﻿{"id":3858,"date":"2008-10-14T05:28:14","date_gmt":"2008-10-14T03:28:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=3858"},"modified":"2010-07-03T15:12:39","modified_gmt":"2010-07-03T13:12:39","slug":"memoire-davent-loeuvre-clandestine-dun-angevin-a-saint-julien-de-concelles-1794-1802-rene-lemesle-chapitre-10-pertes-de-memoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=3858","title":{"rendered":"M\u00e9moire d&rsquo;Avent, l&rsquo;oeuvre clandestine d&rsquo;un Angevin \u00e0 Saint-Julien-de-Concelles 1794-1802 :  Ren\u00e9 Lemesle &#8211; chapitre 10 : pertes de m\u00e9moire"},"content":{"rendered":"<p>(C) Editions Odile HALBERT<br \/>\nISBN 2-9504443-1-8<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=3424\">VOIR LE SOMMAIRE<\/a><\/p>\n<ol>\n<strong>Si vous souhaitez discuter de cet ouvrage, merci de le faire ici et non sur d&rsquo;autres forums ou blogs. Merci d&rsquo;avoir un peu de respect pour mon travail, car lorsque vous discutez ailleurs (c&rsquo;est \u00e0 dire dans mon dos) vous fa\u00eetes tourner les d\u00e9tenteurs des autres blogs ou forums.<\/strong><\/ol>\n<p><strong>Chapitre X<\/strong><\/p>\n<li><strong>PERTES DE MEMOIRE<\/strong><\/li>\n<blockquote><p>Ma rive est de silence<br \/>\nmes mains sont de feuillage<br \/>\nma m\u00e9moire est d\u2019oubli.<br \/>\nJean Tardieu<\/p><\/blockquote>\n<blockquote><p>   \u00ab J&rsquo;ai la m\u00e9moire qui flanche, je ne me souviens plus tr\u00e8s bien\u2026 \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>chante notre Barbara nantaise. Ce que Barbara ose avouer, est-ce si rare ? Barbara chante ses amours et ce qu&rsquo;elle a oubli\u00e9 avec autant de n\u00e9gligence po\u00e9tique, les jeunes mari\u00e9s clandestins de la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire ne l&rsquo;oublaient pas aussi facilement. Ils n&rsquo;avaient qu&rsquo;un seul amour, ce qui est plus facile \u00e0 retenir. Et puis cela avait \u00e9t\u00e9 une fameuse f\u00eate, tout le monde se souvient des noces ! Tout le monde ? Voyons un peu ce qu&rsquo;il en est. <\/p>\n<li><strong>La m\u00e9moire des noces<\/strong><\/li>\n<p><em><\/p>\n<p>   Lors de l&rsquo;enregistrement civil (voir chapitre M\u00e9moire d&rsquo;Avent), une partie des couples cite la date de mariage religieux. Cette date religieuse se retrouve dans tous le registre de l&rsquo;An IV, inexistant aux Archives D\u00e9partementales, commec\u00e9 par Crou\u00ebzaud. La formule utilis\u00e9e est la suivante : <\/p>\n<blockquote><p>   &#8230; lesquels ont d\u00e9clar\u00e9 \u00eatre mari\u00e9s ensemble le &#8230; et n&rsquo;avoir pu faire enregistrer leur mariage dans le temps faute de registre civil&#8230; (AC de Saint Julien, registre de mariage An IV) <\/p><\/blockquote>\n<p>   Admirable formule, car l&rsquo;acte ne contient aucune formule de mariage, uniquement cette formule d&rsquo;enregistrement. On n&rsquo;est donc pas surpris de ne pas trouver aux Archives D\u00e9partementales de grosse d&rsquo;un document si peu conforme aux directives officielles : on s&rsquo;\u00e9tait arrang\u00e9 pour r\u00e9gulariser les papiers des concitoyens sur place et on avait \u00e9vit\u00e9 d&rsquo;acheminer aux greffes la copie. La municipalit\u00e9 complaisante de Saint Julien s&rsquo;est montr\u00e9 on ne peut plus compr\u00e9hensive pour cette r\u00e9gularisation. Alors d&rsquo;o\u00f9 vient que malgr\u00e9 cette compr\u00e9hension, tous les Concellois n&rsquo;aient pas \u00e9t\u00e9 se faire enregistrer ?  Ils sont venus nombreux mais pas tous cependant.<br \/>\n   La date de leurs noces religieuses figure dans cet enregistrement et permet de mesurer leur m\u00e9moire des dates. Les enregistrements s&rsquo;effectuent en moyenne 28 mois apr\u00e8s la c\u00e9r\u00e9monie religieuse, avec des extr\u00eames allant de 1 \u00e0 4 ans. Ce d\u00e9lai est donc tr\u00e8s court, et on peut supposer que les dates cit\u00e9es vont \u00eatre exactes. Ceci est vrai pour 23 des 52 couples. Les autres ont oubli\u00e9. A leur d\u00e9charge cependant, il faut mentionner l&rsquo;utilisation dans une partie de ce registre du calendrier r\u00e9volutionnaire. Les dates de leur mariage religieux \u00e9taient donc donn\u00e9es oralement, puis transcrites en calendrier r\u00e9volutionnaire par l&rsquo;agent municipal. On constate alors, comme je l&rsquo;ai relev\u00e9 dans les commmunes voisines (16,18), des erreurs spectaculaires, dont la plus fr\u00e9quente est l&rsquo;erreur