﻿{"id":2769,"date":"2008-10-02T05:58:57","date_gmt":"2008-10-02T03:58:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2769"},"modified":"2008-10-03T13:22:02","modified_gmt":"2008-10-03T11:22:02","slug":"nantes-la-brume-ludovic-garnica-de-la-cruz-chapitre-xi-le-cul-de-sac-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2769","title":{"rendered":"NANTES LA BRUME, Ludovic GARNICA de la Cruz, chapitre XI le cul-de-sac"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2506\">d\u00e9but du chapitre XI : le cul-de-sac<\/a><\/p>\n<p>chapitre <a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=1776\">1 : le brouillard <\/a>&#8211; <a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=1788\">2 : la ville <\/a>&#8211; <a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=1800\">3 : la batonnier et l&rsquo;armateur <\/a>&#8211; <a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=1809\">4 : le peintre <\/a>&#8211; <a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=1905\">5 : le clan des ma\u00eetres <\/a>&#8211; <a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=1914\">6 : rue Pr\u00e9mion <\/a>&#8211; <a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2165\">7 : labyrinthe urbain<\/a> &#8211; <a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2326\">chapitre 7, suite<\/a> &#8211; <a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2334\">8 : les \u00e9cailles <\/a>&#8211; <a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2344\">9 : emprises mesquines <\/a>&#8211; <a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2382\">10 : carnaval<\/a> &#8211; <a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2506\">11 : le cul-de-sac<\/a> &#8211;<br \/>\nLudovic Garnica de la Cruz. Nantes la brume. 1905. Num\u00e9risation Odile Halbert, 2008 &#8211; <strong>Reproduction interdite<\/strong>.<\/p>\n<p>Coac\u2026 coar\u2026 ard\u2026 ac\u2026 ard\u2026coc coa cco ard\u2026<\/p>\n<li><em>Phare, Populaire\u2026<\/em> vient de para\u00eetre<\/li>\n<p>Les vendeurs de journaux se dispersaient en la ville, hurlant dans leur corne criarde et courant sans cesse \u00e0 qui arriveraient les premiers au bout des multiples art\u00e8es. D\u2019autres allaient prendre leur place coutumi\u00e8re pr\u00e8s du kiosque des trams, ou faisaient la tourn\u00e9e des grands caf\u00e9s.<br \/>\nSept heures et quart environ ; Ren\u00e9 se rendait au restaurant. Un camelot l\u2019aga\u00e7a : <em>Phare, Populaire<\/em>, m\u2019sieu ! Il acheta un num\u00e9ro de chaque.<br \/>\nDe nombreux trottins trouss\u00e9s jusqu&rsquo;aux genoux se pressaient par les rues boueuses, montrant leurs mollets s\u00e9duisants aux vieux marcheurs l&rsquo;oeil au guet. Les magasins vidaient leurs employ\u00e9s, calicots inanes et coquettes vendeurs aux yeux cercl\u00e9s par les doigts de l&rsquo;amour, aussi les humbles mis\u00e9reuses trop pauvres ou trops laides, les souffre-douleur d&rsquo;ateliers dont on ricane au passage, l&rsquo;apprentie qui se poudre et singe la premi\u00e8re.