lioration fut introduite dans la fabrication de ces armes. On en fit dont le canon \u00e9tait fix\u00e9 \u00e0 un f\u00fbt de bois muni d&rsquo;une cosse cintr\u00e9e pour s&rsquo;appuyer sur l&rsquo;\u00e9paule. Ces nouvelles arquebuses avaient la lumi\u00e8re perc\u00e9e sur le c\u00f4t\u00e9, et portaient une sorte de bassinet destin\u00e9 \u00e0 recevoir l&rsquo;amorce. On y mettait le feu avec un m\u00e8che que tenait la main droite, pendant que la main gauche appuyait le f\u00fbt contre l&rsquo;\u00e9paule. N\u00e9anmoins la plupart d&rsquo;entre elles \u00e9tant encore beaucoup trop lourdes pour qu&rsquo;on p\u00fbt les mettre en joue sanas point d&rsquo;appui, on appuyait le bout du canon sur une b\u00e9quille ou fourchette plant\u00e9e en terre. Ces armes conserv\u00e8rent le nom de <em>haquebutes<\/em>, tandis que celles qui \u00e9taient assez l\u00e9g\u00e8res pour qu&rsquo;on p\u00fbt les tirer \u00e0 main libre furent d\u00e9sign\u00e9es sour celui d&rsquo;<em>arquebuses<\/em>.<br \/>\nQuoique les archebuses eussent \u00e9t\u00e9 rendues assez l\u00e9g\u00e8res pour \u00eatre tir\u00e9es sans autre appui que l&rsquo;\u00e9paule, elles \u00e9taient cependant d&rsquo;un service incommode, \u00e0 cause de l&rsquo;obligation o\u00f9 l&rsquo;on se trouvait de viser en m\u00eame temps qu&rsquo;on mettait le feu. Ce fut pour r\u00e9m\u00e9dier \u00e0 cet inconv\u00e9nient qu&rsquo;on imagina l<em>a platine \u00e0 m\u00e8che ou \u00e0 serpentin et la platine \u00e0 rouet<\/em>.<br \/>\nLa platine \u00e0 serpentin prit naissance au commencement du XVIe si\u00e8cle, mais on ignore dans quel pays. Elle consistait enune esp\u00e8ce de bascule, appel\u00e9e <em>serpentin<\/em>, qu&rsquo;un petit ressort tenait \u00e9loign\u00e9e du bassinet qu&rsquo;on for\u00e7ait \u00e0 s&rsquo;en rapprocher \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un levier qu&rsquo;on pressait avec le doigt. Le sepentin tenait entre ses m\u00e2choires un bout de m\u00e8che allum\u00e9e qui communiquait le feu \u00e0 l&rsquo;amorce.<br \/>\nLa platine \u00e0 rouet para\u00eet avoir \u00e9t\u00e9 invent\u00e9e \u00e0 Nuremberg en 1517. Une petite roue d&rsquo;acier, cannel\u00e9e \u00e0 son pourtour, \u00e9tait fix\u00e9e sous le bassinet, au fond duquel elle p\u00e9n\u00e9trait \u00e0 travers une fente. Son axe \u00e9tait muni d&rsquo;une cha\u00eenette dont l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 oppos\u00e9e s&rsquo;attachait \u00e0 un ressort dispos\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s comme celui d&rsquo;une montre. Une pi\u00e8ce de fer recourb\u00e9e, appel\u00e9e <em>chien<\/em>, se trouvait fix\u00e9e en arri\u00e8re du bassinet. Ce chien tournait autour d&rsquo;une vis par l&rsquo;un de ses bouts, tandis que l&rsquo;autre \u00e9tait muni de deux esp\u00e8ces de dents ou m\u00e2choires entre lesquelles on pla\u00e7ait un fragment d&rsquo;alliage d&rsquo;antimoine et de fer. Quand on voulait faire usage de l&rsquo;arme, on ouvrait le bassinet, qui se fermait avec une coulisse ; on abaissait le chien de mani\u00e8re que la composition m\u00e9tallique se trouv\u00e2t en contact avec le rouet ; puis, \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une petite clef, on bandait le ressort de ce dernier absolument comme on monte une montre. Une d\u00e9tente maintenait le ressort en place quand il \u00e9tait arriv\u00e9 au band\u00e9, mais aussit\u00f4t qu&rsquo;on pressait sur cette d\u00e9tente, le rouet, ob\u00e9issant \u00e0 l&rsquo;action du ressort, d\u00e9crivait une demi-r\u00e9volution sur son axe, et le frottement de ses cannelures sur l&rsquo;alliage produisait des \u00e9tincelles qui enflammaient l&rsquo;amorce.