Le 23.9.1737 Maurice Lucas
garde des forets de
Madame en sa forêt de Chanveaux demeurant à Chanveaux, de
présent logé en cette
ville maison du sieur du Gravier (Gault) chirurgien (à Pouancé),
lequelLucas nous a dit que par un
accident imprévu,
il aurait eu le malheur, étant à la chapelle, de recevoir un coup de fusil tiré
par Mr le chevalier de Crissé, dont
la balle lui aurait traversé la jambe
gauche, que mondit le chevalier de Crissé si tôt le coup,
l’aurait fait
conduire en cette ville, et fait traiter, panser, et
médicamenter et nourrir à
ses frais par ledit Dugravier jusqu’à ce jour, en sorte que sa
guérison approche,
et comme cet accident est sans malice, par un coup inspiré et
sans le faute
dudit chevalier de Crissé, il consent se régler de bonne volonté
envers lui si
de sa part il veut bien considérer son état. A aussi comparu le
chevalier
Jacques Urbain Turpin de Crissé demeurant au château d’Angrie
lequel par bonne
volonté et par charité pour dédommager en quelque façon ledit
Lucas, lui a
offert, l’acquitter de sa nourriture pansement et médicaments
jusqu’à ce jour,
et pour payer pendant 2 mois les drogues nécessaires pour son
pansement si tant
est qu’il subsiste, et de p ayer ledit Dugravier pour 4 voyages
par mois
pendant lesdits 2 mois à compter de ce jour, et outre de payer
audit Lucas
pendant sa vie à compter de ce jour 12 L de rente viagère (AD49
Menard Nre royal à Pouancé)
Le 25.3.1724 Jean Potier Nre apostolique et Nre
de la baronnie de Candé résidant
à Loiré, Louis Delestre garçon laboureur au bourg de Loiré paye à
François
Meleu Md fermier dt à la Gaudinière Montergeon à Angrie, 50 L pour faire
cesser la
procédure criminelle contre lui suite à la plainte déposée par ledit
Meleu au
sujet de maltraitement
et violence qu’il lui a faites la
nuit du dimanche 5.3.
chez laurence Chritophe Journée hôtesse au bourg
de Loiré (AD49 Potier Nre)
Le 28.5.1737 Maurice Jallot marchand et Jeanne
Fripier son épouse, demeurant ensemble au bourg d’Angrie, d’une
part, et
Christophle Journée marchand et Joseph Hallopé d’autre part, dt au
bourg de
Loiré, cessent les procès pendants entre aux au siège présidial
d’Angers, au
sujet d’une coupe
de bois taillis que ledit Jallot
aurait achetée de Mr de
Loiré qui est située
dans
la paroisse de Loiré pour le prix de 250 L que ledit Jallot aurait
recédée audit Journée moyennant la somme de 41 L que ledit Jallot s’est
expressement réservé pour des fouteaux (chênes) qu’il a ci-devant
vendus à Ricoul
sabotier après le marché fait, il y aurait eu quelques difficultés.
Ils
s’accordent sur ce qui suit. Après avoir compté ensemble tous les
débours faits
par les uns et les autres pour faire traiter ledit bois et avoir
payer les
ouvriers et toutes autres choses nécessaires, lesdits Journée et
Hallopé sont
redevables chacun de 50
L
audit Jallot et lui paient comptant. Et lesdits Jallot, Journée et
Hallopé
seront tenus payer à Mr de Loiré pour la saint Barthélémy prochaine
250 L
pour la vendition de
ladite coupe de bois (AD49 Potier Nre à Loiré).
