Histoire d’une servitude : la rue du Château de l’Isle, Saint-Sébastien-sur-Loire

Notre vie moderne est souvent bâtie sur des terres agricoles. En Loire-Atlantique, ces terres agricoles étaient nommées « tenues » lorsque leur superficie plus importante relevait d’un seul propriétaire. Pour les desservir, nulle route, nulle rue, mais des chemins.

Ainsi, à Saint-Sébastien-sur-Loire en 1981 une tenue appartenant aux consorts Rivet s’étalait tout le long du chemin du Génétay, quand un promoteur entreprend d’y faire construire 4 tours, soit 145 logements, soit 290 places de parkings, moitié couvert, moitié dehors.

Le chemin du Génétay n’était pas capable d’absorber 290 voitures potentielles (à l’époque déjà beaucoup de ménages avait 2 voitures potentielles). Pire, ce malheureux chemin tombait sur la Loire en voie étroite enserré entre des maisons existant déjà. D’ailleurs, pour exploiter sa tenue. Mr Rivet utilisait un petit chemin de l’autre côté, et il avait même élargi ce chemin pour faire passer plus aisément ses tracteurs.

Dans son permis de construire, la ville, consciente que le chemin du Génétay ne pouvait absorber le trafic automobile des 4 tours, convient donc avec le promoteur, en l’occurence la société Sodexha, de la nécessité de pouvoir aussi passer par ce chemin contigu. Donc elle demande à la Sodexha d’acquérir ce chemin contigue.

Je vous montre les 2 chemins, en bas celui du Génétay, tombant de droite à gauche sur la route du bord de Loire. Et selon la même parallèle, on voit en haut le chemin, plus large vers la Loire, pour exploiter la tenue.

Cette photo aérienne date de 1968, et visible sur Geoportail

Donc, la Sodexha obtient son permis de construire à condition que le trafic automobile n’envahisse pas le chemin du Génétay, donc que le chemin d’exploitation de l’autre côté de la tenue soit aussi accès aux 4 tours. Mais la ville, bien consciente que ce petit chemin sera ultérieurement exploité par d’autres promoteurs, et n’a donc aucun caractère exclusif à la Sodexha, lui demande de laisser la servitude du passage aux futurs riverains potentiels, et à ce titre, elle convient qu’elle prendra en charge l’entretien de cette voie. C’est ainsi que le règlement de copropriété stipule :

Rappel de servitudes
La parcelle cadastrée 48, °235, constitue l’assiette d’une voie future. Elle est grevée d’un droit de passage à tous usages au profit de la parcelle cadastrée n°256 d’une contenance de 2 ha 18 a, appartenant aux consorts Rivet, anciens propriétaires de la parcelle grevée.
Cette servitude s’exerce nette de toute participation à l’entretien, cette voirie pouvant servir à toute destination y compris pour la desserte de construction qui pourrait être édifiée sur le fond dominant.

Aujourd’hui, effectivement, 2 immeubles ont été construits sur cette parcelle supportant la sertitude du passage. Le règlement de copropriété demeure, et ni le syndic, ni le conseil syndical n’ont le droit de changer la règle contenue dans le règlement de copropriété, à savoir cette parcelle appartient pour le fond à la copropriété mais pas pour l’entretien, que la ville a bien reconnu à sa charge en 1981. En conséquence, les travaux nécessaires rue du Château de l’Isle relèvent de la mairie, entre-temps devenue sur ce plan du ressort de Nantes-Métropole.

 

 

Claude Hévin, prénommé Guillaude sur son mariage, a aussi une curieuse signature

Voici la signature de Claude Hevin parrain d’un petit-fils en 1624 au Pertre :

Son prénom est difficile déchiffrable et ne ressemble pas beaucoup à Claude. En outre, en Anjou du moins, et je ne sais si c’était de même au Pertre, les notables signaient sans écrire leur prénom entier mais uniquement avec son initiale.

Je descends de René Hévin Sr des Gautries †Le Pertre 24.9.1616 et comme j’avais fait cette famille il y a très, très longtemps, du temps du tout papier, si vous voyez ce que je veux dire, j’ai fait hier quelques registres anciens en ligne pour tenter de relire et noter les parrainages auxquels je tiens tant, car ils sont souvent parlants.

