﻿{"id":3560,"date":"2008-10-07T06:11:22","date_gmt":"2008-10-07T04:11:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=3560"},"modified":"2010-07-03T15:08:44","modified_gmt":"2010-07-03T13:08:44","slug":"memoire-davent-loeuvre-clandestine-dun-angevin-a-saint-julien-de-concelles-1794-1802-rene-lemesle-chapitre-6-lenregistrement-civil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=3560","title":{"rendered":"M\u00e9moire d&rsquo;Avent, l&rsquo;oeuvre clandestine d&rsquo;un Angevin \u00e0 Saint-Julien-de-Concelles 1794-1802 :  Ren\u00e9 Lemesle &#8211; chapitre 6 : l&rsquo;enregistrement civil"},"content":{"rendered":"<p> Ouvrage paru en 1990<br \/>\n(C) Editions Odile HALBERT<br \/>\nISBN 2-9504443-1-8<\/p>\n<p><strong>Chapitre VI<\/strong><\/p>\n<li><strong>L&rsquo;ENREGISTREMENT<\/strong><\/li>\n<li><strong>Ryhtme hebdomadaire du mariage civil civil <\/strong><\/li>\n<p>   Les noces traditionnelles se sont donc maintenues pendant la guerre civile, mais quand r\u00e9gularisait-on civilement ?<br \/>\n   La seule \u00e9tude connue porte sur Avignon (18). La comparaison entre les dates des 2 formes de mariage, civil et religieux, montre que 15 % des couples r\u00e9gularisent le jour m\u00eame, et que 62 % ne r\u00e9gularisent qu&rsquo;apr\u00e8s, dans un d\u00e9lai relativement court : la moiti\u00e9 des retardataires en l&rsquo;espace d&rsquo;une semaine, le reste en un an.<br \/>\n   Avignon est cependant d&rsquo;une ville dans laquelle les interdits religieux, les temps clos et le vendredi, ont \u00e9t\u00e9 lev\u00e9s par la hi\u00e9rarchie catholique. Le pr\u00eatre r\u00e9fractaire b\u00e9nit 82 % des unions un vendredi, et on ne peut donc comparer Avignon \u00e0 Saint-Julien-de-Concelles.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.20.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.20.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"568\" height=\"270\" \/><\/a>  <\/p>\n<p>L&rsquo;attachement \u00e0 la f\u00eate du mardi ou du lundi est encore plus marqu\u00e9 lorsque l&rsquo;on \u00e9tudie le jour de mariage civil. L&rsquo;\u00e9rosion du mardi est tr\u00e8s sensible, au profit de tous les jours de la semaine y compris le dimanche. Les couples des lundi et mardi ont pu \u00eatre ceux, rares,  qui exp\u00e9dient le mariage civil le m\u00eame jour que le religieux. <\/p>\n<li><strong>Le d\u00e9lai d\u2019enregistrement<\/strong><\/li>\n<p>   L&rsquo;attitude est bien diff\u00e8rente \u00e0 Saint Julien de Concelles comme au Loroux. Rien de comparable avec Avignon. Le mariage civil est n&rsquo;importe quel jour et il n&rsquo;y a pas de corr\u00e9lation avec la date religieuse : avant, m\u00eame jour, quelques jours apr\u00e8s, mais aussi tr\u00e8s longtemps apr\u00e8s, jusqu&rsquo;\u00e0 30 ans apr\u00e8s au Loroux.<br \/>\n   Ce retard des couples mari\u00e9s religieusement clandestinement \u00e0 \u00ab\u00a0r\u00e9gulariser\u00a0\u00bb civilement n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9 statistiquement en r\u00e9gion de Ven\u00e9e Militaire. Au Loroux, il est si \u00e9lev\u00e9, qu&rsquo;il \u00e9tait int\u00e9ressant de mesurer quantitavement cet \u00e9cart dans la paroisse voisine de St Julien de Concelles, pour mieux ult\u00e9rieurement \u00e9valuer l&rsquo;attitude lorousaine.