d&rsquo;ann\u00e9e. Donc, pour 4 des couples enregistr\u00e9s civilement en l&rsquo;An IV, il y a une erreur d&rsquo;un an et quelques jours. Mais ou cela se complique singuli\u00e8rement, c&rsquo;est que l&rsquo;agent municipal se trompe 2 fois pour l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, et 2 fois pour l&rsquo;ann\u00e9e suivante. Il r\u00e9ussissait tout de m\u00eame \u00e0 viser quelquefois l&rsquo;ann\u00e9e juste, puisqu&rsquo;il la donne dans 10 cas. Il n&rsquo;en reste pas moins qu&rsquo;il se trompe dans 4 cas ur 14, ce qui est un taux d&rsquo;erreur relativement \u00e9lev\u00e9. Il n&rsquo;\u00e9tait pas le seul et ses coll\u00e8ges des communes voisines n&rsquo;\u00e9taient pas plus experts en maniement r\u00e9troactif du calendrier r\u00e9volutionnaire.<br \/>\n   Les autres couples n&rsquo;avaient aucune excuse pour se tromper, et pourtant ils se trompent de quelques jours \u00e0 mois pr\u00e8s, avant comme apr\u00e8s. Les m\u00e9moires les plus courtes peuvent \u00eatre attribu\u00e9es aux couples d\u00e9clarant leur mariage religieux 18 mois apr\u00e8s avec erreur de 20 jours avant, 14 mois apr\u00e8s avec erreur de 9 jours avant, 3 ans et 11 mois apr\u00e8s avec erreur de 30 jours apr\u00e8s, 3 ans et 4 mois apr\u00e8s avec erreur de 22 jours apr\u00e8s.<br \/>\n   \u00ab la m\u00e9moire flanche&#8230; \u00bb pour les \u00e9v\u00e9nements heureux, que penser de cette m\u00e9moire quand il s&rsquo;agit de t\u00e9moigner de dates de d\u00e9c\u00e8s de proches. Elle n&rsquo;\u00e9tait pas brillante au Loroux 3 ans apr\u00e8s les massacres (16). Oublieuse m\u00e9moire ! <\/p>\n<li><strong>La tradition orale<\/strong><\/li>\n<p>   D\u00e8s 1797, soit 3 ans apr\u00e8s le passage des colonnes infernales, les t\u00e9moignages recueillis sur place concernant les victimes \u00e9taient entach\u00e9s de \u00ab troubles de m\u00e9moire \u00bb (16,18). La fiabilit\u00e9 des t\u00e9moignages, y compris des t\u00e9moignages aussi r\u00e9cents que ceux de 1797, pose un probl\u00e8me difficile \u00e0 aborder vis \u00e0 vis des familles de descendants toujours sur place. Depuis 2 si\u00e8cles, l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit des traditions orales familiales et locales est tel que l&rsquo;a si bien r\u00e9sum\u00e9 l&rsquo;abb\u00e9 Guibert cur\u00e9 du Loroux au d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle dans sa chronique manuscrite des m\u00e9faits des colonnes infernales au Loroux-Bottereau en 1794 : <\/p>\n<blockquote><p>Le sang vers\u00e9 par une famille contresigne l&rsquo;honneur qu&rsquo;a eu quelque membre de cette famille de lutter de souffrir ou de mourir pour la religion catholique (44). <\/p><\/blockquote>\n<p>   La notion d&rsquo;honneur a incit\u00e9 certaines familles d\u00e9pourvues de victimes \u00e0 transformer des morts naturelles en morts violentes. Ce glissement de la v\u00e9rit\u00e9 \u00e9tait d&rsquo;autant plus facile \u00e0 op\u00e9rer que des oreilles complaisantes s&rsquo;y pr\u00eataient.    L&rsquo;honneur n&rsquo;est pas seul en cause. La m\u00e9moire humaine a \u00e9galement ses limites comme le relev\u00e9 des mariages civils permet de le quantifier (voir ci-dessus).<br \/>\nEnfin, les familles \u00e9taient g\u00e9ographiquement \u00e9clat\u00e9es c&rsquo;est \u00e0 dire dispers\u00e9es au moment des faits. Il est donc fr\u00e9quent de retrouver des survivants inattendus. On aurait pu s&rsquo;attendre \u00e0 voir les familles p\u00e9rir ensemble, mais il n&rsquo;en est rien.<br \/>\nLes exemples ci-apr\u00e8s illustrent trois types de d\u00e9rive de la m\u00e9moire :<\/p>\n<ol>\nextension familiale du titre de victime : ici du mari \u00e0 la femme<br \/>\nfaux-t\u00e9moignage pour rendre service<br \/>\ntransfert ulit\u00e9rieur de victime d&rsquo;une paroisse \u00e0 l&rsquo;autre<\/ol>\n<li><strong>Perrine Giraud veuve de Laurent Dagondeau <\/strong><\/li>\n<p>   Laurent Dagondeau, laboureur au Chohuet au Loroux-Bottereau, avait \u00e9pous\u00e9 \u00e0 la Chapelle Heulin le 17.7.1781 Perrine Giraud. Le 8 mars 1794, Laurent alors \u00ab ag\u00e9 de 42 ans, barricade sa maison, mais la porte est enfonc\u00e9e, le malheureux sabr\u00e9, la maison incendi\u00e9e et le bless\u00e9 est rejet\u00e9 au milieu des flammes\u00a0\u00bb (17). Sa femme est vivante, ainsi que 2 des enfants du couple \u00e2g\u00e9s respectivement de 11 et 6 ans. Le couple, comme la plupart des couples ayant subi les colonnes infernales, est g\u00e9ographiquement