Nantes comptait 528 épiceries de détail en 1890

pour 122 750 habitants, ce qui donne 4,3 épiceries pour 1000 Nantais.

Née en 1938, j’ai connu les courses quotidiennes car pas de frigidaire, et c’est ainsi que maman a élevé ses 6 enfants. J’étais l’aînée, donc c’est à moi qu’incombait chaque matin de me lever 1/2 heures avant les autres, prendre le bidon, aller à l’épicerie, et revenir avec 5 litres de lait et 2 pains de 4 livres.

Ainsi, le reste de la tribu avait chaque matin un bol de lait, et le reste du lait était utilisé à faire du riz au lait ou autre dessert, ou même bouillie, et j’en ai tellement brassé, brassé, et rebrassé, à en user la cuiller de bois.

Je n’aimais pas ce lait, et chaque matin commençait donc par un haut le coeur devant la crême ! Beurk !!! et l’odeur !!!! Beurk !!!! rien à voir avec notre lait pasteurisé conditionné etc…

Les immenses tartines, beurrées et confiturées, constituaient une bonne partie de l’alimentation.

C’était tout de même plus facile de faire des courses alimentaires autrefois qu’avec les grandes surfaces, surtout pour les personnnes âgées qui vont rester encore des mois confinées !

Le pain des pauvres en cas de disette : le pain de glands

Perron-Gélineau, dans son ouvrage « Candé ancien et moderne », paru en 1886, nous raconte :

« En 1630 toute la saison d’hiver a été pluvieuse, avec grand vent impétueux qui rompit les arbres. … Le 13 décembre le froid a commencé, qui dura 15 jours avec de grande neige à Noël, qui fit mourir les choux et beaucoup de jeune bois ; les genêts moururent es champs. Il a été grande abondance de vin et autres fruits, en outre le gland, qui a beaucoup servi aux pauvres gens pour faire du pain, à cause de la cherté du grain. C’était pitié de voir le pauvre monde ; beaucoup mouraient de faim ; beaucoup mangeaient du pain de glands, de graine de lin, de citrouille. »

L’auteur a extrait ce passage du « Journal des évènnements locaux 1607-1662 », écrit par Jacques Valluche, bourgeois de Candé, et publié dans la Revue d’Anjou en 1870 p.387. Jacques Valluche est considéré comme un témoin de l’époque. J’avais mis sur mon site ce passage sur ma page « Météo en Anjou »  . Sur cette page de mon site vous trouvez uniquement ce qui a été trouvé dans les registres paroissiaux et/ou témoignages d’époque. C’est donc crédible contrairement à ce que m’écrit en octobre 2018 un prétendu historien Suisse, qui nie la famine d’autrefois et insulte ma page comme étant une ânerie. Je respecte pour ma part le témoignage de Jacques Valluche, qui atteste que nos ancêtres Angevins en 1630 réservaient le gland  aux animaux, donc quand ils étaient réduit à manger les glands c’était pour eux assez misérable et un ultime recours. Ceci atteste d’une période de famine.

Le gland était la nourriture des bêtes, et pour mémoire l’avoine celle des chevaux, et si je rapelle ici l’avoine c’est que les céréales petit déjeuner, qui nous sont venues des anglo-saxons, ont dû lutter contre cette notion en France d’avoine pour les animaux, pas pour les humains.

Je parle ici de l’avoine, car je suis née avant-guerre, période d’alimentation plus que difficile, particulièrement dans la poche de Guérande ou j’ai vécu moi-même, et après-guerre. Mon papa était marchand d’aliments pour chevaux, et petite, je jouais avec mes frère et soeurs dans les balles de foin et les sacs d’avoine. L’avoine, même en période de disette était uniquement pour les chevaux, et j’ai vécu ces dernières décennies le changement total de mentalité vis à vis de l’avoine, à travers la percée en France des céréales petit-déjeune, devenues communes. L’avoine est donc devenue consommation humaine, ce que j’estime un grand changement de mentalité.

