Michel Guibé « journalier et pauvre honteux » : La Coulonche (61) 1705

Mon ancêtre Michel Guibé était journalier. Mais mieux, au mariage de sa fille Catherine, elle aussi mon ancêtre, le prêtre a écrit « fille de feu Michel Guibé journalier et pauvre honteux ». J’ai déjà un SDF à la troisième génération seulement, mais là, je pense que j’ai mon record de pauvreté. J’ai en effet le contrat de mariage de Catherine, et elle ne possède en tout et pour tout, en argent liquide et meubles, que la somme de 15 livres, et ce en 1705. Or, vous avez remarqué que j’ai dépouillé beaucoup de contrats de mariage, de toutes classes sociales, et en 1705 le métayer avait plus de 300 livres le closier plus de 150 livres, le journalier Michel Guibé était donc bien très pauvre.

Pratiquement, on sait que beaucoup de Normands émigraient, faute de pouvoir s’installer sur place pour vivre convenablement, car par ailleurs j’avais aussi remarqué que dans les familles nombreuses d’alors, les enfants mourraient moins souvent qu’ailleurs, et la surpopulation était rapidement économiquement non viable. Autrefois, lorqu’on émigrait pour des raisons de pauvreté, la terre avait des espaces vierges à peupler. Tout à changé de nos jours, et ceux qui émigrent n’ont plus de places vierges.

Je vous mets les vues du registre paroissial de La Coulonche, et même une vue détaillée, afin que vous puissiez vous même constater le vocabulaire utilisé ici. J’avais autrefois fait cette filiation, et je viens de la remettre au goût du jour, et passant sur ce vocabulaire exceptionnel dans un acte d’état civil, je vous demande si vous avez aussi des annotations aussi surprenantes, quant au niveau social de vos ascendants.

 

 

 

 

Jean Denis noyé en faisant boire son cheval : Saint-Georges-sur-Loire 1798

J’avais autrefois lu qu’il fallait descendre de cheval pour le faire boire, car nombre de cavaliers ont ainsi trouvé la mort par noyade.
Voici l’un de mes ascendants, Jean Denis, et même si le procès verbal ne précise par ce que je viens de supposer, tout le laisse à penser, puisque la jument est là, scellée, et même portant les sacs de voyage, et le cadavre n’a aucune blessure.

Voir ma famille Denis. Je viens en fait de trouver ce décès accidentel car il s’était marié une 3ème fois et parti de La Pouëze à Saint-Georges-sur-Loire.

Cet accident s’est produit à une époque où les morts violentes étaient légion, et puisque l’officier de santé n’a observé aucune violence, il s’agit bien accident.

J’ai alors tappé sur moteur de recherche :

noyé en faisant boire son cheval

et effectivement, il existe beaucoup de récits relatant ce type d’accident, pas si rare que cela.

Mais le plus curieux ici, et qui m’a beaucoup étonnée, c’est l’habillement, et le porte-monnaie garni, alors que Jean Denis est uniquement journalier laboureur. La somme qu’il a sur lui ne semble pas en ligne avec ce métier, et pour revenir à la période violente, si cela avait été une mort par violence, ce porte-monnaie aurait été vidé de son contenu.

Dans les vêtements, je suis intriguée par la culotte de tricot, car je pense qu’il ne s’agit pas du sous vêtement mais bien du pantalon, et je ne comprends pas de quelle matière il est fait, moi qui suit une tricoteuse.

Alors, je me suis informée de ce que l’on entendait à l’époque par TRICOT. Et je vous ai trouvé l’explication, et elle mérité un article tout entier, aussi demain nous parlons de la culotte de tricot. Et vous allez être surpris ! et je vous assure que ce n’est pas un poisson d’avril !

