﻿{"id":3597,"date":"2008-10-07T06:25:24","date_gmt":"2008-10-07T04:25:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=3597"},"modified":"2010-07-03T15:09:39","modified_gmt":"2010-07-03T13:09:39","slug":"memoire-davent-loeuvre-clandestine-dun-angevin-a-saint-julien-de-concelles-1794-1802-rene-lemesle-chapitre-7-la-mort","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=3597","title":{"rendered":"M\u00e9moire d&rsquo;Avent, l&rsquo;oeuvre clandestine d&rsquo;un Angevin \u00e0 Saint-Julien-de-Concelles 1794-1802 :  Ren\u00e9 Lemesle &#8211; chapitre 7 : la mort"},"content":{"rendered":"<p>(C) Editions Odile HALBERT<br \/>\nISBN 2-9504443-1-8<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=3424\">VOIR LE SOMMAIRE<\/a><\/p>\n<ol>\n<strong>Si vous souhaitez discuter de cet ouvrage, merci de le faire ici et non sur d&rsquo;autres forums ou blogs. Merci d&rsquo;avoir un peu de respect pour mon travail, car lorsque vous discutez ailleurs (c&rsquo;est \u00e0 dire dans mon dos) vous fa\u00eetes tourner les d\u00e9tenteurs des autres blogs ou forums.<\/strong><\/ol>\n<p><strong>Chapitre VI<\/strong><\/p>\n<li> <strong>LA MORT <\/strong><\/li>\n<ol>\n  \u00ab On ne meurt qu&rsquo;une fois \u00bb<\/ol>\n<li><strong>La mort pr\u00e9volutionnaire<\/strong><\/li>\n<p>   Le r\u00f4le de l&rsquo;enregistrement des s\u00e9pultures dans les registres de catholicit\u00e9 du XVIIIe est la tenue d&rsquo;un \u00e9tat civil propre \u00e0 assurer en premier chef les successions. Les pr\u00eatres, \u00e0 ce titre, sont habilit\u00e9s \u00e0 recevoir les testaments, en vertu de l&rsquo;ordonnance d&rsquo;Ao\u00fbt 1735, article 15 : <\/p>\n<blockquote><p>Les Cur\u00e9s s\u00e9culiers ou r\u00e9guliers pourront recevoir des Testaments ou autres dispositions \u00e0 cause de mort, dans l&rsquo;\u00e9tendue de leurs paroisses, &#038; ce seulement dans les lieux o\u2014 les coutumes ou statuts les y autorisent expr\u00e9ssement, &#038; en y appellant avec eux deux T\u00e9moins; ce qui sera pareillement permis aux Pr\u00eatres s\u00e9culiers, pr\u00e9pos\u00e9s par l&rsquo;Ev\u00eaque \u00e0 la Desserte des Cures, pendant qu&rsquo;ils desserviront, sans que les Vicaires ni aucunes autres personnes Eccl\u00e9siastiques puissent recevoir des Testaments ou autres derni\u00e8res dispositions.(23)  <\/p><\/blockquote>\n<p>   Le rituel (23) s&rsquo;appuie sur le droit coutumier lorqu&rsquo;il donne les extraits de la coutume de Bretagne, qui domine dans le dioc\u00e8se de Nantes, et, la formule de testament selon cette coutume. Le rituel pr\u00e9cise ensuite qu&rsquo;une partie du dioc\u00e8se est soumise \u00e0 la coutume d&rsquo;Anjou qu&rsquo;il convient de suivre dans la r\u00e9gion concern\u00e9e. Les pr\u00eatres sont ainsi familiers du droit qu&rsquo;ils apprenaient, pour ce qui au moins des successions, au s\u00e9minaire. Ce droit est essentiellement coutumier : il subsiste en 1789 en France environ 300 coutumes diff\u00e9rentes applicables \u00e0 un territoire important. Cette diversit\u00e9 des droits pose bien entendu des difficult\u00e9s d&rsquo;ordre pratique et est combattue par la philosophie dominante qui pr\u201cnait l&rsquo;unification nationale.