﻿{"id":6177,"date":"2008-06-17T07:01:30","date_gmt":"2008-06-17T05:01:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=6177"},"modified":"2010-07-14T18:42:52","modified_gmt":"2010-07-14T16:42:52","slug":"sucre-de-rouen-arrive-en-mauvais-etat-a-laval-1639-proces-verbal-de-reception","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=6177","title":{"rendered":"Sucre de Rouen, arriv\u00e9 en mauvais \u00e9tat \u00e0 Laval, 1639, proc\u00e8s verbal de r\u00e9ception"},"content":{"rendered":"<p>Je suis Nantaise, et \u00e0 ce titre j&rsquo;ai baign\u00e9 dans l&rsquo;histoire du sucre li\u00e9e \u00e0 celle des ports. Nous avions vu sur mon billet du 21 d\u00e9cembre, la confiserie de No\u00ebl en 1633 \u00e0 Angers, v\u00e9ritable nouveaut\u00e9, puisque ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 1632 que le sucre n&rsquo;est plus le monopole des apothicaires.<br \/>\nAvec ce billet, nous revenons \u00e0 cette p\u00e9riode du d\u00e9but du 17e si\u00e8cle, mais cette fois, pour suivre le sucre d&rsquo;un port, en l&rsquo;occurence Rouen, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des terres, Laval. Je suis personnellement tr\u00e8s attach\u00e9e au contr\u00f4le du poids, ayant travaill\u00e9 dans un service Qualit\u00e9. A ce titre, j&rsquo;ai plus qu&rsquo;un Fran\u00e7ais moyen, la notion de contr\u00f4le du poids, tel que celui qui figure sur tous nos emballages actuels, cont\u00f4le dont vous ne vous doutez certainement pas, mais qui sont plus que rigoureux et strictement r\u00e8glement\u00e9s de nos jours. <\/p>\n<p><em>L&rsquo;acte qui suit est extrait des Archives d\u00e9partementales de la Mayenne, s\u00e9rie 3E &#8211; Voici la retranscription exacte de l&rsquo;acte, orthographe comprise :<\/em> Le 7 f\u00e9vrier 1639 avant midy nous Jean Barais notaire de la cour de Laval et y demeurant sommes en pr\u00e9sence et assistance et ce requ\u00e9rant Berth\u00e9l\u00e9my Lehirbec marchant demeurant en cette ville <strong>transportez en la maison de Fran\u00e7ois Carr\u00e9 tenant \u00e0 ferme le grand poids de cette ville sous les grandes halles, pour voir peser certaine basle pleine de marchandises de pains de sucre qui luy ont est\u00e9 envoyez par Marie de Caulx veuve de Jacques Suny marchand de la ville de Rouen<\/strong> par sa lettre escritte du 29 janvier dernier par l\u2019ordre de Fran\u00e7ois Goutier messager (ce Fran\u00e7ois Carr\u00e9 occupe \u00e0 Laval un poste important, puisqu&rsquo;il p\u00e8se officiellement les marchandises, qui sont le plus souvent des balles de toile en partance.) <\/p>\n<p>ou estant avons trouv\u00e9 ledit Goutier lequel nous a pr\u00e9sent\u00e9 une basle pleine desdits pains de sucre pour estre pes\u00e9e audit poids, lesquelles ont somm\u00e9 et interpell\u00e9 ledit Carr\u00e9 de la peser, lequel apr\u00e8s l\u2019avoir pes\u00e9e en pr\u00e9sence desdits Lehirebec et Goutier <strong>s\u2019est trouv\u00e9e que toute ladite balle pesoit avec ladite marchandise 81 livres,<\/strong> <em>(il n&rsquo;y a qu&rsquo;une balle, et j&rsquo;ignore si le cheval avait une autre balle de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, comme lorsqu&rsquo;on voit les iconographies de charroi de marchandises<\/em>) <\/p>\n<p>laquelle basle a est\u00e9 despli\u00e9e en notre pr\u00e9sence et des tesmoins cy apr\u00e8s et se sont trouv\u00e9s en icelle 20 pains de sucre couvertz de papier bleu lesquelz <strong>ont est\u00e9 trouvez la pluspart en cassonnade et l\u2019autre partie ne pouvoit servir qu\u2019\u00e0 cassonnade estant tous rompus et desfectueux et ne sont marchands<\/strong> (<em>on voit l&rsquo;utilit\u00e9 des t\u00e9moins lors des \u00e9changes commerciaux, et du notaire pour dresser le proc\u00e8s verbal officiel de l&rsquo;\u00e9tat de la marchandise)<\/em><\/p>\n<p>lequel Goutier nous a dit lesdits pains de sucre luy avoir est\u00e9 apportez dans son hostellerye de la Pomme de Pin en la ville de Rouen par ladite de Caulx pour estre apportez en cette ville audit le Hirebec, et estoient enballez lors qu\u2019ilz luy furent apportez