﻿{"id":42053,"date":"2026-01-15T11:35:02","date_gmt":"2026-01-15T09:35:02","guid":{"rendered":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=42053"},"modified":"2026-01-16T09:35:39","modified_gmt":"2026-01-16T07:35:39","slug":"la-tres-forte-tempete-du-14-fevrier-1900-a-nantes-beaucoup-de-cheminees-par-terre-autres-degats-et-victimes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=42053","title":{"rendered":"La tr\u00e8s forte temp\u00eate du 14 f\u00e9vrier 1900 \u00e0 NANTES : beaucoup de chemin\u00e9es par terre, autres d\u00e9g\u00e2ts et victimes."},"content":{"rendered":"<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_82_2 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-grey ez-toc-container-direction\">\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\n<p class=\"ez-toc-title\" style=\"cursor:inherit\">Table of Contents<\/p>\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><a href=\"#\" class=\"ez-toc-pull-right ez-toc-btn ez-toc-btn-xs ez-toc-btn-default ez-toc-toggle\" aria-label=\"Toggle Table of Content\"><span class=\"ez-toc-js-icon-con\"><span class=\"\"><span class=\"eztoc-hide\" style=\"display:none;\">Toggle<\/span><span class=\"ez-toc-icon-toggle-span\"><svg style=\"fill: #999;color:#999\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" class=\"list-377408\" width=\"20px\" height=\"20px\" viewBox=\"0 0 24 24\" fill=\"none\"><path d=\"M6 6H4v2h2V6zm14 0H8v2h12V6zM4 11h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2zM4 16h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2z\" fill=\"currentColor\"><\/path><\/svg><svg style=\"fill: #999;color:#999\" class=\"arrow-unsorted-368013\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" width=\"10px\" height=\"10px\" viewBox=\"0 0 24 24\" version=\"1.2\" baseProfile=\"tiny\"><path d=\"M18.2 9.3l-6.2-6.3-6.2 6.3c-.2.2-.3.4-.3.7s.1.5.3.7c.2.2.4.3.7.3h11c.3 0 .5-.1.7-.3.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7zM5.8 14.7l6.2 6.3 6.2-6.3c.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7c-.2-.2-.4-.3-.7-.3h-11c-.3 0-.5.1-.7.3-.2.2-.3.5-.3.7s.1.5.3.7z\"\/><\/svg><\/span><\/span><\/span><\/a><\/span><\/div>\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=42053\/#Introduction\" >Introduction<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=42053\/#La_Tempete\" >La Temp\u00eate<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=42053\/#Un_Cyclone\" >Un Cyclone<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=42053\/#Les_degats\" >Les d\u00e9g\u00e2ts<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-5\" href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=42053\/#Au_Jardin_des_Plantes\" >Au Jardin des Plantes<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-6\" href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=42053\/#Dans_le_Port\" >Dans le Port<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-7\" href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=42053\/#Accident_au_pont_de_Pirmil\" >Accident au pont de Pirmil<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-8\" href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=42053\/#A_la_brosserie_Ruff\" >A la brosserie Ruff<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-9\" href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=42053\/#la_greve_des_couvreurs\" >la gr\u00e8ve des couvreurs<\/a><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Introduction\"><\/span><strong>Introduction<\/strong><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p>Tout ce qui suit est la retranscription du journal quotidien LE PROGR\u00c8S DE NANTES du jeudi 15 f\u00e9vrier 1900. Je n&rsquo;ai retranscrit qu&rsquo;une partie, car il y a encore beaucoup d&rsquo;autres d\u00e9g\u00e2ts un peu partout dans le d\u00e9partement et \u00e0 Nantes. Mais je suis tr\u00e8s choqu\u00e9e que sur Internet je ne trouve aucun site de m\u00e9t\u00e9o qui relate autant de d\u00e9g\u00e2ts donc un temp\u00eate assez violente. On site certes une temp\u00eate, sans donner son ampleur, mais pour moi autant de d\u00e9g\u00e2ts \u00e0 Nantes, est plus que rarissime !!!