<br \/>\n   L&rsquo;enregistrement des s\u00e9pultures par les pr\u00eatres ayant une fonction d&rsquo;ordre juridique, les pr\u00eatres clandestins sont en concurrence avec l&rsquo;\u00e9tat civil lorsqu&rsquo;ils enregistrent les s\u00e9pultures, alors que pour les actes de bapt\u00eames et mariages, qui sont d&rsquo;ordre sacramentel, ils restent dans le domaine religieux. D\u00e8s lors qu&rsquo;il y a concurrence, il va appara\u00eetre une compl\u00e9mentarit\u00e9 des deux types d&rsquo;enregistrement : le catholique et le municipal. Les populations vont r\u00e9pugner \u00e0 d\u00e9clarer leurs morts aux deux pouvoirs \u00e0 la fois : il leur \u00e9tait difficile de comprendre si la municipalit\u00e9 \u00e9tait capable de r\u00e9pondre juridiquement de tels enregistrements, puisqu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9tait \u00e9clips\u00e9e d\u00e8s mars 1793. Les populations iront d\u00e9clarer leurs morts l\u00e0 o\u00f9 le pr\u00eatre leur conseillera d&rsquo;aller, lorqu&rsquo;il a de l&rsquo;influence, comme c&rsquo;\u00e9tait le cas pour Ren\u00e9 Lemesle.<br \/>\n   L&rsquo;influence de Ren\u00e9 Lemesle est relat\u00e9e indirectement dans une lettre de d\u00e9nonciation en l&rsquo;an VII. Cette lettre, qui comme beaucoup de d\u00e9nonciations, est conserv\u00e9e en s\u00e9rie L aux Archives d\u00e9partementales, concerne une p\u00e9riode de pers\u00e9cution particuli\u00e8rement exacerb\u00e9e. Elle \u00e9mane d&rsquo;un concellois qui est nomm\u00e9 et il m&rsquo;a paru int\u00e9ressant d&rsquo;\u00e9tudier son cas dans le registre clandestin pour voir s&rsquo;il y figure ou non en tant que pratique de Ren\u00e9 Lemesle, puisque sont patronyme y est souvent cit\u00e9.  <\/p>\n<blockquote><p>    \u00ab A Saint Julien de Concelles canton du Loroux, maison Copsonni\u00e8re chez Pichelin aucien juge de la monnaye il y a une soci\u00e9t\u00e9 ou r\u00e9union assez fr\u00e9quente sous pr\u00e9texte de p\u00eache. Cette soci\u00e9t\u00e9 est compos\u00e9e en grande partie d&rsquo;anciens chefs de rebelles, on a invit\u00e9 Debruc ancien rebelle demeurant actuellement \u00e0 Saint Julien de Concelles \u00e0 s&rsquo;y rendre, il a r\u00e9pondu qu&rsquo;ayant peur d&rsquo;\u00eatre guillotin\u00e9 il ne voulait pas tremper dans aucune conspiration nouvelle.   Fait raport\u00e9 par Biry demeurant \u00e0 Chebuette en Saint Julien canton du Loroux, ce qu&rsquo;il a dit \u00e0 Boutin. Lemesle faisant les fonctions de cur\u00e9 \u00e0 Saint Julien a re\u00e7u une lettre d&rsquo;invitation de la part des agents de la royaut\u00e9 pour engager les habitants \u00e0 se rassembler et \u00e0 se renseigner, lequel pr\u00eatre a paru rejetter.  Le m\u00eame pr\u00eatre Lemesle a dit la messe publiquement \u00e0 9 heures le 16 chez la femme Ve Cheminant \u00e0 &#8230; pr\u00e8s la Chef Buette, il y avait beaucoup de personnes surtout des femmes.Rapport de Boutin boulanger \u00e0 Nantes, 23 ventose An VII \u00bb (AD44,L763) <\/p><\/blockquote>\n<li><strong>La mort clandestine<\/strong><\/li>\n<p>   Le nombre de s\u00e9pultures du registre de Ren\u00e9 Lemesle est relativement faible (voir chapitre 2). Le rythme annuel des s\u00e9pultures not\u00e9es est surprenant, car il se produit une chute brutale au moment de la premi\u00e8re p\u00e9riode de calme relatif.