Laurent Gault, de Pouancé, à Angers pour affaires : 1577

Comme certains d’entre vous le savent déjà, j’ai beaucoup travaillé les GAULT et d’ailleurs vous avez beaucoup d’actes sur mon blog et sur mon site.

Voici de jour la magnifique signature de Laurent Gault en 1577.  J’y vois 5 rangées de colonnes de chiffres 2 qu’on voit souvent sur les signatures mais dont on ignore le sens, s’il y en a un. Cet acte est passé à Angers, donc il se rendait souvent à Angers pour affaires. Et, pour mémoire, Angers est à plus d’une journée de cheval d’Angers, donc il fallait changer de cheval, probablement au Lion d’Angers, d’ailleurs ici le débiteur était précisément du Lion d’Angers.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E1 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 21 octobre 1577 (devant Jehan Bardin notaire Angers) par devant nous notaire royal Angers soubzsigné a comparu Lorant Gault marchand demeurant à Pouancé, lequel soubsmis soubz ladite cour royal d’Angers luy ses hoirs biens et choses a confessé et confesse avoir eu et receu de missire Robert Talbot prêtre demeurant au Lyon d’Angers la somme de 28 livres tz en or et monnaye, en laquelle somme ledit Talbot luy estoit tenu et redevable par obligation passée soubz ladite cour devant ledit Bretin le 24 mars 1574, dont ledit Gault s’est tenu et tient contant et en a quite ledit Talbot ses hoirs, et au moyen de ce ledit Gault a présentement rendu ladite obligation audit Talbot   …

 

Epidémie dans la prison de Saint-Florent-le-Vieil : 1710

Il s’agit de la gabelle et du grenier à sel, et on constate que les prisonniers concernent toute la région, par contre je trouve qu’ils sont nombreux.

Voir mes pages sur les greniers à sel

† 19 janvier 1710 Philippe Macé décédé dans les prisons du grenier à sel de ce lieu
† 25 janvier 1710 Jacques Bernier mort dans les prisons du grenier à sel de ce lieu
† 26 janvier 1710 Pierre Tessier et Louis Onillon morts dans les prisons du grenier à sel de ce lieu
† 29 janvier 1710 René Allard mots dans les prisons de ce lieu
† 5 février 1710 Simon Hureau faussonier mort dans les prisons du grenier à sel de ce lieu
† 6 février 1710 Simon Juteau mort dans les prisons royaux du grenier à sel
† 22 février 1710 un homme sorti de hier de prison royau de ce lieu est mort sous la galerie de l’église, qu’on dit être de la paroisse de saint Laurent du Motthay
† 3 mars 1710 François Legroy mort dans les prisons royaux du grenier à sel de ce lieu
† 2 mars 1710 Pierre Delaunay mort dans les prisons royaux du grenier à sel de ce lieu
† 6 mars 1710 Anthoine Tuffereau mort dans les prisons royaux du grenier à sel
† 24 mars 1710 René Brevet faussonnier mort dans les prisons royaux du grenier à sel de ce lieu
† 26 mars 1710 Jean Bernier, de la paroisse de Ste Christine, et qui s’est dit de la paroisse de Jallais sur son interrogatoire devant les juges du gernier à sel de ce lieu, et qui est sorti d’hier desdites prisons dudit grenier à sel, et est mort d’hier à la métairie de la Sourdrie en cette paroisse
† 26 mars 1710 Pierre Ruelain mort d’hier dans les prisons royaux du grenier à sel comme faussonnier de la paroisse du Genet
† 1er avril 1710 Mathurin Bigeard mort dans les prisons royaux de ce lieu comme faussonnier
† 18 avril 1710 Jacques Doizy faussonnier mort en les prisons du grenier à sel
† 19 août 1710 Pierre Mulet mort dans les prisons royaux de ce lieu

Odile Halbert – Lorsque vous mettez mes travaux sur un autre site ou base de données, vous enrichissez leurs propriétaires en leur donnant toujours plus de valeur marchande dans mon dos

Un maltôtier enrichi : Angers

L’un d’entre vous me parle de maltôte, et j’ai regardé dans mes notes tout ce que j’avais sur cet impôt indirect, taxe levée depuis 1291 sur la vente des marchandises (souvent considérée comme abusive).  En effet, j’ai rencontré des maltôtiers dans mes recherches. Ainsi, vous avez sur mon blog depuis 12 ans le Journal d’Etienne Toysonnier, qui nous a laissé un bulletin mondain d’Angers durant plusieurs décennies. Et j’en extrait un maltôtier qui ne s’est pas appauvri !

  • Le 11e (novembre 1683) mourut monsieur Boylesve cy-devant premier président au présidial. Il avait épousé mademoiselle de Bord dont le père avait amassé de grands biens dans la maltoste. Il a laissé plusieurs enfants sçavoir monsieur Boylesve lieutenant général, Mr du Planty Boylesve et une fille mariée à Paris à Mr Bussy. Il a plusieurs frères scavoir feu Mr de la Guérinière Boylesve, feu Mr Boylesve évesque d’Avranches, Mr de la Mauricière Boylesve, Mr de la Croiserie Boylesve, Mr des Aulnais Boylesve.