<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"La_Tempete\"><\/span><strong>La Temp\u00eate<\/strong><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p>Paris, 14 f\u00e9vrier<br \/>\nUne bourrasque violente s\u2019est d\u00e9cha\u00een\u00e9e cette nuit, causant une perturbation g\u00e9n\u00e9rale des lignes t\u00e9l\u00e9graphiques. Les communications sont interrompues avec la Suisse, l\u2019Autriche, l\u2019Angleterre, l\u2019Italie, l\u2019Espagne, le Portugal, Strasbourg, Belfort et 107 bureaux pris dans toutes les directions.<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Un_Cyclone\"><\/span><strong>Un Cyclone<\/strong><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p>D\u00e9solant spectacle<br \/>\nLes victimes. \u2013 Les d\u00e9g\u00e2ts<br \/>\nVoici de nouveaux d\u00e9tails sur le terrible ouragan de mardi :<br \/>\nLes Nantais conserveront toujours le souvenir de l\u2019horrible nuit qu\u2019ils ont pass\u00e9e mardi. De m\u00e9moire d\u2019homme on ne se rappelle temp\u00eate plus effroyable, ni temps plus sinistre. Il ne manquait, pour ajouter \u00e0 l\u2019horreur de la situation, que l\u2019\u00e9clat terrifiant du tonnerre ou la lueur fulgurante des \u00e9clairs. Mais, tel qu\u2019il s\u2019est d\u00e9cha\u00een\u00e9, l\u2019ouragan d\u00e9passe, en imagination, ce que l\u2019on a vu jusqu\u2019ici dans notre contr\u00e9e.<br \/>\nSeuls les gens qui ont vu des cyclones aux colonies ou dans les mers \u00e9quatoriales peuvent se faire une id\u00e9e du triste spectable qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 ici.<br \/>\nC\u2019est vers six heures et demie que les pr\u00e9mices du cyclone \u2013 car c\u2019est un cyclone que nous avons \u00e0 enregistrer \u2013 se sont fait sentir. Durant toute l\u2019apr\u00e8s-midi une baisse barom\u00e9trique n\u2019avait cess\u00e9 de se produite.<br \/>\nAu d\u00e9but, il soufflait brise comme disent les marins, et l\u2019on sentait une temp\u00eate dans l\u2019air. Cette temp\u00eate ne tarda pas \u00e0 se d\u00e9cha\u00eener et \u00e0 atteindre son intensit\u00e9 vers 8 heures 1\/2.<br \/>\nA ce moment le vent faisait rage : il retentissait avec un fracas \u00e9pouvantable, soulevant les ardoises, les chemin\u00e9es, emp\u00eachant presque les passants de marcher dans une direction oppos\u00e9e \u00e0 la sienne, obligeant de courir ceux qu\u2019il prenait en poupe.<br \/>\nDes sifflements lugubres semblables \u00e0 ceux de l\u2019ouragan passant \u00e0 travers le gr\u00e9ement, se faisaient entendre dans toutes les rues. Sur les quais, notamment, ce buit \u00e9tait assourdissant.<br \/>\nCeux qui se risquaient dehoirs devaient y \u00eatre bien forc\u00e9s, car il y avait un v\u00e9ritable danger. De toutes les toitures pleuvaient sur la voie publique des ardoises, des tuiles, des briques, des vitres, des chemin\u00e9es enti\u00e8res, voir m\u00eame des mo\u00ebllons Une v\u00e9ritable avalanche de mat\u00e9riaux mena\u00e7ait le pi\u00e9ton. C\u2019est dire combien il y avait peu d\u2019empressement \u00e0 sortir.<br \/>\nCeux qui \u00e9taient dehors longeaient le plus possible les maisons, sachant fort bien que les ardoises s\u2019abataient surtout sur le milieu de la chauss\u00e9e apr\u00e8s avoir voltig\u00e9 dans l\u2019air au gr\u00e9 du vent le plus violent que beaucoup aient jamais entendu. Il y avait bien \u00e0 craindre la chute de tuiles ou de chemin\u00e9es, mais leur rebondissement sur les goutti\u00e8res les faisait retomber plus pr\u00e8s des caniveaux que des murailles.<br \/>\nMais combien il y avait peu de monde dans les rues ? Quelques-unes pourtant assez anim\u00e9es vers 9 heures \u00e9taient absolument d\u00e9sertes.