<br \/>\n   Cette chute est li\u00e9e au d\u00e9but de notation des s\u00e9pultures par l&rsquo;administration civile. Lorsque tout revient dans l&rsquo;ordre, en 1800, les s\u00e9pultures sont \u00e0 nouveau not\u00e9es par Ren\u00e9 Lemesle, bien que le taux annuel soit inf\u00e9rieur de plus de moiti\u00e9 au taux pr\u00e9r\u00e9volutionnaire. A pertir de ce moment, il n&rsquo;y a plus concurrence proprement dite, mais une volont\u00e9 d&rsquo;une partie de la population de conserver l&rsquo;enregistrement apr\u00e8s la messe de s\u00e9pulture.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.23.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.23.jpg\" class=\"aligncenter\" width=\"476\" height=\"250\" \/><\/a><br \/>\n   Pendant la pers\u00e9cution religieuse, les concellois, comme leurs voisins lorousains, n&rsquo;ont pas per\u00e7u la n\u00e9c\u00e9ssit\u00e9 de d\u00e9clarer 2 fois leurs morts, une fois au pr\u00eatre et une fois \u00e0 l&rsquo;officier municipal, en particulier leurs morts de mort violente pendant la p\u00e9riode d&rsquo;absence de pr\u00eatre et de pouvoir civil en 1793 et d\u00e9but 1794. Par ailleurs, Ren\u00e9 Lemesle a jug\u00e9 suffisante la d\u00e9claration faite \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat civil. Il a en quelque sorte pass\u00e9 tacitement la main \u00e0 l&rsquo;administration civile sur ce plan. La s\u00e9pulture n&rsquo;est pas un sacrement et seule l&rsquo;ext\u00eame-onction est un sacrement : \u00e0 ce titre elle ne figure pas dans les registres de catholicit\u00e9.<br \/>\n   Nous sommes bien en pr\u00e9sence d&rsquo;une entente, probablement n\u00e9goci\u00e9e entre les hommes publics et Lemesle. On peut d\u00e8s lors se demander quel \u00e9tait la personnalit\u00e9 de ces hommes que Lemesle avait en face de lui. Etaient-ils vraiement \u00ab\u00a0en face\u00a0\u00bb ? (<em>voir chapitre les r\u00e9seaux concellois)<\/em><br \/>\n   Dans les registres clandestins, on est frapp\u00e9 du dilemmne qui s&rsquo;est pos\u00e9 \u00e0 ces pr\u00eatres, et chacun a tent\u00e9 de trouver une r\u00e9ponse \u00e0 sa mani\u00e8re. La s\u00e9pulture n&rsquo;\u00e9tant pas un sacrement, devaient-ils ou non continuer sa notation, d\u00e8s lors que l&rsquo;\u00e9tat civil jouait ce r\u00f4le. La r\u00e9ponse passe \u00e9videmment par leur degr\u00e9 de confiance dans cet \u00e9tat civil, donc dans les hommes qui le tiennent. Cette confiance n&rsquo;a pas un caract\u00e8re purement politique, elle est aussi et sans doute avant tout une question de m\u00e9thode : la notation des actes est un savoir-faire que les pr\u00eatres ma\u00eetrisaient, mais que les officiers municipaux ont du apprendre sur le tas, non sans laisser quelques erreurs &#8230; (18). <\/p>\n<p>     Chez Ren\u00e9 Lemesle, la chute des enregistrements de s\u00e9pultures correspond \u00e0 la pr\u00e9sence dans l&rsquo;administration civile d&rsquo;hommes dans lesquels il a confiance, comme Crou\u00ebzaud ou Phelippes. Ainsi, le registre civil de l&rsquo;An IV commence par la signature de Crou\u00ebzaud. C&rsquo;est lui qui fait noter \u00e0 la fin du registre des mariages de cet an IV, les enregistrements de d\u00e9clarations a posteriori de d\u00e9c\u00e8s des ann\u00e9es 1793 et 1794 (voir chapitre morts violentes de l&rsquo;\u00e9tat civil). <\/p>\n<li><strong>Victimes de la guerre civile<\/strong><\/li>\n<p>   Le cur\u00e9 constitutionnel Le Couteux est parti se r\u00e9fugier \u00e0 Nantes d\u00e8s le 11 Mars 1793, et il n&rsquo;y eut pas de pr\u00eatre attach\u00e9 \u00e0 Saint Julien jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e de Ren\u00e9 Lemesle en Octobre 1794. Cependant, d&rsquo;apr\u00e8s les bapt\u00eames (voir chapitre la vie) on peut \u00e9mettre l&rsquo;hypoth\u00e8se de passages de pr\u00eatres clandestins itin\u00e9rants, sinon il y aurait eu besoin de baptiser les enfants n\u00e9s en 1793.