- boire
- l'eau
est la plupart du temps dangereuse pour la santé, puits contaminés car
près des immondices humains ou animaux, tanneries et teintureries
polluantes sur les rivières. Les épidémies débutent toujours fin août,
lorsque l'eau, rare, atteint son pic de pollution. Mieux vaut boire le
cidre et le vin clairet.
- cidre : moins taxé que le vin,
produit sur place et meilleur que le vin local clairet (Craonnais,
Segréen, Pouancéen). Conservé en busse (barrique allongée de 280
litres) il doit être consommé avant le printemps, ensuite il se gâte.
- vin : selon les comptes du
roi René, duc d'Anjou, la quantité produite en 1460 est comparable à
celle d'aujourd'hui. Cependant la géographie est fort différente. On
cultive partout la vigne au Nord de la Loire, jusqu'à Laval. De
nombreuses paroisses possèdent un, voire plusieurs, clos de vigne, où
chacun à un ou plusieurs rangs. Le clos aux Davy à Saint Sauveur de
Flée : 23.9.1650 Roberde Roger veuve de Pierre Bouvet rend aveu pour 2
planches (AD49-E0190/f°203). Le paysan le réserve aux jours de fête,
le notable plus souvent. Les jours ordinaires, les plus pauvres se
contentent d'eau passée sur la rafle des raisins, parfois de cidre, de
poiré ou de corm, boissons aux poires ou à la corme. (Bendjebbar A.).
haut de page
- mangeurs
de chatâignes, de sarrazin et de porc salé et d'huile noix
- fouace : désigne au Moyen-Age un
pain de luxe. Les bailleurs l'exigent une fois l'an. Ainsi à Armaillé
en 1504 dans le
bail du moulin à eau. En 1629, le closier à moitié de la
Charbonnerie à Corzé, doit aller à Angers livrer au propriétaire,
Olivier Hiret Sr du Druil : 17 livres de beurre
mis en pot, bon loyal & marchand, plus 2 de beurre frais de 2 livres chacun aux
vigiles des fêtes de Pâques, Pentecôte. 4 poulets
à la Pentecôte, 2 chapons à la
Toussaint. Une fouasse (fouace)
de la fleur d’un boisseau de froment aux Rois, (AD49-5E6/106bis Bail à
moitié) Elle y est dans tous les cas exigée "à la fête des Rois" et
définie "fouasse de la fleur d'un boisseau de froment", et en 1504
elle est aussi précisée "une fouasse un gasteau", ce qui laisserait
supposer qu'il y a ajout d'oeuf et/ou de beurre. Cette fouasse du
Haut-Anjou ne semble par avoir de lien avec le fouée d'Anjou haut
de page
- la
débisse, spécialité angevine, est le fruit sec qui améliore
l'ordinaire de toutes les tables, y compris paysannes. C'est une poire
ou pomme pelée puis séchéeet enfin tapées, d'où son nom de « pomme
tapée ». Sa production domestique, devenue industrielle au 19e,
disparut à la fin de ce siècle.
- noix : une
léchette de beurre sur la table, car ici on n'est plus en Bretagne.
Pas encore d'arachide (huile moderne car coloniale), mais de la
noix, dont l'huile, très parfumée, est bien très goûtée. Pour vous
donner une petite idée de la présence des noyers en Haut-Anjou, allez
voir la montrée du château de Mortiercrolles,
qui sert de pépinière. A l'huile de noix, production locale, s'ajoute
parfois l'huile d'olive, venue de Nantes par bateau. haut
de page
- viande
: porc salé pour le paysan, le plus souvent un morceau de lard
accompagnant la soupe aux choux et le pain noir ou selon saisons, de
châtaignes voire glands. Peu de vollailles pour le paysans, qui la
doit au propriétaire dans le bail. Aucun boeuf vendu en ville aux
notables.
- poisson : le poisson tient une large
place dans l'alimentation surtout en ville chez les notables
(anguilles, aloses, lamproies, saumons), surtout
pendant le carême. Le poisson de mer aussi ; à Laval en 1530 on
consomme de la baleine, à Angers aussi, donnant même son nom à l'auberge
«ou pend pour enseigne la côte de baleine ».
- la
pièce appellée "cuisine" est très rare, le plus souvent les aliments
sont préparés dans la cheminée de l'unique pièce du logis.
- ustenciles
de cuisine ® buie, casse,
charnier, chaudron, clisse, cramaillère crémaillère, friquet, galetouère
galletoire, grêloire, landier, marmite, poele à frire,
pommier, potager, saloir, seille, tournebroche,
tourtière, trepié
- vaisselle
en étain commun pour tous, pesant en tout 20 g pour le laboureur à 150
g chez le marchand aisé. Peu de vaisselle d'étain ouvragé, peu de
faïence, très peu d'argenterie, aucune porcelaine.
- La
maîtresse de maison mange debout. Elle s'assied de temps en temps chez
les notables où elle n'est qu'une domestique en chef.
- La
fourchette, quand elle existe, est personnelle.
La
vaiselle moderne (faïence, porcelaine, verre, plastique) est
chimiquement neutre, et ne donne pas de goût aux aliments. Il n'en était
pas de même autrefois, ou boire dans un gobelet métallique, manger dans
la vaisselle d'étain, apportait un goût propre qui nous est désormais
inconnu.
Les
aliments, tous cuits dans la cheminée, avec ou sans broche, avaient une
note fumée d'autant plus présente que la pièce elle-même était la
plupart du temps enfumée. La nature du bois utilisé apportait aussi sa
nuance fumée : le sarment de vigne ne donne pas la même note que le
châtaigner.
Le
vin du Haut-Anjou était rude (je n'ai pas d'autres mots car les vignes
de Craon etc... ne donnaient qu'un vin particulièrement mauvais) mais la
noix parfumée. haut
de page
En savoir plus
Bendjebbar
André, La Vie quotidienne en Anjou au 18e siècle, 1983
Inventaire
du patrimoine culinaire de la France : Pays-de-Loire (Albin
Michel, 1993)
- Réponse : Aucune, ils
ne sont crus ni l'un ni l'autre.