<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Les_degats\"><\/span><strong>Les d\u00e9g\u00e2ts<\/strong><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p>On peut dire, sans crainte d\u2019\u00eatre tax\u00e9 d\u2019exag\u00e9ration, qu\u2019il n\u2019y a pas, \u00e0 Nantes, une seule maison absolument indemne. Toutes ont eu plus ou moins quelques ardoises enlev\u00e9es, et il faudra les faire visiter par les couvreurs \u2026 quand ceux-ci auront repris le travail, car, comme nous le disons par ailleurs, les couvreurs ont d\u00e9clar\u00e9 la gr\u00e8ve ce matin.<br \/>\nApr\u00e8s l\u2019accident du quai de Versailles qui a caus\u00e9 la mort de deux personnes, celui qui nous para\u00eet le plus grave s\u2019est produit rue de Launay, 9, \u00e0 une maison \u00e0 deux \u00e9tages comportant des faux greniers.<br \/>\nLa chute d\u2019une chemin\u00e9e a fait effondrer la toiture qui est tomb\u00e9e dans la chambre occup\u00e9e par Mme veuve M\u00e9taireau, sa fille Mathilde, \u00e2g\u00e9e de 25 ans, et son fils Pierre, \u00e2g\u00e9 de 9 ans.<br \/>\nPar un hasard v\u00e9ritablement extraordinaire l\u2019enfant effray\u00e9 s\u2019\u00e9tait gliss\u00e9 dans la venelle. La toiture a \u00e9cras\u00e9 le lit, mais l\u2019enfant n\u2019y \u00e9tait plus et il a pu se retirer sain et sauf, sans une \u00e9gratignure. Sa s\u0153ur a \u00e9t\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement atteinte \u00e0 une jambe et la m\u00e8re n\u2019a rien eu. Ces braves gens se trouveraient sans asile, aujourd\u2019hui, ou n\u2019auraient qu\u2019une chambre \u00e0 ciel ouvert si leur propri\u00e9taire ne leur avait donn\u00e9 imm\u00e9diatement un autre logement.<br \/>\nTous leurs meubles sont, cependant, perdus.<br \/>\nPlace Saint-Pierre, la maison portant le n\u00b02 a eu son to\u00eet enlev\u00e9. Les \u00e9chaufaudages de la cath\u00e9drale ont r\u00e9sist\u00e9, mais la palissade en bois de l\u2019Ev\u00each\u00e9 a \u00e9t\u00e9 emport\u00e9e ; des planches \u00e9taient emport\u00e9es et voltigeaient jusque sur la place Louis XVI.<br \/>\nEn ce dernier endroit, l\u2019H\u00f4tel de Goyon et le Cercle Louis XVI ont eu leurs toitures arrach\u00e9es ; il ne reste plus que les chevrons.<br \/>\nL\u2019\u00e9glise Saint-Cl\u00e9ment a beaucoup souffert. Des verri\u00e8res sont cribl\u00e9es ; le zinc de la toiture est tordu et une partie du to\u00eet est \u00e0 d\u00e9couvert.<br \/>\nAu couvent des Ursulines, les v\u00e9randahs sont d\u00e9truites.<br \/>\nLa maison touchant l\u2019Oratoire, \u00e0 l\u2019angle de la rue du Lyc\u00e9e, a eu son to\u00eet en partie enlev\u00e9.<br \/>\nPlace de la Monnaie, maison Verger, la chute d\u2019une chemin\u00e9e a d\u00e9fonc\u00e9 le to\u00eet, qui s\u2019est effondr\u00e9 dans le grenier avec un bruit \u00e9pouvantable.<br \/>\nAu Pont Morand, tout l\u2019angle d\u2019une maison a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9.<br \/>\nQuai Duguay-Trouin, beaucoup de ravages \u00e9galement.<br \/>\nL\u2019immeubles de la Gerbe de Bl\u00e9 a eu une chemin\u00e9e tout enti\u00e8re jet\u00e9e sur la voir publique avec un bruit \u00e9pouvantable et, ce matin, il y avait bien un tombereau de d\u00e9livres \u00e0 enlever.<br \/>\nSur le m\u00eame quai, au num\u00e9ro 16, une autre chemin\u00e9e s\u2019est abattue dans la cour, d\u2019une superficie de 50 m\u00e8tres carr\u00e9s environ, qu\u2019elle a couverte de ses d\u00e9bris.<br \/>\nAu num\u00e9ro 8, une \u00e9chelle de couvreur, laiss\u00e9e mardi soir sur la toiture, s\u2019est abattue sur la loge de la concierge. Il n\u2019y a pas eu heureusement d\u2019accident de personne, la concierge \u00e9tant mont\u00e9e se coucher depuis un quart d\u2019heure environ.<br \/>\nA l\u2019angle des rues Cr\u00e9billon et Boileau, une \u00e9norme chemin\u00e9e est tomb\u00e9e sur la chauss\u00e9e de la hauteur d\u2019un cinqui\u00e8me \u00e9tage.<br \/>\nEtendue sur la voie publique et pulv\u00e9ris\u00e9e, ces d\u00e9bris couvrent une \u00e9tendue de rue sur une longueur de plus de dix m\u00e8tres.<br \/>\nPlace Lafayette, une chemin\u00e9e, emport\u00e9e par la bourrasque, a d\u00e9fonc\u00e9 le to\u00eet.