﻿{"id":4788,"date":"2008-11-02T06:04:29","date_gmt":"2008-11-02T04:04:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=4788"},"modified":"2008-11-02T08:33:18","modified_gmt":"2008-11-02T06:33:18","slug":"nantes-la-brume-ludovic-garnica-de-la-cruz-chapitre-xvi-une-fete-dieu-en-1903","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=4788","title":{"rendered":"NANTES LA BRUME, Ludovic GARNICA de la Cruz, chapitre XVI Une F\u00eate-Dieu en 1903"},"content":{"rendered":"<p>Ludovic Garnica de la Cruz. Nantes la brume. 1905. Num\u00e9risation Odile Halbert, 2008 &#8211; <strong>Reproduction interdite<\/strong>.<br \/>\n<strong>Chapitre XVI<\/strong><\/p>\n<li><strong>Une F\u00eate-Dieu en 1903<\/strong><\/li>\n<p>Et Jeanne et Ren\u00e9 v\u00e9curent ensemble.<br \/>\nIls s&rsquo;aimaient, inattentifs \u00e0 la passion \u00e9lectorale qui remuait m\u00eame les bourgeois placides et de la bonne ville des ducs de Bretagne. Une luxure d&rsquo;affiches se vautrait sur les murs. Fra\u00eechement et h\u00e2tivement coll\u00e9es ces d\u00e9clarations sur papiers de couleur faisaient croire \u00e0 de vieux oripeaux humides trouv\u00e9s dans ses caves, que la cit\u00e9 \u00e9talait pour le s\u00e9chage.<br \/>\nUn soir, le jeune homme rencontra son oncle Rachamps, mi-triste, mi-joyaux.<\/p>\n<li>Ren\u00e9, la r\u00e9action triomphe, je suis battu, mais le vieux Lorcin a re\u00e7u une forte d\u00e9chirure dans sa voile.<\/li>\n<li>Ah !<\/li>\n<li>Viens prendre l&rsquo;ap\u00e9ritif&#8230;OUi, Ren\u00e9, le parti socialiste gagne plusieurs centaines de vois. Dans quelques ann\u00e9es on les balayera comme des d\u00e9tritus g\u00eanants.<\/li>\n<p>Il continua&#8230; puis il apprit \u00e0 Ren\u00e9 que M. de Lorcin voulait l&rsquo;interdire, qu&rsquo;il avait fait quelques d\u00e9marches \u00e0 ce sujet, et qu&rsquo;il \u00e9tait n\u00e9cessaire de se m\u00e9fier de lui.<\/p>\n<li>Maintenant qu&rsquo;il est vainqueur, ce vieux roublard sera dangereux&#8230; Et puis, \u00e7a le suffoque de te voir avec la petite Lonneril&#8230;Sais-tu \u00e0 ce propos, que tu affliges ces braves gens ? Ils sont dans un grand chagrin et m&rsquo;en veulent \u00e0 moi&#8230; Enfin, je ne m\u00eale de rien&#8230; cela vous regarde&#8230; viens d\u00eener&#8230; nous causerons.<\/li>\n<p>Le lendemain Ren\u00e9 ne se souvint que d&rsquo;une chose : son oncle voulait le faire interdire. La col\u00e8re le tourmenta pendant quelques jours, et n&rsquo;y tenant plus, il se rendit un apr\u00e8s-midi boulevard Delorme. On le fit entrer au salon, o\u00f9 son oncle p\u00e9rorait parmi plusieurs \u00e9lecteurs influents.<\/p>\n<li>Mon oncle, permettez-moi de vous offrir mes f\u00e9licitations pour le succ\u00e8s que vous fa\u00eetes remporter \u00e0 votre parti. Je ne croyais pas vous trouver en si grande compagnie, car je venais en m\u00eame temps vous annoncer mon d\u00e9part.<\/li>\n<li>O\u00f9 vas-tu ?<\/li>\n<li>Oh ! Pas loin. Je suis fatigu\u00e9 de la ville, je vais habiter la campagne, une jolie petite maisonnette sur les bords de l&rsquo;Erdre. J&rsquo;y passerai l&rsquo;\u00e9t\u00e9 avec&#8230; ma ma\u00eetresse.<\/li>\n<li>Hein !<\/li>\n<li>Le mot est peut-\u00eatre un peu impertinent, j&rsquo;en conviens, mais n&rsquo;est-ce pas le terme acad\u00e9mique ? Ce n&rsquo;est pas tout. Mon oncle R\u00e9champs m&rsquo;a appris votre intention de m&rsquo;interdire. Ceci n&rsquo;est pas s\u00e9rieux, je suppose, car je ne suis ni fou, ni prodigue, j&rsquo;use de ma fortune comme il me pla\u00eet, et puis, sur ce terrain, je me sens fort de ma victoire, malgr\u00e9 la bonne volont\u00e9r d&rsquo;un tribunal d&rsquo;amis, autrement dit complices.<\/li>\n<li>La vie que tu m\u00e8nes depuis quelques mois est vraiement curieuse et scandaleuse pour notre nom. Le bon sens, les avertissements&#8230;<\/li>\n<li>Les rapts avec violence&#8230;<\/li>\n<li>N&rsquo;y pouvant mettre ordre, nous nous voyons forc\u00e9s d&rsquo;essayer les grands rem\u00e8des.<\/li>\n<li>Sans doute avec l&rsquo;aide de ces messieurs ?<\/li>\n<li>Parfaitement. Tous les gens honorables&#8230;<\/li>\n<li>Vraiment. Qu&rsquo;en f\u00eetes-vous M. le baron des Valormets ? Et vous M. Varlette ? Et vous messieurs S\u00e9niland et B\u00e9thenie ?