﻿{"id":2008,"date":"2008-08-14T08:17:05","date_gmt":"2008-08-14T06:17:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2008"},"modified":"2010-07-03T12:16:57","modified_gmt":"2010-07-03T10:16:57","slug":"saint-lezin-eveque-dangers-au-6e-siecle-honore-le-13-fevrier-bien-que-decede-le-1er-novembre-608","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2008","title":{"rendered":"saint L\u00e9zin, \u00e9v\u00eaque d&rsquo;Angers au 6e si\u00e8cle, honor\u00e9 le 13 f\u00e9vrier bien que d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 1er novembre 608"},"content":{"rendered":"<p><em>Merci \u00e0 Philippe de nous avoir initi\u00e9s aux d\u00e9buts de l&rsquo;ardoise en Anjou, plus tardifs que saint L\u00e9zin. Ce billet \u00e9tait pr\u00e9par\u00e9 car j&rsquo;avais attendu la date de sainte Radegonde, hier, pour le faire suivre, tant il est li\u00e9 dans le temps, \u00e0 travers le roi CLotaire 1er, dont voici aujourd&rsquo;hui un autre proche : saint L\u00e9zin.<\/em><\/p>\n<li><em>L\u00e9zin, comme hier Radegonde, vient jetter une lumi\u00e8re sur cette p\u00e9riode des m\u00e9rovingiens, que les Britanniques ont surnomm\u00e9e \u00ab the dark ages \u00bb, les temps obscurs. Alors ne nous privons pas de ces lumi\u00e8res dans l&rsquo;obscurit\u00e9.<\/em><\/li>\n<li><em>D&rsquo;autant que j&rsquo;ai sur l&rsquo;histoire des M\u00e9rovingiens de curieuses notions, surtout remplies d&rsquo;images de mon enfance. Il s\u00e9vissait alors un album en couleur, du type des images d&rsquo;Epinal. Ces rois, dits fain\u00e9ants, y \u00e9taient r\u00e9pr\u00e9sent\u00e9s allong\u00e9s sur des chariots. Nous \u00e9tions cens\u00e9s comprendre que c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 peu pr\u00e8s tout ce qu&rsquo;ils savaient faire&#8230; et l&rsquo;enfant que j&rsquo;\u00e9tais avait pris cela au premier degr\u00e9.<\/em><\/li>\n<li><em>Donc aujourd&rsquo;hui nous abordons une seconde lumi\u00e8re dans ces temps obscurs : saint L\u00e9zin.<\/em><\/li>\n<p>L\u00e9zin est un saint Angevin, et \u00e0 ce titre il \u00e9tait un des saints incontournables de tout bon cur\u00e9 d&rsquo;Anjou. J&rsquo;en veux pour preuve ce que <a href=\"http:\/\/www.odile-halbert.com\/Paroisse\/StAubin.htm\">j&rsquo;ai pu observer \u00e0 Saint-Aubin-du-Pavoil<\/a>, o\u00f9 <a href=\"http:\/\/www.odile-halbert.com\/Vivre\/Calendrier-StAubin-Pavoil.pdf\">j&rsquo;avais analys\u00e9 les saints utilis\u00e9s par monsieur le cur\u00e9<\/a> : il avait la manie de donner le nom du saint au lieu de donner la date dans ses actes du registre paroissial, et il m&rsquo;avait fallu retrouver alors tous ces saints pour leur date. Beaucoup de ces saints ne figuraient pas encore sur le site de Nominis, et je les leur avais indiqu\u00e9s.<br \/>\nLe dictionnaire de Beleze le donne honor\u00e9 selon certains le 13 f\u00e9vrier et selon d&rsquo;autres le 1er novembre. En fait, L\u00e9zin est bien d\u00e9c\u00e9d\u00e9 un 1er novembre, et devrait \u00e0 ce titre \u00eatre honor\u00e9 ce jour l\u00e0, mais le 13 f\u00e9vrier 1169 eut lieu la translation de ses reliques, et les Angevins conserv\u00e8rent alors cette date.