<br \/>\nRue d&rsquo;Orl\u00e9ans, \u00e0 la devanture d&rsquo;un marchand de comestibles, o\u00f9 sur la nappe blanche et propre d&rsquo;architecturaient des plats succulents, sculpt\u00e9s de promesses all\u00e9chantes, une gosse se haussait sur la vitrine ; elle semblait fascin\u00e9e, enflant ses narines. La gamine n&rsquo;\u00e9tait pas grosse ; ses os se moulaient \u00e0 sa robe noire mince pour l&rsquo;hiver. Comment ne grelottait-elle pas sous cette minuscule p\u00e9lerine qui lui tombait \u00e0 peine aux coudes ? Pas de fourrures, pas de gants, des doigts bleuis, crois\u00e9s sur son corsage, une petite frimousse p\u00e2le exsangue, adorablement jolie ; ses cheveux \u00e9taient enroul\u00e9s en chignon, &#8211; comme une dame, quoi ! Flairant une nouvelle aventure, Ren\u00e9 l&rsquo;aborda gentiment.<\/p>\n<li>Aimeriez-vous ces plats ?<\/li>\n<li>Oh ! oui, monsieur.<\/li>\n<li>Voulez-vous d\u00eener avec moi ? il y aura des choses aussi bonnes.<\/li>\n<li>Je veux bien&#8230; Vous ne me ferez pas rentrer tard car je serai battue ?<\/li>\n<li>Non ! J&rsquo;irai vous reconduire.<\/li>\n<p>Au restautant. Une salle \u00e9troite. Un feu de charbon rouge comme une blessure vive. La table bourr\u00e9e de plats exquis ; une orgie d&rsquo;excellents mets et de vins de choix. Ren\u00e9 en face la gamine. Il lui avait nou\u00e9 la serviette autour du cou ; sans crainte de se t\u00e2cher, elle fourrageait ses mains dans la graisse, le beurre et les sucreries. Elle d\u00e9vorait gloutonnement, graissait ses joues, son menton, son nez, usait rarement de la fourchette, pr\u00e9f\u00e9rant la commodit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;usage. Ren\u00e9 s&rsquo;amusait fort int\u00e9rieurement de la voir se gaver.<\/p>\n<li>Tu avais faim, je crois ?<\/li>\n<li>Dame, je n&rsquo;avais pas mang\u00e9 depuis hier soir. Et encore, c&rsquo;est pas bon chez nous ?<\/li>\n<li>Vous \u00eates nombreux chez vous ?<\/li>\n<li>Y a le p\u00e8re, la m\u00e8re et deux m\u00f4mes de cinq et six ans&#8230; qui sont bien mignons&#8230; on n&rsquo;est pas riches, monsieurs, on n&rsquo;a pas de pain tous les jours. Le p\u00e8re est manoeuvre. Il travaille pas souvent. Il se cuite avec ses paies et nous bat tous quand il est saoul., autrement, il est pas m\u00e9chant. La m\u00e8re est estropi\u00e9e. Elle est des jours sans se lever. Elle se plaint. Le m\u00e9decin dit que c&rsquo;est pas la peine qu&rsquo;il vienne, qu&rsquo;y a rien \u00e0 faire. Quant aux moutards, ils n&rsquo;ont pas de fricot comme \u00e7a eux.<\/li>\n<li>Tu les aimes bien tes petits fr\u00e8res ?<\/li>\n<li>Ils sont si mignons&#8230; on se prive pour eux. Les grands supportent mieux la mis\u00e8re que les petits&#8230; Veux-tu que j&#8217;emporte du poulet dans un papier pour leur donner avec des g\u00e2teaux.<\/li>\n<li>Prends ce que tu voudras ; tiens, aussi cette pi\u00e8ce d&rsquo;or.<\/li>\n<li>Non : Maman me battrait&#8230; et le p\u00e8re donc, y m&rsquo;en ficherait une tourn\u00e9e&#8230; Je leur donnera \u00e7a \u00e0 manger en cachette ; ils seront contents&#8230; J&rsquo;en ai assez&#8230; o\u00f9 vas-tu m&#8217;emmener maintenant ?  Tu ne me feras pas rentrer tard ?<\/li>\n<li>Sois tranquille&#8230; Embrasse-moi si tu es contente.<\/li>\n<li>Elle s&rsquo;essuya soigneusement la bouche et grimpant sur ses genoux, elle l&#8217;embrassa sur les deux joues.<\/li>\n<li>Quel \u00e2ge as-tu, douze ans ?<\/li>\n<li>Des prunes&#8230; dix-huit ans au mois de mai prochain.<\/li>\n<li>Tu mens&#8230; une gringalette comme toi.