et envoyez par ladite de Caulx sans qu\u2019il les ayt veus enballez et a jur\u00e9 et affirm\u00e9 lesdites marchandises n\u2019avoir souffert aucune incommodit\u00e9 par les chemins son cheval n\u2019estant tomb\u00e9 en fa\u00e7on quelconque ny n\u2019ont est\u00e9 mouillez par lesdits chemins sy ce n\u2019a est\u00e9 par cas fortuis de lesgout (<em>\u00e9go\u00fbt<\/em>) des hayes (l<em>es messagers sont souvent li\u00e9s de famille aux h\u00f4teliers, dont le m\u00e9tier est aussi li\u00e9 aux voyageurs. Ici, on voit que leur responsabilit\u00e9 peut \u00eatre mise en question si le transport s&rsquo;est mal pass\u00e9, or, le sucre craint l&rsquo;humidit\u00e9, et nous sommes le 7 f\u00e9vrier, saison d&rsquo;hiver. Il y a 240 km de Rouen \u00e0 Laval, sachant qu&rsquo;un cheval fait 40 km par jour, la marchandise a voyag\u00e9 plusieurs jours sur le cheval, environ une semaine. Le messager a donc quitt\u00e9 Rouen au plus tard le 1er f\u00e9vrier. C&rsquo;est un transport \u00e9cologique certes, et \u00e0 l&rsquo;abri du prix du p\u00e9trole&#8230;<\/em>) <\/p>\n<p>et apr\u00e8s lesdits pains de sucre avoir est\u00e9 ostez de ladite basle icelle auroit est\u00e9 pes\u00e9e avec ses cordages et pailles par ledit Carr\u00e9, lequel auroit trouv\u00e9 qu\u2019icelle cordaiges est pailles et serpilli\u00e8re p\u00e8sent neuf livres, (le poids net du sucre est donc de 81 &#8211; 9 = 72 livres) <\/p>\n<p>desquelles dires et de la vacation avons d\u00e9cern\u00e9 acte auxdites partyes pour leur valloir et servir ce que de raison <strong>en pr\u00e9sence de Michel Robeveille marchand espicier et Michel Garnier marchand espicier expertz lesquelz pareillement le serment d\u2019eux pris nous ont dict que ledit sucre n\u2019est loyal ny marchand estant nul et en poussi\u00e8re comme cassonnade et ne peut valloir et estre vendu que pour prix de cassonnade <\/strong>et recogneu que ce n\u2019a est\u00e9 par d\u00e9ni ny manque du voicturier, dont avons aussy d\u00e9cern\u00e9 acte audit Lehirebec ce requ\u00e9rant, fait et pass\u00e9 audit Laval en pr\u00e9sence de Fran\u00e7ois Salmon marchand et honorable Jean Garnier Sr du Pin demeurant en cette ville tesmoings \u00e0 ce requis et appell\u00e9s et ont lesdits Goutier Carr\u00e9 et Garnier dict ne signer. (l&rsquo;\u00e9picier est celui qui vient de prendre \u00e0 l&rsquo;apothicaire le commerce du sucre, voyez le d\u00e9but de ce billet et le billet de d\u00e9cembre. Les proc\u00e8s verbaux dress\u00e9s par notaire sont toujours tr\u00e8s complets, et font toujours appel \u00e0 des t\u00e9moins experts, ce sont des actes tr\u00e8s modernes en ce sens) <\/p>\n<blockquote><p>cassonade. s. f. Sucre qui n&rsquo;est point encore affin\u00e9. Ces confitures ne sont faites qu&rsquo;avec de la cassonade. (<em>Dictionnaire de L&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise<\/em>, 1st Edition, 1694) <\/p>\n<p>Pain, se dit aussi de certaines choses mises en masse, comme, Pain de sucre. pain de cire. pain de savon. pain de bougie. (m\u00eame dictionnaire)<\/p><\/blockquote>\n<p>Avec ce billet, je viens de cr\u00e9er une nouvelle cat\u00e9gorie ALIMENTATION, et je vais tenter d&rsquo;y remettre les anciens billet en relevant&#8230; Certes, ce billet concerne aussi bien le TRANSPORT, mais comme je pense que comprendre le peu de sucre autrefois sur la table de nos anc\u00eatres, voire l&rsquo;abscence totale, c&rsquo;est important&#8230;<\/p>\n<blockquote><p>La famille Le Hirbec, \u00e0 laquelle appartient Barth\u00e9l\u00e9my, est une ancienne famille lavalloise dont les a\u00een\u00e9s se qualifi\u00e8rent de sieurs de la Brosse (Argentr\u00e9). &#8211; Daniel, petit-fils de Barth\u00e9l\u00e9my Le Hirbec, apothicaire, et de Marie Fr\u00e9ard, e fils de Daniel Le H. et de Ren\u00e9e Corneau, serait n\u00e9 en 1621 ; il est connu par ses voyages aux Antilles, dans les Pays-Bas et en Italie, dont il a laiss\u00e9 le r\u00e9cit en deux petits cahiers autographes que poss\u00e8de Mr de la Baulu\u00e8re \u00e0 qui je les signalai et qu&rsquo;a publi\u00e9s Mr