﻿{"id":767,"date":"2008-09-05T06:10:35","date_gmt":"2008-09-05T04:10:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=767"},"modified":"2008-09-04T18:12:37","modified_gmt":"2008-09-04T16:12:37","slug":"etienne-toisonnier-angers-1654-1717","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/?p=767","title":{"rendered":"Etienne Toisonnier Angers 1654-1717"},"content":{"rendered":"<p><em>Dans le cadre de ma frappe num\u00e9rique du manuscrit du journal d&rsquo;Etienne Toisonnier, vous allez voir para\u00eetre plusieurs articles que j&rsquo;ai pr\u00e9par\u00e9s, touchant son vocabulaire mondain, ses crit\u00e8res de s\u00e9lection mondaine, ses remarques m\u00e9dicales, remarques personnelles, etc&#8230;<\/em> <\/p>\n<li><em>Mais auparavant, voici sa biographie, \u00e9crite en 1630 par Marc Sach\u00e9, suivie de l&rsquo;analyse de cet auteur<\/em>.<\/li>\n<p>Biographie d&rsquo;Etienne Toisonnier, par Marc Sach\u00e9, <em>Trente ann\u00e9es de vie provinciale d&rsquo;apr\u00e8s le Journal de Toisonnier<\/em>, Angers : Ed. de L&rsquo;Ouest, 1930<\/p>\n<p>\u00c9tienne Toisonnier, avocat au si\u00e8ge pr\u00e9sidial d&rsquo;Angers, naquit, le 6 octobre 1654, dans la paroisse Saint-Michel du Tertre, o\u00f9 se concentrait alors la vie active de la cit\u00e9. De son vivant, autour de la grande place des Halles se groupaient l&rsquo;H\u00f4tel de Ville, l&rsquo;Acad\u00e9mie royale, l&rsquo;\u00e9glise paroissiale, avec les enfeus des Lesrat et des Louet, le Palais royal o\u00f9, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la S\u00e9n\u00e9chauss\u00e9e et du Pr\u00e9sidial si\u00e9geaient, \u00e0 tour de r\u00f4le, les juridictions ordinaires et extraordinaires de la province et de la ville, les halles et les prisons. Sur les c\u00f4t\u00e9s de ce vaste espace irr\u00e9gulier se pressaient \u00e9galement les h\u00f4tels de quelques gentilshommes, mais surtout ceux de l&rsquo;\u00e9chevinage et de la magistrature, et les demeures de nombreux avocats (<em>P\u00e9an de la Tuilerie, \u00e9dit. C. Port, 1868, p. 359 et ss. On y trouve, dans de copieuses notes, la description de la place des Halles avec ses monuments publics et ses h\u00f4tels particuliers<\/em>).<br \/>\nEtienne \u00e9tait fils d&rsquo;honorable homme \u00c9tienne Toisonnier, ma\u00eetre apothicaire, et de Catherine Guitton. Pour marraine il eut sa soeur Catherine (<em>Catherine, mari\u00e9e avec Jean Renou, fils d&rsquo;un ma\u00eetre chirurgien d&rsquo;Angers, mourut le 2 janvier 1707. &#8211; V. Toisonnier, qui  el\u00e8ve son d\u00e9c\u00e8s, et Biblioth\u00e8que d&rsquo;Angers, manuscrit 1219-anc. 1005, volume Vil, p. 71<\/em>). Une soeur de sa m\u00e8re, Louise Guitton, avait \u00e9pous\u00e9 Louis Doostel, greffier en chef (<em>Arch, d\u00e9part. de Maine-et-Loire, E 2278.<\/em>) de la mar\u00e9chauss\u00e9e d&rsquo;Angers. Ni l&rsquo;attrait des greffes qui avaient compt\u00e9 plusieurs membres de sa famille, ni la m\u00e9decine, ni le commerce ne fix\u00e8rent sa vocation. Il fit ses \u00e9tudes de droit. Il nous apprend lui m\u00eame qu&rsquo;il plaida, le 4 septembre 1683, sa premi\u00e8re cause avec un grand succ\u00e8s. D\u00e8s lors son existence parait s&rsquo;\u00eatre \u00e9coul\u00e9e paisiblement dans sa ville natale, et, pour ainsi dire, dans sa paroisse, dont il ne s&rsquo;\u00e9loignait gu\u00e8re que pour surveiller ses propres int\u00e9r\u00eats ou ceux de ses clients qui l&rsquo;appelaient \u00e0 Rouen, \u00e0 Paris ou en quelque ville importante.