<br \/>\nC&rsquo;est bien en effet le 13 f\u00e9vrier qui est donn\u00e9 par les calendriers de l&rsquo;Abbaye de Saint-Aubin <em>(\u00e9tude publi\u00e9e par J.M. Matz, Le Calendrier et le culte des saints : l&rsquo;abbaye Saint-Aubin d&rsquo;Angers, XIIe &#8211; d\u00e9but XVIe si\u00e8cles, Revue Mabillon, 1996<\/em>)<br \/>\nC&rsquo;est bien le 13 f\u00e9vrier que monsieur le cur\u00e9 de Saint-Aubin-du-Pavoil honorait saint L\u00e9zin.<br \/>\nIl faut se fier \u00e0 ces 2 sources, et conclure que L\u00e9zin \u00e9tait bien honor\u00e9 le 13 f\u00e9vrier en Anjou, par suite d&rsquo;une coutume qui avait oubli\u00e9 la date de son d\u00e9c\u00e8s.<\/p>\n<p><strong>SAINT LEZIN<\/strong> (<em>selon Jacques Levron, Les Saint du pays Angevin, et abb\u00e9 P\u00e9tin, Dictionnaire hagiographique ou vie des saints et bienheureux, publi\u00e9 par l&rsquo;abb\u00e9 Migne<\/em>)<br \/>\nLa procession du Saint-Sacrement, commun\u00e9ment appel\u00e9e, \u00e0 Angers, le procession du Sacre, ne rev\u00eat plus dans cette ville la splendeur d&rsquo;autrefois. Elle n&rsquo;attire plus, de toute la France, des \u00ab cousins du Sacre \u00bb qui venaient assister chez leurs parents angevins \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie et \u00e0 la grande foire qui l&rsquo;accompagnait. Elle dure aussi moins longtemps : l&rsquo;on a sagement r\u00e9duit \u00e0 trois heures les dix ou douze heures qu&rsquo;elle exigeait. (le \u00ab jour du sacre \u00bb \u00e9tait l&rsquo;une des <a href=\"http:\/\/www.odile-halbert.com\/Vivre\/Calendrier-StAubin-Pavoil.pdf\">expressions utilis\u00e9es par Mr le cur\u00e9 de St Aubin-du-Pavoil<\/a>. J&rsquo;observe ici que cette f\u00eate \u00e9tait accompagn\u00e9e d&rsquo;une foire, et qu&rsquo;on y venait de toute la France !)<br \/>\nLe cort\u00e8ge a perdu les repr\u00e9sentants de ces innombrables corporations de m\u00e9tiers qui escortaient le dais, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s de leurs lourdes et riches banni\u00e8res. L&rsquo;une des derni\u00e8res \u00e0 dispara\u00eetre fut peut-\u00eatre celle des \u00ab perrayeurs \u00bb, les extracteurs d&rsquo;ardoises, ces fameuses ardoises angevines chant\u00e9es par du Bellay.<br \/>\nLongtemps les perrayeurs vinrent au Sacre. Et leur banni\u00e8re, au XIXe si\u00e8cle, repr\u00e9sentait sans doute, mitre sur la t\u00eate et crosse \u00e0 la main, un saint \u00e9v\u00eaque d&rsquo;Angers, leur patron, successeur direct de saint Aubin, qui, en d\u00e9pit des temps r\u00e9volus, de l&rsquo;indiff\u00e9rence des ouvriers et des id\u00e9es nouvelles, une certaine popularit\u00e9 parmi les rudes travailleurs \u00ab d&rsquo;\u00e0-haut et d&rsquo;\u00e0-bas \u00bb.<br \/>\nPour quel motif L\u00e9zin devint-il le patron des perrayeurs ? Il est bien difficile de le savoir. Des l\u00e9gendes pr\u00e9tendent que l&rsquo;\u00e9v\u00eaque, d\u00e9pourvu de biens, aurait poss\u00e9d\u00e9 et mis en exploitation une des premi\u00e8res carri\u00e8res d&rsquo;ardoises. On dit m\u00eame qu&rsquo;il sauva la vie \u00e0 un groupe d&rsquo;ouvriers en \u00e9cartant de sa crosse \u00e9piscopale une masse de pierre qui s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9tach\u00e9e. C&rsquo;est peu vraisemblable. (<em>Voyez la remarque de Philippe pour dater l&rsquo;ardoise plus tard que L\u00e9zin. Je ne doute pas un seul instant qu&rsquo;\u00e0 temps obscurs, histoire obscure et souvent encombr\u00e9e de l\u00e9gendes, d&rsquo;autant qu&rsquo;en Anjou on a fait fort en l\u00e9gendes avec saint Ren\u00e9 !