dispers\u00e9 au moment des faits. Laurent a t-il envoy\u00e9 Perrine se cacher derri\u00e8re une haye avec les 2 enfants, ou bien les a-t-il envoy\u00e9 se r\u00e9fugier sur l&rsquo;Ile du Recoin avec la majorit\u00e9 des habitants, ou bien dans de la famille \u00e0 la Chapelle-Heulin ? Laurent aura d\u00e9fendu son maigre bien seul jusqu&rsquo;\u00e0 la mort, en ayant eu soin d&rsquo;\u00e9loigner sa famille. Toujours est-il que Perrine n&rsquo;est pas morte br\u2013l\u00e9e avec lui comme l&rsquo;indique une liste priv\u00e9e. <\/p>\n<p>   La veuve a 2 jeunes enfants \u00e0 \u00e9lever, qui se marieront respectivement en 1804 \u00e0 la Chapelle-Heulin et en 1807 au Loroux-Bottereau. Pour les \u00e9lever, elle se remarie pendant la guerre civile avec Ren\u00e9 Feillastre, lui-m\u00eame veuf d&rsquo;Anne Guillou massacr\u00e9e le 15.3.1794 avec 2 de ses enfants, et p\u00e8re de 2 autres enfants survivants. Le nouveau couple vit \u00e0 la Bazilli\u00e8re o\u00f9 Ren\u00e9 s&rsquo;\u00e9tait install\u00e9 vers les ann\u00e9es 1781, toujours au Loroux-Bottereau. Ils font baptiser clandestinement au Loroux un fils le 2.11.1799 mais n\u00e9 le 24.9.1799 et d\u00e9clar\u00e9 issu de leur<br \/>\nmariage l\u00e9gitime, selon la formule utilis\u00e9e lorsqu&rsquo;il y avait un mariage religieux valide. Or, aucun mariage catholique ne figure dans le registre clandestin du Loroux-Bottereau qui est pourtant tr\u00e8s volumineux. Puis le couple fait baptiser en 1801 un second enfant, toujours d\u00e9clar\u00e9 issu de leur l\u00e9gitime mariage. Seul le mariage civil figure aux archives communales du Loroux, le 11.11.1798, et il \u00e9tait impensable qu&rsquo;il n&rsquo;exista pas un mariage religieux avant<br \/>\nles bapt\u00eames, mais o\u00f9 ?<br \/>\n   La Bazilli\u00e8re est situ\u00e9e \u00e0 plus de 6 km au sud-est de la ville du Loroux et le Chohuet \u00e0 3,3 km \u00e0 l&rsquo;est-sud-est. Les liens paternels et beau-paternels de Perrine Giraud \u00e9taient essentiellement chapelains. Ceux de Ren\u00e9 Feillastre r\u00e9solument lorousains. En l&rsquo;absence de registre clandestin \u00e0 la Chapelle-Heulin, on pouvait donc supposer qu&rsquo;il y avait eu effectivement un mariage religieux clandestin lors des passages occasionnels de Marchand sur cette paroisse et qu&rsquo;aucune trace \u00e9crite ne nous est parvenue. Cette hypoth\u00e8se de travail est ainsi valable pour bon nombre de familles qui montrent des actes religieux \u00ab manquants \u00bb, c&rsquo;est \u00e0 dire dont l&rsquo;absence dans le registre clandestin de leur paroisse ne peut religieusement s&rsquo;expliquer.<br \/>\n   Le d\u00e9pouillement des registres clandestins voisins de la paroisse du Loroux s&rsquo;av\u00e9rait donc n\u00e9cessaire pour reconstituer le \u00ab puzzle \u00bb incomplet des actes religieux dans certaines familles. Ce travail de fourmies confirme l&rsquo;hypoth\u00e8se selon laquelle les actes manquants ont exist\u00e9. On retrouve dans les registres voisins une partie des actes manquants au Loroux. Ainsi, Perrine Giraud et Ren\u00e9e Feillastre sont religieusement unis le 12.11.1798 par Ren\u00e9 Lesmele, soit 1 jour apr\u00e8s le mariage civil. Les distances et les liens familiaux n&rsquo;expliquent pas comment ce couple a \u00e9t\u00e9 uni aussi loin, c&rsquo;est \u00e0 dire \u00e0 8 km de la Bazilli\u00e8re. Peut-on consid\u00e9rer avec notre mesure p\u00e9destre d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, que la distance de 8 km est grande ? Ren\u00e9, n\u00e9 en 1746, donc \u00e2g\u00e9 de 52 ans \u00e0 son remariage, avait donc eu connaissance de la pr\u00e9sence de Ren\u00e9 Lemesle \u00e0 travers d&rsquo;autres liens que familiaux. Liens de galerne ? Toujours est-il que le couple n&rsquo;avait aucune attache familiale directe \u00e0 Saint Julien.<br \/>\n   Quant \u00e0 Perrine, elle est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e le 7.10.1826, non sans avoir quelques petits enfants auparavant, et elle n&rsquo;a pas br\u2013l\u00e9 en 1794. Si le couple avait brul\u00e9 ensemble, on imagine mal comment les personnes qui ont d\u00e9clar\u00e9 la mort de l&rsquo;\u00e9poux, Laurent, sans doute parce qu&rsquo;elles en avaient trouv\u00e9 le corps calcin\u00e9 dans sa maison, n&rsquo;auraient pas retrouv\u00e9 le second corps calcin\u00e9 et n&rsquo;auraient pas d\u00e9clar\u00e9 l&rsquo;\u00e9pouse en m\u00eame temps. C&rsquo;est donc C. Massonnet, dans le registre clandestin du Loroux-Bottereau, qui a correctement relev\u00e9 le t\u00e9moignage du massacre de son \u00e9poux \u00ab\u00a0massacr\u00e9 et br\u2013l\u00e9\u00a0\u00bb le 8 mars. A contrario, le fait que C.