A
l'occasion du millénaire de Château-Gontier, découvrez son histoire,
sa chronique, ses seigneurs, ses notables, ses personnages célèbres.
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Ci-contre,
armes de la ville, L Seché, Charles Loyson,sa vie, son oeuvre,
1899. D'azur au château couvert d'argent,
flanqué de deux tours crénelées et pavillonnées
du même, ouvert du champ, maçonné et ajouré de sable
- au chef cousu de gueules chargé de deux clefs aussi
d'argent.
Mathurin-
René Thoré, né à Château-Gontier en 1756, fit ses études au collège de
Château-Gontier et suivit les cours de droit à Angers et Paris. Reçu avocat en
parlement, il vint s’inscrire en 1780 au barreau de sa ville natale. Il occupa
de nombreuses charges judiciaires sous la fin de l’Ancien Régime, la Révolution et l’Empire,
jusqu’à son décès en mars 1811.
Curieux de
l’histoire locale, il rédigea, par période de 8 ans, des Tableaux
historiques et chronologiques des magistrats et autres autorités qui ont
gouverné la ville de Château-Gonthier, depuis l’an 1007, date de sa fondation,
jusqu’à 1810.Voir
la retranscription intégrale
Les Archives
municipales de Château-Gontier conservent deux cahiers de ses Tableaux,
un premier commençant en 1008, et finissant en 1256 et un second commençant en
1600 et se terminant en 1810. Les Archives départementales de la Mayenne en possèdent deux
duplicata pour les XVII et XVIIIèmes siècles par Gadbin et Du Brossay ;
copiés par Stanislas David et corrigés à partir de l’original.
Jean
Bourré : né à Châteaugontier d'une famille de
bourgeoisie, étudiait en droit à Paris en 1445, et quoique âgé seulement
de 22 ans, était déjà depuis plusieurs années au service du roi Louis
XI, qui prit l'habitude bientôt de l'employer « à la direction de ses
plus gratis faitz et affaires. » Des lettres patentes de novembre 1465
l'anoblirent, et le 13 sept. 1485, Charles VIII, dont il avait été gouverneur,
récompensait sa fidélité, qui n'avait jamais failli, ni varié, « quelque
temps qui ait couru » en le nommant capitaine du château d'Angers. Il
s'était du reste depuis longtemps accoutumé en Anjou et avait présidé
par ses démarches et son intervention active aux oeuvres de la politique
royale, à la transformation du duché en province, de la ville en municipalité.
On le voit en 1468 faire des largesses à la Vraie-Croix de St-Laud et
l'emprunter même l'année suivante au nom du roi. Riche et puissant,
c'est en Anjou qu'il était revenu établir sa fortune et construire sur
ses nombreux domaines ces splendides résidences de Vaux, de Jarzé ou
du Plessis-de-Vent, dit aujourd'hui Plessis-Bourré, qui attestent encore
son opulence et son goût des beaux-arts. Son
portrait et celui de Marguerite de Feschal, qu'il avait épousée le 12
novembre 1463, se voyaient jusqu'à ces derniers temps dans les vitraux
de la chapelle du Plessis, et «existent plus qu'en dessin dans le portefeuilles
de Gaigniéres, t. VII, p. 67-68 ; mais ou conserve avec plus de soin
à Jarzé deux toiles apocryphes qui les représentent en costume du temps
de Louis XIII, quoique datées du XVe s. — Son testament est du 11 avril
1505 après Pâques. Il mourut âgé de 100 ans en avril 1506, « l'omme
du royaulme, au dire du roi Louis XII, qui savoir le plus des affaires
des rois trespassez, » laissant d'ailleurs une nombreuse lignée, qui
tint longtemps un rang considérable à la cour et dans les armées, sous
les noms de Jarzé et de Du Plessis. La Bibliothèque nationale, entre
autres documents originaux qui concernent Jean Bourré, possède un recueil
de lettres écrites ou reçues par lui (Supp. français, n° 1959). On ne
trouve son nom dans aucune biographie. Sources : Marchegay, Notice
sur le Plessis-Bourré dans le Maine et l'Anjou de M. de Wismes
et Notices et documents, t. I, p. 367 et t. Il, p. 37 et 191.
— Arch. départ. Série E 1739- 1793 ; Série G, Chapitre de St -Laud et
Chapitre de Jarzé. — Soc. indust. d'Angers, t. XVIII, p. 400; t. XIX,
p. 94. — Bibi. nat., Mss. fr. 9914, f. 185 et 136.) (article et
iconographies in Célestin Port, Dictionnaire Historique de Maine
et Loire, 1878) En savoir plus : sur
Gallica lisez :Joubert, André
(1848-1891) Étude sur la vie privée au XVe siècle en Anjou
D'après les comptes inédits de Guillaume Tual,
receveur de Jean Bourré (1463-1466). Angers :
Germain et G. Grassin, 1884
Roland
Flandrois : médecin
Simon
Hayeneufve : [Château-Gontier vers 1460
- Le Mans 11 juill. 1546]. Après avoir obtenu une licence en droit
canon, il part pour l'Italie où il étudie durant quelques années (1495-1500)
l'architecture. A son retour il s'installe au Mans où il est protégé
du grand doyen du chapitre qui le fait son chapelain. Il devient après
1519 curé de St-Paterne (Sarthe). Dès 1508 il avait surveillé les travaux
de la nouvelle châsse de Ste Scholastique dans la cathédrale ; de 1510
à 1518 il est chargé par Philippe de Luxembourg de construire la chapelle
de l'évêché, aujourd'hui détruite. En 1528 il demeurait en l'abbaye
St-Vincent dans les faubourgs du Mans. Il aurait travaillé à d'autres
églises et construit divers hôtels particuliers dans la ville du Mans.
Il fut aussi à ses heures peintre de portraits. (Dictionnaire de biographie française de Prévot Roman
d'Amat et Thébault de Morembert) En
savoir plus sur Simon Hayeneufve
Virginie
Letaillandier : née à Château-Gontier, de Charles
Meignan, sous-préfet, de cette ville (an VIII-1807), nièce d'un vendéen,
Benjamin Meignan, fusillé au Champ-des-Martyrs, à Angers, écrivit de
1843 à 1858, dans le Mémorial de la Mayenne et dans l'Écho, un grand
nombre de pièces de vers faciles et médiocres parmi lesquelles il faut
citer : La Glaneuse, l'Acacia et le Pin, A ma Patrie, A Pie IX, La mort
de l'archevêque de Paris, Chambord et Chenonceaux ; et des relations
de voyages en Italie, à Londres et sur les bords du Rhin. Elle a publié
en 1845, à Paris, Mes Délassements poétiques, ornés de quatre lithographies
qu'elle avait dessinées. Mémorial et Écho. — Foucault, Docum. sur Château-Gontier,
p. 268. (Abbé Angot, Dictionnaire historique de la Mayenne, 1909,
t2 p 676 ; iconographie
: Château-Gontier, vue du clocher de Saint Jean,
Virginie
Letaillandier, Délassements poétiques, 1845) Lire son poème sur
Château-Gontier
Charles
Loyson : poète LE LOGIS DE CHARLES LOYSON :
La maison où naquit Charles Loyson, à Château-Gontier, est située sur
la place de Saint-Remi, à quelques pas d'une vieille église dont les
ruines vont prochainement disparaître. C'est une bien modeste demeure,
par ses dimensions comme par son architecture ; mais elle a un caractère
sacré, puisque ses murs ont abrité le berceau d'un poète, et d'un poète
qui n'a jamais demandé que des chants mélancoliques ou généreux à sa
lyre,
Des
soupirs pour une ombre ou des hymnes pour Dieu.
L'existence
de Charles Loyson n'a pas été longue. Né le 13 mars 1791, il est mort
le 27 juin 1820, c'est-à-dire avant d'avoir trente ans. Mais dans quelle
période agitée de l'histoire sa vie si courte s'est écoulée! Pendant
qu'il jouait ou sommeillait dans son berceau, l'ancienne monarchie achevait
de s'écrouler, et la Terreur tenait la France captive sous les étreintes
de sa lugubre politique. A l'heure où sa jeunesse était studieusement
penchée sur les chefs-d'oeuvre littéraires de la Grèce et de Rome, toute
l'Europe tressaillait des conquêtes retentissantes de l'Empire. Quand
il atteignit à l'âge où commence à s'ébaucher la virilité du caractère,
la France, fatiguée de gloire, cherchait dans le gouvernement représentatif,
à travers beaucoup de résistances passionnées, le moyen d'échapper tout
à la fois au pouvoir absolu et aux excès de la liberté.
Charles
Loyson n'a pas d'ailleurs dissipé le temps qui lui a été donné à si
juste mesure. Au sortir du Collége de Beaupréau, où il avait fait ses
études, il fut reçu à l'École Normale, et d'élève il devint bientôt
professeur dans cette institution naissante. Sous la première Restauration,
il fut attaché à la Direction de la Librairie, et, sous la seconde,
il entra au Ministère de la Justice. Les travaux administratifs ne lui
firent pas négliger les
lettres. Il composa des odes, des élégies, des épîtres ; il publia des
articles de critique dans le Lycée français ; et tout cela ne l'empêcha
pas de s'occuper encore de politique au journal des Débats.
Il
ne faut certainement pas reléguer parmi les oeuvres médiocres ou superficielles
les écrits en prose de Charles Loyson. Ses études sur Pindare, sur André
Chénier et sur Lamartine attestent un esprit méditatif qui cherche la
vérité du sentiment ou la justesse de la pensée sous l'éclat des images,
et chez lequel les délicatesses du goût sont inséparables d'un savoir
sérieux. En politique, Loyson, qui appartenait à l'école de Royer-Collard,
a plus d'un fois émis des idées sages, combattu des théories dangereuses,
et quand il fallait donner la réplique à quelque redoutable adversaire,
il savait manier la raillerie avec la dextérité des plus fins publicistes.
Cette flèche, par exemple, à l'adresse de Benjamin Constant, n'est-elle
pas bien décochée ?
«
Vous n'avez pas cru peut - être , monsieur, faire preuve d'une grande
audace en m'attaquant, et vous vous êtes flatté d'éclipser tout d'abord
le nom d'un jeune homme obscur dans les rayons de votre gloire. Prenez-y
garde ! » Ma jeunesse et mon obscurité me servent. Je n'ai
ni votre génie ni votre célébrité ; mais j'apporte, dans l'arène où
vous m'appelez, un avantage plus précieux peut-être : celui d'une conduite
irréprochable, d'une vie qui invite l'examen et qui défie la censure.
C'est le privilége de mon âge, sans doute, autant que le fruit de mes
principes; mais enfin, je suis jeune, monsieur, et vous avez longtemps
vécu ; et pour un homme qui a flotté vingt ans dans les tourmentes des
révolutions, le souvenir du passé offre plus d'un écueil auquel il fait
sagement de ne pas s'exposer. »
Mais
Loyson eut surtout le don de la poésie, et il a laissé des rimes plaintives,
harmonieuses, que n'ont pu faire oublier complétement les élans sublimes
du chantre des Méditations. Son imagination, sans doute, n'était pas
cette grande plongeuse ni cet oiseau de haut vol dont parle Victor Hugo,
et qui d'un coup d'aile emporte la pensée dans l'infini. Mais il avait
une sensibilité vive et frémissante, la passion de l'idéal, une intelligence
éveillée à toutes les splendeurs comme à toutes les grâces de la nature,
et, pour exprimer les rêveries ou les aspirations de son âme tendre
et pieuse, il a trouvé parfois des accents d'une pénétrante éloquence.