<\/li>\n<p>Ce fut un brouhaha d&rsquo;exclamations indign\u00e9es.<br \/>\nRen\u00e9 recula vers la porte et croisant les bras sur sa poitrine, il leur cria d&rsquo;un ton sec et railleur.<\/p>\n<li>C&rsquo;est vous qui vous permettez de critiquer ma conduite ! Est-ce dans les maisons publiques messieurs S\u00e9niland et B\u00e9thenie, que vous prenez ce droit ? Le maudit hasard &#8211; peut-\u00eatre la providence &#8211; en m&rsquo;y faisant vous rencontrer, vous a fait une vilaine farce.<\/li>\n<li>Monsieur, vous mentez&#8230;<\/li>\n<p>Il haussa les \u00e9paules.<\/p>\n<li>Si je m&rsquo;amuse, moi, j&rsquo;ai la jeunesse pour excuse, vous, vous n&rsquo;avez pas le mariage, j&rsquo;imagine ? Si je me suis \u00e9gar\u00e9 dans le vice des rues pendant quelques mois, c&rsquo;est de votre faute. A Nantes, vous passez pour des cl\u00e9ricaux, eau b\u00e9nite de p\u00e8res les prudes, et la ville sous votre commandement est infest\u00e9e, comme pas une ville du monde, d&rsquo;un d\u00e9bordement malpropre de grues de toutes les cat\u00e9gories. A partir de cinq heures du soir on ne peut faire un pas sans se voir arr\u00eater, coudoyer, interpeller par une de ces harpies, vos pensionnaires br\u00e9vet\u00e9es. J&rsquo;ai r\u00e9ussi, je ne sais comment, bien malgr\u00e9 vous, \u00e0 sortir de l&rsquo;\u00e9go\u00fbt. Je touve une amie, je l&#8217;emm\u00e8ne respirer un ai sain, loin des contaminures de vos vices. Je le fais hautement, et je me moque de vos menaces, mon oncle, car elles sont vaines. Je ne suis pas une femme que l&rsquo;on effraie du commissaire de police, je me d\u00e9fendrai. Adieu, je vous quitte avec un seul regret, celui de vous voir adul\u00e9 par des hypocrites et des mis\u00e9rables dont vous fa\u00eetes votre compagnie : un Varlette qui fait l\u00e9cher chaque semaon son impuissance par deux petites gamines, un Valormets qui abuse de la pauvret\u00e9 pour contenter ses vices et voles les femmes des malheureux, et d&rsquo;autres encore qui ne valent gu\u00e8re mieux. Vous criez bien haut votre innocence, messieurs. Vos protestations seront \u00e9cout\u00e9es de vos croyants, mais au fond du coeur, de vous \u00e0 moi, vous sentze la v\u00e9rit\u00e9 vous cingler la face de soufflets. Je vous m\u00e9prise et je vous d\u00e9fie&#8230; mais ne bavez pas sur moi, ou je vous donnerais des coups de  pieds dans la figure.<\/li>\n<p>Les hommes se lev\u00e8rent mena\u00e7ants. M. de Lorcin s&rsquo;avan\u00e7a, s\u00e9v\u00e8re, s&rsquo;interposant.<\/p>\n<li>Ren\u00e9, on n&rsquo;insulte pas les h\u00f4tes de son oncle ! Je te prie de sortir.<\/li>\n<p>Ren\u00e9 avait-il jet\u00e9 le d\u00e9sarroi dans le cam de ses ennemis ? Il n&rsquo;entendit plus parler de la fameuse interdiction.<\/p>\n<p>En errant leurs baisers par l&rsquo;ensolleillement des environs de Nantes, ils avaient d\u00e9nich\u00e9 un gentil pavillon encastr\u00e9 de verdure, dont les pelouses comme un frais tablier descendaient humecter son colant au courant de l&rsquo;Erdre. A gauche, la Jonneli\u00e8re \u00e9talait ses caf\u00e9s et ses pontons, plus loin, le point du chemin de fer barrait de son arc g\u00e9ant le fronton de la vall\u00e9e o\u00f9 doucement se promenait la rivi\u00e8re.<br \/>\nComme il l&rsquo;avait dit \u00e0 son oncle, Ren\u00e9 quitta la rue Saint-Pierre, sa chambre \u00e9tait trop \u00e9troite et trop sombre pour l&rsquo;\u00e9panouissement de son amour d&rsquo;\u00e9t\u00e9. Ils s&rsquo;intall\u00e8rent aussit\u00f4t dans un mobilier neuf et d\u00e9licat. A l&rsquo;\u00e9cart, ils tissaient dans le calme les tapisseries de leurs amours. La campagne si triste et si m\u00e9lancolique malgr\u00e9 ses habits de fleurs et de verdures lorsqu&rsquo;on est seul, devient un th\u00e9\u00e2tre f\u00e9\u00e9rique \u00e0 d\u00e9cors nouveaux quand deux amants y m\u00ealent leurs pas l\u00e9gers comme leurs caresses.