<br \/>\n   En l&rsquo;absence de pr\u00eatre, la s\u00e9pulture en terre chr\u00e9tienne n&rsquo;est difficile que lorsque l&rsquo;on ne peut se rendre au cimeti\u00e8re pour cause de pers\u00e9cution. Mais l&rsquo;ann\u00e9e 1793 le cimeti\u00e8re est libre d&rsquo;acc\u00e8s, puisque la municipalit\u00e9 s&rsquo;est exil\u00e9e. C&rsquo;est fin 1793 que l&rsquo;acc\u00e8s des cimeti\u00e8res ne devient pas facile dans les r\u00e9gions de guerre civile. Dans beaucoup de paroisses on a d\u00fb enterrer sur place.<br \/>\n   Fran\u00e7ois LEBRUN estime que cet attachement \u00e0 la s\u00e9pulture en terre chr\u00e9tienne est si important (47) que son absence est consid\u00e9r\u00e9e comme une \u00ab\u00a0inf\u00e2mie\u00a0\u00bb en Anjou au XVIIIe si\u00e8cle. A la mort violente s&rsquo;ajoute donc l&rsquo;horreur de l&rsquo;absence de s\u00e9pulture chr\u00e9tienne quand on ne peut acc\u00e9der au cimeti\u00e8re qui est le lieu b\u00e9ni. Le transport des corps vers les cimeti\u00e8res a \u00e9t\u00e9 tent\u00e9 par les survivants. Il a parfois \u00e9t\u00e9 possible, comme \u00e0 la Remaudi\u00e8re, o\u00f9 on peut retracer le passage des 7 charettes qui ramass\u00e8rent les corps au lendemain du passage des colonnes de Cordellier pour les porter au cimeti\u00e8re en pr\u00e9sence de tous les survivants.<br \/>\nL&rsquo;exemple ci-dessous, extrait du registre d&rsquo;\u00e9tat civil des Archives Communales de la Varenne, illustre ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 pour une grande partie des victimes. Dans de nombreux cas, les s\u00e9pultures apr\u00e8s le passage des colonnes infernales, seront effectu\u00e9es sur place, et on tentera parfois ult\u00e9rieurement de remettre les corps au cimeti\u00e8re. On guettait la moindre occasion d&rsquo;aller les porter au cimeti\u00e8re, parfois en vain.  <\/p>\n<blockquote><p>    Ils mont d\u00e9clar\u00e9e que Ren\u00e9e GAGNEUX ag\u00e9e d&rsquo;environ 32 ans fille de feus Ren\u00e9 et Perrine BOSS\u00e9 a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e par Larm\u00e9e R\u00e9volutionnaire dans sa maison au bourg de la Varane le 15 ventose An II que son corre a rest\u00e9 sans pouvoir le transport\u00e9e pendant quelle que tamps sous les d\u00e9bris de sa maison qui fut aux meme ainstans aincandi\u00e9e et quansuite quelle que tamps \u00e0 pr\u00e8s il fute transport\u00e9e par Pierre BRUNET dans le citi\u00e8re (sic) de cette commune&#8230;.