Mes mémoires de la seconde guerre mondiale

Introduction

En ce 8 mai, je viens vous conter l’un de mes souvenirs de cette seconde guerre mondiale. J’ai certes écrit tout ce dont je me souviens, mais je ne l’ai pas publié, et sans doute devrais-je le faire. Mais avant de le faire, je tiens à vous conter le plus merveilleux souvenir d’enfant que j’étais !

la nuit de notre fuite jeudi 16 septembre 1943 

Oui, c’est un moment merveilleux que je vous conte. J’étais l’aînée de 4 enfants et ma maman enceinte du 5ème. Mes cousins de Gesté, au nombre de 3 étaient venus à Nantes avec leurs parents grâce à un de leur voisin qui ne rentra pas à Gesté ce soir-là car sa femme était en ville sous les bombes et il la chercha. Mon père attela les 2 chevaux chacun à une voiture à cheval, dont l’une était un vrai camion à cheval. Sa mère et sa soeur qui demeuraient en face de chez nous avaient rapidement fait leurs bagages, autant que mes parents, mais sans doute assez lourdement chargé les 2 voitures. Donc au total nous étions 6 adultes (papa, mama, tante Marguerite, tonton Louis, tante Louise et grand mère Halbert) et 7 enfants.
De Nantes à Gesté il y a 43 km, ce qui est une distance quotidienne normale pour un cheval, pas plus, mais les chevaux avaient un certain âge, et les voitures étaient toutes deux chargées. L’un d’eux se nommait Papillon, et j’entends encore régulièrement « Hue Papillon ! ». La route n’était pas toujours plate, et les pauvres chevaux faisaient ce qu’ils pouvaient, aussi ce qui devait arriver arriva.
Papillon n’en pouvait plus et au beau milieu d’une cote, il s’arrêta net, refusant de partir. Les adultes prirent alors 2 décisions : faire descendre tout le monde, et atteler les 2 chevaux à la voiture camion chargée. C’est alors que du haut de mes 5 ans et 3 mois, voyant les adultes s’aligner derrière le camion la main sur la barre arrière pour le pousser, je me suis alignée près d’eux et j’ai levé bien haut ma main pour atteindre la barre et pousser.
J’ai encore en mémoire cet instant merveilleux du sourire des adultes me voyant ainsi avec eux !

oui, ce merveilleux sourire

Oui, les adultes furent merveilleux pour les enfants, nous épargant la peur, nous dissimulant habilement la vérité et je leur ai cette nuit là offert une seconde d’amusement !
Des années plus tart, début des années 60, alors que tout allait de travers en France habituée aux attentats, je travaillais à Bagneaux-sur-Loing dans l’immense verrerie, mais on y allait depuis Nemours en train chaque jour. Or, un soir après le travail, moi et quelques collègues nous atteignons la gare de Bagneaux, et là un train était bloqué en plein milieu de la gare pour tout bloquer.
C’est alors que l’une de mes collèges, plus petite que les autres, s’approcha de l’arrière du train, nous invitant à en faire autant qu’elle, et mit la main sur le train pour le pousser. Cet instant de nos rires entre collègues est dans ma mémoire à jamais, car je vis alors ma main en cette nuit du 16 septembre 1943 sur le camion près des adultes et leur sourire !
Ce soir là, bien sûr aucun train ne bougea et je me souviens de nos galères de salariées pour aller faire du stop sur la route… mais je me souviens surtout de tous ces sourires… même quand tout va de travers !

 

 

 

François La Noue Bras de Fer époux de Marie de Luré dame du Plessis aux Tournelles, 1585

Introduction 

Depuis peu j’étudie les Archives notariales de Provins et j’y ai eu le bonheur de remonter les ascendants de Jules Verne en Seine et Marne, car pour la Nantaise que je suis Jules Verne est un personnage Nantais. Ce jour je vous transmets la découverte d’un autre célèbre Nantais qui a laissé une trace à Provins : François de La Noue Bras de Fer

rue La Noue Bras de Fer à Nantes

Plaque rectangulaire portant, en blanc sur fond bleu, l'inscription : île de Nantes ; RUE LA NOUE BRAS de FER ; 1531-1591En 1969 je travaillais à la Biscuiterie Nantaise, place François II à Nantes. Venant travailler à pied, je traversais cette place puis je prenais à gauche la rue dont le nom m’interrogeait beaucoup, car ce Bras de Fer au 16ème siècle était pour moi un grand étonnement. Cette surprenante prothèse n’avait certainement rien à voir avec les merveilles techniques que nous avons pu voir aux Jeux Paralympiques 2026 le mois dernier. Elle ne devait pas beaucoup servir.