 

Bref, le pain de glands semble avoir été un ultime recours et pas des plus agréables pour ces pauvres gens, car si j’ai bien compris le récit de Perron-Gélineau, ceux qui avaient tant soit peu d’argent pouvaient encore acheter du blé au prix fort.

Sur mon site, vous avez les lettres de Jean Guillot, jeune soldat au front, qui témoigne que les régions où passent les armées de Napoléon sont pillées et les céréales sont ensuite rares et chères, alors que dans les régions épargnées par ces guerres Napoléoniennes ont encore des céréales sur lesquelles elles peuvent spéculer et spéculent. C’est un témoignage glaçant, qui n’est pas sans rappeler par certains côtés le marché noir pendant la seconde guerre mondiale.

Et comme notre époque est parfois surprenante, j’ai tenté sur le moteur de recherche de découvrir le pain de glands de nos jours.
Stupéfaction.
Il existe bien des contemporains qui ont poussé l’esprit de recherches de je ne sais quelle esprit de tradition jusqu’à faire du pain de glands.
Et ce pain figure même avec recette sur le site des plus officiels du Ministère de la Culture.

Si j’ai bien compris, le gland est très riche en tannin, et il faut le faire bouillir plusieurs fois afin d’éliminer ce tannin, car ce tannin rend le gland amer et indigeste, et j’ai bien le sentiment que même après plusieurs cuissons successives, il reste tout de même un goût amer et indigeste.

C’est donc cette propriété des glands qui le différencie de la châtaigne, qui elle est consommable.

Je suis une ex-chimiste, ayant travaillé dans l’industrie alimentaire, et j’insiste sur la cuisson et digestion difficiles du gland, d’où historiquement son peu d’intérêt dans l’alimentation humaine.

Je dois dire tout de même que notre époque à cela de particulier qu’elle a parfois tout oublié et qu’elle cherche à réinventer de prétendues traditions, pourtant le pain de glands était bien autrefois une calamnité pour les humains, et c’était justifié sur le plan gustatif et digestion.

et au fait, si nous revenions à l’avoine. Devons-nous conclure qu’elle était aussi chère que le blé, toutes proportions gardées, et qu’elle manquait en cet hiver 1630.

L’huile de noix en Anjou : l’huile préférée du bon roi René


Ce billet fait partie de 2 billets publiés ce jour. L’autre vous emmène visiter en 1733 les pépinières de noyers de la famille de Rohan à Mortiercrolle en Anjou, et elles sont impressionnantes ! La noix est un fruit de saison, et lorsque j’étais jeune, nous ne consommions que des fruits de saison, aussi la veillée de Noël nous avions les marrons (voir ci contre les commentaires sur la bûche de Noël), les noix, et une unique clémentine, dont nous enlevions soigneusement la peau coupée par le milieu. Notre papa versait un peu d’huile dans la demie sphère du bas, qui avait la mèche naturelle de la clémentine, et l’allumait avec son briquet, puis mettait dessus l’autre demi sphère, percée d’un trou en son haut. Ces lampes étaient du plus bel effet sur une table de Noël ! Et le parfum inoubliable !

  • 2009 a marqué le 600e anniversaire du bon roi René
  • Sa vie fut géographiquement bien remplie : né en Anjou, parti très jeune dans le duché de Bar dont il était le futur héritier, il a connu la Lorraine, Naples et la Sicile, puis la Provence et l’Anjou.

    Passionné d’agriculture, il introduit des productions d’un de ses territoires vers un autre, contribuant grandement à l’essor des pépinières : les arbres fruitiers d’Anjou sont introduits en Lorraine, et qui se souvient de nos jours que les eaux-de-vie qui font sa réputation, sont faits de fruits venus d’Anjou à l’époque ! La vigne n’est pas en reste, et il préférera toujours le vin d’Anjou à celui de Provence ! Il avait d’ailleurs à Chanzé une production importante de vin sur son propre domaine.
    Les fleurs ne sont pas en reste !

    Mais par dessus tout, il préfére la cuisine au beurre et à l’huile de noix, et l’huile d’olive n’aura jamais ses faveurs. C’est aussi mon cas, et je suis fort aise de partager cette olivophobie avec un si grand personnage de l’histoire ! Il a donc introduit des noyers en Provence !