Le plus ancien mariage, celui de Claude Hevin et Jacquine Ronceray, donne un prénom curieux, et je vous prie de croire qu’il s’agit bien de Claude Hevin, qui aura par ailleurs de nombreux enfants, et sera toujours prénommé Claude. D’ailleurs le D de ce curieux prénom sonne bien AUDE à la fin, et si vous avez un peu envie de vous distraire, je vous communique ce à qui il me fait penser.

Mariage à Vitré paroisse Saint Martin le 9 mai 1591 « Guillaude Hevin et Jacquine Ronceray ont receu le sainct sacrement de mariage en l’église de Saint Estienne le 9° de may audit an » Vitré était une grande ville, car la paroisse se nomme bien Saint Martin, du moins dans le classement des registres paroissiaux, qui comportent aussi la paroisse Notre Dame, et même des registres protestants. Et je lis bien qu’ils se sont mariés dans l’église Saint Etienne. Merci de me dire ce que vous savez de cette église.

Le prénom GUILLAUDE, que je vous assure donc être CLAUDE, m’a amusé, car il atteste de l’accent autrefois. Mais comme en ces temps de pandémie, j’ai surtout envie de m’amuser pour mieux survivre ces temps difficiles pour tous, j’ai immédiatement eu en tête « le glaude » de Villeret et de Funès, dans la « soupe aux choux », et je dois même vous avouer que j’en ris encore. Voilà, je m’amuse car j’ai un ancêtre qui faisait « le glaude », et, comme vous sans doute j’adore Villeret. Donc je m’amuse en faisant mes recherches anciennes.

 

 

 

 

Photo de classe école Notre Dame de la Sagesse, Nantes St Jacques 1947

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Cette photo de classe, école Notre Dame de la Sagesse, quartier Nantes Saint Jacques à Nantes Sud Loire, date de 1948 ou 1947. J’y vois Odile Guihard (en bas à gauche), Thérèse Cormerais (au dessus d’Odile Guihard mais à droite), Danièle Perraud (en haut avec le grand noeud au centre droit), et je suis aussi en haut, à droite de Danièle mais une autre entre nous.
Nous avons toutes, ou presque toutes, des noeuds dans les cheveux.
Anisi était la mode.
Si vous avez des photos de classe de Nantes Saint Jacques, je veux bien les mettre sur mon blog, contactez moi ci-dessous dans les commentaires, en cliquant d’abord sur le titre de ce post.
Et si vous en reconnaissez, ou si vous vous reconnaissez, contactez moi aussi dans les commentaires.
Merci d’avance
Odile Halbert

PS cette photo m’avait été envoyée par Danièle que je remercie

Hildegarde de Bingen et deux autres docteurs inscrits au calendrier romain

Dimanche dernier je faisais un Skype avec des neveux pour leur parler d’Aliénor d’Aquitaine et Hildegarde von Bingen, 2 femmes importantes contemporaines. Nous avons discuté longuement de la place des femmes à cette époque, alors qu’ensuite on remis les femmes, du moins en France, à un rôle d’arrière plan de femme au foyer seulement.

Quelle n’est pas ma surprise ce matin, ouvrant le site ALETIA de lire

Hildegarde de Bingen et deux autres docteurs inscrits au calendrier romain

et sur Wikipedia, une très longue et édifiante biographie, à voir sans modération, tant cette femme fut importante.

et pour ceux qui me connaissent, j’ai depuis plus de 70 ans une amie allemande Hildegarde.

Ma grippe de Hong Kong m’avait valu 12 mois d’hospitalisation

Rêve (ou invention) de sous-marin en 1827, quelques mois avant la naissance de Jules Verne qui nous emmênera à « 20 000 lieues sous le mers »

Depuis plusieurs mois je coupe internet de 9 h à 18 h pour respecter les surcharges insupportables du réseau (réseau cuivre du téléphone en décomposition actuelle) et pour vivre solidairement avec les personnes en télétravail compliqué par les défaillances du réseau. Donc je ne suis pas sur Internet le jour, et vous voyez moins de posts. Désolée, mais cette période passera … patience. Et pour patienter, je vous emmêne rêver en 1827 !