François La Noue Bras de Fer

Outre sa page sur Wikipedia, je découvre qu’il avait épousé en 1573 en secondes noces Marie de Luré dame de Plessis-aux-Tournelles °ca 1530-1535 †1612/
x1 avant 1552 avec Lancelot de La Vallée, seigneur de Mesrobert †/1553
x2 6 avril 1554 avec Charles de Melun, baron des Landes †1566 (contrat), dont Madeleine ca 1556-
x3 27 septembre 1567 avec Louis de Vaudrey, seigneur de Mouy †1569
x4 1573 avec François de La Noüe, seigneur de La Noë-Briord 1531-1591

Il est fait prisonnier en 1580 par les Espagnols qui le gardent cinq ans prisonnier au château de Limbourg. Il y compose ses fameux Discours politiques et militaires.
Il est libéré en 1585 seulement, or l’acte qui suit date de cette libération, et ils empruntent la somme de 9 000 euros !!!

Le Plessis-aux-Tournelles

Le lieu existait en Brie selon l’acte notarié passé à Provins en 1585, mais je ne l’y ai plus trouvé. Je trouve seulement ce nom ailleurs.

Ratiffication d’un prêt de 9 000 livres 

Marie de Luré rattifie ici un prêt d’un montant important pour son époux. L’acte est bien passé à Provins par le notaire Delanoe.

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1585.07.24 vue 354 – A tous ceulx que par devant (blanc) fut présente en sa personne haulte et puissante dame Marie de Luré dame du Plessis aux Tournelles et de Luminguy en Brie femme espouze de hault et puissant seigneur François de Noue chevalier dudit lieu nommé par contrat de constitution cy devant escrit icelle dame de sondit mary aucthorisée selon qu’il est contenu audit contrat demeurante audit Plessis, laquelle a confessé et confesse après lecture à elle faite par l’ung desdits notaires soubsignés l’aultre présent du contenu audit contract (illisible) ledit contract et tout le contenu en icelluy loue grée ratiffie confirme et approuve et par ces présentes loe grée ratiffie confirme et approuve et a pour bien agréable voulant consentant et accordant qu’il valle tienne et sorte son plain et entier effect force et vertu de poinct en poinct et d’article en article selon sa forme et teneur sans jamais aller ne venir contre an aulcune manière et en ce faisant icelle dame Marie de Luré fait en son propre et privé nom qu’au nom et comme procuratrice et soy faisant et portant fort dudit seigneur de la Noue son mary par lequel elle a promis (f°2) faire ratiffier et avoir agréable valablement le contenu en ces présentes et audit contract de constitution le faire obliger avecq elle l’ung pour l’aultre et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division ne discussion à la garantie paiement et continuation de la rente cy après déclarée entretenement et accomplissement de tout le contenu audit contract de constitution le faire renoncer au bénéfice de division d’ordre de discussion et en bailler lettres de ratiffication et obligation bonne et vallable au seigneur de Gouaix nommé audit contract si tost et immédiatement que ledit seigneur de la Noue sera de retour en France par lesquelles il aucthorisera derechef ladite dame sa femme pour tout l’effect du contenu audit contract de constitution et en ses déppendances, a promis et sera tenu et promet esdits noms que dudit sieur de la Noue son mary l’ung pour l’autre et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division ne discussion renonçant au bénéfice de discussion et ordre mesme aux bénéfices de Velleyan à l’autenticque si qua mulier à elle exprimés et donnés à entendre par l’ung desdits notaires l’aultre présent (f°3) que femme ne se peult obliger ne intercéder pour aultruy mesme pour son mary si elle ne renoncent auxdits bénéfices et que si elle n’y renoncent elles en pourraoient estre relevées à quoy elle renonce, garantir de tous troubles ypotheques et autres empeschemets générallement quelconques audit seigneur messire Helie du Tillet seigneur de Gouaix nommé audit contrat absent lesdits notaires stipulant et acceptant pour luy ses hoirs et aians cause les 250 escuz sol de rente mentionnés audit contrat et iceulx paier et continuer au lieu et termes et ainsi que promis a esté par ledit contrat et entretenement faire et accomplir tout le contenu en iceluy selon et ainsi que passé et accordé par Georges de Chaumont comme procureur et soy faisant et portant fort desdits seigneur et dame de la Noue, et par Me Denis Lecamus pareillement y nommé se consentent icelle dame esdits noms et la somme de 3 000 escuz sol pour laquelle a esté faite ladite vente et constitution d’icelle rente laquelle elle confesse avoir receue et (f°4) (ligne illisible) et en tant que besoing est ou seroit elle en quite ledit seigneur de Gouaix et tous aultres approuvant le domicille esleu par ledit contract et à la garantie entretennement accomplissement de tout le contenu audit contrat ladite dame Marie de Luré esdits noms a obligé et ypothéqué oblige et ypothèque par ces présesntes tous et chacuns les biens meubles et immeubles dudit seigneur de la Noue son mary et d’elle présents et advenir spéciallement les terres garennes et seigneuries de Lumigny et du Plessis aux Tournelles à plein spécifiés par iceluy contrat sans que la générale obligation puisse desroger à la spéciale ny la spéciale à la générale, promettant outre et promet ladite dame rendre et paier à plain et sans aulcun plaid ou procès tous frais mises despens dommages et intérests encourus par deffaut des choses dessusdites et d’icelles contenues audit contrat au cas aulcunes d’icelles non faites et entretenus par la forme et manière que dict est (f°5) … fait et passé au château du Plessis aux Tournelles le 28 juillet 1585 – signé Delanoe notaire, Marie de Luré »