<br \/>\nDans toute la ville, sur le quai de la Fosse en particulier, les plaques-annonces adapt\u00e9es aux reverb\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9es.<br \/>\nUn accident plus grave, qui a caus\u00e9 d\u2019importants d\u00e9g\u00e2ts, s\u2019est produit en face de la gare de la Bourse. Les toitures en zinc des bateaux lavoirs ont \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9es, jett\u00e9es sur la cale et enti\u00e8rement d\u00e9t\u00e9rior\u00e9es. L\u2019un des propri\u00e9taires de ces bateaux, M. Rabuchon, estime sa perte \u00e0 800 francs environ.<br \/>\nAu Blanzy, les toitures en t\u00f4le ainsi que les palissades entourant les chantiers ont \u00e9t\u00e9 en partie arrach\u00e9es.<br \/>\nA la papeterie Gouraud et aux chantiers nantais, les d\u00e9g\u00e2ts sont peu consid\u00e9rables. Ils consistent, comme partout, en avaries aux toitures et aux chemin\u00e9es.<br \/>\nLes gu\u00e9rites des douaniers et ds gardes-barri\u00e8re des chemins de fer ont \u00e9t\u00e9 toutes renvers\u00e9es.<br \/>\nPlace de l\u2019Edit de Nantes, encore une chemin\u00e9e qui, ce matin, jonchait la voie publique, fournissant aux r\u00e9purgateurs deux tombereaux de d\u00e9livres. C\u2019est le deuxi\u00e8me accident qui arrive \u00e0 cette maison. Il y a plusieurs ann\u00e9es, au cours d\u2019une temp\u00eate, elle \u00e9tait d\u00e9couronn\u00e9e de sa chemin\u00e9e.<br \/>\nPlace Gigant, toujours, toujours des jonch\u00e9es, des jonch\u00e9es de briques et de tuiles.<br \/>\nRue de Gigant, 4, il ne reste plus de la toiture que la charpente. A 10 heures et demie, un de nos amis, qui habite l\u00e0, rentrant chez lui a vu s\u2019abattre \u00e0 ses pieds la chemin\u00e9e de sa maison. Un pas de plus et il \u00e9tait tu\u00e9 sur le coup.<br \/>\nPlace Saint-Similien, un pan de mur s\u2019est effondr\u00e9 ; place Viarmes et rue Thiers, 3, des t\u00eates de chemin\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9es.<br \/>\nPont de l\u2019Arche S\u00e8che, une toiture a \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9e et nombre de tuffeaux arrach\u00e9s et jet\u00e9s sur la voie.<br \/>\nPlace Bretagne, une baraque de loterie, tenue par Mme Blau, a \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement d\u00e9molie ; toiture et planches ont \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9es.<br \/>\nLa chapelle qui fait l\u2019angle du chemin de Bonne Garde a eu sa toiture enlev\u00e9e. Rue de la Ripossi\u00e8re, le pr\u00e9au de l\u2019\u00e9cole des gar\u00e7ons a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9 et jet\u00e9 dans le jardin de M. Cassard.<br \/>\nAu n\u00b013 de la rue Lanoue-Bras-de-Fer, une petite maison basse a \u00e9\u00e9 compl\u00e8tement d\u00e9fonc\u00e9e par la chute d\u2019une chemin\u00e9e. Il n\u2019y a eu aucun accident de personne.<br \/>\nLes usines Pilon, Voruz, Gondolo, les chantiers de la Loire, les chantiers Fouch\u00e9 et de la Brosse, ainsi que les magasins g\u00e9n\u00e9raux ont vu une grande partie de leurs toitures enlev\u00e9es par la temp\u00eate.<br \/>\nPlace de la Petite-Hollande, la toiture du march\u00e9 est enlev\u00e9e sur une longueur de 30 m\u00e8tres environ.<br \/>\nAu n\u00b014 de la rue Haudaudine, il y a au moins 50 m\u00e8tres de toiture \u00e0 d\u00e9couvert.<br \/>\nA la minoterie Bossi\u00e8re, quai Moncousu, on compte 100 m\u00e8tres de couverture enlev\u00e9s.<br \/>\nChez M. Revuil, marchand de vin, quai Ile-Gloriette, il y a eu environ 25 m\u00e8tres de toiture d\u00e9fonc\u00e9s.<br \/>\nA l\u2019usine des diamants, rue de la Tour-d\u2019Auvergne, une chemin\u00e9e est tomb\u00e9e et tous les carreaux de la toiture en verre ont \u00e9t\u00e9 cass\u00e9s. On a d\u00fb, ce matin, renvoyer les ouvriers venus pour travailler.<br \/>\nA l\u2019\u00e9cole de la rue Beaus\u00e9jour, il y a beaucoup de d\u00e9g\u00e2ts.<br \/>\nPartout on ne signale que des chemin\u00e9es tomb\u00e9es, des toits enlev\u00e9s.<br \/>\nQuai Hoche, un bateau-lavoir appartenant \u00e0 M. Tricot, demeurant au num\u00e9ro 4 de ladite rue, a sombr\u00e9.