<\/li>\n<li>J&rsquo;ai pas profit\u00e9, pardine. Nous, les pauvres, on peut pas se d\u00e9velopper comme les riches, \u00e0 boire de l&rsquo;eau, du pain sec et quelquefois des journ\u00e9es \u00e0 souffrir la faim et travailler quand m\u00eame sous peine d&rsquo;\u00eatre jet\u00e9e \u00e0 la porte par la patronne.<\/li>\n<li>Qu&rsquo;est-ce que tu fais ?<\/li>\n<li>Je suis chez une couturieur. Elle me donne quinze sous par jour&#8230; Et je ne paie rien ; je porte le tout \u00e0 la maison&#8230; \u00c7a nous fait pas beaucoup pour tous.<\/li>\n<li>\u00c7a ne m&rsquo;\u00e9tonnent pas si les devantures gourmandes te tentent.<\/li>\n<li>Oh ! Elles ne me tentent pas. Je suis envieuse. Je le fais expr\u00e8s.<\/li>\n<li>Expr\u00e8s ?<\/li>\n<li>C&rsquo;est un truc. Quand j&rsquo;ai trop faim et qu&rsquo;il y aura pas \u00e0 la maison, je me colle comme ce soir contre la vitrine. C&rsquo;est rare qu&rsquo;il ne passe pas un vieux qui m&rsquo;invite \u00e0 d\u00eener avec lui.<\/li>\n<li>Ce soir, ce fut un jeune&#8230;<\/li>\n<li>C&rsquo;est la premi\u00e8re fois.<\/li>\n<li>Lorsque tu as d\u00een\u00e9 qu&rsquo;est ce qu&rsquo;ils te disent les vieux ?<\/li>\n<li>Ils m&#8217;emm\u00eanent avec eux dans une chambre&#8230; Je couche avec, pardi.<\/li>\n<li>Et \u00e7a te fait plaisir d&rsquo;aller avec ces gens-l\u00e0.<\/li>\n<li>\u00c7a m&rsquo;est \u00e9gal&#8230; ni froid ni chaud&#8230; faut payer avec ce qu&rsquo;on a&#8230;les hommes ne donnent pas \u00e0 mangers aux filles pour rien.<\/li>\n<li>Tu ne sais donc pas que c&rsquo;est mal ?<\/li>\n<li>Mal !&#8230; et crever de faim est-ce bien ? <\/li>\n<li>Tu te trouves heuseuse ?<\/li>\n<li>\u00c7a d\u00e9pend&#8230; Quand j&rsquo;ai bien mang\u00e9 et que le p\u00e8re me bat pas, je suis contente.<\/li>\n<p>Longtemps encore il l&rsquo;interrogea. Elle r\u00e9pondait de sa voix simple, contant avec na\u00efvet\u00e9 son humble vie d&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme, de d\u00e9vouements, d&rsquo;abn\u00e9gation, avec une r\u00e9signation touchante et triste \u00e0 pleureur ; une \u00e2me d&rsquo;\u00e9lite que la mis\u00e8re imb\u00e9cile consuit \u00e0 l&rsquo;indiff\u00e9rence de la brute par les sentiers de la souffrance besogneuse. L&rsquo;id\u00e9al tu\u00e9 \u00e0 coups d&rsquo;\u00e9pingles ; sur son cadavre l&rsquo;acceptation d&rsquo;une existence born\u00e9e aux soucis pressant du vivre quotidien, avilissement naturel, comme fatal, du corps ch\u00e9tif idiotant l&rsquo;\u00e2me.<br \/>\nIl eut piti\u00e9 de la pauvre fille. Il la caressa tendrement, presque d\u00e9votement, ainsi qu&rsquo;une martyre n\u00e9cessaire \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Il crut s&rsquo;amurer avec une petite soeur longtemps absente, une petite soeur orpheline sans autre soutien qu&rsquo;un grand fr\u00e8re. Elle s&rsquo;\u00e9tait chattement pelotonn\u00e9e dans ses bras. En ce nid chaud elle s&rsquo;\u00e9tait endormie. Le silence. L&rsquo;horloge tic-taquait, insupportable, r\u00e9guli\u00e8re. Ren\u00e9 r\u00e2vait, les doigts frisottant les boucles de la gamine. Son r\u00eave puis\u00e9 \u00e0 la beaut\u00e9 de sa compagne lui mit soudain un d\u00e9sir comme un coup de fouet. Il se leva en sursaut.<\/p>\n<li>Partons, dit-il \u00e0 voix basse.<\/li>\n<p>Somnolente encore elle se laissa conduire par la main. L&rsquo;air frais de la nuit la r\u00e9veilla compl\u00e8tement.