le prénom Fort et les communes Saint-Fort : Dieu Fort

Poursuivant mes retranscriptions des registres paroissiaux du Louroux-Béconnais, je rencontre dans les années 1560 un Fort Lhermitte qui fait des enfants, et même ici, en 1562, il transmet son curieux prénom à Fort Girardière.

Le Louroux-Béconnais : « Le neufiesme jour dudit moys d’octobre l’an que dessus (1562) fut baptizé Fort filz de Jehan Gerardière et Perrine Templez sa femme parrains Fort Lermitte tet Pierre filz de deffunct Jehan Belou maraine Macée Esnault femme de Aulbin Vyollaie par Rolard »

Aucun saint de ce nom, mais écoutons plutôt ce que nous dit l’abbé Angot à l’article Saint-Fort, commune de l’arrondissement de Château-Gontier, dans son Dictionnaire de la Mayenne :

Saint-Fort : … L »église, dédiée à saint Évroul (fête le 15 juillet) et au Dieu-Fort (fête à la Trinité), se composait primitivement d’une nef relativement large et d’un choeur plus étroit, en rond-point, le tout d’époque romane, comme l’indique encore le cintre de l’arcade intermédiaire. Les fenêtres furent bouchées au Nord, refaîtes et un peu agrandies au midi au 14e siècle. Des chapelles latérales furent ouvertes plus tard aux côtés du choeur ; celle du Nord se prolongeant et ouvrant sur la nef, est ajourée d’une belle fenêtre de la Renaissance, font malheureusement le tympan en demi-rosace, caché par la voûte, ne se voit que du dehors. Les chapelles qui étaient autrefois sous les vocables de Saint-Simon et de Saint-Denis, ont maintenant des statues de saint Évroul (côté de l’épître) et du Dieu-Fort ayant en mains pour attributs un globe (ou un coeur) et une croix.

Je remarque que cette paroisse a changé de nom au milieu du 16e siècle, passant de Saint-Evroul à Saint-Fort. Or, c’est précisément à cette période que je rencontre le prénom Fort au Louroux-Béconnais. J’en conclue qu’il y a eu manifestement un intérêt et des prédications pour le Dieu Fort, à cette époque. Serait-ce lié aux troubles d’alors ? une réaction ?
Quoiqu’il en soit, nous chantons toujours le Dieu Fort :

    Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Étérnel, béni soit ton nom !

Ainsi les trois noms sous lesquels Dieu se révèle dans l’Ancien testament, sont : Élohim (ou Éloah et El), c’est-à-dire Dieu ; puis El-Shaddaï, le Dieu Fort Tout-puissant, et Jéhovah, l’Éternel.

    En savoir plus : sur le site des questions bibliques : Les noms sous lesquels Dieu se fait connaître dans sa parole

La ville de Saint-Fort en Mayenne n’a pas retenue l’explication de l’abbé Angot, et se réfère à un prétendu évêque, que je ne trouve nulle part dans les sources abondantes sur les saints (encyclopédie Migne). Celle de Saint-Fort-sur-Gironde ne mentionne par d’origine.

    Voir le site de la commune de Saint-Fort en Mayenne
    Voir le site de la commune de Saint-Fort-sur-Gironde

En conclusion, je pense que le patronyme Fort relève bien du nom de Dieu Fort, fête à la Trinité, fête mobile, qui était le 24 mai en 1562, et le 16 juin cette année 2009, en même temps que la fête des pères, plus récente.
La Trinité était autrefois une fête plus importante, songez à toutes les paroisses qui sont sous le vocable de la Trinité ! Tout comme Épiphanie, Noël, étaient des prénoms, Fort fut aussi un prénom, si ce n’est qu’on n’a pas été jusqu’à avoir la prétention de s’appeler Dieu, et on a conservé Fort.