<br \/>\nLe dimance, l&rsquo;Erdre se couvrait de canots. La rivi\u00e8re semblait une vitre sur laquelle courent des mouches. Les chansons folles se tr\u00e9moussent d&rsquo;aise. Et l&rsquo;on rit, et l&rsquo;on s&#8217;embrasse \u00e0 pleine bouche sur l&rsquo;eau. Courb\u00e9s par le vent, les voiliers filent comme les volants d&rsquo;un jeu de raquette. Les vapeurs, qui font le service d&rsquo;\u00e9t\u00e9, fument, sifflent, troublent l&rsquo;onde de leur museau tranchant. L&rsquo;\u00e9cume vient heurter les roseaux des rives et s&rsquo;accrocher aux cils des n\u00e9nuphars.<br \/>\nL&rsquo;air tourbillonne en ses arceaux les cris de la Jonneli\u00e8re envahie par les nantais qui vont s&rsquo;y donner l&rsquo;illusion d&rsquo;une partie de campagne en buvant de la bi\u00e8re, de la limonade et croquant dse galettes sous la tonnelle d&rsquo;un cabaret.<br \/>\nIls y allaient quelquefois. Comme des enfants, ils se balan\u00e7aient, jouaient aux boules, graissaient leurs doigts aux galettes. La musique, elle aussi, faisait son excursion. Un vieux bonhomme, haut comme une botte de gendarme, grin\u00e7ait de sa vielle, gagnant quelques sous parmi les g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9s du dimanche.<br \/>\nLe monde des commis et des ouvri\u00e8res venait prendre provision d&rsquo;air et d&rsquo;insouciance, apr\u00e8s le renferm\u00e9 de la semaine dans leurs ateliers clos o\u00f9 les poumons sont mal \u00e0 l&rsquo;aise. A la tomb\u00e9e du jour, tous les oiseaux rentrent \u00e0 la cage, et les derniers refrains s&#8217;emplissent d&rsquo;un au revoir gamin au soleil mourant de la libert\u00e9 hebdomadaire.<br \/>\nApr\u00e8s le d\u00eener, tout s&rsquo;\u00e9tait tu. Assis l&rsquo;un pr\u00e8s de l&rsquo;autre sur la pelouse, ils regardaient la pluie noire enlacer les bords de l&rsquo;Erdre. La brise fra\u00eeche ondulait des frissons par les choses qui se reposaient. La rivi\u00e8re clapotinait comme un petit chien qui ronge un os sous la table. Les \u00e9toiles, une \u00e0 une, mettaient le nez \u00e0 la fen\u00eatre pour contempler la terre \u00e0 l&rsquo;or\u00e9e du sommeil. La lune aussi roula sa face bouffie.<br \/>\nLes amants tressaillirent ; leurs bouches se cherch\u00e8rent. Ils se laiss\u00e8rent glisser sur l&rsquo;herbe tendre. Quelques agrafes craqu\u00e8rent ; l&rsquo;\u00e9toffe eut un l\u00e9ger froufrou. L&rsquo;ombre bl\u00eame de la lune enlinceula de ses tra\u00een\u00e9es \u00e9parses la douceur infinie de l&rsquo;aimer.<\/p>\n<p>Ren\u00e9 venait parfois en ville pour ses affaires. Or, un jour de pluis qu&rsquo;il passait par la place Saint-Pierre, il vit la cath\u00e9drale emmaillot\u00e9e d&rsquo;\u00e9chafaudages grotesques, et des hommes qui la grattaient impitoyablement. Les pellicules blanches ruillselaient partout. Le jeune homme sentit au coeur une cruelle blessure et son \u00e2me se meurtrir de col\u00e8re. Il rentra chez lui furieux.<br \/>\nA l&rsquo;heure du d\u00eener, Jeanne, ne le voyant par descendre de sa chambre, o\u00f9 il s&rsquo;\u00e9tait enferm\u00e9, monta le chercher. Elle le trouva dans une grande exaltation au milieu d&rsquo;une avalanche de papiers et de notes.<br \/>\nD\u00e8s qu&rsquo;il l&rsquo;aper\u00e7ut, il lui conta ce qu&rsquo;il avait vu.<\/p>\n<li>J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 si douloureusement impressionn\u00e9, qu&rsquo;il m&rsquo;a fallu confier mon \u00e2me \u00e0 quelqu&rsquo;un. Je l&rsquo;ai fait \u00e0 moi-m\u00eame et j&rsquo;ai not\u00e9 les confidences une \u00e0 une. Ecoute :<\/li>\n<p>Ren\u00e9 lut, avec une \u00e9motion intense, le r\u00e9cit de son \u00e2me chagrine et r\u00e9volt\u00e9e (Article paru le 10 octobre 1903 dans \u00ab Nantes-la-Grise \u00bb revue litt\u00e9raire, artistique et th\u00e9\u00e2trale fond\u00e9e par l&rsquo;auteur.)<\/p>\n<blockquote><p>Il pleut. Avec une douceur lente d&rsquo;amoureuse la pluie s&rsquo;en vient frotter la figure p\u00e2le des maisons et les toits qu&rsquo;elle caresse ont des sourires humides de volupt\u00e9.<br \/>\nJe suis sorti cependant. Sous mon parapluie, je m&rsquo;achemine au long des murs, perdu dans des haleines subtiles de brouillard, reconnaissant bien ma ville \u00e0 son \u00e2me qui se vaporisait<br \/>\nPeu de monde. On me croyait seul, un r\u00eaveur, alors que la pluie causait avec moi. Elle babillait sur la soir de mon \u00ab p\u00e9pin \u00bb, gamine heureuse qui vous confie d&rsquo;interminables suites de choses inattendues.