﻿{"id":27014,"date":"2020-04-06T08:00:18","date_gmt":"2020-04-06T06:00:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=27014"},"modified":"2020-04-06T08:59:09","modified_gmt":"2020-04-06T06:59:09","slug":"fin-de-la-peste-puis-dysenterie-de-1639-en-anjou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=27014","title":{"rendered":"Fin de la peste, puis dysenterie de 1639 en Anjou"},"content":{"rendered":"<p>extraits de l&rsquo;ouvrage de Fran\u00e7ois LEBRUN, l<em>es Hommes et la mort en Anjou aux XVIIe et XVIIIe si\u00e8cles,<\/em> Flammarion, 1975<\/p>\n<ul>\n<li><strong>chapitre IX : La conjoncture d\u00e9mographique : peste et m\u00e9faits des gens de guerre 1583-1660<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>&#8230;<\/p>\n<ul>\n<li><strong>3 -La peste de 1625 \u00e0 1640<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>&#8230;<br \/>\n1626<br \/>\nA Ch\u00e2teau-Gontier, les m\u00e9faits de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie semblent avoir \u00e9t\u00e9 limit\u00e9s. Peut-\u00eatre faut-il y voir la cons\u00e9quence des mesures \u00e9nergiques prises par la municipalit\u00e9. D\u00e8s le 17 juillet 1626, celle-ci interdit l\u2019entr\u00e9e de la ville aux habitants d\u2019Angers et autres lieux \u00ab o\u00f9 il y a de la maladie de contagion \u00bb, et nomme trois chasse-gueux pour veiller aux portes. Cependant, quelques cas s\u2019\u00e9tant d\u00e9clar\u00e9s en septembre, il est d\u00e9cid\u00e9, le 18, de transporter les malade dansla closerie du Bois-Plaid\u00e9 o\u00f9 ils seront soign\u00e9s par un chirurgien ; les 6 et 14 octobre, des mesures de police et d\u2019hygi\u00e8ne publicque sont \u00e9dict\u00e9es : interdiction aux habitants des faubourgs d\u2019entrer en ville, tenue du march\u00e9 hors les murs, expultion dansles vingt-quatre heures de tous les chiens et de tous les porcs (\u00ab \u00e0 faulte, permis de les tuer \u00bb), obligation de tenir les maisons \u00ab nettes tant dehors que dedans \u00bb<br \/>\n&#8230;<br \/>\nA Angers par contre, la peste de 1626 m\u00e9rite tout autant que celle de 1583 d\u2019\u00eatre appell\u00e9e la grand peste. Tout commence en f\u00e9vrier dans le faubourg Saint-Michel o\u00f9 23 d\u00e9c\u00e8s sont enregistr\u00e9s en quelques jours ; pour \u00e9viter des inhumations intra-muros, on rouvre le cimeti\u00e8re Saint-Sauveur, d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9 en 1583. En d\u00e9pit de cette pr\u00e9caution, le mal p\u00e9n\u00e8tre en ville o\u00f9 la situation est tr\u00e8s vite d\u2019autant plus grave que les maisons et les rues sont encombr\u00e9es de pauvres des paroisses voisines, \u00ab m\u00e9tayers, closiers et autres gens de labeur \u00bb qui, raconte Louvet, ont abandonn\u00e9 leurs villages \u00e0 cause de la chert\u00e9 des bl\u00e9s et sont venus en ville avec femmes et enfants pour demander l\u2019aum\u00f4ne. N<br \/>\n&#8230;<br \/>\nEn m\u00eame temps qu\u2019\u00e0 Angers, la peste r\u00e9apara\u00eet un peu partout dans la province en 1631 et 1632, notamment \u00e0 Baug\u00e9, o\u00f9 l\u2019on enregistre en six mois, de mai \u00e0 octobre 1631, 216 d\u00e9c\u00e8s, soit quatre fois plus qu\u2019en temps normal.<br \/>\n..<br \/>\nA la fin de 1632, intervient pour la province une courte r\u00e9mission avant la derni\u00e8re offensive des ann\u00e9es 1636-1640. En septembre 1636, des cas de peste ayant \u00e9t\u00e9 signal\u00e9s \u00e0 Angers, rue Valdemaine, le sanitat de la Panti\u00e8re est ouvert. Il est ferm\u00e9 d\u00e8s le 20 d\u00e9cembre, mais il faut l\u2019ouvrir \u00e0 nouveau au printemps 1637. Une fois de plus l\u2019hiver am\u00e8ne une r\u00e9gression du mal et le printemps et l\u2019\u00e9t\u00e9 de 1638, sa r\u00e9surgence : en juillet 1638, les malades sont envoy\u00e9s \u00e0 la Panti\u00e8re et le chirurgien et le r\u00e9collet qui en prennent soint sont install\u00e9s dans la tour Guillou. La flamb\u00e9e cette fois d\u00e9borde la ville et atteint de nombreuses paroisses de la campagne, notamment en Craonnais et en Baugeois.