<\/em>)<br \/>\nPour la m\u00eame raison, on repoussera l&rsquo;hypoth\u00e8se suivant laquelle L\u00e9zin ayant \u00e9t\u00e9, durant sa vie, un grand b\u00e2tisseur, m\u00e9rita le choix d&rsquo;un corps de m\u00e9tier si \u00e9troitement li\u00e9 aux ma\u00e7ons et charpentiers.<br \/>\nD&rsquo;apr\u00e8s un document du XVIe si\u00e8cle, \u00ab L\u00e9zin laissa parmi les perrayeurs une m\u00e9moire b\u00e9nie. Ceux-ci lui \u00e9lev\u00e8rent donc une chapelle \u00e0 l&rsquo;endroit o\u00f9 il fendit lui-m\u00eame la premi\u00e8re ardoise. \u00bb<br \/>\nOn voit que les hypoth\u00e8ses ne manquent pas. Laissons aux \u00e9rudits le soin de les examiner ; un fait est \u00e9tabli : la chapelle, \u00ab oeuvre de pi\u00e9t\u00e9 des carriers \u00bb, existait au XVIe. Elle se dressait sous les ombrages du bois de La Brosse, qui prit bient\u00f4t le nom du saint \u00e9v\u00eaque. Ce bois disparut et fit place \u00e0 un village c&rsquo;est le quartier de Saint-L\u00e9zin \u00e0 Tr\u00e9laz\u00e9.<br \/>\nNon seulement les perrayeurs, mais tous les Angevins ont le devoir d&rsquo;honorer ce saint, car ils lui doivent beaucoup.<br \/>\nFils d&rsquo;un certain Gautier qui avait \u00e9t\u00e9, para\u00eet-il, un des leudes de Clotaire Ier, L\u00e9zin fut \u00e9lev\u00e9 \u00e0 la cour m\u00e9rovingienne ; il suivit vraisemblablement les le\u00e7ons de l&rsquo;\u00e9cole du Palais. Les chroniqueurs contemporains qui l&rsquo;approch\u00e8rent sont d&rsquo;accord pour louer sa science et sa pi\u00e9t\u00e9. (<em>l&rsquo;encyclop\u00e9die de Migne ajoute m\u00eame qu&rsquo;il appartenait \u00e0 une famille illustre, qui lui fit donner une \u00e9ducation digne de sa haute naissance&#8230; proche parent de Clotaire 1er. J&rsquo;ajoute que Clotaire ayant eu 6 \u00e9pouses, il \u00e9tait ais\u00e9 dans un pays alors peu peupl\u00e9 de se retrouver des alliances royales.<\/em>)<br \/>\nBon chr\u00e9tien, le fils de Gautier ne semblait pourtant pas destin\u00e9 aux ordres sacr\u00e9s. (<em>toujours selon l&rsquo;encyclop\u00e9die de Migne : \u00ab loin de se laisser \u00e9blouir par l&rsquo;\u00e9clat des grandeurs, L\u00e9zin menait \u00e0 la cour une vie p\u00e9nitente, qu&rsquo;il sanctifiait par le je\u00fbne et la pri\u00e8re. \u00bb Ainsi, Radegonde n&rsquo;\u00e9tait donc pas seule en pri\u00e8res \u00e0 la cour de Clotaire !<\/em> )<br \/>\nClotaire en fit m\u00eame un comte d&rsquo;Anjou et le chargea d&rsquo;administrer le pays en son nom. Chilp\u00e9ric, successeur de Clotaire, ratifia ce choix.<br \/>\nL\u00e9zin fut un prudent gouverneur. La d\u00e9tresse des pauvres gens, les malheurs qui l&rsquo;environnaient, les difficult\u00e9s aussi de sa t\u00e2che, le d\u00e9tourn\u00e8rent peu \u00e0 peu du monde et l&rsquo;incit\u00e8rent \u00e0 embrasser la vie monastique. Il h\u00e9sitait toutefois. Un \u00e9trange incident vint fortifier son d\u00e9sir.<br \/>\nPour r\u00e9compenser son z\u00e8le, Chilp\u00e9ric, en bon suzerain, s&rsquo;\u00e9tait propos\u00e9 de le marier. Il lui destinait une jeune fille belle et sage, bien digne du comte. Au vrai, L\u00e9zin manifestait peu d&rsquo;enthousiasme pour le mariage. Ce lien supr\u00eame lui fermait d\u00e9finitivement la voie en laquelle il r\u00eavait de s&rsquo;engager. Mais comme il lui \u00e9tait difficile de r\u00e9sister \u00e0 l&rsquo;offre de son ma\u00eetre, il se laissa fiancer.