<br \/>\nMassonnet n&rsquo;a pu not\u00e9 d&rsquo;autres actes concernant la famille de Laurent Dagondeau, montre que les t\u00e9moins de l&rsquo;\u00e9poque ne connaissaient pas d&rsquo;autres violences dans la famille. Ceci ne signifie pas qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;autres violences, mais qu&rsquo;aucune autre violence connue avec certitude n&rsquo;\u00e9tait \u00e0 leur connaissance \u00e0 la date de Juillet 1794, date du relev\u00e9 de Massonnet.<br \/>\n   De ce qui pr\u00e9c\u00e8de d\u00e9coule une seconde hypoth\u00e8se : le degr\u00e9 d&rsquo;exhaustivit\u00e9 du relev\u00e9 de C. Massonnet d\u00e9pend du degr\u00e9 des connaissances des t\u00e9moins \u00e0 la date de Juillet 1794. Les \u00ab\u00a0t\u00e9moins\u00a0\u00bb devaient avoir vu et identifi\u00e9 leurs morts, ce qui excluait les t\u00e9moignages des soldats morts sans t\u00e9moins, et probablement de quelques massacr\u00e9s non identifi\u00e9s, encore que mon \u00e9tude en cours montre que l&rsquo;identification f\u00fbt assez compl\u00e8te, m\u00eame lorsque les victimes \u00e9taient tomb\u00e9es sur une paroisse voisine, \u00e0 plusieurs kilom\u00eatres de leur domicile. Le t\u00e9moignage occulaire suppose en effet que les corps soient retrouv\u00e9s et identifi\u00e9s, mais il faut temp\u00e9rer la difficult\u00e9, par l&rsquo;extraordinaire connaissance que les gens des villages voisins avaient \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque les uns des autres. Ils \u00e9taient capables, non seulement d&rsquo;identifier avec une bonne fiabilit\u00e9 un habitant d&rsquo;un village voisin, mais aussi de donner oralement sa filiation, et m\u00eame ses premiers mariages dans le cas ces veuvages multiples, sans introduire beaucoup d&rsquo;erreurs.<br \/>\n   Malgr\u00e9 l&rsquo;\u00e9clatement familial et g\u00e9ographique des victimes, qui est important, on a pu identifier les 600 victimes relev\u00e9es par Massonnet \u00e9clat\u00e9es dans un si grand nombre de familles, qu&rsquo;on peut prendre la mesure du terme \u00ab honneur \u00bb :<br \/>\npresque chaque famille a sa victime. La dispersion g\u00e9ographique des membes d&rsquo;une m\u00eame famille au moment du passage des colonnes de Cordellier, a permis aux familles de ne pas \u00eatre totalement massacr\u00e9es : aucune ne dispara\u00eet et il y a toujours au moins un survivant dans une fratrie. Par contre, la plupart des familles ont eu \u00ab\u00a0une  victime\u00a0\u00bb au moins, et peu de familles n&rsquo;ont eu aucune victime.<br \/>\n   L&rsquo;\u00e9tude de la vie \u00e0 travers la population lorousaine, c&rsquo;est \u00e0 dire le suivi syst\u00e9matique des vivants \u00e0 travers toutes les sources disponibles, permet de faire de nombreux recoupements entres les dites sources. C&rsquo;est ce recoupement qui permet d&rsquo;infirmer certains t\u00e9moignages. Il a permit de ramener le chiffre maximum de victimes \u00e0 un chiffre plus proche de la v\u00e9rit\u00e9. Ce chiffre est d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent tr\u00e8s inf\u00e9rieur \u00e0 1000 pour la paroisse du Loroux-Bottereau dans ses fronti\u00e8res de 1789. Il \u00e9volue chaque ann\u00e9e, en diminuant, au fur et \u00e0 mesure que je retrouve les traces fiables des vivants. <\/p>\n<li><strong>Ren\u00e9 Hamon<\/strong><\/li>\n<p>   Ren\u00e9 Hamon, n\u00e9 \u00e0 Oudon en 1759, avait \u00e9pous\u00e9 au Loroux-Bottereau le 13.8.1787 Fran\u00e7oise Pallussi\u00e8re, qui lui donne une premi\u00e8re fille le 1.5.1789. Le couple fait ensuite baptiser clandestinement en 1796 au Loroux une fille pr\u00e9nom\u00e9e Ren\u00e9e, puis le 4.11.1798 un fils pr\u00e9nom\u00e9 Ren\u00e9 n\u00e9 le 22.1.1798. Ils font enregistrer la naissance de leur fils \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat-civil en d\u00e9clarant la m\u00eame date de naissance, ce qui n&rsquo;allait pas toujours de soi pour bien des couples, pour lequels la m\u00e9moire des dates de naissance est aussi fiable que celle de leur jour de mariage (cf ci<br \/>\ndessus).