A 88 ans je découvre la vue comme je ne l’avais jamais vue !

Très handicapée des yeux

Nous ne sommes pas égaux pour la vue et parmi les porteurs de lunettes, il existe des différences considérables, ce que l’immense majorité des porteurs de lunettes ignore totalement.  En fait, il y a ceux, qui comme moi, sont totalement incapables de trouver quoi que ce soit, même la porte des toilettes près de ma chambre la nuit !!! Et qui portent des lunettes très, très correctrices… enfin quand elles sont bien faites !!!
Outre mon fort degré d’astygmate et hypermétrope, j’étais devenue presbyte très jeune,  il y a plus de 45 ans. Au début de cette presbytie, c’était encore le temps du verre et 2 paires de lunettes dont l’une pour voir de près. J’ai toujours ces 2 paires, très lourdes, dans un tiroir. Puis, sous prétexte de progrès, on n’a plus fait qu’une paire, et on l’a allégée ! Alors là, les opticiens peu soucieux des verres fortement correcteurs, sont nombreux à m’avoir vendu des verres pas centrés voire même inadaptés, mais aucun ophtalmologue n’a accepté à la vision de ces lunettes mal faites de me défendre…

il faut dire que mon nez n’est pas au milieu

Comme sans doute beaucoup, mais une grande partie des opticiens n’en ont rien à faire. Pire, parmi ceux qui ont bien voulu centrer sur mes yeux, il y en a au moins 2 cas qui m’ont importé de je ne sais où des verres bon marché pour eux, mais peu adaptés à un tel défaut. Certes, après des années d’horreur, les opticiens sont tenus de faire le descriptif de leur vente mais comment ensuite démontrer que ce n’est pas ce qu’ils ont réellement vendu… Il n’existe aucune instance de recours…

mon oreille gauche est plus haute que la droite

Au début des années 70 j’ai eu la paupière gauche entièrement refaite à neuf, par suite d’une vilaine tache qu’il fallait immédiatement enlever parce qu’elle était vilaine au sens médical ! Ces saletés se manifestent souvent sur le visage, mais rarement sur la paupière. Le dermatologue appela immédiatement un ophtalmologue, comme étant plus capable d’opérer cette greffe. C’est ainsi que je fus greffée d’urgence avec ma peau de derrière l’oreille gauche, et l’opération en microchirurgie dura 6 heures, mais jamais personne de vit rien tant le travail fut bien fait !!! Et là encore, les opticiens n’en ont cure, tout comme la plupart d’entre eux pour le nez peu centré…