<br \/>\nLe jour des noces \u00e9tait proche, un merveilleux miracle, \u2014 ce sont les propres termes du chroniqueur \u2014 un merveilleux miracle se produisit : la jeune fille fut frapp\u00e9e de l\u00e8pre. C&rsquo;\u00e9tait bien l\u00e0 le signe par quoi se manifestait la volont\u00e9 divine, plus forte que celle des hommes. L\u00e9zin le comprit et Chilp\u00e9ric aussi. Le gouverneur de l&rsquo;Anjou r\u00e9signa toutes ses fonctions et se retira dans un monast\u00e8re.<br \/>\nMoine \u00e0 Nantilly ou \u00e0 Chalonnes, l&rsquo;on est mal fix\u00e9 \u2014 L\u00e9zin esp\u00e9rait s&rsquo;y faire oublier. Les vicissitudes politiques contrecarr\u00e8rent \u00e0 nouveau son go\u00fbt pour la tranquillit\u00e9. Chilp\u00e9ric avait disparu ; Clotaire II au berceau, c&rsquo;\u00e9tait son oncle Gontran qui, avec Fr\u00e9d\u00e9gonde, gouvernait. L&rsquo;\u00e9v\u00eaque d&rsquo;Angers \u00e9tant venu \u00e0 mourir, les anciens compagnons qui entouraient Gontran et Fr\u00e9d\u00e9gonde estim\u00e8rent indispensable de mettre sur le tr\u00f4ne \u00e9piscopal un homme s\u00fbr et brave. L\u00e9zin leur parut tout d\u00e9sign\u00e9. Il r\u00e9sista fort, puis finit par c\u00e9der.<br \/>\nLe nouvel \u00e9v\u00eaque convertit les p\u00e9cheurs, secourut les pauvres, r\u00e9conforta les prisonniers. On dit m\u00eame qu&rsquo;il en d\u00e9livra un grand nombre. On mettait en prison avec lib\u00e9ralit\u00e9 au VIe si\u00e8cle. Ceux qui avaient cess\u00e9 de plaire \u00e9taient ais\u00e9ment envoy\u00e9s en \u00ab chartre priv\u00e9e \u00bb. Un jour qu&rsquo;il passait pr\u00e8s de la prison, L\u00e9zin entendit les cris de supplication des malheureux. Il interc\u00e9da pour eux, sans succ\u00e8s. Alors, il pria le Ciel, \u00ab et les verrous tomb\u00e8rent, et les gonds des portes se d\u00e9tach\u00e8rent&#8230; \u00bb On a conserv\u00e9 longtemps en l&rsquo;\u00e9glise Saint-Julien d&rsquo;Angers, suspendus au mur comme ex-voto, les verrous de la prison arrach\u00e9s par la vertu de L\u00e9zin.<br \/>\nL&rsquo;\u00e9v\u00eaque d&rsquo;Angers ne ressentait jamais de plus grande joie que de consacrer au Seigneur de chastes vierges. Sous son \u00e9piscopat, nombreuses furent les jeunes Angevines qui furent par lui vou\u00e9es au Christ. Un tableau, d&rsquo;ailleurs moderne, il n&rsquo;est pas ant\u00e9rieur au XVIe si\u00e8cle \u2014 de l&rsquo;H\u00f4tel-Dieu de Beaufort rappelle le souvenir de ces cons\u00e9crations.<br \/>\nMais tout le monde n&rsquo;\u00e9coutait pas respectueusement la parole du pr\u00e9lat. La haine du christianisme, ancr\u00e9e au fond de certains coeurs obstin\u00e9s, provoquait parfois de belles bagarres. T\u00e9moin la sc\u00e8ne de violences dont fut victime le futur archev\u00eaque de Cantorb\u00e9ry, Augustin, qui, escort\u00e9 d&rsquo;une troupe de moines, parcourut l&rsquo;Anjou au temps de L\u00e9zin.