Moreau. Parti de Laval le 3 mars 1642, le voyageur, apr\u00e8s diverses p\u00e9rip\u00e9ties qui n&rsquo;ont rien de dramatique, arrivait aux Antilles le 3 juin au soir et s\u00e9journait \u00e0 la Martinique jusqu&rsquo;au 22 ao\u00fbt \u00ab pour y traicter de marchandises ; \u00bb il longea ensuite \u00ab la Dominique, \u00bb la Guadeloupe, tout l&rsquo;archipel, se rembarqua le 31 d\u00e9cembre 1642 avec le \u00ab fribuste \u00bb anglais Denis, qui venait \u00ab de couvrir le P\u00e9rou \u00bb et, en vue de Belle-Isle, continua vers la Hollande qu&rsquo;il visita, pour rentrer \u00e0 Laval par Saint-Malo le 31 mai suivant. Deux mois plus tard, le 9 aoput, il repartait pour l&rsquo;Italie, sans id\u00e9e mercantile, semble-t-il, en touriste qui poss\u00e8de des connaissances historiques, qui sait voir, qui raconte sobrement, sans admiration outr\u00e9e. A son retour, Daniel Le Hirbec, sieur de Chambray, se maria avec Fran\u00e7oise Pinart, dont il n&rsquo;au pas d&rsquo;enfants, et mourut en 1647. &#8211; Barth\u00e9l\u00e9my, fr\u00e8re a\u00een\u00e9 du pr\u00e9c\u00e9dent, n\u00e9 en 1615, eut de Fran\u00e7oise Chasteigner Daniel Le Hirbec, apothicaire, mari de Fran\u00e7oise Beudin, 1665, qui, veuve avant 1712, mourut le 23 janvier 1742, \u00e2g\u00e9e de 100 ans moins treize jours. &#8211; Jean, sieur du Murger, fils du pr\u00e9c\u00e9dent, mari de Fran\u00e7oise Joly, fut \u00e9lu \u00e0 Laval. &#8211; Daniel-Charles, \u00e9poux de Marie Heulin, se fixa comme m\u00e9decin \u00e0 Evron. (Abb\u00e9 Angot, <em>Dict. de la Mayenne)<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/Beghin%20Say.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/Beghin%20Say.jpg\" class=\"aligncenter\" width=\"475\" height=\"300\" \/><\/a><br \/>\nSur les bords de la Loire (<em>on voit le quai au premier plan)<\/em> l&rsquo;une des derni\u00e8res raffineries de sucre en France, celle de Beghin Say, prise en 1998, \u00e0 Nantes (<em>photo Grelier)<\/em>. Ce sont bien des nuages (<em>cela arrive \u00e0 Nantes !<\/em>) et non de la fum\u00e9e, qui obscurcissent l&rsquo;horizon.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/odileO.gif\" title=\" \" class=\"alignnone\" width=\"40\" height=\"50\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/odileH.gif\" title=\" \" class=\"alignnone\" width=\"40\" height=\"50\" \/> Odile Halbert &#8211; <strong>Reproduction interdite sur autre endroit d&rsquo;Internet <\/strong> Merci d\u2019en discuter sur ce blog et non aller en discuter dans mon dos sur un forum ou autre blog.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je suis Nantaise, et \u00e0 ce titre j&rsquo;ai baign\u00e9 dans l&rsquo;histoire du sucre li\u00e9e \u00e0 celle des ports. Nous avions vu sur mon billet du 21 d\u00e9cembre, la confiserie de No\u00ebl en 1633 \u00e0 Angers, v\u00e9ritable nouveaut\u00e9, puisque ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 1632 que le sucre n&rsquo;est plus le monopole des apothicaires. Avec ce billet, nous &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=6177\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Sucre de Rouen, arriv\u00e9 en mauvais \u00e9tat \u00e0 Laval, 1639, proc\u00e8s verbal de r\u00e9ception&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2827],"tags":[54,815,334,816,818,817,814,813],"class_list":["post-6177","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-voiturage-par-terre","tag-17e-siecle","tag-controle","tag-laval","tag-poids","tag-proces-verbal","tag-qualite","tag-rouen","tag-sucre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6177","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6177"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6177\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19428,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6177\/revisions\/19428"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6177"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6177"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6177"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}