<br \/>\nQuai Moncousu, le bateau-lavoir appartenant \u00e0 M. Raffeneau, demeurant au num\u00e9ro 2 de ladite rue, a eu le m\u00eame sort.<br \/>\nSur ce quai, les fils t\u00e9l\u00e9graphiques tra\u00eenaient \u00e0 terre.<br \/>\nLa maison appartenant \u00e0 Mme Franck, situ\u00e9e au num\u00e9ro 2 dudit quai, a eu trois chemin\u00e9es renvers\u00e9es. L\u2019une d\u2019elles est tomb\u00e9e sur une petite maison voisine, d\u00e9fon\u00e7ant le to\u00eet. Le plafond s\u2019est effondr\u00e9 sur le lit des locataires qui \u00e9taient couch\u00e9s. Ils ont pu se sauver \u00e0 grand peine et leur mobilier est d\u00e9t\u00e9rior\u00e9.<br \/>\nAu laboratoire de l\u2019\u00e9cole de m\u00e9decine, une chemin\u00e9e a d\u00e9t\u00e9rior\u00e9 une partie de la toiture en tombant.<br \/>\nLa gare de l\u2019Etat a beaucoup souffert : chemin\u00e9es renvers\u00e9es, carreaux bris\u00e9s, lanternes \u00e0 gaz emport\u00e9es, etc. La toiture d\u2019une halle aux marchandises a \u00e9t\u00e9 en partie enlev\u00e9e, le d\u00e9p\u00f4t des machines a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s endommag\u00e9. Celui de la Compagnie de l\u2019Ouest a \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement d\u00e9couvert et en partie d\u00e9fonc\u00e9. Une aubette a \u00e9t\u00e9 renvers\u00e9e.<br \/>\nDeux poteaux t\u00e9l\u00e9graphiques et une partie de la rampe du pont des chemins de fer de la Vend\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 renvers\u00e9s sur la voie, rendant la marche des trains difficile.<br \/>\nTous les trains ont du retard.<br \/>\nUn poteau t\u00e9l\u00e9graphique s\u2019est bris\u00e9 et est tomb\u00e9 en travers du pont de Pirmil, cassant 7 m\u00e8tres environ de rampe.<br \/>\nLa toiture du d\u00e9p\u00f4t des machines de la gare de Nantes-Leg\u00e9 a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9e sur une longueur d\u2019environ dix m\u00e8tres.<br \/>\nPlace du Bon-Pasteur, maison du Soldeur, encore une chemin\u00e9e enfonc\u00e9e.<br \/>\nNous n\u2019en finirions pas si nous voulions \u00e9num\u00e9rer tous les d\u00e9g\u00e2ts qu\u2019au caus\u00e9s dans notre ville l\u2019\u00e9pouvantable cyclone.<\/p>\n<p>Enlev\u00e9s par le vent<br \/>\nPour donner une id\u00e9e de la violence du vent, citons ce d\u00e9tail qui nous a \u00e9t\u00e9 racont\u00e9 par une personne digne de foi.<br \/>\nEn face de la Petite-Hollande, deux jeunes filles et un jeune homme rentraient chez eux quand un coup de vent formidable souleva le groupe de terre. Prises de frayeur et croyant leur derni\u00e8re heure venue, les deux jeunes filles se jet\u00e8rent dans les bras l\u2019une de l\u2019autre et, en cherchant \u00e0 se retenir, cramponn\u00e8rent le jeune homme. Les trois personnes furent transport\u00e9es sans toucher terre \u00e0 une dizaine de m\u00e8tres.<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Au_Jardin_des_Plantes\"><\/span><strong>Au Jardin des Plantes<\/strong><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p>Mais o\u00f9 le d\u00e9sastre est immense et les ruines lamentables, c\u2019est dans notre beau Jardin des Plantes, si admir\u00e9 des \u00e9trangers, et qui n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 aussi atteint depuis l\u2019hiver 1879-80 qui gela son unique rang\u00e9e de magnolias.<br \/>\nUne cinquantaine d\u2019arbres, des plus forts, des plus rares, des arbres qui ne se peuvent remplacer, sont couch\u00e9s sur les pelouses, d\u00e9coronn\u00e9s, fendus, tordus, d\u00e9chir\u00e9s, arrach\u00e9s.<br \/>\nIls gisent l\u00e0, les pauvres g\u00e9ants de notre arboriculture nantaise, eux qui \u00e9taient la plus belle parure de notre Jardin des Plantes.<br \/>\nLe c\u00e8dre s\u00e9culaire que tous les Nantais connaissent et sous lequel un bataillon tout entier e\u00fbt pu se mettre \u00e0 l\u2019ombre, le c\u00e8dre s\u00e9culaire qui dut entendre, au cours de sa longue existence, bien des serments amoureux, est parmi les victimes du sinistre.