<br \/>\nAugustin et ses compagnons \u00e9taient parvenus aux portes d&rsquo;Angers, exactement aux Ponts-de-C\u00e9. Il \u00e9tait tard; le soleil se couchait. Remettant au lendemain la fin de sa course, le missionnaire d&rsquo;outre-Manche se proposait de passer la nuit sur les bords de la Loire. L&rsquo;hospitalit\u00e9 angevine ne se manifesta pas en sa faveur ! Des femmes, v\u00e9ritables m\u00e9g\u00e8res, refus\u00e8rent de lui ouvrir leur seuil, ameut\u00e8rent le voisinage et, saisissant des pierres, commenc\u00e8rent \u00e0 lapider les moines. Ceux-ci s&rsquo;enfuirent, poursuivis par la horde f\u00e9minine. Mais ils \u00e9taient \u00e9puis\u00e9s ; ils n&rsquo;all\u00e8rent pas loin et d\u00e9j\u00e0 \u00e9taient rejoints, quand le missionnaire, pour se d\u00e9fendre, leva son b\u00e2ton de p\u00e8lerin et, d&rsquo;un faux mouvement, le laissa retomber sur le sol. Aussit\u00f4t, de la terre, une source jaillit. Frapp\u00e9es de stupeur, les poursuivantes s&rsquo;agenouill\u00e8rent et implor\u00e8rent pardon. On le leur accorda ; en souvenir du miracle, L\u00e9zin fit \u00e9lever pr\u00e8s de la source une chapelle qui fut d\u00e9di\u00e9e \u00e0 saint Augustin,<br \/>\nOn jugea pourtant que la gent f\u00e9minine m\u00e9ritait punition : interdiction fut donc faite aux femmes de p\u00e9n\u00e9trer dans la chapelle. Longtemps, elles durent assister aux offices du parvis de l&rsquo;oratoire et jamais elles ne furent autoris\u00e9e a puiser de l&rsquo;eau dans la fontaine.<br \/>\nL\u00e9zin ne se contenta pas de construire des chapelles. Il fut &#8211; nous l&rsquo;avons dit &#8211; un grand b\u00e2tisseur d&rsquo;\u00e9glises. Il fit ex\u00e9cuter Saint-Jean-Baptiste, qui fut plus tard appel\u00e9e Saint-Julien. Pour donner un \u00e9clat consid\u00e9rable au nouvel \u00e9difice, L\u00e9zin d\u00e9cidu d&rsquo;envoyer \u00e0 Rome un messager qu\u00e9rir une reli\u00e9 e di Pr\u00e9curseur : pour cette mission de confiance, ii choisit son disciple pr\u00e9f\u00e9r\u00e9, Mairnbceuf, qui devait plus tard lui succ\u00e9der sur le tr\u00f4ne d&rsquo;Angers.<br \/>\nL&rsquo;auteur anonyme de la vie de saint Maimboeuf en vers fran\u00e7ais nous a cont\u00e9 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement :<\/p>\n<ol>\nQuand saint L\u00e9zin tr\u00e8s d\u00e9bonnaire<br \/>\nEut de nouvellement fait faire<br \/>\nUne \u00e9glise de bel ouvrage<br \/>\nSi r\u00e9cola en son courage<br \/>\nLa sapience et la bont\u00e9<br \/>\nDe saint Maimb\u0153uf le vrai prud&rsquo;homme<br \/>\nAu saint-p\u00e8re jusques \u00e0 Rome<br \/>\nIl transmit la l\u00e9gation.<\/ol>\n<p>Le voyage fut rude. Enfin, ayant pr\u00e9cieusement sauvegard\u00e9 la relique, Maimboeuf reprit le chemin du retour :<\/p>\n<ol>\nA la cit\u00e9 dessus dite<br \/>\nD&rsquo;Angers entreprit son chemin<br \/>\nAu bon \u00e9v\u00eaque saint L\u00e9zin<br \/>\nPr\u00e9senta le don pr\u00e9cieux,<br \/>\nQui le re\u00e7ut d&rsquo;un coeur joyeux.<\/ol>\n<p>L&rsquo;\u00e9glise Saint-Jean-Baptiste fut bient\u00f4t achev\u00e9e. Et ce fut pour L\u00e9zin une grande joie d&rsquo;aller s&rsquo;y recueillir toutes les fois que ses lourdes charges lui laissaient quelques loisirs. Mais, \u00e0 peine dehors, l&rsquo;\u00e9v\u00eaque \u00e9tait assailli de pauvres, de malades et d&rsquo;infirmes qui le suppliaient. Un jour, importun\u00e9 par cette foule ou plong\u00e9 dans une m\u00e9ditation int\u00e9rieure, il ne sembla pas voir douze l\u00e9preux post\u00e9s sur son chemin. Pour attirer son attention, les malheureux pouss\u00e8rent