Alors, pour mémoire, j’oser vous rappeler que les impôts autrefois faisaient l’objet de fermes et sous fermes, et manifestement la ferme était parfois (ou souvent ?) sous estimée, car la différence entre la ferme payée et la somme réellement encaissée pouvait manifestement être grande !

Et sur ce, bonne journée, dans votre confinement ! Comme vous le voyez, j’ai de quoi me distraire.

Le travail des enfants au XVIIIème siècle : selon le rôle de capitation du Loroux Bottereau, 1740

Le travail des enfants était courant autrefois.

Claude Fohlen, dans son étude Révolution industrielle et travail des enfants  Annales de Démographie Historique  Année 1973  pp. 319-325, donne même dès 8 ans parfois, alors que je pensais que 10 ans était l’âge minimum.

Il est difficile de savoir l’âge exact des enfants, mais ils sont assez nombreux dans les rôles de capitation, car cet impôt est aussi perçu sur tous les domestiques.

Ainsi en 1740 au Loroux-Bottereau pour 1 196 têtes imposées, on compte par moins de 222 domestiques ainsi répartis :

132 valets dont 16 moyens et 17 petits

83 servantes dont 12 moyennes et 2 petites

7 compagnons et 12 garçons (un compagnon est le salarié d’un artisan et le garçon le petit salarié)

Un valet paie 60 sols, sachant que l’impôt moyen est de 62,44 sols, il est donc dans la moyenne sur le plan de l’imposition.Un moyen valet ne paie que 30 sols et un petit valet 20 sols.

Mais la servante ne paie que 30 sols, la moyenne servante 20 sols et une petite servante seulement 10 sols. Ainsi, les femmes valent moitié des hommes !!!

La répartition des domestiques n’est en aucun cas lié au niveau élevé d’impôt, et on a assez souvent un maître qui paie moins que son valet, c’est à dire moins de 60 sols. D’ailleurs, qu’on soit domestique d’un riche ou d’un maître moins riche, on paie la même chose. Mais j’ignore s’il en était de même pour le salaire.

Mais quel âge se cache derrière « petit valet », « petite servante », « moyen valet », « moyenne servante » ? Devient-on moyen à 15 ans, à quel âge devient-on valet ou servante sans ce qualificatif ? Je n’ai rien trouvé sur ce point. J’en suis donc aux hypothèses :

petit de 10 à 14 ans

moyen de 15 à 18 ans

et ensuite on serait valet ou servante sans autre qualificatif relatif à la jeunesse ?

Si vous trouvez une source fiable, merci de me faire signe, car mon ancêtre Laurent Brebion, qui cultive, a un petit valet. Et je cherche à savoir plus…

Et comme vous avez bien compris que j’avais dépouillé le rôle de capitation, je vous le mets bientôt ici, et même celui de 1718 que j’ai aussi fait. Vous pouvez y retrouver vos ancêtres payant l’impôt. Et savoir s’il faisait travailler des enfants…

A bientôt

Odile

Julien Masseot et autres se portent caution pour l’élargissement de la prison pour non paiement de l’impôt des tailles : Marans 1592

J’ai beaucoup étudié les MASSEOT car je descends de l’une de ces branches,  mais à ce jour je n’ai jamais pu relier ce Julien Masseot, bien que les lieux soient identiques.

Mais l’acte qui suit me donne le métier de ce Julien Masseot, qui est sergent royal et il est le seul à savoir signer.

L’acte est splendide par la somme considérable de solidarité qu’il atteste entre paroissiens d’une même paroisse. Ceux qui ont prélevé la taille ont manifestement oublié de reverser le montant perçu au receveur à Angers, et ils sont donc emprisonnés par justice, mais leurs concitoyens viennent à Angers se porter caution d’eux pour leur mise en liberté. Cette caution est un acte important, car ils répondent comme les prisonniers libérés de la suite des poursuites, ce qui signifie qu’à la limite ils pourraient eux aussi être poursuivis et autrefois à faute de paiement c’était la prison. Nous sommes bien loin de nos jours de la mise en prison pour défaut de paiement de l’impôt !!!

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E36 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle)