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog et non aller en discuter dans mon dos sur un forum ou autre blog. Tout commentaire ou copie partielle de cet article sur autre blog ou forum ou site va à l’encontre du projet européen d’éthique des blogueurs, disponible sur le site du Parlement européen.

sainte Avoie

Le prénom Avoie est rare en Anjou au 16e siècle, mais cependant présent, et je l’ai déjà vu à plusieurs reprises.
En retranscrivant tout le Louroux-Béconnais ancien, je rencontre encore au moins une Avoie au 16e siècle, époque à laquelle il y a plusieurs Ursule sur la même paroisse.
Or, sainte Ursule et sainte Avoie sont contemporaines et ont vécu ensemble, Avoie ayant suivi Ursule. Je suppose donc qu’il y eut une prédication au Louroux-Béconnais, relatant la vie de ces deux saintes, et qu’à la suite de cette édifiante épopée, toute empreinte de légendes plus que de faits historiques authentiques, quelques familles ont eut recours ce ces saintes lors du baptêmes de leurs filles. Il est vrai que sur cette paroisse je trouve plusieurs prénoms encore bien plus rares voir impossibles à trouver, et je vous en reparlerai.

et j’en profite pour faire le point sur cette sainte controversée, car sa vie tient de la légende et voici la totalité de cette légende :

AVOYE ou AURÉE (sainte), Aurea, vierge et martyre, l’une des compagnes de sainte Ursule, était originaire de Sicile, et sortait d’une famille qui jouissait des droits de souveraineté sur une partie de l’île. Elle consacra à Dieu sa virginité et refusa tous les partis qui se présentaient. Elle se trouvait dans la Grande Bretagne chez sainte Ursule, qu’on croit être sa cousine, lorsque celle-ci, pour se soustraire aux poursuites d’un chef saxon qui voulait avoir sa main, quitta sa patrie avec un grand nombre de vierges qui, commie elle, ne voulaient pas devenir les épouses des oppresseurs de leur nation. Lorsqu’elles eurent débarqué eu Allemagne, à l’embouchure du Rhin, elles remontèrent ce fleuve jusques vers Cologne ; mais étant tombées au milieu d’une troupe de Huns, qui dévastaient le pays, elles furent exposées à de nouveaux dangers et préférèrent la perte de leur vie à la perte de leur virginité. Avoye parvint à s’échapper des mains de ces barbares, et elle se réfugia dans une solitude près de la mer, du côté de Boulogne, où elle mena quelque temps la vie anachorétique. De nouveaux barbares ayant pénétré dans sa retraite, la massacrèrent après le milieu du Ve siècle. Il y avait autrefois à Paris, une église qui portait sou nom, et son culte était très célèbre dans plusieurs diocèses de France. — 6 mai. (Dict. hagiographique des saints, abbé Pétin, encyclopédie Migne, 19e siècle)

Le site Nominis la donne fête locale, fêtée dans le diocèse de Paris. Effectivement, la ville de Paris, possède dans le 3e arrondissent un quartier sainte Avoie, qui a pour frontières la rue Rambuteau, la rue des Archives, la rue des Gravilliers et le boulevard Sébastopol. Ce quatrier possède de nombreux passages pittoresques dont le passage Sainte-Avoie qui relie la rue du Temple à la rue Rambuteau. On trouve dans ce secteur de Paris le quartier de l’Horloge, le Jardin Anne Franck, le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme et de la Poupée.

Je crois cependant que les Parisiens n’ont jamais eu le privilège exclusif de sainte Avoie, et je permets de le leur rappeler ici. J’ai d’ailleurs surgraissé le passage de l’encyclopédie Migne, qui la donnait célébrée dans plusieurs diocèses de France, ce qui me paraît plus exact.

Mais par contre j’ignore si une paroisse d’Anjou avait pour elle un culte particulier. Je ne la trouve patronne d’aucune paroisse d’Anjou. Voir ma page des saints patrons des paroisses d’Anjou.

Le carême de nos ancêtres : autorisation exceptionnelle des oeufs pour cause de famine,

Premier dimanche de Carême. Voici ce que vous auriez entendu autrefois (extrait du Rituel du Diocèse de Nantes, 1776) :

