﻿{"id":3334,"date":"2008-10-06T06:21:19","date_gmt":"2008-10-06T04:21:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=3334"},"modified":"2010-07-03T12:20:40","modified_gmt":"2010-07-03T10:20:40","slug":"memoire-davent-loeuvre-clandestine-dun-angevin-a-saint-julien-de-concelles-1794-1802-rene-lemesle-chapitre-1er","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=3334","title":{"rendered":"M\u00e9moire d&rsquo;Avent, l&rsquo;oeuvre clandestine d&rsquo;un Angevin \u00e0 Saint-Julien-de-Concelles 1794-1802 :  Ren\u00e9 Lemesle &#8211; chapitre 1er"},"content":{"rendered":"<p>(C) Editions Odile HALBERT<br \/>\nISBN 2-9504443-1-8<br \/>\n<strong>Reproduction interdite sur autre endroit d&rsquo;Internet <\/strong> Discussion autoris\u00e9e sur ce blog.<\/p>\n<ol>\n<strong>Si vous souhaitez discuter de cet ouvrage, merci de le faire ici et non sur d&rsquo;autres forums ou blogs. Merci d&rsquo;avoir un peu de respect pour mon travail, car lorsque vous discutez ailleurs (c&rsquo;est \u00e0 dire dans mon dos) vous fa\u00eetes tourner les d\u00e9tenteurs des autres blogs ou forums.<\/strong><\/ol>\n<p><strong>Chap\u00eetre I<\/strong><\/p>\n<p><strong>DE L&rsquo;ANJOU A SAINT-JULIEN-DE-CONCELLES <\/strong><\/p>\n<li><strong>Neuville et Grez<\/strong><\/li>\n<p>La commune de Grez-Neuville, pr\u00e8s du Lion-d&rsquo;Angers, dans le Segr\u00e9en, au nord de l&rsquo;actuel d\u00e9partement de Maine-et-Loire, a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e en 1789 du bourg de Neuville et de sa succursale paroissiale, Grez, situ\u00e9e sur l&rsquo;autre rive de la Mayenne. En 1766 les pr\u00eatres desservent la succursale, mais il n&rsquo;y a pas de pont pour s&rsquo;y rendre et la rivi\u00e8re est large&#8230; <\/p>\n<p>En ce 23 f\u00e9vrier 1766, le grand froid dure depuis si longtemps que J. Davy ne se sou-vient plus quand il a commenc\u00e9 : il a vu la Mayenne prendre en masse, et on la traverse \u00e0 pied sec. Il a m\u00eame entendu dire que la Loire est travers\u00e9e elle aussi \u00e0 pied, entre Saint-Florent-le-Vieil et Varades. Les anciens ont beau essayer de se rem\u00e9morer, aucun hiver ne leur a laiss\u00e9 un souvenir aussi glacial depuis 1709. <\/p>\n<p>Engourdi par le froid, monsieur le vicaire de Neuville et Grez, vient de faire deux grosses ratures. Il s&rsquo;est tromp\u00e9 de sexe d\u00e8s le d\u00e9but de l&rsquo;acte de bapt\u00eame et cela n&rsquo;est pas pardon-nable. Peut-on confondre Marguerite avec Ren\u00e9 ? Enfin, il a \u00e9corch\u00e9 le pr\u00e9nom de Fran\u00e7oise-Scholastique Gardais. Certes, elle porte un pr\u00e9nom peu fr\u00e9quent, mais il figure pourtant dans le rituel et il l&rsquo;a oubli\u00e9.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.01.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.01.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"568\" height=\"250\" \/><\/a><br \/>\nMa\u00eetre Jean Lemesle, forgeron \u00e0 Neuville, est heureux d&rsquo;avoir un fils pour lui succ\u00e9der un jour. Il aime sa forge et il en est fier, depuis qu&rsquo;il a appris son m\u00e9tier \u00e0 Nyoiseau chez le p\u00e8re Gardais. Car Jean est le troisi\u00e8me fils de Jean Lemesle et d&rsquo;Anne Houdmond, issus d&rsquo;une longue lign\u00e9e de marchands de fil et de filassiers du Craonnais et du Segr\u00e9en. Le fil ne suffisait plus \u00e0 nourrir tous les Lemesle qui y travaillaient et Jean avait choisi la forge.<br \/>\n   Mari\u00e9 \u00e0 Nyoiseau, le 12.02.1760, \u00e0 Fran\u00e7oise-Scholastique Gardais, il a eu avant 1766 deux fils, pr\u00e9nomm\u00e9s Jean-Charles, d\u00e9c\u00e9d\u00e9s peu apr\u00e8s leur naissance.<br \/>\n   Paul Gaudin, parrain de ce nouveau fils Lemesle, n&rsquo;a pas donn\u00e9 son pr\u00e9nom au baptis\u00e9 ! Il est pourtant cultiv\u00e9 : il signe tr\u00e8s habilement. Les Lemesle ne peuvent donc pas faire comme tout le monde, et appeler leur fils Paul comme le parrain, ou Jean comme le p\u00e8re&#8230; Pensez donc, ils l&rsquo;ont appel\u00e9 Ren\u00e9, comme de nombreux Angevins depuis ce Plantagenet. On aime tant se souvenir du bon roi Ren\u00e9 dans ce petit coin du dioc\u00e8se d&rsquo;Angers, tellement qu&rsquo;\u00e0 Neuville et Grez il y a autant de Ren\u00e9 que de Pierre (1). Tous les Angevins ont la m\u00eame adoration pour leur roi favori et nulle part en France on a autant de Ren\u00e9 dans les familles du XVIII\u00e8me si\u00e8cle. <\/p>\n<p>Mais l&rsquo;abb\u00e9 J. Davy est jeune et avec le temps, il s&rsquo;habituera \u00e0 \u00e9crire correctement \u00ab\u00a0Scholastique\u00a0\u00bb. Avec M. le Recteur, qui est tr\u00e8s \u00e2g\u00e9, il a la charge de 1 300 \u00e2mes et administre chaque ann\u00e9e en moyenne 35 bapt\u00eames, 14 mariages et 33 s\u00e9pultures (1). <\/p>\n<p>La besogne n&rsquo;est pas facile depuis que le pont s&rsquo;est \u00e9croul\u00e9. Pour traverser la Mayenne, qui s\u00e9pare Neuville de sa succursale Grez, l&rsquo;abb\u00e9 J. Davy prend souvent le bac. Le prieur de la Chapelle de Grez, Louis-S\u00e9bastien Bestrie y dit chaque jour la messe sous le retable de cuir dor\u00e9, sans avoir le droit d&rsquo;administrer les sacrements de mariage et de bapt\u00eame ; M. le Vicaire doit s&rsquo;y rendre. <\/p>\n<p>Le petit Ren\u00e9 ne grandit pas longtemps \u00e0 Grez-Neuville, car bient\u00f4t son p\u00e8re quitte la forge pour celle de Vern-d&rsquo;Anjou, plus apte \u00e0 nourrir la petite famille compos\u00e9e d\u00e9j\u00e0 de Marie-Anne, Ren\u00e9 et Charlotte-Fran\u00e7oise.