de grands cris. Emu, l&rsquo;\u00e9v\u00eaque se contenta de lever la main pour les b\u00e9nir et continua sa route. Mais ce simple geste avait suffi ; tous les douze furent gu\u00e9ris. Maimb\u0153uf, qui avait assist\u00e9 \u00e0 la sc\u00e8ne, s&#8217;empressa d&rsquo;avertir L\u00e9zin. Celui-ci, rempli d&rsquo;humilit\u00e9 et de reconnaissance, chargea son disciple de construire aux lieux m\u00eames du miracle une \u00e9glise consacr\u00e9e \u00e0 la Croix du Sauveur : telle fut l&rsquo;origine de l&rsquo;\u00e9glise Sainte-Croix d&rsquo;Angers.<br \/>\nL\u00e9zin souhaitait se retirer en un ermitage, laissant Maimb\u0153uf continuer sa t\u00e2che. Il ne put r\u00e9aliser ce voeu :<\/p>\n<ol>\nMais en brief, il fut empesch\u00e9<br \/>\nPar infirmit\u00e9 tellement Que tantost v\u00e9ritablement<br \/>\nL&rsquo;\u00e2me rendit au Cr\u00e9ateur<br \/>\nQui l&rsquo;a mis en gloire et honneur.<\/ol>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait le 1er novembre 6o8. L\u00e9zin fut inhum\u00e9 dans la crypte de l&rsquo;\u00e9glise Saint-Jean-Baptiste. Quand il fut \u00e9lev\u00e9 au rang des saints, en 638, Maimb\u0153uf d\u00e9cida de transporter son corps dans une chapelle \u00e0 droite du choeur. Une grande c\u00e9r\u00e9monie eut lieu \u00e0 cette occasion. On ouvrit le cercueil pour mettre les restes d\u00fb pr\u00e9lat dans une ch\u00e2sse. A la grande surprise des assistants, les v\u00eatements du saint, apr\u00e8s trente ans, n&rsquo;avaient subi aucune alt\u00e9ration. On les pla\u00e7a avec soin pr\u00e8s du corps et l&rsquo;on prit l&rsquo;habitude de les exposer \u00e0 la vue des fid\u00e8les, tous les ans, le 13 f\u00e9vrier. Cette coutume se perp\u00e9tua jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du XVIIIe si\u00e8cle. Le bon chanoine P\u00e9an de La Tuilerie, qui composa une description d&rsquo;Angers \u00e0 cette \u00e9poque, note en effet : \u00ab Les ornements avec lesquels L\u00e9zin c\u00e9l\u00e9broit l&rsquo;office divin se montrent encore aujourd&rsquo;hui. \u00bb Et un autre historien pr\u00e9cise que \u00ab la chasuble, d&rsquo;une forme antique, \u00e9tait d&rsquo;une \u00e9toffe de soie tiss\u00e9e d&rsquo;or. Aux deux extr\u00e9mit\u00e9s, deux figures en broderie d&rsquo;or repr\u00e9sentaient, l&rsquo;une Eve s\u00e9duite par le serpent avec ces mots Per Evam perditio, l&rsquo;autre, la Vierge au moment de l&rsquo;Annonciation, avec ces mots Per Maniam recuperatio. Son aube et son amict, d&rsquo;une toile ouvr\u00e9e, \u00e9taient encore entiers. \u00bb<br \/>\nAu XVe si\u00e8cle, L\u00e9zin fut choisi par les \u00e9tudiants de la nation d&rsquo;Anjou \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 d&rsquo;Angers, comme saint patron. On sait que les \u00e9coliers \u00e9taient group\u00e9s, suivant leur nation ou r\u00e9gion d&rsquo;origine, en diverses nations. Il y avait la nation de France, celle de Bretagne, celle d&rsquo;Aquitaine, etc. La nation d&rsquo;Anjou \u00e9tait la premi\u00e8re et la plus importante. Le 13 f\u00e9vrier \u00e9tait, pour les \u00e9tudiants de cette nation, jour de liesse et de grandes r\u00e9jouissances. On c\u00e9l\u00e9brait solennellement la f\u00eate du saint et un \u00e9tudiant ou un ma\u00eetre \u00e9tait charg\u00e9 de prononcer son pan\u00e9gyrique. T\u00e2che parfois aride : quand on ne voulait pas r\u00e9p\u00e9ter chaque ann\u00e9e les m\u00eames antiennes, il fallait faire preuve de grand savoir ou d&rsquo;originalit\u00e9.