<\/p>\n<li>O\u00f9 habites-tu, petite ?<\/li>\n<li>Rue des Carm\u00e9lite&#8230; on rente ?<\/li>\n<li>Oui.<\/li>\n<li>Tu ne fais pas comme les autes ?&#8230; Tu me trouves mal ?<\/li>\n<li>Non !&#8230; Je te plains de tout mon coeur et je t&rsquo;aime pare que tu es une souffrance imm\u00e9rit\u00e9 dont les goujats seuls peuvent abuser.<\/li>\n<li>Alors, c&rsquo;est pas pour \u00e7a&#8230; que tu m&rsquo;as offert \u00e0 d\u00eener ?<\/li>\n<li>Non !&#8230; C&rsquo;est parce que tu m&rsquo;as fait piti\u00e9.<\/li>\n<li>Dis-tu vrai !&#8230; Tu as peut \u00eatre d\u00e9go\u00fbt des vieux d&rsquo;avant toi !<\/li>\n<li>Il ne r\u00e9pondit pas. Elle secoua la t\u00eate.<\/li>\n<li>C&rsquo;est pas possible que tu m&rsquo;aies donn\u00e9 \u00e0 manger pour la peau&#8230; Tu me connaissait pas&#8230; Tu me carottes.<\/li>\n<li>Crois ou ne crois pas, petite amie, reprit avec s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 Ren\u00e9. Je n&rsquo;ai aucun m\u00e9pris de tes ant\u00e9rieurs. Je n&rsquo;en ai qu&rsquo;une grande compassion. Fais ce que tu voudras. Sache cependant qu&rsquo;il y a de bons coeurs, des \u00e2mes susceptibles d&rsquo;obliger leur prochain pour le bien ou comme r\u00e9paration de l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 des fortunes. Si tu penses parfois \u00e0 moi, rappelle-toi que je t&rsquo;ai aim\u00e9e en maudissant le sort qui t&rsquo;a jet\u00e9e dans la vie&#8230; Au revoir, mignonne, je m&rsquo;appelle Ren\u00e9 de Lorcin ; j&rsquo;habite ru Saint-Pierre. Si tu as faim, viens chez moi ; tu auras ce que tu voudras sans te demander en \u00e9change qu&rsquo;un baiser de soeur, et une promesse de ne plus retourner avec ses autres qui profitent de leur charit\u00e9.<\/li>\n<p>Des larmes brillaient aux cils de la jeune fille.<\/p>\n<li>Bonsoir, monsieur, merci&#8230; voulez-vous que je vous embrasse ?<\/li>\n<p>Il se pencha. Elle entoura son cou de ses deux bras et lui dit imperceptiblement \u00e0 l&rsquo;oreille.<\/p>\n<li>Si vous voulez, je vous aimerai de tout mon coeur&#8230; je sor le soir \u00e0 sept heures rue d&rsquo;Orl\u00e9ans.<\/li>\n<p>Avait-elle menti ? Etait-elle partie ? Ne se rappelait-elle plus son adresse ? Ren\u00e9 ne la revit pas et ne sut jamais ce qu&rsquo;elle \u00e9tait devenue.<\/p>\n<p>Le lendemain matin avant de se lever, il s&rsquo;\u00e9tirait, retardait le moment de sauter sur la descente de lit. Les journaux achet\u00e9s la veille gisaient sur la table de nuit. La t\u00eate hors des draps, il les parcourut par ci, par l\u00e0. Un titre l&rsquo;attira : <em>Suicide d&rsquo;un banquier.<\/em> Il fut stup\u00e9fait, \u00e9pouvant\u00e9&#8230;<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab &#8230; Hier, vers quatre heures et demie, une d\u00e9tonation retentissait dans le cabinet de M. Delange, banquier, rue de la Barillerie. Les employ\u00e9s se pr\u00e9cipit\u00e8rent. Ils trouv\u00e8rent leur patron encore assis dans son fauteuil de cuir, couvert de sang, la cervelle \u00e9clat\u00e9e, un oeil hors de l&rsquo;orbite. On courut pr\u00e9venir la police&#8230; \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Ren\u00e9 se leva comme un fou, s&rsquo;habilla en deux tours de main et courut chez le peintre.