    « Bien que d’un prix plus élevé et se conservant mal, l’huile de noix, tellement employée dans le centre de la France jusqu’à la fin du 19e siècle, pourrait encore contribuer à la fortune des régions plantées de noyers comme le Périgord et les régions montagneuses des Balkans. On l’utilise depuis le haut Moyen Âge avec la faveur des gens olivophobes, tel René d’Anjou. Il fit planter des noyers aux environs d’Aix, autour du pavillon de chasse qui existe encore. Le médecin de François 1er la prétendit fort chaude et trop caustique : derrière lui, le corps médical jusqu’à la fin du 19e siècle se fit l’écho du peu de digestibilité de cette huile. Onéreuse car de petite exploitaiton et délicieuse par son parfum de noix, vendue en petites bouteilles, c’est devenu une gourmandise. La pseudo-huile de noix s’obtient en faisant macérer des noix dans une huile sans goût. En Corse, depuis des siècles, on emploie simplement la noix écrasée. » (M. Toussaint-Samat, Histoire de la nourriture, Larousse, 1997)

    Et voici l »encyclopédie Diderot :

    On tire du noyer quantité de services ; tout le monde sait que les noix sont bonnes à manger, & qu’elles valent mieux en cerneaux que lorsqu’elles sont dessechées. Il est vrai que dans ce dernier état elles sont dures, huileuses, mal-saines, & de difficile digestion : on en tire une huile qui sert à quantité d’usages. Plus les noix sont vieilles, plus elles rendent d’huile ; mais c’est aux dépens de la qualité, qui est meilleure lorsque l’on tire l’huile aussitôt que les noix sont bien seches. Les Teinturiers se servent de la racine, de l’écorce, de la feuille & du brou des noix pour teindre les étoffes en fauve, en caffé & en couleur de noisette. Ils emploient à cette fin la racine avant que l’arbre soit en seve, l’écorce lorsque la seve entre en mouvement, les feuilles lorsque les noix sont à demi-formées, & le brou dans le tems des cerneaux. On confit les noix, on en fait un ratasia de santé, on les grille au sucre. Enfin la poudre des chatons, la décoction des feuilles & l’huile sont de quelqu’usage en médecine. (Diderot)

  • L’huile de noix de nos ancêtres angevins
  • Selon l’Inventaire du patrimoine culinaire de la France, Pays-de-Loire, 1993 :

    Alors que l’ouest de la région, proche de la Bretagne, utilise traditionnellement le beurre, l’huile de noix a constitué pendant longtemps la graisse de cuisine la plus courante vers l’est, aux limites du Poitou et de le Touraine.
    A la fin du XVIIIe siècle l’Almanach général des marchands signale sa production à Saumur et la Géographie de la France de Couëdic, rappelle que le territoire de Sablé, dans la Sarthe produits des noix dont on fait de l’huile. La Sarthe et surtout le Maine-et-Loire sont encore considérés comme des départements producteurs d’huile de noix par les dictionnaires du commerce parus dans la deuxième quart du XIXe siècle.

    De nos jours on compte quelques milliers de litres par an pour 2 producteurs en Anjou. Même si la quantité est marginale, elle connaît cependant un regain d’intérêt, d’autant que sa composition en omégas est recommandée pour la santé. Ceci-dit, pour la santé, l’huile de colza est le meilleur rapport qualité prix, mais l’huile de noix, plus onéreuse, est infiniement plus délicieuement fruitée ! Hélas, les noyers sont aussi appréciés pour leur bois précieux, et ce point attire plus les producteurs que la noix elle même !

    Il faut environ 2 kg de cerneaux pour faire un litre d’huile. Selon l’Inventaire du patrimoine culinaire de la France, Pays-de-Loire, 1993 :

    la production d’huile de noix était une activité agricole hivernale très répandue dans la région (Pays-de-Loire).