Nous sommes entrés, mes frères, dans le temps de la pénitence. Nous vous avons expliqué dimanche dernier l’étendue de la loi du jeûne et nous nous persuadons que l’église trouvera en vous des enfants dociles à ses commandements ; mais faîtes attention que le jeûne du corps ne suffiroit pas sans celui de l’esprit ; et ce jeûne sprirituel consiste à éviter le péché, à mortifier les passions, et à se priver des plaisirs permis, ou du moins à en user plus sobrement. C’est pourquoi ne le séparez point de l’autre ; et même pratiquez-le avec plus d’exactitude ; puisque le fruit et le mérite du premier en dépend ; et que sans cela Dieu ne le sauroit agréer.
Mercredi, Vendredi et Samedi prochain, sont les Quatre Temps ; le jeûne qu’on y doit observer, et qui concours, avec celui du Carême, a été institué par l’église. Ceux qui ont atteint l’âgé de 21 ans, sont obligés de l’observer, sous peine de péché mortel, à moins qu’ils n’ayent quelque légitime empêchement : les malades, les convalescents, les femmes enceintes, les nourrices, les personnes que l’âge rend faibles et caduques, ou qui sont employées à des ouvrages fort pénibles, et généralement tous ceuq ui ne peuvent faire une longue abstinence sans un péril pour leur santé. Mais, il faut prendre garde de se flatter sois-même, Dieu est le juge des consciences. Ceux qui demandent permission pour manger de la viande sans nécessité, n’en pêchent pas mois, parce qu’ils violent le précepte de l’église. (Rituale nannetense, 1776)

    Voir sur ce site le travail des poissonniers en temps de Carême

Je fais prochainement un article sur les bouchers. Mais je découvre que les oeufs étaient assimilés à la viande, et là, je tombe des nues, car je ne pensais pas qu’ils étaient interdits avec la viande. Voici ce que relate le registre paroissial d’Ingrandes-sur-Loire en 1670 :

« Le froid aiant fait mourir générallement toutes les herbes propres à la noriture des hommes, et aiant empesché le transport du poisson de mer, par mandement exprès de monseigneur l’évesque d’Angers, en date du 27 febvrier au dit an, il fut permis à tous les chrestiens du diocèze de manger des oeufs de poulles et aultres pendant le caresme de la dicte année, jusqu’au jour des Rameaux inclusivement. Le caresme avait commencé dès le 19 du dict mois de Febvrier. La dicte concession avait esté pareillement accordée pour le diocèze de Paris et pour plusieurs aultres du royaulme. » Registres paroissiaux d’Ingrandes-sur-Loire.

    Histoire du jeûne et du carême

Pour ma part, le texte de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, me semble plus complet, car il traite des autres religions sur le plan historique :

