Les 6 moulins des Gobelets : Nantes Saint Jacques

Autrefois, passé la chapelle Bonne-Garde, Saint-Jacques n’était que jardins et moulins ; bien peu de maisons.
Je vous avais déjà parlé de ce paysage et je vais y revenir car je m’aperçois que je ne vous ai pas tout mis en ligne de ce que j’ai trouvé et relevé.
Mais ce jour je voudrais m’attarder sur les moulins des Gobelets, car il se trouve qu’ils me touchent personnellement à plus d’un titre. J’y reviendrai demain.

Il y avait en fait 6 moulins, dont 3 étaient même le long de ce qu’on appelait alors la « route de Nantes » et que nous appelons depuis longtemps maintenant la « route de Clisson ». Les 3 autres, un peu en arrière, auxquels on accédait par un chemin donnant sur l’actuelle rue de la Ripossière.

Ce sont des moulins à vent, mais on ignore s’ils étaient tous à blé. En effet il existait de nombreuses tanneries en bordure de la Sèvre et la Loire, il fallait donc aussi au moins un moulin à tan.

Nantes a compté de nombreux moulins autrefois, mais ceux des Gobelets n’ont pas retenu l’attention des historiens. Il faut dire que jusqu’en 1790 ils étaient sur la paroisse de Saint Sébastien d’Aigne, et ne sont devenus Nantais qu’en 1790, lorsque Nantes a annexé purement et simplement 2 fauxbourgs très actifs qu’étaient Vertais et Pirmil.
Au delà s’était la terre et on sortait vraiement de la ville à la Chapelle Bonne Garde.
Ces 6 moulins étaient proches les uns des autres, puisque l’un était à l’angle de l’actuelle rue de la Ripossière, là où les Haury furent jardiniers et grainetiers. Le second à l’entrée de la rue Georges Lemevel, exactement à l’emplacement de la maison n°2, qui fut la maison de mon enfance. Maison construite en 1905.
Le 3ème reste presque en face dans l’espace de verdure qui reste actuellement.
Et les 3 autres proches le chemin des Gobelets.

Les voici en 1834 sur le cadastre dit « Napoléonien »

Ce cadastre dit « Napoléonien » est celui qui est sur les site des Archives Départementales. Le site des Archives Municipales ne donne pas tout à fait la même chose, car les moulins ne sont représentés que par un rond grenat (les maisons sont des carrés/rectangles grenat) et sans les ailes comme sur le cadastre disponible sur le site des Archives Départementales. On peut être certains que ce sont des moulins car le dessin est bien représentatif de moulins.

et pour faciliter le répérage actuel je vous les ai situés avec une croix en rouge sur le plan actuel :

Demain, je vous emmène voir ce qui reste des pierres de l’un des 6 moulins ! Car elles sont bel et bien visibles !!!
A demain !

Relévé exhaustif du registre paroissial de Saint Jacques de Clisson : 1718-1745

… Le dépouillement d’un registre présente en lui-même un attrait analogue à celui du miracle de Lazare. L’acte de naissance de ces morts du XVIIIe siècle, qui n’ont même plus de tombes, les restitue partiellement à la vie…

… La grande histoire peut mépriser les humbles en elle anonymes, comme sont en nous anonymes les millions de globule de notre sang. Mais ni elle, ni la petite histoire, ni même le roman, quelles que soient les précisions et la couleur de son récit, ne peuvent donner ce caractère d’authenticité, ce parfum de fleur desséchée… Hervé BAZIN – Vipère au poing.

J’ai eu ce plaisir, et voyez plutôt en quelle quantité !!!

Après le registre de la paroisse de la Madeleine du Temple près Clisson, et celui de Saint Gilles près Clisson que je vous livrais il y a peu,

La semaine dernière je vous livrais le dépouillement exhaustif des plus anciennes années de la paroisse de Saint Jacques de Clisson, années très abimées et lacunaires du fait des Guerres de Vendée.

Aujourd’hui je vous livre le dépouillement exhaustif de la suite, à savoir les années 1718 à 1745, de la paroisse de Saint Jacques de Clisson, années très abimées et lacunaires du fait des Guerres de Vendée. Ces années furent celles du Jansénisme dans cette paroisse et vous allez décrouvrir la présence des femmes dans les actes de BMS, et même leur culture, puisqu’elles sont nombreuses à signer. La paroisse est certes peu peuplée, mais elle contient tout de même des choses remarquables, qui méritent d’être soulignées, outre le Jansénisme :
1 – les prisons royales, et ces prisons voient toute la région puisque Clisson est la zone frontière
2 – tous les employés de la garde des traites et gabelles, ainsi que leurs familles. Et cette population vient bien entendu de loin, avec des patronymes très peu locaux. On évitait ainsi que les gardes soient trop proches des locaux (si vous voyez ce que je veux dire)
3 – un hopital
4 – 2 cimetières, car l’hopital avait aussi un cimetière

Il y avait beaucoup de paroisses à Clisson, celle de Saint Jacques n’était pas si petite que d’aucun veut bien le dire, car elle s’étendait au Nord Est de la ville jusqu’à Gorges et comprenait même les moulins de Nidoye à l’Ouest de la Sèvre, et les meuniers utilisaient alors la chaussée des moulins, car le pont est bien plus tardif.