<br \/>\n   Mais pour \u00e9valuer cet \u00e9cart, les difficult\u00e9s s&rsquo;amonc\u00e8lent : non seulement il faut chercher jusqu&rsquo;\u00e0 30 ans apr\u00e8s, mais encore il faut faire les 2 collections d&rsquo;archives : les communales et les d\u00e9partementales. Et ce n&rsquo;est pas tout, car la plupart n&rsquo;ont pas r\u00e9gularis\u00e9 dans la m\u00eame commune : on r\u00e9gularise plut\u00f4t dans la commune de l&rsquo;\u00e9poux alors que l&rsquo;inverse est fr\u00e9quent pour le mariage religieux. Enfin, le Conseil R\u00e9gional a interdit l&rsquo;acc\u00e8s aux archives communales et les mairies ferment leur porte. Je remercie donc particuli\u00e8rement celles qui m&rsquo;ont ouvert leur porte.<br \/>\n   Les collections d&rsquo;\u00e9tat civil des archives communales de La Chapelle-Heulin, du Loroux-Bottereau, de La Chapelle-Basse-Mer, sont totalement diff\u00e9rente des collections d\u00e9partementales. Elles sont beaucoup plus riches que les d\u00e9partementales, et il convient d&rsquo;analyser ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Voici donc \u00e0 titre d&rsquo;exemple l&rsquo;analyse des diff\u00e9rences pour les deux collections, d\u00e9partementales et communales, concernant Saint-Julien-de-Concelles. <\/p>\n<p>      Les mariages des AD, d\u00e9pouill\u00e9s par le CGO, sont au nombre de 123 de 1793-1802, alors qu&rsquo;ils sont au nombre de 245 dans la collection communale. Bien entendu, les fascicules communaux sont reli\u00e9s dans le d\u00e9sordre le plus total : non seulement les d\u00e9c\u00e8s sont m\u00e9lang\u00e9s aux mariages, mais les ann\u00e9es commencent n&rsquo;importe quand et se suivent n&rsquo;importe comment. Mieux, les ann\u00e9es dont la copie est aux AD, ne sont pas copi\u00e9es int\u00e9gralement et il manque plusieurs mariages \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;une ann\u00e9e copi\u00e9e. Il a fallu exactement 70 heures de relev\u00e9 communal suivies d&rsquo;environ 30 heures de coordination informatique pour compl\u00e9ter la table d\u00e9partementale faite par le CGO, et ce pour les seuls mariages. Les d\u00e9c\u00e8s ne sont pas pris en compte dans ce temps de travail.<br \/>\n   L&rsquo;exp\u00e9rience acquise dans les trois communes cit\u00e9es me permet de pr\u00e9coniser pour l&rsquo;avenir une m\u00e9thode d&rsquo;approche plus rationnelle : d\u00e9pouillement exhaustif de chacune des deux collections ind\u00e9pendamment, suivi d&rsquo;une confrontation entre les deux relev\u00e9s. Pour retrouver ensuit mat\u00e9riellement l&rsquo;acte lui-m\u00eame \u00e0 partir d&rsquo;une table, il ne suffit pas d&rsquo;indiquer dans la table \u00ab\u00a0archives communales\u00a0\u00bb, et il faudrait une autorisation de num\u00e9rotation manuelle des pages des registres et faire figurer ce num\u00e9ro de page apr\u00e8s chaque relev\u00e9 de la table.<br \/>\n   Toutes les communes ayant souffert de la guerre civile ont le m\u00eame probl\u00e8me. A Vern d&rsquo;Anjou, paroisse d&rsquo;adoption de la famille Lemesle, il existe encore plus incroyable : l&rsquo;ann\u00e9e 1791, comme toute la p\u00e9riode pr\u00e9r\u00e9volutionnaire, a br\u00fbl\u00e9 lors du passage des Vend\u00e9ens, mais en 1803 le maire retrouve une table manuscrite du XVIIIe si\u00e8cle se terminant en 1791, rassemble les couples de 1791 et r\u00e9\u00e9crit les mariages. Le tout est reli\u00e9 dans la table manuscrite du XVIIIe qui n&rsquo;est r\u00e9pertori\u00e9e nulle part, puisque rares sont les communes qui attachent de l&rsquo;importance \u00e0 une table manuscrite du XVIIIe et jugent utile de les signaler aux AD.