Grand mariage dans la petite chapelle Bonne-Garde : Nantes 1792

Manifestement la période est troublée, car c’est le prêtre jureur, et il écrit qu’en 1792 c’est l’an 4 de la liberté.
Les époux ne sont pas de Saint Jacques et n’y vivent pas.
Ils sont cousins germains.
Jamais la chapelle n’est utilisée dans le registre de St Jacques pour des sacrements, qu’ils soient baptême ou mariage.

Ce mariage fut manifestement sans la foule, car la chapelle ne le permettait pas, et pourquoi pas à St Nicolas ou à Ste Croix ?

Mais les heures sombres de la chapelle arrivent peu après, donc voici sa dernière heure mondaine !

« Le 23 avril 1792, an 4 de la liberté, après dispense de 2 bans, et dispense de consanguinité du deux au deuxième degré, ont été fiancés et admis à la bénédiction nuptiale, par nous curé de St Jacques de Pirmil, dans la chapelle de Bonne Garde, située en notre paroisse, le sieur François Gabriel Charles Mellinet, négociant, fils majeur du sieur François Mellinet négociant et de dame Luce Eulalie Letissier Desjardins, née en la paroisse de St Saturnin réunie à celle de Ste Croix en cette ville, et domiciliée de droit et de fait en la susdite paroisse st Nicolas, et, demoiselle Henriette Adélaïde Letissier Desjardins fille mineure du sieur Charles Tissier Desjardins distillateur, et de dame Marie Marthe Madoré, née en ladite paroisse st Nicolas et y domiciliée de droit et de fait d’autre part, … en présence de Anne François Mellinet frère du marié, négociant, demeurant paroisse st Nicolas, Adrien Faligan, négociant, demeurant paroisse st Jacques, son ami, Alexandre Letissier Desjardins commis dans les administrations de cette ville, frère de la mariée, et Julien Roussier marchand demeurant paroisse st Jacques »

Ulrick Herzog venu de Mulhouse se marier à Nantes en 1789

Maurice Herzog a été de ceux que les jeunes de ma génération ont admiré !
Je ne m’étais jamais demandée de quelle région il tirait son nom.

Mais hier je rencontre son patronyme à Nantes, venu de l’est.

Lisant le registre paroissial de Saint Sébastien fillette de Saint Jacques et Pirmil, je rencontre ce nom peu Nantais.
Et par curiosité je commence la lecture !
Le prénom est original « Oualerie » et je cherche à le comprendre en vain pendant un long moment.
Le lieu de naissance « Meluse ville en Alsace dépendant des cantons suisses » ce que j’avais oublié. C’est Mulhouse.
La signature est claire, et il a signé « Ulrick ». Qui se prononce OULRICK. Avec cette signature, je comprends enfin le prénom.

Mais pour pouvoir épouser Marie Françoise Regnau, il a dû oublier Calvin, et on a donc sur le registre on a son abjuration et sa profession de foy catholique apostolique et romaine.

Ainsi depuis plusieurs semaines je découvre beaucoup d’aspects de mon quartier de naissance : Saint Jacques à Nantes.
J’avais déjà les départs par mer, par Loire, les armuriers etc… mais voici plus loin avant les mouvements militaires engendrés par la Révolution.

L’enfant avait deux âmes ! Saint-Melaine, 1622

« Le vendredi 3 juin 1622 fut sur les 9 à 10 heures du matin baptisé sur les fons en l’église de Sainct Melaine un enfant lequel avoit deux testes, quatre pieds, quatre mains et n’avoit qu’un ventre et un unbril et ne cognoissoit on au vray si c’était male ou femelle mais on jugeoit facilement qu’il y avoit deux ames à cause qu’il y avoit deux estomacqs deux testes et deux cols, fut père d’iceluy enfant Jehan Tesnier et la mère Françoise Davy son espouse légitime demeurant au village de l’Epinay dite paroisse de St Melaine et fut parain Guillaume Bougere et marraine Anne Lorelier fille de Me Michel Lorelier demeurant au mesme village et vescurent lesdits enfants deux jours sans prendre nourriture, estant morts furent inhumés au petit cymetière dudit sainct Melaine en présence des soubsignés et plusieurs autres. Signé Peletier, Coué »

ATTENTION : le titre de « sieur de » ne veut pas dire « propriétaire »

Cela fait plus de 25 ans que je crie, haut et fort, que jamais le titre de sieur n’a signifié propriétaire car la mode et l’orgueil étaient autrefois (et sans doute de nos jours) immenses, et on se parait de titres.

