Travail de nuit d’un apprentis en 1719 prévue dans le contrat d’apprentissage de tailleur d’habits

en cas de nécéssité. Ceci se passe à Brain-sur-Longuenée (49), et le tailleur est René Fourmond.

En poursuivant la lecture des contrats d’apprentissage que j’ai relevés, j’ai lu cette clause dérangeante. Puis, j’ai tenté de la comprendre, et merci de me faire part de vos suggestions.

Qu’est ce qu’un tailleur d’habits peut bien avoir à réaliser de si urgent, qu’il faille travailler de nuit en cas de nécéssité ?

Je vois la tenue de deuil, car dans ce cas, le tailleur n’avait que quelques heures, puisqu’à cette époque les inhumations ont lieu dans les 24 h qui suivent le décès.

Lorsque j’étais jeune, dans les années 1950, on portait toujours des vêtements de deuil, de couleur noire, et rien d’autre, souvent durant toute une année voire plus. Avez vous des souvenirs de ce type, car il semble bien que cette coutume soit en voie de disparition ?
Je crois qu’autrefois on portait des tenues de deuil, car j’ai trouvé à Angers un acte notarié par lequel une veuve payait son tailleur d’habits d’une telle toilette. Le montant était élevé, mais la dame cherchait en fait à se remarier… et la toilette de deuil devait être à la fois noire et coquette, bien que le contrat ne précise pas la couleur….

Il s’agissait aussi sans doute de noces, de ces noces villageoises, vite arrangées et expédiées, mais auxquelles tout le monde venait. Le tailleur local (on n’avait pas encore la planète entière pour acheter) devait effectivement être parfois totalement débordé…, car il était seul à pouvoir satisfaire les demandes locales…
D’autant qu’on assemblait à la main, et que nous avons vu qu’autrefois les tissus étaient solides et épais, pour durer. J’ai eu la curiosité d’aller voir l’Encyclopédie Diderot, et suis tombée en arrêt devant les points utilisés.

Cette planche ressemble à mes cahiers d’écolière. J’avais un cahier de couture, dans lequel on intercalait sous forme de fenêtre, nos exploits de couturière en herbe. J’avais une planche de points, mais pas aussi variée que celle-ci, qui illustre à merveille le besoin de coutures solides de tissus épais. Mais qui illustre aussi qu’il fallait beaucoup de temps pour assembler les étoffes, d’autant que les femmes n’étaient pas arrivées à la mini-jupe (moi non plus au reste).

C’est le seul contrat dans lequel j’ai lu le travail de nuit, mais par contre j’ai lu à plusieurs reprises une clause plus sympathique : le maître est aussi (après les clauses habituelles) tenu de traiter son apprentis humainement.
Poursuivant ma lecture détaillée, j’ai même un contrat dans lequel cette clause est rédigée ainsi :
le traiter doucement et humainement.

Cette phrase, hallucinante dans un contrat, signifierait-elle que certains maîtres auraient été plus que durs, et certains parents auraient-ils voulu éviter cela à leur progéniture ? Je pense qu’il faut la lire ainsi, enfin, c’est mon hypothèse.

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Une réponse sur “Travail de nuit d’un apprentis en 1719 prévue dans le contrat d’apprentissage de tailleur d’habits

  1. Report des commentaires parus dans mon ancien blog :
    Galisonnière, le 30 janvier : Aussi loin que remontent mes souvenirs de petite fille, j’ai vu Maman en noir car en deuil, et souvent avec un voile à son chapeau. A cette époque les dames de la campagne portaient une coiffe avec un ruban noir et celles de la ville un chapeau avec un voile.
    Pendant plus de 10 ans Maman à porté le deuil successivement de son beau-père, de sa mère, d’un frère, de son père etc…
    Papa quand à lui avait une cravate noire et un crèpe sur le revers du veston.
    Les étrangers à la famille qui allaient à un enterrement se devaient d’être vêtu de couleur sombre.
    Tout ceci n’existe plus.

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