<br \/>\n   Le jeune Ren\u00e9 perd sa m\u00e8re le 21.9.1800 (EC,AC du Loroux-Bottereau), puis son p\u00e8re le 2.9.1801 (EC, AC du Loroux-Bottereau). Il est orphelin \u00e0 3 ans, et \u00e9lev\u00e9 probablement par des cousins \u00e9loign\u00e9s vivants \u00e0 Saint Julien de Concelles, car il n&rsquo;a pas d&rsquo;oncles ou de tantes. Devenu adulte, il \u00e9pouse \u00e0 Saint Julien de Concelles le 9.8.1822 la concelloise Jeanne Vilaine. Il lui faut des papiers pour se marier, or la plus grande confusion r\u00e8gne dans son entourage : on ne sait plus tr\u00e8s bien quand sa m\u00e8re est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e et on n&rsquo;a m\u00eame pas id\u00e9e d&rsquo;aller demander \u00e0 la mairie du Loroux de regarder en 1800, ou bien on a demand\u00e9 \u00e0 Saint Julien de Concelles par erreur, et cette mairie n&rsquo;avait rien et pour cause. A moins que le d\u00e9sordre r\u00e8gnant dans toutes les communes au niveau de l&rsquo;\u00e9tat-civil f\u00fbt tel que la mairie du Loroux n&rsquo;\u00e9tait plus en mesure de retrouver l&rsquo;acte. Cette hypoth\u00e8se, n&rsquo;est pas \u00e0 exclure dans un certain nombre de cas, m\u00eame si elle semble g\u00e9nante.<br \/>\n   Qu&rsquo;\u00e0 cela ne tienne, Ren\u00e9 va faire faire un papier de remplacement, car la mairie lui a indiqu\u00e9 avec complaisance la m\u00e9thode \u00e0 suivre pour obtenir un certificat de<br \/>\nnotori\u00e9t\u00e9. Il lui suffit de trouver 2 t\u00e9moins pr\u00eats \u00e0 jurer la v\u00e9rit\u00e9. Or, il y a belle lurette que les \u00ab t\u00e9moins \u00bb ne sont plus occulaires et que toute la population jure n&rsquo;importe quoi all\u00e8grement, maire en t\u00eate comme \u00e0 Clisson (18). Belle occasion pour ces \u00ab\u00a0t\u00e9moins\u00a0\u00bb de rendre service aux proches, mais surtout de dire n&rsquo;importe quoi \u00e0 l&rsquo;administration boud\u00e9e.<br \/>\n   Et on se moque tellement de jurer n&rsquo;importe quoi \u00e0 cette date, que tout le monde en oubli les moindres r\u00e8gles de bon sens : les t\u00e9moins comme les greffiers qui enregistrent la d\u00e9claration, comme les employ\u00e9s de l&rsquo;\u00e9tat-civil notant le mariage.<br \/>\nC&rsquo;est ainsi que personne n&rsquo;a remarqu\u00e9 qu&rsquo;un fils n\u00e9 en 1798 avait perdu sa m\u00e8re \u00ab au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 1791 \u00bb, et cette ann\u00e9e est \u00e9crite en lettres, donc n&rsquo;est pas une erreur de lecture de ma part ou d&rsquo;\u00e9criture \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.28.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.28.jpg\" class=\"aligncenter\" width=\"476\" height=\"650\" \/><\/a> <\/p>\n<li><strong>Julien Courgeau <\/strong><\/li>\n<p>   Julien Courgeau a \u00e9pous\u00e9 \u00e0 Saint Julien de Concelles en 1798 Ren\u00e9e Fleurance, qui lui fait ensuite quelques enfants. Ren\u00e9e Fleurance fait inhumer en 1796 une fille de 3 ans, mais le p\u00e8re n&rsquo;est pas l\u00e0, et elle est assist\u00e9e de ses beaux-fr\u00e8res. Le 28 ventose an V Ren\u00e9e va d\u00e9clarer \u00e0 la mairie de Saint Julien de Concelles que son \u00e9poux a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 le 15.10.1793 dans les pat\u2013res de cette commune<br \/>\npr\u00e8s le village des 3 chemin\u00e9es (EC, AC). Puisque Ren\u00e9e est une pratique de Ren\u00e9 Lemesle, car elle se manifeste aussi comme marraine chez ses beaux-fr\u00e8res, on remarque que le pr\u00eatre n&rsquo;a pas voulu noter les d\u00e9clarations a posteriori (cf chap\u00eetre 6 la mort).<br \/>\n   Mais il reste \u00e0 Ren\u00e9e un fils n\u00e9 en 1792 qu&rsquo;elle va \u00e9lever seule sans se remarier. Devenu adulte, ce fils se marie au Loroux-Bottereau le 19.10.1812 avec la Lorousaine Perrine Cl\u00e9ment de 9 ans son a\u0152n\u00e9e et s&rsquo;installe au Loroux. Le jeune couple recueille Ren\u00e9e qui les aide \u00e0 la Haye Chausse.<br \/>\n   Pierre Cl\u00e9ment, la p\u00e8re de la jeune femme qui est devenue la brue de Ren\u00e9e, vit aux Perrines \u00e0 3 km du jeune couple, et vient parfois. Ensemble les deux anciens \u00e9voquent cette p\u00e9riode noire durant laquelle Pierre trouva sa femme massacr\u00e9e le 17.3.1794 et Ren\u00e9e son \u00e9poux tu\u00e9 en 1793. Et Ren\u00e9e devenue Lorousaine d&rsquo;adoption, parlera tant de son \u00e9poux qu&rsquo;il \u00e9poux figurera bient\u00f4t dans une liste priv\u00e9e de victimes alors qu&rsquo;il \u00e9tait Concellois au moment de la<br \/>\nguerre civile.