Le baptême passé les 3 jours autrefois : le cas des familles nobles ou bourgeoises qui attendaient un parrain venu de loin : ici à Clisson 1715


On a attendu le parrain. L’enfant est né le 29 novembre 1712 et n’est baptisé que le 1er septembre 1715. Il faut dire que la famille LENFANT, noble, issu des LENFANT de Champtocé sur Loire (Anjou) est la principale famille vivant dans la ville de Clisson, et que le parrain n’est autre que le seigneur de Clisson, qui manifestement ne vit pas tous les jours à Clisson.

Clisson Saint Jacques le 1er septembre 1715 « baptisé François Armand fils de messire Jean Baptiste Lenfant sieur de Louzil et dame Elizabeth Fleuriau parrain haut et puissant messire monseigneur François Armand de Bretagne, comte de Vertu, de Gouello, seigneur de Clisson, baron d’Avaugour et premier baron de Bretagne, marraine damoiselle Barbe Fleuriau, ledit enfant ondoyé par permission de monseigneur de Nantes le 29 novembre 1712 »

Pour mémoire il y a 5 paroisses à Clisson, et quand on met un acte dans une base de données la moindre des choses est de préciser le nom de la paroisse et non écrire « Clisson » sans plus.
Donc, je suggère à ROGLO de préciser le nom de la paroisse. Ici il s’agit de la paroisse Saint Jacques de Clisson. Ils le font bien pour Nantes ou Paris, pourquoi pas à Clisson.

Voici ce que dit ce jour ROGLO :

et puis, je ne comprends pas pourquoi on ne cite pas la source mais seulement une succession de copieurs du fonds Freslon qui n’est lui même qu’un extrait et non l’acte original. Il faut dire que sur Roglo peu de leurs membres donnent la source primaire exacte.
Et Roglo pourrait ajouter ce prestigieux parrain :
haut et puissant messire monseigneur François Armand de Bretagne, comte de Vertu, de Gouello, seigneur de Clisson, baron d’Avaugour et premier baron de Bretagne

Pourtant Roglo a une belle page sur ce François Armand de Bretagne-Avaugour (ainsi écrit de Jour sur Rogloe et c’est mieux ainsi, et Wikipedia devrait en faire autant) Allez voir cette page car il y a son portrait, impressionnant. C’est un militaire.

L’esprit de pauvreté à Clisson : inhumation d’Olivier Demorton, chanoine, 1711

Le 13 juillet dernier, je vous signalais qu’à Clisson j’observais beaucoup en faveur des pauvres, et je suppose que la paroisse de la Madeleine du Temple avait en partie conservé l’esprit Templier :
L’immense solidarité des habitants de la paroisse de la Madeleine du Temple : Clisson

Poursuivant mes retranscriptions sur Clisson, j’observe sur d’autres paroisses des marques de cet esprit de pauvreté.
Ainsi, un chanoine a expressément souhaité ne pas être inhumé en l’église mais au cimetière et ceci est une très grande marque d’esprit de pauvreté alors qu’un chanoine est tout sauf pauvre, et peut être considéré comme socialement aisé.

Voici donc la volonté de ce chanoine et son inhumation avec les pauvres dans le cimetière de la paroisse Saint Jacques :

Le 26 décembre 1711 inhumé vénérable et discret missire missire Olivier Demorton prêtre et chanoine de Clisson, sépulture faite dans le cimetière de cette paroisse suivant l’intention du décédé

Respect maître de Morton ! Reposez en paix !
Par vos volontés vous témoignez combien vous avez compris que l’inhumation en l’église était à votre époque un signe de classe sociale aisée !

Nantes Saint Jacques sous les bombes : 23 septembre 1943 et 24 juin 1944

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Lundi prochain, 12 août, ce sera le 75ème annivesaire de la libération de Nantes.

Relisant les lettres de ma famille durant cette période, je viens de vivre une grande émotion, car un terme m’avait jusqu’alors échappé, et me laisse si émue que je tiens à faire un peu le vide de ce blog quelques jours.
Car, tappant sur GOOGLE ce terme effroyable, j’ai lu d’innombrables témoignages. Et je réalise l’horreur… Comment cet horrible comportement avait-il pu m’échapper ?

Le 23 septembre 1943, une semaine après le terrible bombardement qui a vidé la ville de Nantes de ses femmes avec enfants, vieillards et infirmes sur ordre affiché du préfet, Nantes est bombardé une seconde fois et même en 2 raids ce jour là.

Voici l’ordre du préfet, affiché sitôt après le bombardement du 16 septembre 1943 dans toute la ville de Nantes :

AVIS A LA POPULATION (que je résume)
doivent rester : les fonctionnaires, les commerçants, les hommes valides pour déblayer la ville et aider à sa remise en état et son alimentation
doivent partir : les femmes ne travaillant pas, les enfants jusqu’à 14 ans, les vieillards et les infirmes
suivent les 5 points d’organisation des départs, dont l’un rue Ledru-Rollin non loin de chez nous, car il est demandé de ne pas partir dans le désordre et de signaler où on va quand on a de la famille etc… sinon demander de l’aide aux autorités

Lors du second raid, la rue Saint Jacques est bombardée.
Une partie des destructions est visible en ligne.