Cet acte est en ligne sur le site des Archives Départementales du Maine et Loire :
« Saint-Georges-sur-Loire, le 28 frimaire VII (17 décembre 1798) à 9 h du matin … sont comparu à la maison commune Jean Baptiste Maurice juge de paix du canton, 39 ans, et Jean Renou officier de santé, 37 ans, demeurants en ce bourg, lesquels ont déclaré que Jean Denis, laboureur, âgé d’environ 50 ans, domicilié de la commune de Beauchêne en ce canton, époux légitime de Françoise Delaunay, s’était noyé dans l’étang d’Arrouet près ce bourg, dont apert par le procès verbal, dont la teneur suit : « l’an 7 de la république française une et indivisible, le 27 frimaire, sur les 2 h après midy, nous Jean Baptiste Maurice juge de pais du canton de Beausite, Maine-et-Loire, accompagné du citoyer François Leteulle notre greffier, demeurant audit Beausite, ayant été adverti par la clameur publique, qu’il y avait un homme noyé dans l’étang d’Arrouet au midy de ce bourg, nous nous y sommes transporté accompagnés du citoyen René officier de santé de la commune dudit Beauchêne, où étant avons vu un cadavre qui paraissait à fleur d’eau dans ledit étang et du costé du midy, à côté de lui était une jument poil bai brun, scellée, bridée, avec une poche et un bissac de toile attachés en valise ; les citoyens Antoine Gosse scieur de long résidant actuellement chez le citoyen Joseph Guérin cabaretier au bourg et commune de Beausite présent, et Joseph Lemasson aussi scieur de long demeurant au bourg et commune du Petit Paris, canton dudit Beausite, présent, ont retiré ledit cadavre de l’eau jusqu’au bord et proche de nous, où étant avons reconnu que c’était celui d’un homme âgé d’environ 50 ans, taille de 5 pieds 3 pouces, marqué de petite vérole, vêtu d’un manteau de peau de chêvre, une veste bleue, un gilet de sarge grise, une chemise de toile grise, une culotte de tricot, guestre de cuir, une paire de souliers picqué, un chapeau de cuir bouilli ; avons trouvé dans ses poches un mouchoir bleu à barre rouge, un couteau à ressort avec un tire bouchon, une tabatière de buis en long ; dans un petit sac de cuir 20 livres 3 sols, dont un écu de 6 francs un de 3 francs et le surplus en petite monnaye, et avons reconnu que d’était le cadavre du citoyen Jean Denis journalier de la commune de Beauchêne, canton dudit Beausite, et ledit citoyen Renou officier de santé, a à l’intant procédé à l’examen dudit cadavre trouvé en ledit étang, lequel a déclaré ne reconnaître d’autre cause de mort que le submergement des eaux, n’ayant ni plaies, ni fractures, ni contusions »

Odile Halbert – Lorsque vous mettez mes travaux sur un autre site ou base de données, vous enrichissez leurs propriétaires en leur donnant toujours plus de valeur marchande dans mon dos

Depuis quelques instants ce blog fonctionne sur la nouvelle plateforme php 7 avec wordpress 4.7.3

Je vous avais prévenue, il fallait que je fasse un immense saut informatique dans le vide.
Le saut est fait, et il ne reste plus qu’à adopter un thème satisfaisant pour la page (taille de caractères etc…)

Je vous avais prévenue, les commentaires publiés entre temps sont perdus, mais je les avais sur mon courrier donc je reporte ici, ce qui a disparu ces derniers jours.

  • Commentaire de Patrick
  • Bonjour,
    Bonne idée!! je suis prêt á aidé comme beaucoup d’autres.
    Est-ce que quelqu’un peut organiser cela.?

  • Commentaire de Dominique :
  • Bonsoir Odile,

    La lecture sur iPad de ce billet est parfaite ! Pas de régression par rapport aux précédentes parutions.

    Bon courage pour la suite !

    J’ai pour ce WE un immense besoin de détente !
    j’ai franchi un tel pas !!!! que le peu qui reste à faire est très petit, patience à vous.

    Je fonce donc sur mes occupations favorites : crochet, tricot et paloégraphie.

    A+


    Généafolie : la plus belle méthode de filiation que j’ai vue

    Hier, nous avons vue la plus grosse bourde que j’ai jamais rencontrée en généalogie. Mais ce jour, je vous livre exactement le contraire : la plus fiable des méthodes généalogiques et un magnifique exemple.

    Une émission de télévision nous a relaté longuement la découverte récente du squelette de Richard III, dernier roi d’Angleterre de la lignée Plantagenêt, mort au combat le 22 août 1485.
    Les Plantagenêts étaient issus d’Anjou et Maine, et à ce titre ils ont leur place sur ce blog.
    Cette fabuleuse dévouverte est également bien narrée sur Wikipedia.

    Aussitôt après cette mort violente, Richard III est inhumé sur place dans une église. Mais l’église disparaît peu après et l’endroit tombe dans l’oubli.

    Une association, la Richard III Society, finance en 2012 des fouilles sur un parking, supposé couvrir l’emplacement de l’ancienne église.
    Le parking est grand, temps et argent compté, aussi seules quelques tranchées peuvent être faites, pas la totalité du parking.
    Par chance, à 1 m près, leur tranchée trouve un squelette.
    Commence une longue identification passionnante, à l’aide de tous les outils actuellement imaginables. Et ils parlent un à un, mais c’est bien l’ADN qui assure finalement la fiabilité à quasiement 100 %

    Mais à quel ADN peut-on se fier ?

    Parallèlement aux fouilles la Richard III Society avait entrepris des années auparavant la recherche de porteurs de l’ADN de Richard III
    Passionnante recherche, d’autant que sur les squelettes de l’époque l’ADN n’est pas toujours exploitable.
    Bref, ils doivent entreprendre une lignée descendante du frère et de la sœur de Richard, ce qui implique d’importantes recherches car :

    UNIQUEMENT PAR LES FEMMES : 19 générations

    Encore avec un peu de chance, ils parviennent à une unique piste : une Anglaise émigrée au Canada après la seconde guerre mondiale, mais décédée en 2008 peu avant la découverte du squelette de Richard III
    Après elle la lignée féminine est éteinte à jamais.
    Par chance, elle laisse 3 enfants, et un des fils possède donc l’ADN recherché.
    Il était temps, car après eux aucune lignée par les femmes ! Elle est éteinte.