La
poésie française, au temps de Loyson, était presque partout encore enveloppée
de longues périphrases et de métaphores mythologiques. Il travailla
l'un des premiers à la délivrance de cette belle prisonnière, et, si
sa jeune main ne fut pas assez puissante ni assez hardie pour briser
toutes les entraves, du moins eut-il l'honneur de faciliter la tâche
aux libérateurs qui vinrent après lui. Il n'est pas peut-être un seul
des chants du poète de Château-Gontier où ne se rencontrent quelques-uns
de ces vers francs et limpides qui jaillissent naturellement du coeur,
comme l'eau des claires fontaines s'échappe du flanc des collines. Il
sourit à tous les printemps, et sa voix monte dans le ciel, comme celle
de l'alouette, au lever de chaque aurore ; il respire avec ivresse les
aromes du chèvre-feuille et de la rose sauvage; mais son oeil s'emplit
de larmes à la vue d'une fleur qui languit ; il tressaille, au moindre
souffle de l'automne remuant quelques feuilles sèches, et si la tremblante
clarté d'un rayon de lune vient à glisser sur son front, il s'écrie,
avant Lamartine
Que
me veux-tu, globe argenté ?
Déjà,
sur la hauteur voisine,
Tu
ne me montres plus ta rougeâtre clarté,
Comme
un grand bouclier dont l'orbe ensanglanté
S'elève
et s'arrondit au haut de la colline.
Mais
loin de l'horizon, t'élevant par degré,
Plus
pâle et plus étroit, tu luis sur la nature,
Comme
une flamme blanche et pure
Suspendue
au ciel azuré.
L'une
des formes où se décèlent le mieux les aptitudes de ce jeune poète,
ami des vallons silencieux et des nuits étoilées, c'est peut-être celle
de l'épître. Dans l'ode, Charles Loyson n'est souvent qu'un écho affaibli
de Jean - Baptiste Rousseau, et, dans l'élégie, il ne fait guère que
chanter à l'unisson de Millevoye. Pour bien saisir le tour particulier
de son esprit, il faut lire ses épîtres à Royer-Collard, à Maine de
Biran et à Victor Cousin. Là, rien ne gêne son inspiration ni ses allures.
Il passe librement du paysage à la philosophie, des joies de l'étude
aux confidences de l'amitié, des ambitions déçues aux espoirs immortels,
et sa pensée se traduit presque toujours, non par des réminiscences
classiques, mais par le mot vrai de son impression ou de sa fantaisie.
Retenu
par des devoirs nombreux à Paris, Charles Loyson ne put habiter beaucoup
Château-Gontier ; mais il avait trop l'attachement du pays natal pour
ne pas y revenir sans cesse sous l'impulsion du souvenir. Aux heures
de liberté, il aimait à se rappeler ces ombrages, ces rochers,
Ces
longs radeaux flottants, ces barques fugitives,
Ou
ces tapis de lin blanchissant sur les rives
qui
avaient captivé ses regards d'enfant, et s'il formait quelque projet
de douce retraite, pour chasser les sombres pressentiments d'une mort
prématurée, c'était toujours au bord de la Mayenne qu'il dessinait le
frais jardin de ses rêves. (ALBERT LEMARCHAND, in Château-Gontier
et ses environs, eau-forte de Tancrède Abraham., 1872)
Pierre
Mercier : Né au Lion-d'Angers en 1774 , hôtel de la Boule d'or, actuellement 1 rue du marché.
Ses parents déménagent à Château-Gontier à la Toussaint 1784 et
y tiennent l'hôtellerie du Louvre. « d'après une note de Mme
Mauguéret, l'hôtel du Louvre était très bien tenu par des Mercier, du
Lion, gens
dévoués à la bonne cause, dont le fils se distingua en Vendée et rendit
des services à ses compatriotes prisonniers en Vendée, et dont la fille
fut religieuse. » (Abbé Angot, Dict. Hist. Mayenne, t 4, p 623). Compagnon
de Georges Cadoudal, il fut arrêté avec lui au manoir de Kerleano
en l'an II.
Lucien
Mignon : peintre
Louis
Nail : homme polique
Michel
Gasnier P.J. Breheret famille Fouquet Boullet-Lacroix Juigné de la Brossinière
Louis Dominique du Bailleul
seigneurs,
après Foulque Nerra
Abbé
Angot,Dictionnaire de
la Mayenne, 1909,
tome 1
Château-Gontier,
ville, chef-lieu d'arrondissement et de canton. -- Firmato castello,
de nomine cujusdam
sui, illud Castrum Gunterii appellavit, 1037
(Cart. de Saint-Aubin). - A. de Castro Gunterii, 1047 (Cart.
du Ronceray, p. 31). - Apud Castrum Gunterii... et infra ipsem burgum,
XIe s. (Ibid., p. 87). - Costumae Castelli Gunterii ; ... apud Castrum
Gunterii, 1080 (Ibid., p. 121. 122). - A. de Castello Gunterii,
1101 (Cart. de la Roë, ch. IX). - Senior Castri Gunterii, 1129
(Ibid., f. 15). - A., dominus de Castro Gunterii, et Paganus, decanus
ejusdem castri, 1150 (Ibid., f. 42). - In aula de Castrogunterii,
1206 (Arch. de l'hôpital). - In territorio Castrigunterii, 1244
(Cart. de Fontaine-Daniel. p. 190). - Leprosaria de Castrogonterii,
1269 (Bibi. d'Angers, mss. 956). - Cheteau-Gontier,... Cheteau-Gonter,
1272 (Revue d'Anjou). - La court de Chateauguntier, 1292 (Arch.
de la M., fds. la Roë). - Prope Castrumgunterii, 1372 (Cart.
du Géneteil, f. 40). - Villa de Castrogunterii, 1398 (Arch. nat.,
45, f. 209). - En nostre court de Chaugontier, 1454 (Arch. de
la M., Fds. des Bonshommes). - La forme actuelle Château-Gontier
est opposée à celle du XVIIe et du XVIIIe s., Châteaugontier. Le
peuple abrège quelquefois ce mot composé en un monosyllabe, Chiô.
Géologie.-
«Sur la rive droite de la Mayenne, schistes précambriens ; sur la rive
gauche, alluvions anciennes. » D.-P. OE.
Le
territoire, on sait historiquement pourquoi, est strictement réduit
à l'emplacement de la ville ; rocher taillé à pic et vallée abrupte
sur la rive droite, pente plus douce sur la rive gauche. Ce dernier
quartier encore n'a été annexé à la ville que depuis la Révolution.
- Altitude : point culminant (R. D.) 70 m ; à la gare, 43,37 m ; étiage
de la Mayenne, 27 m. La première préoccupation du seigneur et des bourgeois
fut d'établir la communication des deux rives par l'établissement d'un
pont. Des voies anciennes aboutissaient déjà à ce point du cours de
la Mayenne à cause de la villa d'Azé et de la curtis de
Bazouges, connues dès le VIe et le IXe S. A mesure que la ville prend
de l'importance, les chemins se multiplient et l'on reconnait souvent
encore leurs tracés anciens côtoyant les routes modernes quand ils ne
se confondent pas avec elles. Ces grands chemins, comme on les
nommait au XVe et au XVIe s., sont : celui d'Angers par Argenson, Miré
et Morannes, cité parmi les plus anciennes voies du pays ; Château-Gontier
contribue, en 1620, à la restauration du pont d'Épinard, sur la Maine,
pour assurer de ce côté ses communications avec le chef-lieu ; celui
de la rive droite longeantaussi la Mayenne pour gagner Angers par Chemazé.
Deux voies se dirigeaient également vers Laval ; l'une passant par Houssay
suivait la limite E. de Quelaines ; l'autre passait à la Papelonniére
d'Entrammnes (1388). Le grandchemin de Craon est souvent
mentionné ; ceux de Segré et de Pouancé longeaient, l'un au S., l'autre,
au N.. la forêt de Valles ; le premier passait par la Garellière et
Chantelou et se nommait le Chemin-ferré (1326). On signale encore
les chemins de Cossé, de Montsûrs (par la Bizollière d'Argentré, 1411),
de
Châteauneuf sur Sarthe et de Soeurdres. Il en existait certainement
un autre pour Sablé par Gennes et Grez-en-Bouère. — Au commencement
du XVIIIe s., la ville est abordée sur la rive gauche par les routes
de Sablé, de Saint Denis d'Anjou et d'Angers ; sur la rive droite par
celles de Pouancé, de Craon et de Cossé, prolongées en Bretagne ; vers
le N., par deux routes de Laval. A la fin du siècle, la carte de Cassini
donne un tracé rectifié des routes de Sablé, d'Angers (R. D.), de Craon,
de Laval (R.G.) sans omettre les autres chemins de moindre importance
-
Sans
compter les chemins secondaires, Château-Gontier possède aujourd'hui
des routes nationales pour Châteauneuf, Durtal et la Flèche, pour Angers
(R. D).), pour Segré, pour Craon, Pouancé et Châteaubriand, pour Laval
(R. G.) ; et des routes départementales pour Sablé, pour Morannes, pour
Quelaines et Laval (R. D.). — Des lignes ferrées de la compagnie de
l'Ouest ont été ouvertes, de Château-Gontier : à Sablé, 25 décembre
1876 ; à Segré, 1er octobre 1877 ; à Laval, 5 novembre 1877; à Craon,
6 novembre 1878. Un service de bateaux à vapeur a été inauguré le 19
avril 1870, pour Angers.
Population
: Moyenne des naissances : 120 de 1601 à 1610 ; — 169 de 1700 à 1710
; — en 1787, 123 naissances et 94 décès. — 1 428 feux en 1656,
faubourg d'Azé compris. — Pour la ville, 1 091 feux en 1688 ; —
1 106 feux et 5 600 hab. en 1696 ; - 1 078 feux
en 1700 ; — 1 005 feux en 1715 ; — 1 052 feux en 1723
; — 6 319 hab. en 1790 ; — 4 775 hab. en 1797 ; — 4 770
hab. en 1803 (un mémoire administratif porte 6 319 hab.) ; — 6 002
hab. en 1813 ; — 5 963 hab. en 1821 ; — 5 946 hab. en 1831
; - 6 226 hab. en 1841 ; — 6 749 hab. en 1851 ;
— 7 066 hab. en 1861 ; — 7 364 hab. en 1871 ; — 7 218
hab. en 1881 ; — 7 281 hab. en 1891 ; — 6 975 hab.
en 1898.
Pour
suivre l'histoire de la ville dans l'apparition successive et le développement
de ses établissements et de ses institutions, parlons successivement
: du château, de l'enceinte et du pont ; — desétabiissements religieux
: paroisses de Saint-Jean-Baptiste, Saint-Jean-l'Évangéliste, Saint-Remy,
la Trinité, chapitre de Saint-Just, prieuré du Geneteil, les Ursulines
; — des hôpitaux, Saint-Julien et Saint-Joseph ; — des cimetières; —
des établissements d'instruction,. collège et écoles; — des établissements
civils : hôtel de ville ; — halles, foires et marchés ; —industries,
corporations, moulins, messageries, théâtre, prisons. promenades, eaux
minérales ; — des tribunaux, de la féodalité et de l'histoire.
Le
château, l'enceinte et le pont.