<br \/>\nJ&rsquo;allais au hasard, je ne sais plus, heureux d&rsquo;avoir sa compagnie dans l&rsquo;ambiance monotone et somnolente.<br \/>\nC&rsquo;\u00e9taient les arbres renfrogn\u00e9s h\u00e9rissant leurs feuilles alourdies. C&rsquo;\u00e9taient les quais d\u00e9serts avec les chalands en chiens de garde accroupis pr\u00e8s des p\u00e2t\u00e9s de sable et des tartines cr\u00eameuses de tuffeaux. C&rsquo;\u00e9taient les coinquements affol\u00e9s des tramways crvant la pluie et pissant de la fum\u00e9e sur les rails. Enfin, la grande cath\u00e9drale, comme une difficile \u00e9nigme de si\u00e8cles effrondr\u00e9s, sa base crisp\u00e9e sur le front de la ville, son dos si haut, si perdu dans la brume qu&rsquo;il semblait former le socle des cieux.<br \/>\nPauvre vieille, cass\u00e9e entre les b\u00e9quilles qu&rsquo;on lui impose ! Elle m&rsquo;a parue bien pein\u00e9e, bien triste ! La pluie sur sa fa\u00e7ade formait de grosses larmes qui ruisselaient. Tout pr\u00e8s d&rsquo;elle, j&rsquo;ai cru l&rsquo;entendre parler : plainte d&rsquo;une s\u00e9culaire qui ne veut plus rien, sinon qu&rsquo;on la laisse mourir en paix, descendre morceaux par morceaux vers une immortalit\u00e9 de ruines.<br \/>\nA quoi bon les vains rem\u00e8res, les caut\u00e8res inutiles ! A quoi bon la martyriser, rabougrir son orgueil \u00e9nergique d&rsquo;antan par des repl\u00e2trages honteux et ridicules ainsi qu&rsquo;une vieille cocotte dont on veut cacher les rices ! Un balai contre cette clique de chirurgiens, d&rsquo;apothicaires, de rabouteux qui tourmentent sa gigantesque et noble agonie ! un bailai contre tous ces vaniteux d&rsquo;une science imb\u00e9cile qui n&rsquo;a pas plus d&rsquo;effet que le coup de pied de l&rsquo;\u00e2me !<br \/>\nEt sa tristesse persistante me disait :<br \/>\n\u00ab Venez vous seuls, mes aim\u00e9s, vous qui n&rsquo;avez que de douces paroles. Prenez place \u00e0 mon chevet. Contez-moi vos r\u00eaves d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, je vous conterai en bonne grand&rsquo;m\u00e8re ceux de vos a\u00een\u00e9e. Vous comprendrez en moi une race d&rsquo;a\u00efeux dont vous n&rsquo;\u00eates qu&rsquo;un banal reflet<br \/>\nTout passe, tout se lasse. La pourpre, l&rsquo;or, ni les cuirasses ne brillent sous les rayons jaloux du soleil ; les \u00e9tendard de triomphe ne flottent plus autour de moi, la foule des fid\u00e8les n&rsquo;a plus la foie cr\u00e9dule et splendide d&rsquo;autrefois. Tout est rapi\u00e9c\u00e9.<br \/>\nLes barbares jadis envoyaient contre ma grandeur l&rsquo;oc\u00e9an en furie de leur haine. Ils allumaient des brasiers hauts comme des montagnes pour m&rsquo;ensevelir et faire taire ma voix dominatrice. Ils avaient alors la col\u00e8re du temps et des orages. Et quand je succombais, des mains g\u00e9antes me relevaient sur ma d\u00e9faite \u00e9clatante.<br \/>\nLes petits chefs minuscules de votre temps n&rsquo;ont plus de haches, ni de b\u00e9liers, ils prennent des ciseaux, des maillets, des rabots, ils grattent, creusent, piquent. Que faire contre cette gale inconsciente qui me ronge aussi l\u00e2chement que b\u00eatement ?<br \/>\nNantes, dont je suis la synth\u00e8se formidable de son histoire m&rsquo;abandonne. Elle me laisse, comme un joujou us\u00e9, d\u00e9chiqueter par les fourmis et la vermine de l&rsquo;obscutir\u00e9. Elle supporte impassible que l&rsquo;on masque aux g\u00e9n\u00e9rations les cicatrices grav\u00e9es par les Normands et les Sans-Culottes sur mes vieilles chairs.<br \/>\nVous, d\u00e9fendez-moi, ou pleurez avec moi. Soyez l&rsquo;\u00e9cho de mon impuissance, vous qui me savez vivre d&rsquo;une autre vie que la v\u00f4tre. \u00bb<br \/>\nElle s&rsquo;\u00e9tait tue ! &#8230; Ce n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;une illusion. La voix \u00e9tait venue des pores de la pierre me toucher en plein coeur.