<br \/>\n   Julien Courgeau illustre les difficult\u00e9s \u00e0 \u00e9tablir un martyrologe car la question de savoir qui habitait le territoire concern\u00e9 au moment des faits est d\u00e9licate. Il existe une forte probabilit\u00e9 pour qu&rsquo;il ait \u00e9t\u00e9 victime, mais sa famille a quitt\u00e9 Saint Julien de Concelles et la tradition orale qu&rsquo;elle perp\u00e9tue s&rsquo;entend au Loroux.<br \/>\n   Pour \u00e9liminer de telles sources d&rsquo;erreurs, le d\u00e9pouillement exhaustif des registres clandestins est extraordinairement utile. Un registre clandestin est le document le plus fiable de la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire, et il permet de dire qui \u00e9tait pr\u00e9sent, c&rsquo;est \u00e0 dire bien vivant, \u00e0 telle date \u00e0 tel endroit. Gr\u00e2ce au d\u00e9pouillement exhaustif du registre de Ren\u00e9 Lemesle, on peut compl\u00e9ter la fiche de Julien Courgeau et constater qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait jamais pr\u00e9sent alors que sa femme l&rsquo;est \u00e0 plusieurs reprises, donc qu&rsquo;il \u00e9tait probablement d\u00e9c\u00e9d\u00e9 avant. Le registre clandestin n&rsquo;infirme pas les d\u00e9clarations ult\u00e9rieures. <\/p>\n<li><strong>La fiabilit\u00e9 des documents<\/strong><\/li>\n<p>   La fiabilit\u00e9 des documents est la clef de toute \u00e9tude quantitative. Or, la fiabilit\u00e9 des t\u00e9moignages, sur lesquels les documents a posteriori sont bas\u00e9s, fait d\u00e9faut la plupart du temps (16,18). Une sous-estimation de son impact a entra\u00een\u00e9 des erreurs de chiffrage et entretenu depuis 2 si\u00e8cles dans les 2 camps les d\u00e9bats entre partisans du \u00ab\u00a0toujours plus\u00a0\u00bb et partisans du \u00ab\u00a0toujours moins\u00a0\u00bb.<br \/>\n   Le souvenir de la guerre civile est entretenu de nos jours par plusieurs associations. Elles jouent un r\u00f4le d\u00e9terminant dans l&rsquo;entretien de la m\u00e9moire (22). Les instruments archivistiques utilis\u00e9s en partie par ces associations pour \u00e9tayer leurs publications sont des documents \u00e9crits de 1797 \u00e0 1830, c&rsquo;est \u00e0 dire les sources auxquelles la fiabilit\u00e9 fait plus ou moins d\u00e9faut (16,18). Ces sources se basent sur le recueil de t\u00e9moignages et attribuent \u00e0 la notion de t\u00e9moin une importance qu&rsquo;elle na pas eu en r\u00e9alit\u00e9.<br \/>\n   Il \u00e9tait facile d&rsquo;\u00eatre t\u00e9moin pour rendre service \u00e0 un voisin : pour toucher une pension, pour avoir une certificat de d\u00e9c\u00e8s etc&#8230; Ces t\u00e9moignages sont d&rsquo;autant plus nombreux que la complaisance des personnes les recueillant les favorisait localement.<br \/>\n   Le mouvement du souvenir, s&rsquo;il est justifi\u00e9 globalement, ne se justifie pas au niveau des individus car les listes nominatives bas\u00e9es sur de tels t\u00e9moignages comportent de quelques \u00ab fausses victimes \u00bb. Les t\u00e9moignages sont d&rsquo;autant plus erron\u00e9s que la pression du groupe social environnant est forte. Ils le sont \u00e9galement en fonction des attitudes locales vis \u00e0 vis de ces t\u00e9moignages : on observe d\u00e9j\u00e0 une diff\u00e9rence entre Saint Julien et Le Loroux. Enfin ils sont<br \/>\nd&rsquo;autant plus erron\u00e9s que le temps passe. <\/p>\n<p>   L&rsquo;\u00e9tude en cours sur la population lorousaine quantifiera le degr\u00e9 de fiabilit\u00e9 de chaque type de source pour cette paroisse, en donnant nominativement les recoupements impossibles. Les recoupements impossibles sont ceux pour lesquelles la mafestation de la vie, c&rsquo;est \u00e0 dire de la \u00ab\u00a0non-mort\u00a0\u00bb, est fiable : ainsi, un mariage post\u00e9rieur, un d\u00e9c\u00e8s ult\u00e9rieur ou ant\u00e9rieur, une pr\u00e9sence dans un registre clandestin m\u00eame au titre de parrain ou marraine, etc&#8230;, avec filiation donn\u00e9e par le pr\u00eatre.<br \/>\n   Dans le cas des registres clandestins, la vie est pr\u00e9sente sous une forme pr\u00e9cise et le pr\u00eatre n&rsquo;a pas vu des \u00ab fant\u00f4mes \u00bb : on ne lui mentait pas, car cela aurait \u00e9t\u00e9 mentir \u00e0 Dieu. On vivait un temps fort, dans lequel la population se serrait et s&rsquo;entraidait. On n&rsquo;avait rien \u00e0 gagner et sans doute tout \u00e0 perdre et pourtant on d\u00e9clinait courageusement ses noms et filiations.. On signait m\u00eame quand on savait.