Le
château. — La charte notice de 1037 indique comme des oeuvres distinctes
: la construction du château par Foulques Nerra, 1007 ; celle de
la tour commencée par lui et terminée par Renaud, premier seigneur de
Château-Gontier ; enfin la concession par les moines de Saint-Aubin
d'un terrain équivalent au quart de leur cour de Bazouges. C'est cet
espace, correspondant au périmètre de la ville, que Renaud se hâta d'enclore
sans laisser à ses successeurs le soin d'augmenter l'enceinte. Le château,
qui occupait l'extrémité N.-E. de la ville, souffrit beaucoup de l'occupation
anglaise en 1368-1369 ; on parle en 1414 du « Chastel anxien à présent
démoly ». Rétabli dans une certaine mesure, il fut rasé par ordre de
Richelieu en 1638. On signale un peu plus tard les « vestiges et mazures
du logement principal des seigneurs ». La tour de Giziers avait été
détruite en 1602, par ordre d'Henri IV. Une demeure qui n'avait rien
de l'aspect d'une forteresse, et qu'on appela néanmoins le château de
Giziers, avec chapelle dédiée à saint Louis, fut construite pour le
logement des gouverneurs, puis des officiers des seigneurs engagistes.
Yves Destriché l'acquit nationalement, puis la céda à la ville, qui
l'affecta au logement du curé de Saint-Jean, et l'a fait raser enfin
en 1892. Des galeries souterraines, vestiges de l'ancien château fort,
ont été découvertes au moment des démolitions. Une autre maison fut
construite, en 1731, par le sieur Le Doit, sur l'emplacement de l'ancien
château; elle existe encore.
L'enceinte
peut encore être suivie sur le terrain grâce à quelques points
de repère qui subsistent. Du pont, flanqué de deux tours, partait vers
le N. une courtine qui joignait le rocher et la base du château. En
descendant le cours de la rivière, une muraille assez basse longeait
les fossés jusqu'au port au vin, où se trouvait une Cour saillante.
La tour suivante, dite du Puits, était aux trois quarts ruinée en 1669
; la courtine qui la reliait à la grande tour de cinquante pieds de
haut existe encore (maison de Montozon). De là, par un coude accentué,
on gagnait la porte d'Olivet devant laquelle coulait, sous un pont rétabli
encore en 1667 et 1727, le ruisseau qui alimentait les douves. Un corps
de garde fut établi au portail d'Olivet en 1614, et le bourreau Dupuy
eut son logement dans la tour en 1723. Les murs suivaient ensuite la
droite de la rue Martinet jusqu'à la tour Gaultier, et longeaient la
promenade pour rejoindre la porte de Saint-Remi, dite aussi porte Neuve,
dont l'intendant ordonna la démolition en 1779, parce qu'elle obstruait
le passage de la route d'Angers. Entre cette porte et celle de Tréhu,
l'enceinte était protégée par des fossés qu'alimentait le Merdanson
et par des marécages presques impraticables, qui grâce à des travaux
considérables sont devenus les promenades du Mail. La porte de Tréhu
— Tou, dans une charte de 1289, et ordinairement Trou
ou Treu, servait de débouché à la Grand'Rue, et avait un pont
dormant comblé de terre et pavé en 1616 pour éviter les réparations,
mais que les voitures n'osaient plus franchir en 1731. Les tours d'Ampoigné,
de Giziers, la tour Valaise ou de Laval, défendaient l'enceinte du château.
Pour
remettre en état les murs de la ville dévastés dans la première période
des guerres anglaises, une taxe de 20 deniers par pipe de vin, de 6
deniers pour livre sur le prix de toutes les autres marchandises, fut
imposée à toutes les paroisses de la baronnie, de 1388 à 1396. Même
après l'achèvement des travaux, les habitants se plaignent qu'on les
impose encore et qu'on réponde par des injures et des moqueries à leurs
justes plaintes.
L'une
des quatre portes fut reconstruite et décorée, en 1685, par François
Trouillard, architecte à Château-Gontier, et Olivier Deshaies, sculpteur
à Angers. La motte seigneuriale, « sise devant l'église du prieuré,
près le hébergement au rectour », fut cédée, en 1:360, aux bénédictins,
pour l'usage et à condition qu'ils ne la feraient pas clore. Le conseil
de ville s'occupa plusieurs fois de l'entretien des murs et des tours.
Le 6 juillet 1696 encore, il délibère sur « un projet de fortifications
conformes à celles d'autres villes et sur un modèle que le sieur de
la Bocassière avoit fourni ». A Laval, la propriété des murs fut reconnue
au comte, dont les ancêtres les avaient fait construire. Il en était
autrement à Château-Gontier où le seigneur n'était qu'engagiste. Le
8 décembre 1789, la municipalité prit solennellement possession des
murs et des tours par une promenade militaire, puis, en 1790, malgré
la défense du département, elle se mit en devoir de les démolir.
Gouverneurs
ou capitaines de la ville et du château : Jean Clairambault,
1373, 1376. — Guillaume de Meaulne, seigneur de Coulonges, mari de Marguerite
de Tessé, fille de Huet de T. et de Marie de Mathefelon, fin du XIVe
s. — Renaud du Matz avait servi sous Bertrand du Guesclin, 1385. — Pierre
de Meaulne, 1454. — Jean d'Ingrandes, 1478. — Pierre d'Acigny, 1483.
— Robert Vachereau, 1567. — René de Baubigné, 1569, 1570. — Pierre de
Rallais, seigneur de Beauregard, 1574, 1575. — Louis de Champagné, au
nom de la Ligue, 1589. — Lallier de la Chesnaie, pour Henri 1V, 1589.
— Louis de Champagne, mai 1592, juin 1595. — D'Andigné de Maineuf, 1602.
Mathurin de Montalais, gouverneur de Sablé et lieutenant du Hâvre, et
Louis de Plan, ancien page d'Henri III, avaient aussi un commandement.
— Louis de Champagné, 1605, † 1613. — Pierre de Champagné, 1615, marié
en 1618 dans l'église de Gastines avec Françoise du Bouchet, fille de
René du B., seigneur de Méral, † vers 1654. — Duverger, au nom
du seigneur de Château-Gontier, 1651. —Antoine Arnauld, sieur de Longchamp,
1657. — Charles d'Anthenaise, seigneur Port-Joulain, 1669,
1692.
Le
pont, dépendance des fortifications, est le plus ancien passage
connu sur la Mayenne. Il est cité dans une charte de 1080, terra
que est inter Azeium et pontent Castrigunterii. Les frères de l'aumônerie
y jouissaient de certains droits de péage, au temps des vendanges, à
condition d'en remplacer les poutres suivant les besoins, 1206. On voit
par là que les piles seules étaient en maçonnerie et que des planches
formaient le tablier. Pendant l'hiver de 1436-1437, « les grans glaces
et eaux inundans et outrageuses le rompirent et emmenèrent à val ».
On se contenta depuis d'un bac qui, amorcé au port de la Harelle, abordait
au pré de l'aumônerie. Les pauvres, en dédommagement, eurent le profit
du bac et passage gratuit sur le pont quand il serait rétabli « comme
avant la rompture ». Le pont avec ses cinq arches cintrées figuré sur
le plan du XVIIe s., ne fut édifié qu'après le XVe s. Au mois de décembre
1763, on commença à travailler à la réfection des deux arches voisines
de l'hôpital et l'on s'aperçut que le dedans des piles au lieu d'être
solidement cimenté, était rempli de vidanges. Le sieur Quincé, entrepreneur,
travaillait de 1788 à 1790 à une nouvelle restauration du pont tout
entier, qui a été remplacé, en 1837, par unpont de trois arches en granit,
sur les plans de l'architecte Collignon et la direction de M. Renous.
Miné par le génie militaire en 1870, on le fit sauter sur l'ordre du
sous-préfet, en pleine nuit, le 18 janvier 1871, avec une telle charge
de poudre que des moellons énormes, passant par-dessus la ville, allèrent
tomber au-delà de la promenade des Platanes. Le pont de bateaux établi
aussitôt a été remplacé par un pont semblable au précédent mais remonté
d'une quinzaine de mètres pour être dans l'alignement de la rue du faubourg.
Les quais, commencés en 1862 sur devis de 650 000 F, ont été achevés
en 1884.
Arch.
nat., X/1a, 45, f. 209. — Arch. de la M., Cart. du Geneteil et B 2.315,
2.311, 2.387, 2.440, 2.753. — R. Gadbin, série d'art. dans la Gazette
de Château-Gontier, juin 1803 et suiv. — Arch. de l'hôp. de
Ch.-G. — Mémorial de la M., t.I, p. 200.
Institutions
religieuses.
Saint-Jean-Baptiste,
prieuré et paroisse. — Les Bénédictins, qui avaient cédé à Renaud
de Château-Gontier l'espace sur lequel il fit sa ville murée, s'étaient
réservé ou reçurent la faculté d'y fonder un prieuré conventuel et les
églises nécessaires pour les besoins religieux de la population. Ils
bâtirent donc, dès le XIe s., leur couvent et une église à proximité
du château. L'église, conservée intacte, est grandiose : nef avec collatéraux
auxquels correspondent exactement un choeur en abside et deux absidioles,
celles-ci, par là-même, appliquées aux deux côtés du choeur ; entre
le choeur et la nef, un transept vaste, élevé, au centre duquel quatre
forts piliers su.pportent sur leurs arcs doubleaux une voûte en coupole
et une tour à baies géminées ; des fenêtres romanes très simples ; enfin
neuf arcades en plein cintre, donnant des latéraux dans la nef et qu'au
simple aspect on croirait, à tort d'ailleurs, faites en rupture
dans les murs plutôt que de la construction primitive, séparées qu'elles
sont, non par des pilastres ou des colonnes, mais par de larges trumeaux
en maçonnerie. Tel est ce vaste vaisseau, couvert d'un simple lambris
pour la nef, voûté en berceau pour le transept, le chœur et les absidioles,
en voûte d'arête pour les bas côtés. Pas de colonnes, aucune moulure,
à peine un tailloir à la naissance des cintres, et malgré cette
sobriété, un ensemble majestueux. La crypte, divisée en trois nefs par
ses dix colonnes trapues à chapiteaux informes, supportant une voûte
d'arête, seul édifice de ce genre que possède le diocèse, est aussi
l'une des plus intéressantes des deux provinces de l'Anjou et du Maine.
La flèche, incendiée par la foudre le 20 octobre 1791, n'était pas encore
rétablie en l'an 1V. On plaça dans la tour un timbre de 3 000 k
pour avertir la garnison en cas d'alarme. M. Hawke, qui avait vérifié
l'état des murs intérieurs de l'église en 1877, et reconnu que les piliers
et l'intrados des arcades étaient formés de pierres de roussard taillées
régulièrement, tandis qu'au-dessus les murs étaient en blocage, proposait
de mettre à nu et de jointoyer les parties appareillées et de figurer
un appareil sur l'enduit dans les parties hautes. On a préféré une décoration
en peintures d'un genre archaïque.
On
mentionne dans l'ancienne église les autels ou chapelles : de Saint-Jacques,
derrière le chœur ; de Saint-Pierre et de Notre-Dame-sous-Terre, 1617
; de Saint-Sébastien, du Rosaire et de Sainte-Opportune où se vénéraient
les reliques de sainte Chantal, et des saints Vincent, Patient, Juste,
Prudent, Sévère, Théophile, transférées solennellement de l'église des
Ursulines, le 21 avril 1776. — Beaucoup de confréries anciennes
: de Notre-Dame, 1286 ; -- de Saint-Jacques, fondée en 1331 ; — des
prêtres, 1483 ; — de Sainte-Catherine, 1565 ; — de Sainte-Barbe, dont
les statuts très anciens ont été réimprimés à Laval, chez Genesley-Portier
; - du Rosaire, avant 1661 ; — du Sacré-Coeur, établie en 1731.