<br \/>\nLes squares, les parcs particuliers, les jardins priv\u00e9s n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 plus respect\u00e9s.<br \/>\nPartout ce n\u2019est que d\u00e9solation, arbres du luxe, arbres de produit ont \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9s par centaines.<br \/>\nBoulevard Delorme, place du Petit Bois, cours Saint-Pierre et Saint-Andr\u00e9, square du Palais de Justice, square de l\u2019H\u00f4tel-Dieu, les arbres d\u00e9truits ne se comptent plus, non plus que sur nos grandes routes nationals et d\u00e9partementales.<br \/>\nDu Pont-du-Cens \u00e0 Orvault, on nous affirme que beaucoup d\u2019arbres, au moins soixante, jonchent le sol et qu\u2019il n\u2019y a pas moins de vingt maisons qui ont eu leurs toitures enlev\u00e9es.<br \/>\nDans l\u2019all\u00e9e de la Civeli\u00e8re, route de Clisson, quatorze superbes ormeaux ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s \u00e0 terre.<br \/>\nDans la propri\u00e9t\u00e9 de M. Durand, m\u00eame all\u00e9e, vingt-deux arbres ont \u00e9t\u00e9 coup\u00e9s ou d\u00e9racin\u00e9s.<br \/>\nChemin de Vertou, trois sapins sont tomb\u00e9s ; l\u2019un d\u2019eux s\u2019est abattu sur une toiture qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9molie.<br \/>\nBoulevard Victor-Hugo, la temp\u00eate a caus\u00e9 de nombreux d\u00e9g\u00e2ts. Plusieurs toitures sont enlev\u00e9es.<br \/>\nDans le parc de M. Bosselu, plusieurs arbres \u00e9normes ont \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9s et l\u2019un d\u2019eux, tombant sur les d\u00e9pendances de la maison d\u2019habitation, a litt\u00e9ralement d\u00e9fonc\u00e9 la toiture.<br \/>\nDans la propri\u00e9t\u00e9 de M. Lanlois, \u00e0 Chantenay, un magnifique parc a \u00e9t\u00e9 ras\u00e9 comme si une arm\u00e9e de b\u00fbcherons y avait pass\u00e9. Les d\u00e9g\u00e2ts sont \u00e9valu\u00e9s par M. Langlois \u00e0 plusieurs milliers de francs.<br \/>\nPlace du G\u00e9n\u00e9ral Mellinet, deux arbres sont couch\u00e9s sur le sol.<br \/>\nDans la maison de la rue de Gigant habit\u00e9e par M. Fargues, pasteur protestant, \u00e9tait un vieux sycomore ayant pr\u00e8s de quatre m\u00e8tres de circonf\u00e9rence et qui semblait devoir braver les vents, les temp\u00eates, les ouragans, voire les cyclones, abrit\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait de toutes parts par la maison et les murs des maisons voisines. La cime de cet arbre formidable s\u2019est \u00e9branl\u00e9e sous les coups du vent et a entra\u00een\u00e9 la chute de det arbre qui \u00e9tait une v\u00e9riable curiosit\u00e9 nantaise.<br \/>\nAvenue de Lusan\u00e7au, un c\u00e8dre appartanant \u00e0 M. Le Cadre, adjoint, a \u00e9t\u00e9 fendu en deux.<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Dans_le_Port\"><\/span><strong>Dans le Port<\/strong><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p>Dans le port, les accidents sont peu graves. Voici cependant ceux qu\u2019on nous signale :<br \/>\nLe trois m\u00e2ts Lafontaine, amarr\u00e9 au quai de l\u2019Aiguillon, a arrach\u00e9 un pieu \u00e0 l\u2019estacade.<br \/>\nLe trois m\u00e2ts Saint-Louis, quai Ernest-Renaud, a cass\u00e9 ses amarres et arrach\u00e9 deux pierres du quai.<br \/>\nLe brick Marie-Th\u00e9r\u00e8se, en r\u00e9parations aux chantiers Lefran\u00e7ois, \u00e0 chass\u00e9 sur ses angres et est venu boucher le canal nord-sud.<br \/>\nJusqu\u2019\u00e0 dix heures, ce matin, les Abeilles n\u2019ont pu aborder au ponton de la Prairie-au-Duc.<br \/>\nLa gabarre Trois-Fr\u00e8res, appartenant \u00e0 la maison Loiret et Haentjens, charg\u00e9e de brai, a coul\u00e9 au quai de l\u2019Aiguillon.