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.02.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.02.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"568\" height=\"250\" \/><\/a><br \/>\nL&rsquo;\u00e9glise de Neuville, reconstruite en 1704, conserve encore, en 1990, un arceau ogival du XIII\u00e8me si\u00e8cle et un autel richement d\u00e9cor\u00e9 de marbre. <\/p>\n<li><strong>Vern-d&rsquo;Anjou<\/strong><\/li>\n<p>   La petite famille s&rsquo;installe \u00e0 Vern vers les ann\u00e9es 1770. Le bourg est un noeud de communications : de Cand\u00e9 et du Louroux-B\u00e9connais au Lion-d&rsquo;Angers, et de Segr\u00e9 \u00e0 Saint-Georges. Il est aussi un centre artisanal pr\u00e9industriel, avec un four \u00e0 chaux et une briquetterie \u00e0 la Drou\u00e8re, qui fournit \u00ab\u00a0une excellente chaux, pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 celle de Montjean et d&rsquo;Angers\u00a0\u00bb pour approvisionner le Craonnais, ainsi que des ardoisi\u00e8res \u00e0 la Bicheti\u00e8re et \u00e0 la Pinardi\u00e8re (2). En 1806, Vern compte 14 moulins dont 4 \u00e0 eau et 4 huiliers, 9 filassiers, 4 cardeurs, 3 tanneurs, 1 charbonnier et 34 fileuses (2).<br \/>\n   Le jeune Ren\u00e9 grandit au milieu de ses quatre soeurs et de son fr\u00e8re, la famille s&rsquo;est agrandie \u00e0 Vern de Gervais, Anne et Perrine. Il aime le contact de ses camarades fils d&rsquo;ouvriers et artisans, admire les fours \u00e0 chaux, les ardoisi\u00e8res, o\u00f9 il se fait des amis. Il d\u00e9couvre les aspects vari\u00e9s des activit\u00e9s humaines et il saura bient\u00f4t s&rsquo;y fondre comme un cam\u00e9l\u00e9on. Mais n&rsquo;anticipons pas, car pour le moment son p\u00e8re le cherche encore.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.03.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.03.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"568\" height=\"250\" \/><\/a><br \/>\n<em>le prieur\u00e9 de Vern en 1910<\/em><\/p>\n<p>   Tout en martelant, Jean Lemesle fulmine.  Fran\u00e7oise-Scholastique ne lui a donn\u00e9 qu&rsquo;un \u00ab bon \u00e0 rien \u00bb : Ren\u00e9 a encore disparu dans l&rsquo;un de ces endroits dont il a le secret.<br \/>\n   Son fils se pla\u00eet mieux dans la fra\u00eecheur de l&rsquo;ancien prieur\u00e9, parmi les livres, que dans l&rsquo;atelier de la forge.<br \/>\n   C&rsquo;est pourtant \u00e0 la forge qu&rsquo;est sa place, car il faudra bien qu&rsquo;il la prenne un jour en main, car Gervais n&rsquo;en sera jamais capable : il est maladif.<br \/>\n   Il y a du travail \u00e0 la forge et ce fain\u00e9ant n&rsquo;est pas press\u00e9 d&rsquo;apprendre le m\u00e9tier de forgeron. <\/p>\n<p>   Voil\u00e0 qu&rsquo;il s&rsquo;est mis dans la t\u00eate d&rsquo;\u00e9tudier avec M.le Recteur. Qu&rsquo;a-t-il besoin d&rsquo;\u00e9tudier ? On sait \u00e9crire depuis longtemps chez les Lemesle et cela est bien suffisant. Jean craint l&rsquo;influence du pr\u00eatre qui pourrait bien lui ravir son fils.<br \/>\n   Puis un jour, Ren\u00e9 annonce \u00e0 son p\u00e8re sa d\u00e9cision : <\/p>\n<li>Tu es mar\u00e9chal en oeuvres blanches ; ta forge attire du monde, et je sais que tu veux que je te succ\u00e8de, mais je souhaite entrer au s\u00e9minaire car Dieu m&rsquo;appelle \u00e0 une autre forge, celle des \u00e2mes. <\/li>\n<p>   Fran\u00e7oise-Scholastique tente en vain de s&rsquo;interposer entre les deux hommes qui s&rsquo;affrontent maintenant. Elle est si fi\u00e8re de ce fils et elle souhaite tant qu&rsquo;il devienne pr\u00eatre. Seulement, son p\u00e8re s&rsquo;y oppose : il ne pense qu&rsquo;\u00e0 la forge&#8230;<br \/>\n   Elle se souvient alors de sa jeunesse et une id\u00e9e jaillit dans sa t\u00eate : <\/p>\n<li>Ne te tracasse donc pas comme cela pour la forge, Jean. Regarde plut\u00f4t chez les Phelippeau, \u00e0 la Pou\u00e8ze, ou chez les Robert, au Louroux-B\u00e9connais : ils ont chacun un fils qui ferait bien l&rsquo;affaire, et puis tes filles&#8230; Te souviens-tu comment tu m&rsquo;as connue ? <\/li>\n<p>  Oui, Jean se rappelle. C&rsquo;\u00e9tait \u00e0 Nyoiseau, il y a tout juste 20 ans. Le p\u00e8re Gardais l&rsquo;avait pris comme apprenti. Il avait une fille lui aussi&#8230; une Fran\u00e7oise-Scholastique. Les deux jeunes gens s&rsquo;\u00e9taient unis au pied de la magnifique abbaye.<br \/>\n   Jean a d\u00e9j\u00e0 remarqu\u00e9 le jeune Mathurin Phelippeau de la Pou\u00e8ze, et le jeune Fran\u00e7ois Robert du Louroux-B\u00e9connais : eux au moins, ils aiment le travail. Il pourrait en parler au p\u00e8re Phelippeau, et prendre son fils comme apprenti.