<br \/>\n   L&rsquo;\u00e9tat civil de la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire souffre donc, en pays de guerre civile, de la plus grande mis\u00e8re : son \u00e9tat est le reflet des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par les diverses administrations municipales de l&rsquo;\u00e9poque.<br \/>\n   Or, depuis deux si\u00e8cles, les archives souffrent du mode de classement franco-fran\u00e7ais : \u00ab\u00a0avant\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0apr\u00e8s\u00a0\u00bb 1789 ; Avant, les registres de catholicit ; apr\u00e8s, l&rsquo;\u00e9tat civil. Ceci est faux en r\u00e9gion de guerre civile, et l&rsquo;application de cette c\u00e9sure archivistique fran\u2021aise pose dans notre r\u00e9gion un s\u00e9rieux probl\u00e8me.<br \/>\n   Il serait temps, deux si\u00e8cles apr\u00e8s, de se pencher sur l&rsquo;indispensable compl\u00e9ment de l&rsquo;\u00e9tat civil : le registre de catholicit\u00e9, source incomparable du patrimoine historique en r\u00e9gion de guerre civile. <\/p>\n<li><strong>L\u2019enregistrement civil des mariages<\/strong><\/li>\n<p>   313 mariages sur 411 clandestins, soit 76,2%, ont pu \u00eatre retrouv\u00e9s civilement \u00e0 Saint-Julien et dans les paroisses voisines : le Loroux, Basse-Goulaine et Saint-S\u00e9bastien.<br \/>\n   Les mariages pour lesquels les deux dates sont connues concernent dans 75% des cas des Concellois et 25% de non-Concellois.<br \/>\n   Ce nombre de mariages civils permet une exploitation statistique du d\u00e9lai d&rsquo;enregistrement. L&rsquo;analyse permet de cerner les r\u00e9ticences des couples.<br \/>\n   Le nombre de mariages trouv\u00e9s hors de Saint Julien exc\u00e8de le nombre de mariages de horsains constat\u00e9 dans le registre clandestin. Mais ce pourcentage \u00e9lev\u00e9 de horsains est d\u00fb en partie au fait que les mariages de Concellois n&rsquo;ont pas tous \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s, malgr\u00e9 le d\u00e9pouillement des 2 collections : d\u00e9partementales et communales.<br \/>\n   Le d\u00e9lai d&rsquo;enregistrement varie selon que l&rsquo;on consid\u00e8re les Concellois et les horsains. Les Concellois ont eu l&rsquo;enregistrement facilit\u00e9 par le contexte municipal compr\u00e9hensif (<em>voir chapitre Pertes de M\u00e9moire<\/em>). Ils ont donc r\u00e9gularis\u00e9 massivement 1 \u00e0 4 ans apr\u00e8s la c\u00e9r\u00e9monie religieuse.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.21.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.21.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"568\" height=\"270\" \/><\/a><br \/>\n   Le d\u00e9lai, exprim\u00e9 ci-contre en mois s&rsquo;\u00e9tire de 3 ans avant \u00e0 27 ans apr\u00e8s. Les 2 mariages 3 ans avant sont en fait les 2 mariages constitutionnels reb\u00e9nis par Lemesle. Il est \u00e0 noter que ces 2 couples ne sont pas repass\u00e9s ensuite \u00e0 la mairie. J&rsquo;ai rencontr\u00e9 1 couple dans ce cas au Loroux, qui d&rsquo;ailleurs repasse dans la paroisse de l&rsquo;\u00e9pouse puis dans la paroisse de l&rsquo;\u00e9poux, soit 4 mariages au total, en comptant le constitutionnel, pour un seul et m\u00eame couple.