Pour
chaque lieu, voir aussi ci-dessus l'ouvrage de Mr de
l'Esperonnière
Le
Bois-Joulain : Le 27.10.1806, Stanislas Urbain Lemercier
de la
Monneraye propriétaire
et Renée Marguerite Fouin son épouse, Dt en leur maison du Bois
Joulain à Angrie, vendent pour 27 500 F
à Mathurin René Jallot propriétaire Dt au bourg de Ste Gemmes, la
métairie de la
Bellangeraie à Loiré,
qu’ils ont acquise Dvt Aubert Nre
à Chatelais le 23 vendémiaire XII (AD49 Champroux Nre Segré) -
Château - Ancienne terre
seigneuriale sont lese seigneurs avaient leur enfeu dans l'église
paroissiale - Elle donnait sonnom à une famille noble qui l'a
possédée juqu'à la fin du 16e siècle : n.h. du Tertre en 1589,
René du Tertre, 1619, 1650
château d'Angrie : Le 13.5.1727
Anthoine Couillet laboureur Dt à la Chapellière à Marans,
doit à h.h. René Grosbois
Md
Dt
au château d’Angrie 40
L restant du principal
d’une obligation (AD49 Poillièvre Nre Bourg-d’Iré)
Les Essarts :
hameau — Anc, fief et seigneurie avec
maison noble, enclose de jardins, bois, prés, garenne, étangs, qui
relevait de la seigneurie d'Angrie et lut devait, pour son fief de
Montarcher, à mutation de seigneur, unepaire d'éperons dorés. Le
seigneur avait droit de chasse à toutes bêtes sur ses domaines, à
l'exclusion de tout autre que son suzerain d'Angrie, et droit de
suivre ailleurs la bête levée, de plus banc et enfeu dans l'église
paroissiale. — En est seigneur Tristan d'Andigné en 1495, qui
obtint ces privilèges du seigneur d'Angrie « pour l'honneur qu'il
estoit issu de sa maison et en portoit les armes » ; — René
d'Andigné 1525 ; — Louis Cuissard, comme mari de Philippe de Brie,
veuve de Charles d'Andigné, et tuteur de ses enfants, 1608. —
Suzanne d'Andigné y fonda le 13 juillet 1633 la chapelle
seigneuriale sous l'invocation de N.-D.-de-Pitié et de St-Charles,
qui ne fut bâtie et consacrée qu'en 1655. Elle était alors mariée
à François Rousseau, sieur du Perrin, veuf déjà deux fois et âgé
de 72 ans, qui eut d'elle au moins cinq enfants. — Charles
Rousseau, sieur des Essarst, fut
tué en duel près Combrée le 5
août 1658 par Charles de Scépeaux, sieur de Noyant ; —
Marin-Prosper de Collasseau, 1681, comme mari de Jeanne Rousseau,
et en 1708 comme son héritier ; — Augustin René-Nicolas Gohin de
Montreuil, 1755, comme mari de Modeste-Cécile de Cheverue de
Chement, qui lui survit au moins jusqu'en 1775. — « La haye », ou
bois, « en dévalant l'eau », sous le moulin des Essarts, formait «
la départie » des paroisses de Loire et d'Angrie. Arch. de
M.-et-L. E 541, 548.—Arch. de la famille d'Andigné. — Mss.
Valuche, f° 78 et 80, à la cure de Candé.