<br \/>\nL\u00e9zin n&rsquo;\u00e9tait pas tr\u00e8s connu dans les campagnes angevines. Certes, son nom \u00e9tait encore assez fr\u00e9quemment donn\u00e9 jadis au bapt\u00eame. Cette coutume a presque totalement disparu. Une seule paroisse est plac\u00e9e sous son patronage, celle de Saint-L\u00e9zin d&rsquo;Aubance, non loin du Layon. on y voit, comme \u00e0 la chapelle de Bel-Air, en Tr\u00e9laz\u00e9, une statue du saint. A Rochefort-sur-Loire qui est proche, une fontaine miraculeuse lui est d\u00e9di\u00e9e : elle passe pour avoir jailli sous les pieds de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque. (<em>et j&rsquo;ajoute, au risque de me r\u00e9p\u00e9ter, que fin 16e et d\u00e9but 17e si\u00e8cles, <a href=\"http:\/\/www.odile-halbert.com\/Vivre\/Calendrier-StAubin-Pavoil.pdf\">Mr le cur\u00e9 de saint Aubin du Pavoil avait saint L\u00e9zin dans son calendrier.<\/a> Je reste persuad\u00e9e qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas le seul, et que lui et ses confr\u00e8res v\u00e9hiculaient donc la m\u00e9moire de saint L\u00e9zin, d&rsquo;o\u00f9 la fr\u00e9quence de ce pr\u00e9nom dans nos r\u00e9gistres paroissiaux, alors que Radegonde est beaucoup plus discr\u00e8te sur ce plan<\/em>)<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/odileO.gif\" title=\" \" class=\"alignnone\" width=\"40\" height=\"50\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/odileH.gif\" title=\" \" class=\"alignnone\" width=\"40\" height=\"50\" \/> Odile Halbert &#8211; <strong>Reproduction interdite sur autre endroit d&rsquo;Internet <\/strong> seule une citation ou un lien sont autoris\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Merci \u00e0 Philippe de nous avoir initi\u00e9s aux d\u00e9buts de l&rsquo;ardoise en Anjou, plus tardifs que saint L\u00e9zin. Ce billet \u00e9tait pr\u00e9par\u00e9 car j&rsquo;avais attendu la date de sainte Radegonde, hier, pour le faire suivre, tant il est li\u00e9 dans le temps, \u00e0 travers le roi CLotaire 1er, dont voici aujourd&rsquo;hui un autre proche : &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2008\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;saint L\u00e9zin, \u00e9v\u00eaque d&rsquo;Angers au 6e si\u00e8cle, honor\u00e9 le 13 f\u00e9vrier bien que d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 1er novembre 608&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2755],"tags":[273,272,16],"class_list":["post-2008","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire-religioncroyances-niveau-de-vie","tag-ardoisier","tag-lezin","tag-saint"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2008","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2008"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2008\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19148,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2008\/revisions\/19148"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2008"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2008"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2008"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}