Le 30 avril 1592 en la cour du roy notre sire Angers endroit par davant nous (Lepelletier notaire) personnellement establyz Julien Maceot sergent royal, Pierre Gernigon, Estienne Deille, Guillaume Manceau demeurant en la paroisse de Marans soubzmectans eux et chacun d’eux seul et pour le tout sans division etc confessent avoir promis et promettent à Me Estienne Lherbette sergent royal demeurant en ceste ville d’Angers présent stipulant et acceptant que Jehan Pihu, Estienne Peletier et Jehan Halligon paroissiens dudit Marans lesquels ont cy davant esté eslargiz et tirez de prinson où ils avoyent esté constitués à faulte de poyement des tailles de ladite paroisse à la requeste de Me Sanson Legaufre et Me Olivier Cupif recepveurs des tailles en l’élection d’Angers et par jugement de leur eslargissement baillés en garde par commandement audit Lherbette donné de messieurs les présidents et esleuz en l’élection dudit Angers que lesdits Pihu, Peletier et Haligon tiendront bonne et seure prinson et se représenteront toutefois et quantes entre les mains dudit Lherbette et en l’estat qu’ils sont à présent et sy tost que ledit Lherbette en requérera de ce faire, lesdits establis et chacun d’eux, à peine de toutes pertes despens dommages et intérests ces présentes néanlmoings etc et oultre garantir et acquiter ledit Lherbette de tous despens dommages et intérests qu’il pourroyt avoir et esquels il pourroyt requérir à deffault de faire accomplir ce que dessus (f°2) et le tout par les mesmes voies contraintes poursuites et rigueurs que ledit Lherbette y seroyt et pourroyt estre contraint et poursuivy ; à ce tenir etc obligent lesdits establis eulx et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division etc renonczans etc et par especial ont renoncé et renoncent au bénéfice de division d’ordre et discussion etc foy jugement et condemnation etc fait et passé audit Angers au tablier de nous notaire après midy présents à ce vénérabgle et discret frère Pierre Avril docteur en théologie et Pierre Richoust demeurant Angers ; lesdits establis fors ledit Maceot ont dit ne savoir signer »

Masseot

 

François L’Enfant sieur de Louzil s’endette : Bouchemaine 1548

Et il laisse beaucoup d’impayés notés sur des cédules chez un marchand d’Angers, qui lassé de trop de cédules impayées, fait les comptes devant notaire, pour être un peu plus sûr d’être payé, car devant notaire le non payement peu entraîné des poursuites.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E121 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle)

Le 27 avril 1548 en la cour du roy notre sire Angers (Huot notaire Angers) personnellement estably noble homme François Lenfant sieur de Lousil en la paroisse de Bouchemaine et demourant audit lieu d’une part, et André Mancouteau marchand demourant Angers d’aultre part, confessent avoir aujourd’hui fait et encores par devant nous par la teneur de ces présentes font le final compte calcul et accord, tant des arrérages de 3 années echeues le 26 février dernier de la somme de 10 livres de rente deue audit Maucouteau par ledit sieur de Lousil et par luy vendue et assignée sur tous et chacuns ses biens par contrat (f°2) du 26 février 1542 demeuré en son effet, force et vertu, que pour raison de plusieurs marchandies de draps de soie et aultres pour payement desquelles ledit Maucouteau avoit 6 cédules et une obligation, l’une d’icelle cédule du 21 juin 1547 montant 110 livres, l’autre du 21 juillet audit an montant 35 livres 15 sols, l’aultre du 3 septembre audit an montant 36 livres 15 sols, l’autre du 5 octobre audit an montant 74 livres, l’autre du 26 dudit mois d’octobre montant 14 livres 3 sols, la dernière desdites cédules du 18 (f°3) novembre audit an montant 15 livres 5 sols 8 deniers, et ladite obligation du 4 février aussi audit an 1547 montant 36 livres 15 sols 3 deniers, par lequel final compte calcul et accord a esté trouvé convenu et accordé que toutes lesdites cédules obligation et arrétages montent et reviennent ensemble à la somme de 352 livres 14 sols 11 deniers tz, lequel Maucousteau a recogneu et confessé avoir receu dudit sieur de Louzil dès le mois de mars 1546 la somme de 15 escuz soleil valant 33 livres 15 sols, laquelle somme il a desduite (f°3) et rabatue audit sieur de Louzil et partant sont lesdites parties demeurées à ung et d’accord que de tout le contenu esdites cédules obligagion et pour en demeurer ledite Lenfant quite ensemble desdites 3 années d’arrérages de ladite rente iceluy Lenfant doibt et demeure tenu payer audit Maucousteau la somme de 318 livres 19 sols 11 deniers tz, laquelle somme iceluy Lenfant a promys et promet et demeure tenu payer audit Maucousteau ses hoirs comme s’ensuit, c’est à savoir dedans huitaine la somme de 100 livres tournois et le reste dedans la feste de Saint Jehan Baptiste aussi prochainement venant et au moyen de ce ledit Maucousteau a rendu en notre (f°4) présence et à veue de nous lesdites 6 cédules et obligation comme nulles et compensées par ces présentes par le moyen desquelles et payant ladite somme ainsi due ledit Lenfant est demeuré quite de toutes choses qu’il a eu à faire avec ledit Maucousteau fors du principal de ladite rente de 10 livres et arrérages qui en sont eschus depuis le 26 février dernier, auquel compte accord et tout ce que dessus est dit tenir et ladite somme de 318 livres 19 sols 11 deniers tz payer par ledit Lenfant ses hoirs audit Maucousteau ses hoirs etc ont obligé et oblige lesdites parties respectivement elles leurs hoirs etc mesme ledit Lenfant à prendre vendre etc renonçant etc foy jugement condemnation etc fait et passé en la maison de maistre Jehan Menard advocat audit lieu en présence dudit Menard et de Me Jacques Gervays tesmoings »