le
Fougeray : AD49-5E95/158
- 1634dvt
Pierre
Hatte Nre Candé, Me Jan Gault Sr de Beauchesne
curateur à la personne & biens des enfants de †Laurent
Gault
Sr de Bascour & †Louise Duineau dt au
Teil en Bretagne d’une part, & Jean Boislève Md
à Candé d’autre
part, prisage des bestiaux trouvés en la métairie du Fougeray
à Angrie, & en la métairie de la Funetière à
Vritz, appartenant auxd. mineurs, dont Boislève est à présent
fermier : 1
thoreau 20 L,
2 boeufs 86 L,
2 moyens boeufs 70
L,
2 jeunes boeufs 54
L,
4 vaches 80 L,
1 thoreau 20 L,
1 thoreau 12 L,
3 veaux de l’année 15
L,
soit 337 L
au total, & 2 grand boeufs 60 L, 2 moyens boeufs 54 L, 2
jeunes boeufs 42
L, 3 vaches 45 L, 26 [chèvres] de bergail
30 L,
2 petits godillières 6
L - Le 5.6.1690
dvt Louis Charon Nre royal
Angers, Messire Prosper de Colasseau chevalier seigneur de
Noyant
mari de Jeanne Rousseau et en cette qualité seigneur de la terre
noble des
essarts demeurant à Angrie, et Me Laurent Gault proticien
demeurant à Angers
StPierre, tant en son nom qu’au nom et comme procureur de Delle
Renée Cherruau veuve de Me Laurent Gauld
vivant sieur de la
Musse avocat à Pouancé,
tutrice naturelle de leurs enfants mineurs, ledit Gauld esdit
nom a reconnu
devoir audit sieur de Collasseau à cause de ladite terre des
Essarts sur le
lieu et métairie du Fougeray solidairement avec Gervais Leroux
propriétaire de
la closerie duditlieu, la rente noble et féodale d’1 grand
boisseau d’avoine
comble mesure ancienne de Candé, une oye et une géline au terme
d’Angevine
chacun an (AD49
E0540
Chartrier des Essarts en Angrie)
Talour, hameau. - Les religieux de l'abbaye de
Pontron étaient sujets du
seigneur d’Angrie « pour raison de la rente foncière de
vingt-six grands
boisseaux de seigle, rendable auvillage
de
la
Gaschetière, qu'ils avaient droit deprendre
chacun an, au terme
d'Angevine, sur la métairie du Bas-Talour. »Trois fermes. — Propriétaires : Mme Moutaubin, - M
Gaudin, - M. Le Breton. (Histoire de la Baronnie de Candé,
Comte René de
l’Esperonnière, Angers, Lachèse Imprimeur, 1894) - Rien dans Célestin Port.
la Verrière :
Le 1.3.1771
Mathurin Guillot fermier Dt
à Raguin à Chazé baille à moitié à
Michel Huau et Anne Gaigneux pour 9 ans la métairie de la Verrière
à Angrie (AD49
Verger Nre résidant à Vern)
Angrie, arrond. de
Segré (21 km) cant. de Candé (5 km), à 36 km d'Angers - Angria
1126, (Cartul. du Ronc., Rot. 5, chap. 58). - Engreia
1081-1105 (Cartul. Saint-Aubin, f. 53). - Ingreia
1097 (Epit. Sancti-Nicolai, p. 26), 1113 (Liv. Bl. de Saint-Florent,
1128 (Cartul. du Ronc. Rot. 2, ch. 29), 1150 (Ep. Sancti-Nicolai, p.
76). - Ingria 1104-1120 (Cartul. du Ronc., Rot. 2, ch. 29),
- Engria 1126 (Ibid., Rot. 2, ch. 4), 1177 (Saint-Maurice, Anniv. t.
1, f.11), - Angrahalla ? XIe-XIIe s., Angreabla?
1109, Angrahulla ? 1117 (Cartul. de Saint-Nicolas, p. 117,
220, 269).
Le village, situé à 500 rn.