\u00a0\u00bb <\/p><\/blockquote>\n<p>Mais d&rsquo;autres dans ce m\u00eame registre civil n&rsquo;ont pas eu cette chance : <\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0&#8230;Jean DURASSIER a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 part Larm\u00e9e R\u00e9volutionnaire proche sa maison \u00e0 la pileterie en cette commune le 15 ventose An II que son corre a rest\u00e9 lespace de trois jours sur le lieux et quansuite il a \u00e9t\u00e9 anterr\u00e9 dans son jardin&#8230;(AC de la Varenne, registre d&rsquo;\u00e9tat civil de pluviose an VII)<\/p><\/blockquote>\n<p>   L&rsquo;ortographe est fid\u00e8lement recopi\u00e9e, elle donne une mesure des comp\u00e9tences de l&rsquo;officier municipal, mais elle est le reflet exact de ce qu&rsquo;il a entendu sans d\u00e9former, ne serait-ce que pour remettre en bon fran\u00e7ais. Ceci est caract\u00e9ristique du niveau dans les petites communes, mais le niveau \u00e9tait tout de m\u00eame tr\u00e8s sup\u00e9rieur \u00e0 Saint Julien de Concelles, o\u00f9 des hommes cultiv\u00e9s ont tenu le registre. <\/p>\n<p>   Ren\u00e9 Lemesle n&rsquo;a pas relev\u00e9 les victimes sous la forme de t\u00e9moignages a posteriori de morts violentes. Il n&rsquo;a relev\u00e9 que les s\u00e9pultures auxquelles il a particip\u00e9 physiquement. Seules 2 exceptions not\u00e9es le 2.8.1795 : Fran\u00e7oise Delaunay veuve de Charles Letourneux, 86 ans, et sa fille Fran\u00e7oise Letourneux 63 ans, massacr\u00e9es en mars 1794 \u00e0 la Verrie. Ces 2 d\u00e9c\u00e8s ne sont pas d\u00e9clar\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat civil (<em>voir chapitre morts violentes<\/em>). Les t\u00e9moins qui d\u00e9clarent ce massacre 15 mois apr\u00e8s les faits sont Jean Vivant et Pierre Moreau qui ne signent. Mais les 2 victimes sont des personnalit\u00e9s : elles sont m\u00e8re et soeur de Fran\u00e7ois-S\u00e9bastien Letourneux, <\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0qui avait atteint aux plus hautes charges de la R\u00e9publique : avocat au Parlement de Bretagne, procureur g\u00e9n\u00e9ral Syndic de l&rsquo;administration du d\u00e9partement de Loire-Inf\u00e9rieure en 1790, commissaire du pouvoir ex\u00e9cutif pr\u00e8s la m\u00eame administration en l&rsquo;An IV de la R\u00e9publique, ministre de l&rsquo;int\u00e9rieur an l&rsquo;An VI, r\u00e9gisseur de l&rsquo;enregistrement et du domaine national en l&rsquo;An VII, l\u00e9gislateur et membre du Conseil des Anciens en l&rsquo;An VIII, juge \u00e0 la Cour d&rsquo;appel \u00e0 Rennes ensuite\u00a0\u00bb (8).<\/p><\/blockquote>\n<p>   Pourquoi Ren\u00e9 Lemesle n&rsquo;a t-il pris que ces 2 victimes ?  Est-ce une reconnaissance de protection ? Je suis tent\u00e9e de r\u00e9pondre que cette unique faiblesse de Ren\u00e9 Lemesle, par rapport \u00e0 son principe de nonrelev\u00e9 de t\u00e9moignages a posteriori, est un aveu de lien avec Fran\u00e7ois-Julien Letourneux. Le r\u00f4le ambigu de ce concellois a-t-il jou\u00e9 dans la relative tranquilit\u00e9 dont le pr\u00eatre a joui pour desservir pendant 7 ans Saint Julien sans interruption ?<br \/>\n   Le registre de R. Lemesle diff\u00e8re totalement de ceux deses voisins imm\u00e9diats tel Massonnet au Loroux-Bottereau relevant les t\u00e9moignages m\u00e9thodiquement et non sans un certain savoir-faire qui impliquait un interrogatoire pour \u00e9liminer les risques d&rsquo;erreur.