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    L’huile de noix en Anjou : un exemple de la présence de noyers en 1733 à Saint-Quentin-les-Anges et Châtelais

    Le noyer fait partie des arbres fruitiers communs en Anjou : poirier, pommier, noyer. Il est planté à ce titre dans les vergers.
    Voici d’importantes pépinières relevées en juillet 1733, situées sur les terres de Mortiercrolle selon la monstrée des lieux qui en fut faite alors (AD49 série 5E32 René Pouriaz notaire à Segré). La monstrée est un état de lieux, et ces documents sont rares. J’avais mis il y a quelques années la retransciption de cet énorme document sur mon site.

      Voir la monstrée de Mortiercrolle, intégralement retranscrite : 1 – le château
      Voir la suite de la montrée : les métairies dont la famille de Rohan est aussi propriétaire

    J’ai extrait de ce volumineux document, lieu après lieu, la présence de noyers, avec une très forte présence de pépinières et de noyers dans ces pépinières, mais aussi des arbres plus âgés. Enfin, compte-tenu du nombre de métairies, je les ai classées en ordre alphabétique pour la compréhension, et j’ai volontairement enlevé les passages traitait des chataigners et de chênes qui font toujours l’objet d’un paragraphe chacun, distinct de l’ensemble pommiers noyers poiriers.