Les
religieux de Saint-Maur, introduits au prieuré le 22 avril 1660, organisèrent
leur chœur sur deux rangs de stalles entre les quatre piliers de l'intertransept,
leur autel étant tout au fond de l'abside. L'autel paroissial se dressait
au haut de la nef ; antérieurement il était dans le bas côté méridional.
En tant que paroissiale, l'église a quelquefois pris le vocable de Saint-Laurent,
1669,1778.
Les
anciens bâtiments conventuels, dont il ne reste rien, furent remplacés
par ceux du presbytère actuel en 1671, superbes et dans une situation
délicieuse. Par bulle du pape Nicolas, du 31 août 1452, le prieuré était
annexé comme bénéfice à l'abbaye de Saint-Aubin, son chef. Les religieux
y tenaient néanmoins toujours la conventualité. Le 7 décembre 1790,
les huit religieux qui l'habitaient furent expulsés, et la maison servait
déjà de prison le 22 décembre 1791.
Prieurs
: Foulques, 1157. — Étienne, 1225.— Pierre, dit
Seignoret, 1283. — Philippus de Bosco-Lanfredi, 1291,
1298. — Pierre Durant, 1300, 1301.— Robert de la Cousture,
1316,1332. — Laurent Morin, 1350, 1369. — Pierre,
1387. Le prieuré, réuni à la mense abbatiale,avait pour titulaire commendataire
l'abbé. Depuis l'affiliation à Saint-Maur, les prieurs, de huit
en huit ans, sont : Daniel Chetoul, inhumé devant l'autel de
Notre-Dame-de-Grâces, 1647. — Jean Hernier, 1672. — Jacques Morin,
1680. — Jean Girard, 1688. — Joseph Miniac, 1696.
René Cabaret, 1703. — Bède Bernard, 1712. — Gilles Leliepvre,
1720. — Claude Ernault, 1728. —Pierre Privé, 1736. — Louis
Molendin, 1744. —Marc Guillou, 1760. — Julien Piteux,
1768. —Pierre Hutru, 1776. — François Chabanel, 1784.
— Jean Lemasson,1788, prêta serment en 1791 et desservit quelque
temps la paroisse de Saint-Jean-Baptiste.
Cure.
— Dès le XIIe s., et peut-être dès l'origine, les Bénédictins eurent
des chapelains, pour exercer le ministère paroissial. Ceux qui étaient
en fonction en 1157 voulant s'approprier la cire, les cierges des offrandes,
et les trois quarts des honoraires des baptêmes, reconnurent leur tort
devant les abbés de Saint-Aubin et de la Roë et jurèrent fidélité aux
religieux pour l'avenir. Le vicaire « de l'église paroissiale de Saint-JehanBaptiste
» promit de nouveau, en prenant possession, de ne pas porter atteinte
aux prérogatives de l'abbaye.
Curés
: Hervé, témoin d'une charte du Ronceray, avant 1107. — Robert,
témoin dans la charte 417 de l'abbaye de Vendôme, 1107, et à un accord
entre l'aumônier de Saint-Julien et l'abbé de Saint-Nicolas d'Angers,
1120. — Jacques et Guillaume, v.1157. — Pierre Durency
fait un don au prieuré de Sainte-Catherine de Laval, 1321. — Guyon,
1326. — Jean Malherbe, 1437, 1474. Étienne Thibault, cousin germain
de Jean Bourré, écrit le 18 novembre 1461 au conseiller de Louis XI
pour lui demander un bénéfice, « car, dit-il, Madamoiselle jeunesse
m'a lessé et la mauvaise veille vieillesse m'a assailli ; pourquoi il
me faist bien besoing moy armer pour icelle ». L'abbé de Saint-Aubin
fit espérer à Bourré la cure du Grand-Saint-Jean pour son protégé, peut-être
tint-il sa promesse. — Jean Godier et André Durand desservent
la paroisse en 1527, 1529. — Jean Georget, 1540. — Jean Luet,
1550. — Julien Perchaud, 1551. — Jean Leverrier, chanoine
de Saint-Just, 1569, 1579. — René Le Sayeux, 1583,
1613, t le 25 juin 1625. — Philippe Le Roy, 1613-1621. — Georges
Le Roy, 1621-1645, † 1646. — Jean Besnier, 1615, inhumé
dans le choeur de Saint-Jean-l'Évangéliste, comme les suivants, le 21
juillet 1653. - René Le Roy, 1653, chanoine de Saint-Just, 1656,
prieur de Saint-Michel, 1670. Jean Allard fut commis à la desserte de
la paroisse pendant son absence, 4 février 1670. — Madelon Martin, 1670,
résigne, 1726, † 13 août 1734 - François Deshayes,
petit-neveu du précédent, chanoine de Saint-Just, 1726, t 9 février
1769. — Jean Mahier, 1770, mort à Évron, prisonnier en 1799
après avoir subi courageusement toutes les épreuves. Ses vicaires, Étienne
Rousseau et Léonard Girault, furent fidèles comme lui. Le premier intrus,
Pierre-Joseph Fouqueret, né à Château-Gontier le 5 août 1762, vicaire
épiscopal de l'évêque constitutionnel d'Angers, installé le 30 juillet
1791 par le maire Détriché, qui lui passa l'étole, mourut subitement,
peut-être empoisonné, le 8 novembre suivant. Une pierre tombée près
de son cercueil pendant le trajet de l'église au cimetière mit tout
le cortège en émoi. Louis-François Levenard, vicaire épiscopal de Villar,
après un interrègne de trois mois, prit la succession, apostasia, se
maria, et fit pourtant, après rétractation, une fin assez rassurante
en 1814. Le 25 mai 1803, le préfet Harmand reçut à Château-Gontier,
des prêtres de l'arrondissement, le serment de fidélité au Concordat
et au gouvernement. M. René-François Hayer, ancien professeur
du collège avant la Révolution, déporté pour refus de serment, prit
possession le 26 mai avec le titre de « curé de la commune de Château-Gontier
», des églises de Saint-Jean, de Saint-Remi et de Saint-Fort, réunies
en une seule paroisse. Il sut par son zèle tempéré de douceur rétablir
la paix et faire refleurir la religion dans la ville, et mourut en fonctions,
le 19 août 1828. -- Michel Gasnier (V. son nom), 1828, t 1876.
— Julien Monguillon, 1877, 24 août 1897. — Eugène Baglin,
1897.
L'église
de Saint-Jean-l'Évangéliste ou du Petit-Saint-Jean, déjà mentionnée
en 1125 au cartulaire de Saint-Aubin, construite sur le penchant de
la vallée se trouvait avoir un choeur très élevé au-dessus de la rue
qui le contournait, tandis que l'entrée, à l'O., était enterrée de la
profondeur d'une dizaine de degrés. Au-dessus de la porte latérale,
un petit auvent abritait une Vierge en pierre, venue, dit-on, de l'ancienne
chapelle des Trois-Maries (Bazouges). On cite à diverses époques les
autels ou chapelles de Sainte-Avoie, Saint-Nicolas, Notre-Dame, Saint-Blaise,
Notre-Dame-de-Pitié, Saint-Maurice, de l'Annonciation, des Vierges.
Les bancs furent supprimés, sauf sur un rang de chaque côté, pour laisser
de la place aux pauvres, 1652. Une crypte creusée sous le chœur qu'on
reconstruisait en 1682, fitdécouvrir le corps d'un prêtre, inconnu,
enterré depuis plus de cent ans, et dont les vêtements étaient intacts,
et « le visage vermeil, les yeux beaux et clairs, le corps souple et
sans aucune trâce de corruption ». Le choeur s'est écroulé en 1884,
on y a trouvé cette inscription : Anno 1682, Henricus, episcopus
Andegavensis hunc lapidem fundamentalem posuit, sub Magdaleno Martin,
hujusce parochiae rectore, tempore syndicatus Alexii Allaire. L'autel
étant refait en 1684 par Jean Simon, architecte, Henri Arnaud vint consacrer
l'église le 3 octobre 1685. Il y avait des chapelles fondées : l'une
de Saint-Nicolas, avant1472 ; une autre dotée par Jean Gaultier et Gillette
Le Verrier, le 3 mars 1490 ; une troisième due à la famille Trochon,
et ayant 60 L de rente. L'Adoration perpétuelle fut établie par ordonnance
du 20 juillet 1716. L'église, dont le grand autel fut réclamé par l'intrus
du Grand-Saint-Jean, destinée d'abord à devenir urne poissonnerie, servit
enfin de prison pour les Vendéens, et fut détruite à la fin de 1794.
La côtière nord renforcée de contreforts, existe encore à la hauteur
d'un mur de clôture sur la rue. La tour flanquait le côté opposé. L'église
fut toujours desservie par le clergé de Saint-Jean-Baptiste.
Saint-Remy
n'était non plus à l'origine qu'une succursale de Saint-Jean-Baptiste,
mais qui, vu son importance, ne tarda pas à conquérir une certaine autonomie.
La paroisse (1293), le curé et les paroissiens de. Saint-Remy
(1398), la paroisse de Saint-Remy du dehors de Chasteau-Gontier
(1563), tels sont les termes employés de bonne heure pour la désigner.
Le prieur de Saint-Jean assurait au desservant deux setiers et demi
de seigle, autant de froment, quelques dîmes, le tiers des offrandes
et toutes les sépultures. Mais les baptêmes et les mariages ne se faisaient
qu'à la grande église, 1283. Le clergé de Saint-Remy étant allé, le
11 mars 1443. « croix et enseigne levées », au-devant de l'évêque, le
prieur rappela qu'il était « chief et maistre collège de toutes les
églises, que les vicaires ou curés de Saint-Jean-Baptiste et de Saint-Remy
n'estoient que ses vicaires..., et qu'ils ne pouvoient faire procession
particulière, fors environ lesdites églises et cimetières joignant icelles
». Avec le temps, le curé de Saint-Remy conquit à peu près, surtout
depuis une ordonnance du 22 août 1673, tous les droits des vicaires
perpétuels, sauf pourtant la permission de baptiser dans son église.
La paroisse agrandie, en 1789, de quelques portions du territoire de
Saint-Fort, grâce à l'empressement que mirent ses procureurs à rédiger
des mémoires et des plaidoyers pro anis et focis, 1790, et malgré la
jalousie des rivaux qui prétendaient qu'elle était un repaire d'aristocrates,
put assurer son indépendance et se doubler même d'une commune civile.
Le Concordat la réduisit à n'être qu'une chapelle vicariale, et son
titre de commune fut supprimé par décret daté du camp de Schoenhrunn,
le 5 août 1809. Une ordonnance du 21 juillet 1824 l'érigea en succursale.
C'est encore sa situation actuelle.
L'ancienne
église avait des parties du style roman primitif : la porte à double
voussure, les petites fenêtres du côté S., et les contreforts plats.
Le choeur ne datait que du XVe s. et tout le reste de l'édifice avait
été profondément remanié (V. l'Album de Château-Gontier de M.
Tancrède Abraham et la Notice archéologique de M. l'abbé Charles).