<br \/>\nFran\u00e7oise-Scholastique a peut-\u00eatre raison, et il s&rsquo;avoue vaincu. Il a perdu son fils, car qu&rsquo;est ce qu&rsquo;un fils au s\u00e9minaire pour un forgeron ? Alors, il admire l&rsquo;ardeur de Mathurin, et l&rsquo;une de ses filles fera bien l&rsquo;affaire&#8230; Tout de m\u00eame, jamais il ne pourra se faire \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que lui, Jean Lemesle, a un fils pr\u00eatre.<br \/>\n   A la forge on voit passer du monde, ceux de Loir\u00e9, de Craon, de la Pou\u00e8ze, du Louroux-B\u00e9connais, de beaucoup plus loin ; on colporte les nouvelles, on discute.<br \/>\nVern se pr\u00e9pare \u00e0 la R\u00e9volution, elle va devenir r\u00e9publicaine et Jean Lemesle sera bient\u00f4t l&rsquo;un de ses partisans. <\/p>\n<li><strong>Chemaz\u00e9<\/strong><\/li>\n<p>   Situ\u00e9e \u00e0 7 km au sud-ouest de Ch\u00e2teau-Gontier, la paroisse de Chemaz\u00e9 poss\u00e8de en 1789 deux succursales : Moli\u00e8re et Bourg-Philippe. Rattach\u00e9e au dioc\u00e8se d&rsquo;Angers, elle va en \u00eatre s\u00e9par\u00e9e le 26.02.1790 pour rejoindre le d\u00e9partement de la Mayenne nouvellement cr\u00e9\u00e9.<br \/>\n   En ce mois de d\u00e9cembre 1790, Ren\u00e9 s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 rendre visite \u00e0 sa famille dont il n&rsquo;est s\u00e9par\u00e9 que par 27\u00fakm qui sont vite franchis \u00e0 pied. Il vient d&rsquo;\u00eatre nomm\u00e9 \u00e0 Chemaz\u00e9, sur la route de Segr\u00e9 \u00e0 Chateau-Gontier. A 24 ans, il manque d&rsquo;exp\u00e9rience, mais doit prendre une terrible d\u00e9cision : il a l&rsquo;intention d&rsquo;en faire part \u00e0 sa m\u00e8re. Il redoute la discussion avec son p\u00e8re, car pour Jean Lemesle cela ne fait aucun doute : son fils doit pr\u00eater serment.<br \/>\n   Et Fran\u00e7oise-Scholastique est inqui\u00e8te de ce serment car son intuition f\u00e9minine lui annonce des jours difficiles pour son fils. Cette Constitution ne lui dit rien de bon. Qu&rsquo;adviendra t-il s&rsquo;il pr\u00eate serment comme lui sugg\u00e8rent son p\u00e8re et son cur\u00e9, Jean Gentilhomme ? Elle a bien senti qu&rsquo;il \u00e9tait influenc\u00e9 par les deux hommes, plus \u00e2g\u00e9s que lui. Ils ont des tas de bonnes raisons : libert\u00e9, \u00e9galit\u00e9, fraternit\u00e9&#8230;, mais son Ren\u00e9 ne peut tout de m\u00eame pas renier son Dieu !<br \/>\nDoucement, elle le confie \u00e0 la Vierge du retable qu&rsquo;elle a vue dans l&rsquo;\u00e9glise de Chemaz\u00e9, le jour o\u00f9 toute la famille \u00e9tait venue assister \u00e0 l&rsquo;installation.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.04.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.04.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"568\" height=\"250\" \/><\/a>   <\/p>\n<p>   No\u00ebl s&rsquo;est pass\u00e9 dans la tension \u00e0 la cure de Chemaz\u00e9. Aujourd&rsquo;hui Jean Gentilhomme et son vicaire Ren\u00e9 Lemesle allongent le pas pour rencontrer Louis Labour\u00e9, vicaire desservant la succursale de Moli\u00e8re.<br \/>\n   Les 4,2 km sont vite franchis, car les deux pr\u00eatres sont habitu\u00e9s aux distances \u00e0 pied. De trente ans son a\u00een\u00e9, M. le Cur\u00e9 exprime fermement sa position : \u00ab\u00a0nous pr\u00eaterons serment tous les deux\u00a0\u00bb. Et chemin faisant, il affirme sa confiance en cette r\u00e9publique naissante.<br \/>\n   La jeunesse de Ren\u00e9 le rend d\u00e9pendant de cet homme si ferme sur ses positions. D&rsquo;ailleurs, il se sent aussi \u00e9branl\u00e9 par la position de Pierre Letourneur, vicaire de la succursale de Bourg-Philipe, qui, lui aussi, pr\u00e9conise de pr\u00eater serment. Pierre Letourneur se r\u00e9tractera apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 serment, et reprendra son minist\u00e8re en 1801 (3).<br \/>\n   Louis Labour\u00e9, natif de Gennes, les re\u00e7oit cordialement, mais la discussion est vive cependant. Louis n&rsquo;est pas de l&rsquo;avis de son cur\u00e9, mais il ne r\u00e9side pas sous le m\u00eame toit et peut se montrer plus ind\u00e9pendant. Il s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 refuser le serment ; plus tard il rejoindra l&rsquo;arm\u00e9e vend\u00e9enne, puis se cachera dans le pays de Laval, Meslay et Chang\u00e9, avant de devenir au Concordat cur\u00e9 de Loign\u00e9 (4). <\/p>\n<blockquote><p>Jean Gentilhomme, n\u00e9 \u00e0 Angers en 1737, cur\u00e9 de Chemaz\u00e9, sera \u00e9lu officier municipal apr\u00e8s son serment, mais sera destitu\u00e9 le 09.01.1793. Il apostasiera le 07.02.1794 et jouira \u00e0 Ch\u00e2teau-Gontier d&rsquo;une pension de l&rsquo;\u00e9tat en 1796 (4).  <\/p><\/blockquote>\n<p>   Nous retrouvons Ren\u00e9 Lemesle gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;article \u00ab\u00a0Chemaz\u00e9\u00a0\u00bb du dictionnaire bibliographique de l&rsquo;Abb\u00e9 Angot pour la Mayenne, et l&rsquo;article \u00ab\u00a0Vergonnes\u00a0\u00bb de celui de C\u00e9lestin Port pour l&rsquo;Anjou (5,ancienne \u00e9dition) <\/p>\n<blockquote><p>Ren\u00e9 Lemesle pr\u00eate d&rsquo;abord un serment restrictif, mais finit pas suivre l&rsquo;exemple de son cur\u00e9. Il est nomm\u00e9 cur\u00e9 de Vergonnes le 02.08.1791. Il ne reste cur\u00e9 intrus de Vergonnes que cinq semaines et est remplac\u00e9 le 13.09.1791 par Violay (3).  <\/p><\/blockquote>\n<blockquote><p>Lemesle, vicaire de Chemaz\u00e9, est \u00e9lu le 02.04.1791, mais c&rsquo;est Gagneux qui signe en 1793 \u00ab\u00a0cur\u00e9 et officier public\u00a0\u00bb (5). <\/p><\/blockquote>\n<li><strong>Vergonnes<\/strong><\/li>\n<p>   Bord\u00e9e au nord par la for\u00eat d&rsquo;Ombr\u00e9e, surplombant No\u00ebllet et Combr\u00e9e, entre Pouanc\u00e9 et Le Lion-d&rsquo;Angers, la bourgade de Vergonnes ne compte que 248 \u00e2mes. Le maire, Jacques Jallot, est un bon patriote. Le cur\u00e9 Trochon a pr\u00eat\u00e9 serment en f\u00e9vrier 1791, puis s&rsquo;est r\u00e9tract\u00e9 aussit\u201ct. Il sera arr\u00eat\u00e9 le 4 germinal V (=24.03.1797).<br \/>\n   Voici donc Ren\u00e9, \u00e0 peine \u00e2g\u00e9 de 25 ans, nomm\u00e9 cur\u00e9 asserment\u00e9 d&rsquo;une paroisse de 248 \u00e2mes majoritairement patriotes, en pleine r\u00e9gion de bourgs patriotes.<br \/>\n   Le registre de catholicit\u00e9 de Vergonnes est muet sur Lemesle. S&rsquo;il y est rest\u00e9 un mois, il n&rsquo;a laiss\u00e9 aucun acte dans le registre. C&rsquo;est Paillard, vicaire, qui le signe jusqu&rsquo;au 28.08.1791 et ses actes se suivent \u00e0 un rythme normal. Puis, d\u00e8s le 06.09.1791, on voit la signature de Gagneux qui y reste longtemps ; il signe en 1793 \u00ab cur\u00e9 et officier public \u00bb.<br \/>\n   Les sources \u00e9crites utilis\u00e9es par C\u00e9lestin Port (5), qui indiquent que Ren\u00e9 Lemesle n&rsquo;aurait \u00e9t\u00e9 que le seul mois d&rsquo;ao\u00fbt 1791 cur\u00e9 intrus de Vergonnes,  sont probablement des traces de sa nomination ; il n&rsquo;y a aucune trace de son installation dans le registre de catholicit\u00e9 et par ailleurs le registre communal des d\u00e9lib\u00e9rations de cette \u00e9poque n&rsquo;existe plus.<br \/>\n   Ren\u00e9 Lemesle ne s&rsquo;est donc probablement jamais pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Vergonnes et il dispara\u00eet d\u00e8s ao\u00fbt 1791.   Qu&rsquo;est-il devenu de 1791 \u00e0 1793 ?       <\/p>\n<li><strong>La longue marche<\/strong><\/li>\n<p>   Pendant les deux ann\u00e9es qui suivent le mois d&rsquo;ao\u00fbt 1791, on perd la trace de Ren\u00e9 Lemesle. Il n&rsquo;est pas pensable qu&rsquo;il soit all\u00e9 se cacher \u00e0 Vern chez un p\u00e8re patriote, qui l&rsquo;aurait mal support\u00e9, au milieu d&rsquo;un bourg tr\u00e8s patriote.<br \/>\n   Ren\u00e9 va imm\u00e9diatemment apprendre \u00e0 se cacher tout seul, en se transformant en ouvrier agricole, etc,&#8230; favoris\u00e9 en cela par son jeune \u00e2ge et sa force physique.<br \/>\nIl sait utiliser toutes les formes de d\u00e9guisement pour se rendre \u00ab\u00a0invisible\u00a0\u00bb, et n&rsquo;a qu&rsquo;une obsession : ne pas impliquer sa m\u00e8re et ses soeurs.<br \/>\n   Il parviendra si bien \u00e0 ne pas compromettre sa famille et \u00e0 se faire oublier, que, lorsque Fran\u00e7oise-Scholastique sera arr\u00eat\u00e9e avec deux de ses filles, Marie et Charlotte, elles seront envoy\u00e9es \u00e0 la Commission Militaire d&rsquo;Angers par Chollet, agent municipal du district de Segr\u00e9 le 27 germinal II (=16.04.1794), mais elles ne seront pas ex\u00e9cut\u00e9es (Liste des prisonniers de Vern envoy\u00e9s \u00e0 la Commission militaire d&rsquo;Angers par Chollet, agent national du district de Segr\u00e9) : femme Lemesle (sa m\u00e8re), fille Lemesle (sa soeur), femme Phelippeau (sa soeur) (6).<br \/>\n   Sa soeur Marie \u00e9pouse constitutionnellement \u00e0 Vern, le 21.11.1791, Mathurin Phelippeau. Sa seconde soeur, Charlotte, \u00e9pousera Fran\u00e7ois Robert le 20.11.1798 au Louroux-B\u00e9connais.<br \/>\n   A quelques kilom\u00e8tres de Vern, No\u00ebl Pinot, cur\u00e9 inserment\u00e9 du Louroux-B\u00e9connais, pr\u00eache la r\u00e9sistance \u00e0 la Constitution Civile du Clerg\u00e9 ; il doit se cacher avant de mourir sur l&rsquo;\u00e9chafaud le 27.02.1794, place du Ralliememt \u00e0 Angers.<br \/>\nLa bonne parole de celui qui deviendra le bienheureux No\u00ebl Pinot parvient-elle \u00e0 Ren\u00e9 ? On peut le supposer. Ren\u00e9, qui ne fait pas conna\u00eetre sa qualit\u00e9 de pr\u00eatre, et encore moins sa qualit\u00e9 de pr\u00eatre asserment\u00e9, commence clandestinement une longue marche de r\u00e9habilitation, car il regrette son serment. Pendant cette p\u00e9riode de sa vie, il fait l&rsquo;apprentissage de la clandestinit\u00e9 dans laquelle il excellera.<br \/>\n    Il se cache au nord-ouest de l&rsquo;Anjou, r\u00e9gion qui vit quelques soul\u00e8vements d\u00e8s mars 1793. La r\u00e9pression est s\u00e9v\u00e8re \u00e0 Combr\u00e9e qui compte 22 hommes guillotin\u00e9s le 01.04.1793 (7). Peu apr\u00e8s, avec un groupe d&rsquo;angevins du nord de la Loire, Ren\u00e9 Lemesle rejoint pr\u00e8s de Nantes la division de Lyrot, qu&rsquo;il suivra d\u00e9sormais. Il a d\u00e9finitivement tourn\u00e9 le dos \u00e0 Vern la patriote. Voici ce qu&rsquo;en dit l&rsquo;Abb\u00e9 Angot : <\/p>\n<blockquote><p>Ren\u00e9 Lemesle, vicaire, finit par se joindre aux Vend\u00e9ens ; il affirme en l&rsquo;an X qu&rsquo;il assistait Bonchamps quand il sauva la vie aux prisonniers r\u00e9publicains, \u00e0 Saint-Florent. Il habitait alors \u00e0 Saint-Julien-de-Concelles, ag\u00e9 de 36 ans. Il passa dans le dioc\u00e8se de Nantes, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Nantes le 07.04.1824 (4).