<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Accident_au_pont_de_Pirmil\"><\/span><strong>Accident au pont de Pirmil<\/strong><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p>Vers 9 heures du soir, le nomm\u00e9 Bernier, cultivateur au Bois Hardy, commune de Chantenay, passait sur le pont de Pirmil avec sa carriole attel\u00e9e d\u2019un cheval. L\u2019attelage a \u00e9t\u00e9 renvers\u00e9 et le conducteur s\u2019est trouv\u00e9 engag\u00e9 sous son cheval. Il a \u00e9t\u00e9 retir\u00e9 de sa f\u00e2cheuse position par MM. L\u00e9opold Fr\u00e9my, 19 ans, forgeron, rue Michel Columb, 2, et Augustin Douaud, 12 ans, chaisier, rue Sanlecque, 2.<br \/>\nConduit au poste des pompiers, M. Bernier a re\u00e7u les soins que n\u00e9cessitait son \u00e9tat qui n\u2019est fort heureusement pas grave.<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"A_la_brosserie_Ruff\"><\/span><strong>A la brosserie Ruff<\/strong><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p>Une chemin\u00e9e qui s\u2019\u00e9croule. \u2013 Deux morts. \u2013 Plusieurs bless\u00e9s.<br \/>\nL\u2019accident le plus \u00e9pouvantable dans ses cons\u00e9quences, ayant pour cause le cyclone, s\u2019est produit \u00e0 la manufacture de brosses et de crins Ruff, install\u00e9e entre le quai de Versailles et la rue Ouche de Versailles. Pr\u00e8s de cette derni\u00e8re rue avait \u00e9t\u00e9 construite derni\u00e8rement une chemin\u00e9e de trente m\u00e8tres de hauteur. Tout \u00e0 c\u00f4t\u00e9 se trouvait une maisonnette \u00e0 un \u00e9tage servant d\u2019habitation au chauffeur Ferdinand L\u00e9aut\u00e9, mari\u00e9 et p\u00e8re d\u2019un gar\u00e7on de 6 ans.<br \/>\nLes \u00e9poux L\u00e9aut\u00e9, ayant travaill\u00e9 \u00e0 la brosserie Ruff, \u00e9taient all\u00e9s habiter la Montagne, puis \u00e9taient revenus \u00e0 l\u2019usine il y a douze jours environ.<br \/>\nIl \u00e9tait 10 heures un quart environ, lorsqu\u2019un bruit \u00e9pouvantable, ressemblant \u00e0 un coup de tonnerre prolong\u00e9, vint troubler le sommel des habitants du quartier.<br \/>\nEn un clin d\u2019\u0153il, les jeunes Edouard Glotin et Pierre Menoreau sont debout et, sortant sur la rue, ils se rendent compte du sinistre : la chemin\u00e9e de l\u2019usine venait de s\u2019effondrer presque compl\u00e8tement.<br \/>\nLe premier soin des jeunes gens est de monter au premier \u00e9tage, o\u00f9 habient les \u00e9poux Benisson et Lavigne.<br \/>\nLes \u00e9poux Lavigne, dont la chambre a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9serv\u00e9e, sortent une \u00e9chelle, car il leur est impossible de se servir de l\u2019escalier.<br \/>\nDans la chambre des \u00e9poux Benisson, le spectacle est effrayant. Au dessus du lit o\u00f9 deux des enfants sont couch\u00e9s, une partie de la chemin\u00e9e a fait un trou b\u00e9ant ; le lit est recouvert d\u2019une \u00e9norme quantit\u00e9 de briques sous laquelle les pauvres petits sont ensevelis. On s\u2019empresse de d\u00e9blayer, et la joie des parents est grande quand ils parvienent \u00e0 sauver leurs enfants \u00e0 peu pr\u00e8s indemnes. La petite fille \u00e2g\u00e9e de huit ans est bless\u00e9e \u00e0 la joue, le petit gar\u00e7on \u00e2g\u00e9 de quatre ans est bless\u00e9 \u00e0 la t\u00eate, mais les blessures sont l\u00e9g\u00e8res.<br \/>\nLes secours \u00e9tant promptement organis\u00e9s, M. Benisson sauve rapidement sa famille, en passant par la chambre de ses voisins et en gagnant la rue \u00e0 l\u2019aide de l\u2019\u00e9chelle.<br \/>\nMais ce n\u2019est pas tout ; une grande partie de la chemin\u00e9e est tomb\u00e9e sur la maison des \u00e9poux L\u00e9aut\u00e9, et on redoute un grand malheur. M. Menoreau p\u00e9n\u00eatre le premier dans la chambre et est effray\u00e9 \u00e0 la vue de l\u2019horrible spectacle qui s\u2019offre \u00e0 ses yeux.<br \/>\nLe plafond est enti\u00e8rement d\u00e9fonc\u00e9, le lit du m\u00e9nage dispara\u00eet sous un monceau de d\u00e9combres. Par un hasard extraordinaire, le petit L\u00e9aut\u00e9, \u00e2g\u00e9 de 6 ans, dort paisiblement dans sa couchette.<br \/>\nLes voisins entrent rapidement dans la chambre, on arrive \u00e0 d\u00e9couvrir les cadavres encore chauds des malheureux. Leur poitrine est litt\u00e9ralement broy\u00e9e, leurs jambes \u00e9cras\u00e9es, leur visage horriblement contract\u00e9 laisse deviner une minute d\u2019atroces souffrances.