Le journal « Le Breton » est paru dans les années 1820-1848 3 fois par semaine, et quelques archives sont numérisées sur le site des Archives Départementales de Loire-Atlantique, rubrique Presse. Il couvrait « sciences, agriculture, industrie, commerce, jurisprudence, littérature, beaux-arts, théatre, mœurs ».

Le n°103 paru le 19 juillet 1827 nous emmêne rêver des profondeurs, quelques mois avant la naissance de Jules Verne qui nous emmênera dans « 20 000 lieues sous les mers ». Portant il faudra attendre 1887 pour voir réellement un sous-marin, et même quelques années plus tard pour voir une flotte efficace.

Ce que vous allez lire fait rêver quand on songe que c’est écrit en 1827 ! l’auteur prédit toutes les découvertes dont nous disposons aujourd’hui, et dont j’aime profiter sur Arte, dans ses magnifiques documentaires sur les profondeurs.

Voici l’article paru en 1827 mais hélas il ne reste aucune trace sur Internet de cet auteur.

Lettre au rédacteur du Constitutionnel à Paris, le 11  juillet 1827 :

« Monsieur

Dans le courant du mois dernier vous avez annoncé qu’on avait fait une expérieuce d’un bateau plongeur ; vous avez bientôt après publié une réclamation de M. Castera sur la priorité de cette invention ; voudriez-vous bien me faciliter, par l’intermédiaire de votre journal, le moyen de faire connaître au public que j’ai fait depuis quelque temps une découverte qui y a quelques rapports. Mais au lieu d’un bateau naviguant entre deux eaux, j’ai inventé des procédés au moyen desquels l’homme peut respirer librement au sein des eaux, s’y nourrir, s’y mouvoir à volonté, les parcourir sans danger, et y entretenir même de la lumière. Par cette découverte, on pourra désormais visiter le fond des lacs et des fleuves, y pratiquer même des fouilles, et y décrouvrir des objets précieux qui peuvenet être ensevelis depuis des siècles. Avec mes appareils, cent hommes et plus pourraient descendre dans la mer à une profondeur considérable ; c’est-à-dire jusqu’au point où le corps peut supporter la pression du liquide, y traverser promprement de grands espaces, et ressaisir une partie de ces richesses immenses que l’on croyait englouties pour toujours. J’ai de plus imaginé une espèce de vaisseau sous-marin, dans lequel on pourra entrer et sortir sans que l’eau s’y introduise ; ce vaisseau, suspendu dans l’abime, serait destiné à recevoir ce que l’on recueillerait sous les eaux, et servirait de refuge aux personnes qui, fatiguées par l’exercive et par le long contact des eaux, auraient besoin de nourriture, de chaleur, de sommeil et de repos. Je crois pouvoir assurer encore qu’on arrivera à se servir au milieu des mers des armes à feu, avec lesquelles on se défendrait contre tous les animaux marins, que l’on combattrait avec succès. Cette invention doit ouvrir une nouvelle carrière aux sciences, auxquelles elle livrera l’intérieur des mers ; elle donnera les moyens de résoudre une foule de problèmes qui jusqu’ici ont paru insolubles. Oserai-je, Monsieur, vous prier d’insérer ma lettre dans votre prochain numéro, afin que les personnes adroites à s’emparer des travaux et des suffrages d’autrui, ne puissent m’en ravir l’honneur et la gloire, ainsi qu’on me l’a fait à l’égard de l’invention des sondes droites et de l’art de broyer la pierre dans la vessie, malgré les preuves authentiques qui démontrent que le premier en Europe j’ai fait ces inventions, et que je les ai exécutées sur le corps humain depuis 1812. En attendant que des circonstances favorables me mettent à même de pouvoir mettre à exécution cette découverte sous-marine, je consacre tous mes moments aux traitements des hernies, rétentions d’urine, et à lithutritie, objets pour lesquels j’ai fait confectionner des instruments nouveaux, et très supérieurs à ceux qui ont été employés jusqu’à ce jour. J’ai l’honneur d’être, etc… FOURNIER (de Lempdes), docteur en médecine, rue Jacob n°5. »