<br \/>\n   Les concellois, priv\u00e9s de la possibilit\u00e9 de d\u00e9claration de leurs victimes \u00e0 leur pr\u00eatre,ont \u00e9prouv\u00e9 le besoin de faire la d\u00e9claration de leurs morts, en partie du moins, au m\u00eame titre que leurs voisins du Loroux-Bottereau. Ils avaient besoin de papiers pour les successions !Ces d\u00e9clarations, qui sont donc probablement incompl\u00e8tes, figurent \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat civil de Saint Julien de Concelles. Une grande partie d&rsquo;entre elles a la particularit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la fin d&rsquo;un registre des mariages, lui m\u00eame mal class\u00e9 parmi les autres ann\u00e9es de mariages. Si bien que ces d\u00e9clarations de d\u00e9c\u00e8s sont quasiment inaccessibles au chercheur peu curieux raisonnant avec un esprit de classement parfait. Il est vain de penser que l&rsquo;on ait pu tenir correctement un \u00e9tat-civil pendant la guerre civile ! On a tendance de nos jours \u00e0 oublier la compl\u00e9mentarit\u00e9 \u00e9tat civil et registre de catholicit\u00e9 en zone de guerre civile pour les recherches g\u00e9n\u00e9aolgiques et d\u00e9mograhiques. Seuls les registres clandestins sont fiables, gr\u00e2ce \u00e0 Dieu, auquel on ne mentait pas, et gr\u00e2ce au savoir-faire des pr\u00eatres. Si Ren\u00e9 Lemesle n&rsquo;a pas not\u00e9 de t\u00e9moignages, c&rsquo;est aussi sans doute qu&rsquo;il percevait d\u00e9j\u00e0 la tendance orale \u00e0 exag\u00e9rer les faits et qu&rsquo;il se m\u00e9fiait en cons\u00e9quence des t\u00e9moignages.<br \/>\n   Les d\u00e9clarations de morts violentes \u00e0 Saint Julien de Concelles ont un int\u00e9r\u00eat en ce sens que l&rsquo;on ne retrouve dans aucune autre source d&rsquo;archives la majorit\u00e9 d&rsquo;entre elles. Ainsi, une partie des victimes concelloises figurait dans l&rsquo;ouvrage du p\u00e8re Petard (8), qui s&rsquo;est lui-m\u00eame inspir\u00e9 d&rsquo;Alfred Lalli\u00e9. Or la liste du p\u00e8re Petard diff\u00e8re de celle des d\u00e9clarations de l&rsquo;\u00e9tat-civil. Les 2 sources s&rsquo;additionnenent sans se recouper (<em>voir chapitre les morts violentes<\/em>). <\/p>\n<li><strong>Les s\u00e9pultures not\u00e9es par Ren\u00e9 Lemesle<\/strong><\/li>\n<p>   Malgr\u00e9 leur manque d&rsquo;exhaustivit\u00e9, les s\u00e9pultures du registre clandestin sont curieusement r\u00e9parties normalement, c&rsquo;est \u00e0 dire tout \u00e0 fait comparables aux s\u00e9pultures pr\u00e9r\u00e9volutionnaires.<br \/>\n   Les jours de s\u00e9pulture s&rsquo;\u00e9chelonnent r\u00e9guli\u00e8rement tout au long de la semaine, et Ren\u00e9 Lemesle ne se repose aucun jour. Pas de repos donc pour un pr\u00eatre. Cette r\u00e9partition est curieuse, puisqu&rsquo;une grande partie des s\u00e9pultures n&rsquo;y figurent pas, et que n\u00e9anmoins le ryhtme hebdomadaire est r\u00e9gulier. On se rend donc assez facilement au cimeti\u00e8re pendant cette p\u00e9riode.<br \/>\nLa r\u00e9partition des \u00e2ges au d\u00e9c\u00e8s est repr\u00e9sentative de ce que des \u00e9tudes de d\u00e9mographie historique donnent g\u00e9n\u00e9ralement. Ces deux r\u00e9partitions, par jour et par \u00e2ge, montrent que d\u00e9c\u00e8s non enregistr\u00e9s n&rsquo;excluaient pas une cat\u00e9gorie, par exemple les enfants en bas \u00e2ge, qui auraient p\u00fb \u00eatre moins d\u00e9clar\u00e9s. La mortalit\u00e9 est plus \u00e9lev\u00e9e pour les enfants de moins de 10 ans que pour les autres tranches d&rsquo;\u00e2ge et ceci rejoint un profil national de l&rsquo;\u00e9poque. Les enfants mouraient-ils plus qu&rsquo;en temps de paix, du fait des mauvaises conditions de vie ?