et sur la rive gauche du ruisseau de Fief-Brillant, affluent de
l'Erdre,. est traversé par la route, autrefois stratégique,
d'Ancenis au Lion-d'Angers, où aboutit, près de l'église, le chemin
de grande communication de Loiré, pour se continuer jusqu'à la route
impériale n° 163 d'Angers à Rennes, - entre Vritz (Loire-Inférieure)
et Candé à l'Ouest, dont les dernières maisons et l'hôpital même ont
fait partie, jusqu'en 1837, de la commnne d'Angrie, Loiré au Nord
Chazé-sur-Argos (9 km) et Vern (10,5 km) à l'Est, la Cornuaille (6,5
km) et le Louroux-Béconnais (8,5 km) au Sud. - En dépendent les
villages de la Grée-Saint-Jean (4 km), Montmambert (2 km), la
Marchandais (2 km), les Maisons-Vertes (2 km), la Bourassière (2,5
km), les hameaux d'Armentières (6 km), la Blotais (3 km), la Boue (4
km), la Coualonnière (2 km), la Canterie (4 km), les Corbières
(3 km), Chandoiseau (2,5 km), les Erdres (2 km), la
Grée-des-Cerisiers (2 km), la Gaudiniére-Gaudin (3 km), l'Orherie (2
km), Préfouré (4 km), Raguin (3 km), les Rivaudières (1 500 m),
Talourd (3 km), la Veuriére (5 km) et 57 habitations isolées, dont
une vingtaine de grosses fermes.
Outre l'Erdre qui forme
limite dans toute la longueur vers Sud, passe sur la commune le
ruisseau du Pont-Trion ; - y naissent ceux du Grand-Gué, qui la
séparait en partie de la Bretagne, du Fief-Brillant, qui forme sous
le bourg un vaste étang, de la Rivière, du Pont-des-Molets, des
Rivettes et de la Guimeraie (V. ces mots).
Superficie :
4 230 hectares, dont 223 en bois. - De vastes landes ou
grées en partie défrichées, partout où le schiste n'affleure pas le
sol, se couvraient de plantes agrestes et nourrissaient une race de
lapins renommés mais dont la réputation se perd à mesure que la
culture s'améliore.
Population : En
1720, 226 feux. - En 1726, 1 029 hab. - En 1790, 1 251
hab. - Après une diminution subite et un arrêt de vingt années, une
augmentation constante s'affirme et se maintient régulièrement. - En
1826, 1 190 hab. - En 1831, 1 203.- En 1841, 1 252
hab. - En 1851, 1 486 hab. - En 1856, 1 510 hab. - En
1861, 1 665 hab. - En 1866, 1 901 hab., dont 346 au bourg
(84 ménages dans 61 maisons).
Industrie : Deux
fours à chaux et carrières à la Veuriere, alimentés par d'assez
beaux marbres ; - exploitation de schiste ardoisier sur les deux
ardoisières nouvelles (1869) de la Boue et de la Grée-des-Cerisiers
; - un établissement d'équarissage, le seul autorisé dans le canton,
a été mis en vente en 1866.
Bureau de poste et
perception de Candé.
L'Assemblée se
tenait autrefois le jour de la Saint-Pierre, mais elle est tombée en
désuétude. La commune y avait créé par arrêté du 3 juin 1792 trois
foires annuelles de bestiaux, les 26 juin, 27 octobre et 12 avril,
qui n'ont pas duré.
Mairie avec Ecole
de garçons et un peu en avant, à l'entrée du village, vers Candé,
maison d'Ecole de filles, bâties en 1848-1849 par M.
Châtelais, architecte de Segré, sur des terrains acquis en 1842 par
la commune.
