﻿{"id":34025,"date":"2019-07-28T03:54:32","date_gmt":"2019-07-28T01:54:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=34025"},"modified":"2019-07-28T08:56:13","modified_gmt":"2019-07-28T06:56:13","slug":"la-sevre-nantaise-emile-pehant-jeanne-de-belleville-chanson-de-geste-en-plusieurs-poemes-distincts-1878","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=34025","title":{"rendered":"LA S\u00c8VRE NANTAISE &#8211; Emile P\u00e9hant, Jeanne de Belleville, CHANSON DE GESTE En plusieurs po\u00e8mes distincts, 1868"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff00ff;\"><em><strong>Cette chanson de geste, long, tr\u00e8s long po\u00e8me \u00e0 la gloire d&rsquo;Olivier de Clisson et sa femme Jeanne de Bellevile, \u00e9crit par Emile P\u00e9hant, est num\u00e9ris\u00e9 sur GALLICA, et j&rsquo;ai seulement remis en forme le texte apr\u00e8s avoir corrig\u00e9 les quelques erreurs de texte de la machine. J&rsquo;ai l&rsquo;intention de vous remettre d&rsquo;autres passages, tant c&rsquo;est beau ! Ce jour je vous mets la S\u00e8vre Nantaise&#8230;<\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<p>TOME II<br \/>\nQUATRI\u00c8ME PARTIE<\/p>\n<p><strong>LE SERMENT.<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>I. LA S\u00c8VRE NANTAISE.<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>Oui durant les longs jours de la saison br\u00fblante,<br \/>\nO\u00f9 le corps allangui tra\u00eene une \u00e2me indolente ;<br \/>\nQuand le rayon moins vif du soleil qui descend<br \/>\nLaisse enfin votre souffle atti\u00e9dir votre sang ;<br \/>\nQuand le vent endormi se r\u00e9veille et se l\u00e8ve ;<br \/>\nQuand l&rsquo;esprit qui se calme \u00e0 ses soucis fait tr\u00eave :<br \/>\nOui, c&rsquo;est plus qu&rsquo;un plaisir, c&rsquo;est une volupt\u00e9<br \/>\nD&rsquo;\u00eatre par un bateau mollement emport\u00e9<br \/>\nA travers la fra\u00eecheur d&rsquo;une eau limpide et lisse,<br \/>\nQui devant votre proue en angle aigu se plisse,<br \/>\nOu vous suit en chantant, moins rapide que vous.<br \/>\nComme tout prend alors des tons charmants et doux !<br \/>\nIci, les longs carex courb\u00e9s par le sillage ;<br \/>\nL\u00e0, le clocher qui pointe au-dessus du feuillage ;<br \/>\nIci, les saules creux penchant leur front sur l&rsquo;eau ;<br \/>\nL\u00e0-bas, le bourg qui grimpe aux rampes du coteau ;<br \/>\nEt le toit isol\u00e9 qui blanchit et qui fume ;<br \/>\nEt l&rsquo;horizon lointain d\u00e9j\u00e0 voil\u00e9 de brume ;<br \/>\nEt, dans le fond du ciel, ce grand soleil en feu<br \/>\nQui se couche dans l&rsquo;or, sous un riche dais bleu !<br \/>\nSur ces enchantements \u00e9tendez le silence,<br \/>\nVotre c\u0153ur enivr\u00e9 prie et vers Dieu s&rsquo;\u00e9lance.<\/p>\n<p>Mais si toute rivi\u00e8re offre \u00e0 l&rsquo;\u0153il ces tableaux,<br \/>\nQui, d\u00e9peints mille fois, semblent toujours nouveaux,<br \/>\nComme leur charme augmente et parle mieux \u00e0 l&rsquo;\u00e2me,<br \/>\nLorsque ces fra\u00eeches eaux que vous ouvre la rame,<br \/>\nAu lieu de serpenter aux bords plats d&rsquo;un marais,<br \/>\nLongent de hauts coteaux charg\u00e9s de bois \u00e9pais !