<br \/>\n   Le d\u00e9lai d\u20191 mois ne concerne pas la moiti\u00e9 des mariages civils. <\/p>\n<p>   Les mariages  r\u00e9gularis\u00e9s 26 et 27 ans apr\u00e8s sont plus nombreux pour les borsains, d&rsquo;ailleurs on observe pour ceux-ci un creux des enregistrements : il n&rsquo;y a rien entre 1 an et 10 ans. L&rsquo;histogramme ci-dessus est donc typique de la bonne volont\u00e9 de la municipalit\u00e9 concelloise. Il y a eu quelques vagues massives mais une r\u00e9gularisation \u00e9chelonn\u00e9e sur 27 ans.  <\/p>\n<li><strong>Saint-S\u00e9bastien-sur-Loire<\/strong><\/li>\n<p>Les mariages civils \u00ab\u00a0r\u00e9gularis\u00e9s\u00a0\u00bb tr\u00e8s tard \u00e0 Saint S\u00e9bastien sur Loire sont plus nombreux que les mariages religieux clandestins trouv\u00e9s \u00e0 ce jour. D&rsquo;autres pr\u00eatres ont donc unis des mariages clandestins qui nous sont inconnus. En outre, les couples mari\u00e9s clandestinement par Ren\u00e9 Lemesle ne viennent plus apr\u00e8s leur mariage faire baptiser d&rsquo;\u00e9ventuels enfants issus de leur union : ils ont donc trouv\u00e9 un autre pr\u00eatre. En effet, le bapt\u00eame est consid\u00e9r\u00e9 par tous les auteurs (17,18) comme le sacrement auquel on ne renonce pas le premier. Un couple ne peut donc avoir \u00e9t\u00e9 b\u00e9ni dans des conditions difficiles et ne pas faire baptiser ensuite ses enfants. Ainsi, pour Saint S\u00e9bastien, les couples de Jean Corgnet et Marie Clestras d&rsquo;une part et de Pierre Corgnet et Marie Jeanne Choismet d&rsquo;autre part. Unis le 5.5.1795, ils ne font pas baptiser \u00e0 Saint Julien de Concelles. <\/p>\n<p>Bapt\u00eames clandestins<br \/>\n   Apr\u00e8s une p\u00e9riode de privation de pr\u00eatre, la venue d&rsquo;un pr\u00eatre dans une paroisse, est imm\u00e9diatement suivie du bapt\u00eame des enfants n&rsquo;ayant pas pu le recevoir entre-temps (voir chap\u0152tre 2).<br \/>\n   Le livre de paroisse, commenc\u00e9 en 1829, retrace la p\u00e9riode clandestine en ces termes \u00ab\u00a0Monsieur Bascher, ancien cur\u00e9 de Rez\u00e9, f\u00fbt le premier pr\u00eatre qui c\u00e9l\u00e9bra la messe dans la paroisse depuis 1792, et ce le 2 avril 1800. Son successeur f\u00fbt Monsieur Martin. Enfin le 22.11.1802 J.B. Blanchet est nomm\u00e9 cur\u00e9 de Saint S\u00e9bastien (28). <\/p>\n<p>   Ce livre de paroisse est malheureusement \u00e9crit 30 ans apr\u00e8s les \u00e9vennements et il est bas\u00e9 sur des t\u00e9moignages qui donnent une verson tronqu\u00e9e des faits, puisque Ren\u00e9 Lemesle a dit la messe \u00e0 Saint S\u00e9bastien en la chapelle de la Savari\u00e8re le 26.11.1795 au moins (voir p.46), si clandestinement que les t\u00e9moins int\u00e9rrog\u00e9s ne relatent pas ces faits 30 ans apr\u00e8s.<br \/>\n   Le registre de catholicit\u00e9 de Saint S\u00e9bastien, qui suit la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire, donne des indications qui diff\u00e8rent de ces t\u00e9moignages. Ce registre commence le 19.08.1800 comme suit : <\/p>\n<blockquote><p>    Registre pour inscrire les mariages et bapt\u00eames de la paroisse de Saint S\u00e9bastien au dioc\u00e8se de Nantes depuis le 14 du mois d&rsquo;Ao\u00fbt 1800 et la premier acte est du 19 du dit mois d&rsquo;ao\u00fbt m\u00eame ann\u00e9e, la page o\u00f9 il se trouve doit \u00eatre regard\u00e9e comme la premi\u00e8re de ce registre qui a \u00e9t\u00e9 quott\u00e9 et mill\u00e9sim\u00e9 par nous pr\u00eatre catholique desservant et l&rsquo;avons sign\u00e9 &#8230; J. Martin