<\/p>\n<p>Il \u00e9pousa. le 26 octobre 1687 Marguerite Guillot, fille d&rsquo;un marchand d&rsquo;Angers, avec laquelle il v\u00e9cut en bonne union et dont il loue l&rsquo;inlassable charit\u00e9. Devenu veuf en f\u00e9vrier 1712, il se remaria peu apr\u00e8s avec Marguerite Dugu\u00e9, fille de d\u00e9funt Guillaume Dugu\u00e9, avocat. D&rsquo;apr\u00e8s son journal on peut suivre tous les \u00e9v\u00e9nements ayant trait \u00e0 sa personne et \u00e0 sa famille ; car il les a releva avec soin. <\/p>\n<p>D&rsquo;\u00e2me profond\u00e9ment chr\u00e9tienne et inclin\u00e9e, comme il se voit si souvent \u00e0 cette \u00e9poque, vers les \u0153uvres pies, il accepta la charge de receveur de la charit\u00e9 des pauvres prisonniers. Il mourut le 5 juin 1719, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 65 ans, et fut inhum\u00e9 dans le cimeti\u00e8re de sa paroisse. Son fr\u00e8re Paul, n\u00e9 en 1660, mourut, le 2 ao\u00fbt 1717, cur\u00e9 de Cantenay<br \/>\nDe son second mariage il laissait un fils encore, tout jeune, nomm\u00e9 \u00c9tienne-Paul ; celui-ci devait embrasser \u00e9galement la profession d&rsquo;avocat, \u00e0 laquelle il fut admis en 1735 ; il \u00e9pousa Ren\u00e9e-Madeleine Trochon, mais, rompant avec les traditions de famille, il vendit ses biens et ceux de sa femme (<em>Bibl. d&rsquo;Angers, man. 1230-anc. 1004)<\/em> et quitta l&rsquo;Anjou pour aller s&rsquo;\u00e9tablir \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>Le journal de Toisonnier (<em>Ibid., man. 1008-anc. 883, format in 4\u00b0)<\/em> comprend 144 feuillets \u00e9crits de sa main d&rsquo;une \u00e9criture droite, ronde et tr\u00e8s nette. Les quatre premiers sont consacr\u00e9s \u00e0 une liste des hauts dignitaires eccl\u00e9siastiques et la\u00efques, des maire et \u00e9chevins, des hauts magistrats et des conseillers du Pr\u00e9sidial et du personnel de la Pr\u00e9v\u00f4t\u00e9, de l&rsquo;\u00c9lection, de l&rsquo;Universit\u00e9 et du grand pr\u00e9v\u00f4t d&rsquo;Anjou. Ce relev\u00e9 se rapporte \u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e 1683, date \u00e0 laquelle commence le manuscrit qui s&rsquo;arr\u00eate au 10 ao\u00fbt 1713.<br \/>\n\u00c9crites au jour le jour, ces notes pr\u00e9sentent toutefois des lacunes importantes, surtout dans la derni\u00e8re p\u00e9riode, par suite de la n\u00e9gligence du r\u00e9dacteur. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il omet d&rsquo;indiquer tout \u00e9v\u00e9nement pour l&rsquo;ann\u00e9e 1709, ann\u00e9e de d\u00e9tresse et d&rsquo;extr\u00eame mis\u00e8re, et qu&rsquo;il se borne \u00e0 quatre mentions pour 1710. Puis le travail se continue normalement pendant trois autres ann\u00e9es pour finir brusquement, sans une allusion au motif qui en arr\u00eate le cours. Est-ce lassitude ? Est-ce abandon d&rsquo;une t\u00e2che jug\u00e9e vaine ou d\u00e9cevante? Quoi qu&rsquo;il en soit, il est regrettable qu&rsquo;il ne l&rsquo;ait pas poursuivie jusqu&rsquo;au terme.<\/p>\n<p>Toussaint Grille, dans une note jet\u00e9e sur un bout de papier (<em>Biblioth. d&rsquo;Angers, collect. Grille, notes biographiques.<\/em>), \u00e9crit : \u00ab Il est peu de villes en France qui ne comptent un ou plusieurs compilateurs qui tiennent note de tous les \u00e9v\u00e9nements grands et petits qui arrivent en leur petit h\u00e9misph\u00e8re : un feu de joie, un Te Deum, un service chant\u00e9 en faux-bourdon, la nomination d&rsquo;un bedeau, la mort d&rsquo;un suisse sont autant de choses qui sont consign\u00e9es tr\u00e8s exactement dans leurs tr\u00e9sors. Toisonnier est de ce nombre. \u00bb Il se ravise, il est vrai, quelque peu \u00ab Mais l&rsquo;histoire tire parti de ces mat\u00e9riaux qui, d&rsquo;ailleurs, sont des renseignements pr\u00e9cieux pour bien des familles \u00bb. C. Port, dans son Dictionnaire, souscrit \u00e0 la premi\u00e8re partie de ce jugement rigoureux. Un examen plus attentif nous a convaincu de l&rsquo;erreur d&rsquo;une ex\u00e9cution pr\u00e9cipit\u00e9e et nous a engag\u00e9 \u00e0 r\u00e9viser ce proc\u00e8s par trop sommaire.