Je viens de refaire ma page HTML (page de mon site en mode HTML) qui donne la liste et les liens de tous mes relevés gratuits, et j’ai été émue de revoir tant d’années après l’immensité de mon travail gratuit et bénévole, totalement libre d’accès sur mon site sans aucune adhésion, contrairement aux associations qui vendent et demandent une adhésion payante.

J’ai par contre, à cette occasion, fait le tour d’Internet, à la recherche des relevés gratuits, et j’ai été tristement stupéfaite de constater que la gratuité n’est pas de mise !!! et pourtant, rien de plus simple sur Internet !!!

Voir mes relevés gratuits, qui concernent l’Orne, la Mayenne, La Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire, et même les Côtes d’Armor.

 

Le Jansénisme a tellement fait la place aux femmes à Clisson, qu’elles l’occupent beaucoup et longtemps après

Eh oui !
A Clisson paroisse Saint Jacques, qui n’est pas la paroisse bourgeoise de Clisson, mais tout de même celle où il y a hôpital, prisons royales et tous les gardes des traites et gabelles et leurs familles, beaucoup de femmes savent signer, et même si depuis 1741, le Jansénisme à Clisson est censé s’être arrêté, les femmes elles ne se sont pas arrêtées, et elles occupent bien la place.
Ici, sur ce baptême, vous en voyez 3 qui signent, et pas un homme !!!
Rien que des femmes.
Merveilleux actes sur Clison Saint Jacques.
N’est-ce pas Mesdames ?
A Clisson on connaissait « les femmes savantes » !

Place aux femmes dans le registre paroissial de Clisson Saint Jacques : ici en 1737

Poursuivant mon dépouillement exhaustif des registres paroissiaux de Clisson, j’oberve sur Clisson Saint Jacques une place des femmes qui est tout à fait inhabituelle. En effet, dans les registres paroissiaux, force est de constater que témoins sont plus que rarement des femmes etc…
Or, non seulement elles sont tout autant témoins que les hommes, mais même parfois elles viennent avant eux.
Ainsi j’ai observé plusieurs fois dans un baptême que la marraine était nommée avant le parrain. C’est une place pour le moins inhabituel.
Je vous mets même ici la mère avant le père, et c’est tout aussi inhabituel.


Clisson Saint Jacques le 18 janvier 1737 baptême de « Marie Anne fille de Marie Epiard et Estienne Allard parrain Estienne Dupont marraine Thérèse Belleroche de la paroisse de la Trinité »
Le prêtre a une écriture assez spéciale, que je peine à déchiffrer et cela n’a rien à voir avec la paléographie, mais avec la graphie tout court, car il écrit mal. Mais avouez tout de même qu’on peut lire le nom de la mère avant celui du père !!!

J’ignore totalement si le Jansénisme dont cette paroisse est un bastion à cette date y est pour quelque chose ?

Un inconnu assassiné trouvé dans les fossés du château : Clisson 1735

« Le 7 juillet 1735 injmé dans le cimetière de la paroisse Saint Jacques de Clisson un inconnu assassiné homme trouvé dans les fossés du chateau vis à vis la seconde tour à venir de la ville dans un grand profond d’eau qui y est après le procès verbal de levée fait par messieurs les juges de Clisson »


carte postale des années 1910


V.A. Malte-Brun, la Loire Inférieure, 1882

Splendide erreur sur le registre paroissial en pleine période Janséniste, paroisse très janséniste : Clisson 1734

Clisson en 1734 est en pleine période de Jansénisme :

Si le chapitre de N.-D. est soumis, un de ses membres les plus en vue, le chanoine Nizan, docteur en théologie, est appelant ; il s’est fait dans la région l’apôtre de la résistance aux décisions romaines. Auour de lui s’agite un groupe de recteurs fanatiques ; trois sur quatre des curés de la ville, N.-D., la Trinité et St-Jacques. Seul St-Gilles résiste à la contagion. Mais cinq curés du voisinage ont embrassé la cause avec enthousiasme : Marioux de Cugan, de Masalve de la Bruffière, Boulin de Boussay, Courtin de Gétigné, de la Grue de Mouzillon.

Et la paroisse Saint Jacques, l’une des 5 paroisses, et celle que retranscrit actuellement, est Janséniste, aussi je note scrupuleusement les indices dans le registre.
Mais ici, le vin est en cause :

C’est si joli que le prêtre écrive que vous avez « le bonheur d’avoir receu les derniers sacrements » et ce « à 80 ans » ! Mais il aurait pu écrire en marge que c’était votre sépulture (vous aviez le droit de mourir, à 80 ans à cette époque !!) et il aurait pu mettre votre prénom correctement. Et il a même oublié votre sexe !!!

Ouille !

Je ne vois qu’une explication.
Puisque ce n’est pas le Jansénisme, c’est que ce pays de vigne avait produit beaucoup de vin !!! Et les Jansénistes avaient tout de même le droit de boire !!!

Pardon pour mon manque de respect ce jour !
Mais, de vous à moi, cela ne fait pas de mal de se distraire un peu.
J’ai tant vu d’erreurs en marge !!! tant et tant !!!!
Odile

Et que cela ne vous empêche pas de boire le vignoble de Clisson, AVEC MODERATION !