    Château : dans le jardin il y environ 700 pieds tant pommiers noyers que poiriers de l’âge de 7 à 8 ans, plus une pépinière de noyers de 150 pieds de l’âge de 5 à 6 ans
    la grande Besnardière : à Chatelais ou a René Planchenault est métayer y demeurant … il y a 3 pépinnières dans le jardin, une d’environ 80 arbrisseaux de 6 ans lesquels sont de nulle valeur à cause du terrain, une autre d’environ 200 arbrisseaux de l’âge de 7 à 8 ans et l’autre de 120 pieds d’arbrisseaux de (p30) l’âge de 4 ans ;
    la Petite Besnardière : à Chatelais ou François et René Chevalier métayers y demeurant … dans le jardin il y a 3 pépinnières desquelles il y en a 2 d’environ 350 pieds d’arbrisseaux de l’âge de 8 à 9 ans l’autre du nombre de 200 pieds ou environ de l’âge de 4
    le Bois : le 14.7.1733 à StQuentin a comparu Pierre Jouin métayer en ladite métairie … il y a sur lesdites terres environ 157 arbrisseaux plantés depuis 18 ans dont 98 sont antez 52 point antez le tout sont des pommiers quelles poiriers, cormiers, et 7 noyers, et en cet endroit Pierre Jouin nous a déclaré avoir planté l’hiver dernier sur ladite métairie 54 plants d’arbres qui sont compris en le susdit nombre, lesquels il a pris en le jardin du chasteau de Mortiercrolle
    Flée : à l’Hostellerie ou Jacques Dupuy est métayer … il y a sur ladite métairie en plusieurs pépinnières environ 600 pieds d’arbrisseaux fruitiers de noyers poires et pommiers des âges de 3 à 7 ans ;
    la Gibaudière : à l’Hôtellerie de Flée, ou Pierre Montauban est métayer … dans le jardin derrière la maison il y a 2 pépinnières ; une de l’âge de 4 ans du nombre de 150 pieds et l’autre du nombre de 400 pieds de 2 ans ; plus il y a une autre pépinnière dans le cloteau du Bonneau de l’âge de 4 ans du nombre de 90 pieds ; plus une pépinnière dont les plants ont été pris au jardin du château de Mortiercrolle depuis 1 ans du nombre de 100 pieds ;
    la Guertaye : à Chatelais ou François Seureau métayer y demeurant : le 18.7.1733 … il y a 135 arbrisseaux pommiers et poiriers plantés sur ladite métairie de puis 15 ans dont 38 ont été pris l’hiver dernier en les pépinnières du chasteau de Mortiercrolle (donc ici pas de mentions de noyers)
    la Jarillais : à Châtelais ou Charles Laurent est métayer y demeurant … dans le jardin il y a une pépinière du nombre de 80 pieds d’arbrisseaux de l’âge de 5 ou 6 ans, un restant d’autre pépinière de pommier du nombre de 32 pieds de l’âge de 8 à 9 ans ; plus une nouvelle pépinière de 2 ans du nombre de 240 pépins et une autre pépinière à côté du nombre de 100 pépins de l’âge de 4 ans
    Jochepie : à StQuentin ou Julien Denis est métayer … dans le jardin de ladite métairie il y a 4 pépinières tant noyers que pommiers de différents âges, savoir de 8, 5 et 3 ans ou environ, contenant ensemble 1 200 pieds d’arbrisseaux
    les Pastis : à StQuentin ou a comparu Jean Bilheux métayer en icelle … s’est trouvé sur toutes les terrres et prés de ladite métairie 474 arbrisseaux fruitiers poiriers noyers chataigners et pommiers faits depuis 18 ans, tous lesdits poiriers et pommiers antez – sur la haye de la pièce de l’achat il y a 2 abats de chesnes qu’on nous a dit être fait our le smoulins ; il faut une barrière à l’entrée de ladite pièce
    la Rentière : à l’Hôtellerie de Flée, ou René Poutier est métayer : le 29.7.1733 … il y a 3 pépinières d’arbrisseaux fruitiers dans le jardin de ladite métairie ; une de l’âge de 9 à 10 ans contenant 110 pieds, l’autre de 2 ans de 80 pieds et l’autre de 6 à 7 ans de 27 pieds, le tout pommiers noyers et chateigners plus il y a 20 autres non ancien plantés au travers et autour dudit jardin …
    le Tertre Garot : à StQuantin où Marie Bilheux veuve de René Landais mère et tutrice de leurs enfants mineurs, est métayère et y demeurant … dans le jardin de ladite métairie il y a 3 pépinières, l’une de 46 pommiers noyers et poiriers de l’âge de 6 ans, une autre de l’âge de 8 à 9 ans ans au nombre de 68 pommiers poiriers noyers et chataigners, une autre plantée de cette année d’environ 400 plants et ladite Bilheux a dit que le sieur Jary lui a donne 20 pommiers et 6 noyers pris dans les pépinnières du chateau qu’elle a fait planter l’hiver dernier sur les terres dudit lieu
    la Vivanière : à StQuentin ou Jean Rambault présent a consenti à la visite … dans le jardin une pépinière de l’âge de 4 à 5 ans du nombre de 300 que le métayer nous a dit avoir prise au chasteau de Mortiercrolle en l’hiver dernier et à lui donnés par le sieur Jarry et nous a dit qu’il en avait planté 500 le surplus étant mort … à l’examen des plants fait depuis 20 ans s’est trouvé suffisamment pour le temps de son bail, outre le nombre de 16 noyers que ledit Raimbault a dit avoir été donnés par le sieur Jary et pris dans les pépinières du chasteau et par lui plantés sur ce lieu

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    Vin nouveau d’Espagne à Laval, en provenance de Malaga, 1632

    En tant que Nantaise, j’ai été bercée dans le commerce du port autrefois, et rien de me surprend, quoi que parfois, je suis totalement dépourvue de connaissances sur le trafic à l’intérieur du royaume de France.
    Certes, je sais qu’à Vitré et Laval on entretenait des liens commerciaux étroits avec l’Espagne, où la toile de Laval partait !
    J’ignorais qu’à Laval on ne se contentait pas d’apprécier le vin d’Anjou, remontant par bateau, car voici le vin d’Espagne, et à quel prix !!!
    Bigre, les Lavalois étaient de fins gourmets ! enfin, certains… sans doute les mêmes qui exportaient les toiles.
    C’est un négociant d’Angers qui va fournir la commande, pour un montnt de 2 700 livres, ce qui est une somme importante, pour du vin ! Pour le prix on pourrait avoir une grosse métairie ! Je suppose que si c’est un commerçant d’Angers c’est qu’il a l’habitude d’acheter sur Nantes et faire acheminer ses marchandises sur Loire puis sur Maine. Cela suppose tout un réseau et toute une organisation… car le prix s’entend franco au port de Laval.