L'église neuve
dédiée à saint Pierre (succursale, 5 nivose an XIII) avec vicaire
subventionné depuis 1849 (7 mars), est en construction sous la
direction de l'architecte Dusouchay. Les travaux adjugés le 20 mai
1869, sont évalués à la somme de 60 390 francs. L'ancienne
église (29 m 65 sur 9,25 m) était toujours restée inachevée. Il lui
manquait un chœur. Mais le grand autel qui s'appliquait au chevet
était véritablement remarquable de luxe et d'élégance. Un Baptême
du Christ couvrait le plat de mur, encadré de quatre couples
de colonnes en tuffeau peint avec chapiteaux à l'antique dorés,
formant de droite et de gauche une niche pour des statues, le tout
paré d'or, d'azur et des plus vives décorations. Au-dessus, dans un
cadre, à gauche dans un écusson, les trois aiglettes des d'Andigné
et la date 1637. - Ce travail doit sans doute être attribué à Pierre
Bardereau, maître maçon, probablement du Poitou, qu'on voit sur les
registres de la paroisse occupé à cette époque même avec un
compagnon de Saint-Georges, prés Montaigu. Le 8 février 1646,
Charles d'Andigné , seigneur d'Angrie, passa marché avec Pierre
Landayé, maçon à Juigne, pour rebâtir dans les cinq mois, moyennant
55 livres tournois et 8 petits boisseaux de seigle, la chapelle à
droite vers galerne, dédiée à saint Thibault. Ce n'était auparavant
qu'un appentis en bois où l'on ne conserva que l'autel. Le tout fut
terminé et béni le 7 janvier 1647. La décoration du même style que
le grand autel, qui fut en 1648 entouré d'une balustrade et d'espèce
de stalles pour les prêtres, était chargée des mêmes armes et fut
retardée de quelques années, comme l'attestait la date 1659. La
chapelle de gauche, due aux mêmes libéralités et décorée avec le
même éclat, était dédiée à la Vierge et portait un écusson, avec
timbre doré, lozangé d'argent et de gueule et la légende : vici,
victurus vivo, qui est des Turpin. On y a retrouvé leur enfeu
seigneurial contenant neuf sépultures, sans aucune inscription. En
1823, comme l'indiquait le chiffre inscrit sur la grande porte, la
nef s'était accrue d'un clocher, véritable four à chaux, de style et
de couleur, dû à M. Perron, de Candé, expert. C'était à peu près la
seule partie qui restât debout l'an passé, dominant les quatre murs
démantelés et les décombres de l'édifice intérieur.
Dans chacun des trois
autels s'est trouvé un petit coffret de reliques, recueilli à la
cure. Des statues peintes de saint Pierre, de saint Paul et de saint
Marcou, trois tableaux, une Ascension, le Baptême du
Christ et la Donation du saint Rosaire, oeuvres plus
que médiocres du XVIIe s., mais probablement angevines, attendent,
en dépôt dans la maison de la Roche, qu'elles aient pu rependre leur
place dans l'église nouvelle.
Le cimetière actuel
a été acquis en 1833, par échange de M. Turpin-Crissé. L'ancien
cimetière bordait l'église. Le socle seul y était resté d'une
ancienne croit de pierre (XVIIe s), transportée dans le nouveau et
dont le fût cylindrique en pierre schisteuse d'un seul morceau avec
les bras mesure 4 mètres de hauteur sur 15 cm de diamètre. Le Christ
y est grossièrement entaillé en bosse et mutilé.
On voit dès le XIe siècle
la cure confirmée à l'abbaye Saint-Nicolas d'Angers par le pape
Urbain II, février 1097, n. s.), et en 1130 par le pape Eugène III.
Elle figure parmi celles que l'évêque Geoffroy La Mouche se fait
honneur d'avoir rachetées à grands frais et à force de pénibles
démarches et dont il attribue la collation à l'évêché en 1177. - Est
curé : Pierre Lasne en 1432. —François d'Andigné, «
curé et recteur » en même temps de Roez, en Champagne (Maine), 1571.
— François Garnier, 1600, inhumé le 31 mars 1613 en
présence de Pierre Garnier, son successeur, qui fut enterré
sous le crucifix le 9 octobre 1626, âgé de 55 ans. — Un troisième Garnier,
second du nom de Pierre, le remplace immédiatement, † 23
décembre 1627, âgé de 30 ans, ayant exercé la charge quatorze mois
et demi ». — François Lefrançois, mars 1628 † 12
mai 1619. Une grande affluence de pauvres assiste à son convoi pour
recevoir l'aumône qu'il avait léguée. - Simon Bellanger,
18 juin 1649. — J. Le Thonnelier, confesseur des
Visitandines d'Angers, 1651, qui passe, en 1652, à Querré. Il avait
resigné en faveur de son vicaire, Simon Bellanger, en charge
le 22 octobre 1652. — Mathurin Bellanger est curé en 1633.