Donc, maman et ses enfants ont fui Nantes dans la nuit du 16 au 17 septembre 1943. Mais une semaine plus tard, d’autres bombes tombaient.

Voici l’état du magasin de mon grand père à l’angle de la rue Saint Jacques et la rue du frère Louis le 23 septembre 1943 au soir ou bien le 24 juin 1944, car je trouve sur la carte des bombardements 2 bombardements du quartier.

Vous avez sur internet beaucoup de choses sur ce sujet, surtout sur le site des archives de la ville de Nantes.

A Clisson il y avait tissier, marchand tissier, serger, et même tireur d’étaim

Tous ces métiers sont dans le tissu.

La différence entre tissier et marchand tissier est celle entre ouvrier tissant de ses mains, et vivant plus que modestement, tandis que le marchand passe dans la région d’ouvrier tissier en ouvrier tissier et revend ensuite soit à Nantes soit sur les marchés et foires dont celles de Clisson, très courues, et ce, encore de nos jours !!! OUI, OUI, Clisson n’a sans doute plus tous ces tissiers mais un très très grand marché le vendredi matin, qui est d’une dimension bien supérieure à ceux qui existent encore à Nantes.

 

Le serger est le tireur d’étaim travaillent la laine, tandis que le tissier travaille le lin, chanvre puis coton.

le sarger a fait l’objet d’un billet sur mon blog

le tireur d’étaim a fait l’objet d’un billet sur mon blog, et si vous cherchez ce métier sur Google vous constaterez qu’il répond avec ma page. Ce métier mérite d’être souligné, car il est généralement écrit fautivement « tireur d’étain » alors qu’il faut lire « étaim », et qu’on est bien d’un beau tissu de laine, dont la racine est la même qu’étamine.

Donc, avec ce tireur d’étaim, qui vivait sur la paroisse Saint Jacques, plus artisanal que Notre Dame, on a un tissu plus noble et recherché, qui partait sans doute fort vite même sur Clisson puiqu’à Notre Dame vivaient beaucoup de bourgois et officiers du roi, et même un avocat au parlement de Rennes etc… Il devait donc y avoir beaucoup de différences de vêtements dans les rues de Clisson. Certes aussi à Nantes, mais Nantes est beaucoup plus étendue, alors qu’on a vite fait le tour de Clisson à pieds.

Ah ! j’oubliais, le tireur d’étaim était Louis Foulonneau en 1695

 

 

 

On trochonnait à Clisson en 1691

Lorsque j’ai découvert mon ascendance TROCHON, je suis tombée sur une mine généalogique bien étudiée car autrefois. Au dire des Mayennais, il y avait tellement de TROCHON BCBG à Château-Gontier et environs, que tout le beau monde TROCHONNAIT.
Donc, j’avais découvert que je trochonnais moi aussi.

Cette généalogie a fait l’objet d’une publication familiale sérieuse que je n’ai jamais recopiée, car il est totalement inutile de copier les autres. En 1682, Mme de la Théardière, Messieurs G. d’Ambrières et R. Villerey, ont publié sous forme de recueil destiné à la famille, donc limité, leur immense travail. Ce travail concerne l’Anjou puisqu’autrefois Château-Gontier était en Anjou.

J’ajoute que je descends des TROCHON précisément par mes BOREAU :

14-René Trochon x Anne Le Blastier
13-Michel Trochon x /1600 Renée Gilles
12-Renée Trochon x 1619 Louis Bourdais
11-Marguerite Bourdais x 1645 Jean Boreau
10-Renée Boreau x Champteussé 19 juillet 1672 Jacques Fourmond
9-Jean Fromond x2 Lion-d’Angers 16 novembre 1705 Madeleine Delahaye
8-Magdeleine Fromond x Grez-Neuville 1er juin 1733 Pierre Vergnault
7-Madeleine Vernault x Brain/Long. 23 décembre 1757 Mathurin Guillot
6-Jean Guillot x Chazé-sur-Argos 3 mars 1794 Aimée Guillot
5-Esprit-Victor Guillot x Noëllet 18 avril 1842 Joséphine Jallot
4-Aimée Guillot x Segré 22 novembre 1881 Charles Audineau
3-Aimée Audineau x 1907 Edouard Guillouard
2-Thérèse Guillouard x 1937 Georges Halbert
1-moi

A Clisson, nous avons vu des LENFANT, une ALLANEAU (voyez mon blog précécent). Or, en 1690, LANCELOT, le veuf Allaneau, qui était général d’Armes à Clisson, y décède. Est-ce un appel d’air pour les Angevins ? Car voici qu’un TROCHON vit à Clisson, et s’y marie :

Clisson Saint Jacques, le 30 janvier 1691 mariage : « Pierre fils de maistre André Trochon et honorable femme Françoise Brunel, avec Renée Gartiau veufve de Julien Bizet, fille de Michel et Michelle Oger, tous de cette paroisse toutefois ledit Trochon est né de la paroisse d’Azé fauxbourg de Chasteaugontier »

 

Mais ce TROCHON ne vient pas pour un office pour autre travail comme general d’armes, mais il est marchand sarger, donc c’est un lien entre Château-Gontier pays de la toile comme Laval, et les marchands tixiers de Clisson. Ils sont manifestement en lien d’affaires.