<br \/>\nMais que puis-je faire ? Dire \u00e0 tous ce qu&rsquo;elle m&rsquo;a dit ? Me croira-t-on ? On rira simplement : c&rsquo;est un fou, pensez-donc ! Et le vingti\u00e8me si\u00e8cle avanc\u00e9 chantera sur la place Saint Pierre un \u00ab Viens Poupoule \u00bb d&rsquo;un air de \u00ab Je m&rsquo;en fiche \u00bb, tandis que le bruit du fac\u00e9 concert en d\u00e9lire assourdira les grincements des gratteurs sur les pierres d&rsquo;une de nos plus merveilleuses cath\u00e9drales de France.<br \/>\nAh ! s&rsquo;il plaisait \u00e0 Dieu que je fusse le ma\u00eetre, je la laisserais s&rsquo;\u00e9crouler seule, et le soir, parmi ses ruines comme des lambeaux d&rsquo;\u00e2me, j&rsquo;irais apprendre une le\u00e7on que l&rsquo;on a oubli\u00e9e. Je ne vomirais pas sur les flancs respectables une arm\u00e9e mesquine pour se gaver de poussi\u00e8re et salir sa face d&rsquo;\u00e9chafaudaes grotesques. Car je ne suis pas le rustre qui, trouvant un blanson dans son champ, ne l\u00e8ve m\u00eame pas le soc de la charrue pour l&rsquo;\u00e9viter.<br \/>\nJe lui sonnerais au contraire mon meilleur fauteuil de calme et de tendresse, cependant qu&rsquo;assis d\u00e9votement \u00e0 ses pieds sur un modeste tabouret, je l&rsquo;\u00e9couterais souffler en mon \u00e2me docile les parcelles d&rsquo;une tradition bien morte de colossale beaut\u00e9. \u00bb <\/p><\/blockquote>\n<p>Alors l&rsquo;\u00e2me nantaise de la petite Lonneril s&rsquo;\u00e9veilla dans un sourire b\u00e9nin.<\/p>\n<li>Mais tu es fou avec ton boniment. Qu&rsquo;est-ce que cela peut te faire. Elle sera plus propre, si on la gratte, voil\u00e0 tout.<\/li>\n<p>Stup\u00e9fait, Ren\u00e9 la regarda comme un aigle qui vient de tomber du haut d&rsquo;une montagne, les ailes coup\u00e9es. L&rsquo;antagonisme de leurs deux races cassa le r\u00eave insens\u00e9 qu&rsquo;il avait cru. Il lui dit avec une lourde ironie<\/p>\n<li>Une fois qu&rsquo;elle sera gratt\u00e9e, on doit la laver avec nos pompes \u00e0 indendie pour enlever la poussi\u00e8re<\/li>\n<li>Ah !<\/li>\n<li>Nous irons ensemble voir ce grand d\u00e9barbouillage. On le fait tous les cent ans \u00e0 la cath\u00e9drale de Paris<\/li>\n<li>?!?!<\/li>\n<p>Les jours succ\u00e9d\u00e8rent aux jours. Leur vie ne variait gu\u00e8re, si ce n&rsquo;est qu&rsquo;ils s&rsquo;apaisaient. Lui, s&rsquo;\u00e9tait remis \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude, se sentant absolument seul ; elle, se faisait appeler madame de Lorcin.<br \/>\nJeanne arrangeait sa vie de petite bourgeoise avec cet \u00e9go\u00efsme particulier aux nantais. Elle potinait chez les voisins et les fournisseurs, parlait souvent de son \u00ab mari \u00bb, portait ostensiblement une alliance au doigt. Il lui laissait toute libert\u00e9, m\u00eame en en souffrant, sans jamais la contrarier. Elle \u00e9tait toujours pour lui l&rsquo;amante qui se laisse faire, qui s&rsquo;abandonne \u00e0 chacun de ses d\u00e9sirs avec un sourire si heureux et si c\u00e2lin. Cependant l&rsquo;ennui commen\u00e7ait \u00e0 le tourmenter, la solitude lui pesait. Certaines heures, il aurait eu besoin d&rsquo;un ami. Jeanne, pr\u00eate aux caresses, aux baisers, \u00e9tait distraite \u00e0 ses propos intimes. Il confia son chagrin \u00e0 Delange par de longues lettres presque quotidiennes. Le peintre lui r\u00e9pondait, l&rsquo;encourageait, le suppliait de quitter la province, de venir pr\u00e8s de lui. Il lui rappelait ses avertissements au sujet de sa ma\u00eetresse. Ses sens l&rsquo;avaient aveugl\u00e9. Comme ses pareilles, Jeanne \u00e9tait l&rsquo;incarnation de l&rsquo;\u00e2me bourgeoise nantaise, vide de tout penser immat\u00e9riel. Tomb\u00e9 dans un engrenage p\u00e9rilleux, s&rsquo;il ne luttait pas d\u00e8s maintenant, il s&rsquo;affaiblirait et s&rsquo;annilhilerait bient\u00f4t \u00e0 toute oeuvre intelligente.<br \/>\nRen\u00e9 avait en vain cherch\u00e9 des motifs de s\u00e9paration. Les pleurs avaient toujours eu raison de ses vell\u00e9it\u00e9s. Comment r\u00e9sister \u00e0 cette soumission perp\u00e9tuelle ? Comment briser cette petite poup\u00e9e heureuse de sa nouvelle existence ? Comment aurait-il pu trouver au fond de son coeur la m\u00e9chancet\u00e9 n\u00e9cessaire \u00e0 cette mauvaise action ?<\/p>\n<p>Le mois de mai s&rsquo;en \u00e9tait all\u00e9 se perdre au labyrinthe du pass\u00e9. Juin collait \u00e0 son tour son front br\u00fblant au vitrail de l&rsquo;\u00e9t\u00e9. Un dimanche matin Ren\u00e9 dit \u00e0 son amie.