<\/p>\n<li>Tu as sans doute appris la triste nouvelle et tu viens m&rsquo;apporter tes condol\u00e9ances, lui dit Charles en le voyant entrer.<\/li>\n<li>Mon pauvre ami, je viens de lire le journal. C&rsquo;set affreux. Je tiens \u00e0 te renouveler mon amiti\u00e9 et me mettre \u00e0 ton service pour tout ce dont tu pourrais avoir besoin.<\/li>\n<p>Charles sourit douloureusement.<\/p>\n<li>Ne pas abandonner le fils d&rsquo;un suicid\u00e9, c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 la meilleure preuve de l&rsquo;amiti\u00e9. Merci ! Autour du cadavre vont s&rsquo;agiter les spectres de la haine. Ils remueront la mare de sang de mon p\u00e8re pour m&rsquo;en \u00e9clabousser la face. Leur rancune ne pardonnera pas les pertes d&rsquo;argent. Toucher la bourse, c&rsquo;est toucher plus qu&rsquo;\u00e0 la vie. Vae victis ! Je vais apprendre ce que va ma couter mon d\u00e9dain de leurs pr\u00e9jug\u00e9s, de leurs routines, de leurs allurs de gens bien pensants. Ils vont souffler sur mes ailes orgueilleuses et lointaines l&rsquo;odeur chol\u00e9rique de leurs m\u00e9chancet\u00e9s satisfaites ; ils s&rsquo;en donneront \u00e0 coeur joie dans le sang caill\u00e9 du suicide.<\/li>\n<p>L&rsquo;enterrement fut triste, presque une fuite. Ren\u00e9 et quelques rares amis, peu de parents honteux accompagn\u00e8rent Charles derri\u00e8re le cercueil de son p\u00e8re. La ville semblait press\u00e9e de se d\u00e9barasser d&rsquo;un pustule soudainement crev\u00e9.<\/p>\n<p>Ludovic Garnica de la Cruz. Nantes la brume. 1905. Num\u00e9risation Odile Halbert, 2008 &#8211; <strong>Reproduction interdite<\/strong>.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/odileO.gif\" title=\" \" class=\"alignnone\" width=\"40\" height=\"50\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/odileH.gif\" title=\" \" class=\"alignnone\" width=\"40\" height=\"50\" \/> Odile Halbert &#8211; <strong>Reproduction interdite sur autre endroit d&rsquo;Internet <\/strong> seule une citation ou un lien sont autoris\u00e9s.<strong><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>d\u00e9but du chapitre XI : le cul-de-sac chapitre 1 : le brouillard &#8211; 2 : la ville &#8211; 3 : la batonnier et l&rsquo;armateur &#8211; 4 : le peintre &#8211; 5 : le clan des ma\u00eetres &#8211; 6 : rue Pr\u00e9mion &#8211; 7 : labyrinthe urbain &#8211; chapitre 7, suite &#8211; 8 : les \u00e9cailles &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2769\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;NANTES LA BRUME, Ludovic GARNICA de la Cruz, chapitre XI le cul-de-sac&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[78],"tags":[247,246,248],"class_list":["post-2769","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-nantes","tag-garnica-de-la-cruz","tag-nantes-la-brume","tag-roman"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2769","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2769"}],"version-history":[{"count":25,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2769\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3464,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2769\/revisions\/3464"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2769"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2769"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2769"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}