      237,8 x 20 = 4 756 litres à 2 700 livres soit 0,57 livre le litre

    Vendu au détail, cela devait revenir cher le verre !

    L’acte qui suit est extrait des Archives de la Mayenne, série 3E2/740 – Voici la retranscription de l’acte : Le 18 décembre 1632 après midy devant nous Jean Manceau notaire de la cour de Laval y demeurant ont été présents et personnellement etablis chacun de Martin Crosnier sieur de la Presenstière demeurant en la ville de Vitré paroisse de St Martin d’une part,
    et Gabriel Sollybelle marchand demeurant en la ville d’Angers, lesquels pour l’éxécution des présentes ont prorogé de juridiction et a ladite Sollybelle éleu domicile en la maison de Denis Crosnier en ceste ville et ledit Martin Crosnier en la maison de Jean Crosnier son frère en ceste ville d’autre part,

    lesquels soubzmis etc confessent avoir fait entre eulx ce qui ensuit c’est à scavoir que ledit Martin Crosnier a promis et s’est obligé de rendre et livrer d’huy en ung moys prochain sur le port St Jullien de ceste ville le nombre de vingt buttes (sans doute les busses) de vin nouveau d’Espagne creu de Malgue (sans doute Malaga) bon loyal et marchand et de la cuvée ? dudit Malgue à la charge de payer par ledit Sollibelle en ladite maison en ceste ville de Laval par chacune busse la somme de six vingts quinze livres tz revenant 20 busses à la somme de 2 700 livres tz au payement de laquelle somme demeure ledit Sollibelle oblige mesme par lors de ladite livraison à peine de tous despens dommages et intérests dont lesdites parties sont demeurées d’accord et à leur requeste et de leur consentement les avons jugé etc
    fait et passé audit Laval ès présence de Me Guillaume Baunaye advocat au siège et Hélye Caillon sur du Pré demeurant audit Laval

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    Menus d’antan

    Le Grand dictionnaire de cuisine, d’Alexandre Dumas est réédité aux Editions Phébus.
    A cette occasion, je vous invite à travers quelques menus d’antan. Ils n’atteignent certes pas les 23 plats, que l’on dit avoir été servis au duc de Richelieu, mais tout de même !

    Courage, allons-y ! (Attention, c’est assez hallucinant !)

    Cliquez chaque image pour agrandir

    Faire-part denterrement de vie de garçon, Nantes, 1894
    Faire-part d'enterrement de vie de garçon, Nantes, 1894

    Nous sommes à Nantes en 1894 : le rendez-vous était au café d’Orléans, puis à la maison Turcaud, alors rue de l’Arche Sèche, et les fiacres de la maison Grandjouan étaient indispensables pour le retour. En effet voici le dos du faire-part.
    Enterrement de vie de garçon, Nantes, 1894
    Enterrement de vie de garçon, Nantes, 1894

    Une vie de garçon enterrée, passons au mariage.
    Voici celui des mes grands parents maternels Guillouard Audineau, toujours chez Turcaud, et le menu est imprimé sur soie. Mes grands parents paternels (mes parents n’ont pas été loin pour faire connaissance puisque leurs parents étaient amis) sont assis à gauche de la table perpendiculaire : mon grand père, Edouard Halbert, accompagné de sa jeune épouse, lève la tête vers le photographe ; coiffure carrée, dite « en brosse », et moustaches.

    Mariage, Nantes, 1908
    Mariage, Nantes, 1908

    Le menu, imprimé sur soie, est à peine plus léger que le précédent.
    Mariage, Nantes, 1908
    Mariage, Nantes, 1908

    Avançons un peu dans le temps :


    Après le menu sur soie, voici celui sur porcelaine, réinscriptible, et fleuri (photographié sans les fleurs)

    Nous voici en 2008, sur Internet :
    Grand dictionnaire de cuisine, d’Alexandre Dumas

    Bon dimanche, et bon appétit !

    Et voici les grands-parents de Josette, venus de leur lointaine Toscane, qui marient leur fille
    ..

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