<br \/>\nLe manuscrit ne porte pas de titre, sinon celui que le g\u00e9n\u00e9alogiste angevin Joseph Audouis, lui a donn\u00e9 cent ans plus tard : \u00ab Manuscrit de Mtre Toisonnier, avocat au si\u00e8ge pr\u00e9sidial d&rsquo;Angers, contenant ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 de plus remarquable \u00e0 Angers depuis l&rsquo;an 1683 jusqu&rsquo;en 1714 \u00bb. En fait, la d\u00e9nomination de journal est bien celle qui lui convient, puisque l&rsquo;auteur le d\u00e9signe par ce terme dans un passage relatif \u00e0 l&rsquo;omission de tout \u00e9v\u00e9nement en 1709 : \u00ab J&rsquo;ai n\u00e9glig\u00e9, dit-il, de porter sur ce journal ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 depuis le 10 octobre 1708 \u00bb.<\/p>\n<p>La plus grande partie du manuscrit se compose de mentions de mariages et de d\u00e9c\u00e8s survenus au cours de trente ann\u00e9es. C&rsquo;est un compromis entre la s\u00e9cheresse d&rsquo;un registre d&rsquo;\u00e9tat civil et l&rsquo;aridit\u00e9 d&rsquo;un obituaire. Son plus vif int\u00e9r\u00eat vient de ce que Toisonnier a connu la plupart des personnes dont il rel\u00e8ve les noms : magistrats, conseillers au Pr\u00e9sidial, gentilshommes, marchands. C&rsquo;est un guide plus encore qu&rsquo;un registre d\u00e9finitivement arr\u00eat\u00e9.<br \/>\nParmi ces sept \u00e0 huit cents inscriptions il s&rsquo;en trouve d&rsquo;assez nombreuses qui restent incompl\u00e8tes, comme jet\u00e9es rapidement, quitte \u00e0 \u00eatre reprises plus tard. Il \u00e9crira, \u00e0 la date du 7 mai 1692 : \u00ab Mr Mesnier, avocat, fils de Mr Mesnier, aussy avocat, et, de la demoiselle&#8230; \u00e9pousa la fille de feu sieur&#8230; \u00bb Et cet exemple n&rsquo;est pas isol\u00e9. Une autre fois, il groupera en une seule mention les \u00e9l\u00e9ments d&rsquo;une petite lettre de faire-part \u00e0 propos d&rsquo;un d\u00e9c\u00e8s : \u00ab Le 25 mai 1689, mourut la femme de feu Mr Grandet, lieutenant, du pr\u00e9v\u00f4t de cette ville. Elle a laiss\u00e9 plusieurs enfans : le 1er est pr\u00eatre-cur\u00e9 de Sainte-Croix de cette ville ; le 2\u00b0 est lieutenant criminel \u00e0 Ch\u00e2teau-Gontier ; le 3\u00b0 est conseiller au si\u00e8ge pr\u00e9sidial de cette ville et \u00e0 pr\u00e9sent, maire, mari\u00e9 avec la fille de Mr Jousselin docteur en m\u00e9decine ; une fille mari\u00e9e avec Mr le marquis de Sasilly, et une autre avec Mr de la Blanchardi\u00e8re-Gourreau, conseiller audit si\u00e8ge \u00bb. Nous voil\u00e0 mis ainsi sur la voie, mais la voie seulement ; car nul pr\u00e9nom n&rsquo;est indiqu\u00e9. A nous de poursuivre les recherches On dirait d&rsquo;un de ces bavardages de r\u00e9union mondaine, o\u00f9 il est fait \u00e9talage de la connaissance du petit Gotha angevin.<\/p>\n<p>Mais outre ces nombreux renseignements concernant les familles il en est d&rsquo;autres, ins\u00e9r\u00e9s parmi eux, qui ont un int\u00e9r\u00eat sup\u00e9rieur pour l&rsquo;historien et qui constituent v\u00e9ritablement la partie justifiant le nom de journal. Ce sont les notes relatives aux \u00e9v\u00e9nements principaux de la vie de la cit\u00e9 et aux \u00e9v\u00e9nements plus graves encore de la vie du royaume, qui ont un retentissement sur celle de la province : contre-coups des guerres interminables de la Ligue d&rsquo;Augsbourg et de la Succession d&rsquo;Espagne, pendant lesquelles la France, dit Voltaire, p\u00e9rissait au bruit des Te Deum, supr\u00eames mesures contre le protestantisme, accroissement de la mis\u00e8re publique, disettes et famines, peste et charges \u00e9crasantes des imp\u00f4ts.