<\/p><\/blockquote>\n<p>Ce passage \u00e0 Saint-Florent-le-Vieil peut \u00eatre rapproch\u00e9 de l&rsquo;anecdote ci-apr\u00e8s, racont\u00e9e dans ses M\u00e9moires par la marquise de la Rochejacquelein : <\/p>\n<blockquote><p>On promena un peu M. de Lescure sur la plage, pour \u00e9loigner la foule, et, dans le moment o\u00f9 elle \u00e9tait moins nombreuse, une quarantaine d&rsquo;officiers mirent le sabre en main et form\u00e8rent un cercle ; par ce moyen, on l&#8217;embarqua facilement. M. du Rivault, ma fille, mon p\u00e8re et moi, avec nos domestiques, nous saut\u00e2mes dans le bateau. Melle de Mesnard aussi ; mais le bateau \u00e9tant trop petit, nous lui d\u00eemes que nous ne pouvions y prendre sa m\u00e8re, couch\u00e9e sur un brancard, et elle redescendit \u00e0 terre.<br \/>\n    Nous voil\u00e0 donc partis; un matelot en chemise, tout en sueur, nous conduisait ; mon p\u00e8re lui dit de nous faire contourner l&rsquo;\u00eele et de nous mener jusqu&rsquo;\u00e0 Varades, pour \u00e9viter \u00e0 M. de Lescure le danger et la fatigue d&rsquo;un double d\u00e9barquement. Jamais on ne put l&rsquo;y faire consentir par promesse, ni par menace ; enfin mon p\u00e8re tira son sabre, alors cet homme lui dit : Monsieur, je vous avoue que je ne suis pas marin, je suis un pr\u00eatre ; la charit\u00e9 me fait passer ces pauvres gens depuis huit heures sans rel\u00e2che, faute de matelot, mais je n&rsquo;ose traverser que ce petit bras peu profond, et je risquerais de vous noyer si je vous faisais faire le tour de l&rsquo;\u00eele. Nous f\u00fbmes contraints d&rsquo;y d\u00e9barquer&#8230; (8)<\/p><\/blockquote>\n<p>   La marquise avait une m\u00e9moire consid\u00e9rable des noms. Si le pr\u00eatre avait dit son nom, elle l&rsquo;aurait sans nul doute retranscrit. Il existait donc au sein de l&rsquo;arm\u00e9e catholique et royale des pr\u00eatres qui se faisaient discrets sur leurs origines. Ren\u00e9 Lemesle en \u00e9tait ; il avait de bonnes raisons, sa famille, son serment.    Le 23 novembre 1793, Jean Lemesle et Mathurin Phelippeau, p\u00e8re et beau-fr\u00e8re de Ren\u00e9, d\u00e9clarent le d\u00e9c\u00e8s de Gervais, le fils cadet de Jean. A-t-il reconnu quelques semaines plus t\u00f4t son fr\u00e8re Ren\u00e9 dans les rangs de l&rsquo;arm\u00e9e vend\u00e9enne ? A-t-il tent\u00e9 de le suivre ?  Nous savons seulement que l&rsquo;arm\u00e9e vend\u00e9enne est bien pass\u00e9e \u00e0 Vern fin octobre 1793.<br \/>\n   Gervais est-il mort naturellement ? Nul ne sait, mais \u00e0 Vern les r\u00e8glements de compte et les morts violentes furent nombreuses pendant la guerre civile (voir Annexe I).  <\/p>\n<li><strong>Le minist\u00e8re clandestin<\/strong><\/li>\n<p>   Saint-Julien-de-Concelles s&rsquo;\u00e9tale sur 6 km, sur la rive gauche de la Loire, \u00e0 l&rsquo;est de Nantes. Bord\u00e9e par La Chapelle-Basse-Mer, Le Loroux-Bottereau, Haute-Goulaine et Basse-Goulaine, cette paroisse de 3\u00fa200 ha compte 3\u00fa165 habitants en 1790 (9). Leur activit\u00e9 est tourn\u00e9e vers le trafic fluvial, la p\u00eache, la culture de la vigne, du chanvre&#8230;<br \/>\n   L&rsquo;abb\u00e9 Fr\u00e9mont, vicaire inserment\u00e9 de Saint-Julien, y exerce clandestinement fin 1791, puis il est \u00e0 Haute-Goulaine d\u00e9but 1792. Il sera arr\u00eat\u00e9 le 05.06.1792 et d\u00e9port\u00e9 en Espagne. Un pr\u00eatre irlandais, du s\u00e9minaire de Nantes, vient pendant quelques mois dire la messe dominicale en l&rsquo;\u00e9glise de Saint-Julien \u00e0 7 h, alors que Le Couteux, cur\u00e9 asserment\u00e9, la dit \u00e0 10 h. Cette situation est probablement due \u00e0 l&rsquo;organisation de fid\u00e8les (voir p.63). Les conflits sont nombreux : <\/p>\n<blockquote><p>A messieurs les administrateurs du district de Clisson : nous vous donnons avis que le sieur Formon (sic) pr\u00eatre cy devant vicaire de Saint-Julien-de-Concelles, apr\u00e8s avoir pass\u00e9 trois mois dans notre municipalit\u00e9, et exerc\u00e9 toute l&#8217;emprise de l&rsquo;aristocratie, s&rsquo;est retir\u00e9 depuis quelque temps \u00e0 Haute-Goulaine et qui entra\u00eene une grande partie des habitants de notre paroisse, qui les confesse et leur fait faire leurs p\u00e2ques depuis le commencement du Car\u00eame, et attire aussi la majeure partie des enfants, qu&rsquo;il leur fait faire leur premi\u00e8re communion quoiqu&rsquo;ils ne soyent point instruits de leur religion ; tous les jours le nombre en diminue dans notre \u00e9glise puisque nos pr\u00eatres nous en ont port\u00e9 plainte, c&rsquo;est pourquoi que nous vous le d\u00e9non\u00e7ons et requerons qu&rsquo;il soit conduit au d\u00e9partement lieu de sa destin\u00e9e suivant l&rsquo;arr\u00eat\u00e9 du d\u00e9partement et sommes messieurs avec un fraternel attachement \u00e0 Vertou le vingt et un mars 1792, vos tr\u00e8s humbles serviteurs