<br \/>\n   La publication des recoupements impossibles, c&rsquo;est \u00e0 dire des \u00ab non-morts \u00bb pose un probl\u00e8me moral qui ne m&rsquo;\u00e9chappe pas. Pourquoi venir d\u00e9truire dans certaines familles ce qui est si bien entretenu depuis 2 si\u00e8cles. En ai-je m\u00eame le droit ?<br \/>\n   Je ne m&rsquo;en sentais pas le droit moral, bien que j&rsquo;en ai le droit juridiquement parlant. Je ne m&rsquo;en sentais pas plus le devoir. J&rsquo;ai bien dit \u00ab je ne m&rsquo;en sentais pas \u00bb, car depuis j&rsquo;ai d\u2013 changer d&rsquo;avis. L&rsquo;un des mouvements du souvenir, par la voie de son pr\u00e9sident, m&rsquo;a mise en demeure d&rsquo;apporter les preuves des r\u00e9sultats<br \/>\nde mes travaux. Je regrette cette attitude ferm\u00e9e, car j&rsquo;aurais personnellement souhait\u00e9e  ne pas faire de nominatif pouvant semer le trouble dans certaines familles toujours en place. J&rsquo;avais donc na\u2039vement \u00ab sugg\u00e9r\u00e9 \u00bb \u00e0 cette association de revoir ses chiffres \u00e0 la baisse dans ses expos\u00e9s et publications etc&#8230; La r\u00e9ponse m&rsquo;a fait prendre conscience que pour \u00eatre crue il fallait malheureusement que je donne les \u00e9l\u00e9ments nominatifs.<br \/>\n   Quand on songe que 2 si\u00e8cles apr\u00e8s la guerre civile il peut encore exister autant de passions autour des victimes ou non victimes, on peut \u00eatre att\u00e9r\u00e9 \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que prochainement les archives de la seconde guerre mondiale seront communicables. Quelles passions nominatives ne vont-elles pas d\u00e9chainer ?<br \/>\n   Pour la guerre civile qui nous occupe, un premier cas nominatif a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 cette ann\u00e9e (16). Le pr\u00e9sent ouvrage contient quelques cas qui ont ceci de remarquable qu&rsquo;ils concernent Saint Julien de Concelles autant que le Loroux-Bottereau. Mes travaux ne portent que sur le Loroux, et c&rsquo;est uniquement pour reconstituer enti\u00e8rement les familles lorousaines que je suis amen\u00e9e \u00e0 survoler les communes voisines comme le pr\u00e9sent ouvrage le fait pour Saint Julien. M\u00eame sans avoir reconstitu\u00e9es les familles de Saint Julien, on peut trouver des recoupements erron\u00e9s. Il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de mener un travail extraordinaire pour en trouver. Il suffit d&rsquo;un peu d&rsquo;analyse critique et de curiosit\u00e9.<br \/>\n   Chaque cas de recoupement impossible peut s&rsquo;expliquer d&rsquo;une fa\u00e7on diff\u00e9rente, encore que certains cas peuvent \u00eatre regroup\u00e9s par cat\u00e9gories. Ces erreurs ne sont pas l\u00e0 pour diminuer l&rsquo;honneur des populations, mais leur rectification permet de quantifier les victimes sur des bases s\u00e9rieuses. L&rsquo;\u00e9tude de d\u00e9mographie historique du Loroux-Bottereau avait, et a toujours, pour objectif de d\u00e9nombrer les vivants afin de d\u00e9terminer le nombre maximal de victimes potentielles par diff\u00e9rence. Parall\u00e8lement, l&rsquo;\u00e9tude permet de d\u00e9terminer un nombre minimal. La zone interm\u00e9diaire, dite d&rsquo;incertitude, est de plus en plus r\u00e9duite et je suis moi-m\u00eame surprise de constater que l&rsquo;on peut mener \u00e0 bien ce travail en balayant les paroisses voisines et en comptant sur les solidarit\u00e9s g\u00e9n\u00e9alogiques.<br \/>\n   Les martyrologes sont des documents pi\u00e9g\u00e9s, mais ils sont aussi les plus crus.<br \/>\nD&rsquo;o\u00f9 vient la cr\u00e9dibilit\u00e9 aveugle que manifestent nos contemporains ? Deux si\u00e8cles apr\u00e8s les faits, les familles aiment compter un martyr, ou plusieurs, parmi leurs anc\u00eatres. Sans aller, comme il n&rsquo;est pas rare encore de nos jours, jusqu&rsquo;\u00e0 chercher \u00e0 tout prix cette victime, quitte \u00e0 glisser sur certaines incomptabilit\u00e9s ou homonymies, combien de descendants de vend\u00e9ens aimeraient de nos jours s&rsquo;entendrent dire que leur pr\u00e9tendue victime n&rsquo;en est pas une ? Peu, \u00e0 en juger par les lettres d&rsquo;insultes qui me parviennent lorsque je rectifie \u00e0 l&rsquo;aide de donn\u00e9es parfaitement controlables, une tradition orale erron\u00e9e. Ce n&rsquo;est pas une raison pour cesser la recontitution des familles lorousaines, puisqu&rsquo;elle d\u00e9bouche sur quelques rectifications de t\u00e9moignages visant l&rsquo;honneur des familles ?