Le clocher, incendié par la foudre en 1598, fut reconstruit l'année
suivante. Neuf autels ou chapelles décoraient le vaisseau intérieur,
sous les vocables de Saint-Blaise, de Saint-Jean-Baptiste, de la Nativité,
de Sainte-Anne, de Saint-André, de Saint-Joseph, de Notre-Dame-de-Pitié,
de Saint-René, faite aux frais de M. Moulin, curé, 1722, de l'Ecce
Homo. Les bénéfices fondés étaient ceux de la Pignerie,
de Saint-Julien, de l'Aubépin, de Saint-Jacques et Saint-François, de Loispeaux,
de Saint-André et de la Prison, dont était patron le supérieur du séminaire
de Saint-Nicolas du Chardonnet. Les confréries connues sont celles :
des Prêtres, de la Sainte-Couronne (avant 1642) ayant un office propre
; de Notre-Dame des Agonisants, avec statuts et manuels approuvés par
Henri Arnaud, 17 avril 1660 ; de l'Adoration perpétuelle, érigée le
20 juillet 1716, avec procession qui permettait au clergé de protester
contre les prétentions exclusives du prieur et des Bénédictins ; on
y portait aussi une statue de sainte Marguerite, objet d'un culte traditionnel.
L'église, fermée, en 1792, halle aux grains et même écurie et étable
pour les chevaux et les boeufs de la troupe, fut rouverte et réconciliée
le 5 mai 1797. On s'occupa de l'orner à nouveau. Par contrat passé,
le 8 avril 1806, avec Louis Allard, médecin et fabricien de la paroisse,
Pierre-Louis David, d'Angers, s'engageait à faire pour la somme de 550
francs « deux statues qui auront chacune 7 pieds 8 pouces de hauteur,
y compris le soc qui n'aura que 6 pouces de haut, lesquelles statues
seront de pierre, l'une représentera Saint-Remy, évêque, et l'autre
Saint-Sébastien, et elles seront conformes au dessin que j'ai présenté
audit Louis Allard, si ce n'est que la chappe de Saint-Remy ne sera
point relevée et le bras qui la tient sera un peu relevé et plié. La
soutane sera de couleur rouge, le rochet blanc, dont le bas sera ainsi
que le bout des manches en forme de dentelles ; l'étoile avec une frange
au bas, dorée, avec un ruban qui l'attache, d'où pendront deux glands
dorés ; la chappe et l'étoile de couleur violette, l'orfroy en or, la
lisière de la chappe, la barette et la croix dorée ; la mitre fond blanc,
les filets dorés, la croix dorée et le bandeau, les coins ou glandsde
la mitre dorés, les gants violets, un anneau à la main droite... La
statue de Saint-Sébastien sera également conforme au dessin, elle sera
peinte en couleur de chair, la ceinture blanche ainsi que les trois
flèches, l'arbre couleur d'écorce. Les statues seront peintes à l'huile,recouvertes
d'un beau vernis. » L'artiste s'obligeait en outre à les placer lui-même,
dans le courant de septembre, de chaque côté du grand autel, sur un
cul-de-lampe qu'il se chargeait de raccommoder. Ces deux œuvres d'art
ont été enfouies en terre lors dela construction de la nouvelle église
!
Le
1er octobre 1865, l'évêquede Laval bénit la première pierre d'une nouvelle
église, construite sur les plans de M. Lambert et qui put être livrée
au culte le 1er octobre 1870. Elle est élégante, en style du XIIIe s.,
bien à sa place sous le ciel angevin avec son luxe de pierres blanches
et de décorations. En copiant les formes, en rééditant les procédés
des bâtisseurs du moyen-âge, nos modernes architectes ont quelquefois
tort. Pourquoi ici par exemple des arcsboutants, qui sont déjà devenus
un embarras, pour soutenir des voûtes qui n'ont pas de poussée ? On
eût fait cela au XIIIe S. pour contrebouter des voûtes massives, mais
pour supporter des briques et de maigres arceaux les murs et des contreforts
suffisent. Le vaisseau intérieur est richement ornementé et plus beau
et majestueux même que ne l'indiquerait la vue extérieure. Le mobilier,
choisi sous l'inspiration artistique de M. L. de Farcy, est ce que l'on
peut attendre de sa foi et de son goût.
Curés
: Gervasius, persona Santa Remigii, 1230. — Hubertus, rector,
1264. — Geoffroy Bigot, chapelain, 1283. — Guillaume Lechartier,
recteur, 1335. — Jean Deien, « prestre recteur », 1374. — Guillaume
Pigouz, 4392. — Geoffroy Hardy, « prestre, vicaire, curé
», 1446. — Olivier Moreau, curé, comme tous les suivants, 1477.
— Jean Quentin, 1477. 1480. —Jean-René Tessé, 1485, -1501.
— Jean Hus, 1508. — Guillaume Guineheu, 1519.
— Gabriel Juffé, 1565, 1568. — Pierre Guillocheau, 1574.
—Jean Marion, 1577, † 21 novembre 1586. — Aubin Aubry,
chanoine de Saint-Just, 1592, † 9 novembre 1616. — Jean Lemoulnier,
1616, † 22 juillet 1632. -- Jean Crannier, maire et grand chapelain
de Saint-Laud d'Angers,1633. — Eustache Guilloteau, aumônier
du roi et chanoine de Saint-Just, 1648.— Jean ou René Martinet,
bachelier de Sorbonne, ancien curé de Saclay (Versailles), 1657, † 8
septembre 1676 ; il avait avec son vicaire fait don à l'église
d'un tabernacle et d'une lampe d'argent. — Gabriel Quentin, 1676,
t 23 décembre 1687 ; Jean-René Tessé, fils de Jean T., écuyer,
sieur de Mergotte, et de Catherine Genoil, de Sainte-Croix d'Angers,
24 janvier 1688-19 janvier 1689. — Charles Arthuis,
conseiller au présidial de Château-Gontier, 1689, † le 20 avril 1710,
âgé de cinquante ans. — Pierre Dugué, 1710, 1713, — René Moulins,
chanoine honoraire de Saint-Just, prieur de Saint-Blaise en Marigné-Peuton,
1713, inhumé dans la chapelle de Saint-René qu'il avait fait bâtir.
— Jacques-Anne-Maurille Morin, chanoine honoraire de Saint-Just,
1728, passa au diocèse d'Auxerre en faisant administrer Saint-Remy par
M. Cartier, curé de Congrier, 1734, 1735. — Marc Delhommeau, 1735, inhumé
chez les Ursulines, le 15 juillet 1736.— Jean-Baptiste Viel,
curé de Durta1, 1736, rentra à Durtal, 1739, puis passa à Morannes,
1742. — Jean Mahier, docteur en théologie, 1739-1749. — Étienne
Dean de Lu igné, 1747, archiprêtre d'Angers et curé d'Andard,
1755. — Barthélemy Millet, de Château-Gontier, 1755, 1758. Jacques-Anne-Maurille
Morin, pour la seconde fois, 25 août 1758, † le 6 octobre
1777, âgé de soixante-quinze ans. Les registres paroissiaux sont annotés
de sa main. Il commença aussi un registre spécial, « afin de conserver
l'histoire du gouvernement de la paroisse dont toutes les délibérations
sont perdues, dit-il, étant passées par devant des notaires dont on
ne retirait point copies ». — Pierre Crosnier, 1777, signe son
dernier acte le 24 juillet 1791, † à Jersey, le 30 mai 1793. Des deux
vicaires Barthélemy Millet qui avait fait les fonctions de curé, transféré
des prisons de Laval à Rambouillet, y mourut le 1er août 1794 ; Jean-Marie
Lepage, déporté à Jersey, rentra en France, en 1795, et fut envoyé sur
les pontons de l'île d'Aix d'où on ne le voit point revenir. L'intrus
fut Urbain-François Fouqueret, aussi vicaire de Saint-Remy, frère du
curé de Saint-Jean-Baptiste, et installé par le maire le même jour que
lui. Il abdiqua toutes fonctions ecclésiastiques le 25 janvier 1794,
puis les reprit en 1796, d'abord dans la chapelle de Saint-Joseph. Après
un acte tardif de soumission au Concordat, il fut curé de Pruillé-l'Éguillé,
démissionna le 23 novembre 1808, fut transféré à Lavaré et y mourut
peu après. — Pierre-Jean Bréheret, 1803, † 1842 (V. ce nom).
— René-Arsène Toury, né à Vallon, vicaire de Pré-en-Pail, curé
de Bessé, supérieur de Tessé, aumônier de Notre-Dame de la Flèche, curé
de Saint-Remy, 1842-1848, et depuis archiprêtre de Saint-Calais, vicaire
général, 1858, 1866. — Doreau, 1848-1861. — André-Louis-François
Guillotin, 1861, t 2 décembre 1871. — Stéphane Couanier de
Launay, 1871-1878. — Bellon, 1878.
Une
autre paroisse, sous le vocable de la Trinité, a été érigée dans l'église
de la Trinité pour le quartier de la rive gauche (V. infra).
Bull.
de la Comm. hist. de la M., t. I, p. 73. — Bull. hist. de la
M., t. VI, p.28. — Mayenne pittoresque.—Baron de Wismes,
le Maine et l'Anjou.— Echo, 1848. — Arch. de la M., G.
titres non inventoriés ; H. 15, 147, f. 109; B. 2.348, 2.738 : L. 50.
— De la Beauluère, Recherches, mss., t. XVI, p. 320. — Bibli. de Laval,
fds. Couanier. Aa. — Mss. Thoré. — Arch. nat., F17 .3.241. — Couanier
de Launay, Monographie de l'église Saint-Remy.
Chapitre
de Saint-Just. — En même temps que les Bénédictins organisaient
le service paroissial dans la nouvelle ville, le seigneur fondait pour
son propre usage et prés de son château la petite collégiale de Saint-Just.
On connaît, dès 1120, le nom de quatre chanoines auxquels étaient adjoints
plusieurschapelains ; leur église sert de lieu de réunion pour les confrères
de l'aumônerie, et l'évêque Ulger en 1145 obtient du seigneur le droit
de conférer les prébendes. La chapelle qui existe encore, transformée
en maison d'habitation, plantée sur le rocher taillé à vif d'où elle
domine les toits de la Grand'Rue, est de construction romane, sans aucune
décoration. Le choeur s'écroula il y a trente-cinq ans ; la litre est
visible extérieurement. On croit qu'une crypte ou un caveau funéraire
règne sous une partie de l'édifice. L'église était pourvue d'un orgue
en 1581. A la même époque, l'un des chanoines reçut mission de faire
bâtir au « chapitereau la librairie et de s'y accommoder comme il verra
estre à faire ». L'ex-libris de la bibliothèque (XVIIIe s.) est armorié
d'azur semé de fleurs de lis d'or à la croix d'argent ; légende
: D. Dominis canonicis Sancti-Justi. Le sceau, dont je trouve mention
en 1586, portait sans doute cet écusson. Le reliquaire de saint Just
fait et ciselé, au XVe s., parun orfèvre de Château-Gontier, Gervais
Tressart, représente un bras dressé sur un piédestal octogone supporté
par huit petits lions, allusion à la ville de Lyon dont saint Just fut
évêque ; il est en cuivre orné de filigranes. M. Guays des Touches a
été assez heureux pour retrouver dans un endroit perdu cet objet d'art
et pour le sauver ; il est aujourd'hui conservé dans le trésor de l'église
de Saint-Jean. Il renferme encore l'inscription sur parchemin reproduite
plusieurs fois avec quelques inexactitudes : Ibi sunt particulebrachii beati Justi ab codem diminute dum reposite sint in presenti
capsa per Gervasium Tressart,aurifabrumCastrigunterii
commorantem, die lune in vigilia Nativitatis Domini, anno ab incarnatione
Domini millesimoquadragentesimo septimo. Ces reliques avec
d'autres et des objets d'orfèvrerie se renfermaient dans une « fenestre
derrière le grand autel », et n'en étaient tirées qu'avec solennité,
suivant une décision capitulaire de 1584. La Vraie Croix de Saint-Just
avait une confrérie, érigée par bulle de Clément XII, en 1732, et mandement
de l'Ordinaire. On l'exposait quand un des confrères était en danger
de mort. Un manuel de la confrérie fut imprimé, en 1735, chez Gentil.