<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.24.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.24.jpg\" class=\"aligncenter\" width=\"476\" height=\"250\" \/><\/a><br \/>\n   On raconte, dans la tradition orale, que les enfants auraient \u00e9t\u00e9 d\u00e9cim\u00e9s par ces conditions difficiles. Le registre clandestin ne permet pas de le d\u00e9terminer, puisque la sous d\u00e9claration est importante et peut avoir majoritairement concern\u00e9 cette tranche d&rsquo;\u00e2ge, malgr\u00e9 le profil r\u00e9gulier de l&rsquo;histogramme ci-dessus. <\/p>\n<li><strong>Jugements<\/strong><\/li>\n<p>   Une partie des concellois partis pour galerne en 1793 ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s et jug\u00e9s \u00e0 Rennes, au Mans. <\/p>\n<li><strong>Rennes<\/strong> <\/li>\n<p>   Pour les personnes arr\u00eat\u00e9es \u00e0 Rennes il existe le relev\u00e9 informatique d&rsquo;Herv\u00e9 Tigier \u00ab\u00a0le Jugement des chouans par les commissions militaires d&rsquo;Ille et Vilaine 1793\u00a0\u00bb tables des accus\u00e9s et t\u00e9moins, 1989 (30). Les concellois y sont relativement nombreux, les voici : <\/p>\n<ol>\n   Joseph Aguesse, 48 ans, mari\u00e9, 1 enfant, laboureur et p\u00eacheur (FV\/P:15, AD35)<br \/>\n   Antoine Bagrin, 17 ans, fils de Fran\u00e7ois et Julienne Bouquet, vigneron, chouan condamn\u00e9 \u00e0 mort (OB\/P:136, AD35)<br \/>\n   Jean Brevet, 42 ans, laboureur et p\u00eacheur (FV\/P:15, AD35)<br \/>\n   Michel Brevet, 39 ans, laboureur et p\u00eacheur (FV\/P:15, AD35)<br \/>\n   Thomas Brevet, 21 ans, laboureur et bucheur (FV\/P:15, AD35)<br \/>\n   Pierre Charbonnier, 23 ans, fils de Mathurin et Jeanne Lalli\u00e9, marchand de vin en gros (FV\/P:15, AD35)<br \/>\n   Pierre Goheaud, 23 ans, p\u00eacheur (FV\/P:15, AD35)<br \/>\n   Jean Guillocheau, 38 ans, mari\u00e9, 1 fille, laboureur et p\u00eacheur (FV\/P:15, AD35)<br \/>\n   Joseph Huret, 28 ans, fils de Joseph et de Jeanne Gautron, marchand de sardines et de volailles, chouan, condamn\u00e9 \u00e0 mort, jugement imprim\u00e9, p 34 (AD35)<br \/>\n   Jean Lambert, 35 ans, mari\u00e9, 2 anfants, laboureur et p\u00eacheur (FV\/P:15, AD35)<br \/>\n   Fran\u00e7ois Limousin, 43 ans, p\u00eacheur (FV\/P:15, AD35)<br \/>\n   Pierre Lorand, 22 ans, laboureur et p\u00eacheur (FV\/P:15, AD35)<br \/>\n   Julien Pouponneau, 47 ans, laboureur, mari\u00e9, 2 enfants (FV\/P:15, AD35)<br \/>\n   Laurent Pouponneau, 26 ans, gar\u00e7on, batelier (FV\/P:15, AD35)<br \/>\n   Pierre Pouponneau, 20 ans, la Perri\u00e8re, laboureur et p\u00eacheur (FV\/P:15, AD35)<br \/>\n   Ren\u00e9 Rousseau, 42 ans, fils de Ren\u00e9 (80 ans), le Plantis (FV\/P:15, AD35)\n<\/ol>\n<li><strong>Le Mans<\/strong><\/li>\n<p>   Pour les personnes arr\u00eat\u00e9es au Mans il existe \u00e0 ce jour plusieurs ouvrages bas\u00e9s directement sur les archives d\u00e9partementales du Mans dont l&rsquo;ouvrage d&rsquo;Henri Chardon \u00ab\u00a0les Vend\u00e9ens dans la Sarthe\u00a0\u00bb la r\u00e9volution dans le Maine, 1927, tome III (31) et le travail r\u00e9cemment informatis\u00e9 \u00ab\u00a0D&rsquo;o\u00f9 venaient les vend\u00e9es du Mans, Fauvy Jo\u00ebl, 1990&Prime;(32) qui r\u00e9capitule toutes les sources disponibles. Les concellois sont les