<br \/>\nL&rsquo;invention de ces deux m\u00e9canismes donna naissance \u00e0 deux esp\u00e8ces d&rsquo;armes \u00e0 feu. Les <em>Arquebuses \u00e0 rouet,<\/em> qui \u00e9taient relativement l\u00e9g\u00e8res, furent destin\u00e9es \u00e0 la cavalerie, tandis que les <em>Arquebuses \u00e0 m\u00e8che<\/em>, qui \u00e9taient beaucoup plus lourdes, mais dont le m\u00e9canisme plus simple \u00e9tait moins sujet \u00e0 se d\u00e9traquer, furent donn\u00e9es \u00e0 l&rsquo;infanterie. Ces derni\u00e8res se tiraient \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une fourchette ; elles lan\u00e7aient une balle de 32 \u00e0 la livre, et plus tard une balle de 24.<br \/>\nC&rsquo;est vers le milieu du XVIe si\u00e8cle que para\u00eet avoir \u00e9t\u00e9 imagin\u00e9 le <em>Mousquet.<\/em> Cette arme, qui fut d&rsquo;abord en usage en Espagne, diff\u00e9rait des arquebuses par la forme de sa crosse qiu \u00e9tait moins recourb\u00e9e ou tout \u00e0 fait droite, et par son calibre qui \u00e9tait plus consid\u00e9rable. Son nom lui vient de <em>mochetta<\/em>, petite mouche, qui lui aurait sans doute \u00e9t\u00e9 donn\u00e9, en mani\u00e8re de plaisanterie, \u00e0 cause de la grosseur de ses projectiles. En effet, ses balles \u00e9taient d&rsquo;abord de 8 \u00e0 la livre ; plus tard, on descendit \u00e0 10 et m\u00eame \u00e0 16. Il y avait des mousquets \u00e0 m\u00e8che et \u00e0 rouet. Suivant Brant\u00f4me, le mousque fut introduit en France, vers 1600, par Stozzi, et il devint bient\u00f4t d&rsquo;un usage g\u00e9n\u00e9ral. Au reste, \u00e0 cette \u00e9poque, il se produisit diff\u00e9rentes vari\u00e9t\u00e9s d&rsquo;armes \u00e0 feu portatives.<br \/>\nVers 1545, on imagina, pour la cavalerie, des arquebuses \u00e0 rouet de petite dimension mont\u00e9es sur un f\u00fbt sans crosse, et qui se tiraient \u00e0 bras tendu ; on les appela <em>pistoles<\/em>, d&rsquo;o\u00f9 est d\u00e9riv\u00e9 le mot <em>pistolet<\/em>, non pas par ce qu&rsquo;elles avaient \u00e9t\u00e9 invent\u00e9es \u00e0 <em>Pistola<\/em>, comme on le dit commun\u00e9ment, mais parce que leur canon avait le diam\u00e8tre de la pi\u00e8ce de monnais ainsi nomm\u00e9e. On en fit \u00e9galement d&rsquo;autres qui \u00e9taient de moyenne grandeur, et tant\u00f4t \u00e0 m\u00e8che, tant\u00f4t \u00e0 rouet, auxquelles on appliqua la d\u00e9nomination de <em>Poitrnal<\/em> ou <em>P\u00e9trinal<\/em>, parce que, pour les tirer, on appuyait leur crosse sur le milieu de la poitrine. Enfin, il para\u00eet qu&rsquo;au XVIe si\u00e8cle, on connaissant d\u00e9j\u00e0 les armes ray\u00e9es, c&rsquo;est-\u00e0-dire, munies int\u00e9rieurement de cannelures en spirale : mais elles \u00e9taient peu employ\u00e9es \u00e0 cause de la lenteur de leur chargement.<br \/>\nDans les premi\u00e8res ann\u00e9es du XVII\u00e8me si\u00e8cle, l&rsquo;infanterie fran\u00e7aise se servait, sur les champs de bataille, de mousquets du calibre 200 \u00e0 22, et pour la d\u00e9fense des places de mousquets de 12 \u00e0 16. La cavalerie portait des arquebuses raccourcies, des pistolets et des carabines ray\u00e9es, le tout \u00e0 rouet ; mais ces derni\u00e8res armes ne tard\u00e8rent pas \u00e0 \u00eatre remplac\u00e9es par de petits mousquets \u00e0 rouet, dit <em>mousquetons<\/em>, qui \u00e9taient plus faciles et plus prompts \u00e0 charger, parce qu&rsquo;ils ne r\u00e9clamaient pas l&#8217;emploi du maillet. <\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.odile-halbert.com\/Metier\/Arquebus.htm\">Voir ma page sur l&rsquo;arquebusier<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;arquebuse, contrairement \u00e0 l&rsquo;\u00e9p\u00e9e, n&rsquo;est pas r\u00e9serv\u00e9e aux gentilshommes. C&rsquo;est l&rsquo;arme des troupes. in Dictionnaire encyclop\u00e9die universelle, B. 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