Les Statuts du chapitre, rédigés en 1414, et dont une copie se trouve
dans un manuscrit de la bibliothèque municipale, furent réformés en
1572, et traduits en latin par Michel Bouju, prêtre.
Le
chapitre général se tenait le lundi après l'Épiphanie, sous la présidence
du premier dignitaire, dit le Correcteur. Aucune fonction paroissiale
ne pouvait s'exercer dans la chapelle. Le plus beau privilège des chanoines,
attribué partout d'ailleurs aux chapitres ou collégiales, était de nommer
et de surveiller les maîtres d'école de la ville. Ses ressources consistaient
en dîmes, celles de Houssay entre autres, « la dîme et baise-main de
Saint-Just », affermée 55 livres en 1587, un fief, quelques droits sur
les sépultures, un dixième du sel levé par le seigneur sur les bateaux
remontant la Mayenne, et de nombreuses fondations, savoir : les chapelles
de la Houssaie ; de la Manutière, fondée par Étienne Aubin, curé de
Chambellay, vers 1444 ; de Saint-Michel, dotée par Michel Déan et Philippote,
sa femme, le 1er juin 1495 ; de Saint-Nicolas, fondée, avant 1474, par
Philippe Locquart ; de Saint-Jacques de la Colaserie, fondée par Vincent
Blanchouin, 1483 ; de la Grande et de la Petite-Notre-Dame ; de la Fosse
; de la Mabilière. Dès 1286, Étienne Du Mans, archidiacre d'Angers,
avait fondé deux messes par semaine à Saint-Just. Tous les chanoines
et chapelains refusèrent, en 1791, le serment schismatique.
Correcteurs
: Geoffroy Bouteiller, 1120. — René Jolivet, 1542, 1571.
— Jacques Coudray, 1583, 1585. — Noël Eschart, 1585, 1592.
— François Bonneau, 1608, 1619. — Guillaume Chevrolier,
1619-1624. — Gabriel Dubois, 1624-1648. — Nicolas Girard,
1648-1656. — René Boulguyer, 1656-1672. - Jean Juffé,
1672-1696. - Michel de la Barre, 1696-1712. - Julien Clousier,
1712-1728. - Barthélemy Boucault, 1728-1736. - Louis Bionneau,
1736-1760. - Dominique Arthuis, 1760-1776. - Guillaume Nautier,
1776-1784. - Joseph Peltier, 1784-1791.
Arch.
de la M., un reg. capitul. du XVIe s. - Bibi. nat., fds. D. Housseau,
t. XVII. - L. de Farcy, Mélanges de décoration religieuse. -
Revue du Maine, t. III, p. 427. - Revue d'Anjou, t. I,
p. 420.
Les
moines de Saint-Nicolas, en se fixant au lieu déjà connu sous le nom
du Geneteil, eurent à s'entendre avec le seigneur de Château-Gontier,
dont ils touchaient la ville et les possessions, et avec le curé d'Azé,
dont la juridiction s'étendait jusque-là. Le seigneur Alard leur permitde
fonder un bourg à condition de ne pas y attirer ses propres bourgeois
sans sa permission ; d'établir une foire, de prendre les droits de coutume
sur leurs étagers, et de vendre à leur profit les emplacements où ils
bâtiraient. Le règlement sur la vente du pain est curieux. Alard était
convenu avec les religieux que le four, bâti à frais communs, serait
aussi à commun profit. Mais son fils Renaud voulut empêcher ses sujets
qui demeuraient entre le pont et le prieuré d'aller à ce four banal
(1162-1177), puis, cessant ces tracasseries, il permit aux sujets du
Geneteil de venir vendre à ses portes et même de remporter le pain non
vendu pour l'étaler chez eux. Renaud, fils du précédent, fit, en 1190,
avec les boulangers des moines un autre accord dont les termes mêmes
ne sont plus intelligibles pour nous ; il ne leur permettait au surplus
d'exposer à leur étalage qu'un ou deux pains pour enseigne, les autres
devant être renfermés à l'intérieur de la boutique et à une brasse de
la fenêtre avec les marchandises qu'on n'étale pas. Telle est, au civil,
l'origine du faubourg du Geneteil.
Sous
le rapport ecclésiastique, l'évêque Ulger régla les droits réciproques
du prieuré et de la paroisse d'Azé pour le partage des oblations. Le
Vendredi-Saint, à Pâques, à l'Ascension, à la Pentecôte, à la Toussaint,
à la Saint-Saturnin, fête paroissiale, tous les habitants du faubourg
devaient se rendre à l'église mère d'Azé ; les deux clergés se réunissaient
pour la procession des Rameaux. Malgré ces règlements, les occasions
de rivalités ne manquèrent jamais entre les deux églises, même après
que le prieuré eut cessé, ce qui arriva de bonne heure, d'être conventuel.
Au XVe s., le chapelain du prieur se permettait de « faire noces, d'amesser
les commères et de faire son service à heure illicite qui empeschoit
aux paroissiens d'aller au service de leur paroisse ». Les habitants
du faubourg, attachés à l'église élevée au centre de leurs demeures,
y multipliaient les fondations, qui y fixèrent un clergé assez nombreux.
Ce fut bien plus grave encore quand le collège fut installé dans l'ancien
prieuré lui redonnant et à son église une vie et un éclat nouveaux.
La
chapelle du Geneteil qu'on contruisait en 1125 est de style roman pur.
La nef, large de 9 m, en a 27 de longueur, et le transept et le chœur
en forme d'abside ont 15 m ; au centre, une voûte en coupole s'éclairait
primitivement par des fenêtres maintenant murées. Extérieurement, la
façade O., terminée par un pinacle lourd et écrasé, a sa porte et la
grande fenêtre à double archivolte encadrées entre deux contreforts
divisés dans leur hauteur par des larmiers ou tailloirs saillants. Les
angles sont cantonnés de deux contreforts plats comme ceux qui divisent
la nef en travées. Les fenêtres, qui ne sont plus les étroites meurtrières
du XIe s., ont leur archivolte surmontée d'un cordon presque sans ornements.
Au XVIe ou au XVIIe siècles, la nef fut séparée du transept et du choeur
par une cloison à laquelle s'adossait l'autel de la Trinité.
Une
cloche, qui existait encore en 1712, portait pour inscription L'an
M CCCC e XV, Simon Levacdos, mon paren, † P. E. Lesné me fist
faire au nom de la Vierge pucelle. Sur la petite cloche on lisait
ces mots : J'ai été refondue aux frais de Me Henri-Joseph de la Brunetière
du Plessis de Geté, prieur de Notre-Dame duGeneteil, par les
soins de Louis Machefer, fermier dudit prieuré, 1693.
Prieurs
: Guy de Daon, 1118-1125. - Herbert de Montjean,in
obedientia Genestolii prior, 1118-1135. - Hugues de Chemillé,
1125-1149. - Jean, 1190. - Geoffroy de Launay, 1364. 1372.
- Jean Noellet, 1393. - Pierre Cornilleau, 1422-1144.
- Simon de Chef, 1456; il fut abbé de Saint-Nicolas, 1429-1462.
- Antoine de Bussul, 1465, 1470. - Pierre de Gennes,1473,
1180, étudiant en l'université d'Angers. - Péan du Plessis, 1494,1495,
étudiant en l'université d'Angers. - Frère Jean Jauffré, dit
de Chambrignac, 1527. - Mercure de Peyrac, 1569, 1574. - René
Gaignard, chanoine d'Angers, 1598. - Noble Pierre Costard,
1637. - Guy Lasnier, abbé des Vaux, archidiacre de Paris, 1639,
1663. - Henri-Joseph de la Brunetière du Plessis-Geté, 1693.
Arch.
de la M., Cart. du Geneteil ; G. 13; E. 25, p. 2; H. 213. 2.328. - Arch.
nat., P. 237/2; G/8. 1268. - Cab. Toisonnier.
Ursulines.
- A une proposition d'établissement dans la ville qui leur était faite
par les Ursulines, les habitants répondirent favorablement le 9 septembre
1622, et ayant obtenu l'autorisation de l'évêque d'Angers, en juin 1629,
ils s'adressèrent au roi, lui remontrant que l'instruction donnée par
les Ursulines serait propre à ramener les protestants qui avaient des
assemblées dans le pays. Les lettres patentes furent accordées à Troyes
au mois d'avril 1630. Les premières religieuses vinrent de Laval, sous
la conduite de la soeur Catherine Moreau, s'établirent le 7 août 1631
sur la paroisse de Saint-Remy en dehors des murs, et reçurent l'année
suivante quatre nouvelles compagnes venues d'Angers.
René
d'Héliand, seigneur de la Touche, leur vendit en 1634, pour 7 000 livres,
une closerie au faubourg d'Azé, où elles entreprirent la construction
d'un nouveau couvent. Ambroise, Antoine et Gilles Revaux, de Bazougers,
en posèrent la charpente en 1648. Les Corbineau, de Laval, donnèrent
les plans de l'église, dont la première pierre fut bénite, le 5 avril
1660, par l'abbé de Paire, et que bâtit René Trouillard, architecte
et maître maçon au faubourg d'Azé. Pierre Corbineau, dont la fille avait
fait profession au couvent en 1650 faisait encore en 1662, 179 toises
de maçonnerie aux cheminées de l'infirmerie, aux lucarnes, « au rehaussement
des garde-robes, au parpain des refants des confessionnaires et à la
grille des choeurs haut et bas ». Jean et Michel Liziard, de la Bazouge-de-Chemeré,
plaçaient les boiseries. Noël Nau, marchand plombier à Angers, travaillait
au dôme, s'engageant à faire « des chérubins, feuillages, fleurons ou
rayons », comme le désireront les religieuses. Jean Belot, menuisier
à Château-Gontier, posait pour 300 livres un lambris à l'église tout
préparé pour la peinture. Enfin René Trouillard achetait à Durtal, le
10 décembre 1663, « six vingts pieds de long de pierre de rayrie propre
pour faire les marches et l'appui d'une balustrade et des deux tables
d'autel ». Henri Arnauld vint consacrer l'église, le 28 novembre 1664,
sous le vocable de la Trinité et l'autel situé en face du choeur des
religieuses en l'honneur de saint Joseph. Simon Cailleau mit autour
de l'autel en 1712 une balustrade en fer forgé et ouvré à fleurons,
haute de 2 pieds 8 pouces et longue de 7 toises et 2 pieds. Le maître-autel
actuel est l'oeuvre de Louis Boquet, architecte et sculpteur à Angers,
et de Paul Legué de la Rivière, architecte à Château-Gontier, qui en
firent le marché le 9 septembre 1760. Le devant d'autel devait être
en « marbre de Monroux de Laval (Argentré), varié dans le cadre de marbre
blanc, et le Jéovah du milieu de pareil marbre blanc bien uny et poly,
la plinte, la corniche et les deux consoles de marbre noir » ; les colonnes
sont aussi en marbre de Montreux. Le tabernacle fut exécuté sur le modèle
de celui de l'Hôtel-Dieu d'Angers. Le retable est vraiment remarquable
par la façon heureuse dont il s'adapte au mur et à la voûte. La façade
de cette église, qu'on pourra étudier pour apprécier le genre adopté
en 1660 par notre Pierre Corbineau, est en pierre blanche. La porte,
couronnée d'un fronton et d'une niche, est encadrée de pilastres plats
dont les assises sont distinguées par une profonde moulure et qui supportent
un entablement prenant toute la largeur de la façade sur une hauteur
de plus d'un mètre. Au-dessus s'élève le pignon, ouvert au centre d'une
grande fenêtre accostée de deux petits pilastres de même structure que
les autres, et surmontée d'un fronton triangulaire. Intérieurement la
fenêtre, garnie d'un vitrail représentant la Sainte-Trinité, est coupée
vers le haut par la voûte en plâtre qu'on a faite pour remplacer le
lambris. Aujourd'hui de grandes verrières représentent la sainte Vierge
et saint Joseph, sainte Scholastique, saint Augustin, sainte Ursule
et saint Charles Borromée ; deux grands tableaux figurent le martyre
de saint Gervais et la mort de la Vierge. Le tableau du maitre-autel
est, dit-on, le travestissement d'une scène payenne, peinture de David,
et qu'on a transformée en une Trinité dont l'aspect étrange fait croire
à la légende.