<\/p>\n<li>Prends ta plus belle robe, nous allons voir les processions de la F\u00eate-Dieu !<\/li>\n<p>Vers neuf heures, ils entr\u00e8rent en ville. La foule se pressait. On mettait la derni\u00e8re main aux guirlandes des rues pavois\u00e9es comme des rosi\u00e8res. Le ciel s&rsquo;assombrissait, des gouttelettes d&rsquo;eau filtraient des nuages gris. Les cloches de la cath\u00e9drale carillonnaient fanfaronnes, parsemant dans l&rsquo;espace leur appel vibrant. Ils arriv\u00e8rent sur la place Saint-Pierre lourde de monde. Et quand tous attendaient paisiblement la sortie de la procession, on vit arriver des hommes noirs avec des sous-ventri\u00e8res tricolores qui gesticul\u00e8rent comme des mannequins m\u00e9caniques. On vit des sergots refouler les spectateurs le long des trottoirs et des bandes brutales se parquer dans la rue de Ch\u00e2teaudun. Soudain des k\u00e9pis bleus apparurent caracolant sur leurs chevaux. Mais voici que les k\u00e9pis bleus pouss\u00e8rent leurs chevaux contre les assistants avec bestialit\u00e9 et qu&rsquo;ils firent des rondes au cendre de la place. Un grand murmure courut de ce burlesque carrousel. Le pr\u00e9fet venait d&rsquo;interdire la procession. C&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois depuis longtemps qu&rsquo;un homme avait l&rsquo;audace d&rsquo;interrompre une coutume nantaise. Un moment de stupeur passa. Les plus paisibles des commer\u00e7ants grond\u00e8rent. Les catholiques massaient sur les marches de l&rsquo;\u00e9glise, arm\u00e9s de b\u00e2tons ; d&rsquo;autres \u00e9taient partis processionner dans les rues de la ville. Ils entr\u00e8rent quelques-uns dans la pr\u00e9fecture, mais la bravoure n&rsquo;\u00e9tant pas la vertu des bourgeois, ils ressortirent aussit\u00f4t, effray\u00e9s de leur vaillance et rest\u00e8rent derri\u00e8re la grille d&rsquo;entr\u00e9e. Leur l\u00e2chet\u00e9 les enragea, ils bris\u00e8rent deux malheureuses gu\u00e9rites, victimes bien innocnentes, ccass\u00e8rent une sonnette&#8230; puis, \u00e9nivr\u00e9s par leur triomphe, \u00e9lev\u00e8rent des barricades avec des barri\u00e8res en bois vert dans la rue Royale. Ils se battirent contre les gendarmems, rossant leur chef d&rsquo;importance. Sur la place un grand remous se produisit. Comme balay\u00e9 par un vent terrible les assistants courbaient la t\u00eate et ployaient les genoux. Sous le porche de l&rsquo;\u00e9glise, Mgr Rouard, \u00e9v\u00eaque de Nantes, offrait l&rsquo;ostensoir d&rsquo;or ainsi qu&rsquo;un fulgureux soleil levant, et donnait solennellement la b\u00e9n\u00e9diction. Un silence plein de fois couvrit la grande place ; \u00e0 peins quelques rugissements de brutes troubl\u00e8rent le geste infini d&rsquo;un Dieu captif qui se montre par la lucarne de sa prison \u00e0 la foule de ses serviteurs incapables de le d\u00e9livrer.<br \/>\nCe fut tout. Un r\u00e9sum\u00e9 de beaucoup de bruit, et de bruit inutile.<\/p>\n<p>Ren\u00e9 n&rsquo;avait cess\u00e9 de sourire \u00e0 cette agitation grotesque de la force arm\u00e9e et de la col\u00e8re des catholiques, du chef des k\u00e9pis bleus, \u00e0 pied, une canne \u00e0 la main, de l&rsquo;autre, une cravache comme un vulgaire argousin. Parfois un homme passait, acclam\u00e9, les menottes aux mains entour\u00e9 de quatre ou cinq gendarmes. On demandait : qu&rsquo;a t-il tu\u00e9 ? Un homme ! un gendarme ! Non, il a effleur\u00e9 la queue d&rsquo;un cheval, la botte d&rsquo;un pandor : non, il s&rsquo;est laiss\u00e9 marcher sur la pied par cocotte sans lui dire merci ; non, c&rsquo;est un pendable, il a cri\u00e9 : vive la Libert\u00e9. Tant pis pour lui. Est-ce que l&rsquo;on applaudit les r\u00e9gimes disparus ?