<br \/>\nA ce moment, il est onze heures envirion, et les pompiers, difficilement pr\u00e9venus par suite d\u2019une interruption t\u00e9l\u00e9phonique, sont sur les lieux avec leurs appareils de sauvetage. En ce qui concerne les secours, leur pr\u00e9sence est d\u00e9sormais inutile, et nos pompiers sont uniquement occup\u00e9s au d\u00e9blaiement.<br \/>\nM. le docteur Chauvet arrive \u00e0 son tour mais il ne peut que constater la mort des \u00e9poux L\u00e9aut\u00e9.<br \/>\nNous nous sommes rendus aujourd\u2019hui sur les lieux du sinistre pour proc\u00e9der \u00e0 une enqu\u00eate personnelle. Les ouvriers travaillent \u00e0 l\u2019usine comme si rien d\u2019extraordinaire ne s\u2019\u00e9tait pass\u00e9, mais le coup d\u2019\u0153il offert est navrant. Les toits des deux maisons sont d\u00e9fonc\u00e9s, les chambres sont remplies de d\u00e9combres, les meubles bris\u00e9s. C\u2019est prudemment que l\u2019on doit traverser les lieux, car les poutres bris\u00e9es peuvent \u00e0 chaque instant s\u2019abattre.<br \/>\nLe toit recouvrant le couloir de sortie est enti\u00e8rement d\u00e9truit, et l\u2019on comprend fort bien que les sinistr\u00e9s aient cru bon de s\u2019\u00e9chapper par les fen\u00eatres.<br \/>\nOn nous rapporte que le petit L\u00e9aut\u00e9, effray\u00e9 par le formidable craquement produit par la chute de la chemin\u00e9e, s\u2019est brusquement enfoui sous les couvertures pour tomber aussit\u00f4t dans un profond sommeil. A l\u2019heure actuelle il ignore encore le profond malheur qui le frappe, et il joue insouciant, chez sa grand\u2019m\u00e8re habitant le Ch\u00eane-Creux.<br \/>\nEn terminant, nous devons f\u00e9liciter MM. Glotin et Menoreau, qui ont fait preuve en la circonstance d\u2019une remarquable pr\u00e9sence d\u2019esprit, et qui ont contribu\u00e9 pour une large part au sauvetage des habitants en danger.<br \/>\nDisons enfin, \u00e0 titre de renseignements, que la chemin\u00e9e qui s\u2019est \u00e9croul\u00e9, avait \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e \u00e0 quatre reprises.<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"la_greve_des_couvreurs\"><\/span><strong>la gr\u00e8ve des couvreurs<\/strong><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/imag\/1900-couvreurs.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/imag\/1900-couvreurs.jpg\" width=\"859\" height=\"408\" \/><\/a><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff00ff;\"><strong><em>Sur la m\u00eame page du m\u00eame journal du m\u00eame jour<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction Tout ce qui suit est la retranscription du journal quotidien LE PROGR\u00c8S DE NANTES du jeudi 15 f\u00e9vrier 1900. Je n&rsquo;ai retranscrit qu&rsquo;une partie, car il y a encore beaucoup d&rsquo;autres d\u00e9g\u00e2ts un peu partout dans le d\u00e9partement et \u00e0 Nantes. Mais je suis tr\u00e8s choqu\u00e9e que sur Internet je ne trouve aucun site &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=42053\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;La tr\u00e8s forte temp\u00eate du 14 f\u00e9vrier 1900 \u00e0 NANTES : beaucoup de chemin\u00e9es par terre, autres d\u00e9g\u00e2ts et victimes.&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[382],"tags":[],"class_list":["post-42053","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-valeurs-actuelles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/42053","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=42053"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/42053\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":42059,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/42053\/revisions\/42059"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=42053"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=42053"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=42053"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}