Saupin maire, Michel David, Gendron officier municipal, Besnard, Rozier, Affil\u00e9, Sauvestre (10)\n<\/p><\/blockquote>\n<blockquote><p>A messieurs les membres du directoire du d\u00e9partement de la Loire-Inf\u00e9rieure r\u00e9sidant \u00e0 Nantes : le citoyen Riverin Md \u00e9picier \u00e0 Nantes ayant est\u00e9 passer les festes de Pasque au bourg et paroisse de Saint Julien canton du Loroux, y a vu avec surprise un pr\u00eatre irlandais non conformiste y dire la messe et ce \u00e0 l&rsquo;invitation de nombreux aristocrates qui se cotisent entre eux pour le salaire du dit pr\u00eatre a qui ils donnent six livres par chaque messe \u00e0 l&rsquo;insu du cur\u00e9 constitutionnel, ce qui attire un monde consid\u00e9rable de l&rsquo;endroit et des paroisses voisines, qui ne veulent pas reconna\u00eetre de pr\u00eatre asserment\u00e9, si bien qu&rsquo;\u00e0 la grand&rsquo;messe de la paroisse, il ne se trouve pas soixante habitants patriotes. D&rsquo;apr\u00e8s cet expos\u00e9 il en a r\u00e9sult\u00e9 une rixe populaire, dont j&rsquo;est\u00e9 le t\u00e9moing. Un nomm\u00e9 Guillaume Pineaux, domestique dans la paroisse du Loroux, ayant refus\u00e9 \u00e0 payer sa contribution pour la messe du pr\u00eatre irlandais le jour de pasque a \u00e9t\u00e9 battu et maltrait\u00e9 dans la cimeti\u00e8re et \u00e0 la porte de l&rsquo;\u00e9glise de Saint Julien, apr\u00e8s la dite messe basse qui se dit \u00e0 sept heures du matin, heure ordinaire, qui se dit tous les faites et dimanche depuis environ cinq mois, le dit Guillaume Pineau \u00e9tant bien bless\u00e9 a est\u00e9 trouv\u00e9 le chirurgien jur\u00e9 du Loroux qui la pans\u00e9 comme il apput. Par son proc\u00e8s verbal, attach\u00e9 en joint, que je requis pour preuve des faix que je citte cy dessus et dont plusieurs citoyens patriotes du dit lieu mon priez de d\u00e9noncer devant vous, ne voulant pas para\u00eetre estre le d\u00e9nonciateur des troubles que cette messe occasionne, crainte destre assomm\u00e9 par ces fanatiques qui les menassent tous les jours, c&rsquo;est pourquoi ils d\u00e9siraient que cette messe nussent plus lieu et que votre arrest\u00e9 soit suivie de point en point, qu&rsquo;il vous plut de d\u00e9ffendre au pr\u00eatre irlandais d&rsquo;aller davantage faire aucun office eccl\u00e9siastique dans l&rsquo;\u00e9glise de Saint Julien. Le cur\u00e9 Mr le Couteux est bien du mesme avis, mais nossent vous requerir par la mesme cause de ces bons citoyens, je me suis charg\u00e9 de la pr\u00e9sente requeste pour vous prier d&rsquo;y avoir \u00e9gard. sign\u00e9 Riverin, Nantes le 11 avril 1792 (10)\n<\/p><\/blockquote>\n<blockquote><p>Rapport\u00e9 par moi Ren\u00e9 Denis Ragneau Maitre es arts et en chirurgie, chirurgien jur\u00e9 commis au rapport demeurant ville et paroisse du Loroux Bottreau, d\u00e9partement de la Loire Inf\u00e9rieure, district de Clisson, Canton dudit Loroux, que ce jourd&rsquo;hui avril 1792 l&rsquo;an 4 de la libert\u00e9, le nomm\u00e9 Guillaume Pineau ag\u00e9 de 49 ans domestique chez Pierre Lembert laboureur \u00e0 ses terres demeurant au village de la Guissaudi\u00e8re en cette paroisse du Loroux, est venu me trouver \u00e0 mon domicile se plaignant davoir \u00e9t\u00e9 battu et maltrait\u00e9 ce m\u00eame jour, auquel j&rsquo;ai remarqu\u00e9 deux contusions l&rsquo;une l\u00e9g\u00e8re sur la partie moyenne post\u00e9rieure de l&rsquo;avant bras gauche et au dessous du coude une autre plus consid\u00e9rable large de 8 pouces environs du m\u00eame c\u201ct\u00e9, encore du m\u00eame c\u201ct\u00e9 une excoriation sur le coude, ce qui relativement aux f\u00eates ne peut l&#8217;emp\u00eacher de vaquer Mercredi \u00e0 son travail qi&rsquo;il n&rsquo;arrive pas d&rsquo;accident. Les contusions et excoriations paroissent faite par un instrument contondant comme baton, pierre, chute ou autre. Je certifie le pr\u00e9sent sinc\u00e8re et v\u00e9ritable en foi de quoi&#8230; sign\u00e9 D. Ragneau (10)\n<\/p><\/blockquote>\n<p>  Ren\u00e9 Lemesle arrive \u00e0 Saint-Julien-de-Concelles le 07.10.1794. Il vient de Saint-S\u00e9bastien, car les deux premi\u00e8res minutes copi\u00e9es dans le registre sont des bapt\u00eames de S\u00e9bastiennais \u00e2g\u00e9s de deux et trois mois respectivement.<br \/>\n   Son action a \u00e9t\u00e9 relat\u00e9e 100 ans apr\u00e8s par l&rsquo;abb\u00e9 Petard (11) : <\/p>\n<blockquote><p>\u00ab Ren\u00e9 Lemesle n\u00e9 le 23.02.1766 \u00e0 Grez-Neuville, vicaire \u00e0 Chemoz\u00e9 (sic) (partie de l&rsquo;ancien dioc\u00e8se du Mans, dont a \u00e9t\u00e9 form\u00e9 celui de Laval). Au passage de l&rsquo;arm\u00e9e vend\u00e9enne, il s&rsquo;\u00e9tait attach\u00e9 \u00e0 nos paysans et \u00e9tait venu chercher asile sur le territoire de Saint-Julien. Cet abb\u00e9 Lemesle devint l&rsquo;ap\u201ctre de notre pays pendant les plus mauvais jours de la R\u00e9volution. Il ne comptait encore que 28 ans quand il se rencontra pour la premi\u00e8re fois avec l&rsquo;abb\u00e9 Bertaudeau. D\u00e9guis\u00e9 et changeant d&rsquo;asile tous les jours, il \u00e9chappa constamment aux poursuites acharn\u00e9es dont il fut l&rsquo;objet. Il