<br \/>\nLes \u00e9chafaudages emprisonnaient les membres de la cath\u00e9drale, dressant sa formidable enverdure en face la tourbe des pygm\u00e9es. Jadis, lorsque son carillon sonnait l&rsquo;alarme, les fid\u00e8les accouraient pr\u00eats \u00e0 lutter jusqu&rsquo;au dernier soupir pour elle. L&rsquo;\u00e9v\u00eaque se serait mis au sommet des marches, aurait pr\u00e9sid\u00e9 la bataille et b\u00e9ni de son geste les r\u00e2les des mourants. Qu&rsquo;auraient fait quelques gendarmes en qu\u00eate d&rsquo;avancement, quelques commissaires de police, devant la foi sublime et insens\u00e9e d&rsquo;un peuple r\u00e9volt\u00e9 ayant dans les veines du sang de fer ? L&rsquo;on j&rsquo;aurait pas bris\u00e9 des gu\u00e9rites, mais des cr\u00e2nes. Et elle, la Cath\u00e9drale, dominant de son orgueil la bataille, fi\u00e8re de ses f\u00e9aux, elle aurait d\u00e9ploy\u00e9 l&rsquo;\u00e9tendart triomphal de son ombre, \u00e9blouissant les valets d&rsquo;un pr\u00e9fet quelconque ou d&rsquo;un gouverneur ambitieux.<\/p>\n<p>L&rsquo;or, le traitement n&rsquo;\u00e9taient pas encore venus salir l&rsquo;\u00e2me des pr\u00eatres. Le sang des catholiques n&rsquo;\u00e9tait pas avachi. Ce n&rsquo;est plus le m\u00eame coeur qui battait sous les pourpoints de cuirs ou de soie, qui s&rsquo;\u00e9pouvante maintenant sous la redingote boutonn\u00e9e. Mis\u00e9rable semence qui fr\u00e9tille, que l&rsquo;on m\u00e8ne t\u00eate basse \u00e0 coups de fouets ! Ils grondent comme des chiens battus. Ils rendent le grandiose ridicule. Ils se dispersent peu \u00e0 peu dans les rues. Oh ! Ils en causent beaucoup au fond de leurs fauteuils. Ils parlent de luttes futures, de revanches impitoyables en sirotant leurs caf\u00e9s. Leurs cris ont \u00e0 peine troubl\u00e9 la somnolence de la cath\u00e9drale. Cependant plus d&rsquo;un sera convaincu s&rsquo;\u00eatre montr\u00e9 un h\u00e9ros pour avoir brandi une canne contre un pauvre cheval de gendarme. Il est vrai que des juges pousseront la plaisanterie jusqu&rsquo;\u00e0 punir de prison quelques braillards \u00e0 la voix plus forte, complices d&rsquo;une farce grotesque \u00e0 laquelle ils s&rsquo;en voudraient, certes, de ne pas se joindre.<br \/>\nLe charlatanisme s&rsquo;infiltre partout comme une eau d&rsquo;inondation. Magistrature, arm\u00e9e, ministres des cultres, tous pantins ridicules de foire, ex-titans de granit rapetiss\u00e9s par leur si\u00e8cle de pl\u00e2tre. Leurs gestes ne sont plus que des ombres chinoises sur un mur mal \u00e9clair\u00e9. C&rsquo;en est fini de la noblesse de la lutte, la mode en est aux pantalonnages. En ce jour, la ville d&rsquo;un \u00e9lan unanime s&rsquo;y adonne. Autour des \u00e9glises, o\u00f9 les cur\u00e9s peureux font du z\u00e8le en chaussons, se tassent la foule des badauds, mimant avec une pr\u00e9cision comique le joyeux couplet :<\/p>\n<ol>\nQuant un gendarme rit<br \/>\nDans la gendarmerie<br \/>\nTous les gendarmes rient<br \/>\nDans la gendarmerie<\/ol>\n<p>Au centre d&rsquo;un bagarre un bonhomme \u00ab socio \u00bb s&rsquo;affale sur le trottoir. Ses citoyens-fr\u00e8res s&rsquo;\u00e9meutent \u00e0 propos de la mort du vieillard, mort que l&rsquo;on exploitera avec une impudence politicienne. On fera des p\u00e9lerinages annuels et civils sur la tombe du marture de l&rsquo;an\u00e9vrisme. Les bourgeois en auront la frousse pendant huit jours. \u00c7a calmera le vent guerrier qui vient de soulever les pans de leurs redingotes. Leur coeur sera terrifi\u00e9 de l&rsquo;accusation lanc\u00e9e contre eux : \u00ab Assassins ! \u00bb. Mais bient\u00f4t ils reprendront leurs sens disloqu\u00e9s. Leur majest\u00e9 irr\u00e9vocable saura d\u00e9fendre la puret\u00e9 de leurs actes. \u00ab L&rsquo;\u00e9motion peut h\u00e2ter la mort d&rsquo;un vieillard, la fougue, surtout la n\u00f4tre, n&rsquo;est capable que de briser que des gu\u00e9rites pr\u00e9fectorales \u00bb.<\/p>\n<p>A la nuit tombante, Jeanne et Ren\u00e9 reprenaient le chemin de leur nid. La ville fatigu\u00e9e s&rsquo;\u00e9tait isol\u00e9e au fond de son alc\u00f4ve de brumes. Une \u00e0 une ses veilleuses s&rsquo;\u00e9teignaient. Avant de souffler la chandelle le mari contait \u00e0 son \u00e9pouse les atrocit\u00e9s des bagarres, les blessures b\u00e9antes, le sang giclant, les yeux bondissant de l&rsquo;orbite. L&rsquo;\u00e9pouse admirait l&rsquo;exaltation magnanime de l&rsquo;\u00e9poux. La premi\u00e8re fois sans doute qu&rsquo;ils vivaient de chim\u00e8res.