<\/p>\n<p>Tous ces souvenirs, m\u00eame \u00e9pars, d&rsquo;un pass\u00e9 o\u00f9 l&rsquo;instabilit\u00e9 de la vie \u00e9conomique fait un contraste frappant avec la s\u00e9rie des f\u00eates officielles c\u00e9l\u00e9br\u00e9es par ordre, pour soutenir toujours intacte la gloire du roi, forment une trame assez solide pour autoriser, \u00e0 l&rsquo;aide de recherches compl\u00e9mentaires, l&rsquo;ach\u00e8vement de l&rsquo;esquisse. Il nous a paru instructif de grouper toutes ces notes historiques succinctes, celles du moins qui m\u00e9ritent ce nom, et de les \u00e9clairer \u00e0 la lumi\u00e8re des nombreux renseignements que renferment les sources si riches des registres des conclusions de la mairie (<em>Il convient de ne pas omettre l&rsquo;ouvrage de Blordier-Langlois, Angers et l&rsquo;Anjou sous le r\u00e9gime municipal, Angers, 1845. Il a le m\u00e9rite d&rsquo;avoir recouru le premier aux sources originales. Mais le d\u00e9faut de r\u00e9f\u00e9rences le rend peu utilisable<\/em>), du registre du Pr\u00e9sidial de l&rsquo;\u00e9tat civil et des riches collections manuscrites angevines. Ainsi coordonn\u00e9s, ces divers \u00e9l\u00e9ments peuvent se fondre en une chronique o\u00f9 revivent les annales locales pendant la seconde partie du grand r\u00e8gne \u00e0 son d\u00e9clin.<br \/>\nPlus d&rsquo;une fois le journal de Toisonnier a \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9 en vue de tel ou tel fait isol\u00e9. Il a m\u00eame \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en ses parties essentielles (Bulletin historique et monumental de l&rsquo;Anjou, ann\u00e9es 1864-1866, pp. 137-160) par Aim\u00e9 de Soland, mais sans la moindre pr\u00e9occupation d&rsquo;esprit critique et avec des libert\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du texte, que nous n&rsquo;admettons plus aujourd&rsquo;hui. Aussi avons-nous repris le travail \u00e0 pied d&rsquo;oeuvre avec la confiance que des documents, pr\u00e9sent\u00e9s tout d&rsquo;abord isol\u00e9ment au lecteur, prennent une toute autre valeur, Iorsque sont \u00e9tablis les rapports qui les unissent entre eux ou les rattachent \u00e0 l&rsquo;histoire g\u00e9n\u00e9rale.<br \/>\nIl ne faut pas faire grief \u00e0 Toisonnier de la faiblesse de son style. Du style, on peut \u00e0 la rigueur en exiger des m\u00e9moires. Ce n&rsquo;est pas le cas ici. La composition, ni la r\u00e9daction ne jouent gu\u00e8re de r\u00f4le dans ces notes personnelles appel\u00e9es dans sa pens\u00e9e \u00e0 former une sorte d&rsquo;aide m\u00e9moire dont il se souciait peu de faire b\u00e9n\u00e9ficier la post\u00e9rit\u00e9. Aussi ne se heurte-t-on qu&rsquo;\u00e0 des phrases courtes, concises et d&rsquo;une correction grammaticale souvent r\u00e9pr\u00e9hensible.<\/p>\n<p>Il se montre peu lui-m\u00eame dans son journal, assez toutefois Pour t\u00e9moigner d&rsquo;une certaine na\u00efvet\u00e9 candide o\u00f9 rien ne transpara\u00eet de l&rsquo;esprit retors du professionnel. Honn\u00eate homme, bon catholique, sans exc\u00e8s de d\u00e9votion, il marque un respect sensible pour les personnages en place. Bien qu&rsquo;il relate les exc\u00e8s des mis\u00e8res publiques, le d\u00e9veloppement du paup\u00e9risme, il ne s&rsquo;attarde pas en plaintes am\u00e8res sur les malheurs du, temps, sauf sur la charge \u00e9norme des imp\u00f4ts dont, il est \u00e0 m\u00eame de sentir le poids. Il est patient et, pour ainsi dire, accommod\u00e9 aux difficult\u00e9s et aux contradictions de la vie. C\u2019est ainsi qu\u2019il \u00e9num\u00e8re