<\/p>\n<p>De nouveau en sommeil durant l\u2019hiver, la peste r\u00e9apara\u00eet en juillet 1639, \u00e0 Angers et un peu partout dans la province. Cette nouvelle manifestation, consid\u00e9r\u00e9e d\u00e9sormais par les Angevins comme une fatalit\u00e9 li\u00e9e au retour de la belle saison, n\u2019et ni plus ni moins meurtri\u00e8re que celles des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. Mais dans les premiers jours d\u2019octobre, une terrible \u00e9pid\u00e9mie de dysenterie frappe de nombreuses paroisses de l\u2019Anjou, avec une simultan\u00e9it\u00e9 et une brutalit\u00e9 \u00e9tonnantes. Dysenterie bacillaire et peste sont des maladies trops distinctes l\u2019une de l\u2019autre et alors trop fr\u00e9quentes pour que les contemporains s\u2019y trompent. Valuche note dans son journal \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 1639 : \u00ab Au mois d\u2019octobre, les maladies de discenterie se sont tant enracin\u00e9es de tous cost\u00e9s tant \u00e8s villes et aux champs que homme vivant n\u2019avoit point vu si grande mortalit\u00e9 pour esetre universille \u00bb ; de leur c\u00f4t\u00e9, plusieurs cur\u00e9s imputent avec pr\u00e9cision \u00e0 la dysenterie, non \u00e0 la \u00ab contagion \u00bb leur paroisse ; enfin Barth\u00e9l\u00e9my Roger se montreta un chroniqueur exact lorsqu\u2019il \u00e9crira vers 1670 : \u00ab Sur la fin de l\u2019ann\u00e9e 1639, la dissenterie survint en Anjou qui, avec un reste de contagion, emporta une infinit\u00e9 de personnes. \u00bb. L\u2019\u00e9tude attentive des retistres paroissiaux permet de constater d\u2019abord que l\u2019\u00e9pid\u00e9mie a touch\u00e9 essentiellement l\u2019ouest et le centre de la province ; le sud des Mauges, le Saumurois-Layon, la plus grande partie du Baugeois parraissent avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9s. Il semble bien que l\u2019\u00e9pid\u00e9mie soit venue de haute Bretagne et du Pays Nantais o\u00f9 la dysenterie fait des ravages d\u00e8s l\u2019\u00e9t\u00e9 de 1639. La s\u00e9cheresse exceptionnelle a certainement contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019extention de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie : \u00ab On tient, \u00e9crit Valuche, que c\u2019est \u00e0 cause de la grande st\u00e9rilit\u00e9 d\u2019eaulx qui est \u00e8s-puitz et fontaines, et des eaulx sales et bourbeuses qu\u2019lon a beu. \u00bb. En tout cas, c\u2019est d\u00e8s les premiers jours d\u2019octobre &#8211; parfois, comme \u00e0 Az\u00e9, d\u00e8s les derniers jours de septembre &#8211; que les cur\u00e9s angevins enregistrent les premiers d\u00e9c\u00e8s dus \u00e0 la dysenterie, aussi bien \u00e0 Beaupr\u00e9au qu\u2019\u00e0 Grez-en-Bou\u00e8re, \u00e0 Brissax qu\u2019a Cand\u00e9. Les denieres inhumations massives datent du milieu de d\u00e9cembre ; pratiquement dans la derni\u00e8re semaine de l\u2019ann\u00e9e, le fl\u00e9au dispara\u00eet avec la m\u00eame simultan\u00e9it\u00e9 et la m\u00eame soudainet\u00e9 qu\u2019il est apparu tois mois plus t\u00f4t. Ainsi, m\u00eame l\u00e0 o\u00f9 les cur\u00e9s n\u2019ont pas employ\u00e9 explicitement le mot de dysenterie, le seul fait de la hausse brutale de la mortalit\u00e9, tr\u00e8s rigoureusement limit\u00e9e au dernier trimestre de l\u2019ann\u00e9e, permet d\u2019invoquer, sans risque d\u2019erreur, le m\u00eame mal implacable que dans les paroisses voisines.<br \/>\n&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>extraits de l&rsquo;ouvrage de Fran\u00e7ois LEBRUN, les Hommes et la mort en Anjou aux XVIIe et XVIIIe si\u00e8cles, Flammarion, 1975 chapitre IX : La conjoncture d\u00e9mographique : peste et m\u00e9faits des gens de guerre 1583-1660 &#8230; 3 -La peste de 1625 \u00e0 1640 &#8230; 1626 A Ch\u00e2teau-Gontier, les m\u00e9faits de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie semblent avoir \u00e9t\u00e9 limit\u00e9s. &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=27014\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Fin de la peste, puis dysenterie de 1639 en Anjou&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2796],"tags":[4776,4775],"class_list":["post-27014","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-epidemies","tag-dysenterie-de-1639","tag-peste"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/27014","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=27014"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/27014\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":34698,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/27014\/revisions\/34698"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=27014"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=27014"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=27014"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}