<br \/>\n   Je rends ici personnellement hommage \u00e0 ceux qui ont le courage de reconna\u00eetre que leur anc\u00eatre n&rsquo;est pas la victime figurant dans tel martyrologe, mais qu&rsquo;il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 telle date ult\u00e9rieure apr\u00e8s avoir v\u00e9cu des jours paisibles.<br \/>\nMalheureusement ces personnes \u00e9prises de v\u00e9rit\u00e9 pure sont rares, surtout au prix de perdre un anc\u00eatre victime.<br \/>\n   On tient collectivment ou individuellement \u00e0 \u00ab toujours plus \u00bb de victimes. En d\u00e9posant r\u00e9cemment un relev\u00e9 informatis\u00e9 de la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire et en expliquant oralement dans quel contexte j&rsquo;avais fait ce travail, je m&rsquo;entendis dire :<br \/>\n   -Alors, il y a eu plus de victimes qu&rsquo;\u00e0 &#8230; ?<br \/>\n   On attendait de moi un chiffre \u00e9norme pour \u00eatre fier de sa commune. Combien de temps la question se posera-t-elle encore ainsi ? \u00ab\u00a0Toujours plus\u00a0\u00bb appartient \u00e0 Mr de Closets et sans pr\u00e9tendre \u00e0 \u00ab\u00a0toujours moins\u00a0\u00bb, j&rsquo;ose croire que la Vend\u00e9e sortirait grandie de la v\u00e9rit\u00e9.<br \/>\n   Car la v\u00e9rit\u00e9 est terrible, m\u00eame si le nombre de victimes n&rsquo;est pas si \u00e9lev\u00e9 que le pr\u00e9tende certains, il est suffisamment \u00e9lev\u00e9. Les erreurs relev\u00e9es dans les t\u00e9moignages ne concernent qu&rsquo;une petite partie des listes de victimes. Elles n&rsquo;en diminuent en aucun cas le nombre, car un ph\u00e9nom\u00e8ne de compensation appara\u00eet avec des vraies victimes non identifi\u00e9es \u00e0 ce jour dans les relev\u00e9s existants. Car Il y a des familles qui ne se sont jamais vant\u00e9es et qui ont pourtant de vraies victimes non recens\u00e9es par faute de t\u00e9moignage ou de d\u00e9m\u00e9nagement de la paroisse. <\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.16.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/StJulien.16.jpg\" class=\"aligncenter\" width=\"476\" height=\"250\" \/><\/a> <\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=3424\">VOIR LE SOMMAIRE<\/a><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/odileO.gif\" title=\" \" class=\"alignnone\" width=\"40\" height=\"50\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/odileH.gif\" title=\" \" class=\"alignnone\" width=\"40\" height=\"50\" \/> Odile Halbert &#8211; <strong>Reproduction interdite sur autre endroit d&rsquo;Internet <\/strong> Discussion autoris\u00e9e sur ce blog.<\/p>\n<ol>\n<strong>Si vous souhaitez discuter de cet ouvrage, merci de le faire ici et non sur d&rsquo;autres forums ou blogs. Merci d&rsquo;avoir un peu de respect pour mon travail, car lorsque vous discutez ailleurs (c&rsquo;est \u00e0 dire dans mon dos) vous fa\u00eetes tourner les d\u00e9tenteurs des autres blogs ou forums.<\/strong><\/ol>\n<p><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(C) Editions Odile HALBERT ISBN 2-9504443-1-8 VOIR LE SOMMAIRE Si vous souhaitez discuter de cet ouvrage, merci de le faire ici et non sur d&rsquo;autres forums ou blogs. Merci d&rsquo;avoir un peu de respect pour mon travail, car lorsque vous discutez ailleurs (c&rsquo;est \u00e0 dire dans mon dos) vous fa\u00eetes tourner les d\u00e9tenteurs des autres &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=3858\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;M\u00e9moire d&rsquo;Avent, l&rsquo;oeuvre clandestine d&rsquo;un Angevin \u00e0 Saint-Julien-de-Concelles 1794-1802 :  Ren\u00e9 Lemesle &#8211; chapitre 10 : pertes de m\u00e9moire&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2756,2284,1589],"tags":[527,525,533,530],"class_list":["post-3858","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-culte-catholique-religioncroyances","category-releves-de-bms-recherches","category-guerres-de-vendee","tag-pretre-clandestin","tag-registre-clandestin","tag-rene-lemesle","tag-saint-julien-de-concelles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3858","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3858"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3858\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19176,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3858\/revisions\/19176"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3858"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3858"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3858"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}