    Ceci rejoint ma philosophie de la généalogie et depuis 20 ans mon site a une page

    SEULES LES FEMMES SAVENT
    Vous y découvrez ma filiation sure et certaine car par les femmes ! et mes réflexions sur l’ineptie du patronyme, car seul le matronyme a un sens.

    Odile

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    Généafolie : la plus grosse bêtise que j’ai rencontrée

    Depuis plus de 25 ans, mon site comporte un portail GENEAFOLIE
    Oui, vous avez bien lu -FOLIE et non -LOGIE

    J’y avais mis toutes mes observations relatives aux sources d’erreurs, et il y en avait beaucoup.
    Entre temps la folie n’a fait qu’augmenter, surtout sous l’impulsion des bases de données, qui ne se soucient guère de la fiabilité des données.

    Mais, je n’ai jamais parlé de ce que je considère comme le record de la bétise, la voici :

    Donc, il y a 24 ans, licencié et m’apprêtant à vivre des années financièrement réduites, j’arrête tous mes abonnements que ce soit revues ou cercles associations etc… Bref, je me mets en profil bas.
    Mais, disposant tout de même d’un peu de courage, je me présente à une assemblée générale d’une association généalogique, et je propose mes services :

    je peux retranscrire bénévolement des textes anciens

    immédiatement fuse la réponse du président

    mais madame cela n’est pas nécessaire, l’ordinateur le fait

    Il n’y a pas un jour depuis 24 ans sans que je pense en tappant mes retranscriptions à ce (en 3 lettres avec un N un C et un O) et j’en ris toujours et toujours.

    Il faut vous dire que l’association en question a pour seule règle de prendre tout à son profit, et bien sûr le droit de propriété intellectuelle lui est totalement étrangé, comme d’ailleurs à beaucoup qui depuis 24 ans, copient abondamment mon blog et mon site, même beaucoup d’étudiants. Au début, quelques étudiants avaient eu le courage de me remercier et je dois en totaliser environ 6, mais par la suite, même les remerciements ont disparu, car cela ne se fait plus.

    Demain, je vous mets ici exactement l’inverse : le plus fiable de tout ce que j’ai pu voir

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    Paléographie : la lettre P

    et exercices de paléographie

    J’aborde ce jour, en 2 billets, une illustration de la difficulté de la lettre P au 16e siècle, car il semble que certains ignorent encore ce point de paléographie, indispensable à tout lecteur d’archives fin 16e siècle et début 17e siècle en Anjou. Le second billet de ce jour est un contrat de mariage écrit avec ce P.

    Et, connaissez vous mon site de paléographie, qui contient une mine d’exercices pratiques qui vous aideront à progresser.

    La lette P a connu au 16e siècle une période cursive gothique qui la mettait en forme de X, même à l’intérieur du mot.

    Cette forme d’écriture cependant a été fort inégalement utilisée, puisqu’au 16e siècle, c’est en famille, ou chez les curés de la famille, qu’on apprenait à écrire, et c’est donc en fonction de celui qui vous avait appris qu’on avait telle forme d’écriture.
    De même pour la période, pour les mêmes raisons. Certains ayant colporté cette forme d’écriture plus longtemps que d’autres, soit par leur formation, soit parce qu’ils ont vécu longtemps eux-mêmes.
    Elle coexiste donc avec la forme plus classique à nos yeux, toujours pour les raisons ci-dessus. Et je l’ai rencontrée irrégulièrement, mais bien réelle, en Haut-Anjou, soit chez les prêtres, qui étaient mêmes des formateurs à l’époque, soit chez des notaires, qui avaient souvent appris à écrire avant d’entrer en formation chez un notaire.
    Voici d’abord la théorie. On distingue nettement l’absence de fermeture à gauche, donnant l’allure du X, et on remarque au passage la coexistence de 2 formes d’écriture.

    Commençons par un P plus familier, mais fin 16e siècle (les trois images qui suivent sont extraites des Archives Départementales du Maine-et-Loire, et sont leur propriété) :

    future espouze qu’elle a et luy
    peuvent estre deues tant pour ses
    services que autres seront par ledit

    Maintenant, voyons la cursive gothique, dans un nom de famille bien connu en Anjou, la famille CRESPIN :

    et transporté par ces présentes
    à Me Maurice Crespin demeurant à
    Angers qui a achapté pour (extrait de la vente des Quatre-Barbes à Maurice Crespin, le 3 juin 1574 devant Fauveau notaire à Angers, Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E5). Dans le cas présent vous avez le P à l’intérieur du mot CRESPIN mais également en début de mot POUR.

    Voici une autre famille bien connue en Anjou, les CUPIF, et, cerise sur le gâteau, le notaire a doublé le P :

    d’Estienne Cuppif mary de Guyonne Bellou
    Maintenant, vous savez tout grâce aux CRESPIN, et aux CUPIF, familles bien angevines, et largement connues. Allez chercher sur le second billet de ce jour une DUTEMPLE. Et susrtout, faîtes l’exercice de paléographie si vous voulez vous mesurer et progresser.

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