Sous son règne est établie, en 1654, la confrérie du Rosaire, dont
le 17 février 1659 Charles d'Andigné pose, dans l'église, la
première pierre de l'autel privilégié. - De nouveau Simon Bellanger,
de 1669 à 1672. - Jean Angevin, 1678. - L.-R. d'Andigné,
1696-1712. — Aubin Guibert, août 1713 † 28 septembre 1714, âgé de 49
ans. — Claude-Hilaire Martineau, 11 octobre 1714. Il bénit
le 3 septembre 1716 le métal des deux petites cloches, fondues à
Angrie même par Michel Guillaume, de Craon, et que baptise le 2
décembre suivant Louis-Henri d'Andigné, prêtre, docteur de Sorbonne.
— Fruitier, mars 1727. Il permute en novembre 1744 avec
Joseph Macé, de Candé, qui signe encore en septembre 1730. —
Jean Verdier, janvier 1751 † 5 août 1760, âgé de 47
ans. Il avait béni le 23 février 1756 la troisième cloche, tenue sur
les fonds par Louis-Henri de Ghaisne et Mme de Turpin-Crissé. — Gourion,
septembre 1760. Son dernier acte est du 17 janvier 1767. — Pierre Trillot,
1er juin 1767. Il signe en qualité de curé jusqu'au 20 décembre 1792
et comme officier public jusqu'en ventôse an III, remplacé en
floréal par Gouin-Terrandière.
Tout près du village, à
quelques métres de la route en venant de Candé, à gauche, au-dessus
du Grand-Moulin, et vis-à-vis deux moulins à. vont, on entrevoit le
toit d'une petite çhapelle moderne, entièrement reconstruite, avec
porte et fenêtre en manière d'arc en tiers-point. Elle est dédiée à
la Vierge, dont le monogramme est inscrit sur le portail, en regard
de la plaque d'assurance contre l'incendie. Sur le pignon, une croix
de fer ; à l'intérieur, des vitraux modernes, un autel neuf avec
statue de la Vierge entre une statuette de saint Joseph et une
poupée parée, dans des niches. C'est la chapelle de la Croix-Poulet
qui a dû remplacer l'ancienne chapelle Ohus ou Ohées où se célébrait
au XVe s. la messe pour les chasseurs, dès l'aube, les jours de
grande chasse à battues seigneuriales.
L'aumônerie Saint-Jean est
l'hôpital actuel de Candé (V. ce mot), qui, relégué hors
des murailles, dépendait jusqu'en 1837 de la paroisse et de la
commune d'Angrie.
Thomas d'Angrie percevait
au Lion-d'Angers le neuvième des coutumes, qu'il vendit ou céda à
l'abbaye Saint-Aubin, vers 1140. — La terre était passée, dès avant
1220, dans la famille de la Roche-d'Iré, qui resta toujours le fief
suzerain, quand la seigneurie fut advenue aux d'Andigné. Bouffart
d'Angrie, qui figure vers 1234 dans un titre de Poivron, et Mathieu
d'Angrie, vers 1238, sont les fils de Jean d'Andigné, qui avait
quitté son ancien nom pour celui de la seigneurie voisine d'Andigné,
réunie jusqu'au XVe siècle dans la même famille et souvent par
alliance dans les mêmes mains. Le seigneur levait les deux tiers des
fruits de toute dîme de vins, blé, chanvres, lins, pois, fèves, dans
la paroisse et devait au château de Candé « un épervier de
service » à toute muance. — C'est Lancelot d'Andigné qui fonde en
1519 la chapelle du château, dédiée à saint René, avec charge pour
le chapelain de tenir une école qui, au XVIIIe siècle, s'intitulait
collège. — C'est René d'Andigné à qui la reine mère, Catherine de
Médicis, écrit une lettre expresse pour le prier de se réunir à
Puicharic contre les protestants (21 septembre 1586) et que Henri IV