C’est fou de voir ainsi au fil de mes retranscriptions à Clisson, que je suis restée en fait en Anjou !!! Alors, j’adresse à mes lecteurs Angevins et Mayennais, un immense salut, car je ne les abandonne pas, la preuve, les voici à Clisson !!!

Et merci d’avance aux MAYENNAIS de relier ce TROCHON qui n’a pas de présence sur ROGLO, mais TROCHONNE tout à fait car Azé c’est tout comme Château-Gontier, et s’il se retrouve à Clisson, c’est qu’il n’est pas l’aîné, et qu’il a beaucoup de frères, donc doit trouver un poste ailleurs.

Sa compagne : manière plus que distinguée de dénommer l’épouse autrefois

Clisson était une petite ville très mondaine.

Je vous ai montré ces jours-ci que le château était habité au 17ème siècle. En outre, la paroisse du Château, celle de Notre Dame de Clisson, qui touche le château, avait chapitre et chanoines.

La population, plus que mélangée, comportait beaucoup de gens ayant des offices importants, la plupart à Nantes. Mais il y en avait même au Parlement de Bretagne, pourtant à Rennes, donc assez éloigné. Dans ces cas je suppose qu’ils y allaient quelques mois par an tout de même excercer leur office.

Tout ce petit monde, mondain, utilisait parfois, voire souvent, un vocabulaire mondain.

Ainsi, la retranscription que je fais actuellement du registre de Saint Jacques de Clisson utilise couramment le terme COMPAGNE ou lieu d’épouse.

Rassurez-vous, tout est légitime, et ce vocabulaire est uniquement bon chic bon genre, ou comme on disait quand j’étais jeune BCBG
D’ailleurs pour mémoire, lorsqu’un couple n’est pas béni par l’église en mariage, les baptêmes issus de ce couple soulignent tout à fait que l’enfant est illégitime, et le fait que tous les baptêmes mentionnent « et untelle sa compagne » pour mère de l’enfant est tout à fait légitime et signifie que le vocabulaire était un peu mondain.

 

Voici pour mémoire ce que donne le dictionnaire du Moyen Français sur le site ATLIF

4.

En partic. « Épouse«  : L’EMPERIÉRE. Ma chiére compaigne, ma seur, M’amour, mon solaz, or sui j’aise Quant je te voy. (Mir. emper. Romme, 1369, 310). Dame, je meismes vous menray La ou je vous espouseray Com ma compaigne. (Mir. Oton, c.1370, 336). …afin que au plaisir de Dieu nous [le duc de Bourgogne] puissions aler veoir en bonne prospérité mondit seigneur le Roy, ma dame la Royne, mon trèsredoubté seigneur monseigneur d’Acquitaine et ma trèsredoubtée fille sa compaigne (Doc. 1413. In : MONSTRELET, Chron. D.-A., t.2, c.1425-1440, 423). …nostre très chère compaigne la Royne (Doc. 1416. In : MONSTRELET, Chron. D.-A., t.3, c.1425-1440, 155). Et la, vous et ma tresredoubtee dame de Calabre, vostre compaigne, quant il vous plaira de y aller, les dames vous y festoieront tresvoullentiers, ainssy que s’enssieut. (LA SALE, Salade, c.1442-1444, 63). Vous avez oy comment Jaques de Voisines m’a sa suer Ysmarie grandement blasonnee et loee ; se telle est, elle est comme je la demande et vueil pour estre ma femme et compaigne (Nouvelles inéd. L., p.1452, 2). Ma treschere compaigne et tresloyale espouse, je vous requier (C.N.N., c.1456-1467, 29). …et là sceut que madame sa compaigne estoit fort malade (GRUEL, Chron. Richemont L., c.1459-1466, 222). Je vous requiers et prie que Creusa vostre fille me voeilliés donner a compaigne (LEFÈVRE (R.), Hist. Jason P., c.1460, 225). Toutesfois, messire Jacques, nous vous tenons bien estre recors des alliances de nostre très-cher et bien aimé fils de Navarre et de nostre très-chère et bien aimée fille sa compagne, laquelle est nièce de nostre très-cher et bien aimé le duc de Bourgongne, ensemble plusieurs alliances par nos ancestres et par elle acquises (Faits Lalaing K., c.1470, 152).