Rr desservant de Saint S\u00e9bastien (registre de catholicit\u00e9, Saint S\u00e9bastien, Archives paroissiales). <\/p><\/blockquote>\n<p>   M. Martin baptise et marie d\u00e8s le 19 ao\u00fbt 1800, or les enfants qu&rsquo;il baptise viennent de na\u00eetre, donc les enfants de Saint S\u00e9bastien n\u00e9s avant cette date avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9s. Est-ce que Bascher les auraient tous baptis\u00e9s entre le 2 avril 1800 et le 19 ao\u00fbt ? Bascher a-t-il pu tenir un registre, ou bien a-til tenu uniquement des minutes des actes ?<br \/>\n   Toujours est-il que l&rsquo;on ne trouve la trace d&rsquo;un pr\u00eatre avant Martin que par d\u00e9duction, \u00e0 partir de l&rsquo;\u00e2ge des enfants qu&rsquo;il baptise. Mais on retrouve par contre une feuille volante dans le registre de Saint S\u00e9bastien :<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.22.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.22.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"568\" height=\"270\" \/><\/a><br \/>\n   Cet acte \u00e9crit en 1799 est sign\u00e9 de fa\u00e7on authentique par le parrain et la marraine. En outre, l&rsquo;\u00e9criture est bien celle de Marchand. Ce pr\u00eatre, recteur de la Chapelle Heulin, se d\u00e9placa beaucoup pour \u00e9chapper aux poursuites, et ne r\u00e9ussit \u00e0 faire que de courtes apparitions \u00e0 la Chapelle-Heulin. Il aurait donc \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent \u00e0 Saint S\u00e9bastien en 1799. L&rsquo;acte qu&rsquo;il signe \u00e0 Saint S\u00e9bastien peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un bel exemple de pr\u00e9cision \u00ab\u00a0en la ville de Nantes, au lieu dit Vertais, tr\u00eave de Saint Jacques paroisse de Saint S\u00e9bastien\u00a0\u00bb. Marchand commence par la g\u00e9ographie communale \u00ab\u00a0ville de Nantes\u00a0\u00bb, qu&rsquo;il n&rsquo;ignore pas, puis le quartier de Vertais, aujourd&rsquo;hui absorb\u00e9 par notre Ile Beaulieu, qui d\u00e9pendait avant la r\u00e9volution de la paroisse de Saint S\u00e9bastien \u00e0 travers la tr\u00eave de Saint Jacques. Le statut de tr\u00eave n&rsquo;\u00e9tait pas cit\u00e9 fr\u00e9quemment par les paroissiens de Saint Jacques avant la r\u00e9volution, on peut donc affirmer que c&rsquo;est Marchand qui avait appris, sans doute au s\u00e9minaire, le statut de chaque paroisse du dioc\u00e8se.<br \/>\n   Cette pr\u00e9cision, en pleine pers\u00e9cution, montre que ces hommes poursuivis savent garder un savoir-faire exceptionnel de rigueur et de pr\u00e9cision. Les actes de bapt\u00eames d\u00e9livr\u00e9s par ces hommes ne sont pas des certificats au rabais : tout se passe comme si, faute de moyens, on avait \u00e0 coeur de noter rigoureusement le plus de d\u00e9tails possible.<br \/>\n   Marchand ne f\u00fbt pas le seul pr\u00eatre \u00e0 passer \u00e0 Saint s\u00e9bastien. Le registre de 1800 n&rsquo;est pas \u00e9crit de la seule \u00e9criture de Martin. La seconde \u00e9criture \u00e9tait soit celle de Jaulin, soit celle de Connard. Ces 2 pr\u00eatres signent chacun un acte \u00e0 Saint S\u00e9bastien en 1800. J&rsquo;ai un programme d&rsquo;analyses graphologiques en cours pour toutes ces \u00e9critures. <\/p>\n<li><strong>Basse Goulaine<\/strong><\/li>\n<p>   Ren\u00e9 Lemesle a mari\u00e9 des Bas-Goulainais, et il a m\u00eame mari\u00e9 le 27.1.1795 dans