j’ai perdu des milliers et des milliers d’euros

Mes lunettes coutaient le plus souvent 2 000 euros sans monture chère, uniquement le prix de ces verres correcteurs, sans aucune garantie de voir correctement. J’ai même subi un cas il y a 35 ans alors que j’étais au chômage, ou je ne voyais même pas les touches pour tapper mon code à la porte. Je ne faisais alors que des erreurs de code…
Mais ces dernières années, grâce à un bon conseil d’amie, j’avais été  chez Claireux, et là, miracle, les lunettes étaient enfin parfaites. Et mes retranscriptions sur mon blog on pu se faire !!! Car j’avais investi dans une installation professionnelle avec grand écran DELL et surtout pas un ordinateur portable, et aussi un vrai clavier et une vraie installation pro. Mais depuis plusieurs dizaines d’années je ne voyais pas à lire un livre ou les courriers papiers… même avec les bonnes lunettes Claireux. Tout était donc lu sur la grand écran, en zoomant.

cataracte opérée : j’ai 4 nouvelles copines !

J’ai été opérée de la cataracte oeil droit le 12 mars. Très astygmate et hypermétrope, je n’avais jamais vu les aiguilles du réveil. Maintenant j’ai 4 merveilleuses copines que je salue joyeusement chaque matin sortant du lit : vous avez bien lu 4, car je vois les 4 aiguilles de mon réveil, alors que je ne les avais jamais vues !!! et les voir est un moment merveilleux au réveil !!! j’adore la trotteuse, longue et fine !!! Et le tout, vous avez bien compris, sans aucune lunette !

J’ai perdu 50 cm

Je vois désormais en relief, alors que les verres fortement correcteurs de ma faible vue me rendaient uniquement une image plate sans relief, et sans profondeur, de sorte que lorsque je conduisais, je ne pouvais pas évaluer les distances, et en conséquence je roulais toujours « derrière camion ».
Je découvre maintenant les cailloux en relief sur le sol quand je marche (sans aucune lunette) mais par contre je découvre aussi que je suis bien plus petite que je pensais et je vois le sol bien plus près, environ 50 cm de moins qu’avant, et cela me déboussole un peu de me voir maintenant plus petite…
J’ai dependant gardé ma forte presbytie et je ne vois rien sur le smartphone etc… et donc j’ai des lunettes loupe et aussi des loupes partout, même et surtout dans le frigidaire pour lire les dates. Mais avec ces lunettes, impossible de se lever de mon fauteuil car je vois rien au sol et tout est flou dans l’appartement, aussi il faut les poser constamment…

mais la compagnie d’un vol de moucherons

mon second oeil n’a pas réagi correctement et me voici avec beaucoup de petites taches qui bougent sans cesse (décolement de la rétine), et une proche m’a conseillé de faire comme un certain …. (vous avez deviné son nom, avec son bandeau sur l’oeil gauche)

j’admire pourtant le printemps et ses couleurs

J’habite un endroit merveilleux, sur les îles de Loire riches en nature diverse, et je jouis des aubépines, glycines, marronniers etc… que je m’arrête chaque fois admirer, car je sors chaque jour marcher une heure… et c’est une saison si belle !  j’écoute mêmes les oiseaux et je m’arrête pour eux quand je les entends… pour jouir de leurs chants car certains sont si beaux !

à mon ami DETLEF, qui est 100 % aveugle

Detlef est le mari d’Hildegarde, mon amie allemande depuis 75 ans. J’ai des souvenirs de Detlef tels que jamais il ne me serait venu à l’esprit de me plaindre de mes yeux. Ainsi, la première fois que je le vis, ils demeuraient en banlieue de Düsseldorf, au second, et il descendit m’accueillir sans toucher la moindre rampe, comme en sautillant léger dans l’air. Une autre fois, il jouait aux échecs avec un ami aussi aveugle, et je tricotais devant eux, ne voyant que des mains et surtout pas les pions, mais pendant une heure au moins, j’entendis tous les échanges de méthodes pour tondre la pelouse, nettoyer… etc… Innoubliable !!! Alors jamais il ne me serait venu à l’esprit de me plaindre de ma médiocre vue !!!