Cette
maison, où l'on se dévouait à la tâche ingrate de l'instruction des
enfants de toutes les conditions, vit affluer les vocations ; les familles
les plus distinguées du pays y fournirent leur contingent. Toutes les
religieuses, sauf deux, refusèrent le serment schismatique à l'exemple
de leur aumônier, Paul-Charles Leblanc, qui, déporté, mourut en Angleterre.
Expulsées, dispersées quatre par quatre dans des maisons hospitalières,
traduites de nouveau, en février 1794, devant la municipalité, elles
refusèrent le serment et furent emprisonnées avec les suspects et les
religieuses hospitalières dans leur propre couvent. Un jour surtout,
à l'arrivée de la commission révolutionnaire à Château-Gontier, elles
crurent leur dernière heure arrivée et se préparèrent à la mort, assistées
par un ancien vicaire de Loigné, Louis-Joseph Provost, qui put arriver
jusqu'à elles.
Les
religieuses survivantes ont racheté leur maison en 1807, l'église en
1814. Elles ont un pensionnat, une école gratuite et, depuis 1846, une
salie d'asile pour la paroisse d'Azé.
L'église,
d'abord chapelle vicariale de Saint-Jean au Concordat, est devenue paroissiale
et a été desservie par : Jean Lochery, de Château-Gontier, vicaire
insermenté de Saint-Thomas de la Flèche, 1803, † 1809. — Hayer,
1809, 1826. — Bataille, 1826-1852. — Fouilleul, 1852 1872.
— Pascal-Jean Piednoir, 1872, 1889. — Gérard, 1889.
Hôpitaux.
Saint-Julien. —
Dès que la ville commence à se constituer on voit apparaitre une association
de confrères desservant une aumônerie établie à proximité, mais au delà
du pont, sur le territoire d'Azé. Vers 1119, les frères veulent se donner
avec leur maison à l'abbé Vital et à ses moines. L'abbé ainsi désigné
par son seul nom ne peut être que Vital de Mortain qui, après avoir
habité et évangélisé le Craonnais, venait de fonder l'abbaye de Savigny.
Il n'y a pas d'autre abbé Vital dans les monastères angevins à cette
époque. Les religieux de Saint-Nicolas, patrons de la paroisse d'Azé,
s'opposèrent à cette cession et obtinrent du pape Callixte, qui se trouvait
à Angers, et plus tard (28 mai 1120) de l'évêque Renaud de Martigné,
qui partait pour la Terre-Sainte, qu'elle se fit en leur faveur. Ils
s'engageaient à envoyer à l'aumônerie douze religieux, huit prêtres
et quatre laïques, qui chanteraient une messe quotidienne pour les confrères,
vivants et défunts, qui leur administreraient les sacrements en cas
de maladie, assisteraient à leur sépulture, et recueilleraient douze
pauvres. Ces conventions furent confirmées, le 21 janvier 1121 (n. s.),
dans l'église de Saint-Just, en présence d'Alard de Château-Gontier,
qui fit don à l'aumônerie ainsi constituée du lieu de la Rouillère.
Guérin du Bignon, seigneur du fief, avait aussi donné son consentement.
Mais
ce projet d'un prieuré conventuel qui eût été en même temps un hospice
n'aboutit point. Au commencement du XIIIe s., les confrères, les
bourgeois et le seigneur s'occupent d'une réorganisation de l'aumônerie.
Elle est transférée à la tête du pont, sur la rive gauche, elle a une
chapelle, et les confrères continuent de la desservir. Le pape Innocent
III délègue l'évêque, le doyen et l'archidiacre du Mans pour trancher
les difficultés qui peuvent surgir entre les religieux et les aumôniers.
On convient qu'il n'y aura jamais qu'une cloche à la chapelle, que le
chapelain ira prendre son investiture de l'abbé à Angers, que le cimetière
ne pourra servir qu'aux confrères et aux pauvres hospitalisés, et qu'on
n'admettra les paroissiens d'Azé, sains ou malades, que du consentement
du curé. Dans la chapelle même, les religieux se réservaient des droits
honorifiques et utiles. L'ancienne aumônerie, qu'on nomme encore, en
1410, « la vieille aumosnerie du faubourg du Geneteil », et, en 1509,
« la maison où souloit anxiennement estre la Maison-Dieu et aumosnerie
de Chasteau-Gontier, » restait aux Bénédictins. Le seigneur Alard, «
volens miserie mederi, pauperum » donne l'indemnité du terrain,
les profits de la foire de la Toussaint, droit d'usage dans la forêt
de Flée, et le péage du pont pendant les vendanges. La Maison-Dieu eut
dans la suite un fief qui s'étendait en Azé et sur quelques maisons
de la ville, droit de pêche dans la rivière, des premières aux
secondes vêpres de la Saint-Gilles (1er septembre). Un porc essoreillé
d'une oreille qu'on. appelait « le pourceau Saint-Jullian, auquel les
manans et hahitans doivent ce qu'il leur plaist pour le nourrir », vaguait
librement dans les rues. Outre les pauvres hospitalisés on hébergeait
pour une nuit les pauvres passants. Au XVe s., comme dans d'autres villes,
l'aumônerie eut tendance à devenir un bénéfice au profit de l'aumônier
pourvu par le seigneur.
Pendant
cette période, l'aumônerie est gouvernée par : Me Simon, avant
1272. — Lucas, « prioul de la Meson-Dé », cité avec les confrères
James Letaillandier, James Odierne et Mathurin Perdrier, prêtre, 1272.
— Guillaume Colas, prêtre, « priour du priouré de l'aumosnerie
», 1374. — « Très honorable homme, sage et discret Monseur Guillaume
de Cleder, docteur es lois, priour du priouré de l'aumônerie
», 1382, 1393. — N. Fourré. — N. André. — Jean Dornois,
« prestre, prieur, gouverneur et administrateur », 1402.— Michel Fauvel,
prieur et administrateur, 1405, 1410. — Guillaume Larconneur,
maître administrateur, 1423. — Guillaume Fléaut, 1428. — Jean
Labbé, licencié ès lois, 1472. — Jean Le Grand, t 1489.
— Frère Robert Naturel, protonotaire apostolique, 1489. — Pierre
Gohier, 1449, 1452, gouverneur et administrateur. — Jean Barrault,
1453, 1457.
En
1507, Marguerite de Lorraine, duchesse d'Alençon, vint visiter sa baronnie
de Château-Gontier, « et, voyant que l'hospital n'estoit pas gouverné
selon que la grandeur de sa piété et de sa charité sans pareille eust
pu désirer », elle s'engagea à remplacer le maître administrateur et
les treize pauvres frères par treize religieuses et un chapelain ; ce
dernier resta à la présentation du seigneur, et le nombre des religieuses
fut réduit à six par décret de l'évêque d'Angers du 25 janvier 1508
(n. s.). Marguerite de Lorraine fit les frais de la construction de
la chapelle et du couvent. Les religieuses, du tiers ordre de Saint-François,
vinrent de Mortagne sous la conduite de soeur Isabeau Viseuse ; « les
religieuses, mères et couvent de Saint-Julien, ayant l'administration.
de l'hospital et Maison-Dieu,» n'étaient pas cloîtrées pendant les dix
premières années et elles soignaient aussi les malades en ville ; un
« procureur ou gesteur » donnait ses soins à l'administration du temporel.
Des difficultés entre les habitants et la communauté avaient décidé
les soeurs, en 1566, à se retirer à Champigné, dans un couvent que leur
avait donné le duc de Montpensier ; mais l'avocat du roi leur fit comprendre
qu'elles ne pouvaient déserter ainsi, et neuf d'entre elles restèrent,
sous là direction de la soeur Antoinette de la Grandière. Au mois de
décembre 1591. le capitaine Cessart, qui commandait au nom des royaux,
voulait « abasser » la maison. Les soeurs purent obtenir de M. de Rochepot
et de M. Pichery d'être préservées ; mais quand les ligueurs furent
à leur tour maîtres de la ville, M. de Boisdauphin jugea une démolition
du couvent nécessaire ; il fut évacué pour toujours, le 3 mai 1593.
Réinstallées au Buron, les Franciscaines continuèrent jusqu'en 1613
de nourrir les malades.
En
1619, les « Pères des pauvres » firent faire par Jacques Tardif et Jean
Pigeon, maîtres maçons, un bâtiment propre pour loger les malades et
ceux qui les servaient et une chapelle, le tout en place de l'ancienne
église de Saint-Julien. Les frais atteignaient, en 1624, la somme de
3 .623 livres. Les recettes s'élèvent successivement : à 1 347
pour 1613-1614 ; — 3 567 livres pour 1629-1630 ; — 3 379 livres
pour 1632-1633 ; — 3 146 pour la seule année 1635. Un chirurgien
perçoit 25 livres en 1630 ; et le docteur en médecine 18 seulement pour
trois ans. Les malades recevaient les soins de personnes dévouées, sans
voeux de religion.
Dès
l'année 1655, la ville désirait remettre l'hôpital aux mains des hospitalières
de la Flèche ; mais Henri Arnauld refusa son autorisation jusqu'à ce
que les soeurs eussent modifié leurs constitutions. Pendant ce temps,
M. Drogo, prêtre breton, pensionnaire de l'hôpital auquel il avait donné
son bien à viage, fit admettre, par contrat passé le 18 février 1673
devant Jean Gilles, les soeurs de la Miséricorde de Jésus, dont la maison-mère
était à Dieppe et qui desservaient l'hôpital de Vitré. Les soeurs Jeanne
Cerisier, Perrine Geffart et Olive Duchemin, vinrent de Vitré, conduites
par la Mère Marie Baudouin, de Dieppe, qui resta supérieure. Le 10 février
1674, elles arrivèrent chez les Ursulines qui les logèrent pendant neuf
jours, et le 19 le curé d'Azé, accompagné de tout le clergé de la ville
et des administrateurs, les conduisit processionnellement à l'hôpital,
dont elles prirent possession en priant à la chapelle, puis en allant
de suite servir les malades. La première pierre des bâtiments claustraux
fut posée par l'évêque Arnauld, le 9 septembre 1679 ; celle du chœur,
retrouvée en 1881, porte cette inscription : J'ay [été] posée par
honorable Marie Meignan, femme d'honorable homme René Dublineau, fondateurs
de cetes épitaphe, 1687.