l&rsquo;\u00e9glise de Basse Goulaine (voir le registre \u00e0 cette date). Ces Bas-Goulainais ont r\u00e9gularis\u00e9 civilement plus tard, mais on rel\u00e8ve \u00e0 Basse Goulaine dans l&rsquo;\u00e9tat civil en 1814 au moins 2 mariages de r\u00e9gularisation qui ne figurent pas dans les registres clandestins connus \u00e0 ce jour. Il s&rsquo;agit d&rsquo;ailleurs de 2 couples qui font enregistrer le jour de leur mariage civil respectivement 7 et 8 enfants vivants, dont plusieurs non d\u00e9clar\u00e9s auparavant. Ces mariages laissent supposer un mariage clandestin religieux non connu \u00e0 ce jour. Il existait donc un pr\u00eatre itin\u00e9rant \u00e0 Basse Goulaine, qui y fiat des passages pendant la guerre civile. Le registre d&rsquo;\u00e9tat civil lui-m\u00eame permet de mettre ainsi en \u00e9vidence cette existence.<br \/>\n   Pour ce qui est du ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;enregistrements d&rsquo;enfants, et m\u00eame nombreux enfants, il est fr\u00e9quent lors de ce type de mariage civil de r\u00e9gularisation. En fait les enfants avaient besoin de papiers pour se marier d&rsquo;o\u00f9 la n\u00e9c\u00e9ssit\u00e9 dans laquelle \u00e9taient finalement les parents de se rendre \u00e0 la mairie. Une grande partie de ces enfants n&rsquo;avaient jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9s, toujours 1 sur 4, souvent 2 sur 4. Les registres de naissances de l&rsquo;\u00e9tat civil sont donc incomplets, si l&rsquo;on ne tient pas compte de ces d\u00e9clarations tr\u00e8s tardives. Au moment de la d\u00e9claration, les enfants, qui sont dans tous les cas des baptis\u00e9s clandestins, ont plus de 20 ans.<br \/>\n   Pour mesurer le taux de bapt\u00eames, la comparaison entre le nombre de naissainces dans l&rsquo;\u00e9tat civil, et le nombre de bapt\u00eames dans les registres clandestins a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 tent\u00e9. Patricia Lusson-Houdmon s&rsquo;est heurt\u00e9e au surplus de bapt\u00eames compar\u00e9 aux naissances (29). Ce surplus n&rsquo;a pas d&rsquo;autre cause que la sous d\u00e9claration des naissances. Malgr\u00e9 les menaces, plusieurs couples par commune ont r\u00e9ussi \u00e0 ne pas d\u00e9clarer des enfants avant leur \u00e2ge adulte. <\/p>\n<li><strong>Le mariage civil seulement <\/strong><\/li>\n<p>   Les mariages civils ne recoupent pas tous les mariages religieux, et quelques mariages civils n&rsquo;ont pas d&rsquo;\u00e9quivalent dans le registre clandestin.<br \/>\n   De l\u00e0 \u00e0 conclure que les couples mari\u00e9s uniquement civilement sont d\u00e9tach\u00e9s de la religion, il faut \u00eatre prudents. En effet, l&rsquo;un de ces mariages civils pour lesquels on ne trouve pas d&rsquo;\u00e9quivalent religieux est celui du couple de Charles<br \/>\nMarie Goguet de la Salmoni\u00e8re (voir p.42) et d&rsquo;Emilie Bonchamps, la soeur du g\u00e9n\u00e9ral tomb\u00e9 \u00e0 Saint Florent le Viel le 20.10.1793. Leur mariage civil le 19.07.1800 \u00e0 Saint Julien est une r\u00e9gularisation de plus, mais n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 pris en compte dans la statistique du d\u00e9lai d&rsquo;enregistrement du mariage, car cette statistique n&rsquo;est bas\u00e9e que sur le registre de Ren\u00e9e Lemesle. Le d\u00e9lai est dans le cas de ce couple de 6 ans et 7 mois. Nous ne disposons que du r\u00e9cit de la Marquise de la Rochejaquelein, mais il est cr\u00e9dible.