 

Un patronyme disparu : Lescoufflier, Saint-Hilliers (77) 1585

Introduction 

Je rencontre depuis 2 ans que je fais des recherches sur Provins et environs, le patronyme LESCOUFFLIER, et il semble bien avoir disparu, même si certains patronymes actuels pourraient lui ressembler.

Vente de terres à Saint-Hilliers par Jehan Lescoufflier

En fait il vend pour son père qu’on suppose trop âgé (à l’époque c’était moins d’années que de nos jours) pour se déplacer à Provins traiter la vente.

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1585.06.07 vue 332 – Comparut personnellement Jehan Lescoufflier le jeune laboureur demeurant à Sainguy paroisse de st Yllier lequel tant en son nom que comme soy disant avoir charge et fondé de procuration de Jehan Lescoufflier lesné son père laboureur à la Corre paroisse d’Aulnoy ayant pouvoir par icelle de faire la vendition cy après déclarée et par lequel dabondant il promet faire ratiffier tenir et avoir pour bien agréable ce présent contrat quant besoing et requis en sera recognut avoir vendu ceddé et par ces présentes vend cèdde quite transporte et délaisse promis et promet tant en son nom que en ladite qualité de procureur de sondit père et en chacun d’iceulx garandir de tous troubles et empeschements à Jehan Bardot fils de Denis huillier demeurant à Provins à ce présent achepteur et acquesteur pour luy ses hoirs etc c’est à savoir 3 quartiers de terre pris en une pièce de 2 arpents 6 perches ou environ la terre comme elle se comporte assise au finage de Sainguy au lieudit Champdoré tenant d’une part aux hoirs Jacques Privé d’autre aux Marees d’un bout sur les Mareceaulx d’autre aussi – Item ung quartier de terre pris en une pièce faisant hache contenant ung arpent 3 quartiers 15 perches au finage ou lieudit les Culiers …

 

Constitution de rente en nature et rachat 18 ans plus tard, Provins 1585

Introduction

Les archives des notaires ont souvent été reliées mais la plupart du temps, lors du classement, fait sans doute chez le notaire, un acte de rachat d’une rente était classé avec la constitution de la rente, alors qu’il est des années plus tard.

format de papier différent 

Pire, parfois le format du papier du second acte est différent du premier, et la volume relié comporte ainsi des plis et autres accomodements au format. Ainsi, je vous mets la vue totale qui montre ces plis, et bien entendu dans les plis c’est totalement illisible désormais…

contitution de rente en nature et son rachat 

18 ans après la constitution de cette rente, elle a changé de mains suite au décès et les héritiers amortissent la rente au lieu de garder cette charge en nature. La somme est la même car en 1585 on utilisait les écus mais en 1603 les livres qui valent le tiers de l’écu. Ces actes sont comme tous les actes notariés de ces fonds des sources de filiation pour les généalogistes, et ici on a donc les héritiers, et c’est une filiation sure. Dans tous les autres actes même et surtout les ventes, le notaire donne la provenance des biens, donc souvent filiation.

la rente en nature est payée directement par le fermier du propriétaire

Un bourgois de Provins n’exploite pas directement les terres qu’il possède, et pour payer la rente en nature qu’il vient de constituer, il délègue cette charge à son fermier, après accord entre eux etc… Donc le blé sera versé directement par le fermier à celui auquel la rente est due chaque année en blé. Ce type d’accord n’est pas toujours le cas, et nous avons vu sur mon blog, comment le meunier était mis à contibution pour sortir de son grenier à grains des grains à des particuliers vivant en ville et non exploitants directs, qui avaient rente en nature à payer…

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1603.03.18 vue 324 – (illisible) du roy lieutenant particulier au baillage et siège présidial de Provins et Catherine Truffe sa femme receu de Me Odart Provost chanoine de l’église Notre Dame du Val de Provins héritier en partie de deffunt Me Pierre Drouard vivant huissier au baillage et siège présidial la somme de 150 livres pour le sort principal rachapt extinction de la rente de 3 septiers de bled froment de rente constituée par ledit deffunt Drouart au proffit de defunt Me Jehan Truffe advocat audit Provins père de ladite Catherine