POUR SAVOIR S’IL Y A EU PROPRIÉTÉ IL FAUT IMPÉRATIVEMENT EN AVOIR LA PREUVE DANS UNE SOURCE PRIMAIRE (acte notarié de vente, ou bail, ou imposition dans un chartrier etc…)

Célestin Port n’est en aucun cas une preuve de propriété, car il ne vérifiait pas les actes primaires, et se contentait de recopier les titres dont on se paraît.

Ainsi, l’acte concernant Nicolas Gebu qui suit n’est pas une preuve de propriété et signifie seulement qu’il s’est présenté chez le notaire en se parant du titre vrai ou faux, et bien souvent c’était faux.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E36 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 18 mai 1624 après midy par en la cour du Lyon d’Angers endroit par devant nous René Billard notaire d’icelle fut présent en sa personne honorable homme Nicolas Gebu sieur la Fourerye tant en son nom que au nom et procureur de honorable femme Loyse Faucillon sa femme autosisée à la poursuite de ses droits et fondé de procuration de ladite Faucillon passée par Me René Douault et Bonaventure Giraudeau notaires de la cour de sainte James près Segré ce jourd’huy avant midy, soubzmetant lesdits Gebu et ladite Faucillon et les biens de ladite procuration leurs hoirs etc o pouvoir etc confessent avoir fait en son nom et audit nom vendu quité cedé délaissé et transporté et encores vend quitte cède délaisse et transporte dès maintenant à présent à toujoursmais perpétuellement par héritage à Jehan Davy laboureur et Jehan Tabouret sa femme à ce présente stipulante et de son dit mari autorisée, leurs hoirs, scavoir est le lieu et closerie de la Tiefenaye composé de maison à laquelle il y a cheminée et avec les aireaux et issues qui en dépendent, le tout contenant 7 cordes ou environ ; Item ung petit jardin clos à part contenant 2 cordes ou environ joignant et atenant de toutes parts ladite maison et aireaux ; Item une pièce de terre appellée la Gaulterye close à part contenant ung journau ou environ, joignant d’un costé la pièce de terre du lieu de la Haulte Rivière d’autre costé le chemin tendant de Chazé à la Chapelle sur Oudon d’un bout la terre du sieur de la Haulte Rivière

Cet acte est paru sur mon blog sous le titre ! Nicolas Gebu et Louise Faucillon vendent des terres : 1624
Je remets ici la retranscription de la première page car j’avais fait une erreur de lecture du nom du lieu, il est bien écrit ici « Nicolas Gebu sieur de la Fourerye » et non de la Fourière.

CE BILLET EST CLASSÉ DANS LA CATÉGORIE
VANITÉ
car c’est le seul sens de ce billet

Quand on fait des recherches, on n’a pas le droit de croire n’importe quoi, même pas Célestin Port
Mon site et mon blog  luttent contre les fausses informations

 et je constate désespérée qu’après plus de 25 ans de cris contre la vanité, il y en a encore pour y croire.

les Gaufriolles, filles et soeurs de Gaufriau : Saint Sébastien d’Aigne 1638

Nous avons souvent rencontré des prêtres qui féminisaient les noms de famille. J’ai toujours supposé qu’en fait ils reproduisaient l’usage que leurs paroissiens faisaient, appelant GAUFRIOLLE la femme ou le soeur de GAUFRIAU.

Mais cette féminisation me plait beaucoup et d’autant plus que je cherche ma GAUFRIAU de Saint Sébastien, encore et encore. Et que je découvre qu’on l’appelait probablement la GAUFRIOLLE. Et cette terminaison m’amuse beaucoup. Elle sonne comme gaudriole…


Le 27 mars 1628, baptisé (acte en latin) Anne fille de Mathurin Bellard et Perrine Gaufriolle parrain Denis Praudeau marraine Anne Gaufriolle

Un cheveu sur la langue ou originaire d’une région différente ? : Saint Sébastien 1618

L’un des prêtres de Saint Sébastien prieuré de Pirmil saint Jacques, avait manifestement une oreille différente des autres.
Voici ce que cela donne sur un baptême en 1618 :

Le 26 janvier 1618 « Guillemette fille de Jullien Arnoult et Marguerite Dutail, parrain Clement Tresbiglard non marié marraine Sébastienne Leroy non mariée »

Mais ce TRESBIGLARD ne bigle pas du tout !!!! Il suffit aussi de lire comment le brave prêtre écrit FILLE figle avec un g


car voici sur un autre baptême une magnifique signature TREBILLIARD

Bon, vous avez comme moi l’habitude des patronymes écorchés sur le registre !!!