<br \/>\n   Les autres couples, uniquement civils apparamment, ne sont pas nombreux, puisque non compris le couple ci-dessus, ils sont au nombre de 12. Il n&rsquo;est pas \u00e0 exclure que quelques uns soit r\u00e9publicains.<br \/>\n    Certains Concellois ne d\u00e9daignent pas les pr\u00eatres contitutionnels. Ainsi, le 7 pluviose an IV de la R\u00e9publique Fran\u00e7aise (sic) en l&rsquo;\u00e9glise de Saint Jacques de Nantes, Fran\u00e7ois Limousin, marinier, 33 ans, n\u00e9 \u00e0 St Julien de Concelles, et demeurant rue du Port Maillard, \u00e9pouse religieusement Marguerite Raimbaud de St Fiacre.   <\/p>\n<li><strong>L&rsquo;enregistrement<\/strong><\/li>\n<p>   Dans ce chapitre, il a \u00e9t\u00e9 question de \u00ab\u00a0d\u00e9lai d&rsquo;enregistrement\u00a0\u00bb et non de d\u00e9lai entre le mariage religieux et le civil. C&rsquo;est que ce dernier \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 en 1798 \u00e0 St Julien comme un enregistrement (voir p.). <\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.16.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.16.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"568\" height=\"270\" \/><\/a>  <\/p>\n<p> Ouvrage paru en 1990<br \/>\n(C) Editions Odile HALBERT<br \/>\nISBN 2-9504443-1-8<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/odileO.gif\" title=\" \" class=\"alignnone\" width=\"40\" height=\"50\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/odileH.gif\" title=\" \" class=\"alignnone\" width=\"40\" height=\"50\" \/> Odile Halbert &#8211; <strong>Reproduction interdite sur autre endroit d&rsquo;Internet <\/strong> seule une citation ou un lien sont autoris\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ouvrage paru en 1990 (C) Editions Odile HALBERT ISBN 2-9504443-1-8 Chapitre VI L&rsquo;ENREGISTREMENT Ryhtme hebdomadaire du mariage civil civil Les noces traditionnelles se sont donc maintenues pendant la guerre civile, mais quand r\u00e9gularisait-on civilement ? La seule \u00e9tude connue porte sur Avignon (18). La comparaison entre les dates des 2 formes de mariage, civil et &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=3560\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;M\u00e9moire d&rsquo;Avent, l&rsquo;oeuvre clandestine d&rsquo;un Angevin \u00e0 Saint-Julien-de-Concelles 1794-1802 :  Ren\u00e9 Lemesle &#8211; chapitre 6 : l&rsquo;enregistrement civil&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2756,2284,1589],"tags":[532,527,525,522,558,530],"class_list":["post-3560","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-culte-catholique-religioncroyances","category-releves-de-bms-recherches","category-guerres-de-vendee","tag-lemesle","tag-pretre-clandestin","tag-registre-clandestin","tag-registre-de-catholicite","tag-revolution","tag-saint-julien-de-concelles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3560","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3560"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3560\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3561,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3560\/revisions\/3561"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3560"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3560"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3560"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}