<br \/>\nLe drap noir du sommeil couvrait la ville ; la ville qui oubliait, la ville qui reprenait sa tranquillit\u00e9 morne. La ville qu&rsquo;une vell\u00e9it\u00e9 belliqueuse avait endolorie, \u00e0 laquelle il fallait le repos habituel ; la ville s&rsquo;\u00e9talant sur le matelas mo\u00eblleux de sa boue visqueuse, et qui saigne du moindre effort pour s&rsquo;en d\u00e9coller.<br \/>\nLa col\u00e8re du boeuf est vaine, il reprend son allure placide en recreusant les \u00e9ternels sillons.<\/p>\n<p>Ludovic Garnica de la Cruz. Nantes la brume. 1905. Num\u00e9risation Odile Halbert, 2008 &#8211; <strong>Reproduction interdite<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>NANTES LA BRUME<\/strong>, Ludovic Garnica de la Cruz, 1905<\/p>\n<li><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=1776\">1 : le brouillard <\/a> <\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=1788\">2 : la ville <\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=1800\">3 : la batonnier et l&rsquo;armateur <\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=1809\">4 : le peintre <\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=1905\">5 : le clan des ma\u00eetres <\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=1914\">6 : rue Pr\u00e9mion <\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2165\">7 : labyrinthe urbain<\/a> <\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2326\">7 : labyrinthe urbain &#8211; fin<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2334\">8 : les \u00e9cailles <\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2344\">9 : emprises mesquines <\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2382\">10 : carnaval<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2488\">11 : le cul-de-sac  <\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2506\">11 : le cul-de-sac &#8211; suite <\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=2769\">11 : le cul de sac &#8211; fin <\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=3313\">12 : les portes de Neptune<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=4125\">13 : Cueillettes d&rsquo;avril <\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=4418\">14 : Moisson d&rsquo;exil <\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=4573\">15 : Les courses<\/a><\/li>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/odileO.gif\" title=\" \" class=\"alignnone\" width=\"40\" height=\"50\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/odileH.gif\" title=\" \" class=\"alignnone\" width=\"40\" height=\"50\" \/> Odile Halbert &#8211; <strong>Reproduction interdite sur autre endroit d&rsquo;Internet <\/strong> Merci d\u2019en discuter sur ce blog et non aller en discuter dans mon dos sur un forum ou autre blog.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ludovic Garnica de la Cruz. Nantes la brume. 1905. Num\u00e9risation Odile Halbert, 2008 &#8211; Reproduction interdite. Chapitre XVI Une F\u00eate-Dieu en 1903 Et Jeanne et Ren\u00e9 v\u00e9curent ensemble. Ils s&rsquo;aimaient, inattentifs \u00e0 la passion \u00e9lectorale qui remuait m\u00eame les bourgeois placides et de la bonne ville des ducs de Bretagne. Une luxure d&rsquo;affiches se vautrait &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=4788\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;NANTES LA BRUME, Ludovic GARNICA de la Cruz, chapitre XVI Une F\u00eate-Dieu en 1903&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[78],"tags":[247,246],"class_list":["post-4788","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-nantes","tag-garnica-de-la-cruz","tag-nantes-la-brume"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4788","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4788"}],"version-history":[{"count":48,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4788\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5082,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4788\/revisions\/5082"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4788"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4788"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4788"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}