Les
religieuses préparaient les remèdes. Depuis une vingtaine d'années les
médecins ne visitaient plus les malades. Trois vinrent de suite offrir
gratuitement leurs services. Les trois chirurgiens recevaient 60 livres
en commun et jouissaient de l'exemption de la taille, privilège que
les docteurs réclamèrent en 1766. Un bienfaiteur donne, en 1716, 460
livres pour l'ensevelissement des pauvres ; le collège cède, en 1775,
le terrain d'un nouveau cimetière ; les recettes s'élèvent à 10 392
livres pour 1680-1681 ; à 8 413 livres pour les deux années
suivantes. Le privilège de vendre la viande en carême, consenti par
le seigneur en 1718, à condition que le boeuf-villé soit présenté au
château et qu'on lui en offre la langue, s'afferme 300 livres. La
moyenne des décès est de 53 en 1740-1750, de 73 en 1770-1780.
A
la fin du XVIIIe s. (1786), un rapport officiel envoyé à l'intendant
rend ainsi compte de la situation de l'hôpital : « Une salle d'hommes
de trente lits, une autre semblable au-deus pour les femmes ; quarante
religieuses cloîtrées qui servent gratuitement, et entretiennent à leurs
frais une dépensière et une pharmacienne, et servent jour et nuit. Les
pauvres font quatre repas : 6 heures, 10 heures 1/2, 2 heures et 5 heures.
Deux religieuses font plusieurs visites dans la journée pour donner
les remèdes. Les plus malades ne vivent que de bouillon ; aux autres
on donne soupe, viande et oeufs, cidre et vin. On se sert d'eau de la
rivière qu'on puise dans un puits. Il y a cinq domestiques, dont quatre
couchent dans les salles. Il règne la plus grande propreté et on a soin
de renouveler l'air plusieurs fois le jour. Les médecins et chirurgiens,
par semestre, visitent l'hôpital chaque jour, reçoivent et renvoyent
les malades. Les maladies incurables ou contagieuses ne sont pas admises.
»
Quant
à la communauté, elle progressa continuellement. Elle compte 20 membres
en 1679, 28 en 1692, 35 en 1695, 45 en 1726, 36 professes en 1762, 42
en 1780, 47 et 7 converses en 1789, au moment où on leur défend de recevoir
des novices. Malgré leur refus de serment, la municipalité les laissa
à leurs fonctions jusqu'au 16 février, jour où elle proposa de les remplacer
par des « femmes patriotes », et, le 19, les fit comparaître devant
elle. En se rendant à la maison commune, « elles disaient aux citoyens
: Ne craignez pas, nous allons au calvaire, mais nous refuserons le
serment. Ce qui, ajoute le greffier municipal, pouvait exciter une sédition
». Les malades même avaient quitté les salles avant l'arrivée des femmes
patriotes ; ce fut un autre grief contre les soeurs. Elles furent emprisonnées
aux Ursulines, cent vingt ans jour pour jour après le 19 février 1674,
où les administrateurs étaient venus les y chercher processionnellement.
Elles vécurent là un an, dans l'attente résignée d'une mort qu'on se
donnait le cruel plaisir de leur faire entrevoir à tout propos. Marie
Lhuillier fut la seule victime. Le 19 et le 21 novembre 1800, les administrateurs
et la municipalité reconnaissant que le traitement des employés salariés
absorbe le plus clair des revenus, proposèrent aux soeurs survivantes,
qui n'avaient cessé de rendre service aux malades pauvres, de reprendre
leurs fonctions, ce qu'elles acceptèrent avec empressement. Leur réintégration
eut lieu le 24 juin 1801. En 1805, le costume religieux leur fut rendu.
Un décret impérial approuva leurs statuts en 1810. La communauté se
divisa, en 1833, pour desservir l'hôpital général de Saint-Joseph. La
chapelle, le couvent, l'hôpital ont été reconstruits en 1879-1882 suivant
un plan d'ensemble de M. Beignet.
La
léproserie formait, au XIIIe s., un bénéfice ecclésiastique à
la présentation alternative de l'évêque et de l'abbé de Saint-Aubin,
suivant un accord intervenu, en 1269. entre Nicolas Gesland, évêque,
et l'abbé Guillaume. Étienne Du Mans, archiprêtre d'Angers, légua aux
chapelains, en 1286, une rente de 100 sols à l'intention de Guillaume
Chaperon, official, pour l'anniversaire de la reine Blanche. Le maître
« des ladres » jouissait encore, en 1452, de la coutume de la foire
de l'Ascension qui lui avait été attribuée dès la fondation.
L'hôpital
général de Saint-Joseph, qui vint compléter au XVIIe s. les oeuvres
de bienfaisance, fut d'abord un orphelinat. Mlle Renée Le Cercler réunit,
le 12 juin 1662, dans une maison du Martray, quinze enfants : trois
« au nom de la sainte Trinité en terre, Jésus, Marie, Joseph », et douze
au nom des douze apôtres. Le revenu de quatre maisons du faubourg Tréhu
et du lieu de la Vallerie constitua les premières ressources de l'établissement,
approuvé successivement, en 1663, par l'évêque, par les échevins et
par le seigneur. La chapelle fut bénite le 2 janvier 1671. Les Dlles
Françoise et Laurence Doublard, à qui la fondatrice, trop âgée, remit
ses droits. transférèrent l'orphelinat au faubourg Tréhu le 28 septembre
1676, obtinrent des lettres patentes du mois d'avril 1680, enregistrées
le 23avril 1681, et se transportèrent enfin, au mois de juin
1698, dans la maison et la closerie d'Olivet acquises par la ville. Mlle
Marie-Anne Douard de Fleurance, fille de Mathieu D., avocat, eut le
titre de « première supérieure des filles qui seroient reçues par les
administrateurs pour le gouvernement des pauvres ». L'hospice comprit
une annexe pour les femmes de mauvaise vie. Le bureau des administrateurs
se réunissait les premiers mercredis du mois. Un règlement entre la
municipalité et la directrice intervint en 1723. La même année, le 25
août, la chapelle construite aux frais de Guy Buffebran, marchand, fut
bénite par l'évêque. Les soeurs de Saint-Thomas de Villeneuve furent
appelées à l'hospice en 1727, du vivant de Mlle Douard, qui mourut àg.ée
de soixante-quatorze ans, le 17 avril 1745. Le retrait des deniers d'octroi
força un peu auparavant les administrateurs à renvoyer un grand nombre
de pauvres. Le temporel de la chapelle de la Pelletrie fut affecté,
en 1778, à l'hospice, qui logeait soixante enfants, occupés à tisser
la toile et l'étamine, à brocher, filer et coudre, quelques folles et
de vieilles femmes ou des filles débauchées.
Pendant
la Révolution, le chapelain, Fidèle-René-François Bouchet, fut déporté
en Espagne ; il rentra en 1800, reprit ses fonctions et mourut curé
de Nyoiseau, en 1844. Les religieuses purent continuer leurs fonctions
en quittant leur costume. Des dames de charité les remplacèrent en 1806,
et cédèrent elles-mêmes la maison, en 1820, aux soeurs d'Evron. Le 8
juin 1833,1a soeur Madeleine Poilièvre, supérieure de l'hôpital de Saint-Julien,
et cinq soeurs du même établissement vinrent prendre la direction de
l'hôpital général, qui comprend en outre, aujourd'hui, une maternité,
une crèche et une salle d'asile. La chapelle a été reconstruite en style
du XIVe s.
Deux
charités s'occupaient de l'instruction des enfants pauvres et de la
visite des malades. Mlle Garnier légua, le 5 mars 1792, 10 000
livres pour la fondation d'une Providence.
Depuis
la Révolution, M. Gasnier, curé de Saint-Jean, a créé, rue des Juifs,
un orphelinat pour les jeunes filles, sous la direction des soeurs de
Saint-Vincent-de-Paul, et un établissement de soeurs de l'Espérance,
dites Garde-malades. Celles-ci, vers 1880, ont élevé un juniorat sur
l'emplacement de l'ancien collège.
Une
société de secours mutuels a été autorisée par arrêté préfectoral, le
27 décembre 1853.
Dotation
d'une Rosière par acte testamentaire de M. Paul-Romain Quinefaut, le
8 septembre 1875, pour soixante ans.
Arch.
de l'hôpital et de la communauté. — Cart. du Geneteil. — Revue d'Anjou,
1853, p. 288.— Bibl. d'Angers, mss. 956. — Mémorial de la Mayenne,
t. IV, p. 375. — Bibl. nat., fds. fr. 18.945, f. 443. — Arch. nat.,
P. 337/2. — Bibi. de Laval, fds. Couanier, Pichot, Sentences,
t. II, p. 285.
Cimetières.
Chaque
paroisse avait son petit cimetière environnant l'église. En 1494, Michel
Dean demande à être inhumé dans le petit cimetière du Grand- Saint-Jean,
et ordonne qu'il soit élevé, à ses frais, près de la croix, une chaire
à prêcher, semblable à celle qui était devant Saint-Maurice d'Angers.
Il fut supprimé en 1790. — Le cimetière du Petit-Saint-.Jean, bénit
le 24 septembre 1617, par l'évêque d'Angers, fut interdit au siècle
suivant pour cause d'insalubrité (Arch. de la M.. B. 2.857). Celui de
Saint-Remi fut également prohibé, le 22 août 1723, parce que les tombes
empêchaient la circulation autour de l'église. Un autre cimetière, sur
les fossés, avait été bénit en 1670 et agrandi en 1740 par l'adjonction
d'un jardin appartenant à la fabrique. L'allée de procession entre l'église
et le presbytère fut bénite, le 23 mars 1739, pour servir de lieu de
sépulture aux enfants. — Le cimetière primitif de l'hôpital Saint-Julien
fut transféré, le 28 septembre 1775, sur le chemin de Gennes, dans un
terrain cédé par le collège. — L'hospice Saint-Joseph avait aussi son
cimetière, qui fut bénit le 25 août 1723. — Le grand cimetière, dlit
aussi du Martray, situé sur l'emplacement de l'ancien ermitage de Saint-Ceneré,
était commun à toute la ville « de tems immémorial », dit le curé de
Saint-Jean en 1655. Boisdauphin fit raser, 1593, l'église du
Martray, qui avait pour chapelain, en 1565, Jean Moreau. On y éleva
dans la suite plusieurs chapelles dont il restait encore quelques ruines
en 1830. La principale, environnée d'un petit jardin, dépendait du prieuré
et fut restaurée, en 1634, parJean Boulay, de Bazouges. On y faisait
quelquefois des mariages. Elle fut vendue nationalement malgré les protestations
des habitants. A quelques pas coule la fontaine de Saint-Célerin dont
l'eau est réputée efficace pour les maladies d'yeux. Le cimetière actuel
ouvert, en 1825, sur le territoire de Bazouges, et notablement agrandi
en 1890, puis annexé à la ville en 1891, sert aux deux paroisses de
Saint-Jean et de Saint-Remi. Celle de la Trinité a, sur le bord de la
ligne du chemin de fer, un cimetière qui lui est commun avec l'hôpital
Saint-Julien.
Enseignement.
Collège.
— Le droit qu'avaient d'ancienneté les chanoines de nommer les maîtres
du collège leur fut renouvelé en 1413. On d