bon nombre de Te Deum, mais sans s\u2019y appesantir, Dieu sait si le compte en \u00e9tait consid\u00e9rable ! Un seul registre des conclusions de la Mairie de 1693 \u00e0 1696 nous en donne toute une s\u00e9rie : pour la prise d\u2019Heidelberg, de Rosas en Catalogne, la victoire de Neerwinden et celle de la Marsaille, la prise de Palamos et de Girone. La reddition de chaque place forte ennemie entra\u00eenait une manifestation publique ;<br \/>\nMais tout cela n&rsquo;est qu&rsquo;apparence et Toisonnier n&rsquo;y livre rien de sa personnalit\u00e9. Sa consid\u00e9ration pour les magistrats est ind\u00e9niable, qu&rsquo;ils appartiennent \u00e0 la justice ou \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel de ville.<br \/>\nNagu\u00e8re encore Angers \u00e9tait partag\u00e9e en deux camps ennemis : celui des magistrats et officiers du corps de ville, du Pr\u00e9sidial, de la Pr\u00e9v\u00f4t\u00e9, de l&rsquo;\u00c9lection et Grenier \u00e0 sel, et celui des bourgeois modestes, avocats, procureurs, marchands et artisans. L&rsquo;orgueil et l&rsquo;esprit exclusif des magistrats, aristocratie judiciaire qui se perp\u00e9tuait comme un fief dans les m\u00eames familles, n&rsquo;avaient encore rien perdu de leur force. Mais les divisions \u00e9taient moins \u00e2pres et l&rsquo;animosit\u00e9 des avocats moins violente.<br \/>\nA quoi attribuer l&rsquo;absence, chez Toisonnier, de toute critique acerbe ou de toute allusion d\u00e9sobligeante \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du corps redout\u00e9, sinon \u00e0 l&rsquo;ascension des avocats dans l&rsquo;\u00e9chelle sociale et \u00e0 certaines alliances avec des familles dont ils n&rsquo;avaient plus de raisons d&rsquo;essuyer les m\u00e9pris?<br \/>\nEn r\u00e9sum\u00e9, esprit pr\u00e9cis, mais sans imagination, sans envergure, honn\u00eate homme, connaissant \u00e0 merveille la soci\u00e9t\u00e9 angevine, Toisonnier nous livre un recueil qui a son prix et peut rendre de notables services.<br \/>\nOn trouvera jointe \u00e0 la publication de ce journal, compos\u00e9 de la s\u00e9rie des faits les plus remarquables, la mention d&rsquo;un certain nombre de personnages vivant ou mourant \u00e0 celle \u00e9poque.<br \/>\nNous avons cru n\u00e9cessaire de retenir leurs noms et de leur consacrer une br\u00e8ve notice, en raison de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat particulier que Toisonnier semble leur porter et des r\u00e9flexions dont il les accompagne. Son appr\u00e9ciation \u00e0 leur endroit rev\u00eat sans doute un caract\u00e8re personnel mais, comme elle petit correspondre au Jugement de ses contemporains, nous avons estim\u00e9 convenable de ne pas la n\u00e9gliger.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/odileO.gif\" title=\" \" class=\"alignnone\" width=\"40\" height=\"50\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.odile-halbert.com\/wordpress\/images\/odileH.gif\" title=\" \" class=\"alignnone\" width=\"40\" height=\"50\" \/> Odile Halbert &#8211; <strong>Reproduction interdite sur autre endroit d&rsquo;Internet <\/strong> seule une citation ou un lien sont autoris\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le cadre de ma frappe num\u00e9rique du manuscrit du journal d&rsquo;Etienne Toisonnier, vous allez voir para\u00eetre plusieurs articles que j&rsquo;ai pr\u00e9par\u00e9s, touchant son vocabulaire mondain, ses crit\u00e8res de s\u00e9lection mondaine, ses remarques m\u00e9dicales, remarques personnelles, etc&#8230; Mais auparavant, voici sa biographie, \u00e9crite en 1630 par Marc Sach\u00e9, suivie de l&rsquo;analyse de cet auteur. 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