1603.03.18 vue 325 – Fut présent en sa personne Me Pierre Drouart huissier au siège présidial de Provins lequel de sa pure volonté a vendu et constitué vend constitue et assigne par ces présentes à Me Jehan Truffe advocat à Provins présent et acceptant pour luy ses hoirs et ayans cause la quantité de 3 septiers de bled froment de rente à prendre et percepvoir par ledit Truffe par chascun an le jour de feste sainct Martin diver le premier commenceant audit jour saint Martin diver prochainement venant par portion de temps et de là en contunuant par chascun an jusques au rachapt et payement des arrérages qui en pourroient estre deubz par portion de temps lors du rachapt à prendre sur certaines terres appartenant audit Drouart assises au finage de Villers sainct Georges et es environs cy devant partaigées enttre ledit Drouart et ses enffans d’une part et Clémence Deverdières d’aultre part, de laquelle ledit Truffé a de présent le droit et lesquelles terres dudit Drouart constituant sont de présent tenues et occupées par Pierre Lefebvre dit Lepaige laboureur demeurant en la paroisse de Villers sainct Georges par les mains duqurl Lefebvre tant et sy longuement qu’il tiendra lesdits héritaiges ou autre fermier qui pourroyt venir après luy, ledit Drouart a consenty et consent que ledit Truffé soyt préallablement payé desdits 3 septiers de bled sur la moisson qui luy est deue à cause desdites terres et en bailler descharge audit fermier en apportant quictance dudit Truffé par chascun an et générallement sur tous les aultres biens dudit constituant sans que la généralité dérroge à la spécialité ny la spécialité à la généralité, ceste présente vendition faite audit Truffé moyennant la somme de 50 escuz sol que ledit Truffé en a payés comptés et nombrés audit Drouard en quarts d’escuz et aultre monnoye en présence du juré et tesmoings soubzscripts dont il s’est tenu pour content si comme et promet etc obligeant renonceant etc fait et passé le samedy 25 may 1585 es présence de Claude Gemelle clerc et Nicolas Bousier clerc demeurant à Provins

Vente d’un petit jardin sous les remparts de Provins, 1585

Introduction

Lorsque je retranscris je découvre souvent l’orthographe de l’époque, même pour les noms de lieu. Ici, je découvre MELEIN, qui est manifestement MELUN sinon le notaire aurait précisé que cette ville était dans une autre province de France, en ajoutant par exemple « pays de Normandie », or il n’ajoute rien, donc c’est bien dans la même province.

un gars de Melun a épousé une fille de Provins

Autrefois quand on quittait sa ville natale on vendait les biens qu’on y possédait, de préférence à des proches parents. Or, de Melun à Provins il y a 50 km c’est à dire plus d’une journée de cheval, qui n’est que de 40 km. Donc on ne considérait qu’il fallait vendre. Et la vente se fait bien en famille, des biens de Madame, née à Provins.

un métier de répartiteur

mais je n’ai pas bien compris ce qui est répartit !!! alors j’ai mis en rouge le terme… pour ceux qui comprendront mieux que moi, d’avance merci…

vente d’un petit jardin sous les remparts de Provins

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1585.05.24 vue 323 – Comparut personnellement Pierre Marlot Me répartiteur des haultes alures ? de la ville et baillage de Melein y demeurant et Françoise Berthellot sa femme de luy suffisamment authorisée lesquels de leurs bons grés sans force recognurent avoir vendu ceddé et par ces présentes vendent cèddent promis et promettent garandir de tous troubles et empeschements quelconques à Ayoul Berthelot voiturier par terre demeurant à Provins achepteur et acquesteur pour et au nom et proffict de Denis Berthellot son frère ses hoirs et ayans cause à l’advenir c’est à savoir une planche de jardin contenant environ 5 perches la pièce comme elle se comporte assise en ceste ville de Provins rue de la foire aux chevaux tenant d’une part à Ayoul Bacquet d’autre auxdits vendeurs d’un bout sur les remparts de la ville d’autre sur la rue Maunans en censive du prieuré st Ayoul à ung denier tz de cens seigneurial le jour st Eloy sans autres charges comme ils ont dit, à ladite Bethellot appartenant de son conquest par elle et deffunt son mary pour en jouir par ledit achepteur esdits noms doresnavant à tousjours perpétellement, ce vendu le prix et somme de 2 escuz 2 tiers argent franc auxdits vendeurs que pour ce ils en ont eu receu dudit achapteur avec ung teston …