c\u00e9l\u00e9brait la messe et administrait les sacrements partout o\u2014 il le pouvait, dans les granges, dans les celliers, quelquefois en plein champ (la messe fut assez souvent c\u00e9l\u00e9br\u00e9e aux Planches, \u00e0 la Vrilli\u00e8re et dans les greniers de la Richardi\u00e8re, au bourg). Semblable aux pr\u00eatres de la primitive \u00e9glise, il avait avec lui son diacre qui ne le quittait point et l&rsquo;aidait dans la c\u00e9l\u00e9bration des saints myst\u00e8res. L&rsquo;abb\u00e9 Lemesle eut pr\u00e8s de lui l&rsquo;abb\u00e9 Bertaudeau jusqu&rsquo;au mois de mai 1795. Le v\u00e9n\u00e9rable confesseur de la foi portait partout sur lui un petit registre, sur lequel \u00e9taient inscrits fid\u00e8lement les bapt\u00eames, mariages et s\u00e9pultures. Ce registre, pr\u00e9cieuse relique d&rsquo;un ap\u00f4tre dont le nom sera \u00e0 jamais b\u00e9ni parmi nous, existe encore pour l&rsquo;ann\u00e9e 1799 et les ann\u00e9es qui suivent jusqu&rsquo;en 1803. Les actes ant\u00e9rieurs \u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e 1799 ont \u00e9t\u00e9 perdus ; mais une copie bien fid\u00e8le en est conserv\u00e9e dans les archives du presbyt\u00e8re. \u00bb (11)\n<\/p><\/blockquote>\n<p>   En 1802, l&rsquo;abb\u00e9 Charbonnier vient aider quelques mois Lemesle.<br \/>\n   Gautron, fabriqueur en charge, verse une somme de 137 livres  \u00e0 Charbonnier. Les Concellois estiment qu&rsquo;elle appartient \u00e0 Ren\u00e9 Lemesle :<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.05.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.05.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"350\" height=\"240\" \/><\/a>   <\/p>\n<blockquote><p>\u00ab Il n&rsquo;est pas juste, disent-ils, que M. Lemesle, ancien desservant, soit frustr\u00e9 de son traitement au profit d&rsquo;un nouveau qui n&rsquo;est arriv\u00e9 que 5 mois apr\u00e8s l&rsquo;amas de la somme \u00bb (11). <\/p><\/blockquote>\n<p>Pendant 7 ans, avant cet incident, l&rsquo;abb\u00e9 Lemesle a v\u00e9cu de l&rsquo;hospitalit\u00e9 et de la charit\u00e9 de ses ouailles. En f\u00e9vrier 1803, il est nomm\u00e9 vicaire \u00e0 Saint-Nicolas de Nantes et c&rsquo;est Mathurin Livinic qui prend la cure de Saint-Julien. Cependant son d\u00e9part de la paroisse laissera des regrets universels parmi les Concellois. Ceux-ci ne surent probablement jamais qu&rsquo;il avait autrefois pr\u00eat\u00e9 serment. Il s&rsquo;\u00e9tait certes imm\u00e9diatement rachet\u00e9, et ceux qui avaient connaissance de l&rsquo;existence de ce serment \u00e9taient en Anjou.<br \/>\nEn r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, pendant la guerre civile, la population gardait un certain m\u00e9pris pour les jureurs qui s&rsquo;\u00e9taient repris par la suite. Ainsi \u00e0 Chanzeaux, on raconta au comte de Quatrebarbes, 30 ans apr\u00e8s les faits, l&rsquo;anecdote suivante. Les assi\u00e9g\u00e9s sont r\u00e9fugi\u00e9s dans le clocher, sous la conduite de Maurice Ragueneau. Les r\u00e9publicains ont amen\u00e9 de la paille et mis le feu : <\/p>\n<blockquote><p>L&rsquo;abb\u00e9 Blanvillain, environn\u00e9 de mourants qui lui demandaient sa b\u00e9n\u00e9diction venait d&rsquo;\u00eatre bless\u00e9 \u00e0 la t\u00eate. Inond\u00e9 de sang, \u00e9puis\u00e9 de souffrances en face de cette mort pr\u00e9sente de toutes parts, un dernier regret de la vie s&#8217;empara de son \u00e2me, et sa bouche laissant \u00e9chapper quelques paroles de merci, il exprima \u00e0 voix basse le d\u00e9sir de se rendre. \u00ab\u00a0Qu&rsquo;ai-je entendu ? reprend Ragueneau ; ah, monsieur, est-ce \u00e0 vous de mendier votre vie ? Rappelez-vous le serment sacril\u00e8ge que vous avez prononc\u00e9 ; Dieu vous donne pour l&rsquo;expier le bonheur du martyre. Remerciez le, priez pour nous, et donnez l&rsquo;exemple du courage &#8230;\u00a0\u00bb (12) <\/p><\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.06.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.06.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"568\" height=\"290\" \/><\/a>   <\/p>\n<li><strong>Ren\u00e9 Lemesle oubli\u00e9 <\/strong><\/li>\n<p>   Nomm\u00e9 vicaire \u00e0 Saint-Nicolas de Nantes en f\u00e9vrier 1803, cur\u00e9 de Teill\u00e9 en 1808, cur\u00e9 de Cordemais en 1810, aum\u00f4nier du lyc\u00e9e de Nantes en 1818, Ren\u00e9 Lemesle meurt iacre d&rsquo;office \u00e0 la cath\u00e9drale le 07.04.1824.<br \/>\n   Sa soeur cadette, Anne, a \u00e9pous\u00e9 \u00e0 Vern le 24.11.1801 un marchand de toile, Ren\u00e9 Poirier, qui s&rsquo;installe \u00e0 Nantes vers 1805. Leurs deux enfants, \u00e9galement marchands de toile \u00e0 Nantes, furent sa seule famille proche.<br \/>\n   De nos jours, nul ne se souvient de lui \u00e0 Grez-Neuville et \u00e0 Vern-d&rsquo;Anjou. Aucune trace de lui dans les archives et monographies communales. Seuls, Mercier-la-Vend\u00e9e du Lion-d&rsquo;Angers, et les serviteurs de M.de la Grandi\u00e8re, ont laiss\u00e9 \u00e0 Grez-Neuville le souvenir de la guerre civile (1).