suivants : <\/p>\n<ol>\n   Sophie-Pauline Bougoin, 15 ans, interrog\u00e9e (L 287, AD72)<br \/>\n   Jean Lallier, 13 ans, int\u00e9rrog\u00e9 (L 1978, AD72)<br \/>\n   Madeleine Pageot, 12 ans, int\u00e9rrog\u00e9e (L 1978, AD72)<br \/>\n   Jean Pitard, 11 ans, d\u00e9tenu \u00e0 la Mission (L 287, AD72)<br \/>\n   Jeanne Arouet, 26 ans, d\u00e9tenue \u00e0 la Mission (L 287, AD72)<br \/>\n   Ren\u00e9 Babonneau, 16 ans, condamn\u00e9 au Mans (C III,98)<br \/>\n   Pierre Louis Chesnais, 15 ans, condamn\u00e9 au Mans (C III,98)<br \/>\n   Jean Pettard, 14 ans, d\u00e9tenu \u00e0 Sainte Croix (L 28, AD72)<br \/>\n   Jean Pitard, 14 ans, interrog\u00e9 (L 287, AD72)<br \/>\n   Nicolas Rousseau, 17 ans, condamn\u00e9 au Mans (C III,98)<\/ol>\n<p><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.25.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.25.jpg\" class=\"aligncenter\" width=\"476\" height=\"420\" \/><\/a><br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=3424\">VOIR LE SOMMAIRE<\/a><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/odileO.gif\" title=\" \" class=\"alignnone\" width=\"40\" height=\"50\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/odileH.gif\" title=\" \" class=\"alignnone\" width=\"40\" height=\"50\" \/> Odile Halbert &#8211; <strong>Reproduction interdite sur autre endroit d&rsquo;Internet <\/strong> Discussion autoris\u00e9e sur ce blog.<\/p>\n<ol>\n<strong>Si vous souhaitez discuter de cet ouvrage, merci de le faire ici et non sur d&rsquo;autres forums ou blogs. Merci d&rsquo;avoir un peu de respect pour mon travail, car lorsque vous discutez ailleurs (c&rsquo;est \u00e0 dire dans mon dos) vous fa\u00eetes tourner les d\u00e9tenteurs des autres blogs ou forums.<\/strong><\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(C) Editions Odile HALBERT ISBN 2-9504443-1-8 VOIR LE SOMMAIRE Si vous souhaitez discuter de cet ouvrage, merci de le faire ici et non sur d&rsquo;autres forums ou blogs. Merci d&rsquo;avoir un peu de respect pour mon travail, car lorsque vous discutez ailleurs (c&rsquo;est \u00e0 dire dans mon dos) vous fa\u00eetes tourner les d\u00e9tenteurs des autres &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=3597\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;M\u00e9moire d&rsquo;Avent, l&rsquo;oeuvre clandestine d&rsquo;un Angevin \u00e0 Saint-Julien-de-Concelles 1794-1802 :  Ren\u00e9 Lemesle &#8211; chapitre 7 : la mort&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2756,2284,1589],"tags":[557,527,530],"class_list":["post-3597","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-culte-catholique-religioncroyances","category-releves-de-bms-recherches","category-guerres-de-vendee","tag-culte-catholique","tag-pretre-clandestin","tag-saint-julien-de-concelles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3597","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3597"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3597\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3598,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3597\/revisions\/3598"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3597"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3597"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3597"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}