<br \/>\nA chaque tournant brille une gr\u00e2ce nouvelle,<br \/>\nEt la derni\u00e8re vue est encor la plus belle.<\/p>\n<p>Telle est la S\u00e8vre ; aussi quiconque a vu son cours<br \/>\nL&rsquo;admire autant que l&rsquo;Erdre et s&rsquo;en souvient toujours.<br \/>\nAvec leur frais silence, avec leurs eaux dormantes,<br \/>\nL&rsquo;Erdre et la S\u00e8vre sont comme deux s\u0153urs charmantes<br \/>\nEntre qui l&rsquo;\u0153il h\u00e9site ; et pourtant je sais bien<br \/>\nQui, moi, je choisirais&#8230; Mais chut ! n&rsquo;en disons rien.<\/p>\n<p>Le bateau qui portait Jeanne de Belleville<br \/>\nDepuis longtemps d\u00e9j\u00e0 glissait sur l&rsquo;eau tranquille.<br \/>\nGr\u00e2ce \u00e0 ses trois rameurs, trois robustes lurons,<br \/>\nDont un tenait la barre et deux les avirons ?<br \/>\nIl avait, pr\u00e8s du bourg, pu franchir, sans encombre,<br \/>\nLes d\u00e9fil\u00e9s form\u00e9s par des rochers sans nombre,<br \/>\nQu&rsquo;un souffle de temp\u00eate arracha du coteau<br \/>\nEt qui sur leurs flancs bruns faisaient \u00e9cumer l&rsquo;eau.<br \/>\nLaissant bien loin l\u00e0-bas la cascade qui gronde,<br \/>\nOn nage maintenant dans une eau tr\u00e8s-profonde,<br \/>\nMais dont le lit parfois se resserre \u00e0 ce point<br \/>\nQue des bords oppos\u00e9s chaque arbre se rejoint.<br \/>\nSi longtemps qu&rsquo;un bas-fond ou des passes \u00e9troites<br \/>\nOffrirent des dangers pour des mains maladroites,<br \/>\nOlivier, attentif \u00e0 l&rsquo;\u00e9cueil \u00e9vit\u00e9,<br \/>\nAdmira les rameurs et leur dext\u00e9rit\u00e9 ;<br \/>\nD&rsquo;un regard curieux suivant chaque man\u0153uvre,<br \/>\nIl voulut bien souvent mettre la main \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre,<br \/>\nEt les marins , joyeux des efforts de l&rsquo;enfant,<br \/>\nQui, si l&rsquo;esquif passait, souriait triomphant,<br \/>\nBattirent des deux mains, quand sa gaffe rapide<br \/>\nEcarta, d&rsquo;un coup s\u00fbr, une roche perfide.<br \/>\nPendant ce temps, Herblain et Jeanne, assis tous deux,<br \/>\nRepaissaient leur douleur de souvenirs hideux,<br \/>\nRegardant sans rien voir, dans un morne silence.<br \/>\nMais quand loin des bas-fonds la barque enfin s&rsquo;\u00e9lance<br \/>\nEt, laissant \u00e0 la rame enti\u00e8re libert\u00e9,<br \/>\nSur un large courant glisse en s\u00e9curit\u00e9,<br \/>\nLe bouillant Olivier, qui ne sait plus que faire,<br \/>\nEn franchissant les bancs, s&rsquo;approche de sa m\u00e8re :<br \/>\n&#8211; \u00ab Je suis peu curieux et vous le savez bien,<br \/>\nCar de tous vos secrets vous ne me livrez rien ;<br \/>\nMais je n&rsquo;en garde pas une \u00e2me plus chagrine :<br \/>\nCe qu&rsquo;on veut me cacher, mon esprit le devine.<br \/>\nVous ne m&rsquo;avez point dit quelle grave raison<br \/>\nNous fait, quand on y danse, abandonner Clisson ;<br \/>\nEh bien , m\u00e8re, avec vous je parie, et, pour gage,<br \/>\nJ&rsquo;offre ces verts lauriers conquis par mon courage,<br \/>\nQue vers Nantes, tous trois, si nous voguons ce soir,<br \/>\nC&rsquo;est qu&rsquo;enfin s&rsquo;accomplit votre plus doux espoir. \u00bb<\/p>\n<p>Jeanne \u00e0 ce mot d&rsquo;espoir fr\u00e9mit ; son c\u0153ur qui souffre<br \/>\nRevoit, sous cet \u00e9clair, les profondeurs du gouffre<br \/>\nO\u00f9 tout ce qu&rsquo;elle aimait, h\u00e9las ! s&rsquo;est ab\u00eem\u00e9<br \/>\nAttirant dans ses bras cet enfant bien-aim\u00e9<br \/>\nQui creuse \u00e0 son insu sa cruelle blessure :<br \/>\n-\u00ab Ce soir tu sauras tout, cher fils, je te le jure ;<br \/>\nMais, si tu ne veux pas me d\u00e9chirer le c\u0153ur,<br \/>\nOh ! ne me parle plus d&rsquo;espoir ni de bonheur. \u00bb<\/p>\n<p>-\u00ab Je ne sais pas pourquoi vous m&rsquo;en faites myst\u00e8re :<br \/>\nSi vous quittez Clisson, o\u00f9 l&rsquo;on f\u00eate mon p\u00e8re,<br \/>\nC&rsquo;est qu&rsquo;il est de retour, pour moi c&rsquo;est \u00e9vident,<br \/>\nEt qu&rsquo;avec notre duc \u00e0 Nante il nous attend&#8230;<br \/>\nIl pourra m&#8217;embrasser sans trop courber sa taille,<br \/>\nCar j&rsquo;ai grandi beaucoup&#8230; A d\u00e9faut de bataille,<br \/>\nIl me racontera ses hauts faits au tournoi&#8230;<br \/>\nCrois-tu qu&rsquo;il ait les prix que lui donna le Roi ?&#8230;<br \/>\nMa m\u00e8re, qu&rsquo;avez-vous ? votre joue est bien p\u00e2le ! \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Eh ! ne voyez-vous pas que votre m\u00e8re r\u00e2le ? \u00bb<br \/>\nS&rsquo;\u00e9crie Herblain, debout et presque imp\u00e9rieux.<\/p>\n<p>\u00ab Oh ! ce n&rsquo;est rien, dit Jeanne, et je suis d\u00e9j\u00e0 mieux, \u00bb<br \/>\nPoignante est la douleur : si Jeanne la surmonte,<br \/>\nCe n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 grands efforts que son \u00e2me se dompte ;<br \/>\nCherchant donc un pr\u00e9texte au hasard pour souffrir :<br \/>\n\u00ab O le cruel enfant, qui me fera mourir ! \u00bb<br \/>\nDit-elle, en retenant Olivier, qui se penche<br \/>\nPour cueillir au passage une large fleur blanche ;<br \/>\nEt, pouvant soulager enfin son c\u0153ur trop plein,<br \/>\nJeanne pleure \u00e0 son aise, en regardant Herblain.<\/p>\n<p>Son fils lui saute au cou, l&#8217;embrasse et la rassure :<br \/>\n\u00ab Le p\u00e9ril n&rsquo;\u00e9tait pas bien grand , je te le jure ;<br \/>\nMais je sais qu&rsquo;une femme est prompte \u00e0 s&rsquo;effrayer.<br \/>\nAllons, ne pleure plus : je m&rsquo;en vais essayer<br \/>\nD&rsquo;\u00eatre, puisque d&rsquo;un rien tu te fais un fant\u00f4me,<br \/>\nTranquille comme un ange&#8230; ou mon fr\u00e8re Guillaume,<br \/>\nQui, depuis le d\u00e9part, dort l\u00e0 d&rsquo;un si bon c\u0153ur. \u00bb<\/p>\n<p>Et, donnant, en passant, un baiser au dormeur,<br \/>\nOlivier va s&rsquo;asseoir, soufflant une fanfare,<br \/>\nA c\u00f4t\u00e9 du marin dont la main tient la barre :<br \/>\n\u00ab Beau marinier, dit-il, puisqu&rsquo;il faut rester coi,<br \/>\nSi tu sais quelque histoire, eh bien, conte-la moi. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette chanson de geste, long, tr\u00e8s long po\u00e8me \u00e0 la gloire d&rsquo;Olivier de Clisson et sa femme Jeanne de Bellevile, \u00e9crit par Emile P\u00e9hant, est num\u00e9ris\u00e9 sur GALLICA, et j&rsquo;ai seulement remis en forme le texte apr\u00e8s avoir corrig\u00e9 les quelques erreurs de texte de la machine. 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