convie de la même façon à venir se joindre à lui et prêter
assistance au maréchal de Bois-Dauphin (13 janvier 1598). Un brevet
du 30 août 1582 l'avait nominé maréchal de camp et un privilège du
même roi l'autorisait à chasser à l'arquebuse sur toutes ses terres
et marais d'Angrie (31 décembre 1603). Chevalier de l'ordre du roi,
gentilhomme ordinaire de sa chambre, conseiller en ses conseils
d'Etat et privé, il mourut le 28 juin 1624 et fut inhumé dans
l'église de Roez en Champagne (Sarthe), mais son coeur fut apporté à
Angrie. Le service solennel fut célébré par l'évêque de Saint-Brieuc
et l'oraison prononcée par le P. Antoine de la Porte, prieur et
provincial des Carmes, en présence de tout le clergé et de la
noblesse du pays. — C'est Charles d'Andigné « conducteur en Loraine,
pour le roi, de la noblesse d'Anjou », en 1635, reconstructeur de
partie de l'église en 1637-1649, à qui le P. Maurille de
Saint-Michel a dédié ses livres. Il avait épousé la fille de Le Porc
de la Porte de Vezins, si connu par ses aventures, et fut inhumé à
Angrie le 23 février 1662. — Jean-Baptiste d'Andigné était chevalier
de Saint-Louis, brigadier des armées du roi, lieutenant-général
d'artillerie, lieutenant au gouvernement de Saumur, 1697-1702. —
Jean-Charles-Joseph d'Andigné, mari de Marie-Sophie-Eléonor de
Choiseul, est baron de la Roche-d'Iré et prend le titre de marquis
d'Angrie (1716). - Leur fils Charles-Louis, naît à Paris le 10 juin
1722.
Vers 1730, la terre, simple
châtellenie à laquelle sont annexés les fiefs de Montarcher,
Gorieux, Maubuisson, Villegontier, passe à Jacques-Urbain Turpin,
chevalier, baron de Crissé, seigneur de la Riviere-d'Orvaux, qui est
inhumé le 26 avril 1736 dans l'église paroissiale, âgé de 48
ans — Après lui Lancelot Turpin et Lancelot-Urbein Turpin, maistre
de camp de cavalerie. Les meubles du château furent vendus
nationalement le 21 février 1793.
Mme Elisabeth-Louise Turpin
de Crissé apporta la terre par mariage le 25 octobre 1825 à
CharlesLouis-Arthur d'Adhémar, comte de Lostanges, décédé à l'âge de
66 ans, le 3 décembre 1856. Dans le cimetière, à coté de sa tombe,
reposent celles de Charles Turpin de Crissé, mort le 20 juillet
1840, âgé de 62 ans, et de Félicité Turpin de Crissé « morte en
odeur de sainteté » le 26 juillet 1853, âgée de 78 ans, bienfaitrice
des pauvres de la paroisse.
Vers Sud-Est et attenant au
village, pointe le faite élégant du château seigneurial,
rebâti eu 1851 par l'architecte Hodé. C'est un vaste rectangle
allongé flanqué de tourelles rondes à toits pointus, percées de
haies à cintre surbaissé, avec couronnement de faux machicoulis. Les
façades identiques, vers Sud et vers Nord, sont précédées d'un
perron paré de fleurs et de verdure. Tout autour de l'édifice
plongent de larges fossés qui gardent au centre l'arche en pierre
des anciens ponts-levis et à chaque angle les bases des vieilles
tours de défense. — A l'intérieur sont conservés des portraits de
famille et plusieurs tableaux et paysages à l'italienne, oeuvre de
Turpin-Crissé, le fils du dernier seigneur. — Le château est habité
par Mme de Lostange, dont la mère, Mme la baronne de Turpin-Crissé,
loge à la maison de la Roche, à l'entrée d'Agrie, vers Candé.