<br \/>\n   Ren\u00e9 Lemesle aurait aim\u00e9 cette discr\u00e9tion, toute \u00e0 son image. Mais deux si\u00e8cles ont pass\u00e9, et pour sauvegarder l&rsquo;oeuvre des pr\u00eatres clandestins, il paraissait souhaitable de faire conna\u00eetre un exemple.<br \/>\n   J&rsquo;ai choisi le registre clandestin de Saint-Julien-de-Concelles par hasard, dans le seul but d&rsquo;attirer l&rsquo;attention sur ce type de documents en voie de perdition.<br \/>\nCes registres conservent la trace de l&rsquo;h\u00e9ro\u2039sme de beaucoup de nos anc\u00eatres et leur m\u00e9moire y est consign\u00e9e. Les Concellois risquaient le martyr pour la foi (voir p.30).<br \/>\n   J&rsquo;avais commenc\u00e9 la copie informatique du registre de Saint-Julien, afin d&rsquo;en assurer la sauvegarde, lorsqu&rsquo;une chose \u00e9trange m&rsquo;arriva.<br \/>\n   Une nuit, je me suis r\u00e9veill\u00e9e avec une intuition : \u00ab Ce Lemesle dont j&rsquo;allais faire conna\u00eetre l&rsquo;oeuvre ne m&rsquo;\u00e9tait pas inconnu \u00bb !  J&rsquo;avais autrefois fait une g\u00e9n\u00e9alogie \u00ab\u00a0Lemesle\u00a0\u00bb dans le Segr\u00e9en, et des g\u00e9n\u00e9rations de marchands de fil, dont je descends, s&rsquo;y succ\u00e9daient de 1600 \u00e0 nos jours.<br \/>\n   Me levant imm\u00e9diatement, je me dirigeais vers mon dossier g\u00e9n\u00e9alogique \u00ab\u00a0Lemesle\u00a0\u00bb, qui sommeillait depuis plus de 5 ans. A peine ouvert, le dossier confirmait l&rsquo;intuition : Ren\u00e9 Lemesle \u00e9tait pr\u00e9sent \u00e0 Vern en 1800 comme \u00ab t\u00e9moin \u00bb d&rsquo;une d\u00e9claration de naissance \u00e0 l&rsquo;officier municipal. Il y \u00e9tait dit \u00ab vivant \u00e0 Saint-Julien-de-Concelles \u00bb.<br \/>\n   Le pr\u00eatre clandestin, dont j&rsquo;allais faire conna\u00eetre l&rsquo;oeuvre, \u00e9tait \u00e0 Vern en 1800 et il m&rsquo;\u00e9tait alli\u00e9.<br \/>\n   Une grande \u00e9motion me saisit alors : je travaillais depuis plusieurs ann\u00e9es sur la population lorousaine sans me douter que j&rsquo;avais un lien quelconque de parent\u00e9 avec le pr\u00eatre clandestin voisin de Saint-Julien !<br \/>\n   Remontant alors du doigt la volumineuse descendance, \u00e0 la recherche du lien de parent\u00e9, je d\u00e9couvrais qu&rsquo;il \u00e9tait le fr\u00e8re de mon anc\u00eatre Marie, celle-l\u00e0 m\u00eame qui \u00e9pousa constitutionnellement Mathurin Phelippeau.<br \/>\n   Je me recouchais, avec la certitude qu&rsquo;une main divine m&rsquo;avait guid\u00e9e \u00e0 lui. <\/p>\n<ol>\n \u00e0 Ren\u00e9 LEMESLE mon \u00ab\u00a0arri\u00e8re (4 fois)&#8230;grand-oncle\u00a0\u00bb<br \/>\nfait \u00e0 Nantes le 25.12.1990<br \/>\n                                              Odile HALBERT <\/ol>\n<p> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/odileO.gif\" title=\" \" class=\"alignnone\" width=\"40\" height=\"50\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/odileH.gif\" title=\" \" class=\"alignnone\" width=\"40\" height=\"50\" \/> Odile Halbert &#8211;<br \/>\n<strong>Reproduction interdite sur autre endroit d&rsquo;Internet <\/strong> Discussion autoris\u00e9e sur ce blog.<\/p>\n<ol>\n<strong>Si vous souhaitez discuter de cet ouvrage, merci de le faire ici et non sur d&rsquo;autres forums ou blogs. Merci d&rsquo;avoir un peu de respect pour mon travail, car lorsque vous discutez ailleurs (c&rsquo;est \u00e0 dire dans mon dos) vous fa\u00eetes tourner les d\u00e9tenteurs des autres blogs ou forums.<\/strong><\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(C) Editions Odile HALBERT ISBN 2-9504443-1-8 Reproduction interdite sur autre endroit d&rsquo;Internet Discussion autoris\u00e9e sur ce blog. Si vous souhaitez discuter de cet ouvrage, merci de le faire ici et non sur d&rsquo;autres forums ou blogs. Merci d&rsquo;avoir un peu de respect pour mon travail, car lorsque vous discutez ailleurs (c&rsquo;est \u00e0 dire dans mon &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=3334\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;M\u00e9moire d&rsquo;Avent, l&rsquo;oeuvre clandestine d&rsquo;un Angevin \u00e0 Saint-Julien-de-Concelles 1794-1802 :  Ren\u00e9 Lemesle &#8211; chapitre 1er&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2756,2284,1589],"tags":[526,529,532,527,525,522,530,524,531],"class_list":["post-3334","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-culte-catholique-religioncroyances","category-releves-de-bms-recherches","category-guerres-de-vendee","tag-culte-clandestin","tag-grez-neuville","tag-lemesle","tag-pretre-clandestin","tag-registre-clandestin","tag-registre-de-catholicite","tag-saint-julien-de-concelles","tag-vendee","tag-vern-danjou"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3334","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3334"}],"version-history":[{"count":27,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3334\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19151,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3334\/revisions\/19151"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3334"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3334"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3334"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}