Aucune trace celtique ni
romaine n'a été signalée sur la commune.
Le village n'a guère
d'histoire quoiqu'il ait vu passer maintes fois les bandes et les
compagnies et se soit trouvé en plein courant des guerres bretonnes
et anglaises, dont le souvenir populaire n'est pas perdu et désigne
encore le Camp, la Butte-aux-Anglais (V. ces mots). En 1602,
le pays est dévasté par les loups qui font rage. — En 1616, son
isolement le protégea contre les pillards de l'armée de Vendôme et
offrit un refuge aux habitants de Candé. — Le 8 juin 1696, le
tonnerre tomba sur le château sans grand dommage. — La contagion
était signalée sur la paroisse dans la dernière quinzaine de
septembre 1631 ; au village d'Armentières en mourut le vicaire André
Aubert (18 octobre). Elle dure encore en février 1632. Elle est
revenue en octobre 1638. A la Meschinaye, au village d'Erdre, on
enterrait les morts dans les jardins ; de même en 1639 et jusque
dans les premiers mois de 1610. Le curé célèbre le service dans la
chapelle de l'hôpital Saint-Jean ou à la Gachetiére. Tout le bourg
est abandonné par les habitants pour n'y revenir que le mercredi de
la semaine sainte. On compte encore onze décès en mars, un seul en
mai.
La paroisse dépendait de
l'Election d'Angers, du Grenier à sel de Candé, du District de Segré
(1788-1790). Un petit four à chaux, une pauvre ardoisière formaient
tonte l'industrie en 1788. — On réclamait des chemins pour le
transport des engrais et le défrichement des landes. Deux brigades
de gabelous tenaient le pays. C'était compagnie de recrues pour les
guerres civiles. La première municipalité était pourtant au moins en
partie patriote, mais sans instruction et sans activité. Le quartier
général des chouans de Scépeaux se tenait etabli en l'an
IV tantôt à Bourmont, tantôt à Angrie, où campait à demeure une
garnison d'au moins un millier d'hommes, la plupart déserteurs.
Maires : — Pierre Trillot,
ancien curé, 1er janvier 1793- an II — Gouin-Terrandière,
vendémiaire an III. — René Guibourd, 10 pluviose an
V. - Joseph Lesné, 10 germinal an VI -
Charles-Joseph-Désiré de Sailly, vendémiaire an VII. — Pierre
Foucher, an IX — Charles-Henri Turpin de Crissé, 2
janvier1808, démissionnaire en 1829. - François Guibourg,
20 mars 1829. — Théodore de Sailly, 10 décembre 1830. —
Amand Fauveau, 4 août 1832. — Jean-Baptiste Meignan,
1er octobre 1846 - février 1848. — D'Adhémar de Lostanges,
octobre 1848. — Joseph Robert, 24 juillet 1852. — René
Lambert, 3 juillet 1855. — Henri de la Brosse-Flavigny,
14 février 1858.
Arch. de M.-et-L., Série G,
Saint-Maurice., Anniv. Rent. t. 1, f. 11 ; Série C 106,
f. 207 v.; C 118 ;— Arch. de la Mairie d'Angrie, Série R
; Arch de la famille d'Andign& ; — Journal de Jacq.
Valueluche Mss. à la cure de Candé fol. 3, 59, 66, 73; — Compte-Rendu
du district de Segré (Angers, in4, an III) ; — Note Mss.de M
Raimbaud, de Thouarcé ; — Machegay, Archives d'Anjou, t. II
p. p 99; - Affiches d'Angers, 12 juin et 25 septembre 1792.
Voir, pour les diverses localités, à leur article, notamment la
Bussonnière, la Bonnefilaye, la Gachetière, les Essarts, Raguin,
Montergon., l'Aubinaye, la Grée-Saint Jean, Bois-Joulain, etc.;