JEÛNE, s. m. (Littérat.) abstinence religieuse, accompagnée de deuil & de macération.
L’usage du jeûne est de la plus grande antiquité ; quelques théologiens en trouvent l’origine dans le paradis terrestre, où Dieu défendit à Adam de manger du fruit de l’arbre de vie ; mais c’est-là confondre le jeûne avec la privation d’une seule chose. Sans faire remonter si haut l’établissement de cette pratique, & sans parler de sa solemnité parmi les Juifs, dont nous ferons un article à part, nous remarquerons que d’autres peuples, comme les Egyptiens, les Phéniciens, les Assyriens, avoient aussi leurs jeûnes sacrés en Egypte, par exemple, on jeûnoit solemnellement en l’honneur d’Isis, au rapport d’Hérodote.
Les Grecs adopterent les mêmes coûtumes : chez les Athéniens il y avoit plusieurs fêtes, entr’autres celle d’Eleusine, & des Thesmophories, dont l’observation étoit accompagnée de jeûnes, particulierement pour les femmes, qui passoient un jour entier dans un équipage lugubre, sans prendre aucune nourriture. Plutarque appelle cette journée, la plus triste des Thesmophories : ceux qui vouloient se faire initier dans les mysteres de Cybèle, étoient obligés de se disposer à l’initiation par un jeûne de dix jours ; s’il en faut croire Apulée, Jupiter, Cérès, & les autres divinités du paganisme, exigeoient le même devoir des prêtres ou prêtresses, qui rendoient leurs oracles ; comme aussi de ceux qui se présentoient pour les consulter ; & lorsqu’il s’agissoit de se purifier de quelque maniere que ce fût, c’étoit un préliminaire indispensable.
Les Romains, plus superstitieux que les Grecs, pousserent encore plus loin l’usage des jeûnes ; Numa Pompilius lui-même observoit des jeûnes périodiques, avant les sacrifices qu’il offroit chaque année, pour les biens de la terre. Nous lisons dans Tite-Live, que les Décemvirs, ayant consulté par ordre du sénat, les livres de la sybille, à l’occasion de plusieurs prodiges arrivés coup-sur-coup, ils déclarerent que pour en arrêter les suites, il falloit fixer un jeûne public en l’honneur de Cérès, & l’observer de cinq en cinq ans : il paroît aussi qu’il y avoit à Rome des jeûnes réglés en l’honneur de Jupiter.
Si nous passons aux nations asiatiques, nous trouverons dans les Mémoires du P. le Comte, que les Chinois ont de tems immémorial, des jeûnes établis dans leur pays, pour les préserver des années de stérilités, des inondations, des tremblemens de terre, & autres desastres. Tout le monde sait que les Mahométans suivent religieusement le même usage ; qu’ils ont leur ramadan, & des dervis qui poussent au plus haut point d’extravagance leurs jeûnes & leurs mortifications.
Quand on réfléchit sur une pratique si généralement répandue, on vient à comprendre qu’elle s’est établie d’elle-même, & que les peuples s’y sont d’abord abandonné naturellement. Dans les afflictions particulieres, un pere, une mere, un enfant chéri, venant à mourir dans une famille, toute la maison étoit en deuil, tout le monde s’empressoit à lui rendre les derniers devoirs ; on le pleuroit ; on lavoit son corps ; on l’embaumoit ; on lui faisoit des obseques conformes à son rang : dans ces occasions, on ne pensoit guere à manger, on jeûnoit sans s’en appercevoir.
De même dans les desolations publiques, quand un état étoit affligé d’une sécheresse extraordinaire, de plaies excessives, de guerres cruelles, de maladies contagieuses, en un mot de ces fléaux où la force & l’industrie ne peuvent rien ; on s’abandonne aux larmes ; on met les desolations qu’on éprouve sur la colere des dieux qu’on a forgés ; on s’humilie devant eux ; on leur offre les mortifications de l’abstinence ; les malheurs cessent ; ils ne durent pas toûjours ; on se persuade alors qu’il en faut attribuer la cause aux larmes & au jeûne, & on continue d’y recourir dans des conjonctures semblables.
Ainsi les hommes affligés de calamités particulieres ou publiques, se sont livrés à la tristesse, & ont négligé de prendre de la nourriture ; ensuite ils ont envisagé cette abstinence volontaire comme un acte de religion. Ils ont cru qu’en macérant leur corps, quand leur ame étoit désolée, ils pouvoient émouvoir la miséricorde de leurs dieux ou de leurs idoles : cette idée saisissant tous les peuples, leur a inspiré le deuil, les voeux, les prieres, les sacrifices, les mortifications, & l’abstinence. Enfin, Jesus-Christ étant venu sur la terre, a sanctifié le jeûne, & toutes les sectes chrétiennes l’ont adopté ; mais avec un discernement bien différent ; les unes en regardant superstitieusement cette observation comme une oeuvre de salut ; les autres, en ne portant leurs vûes que sur la solide piété, qui se doit toute entiere à de plus grands objets. (D. J.)

Après ma découverte des oeufs, j’ai cherché dans plusieurs sources dignes de foi, et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que les personnes que l’âge rend faibles et caduques, des prédications d’autrefois étaient remplacées par : jeûne obligatoire de 19 à 59 ans !
Ainsi je viens de découvrir que j’étais caduque !
Bigre ! Le terme est saisissant !

Suivre le carême sur Internet sur le blog des Dominicains de Lille (sublime ! à ne pas manquer !)

Le baptême d’antan : prière pour effacer le péché originel en chassant Satan.

Je poursuis actuellement la retranscription du registre paroissial du Louroux-Béconnais, baptêmes 1615-1635, et je rencontre de nombreux baptêmes d’abord faits à la maison à cause de la faiblesse et débilité et péril de mort, puis l’enfant était aussitôt apporté à l’église pour y recevoir les sacrées onctions et sainctes cérémones et exorcismes du baptesme.
Je m’étais demandée alors si cela ne serait pas opportun de revenir sur l’exorcisme. Or, voici qu’hier Josselin pose à pique la question :

    J’ai récupéré un acte de baptème du du 23 avril 1659 de la commune de Beaufort ( vue 369) d’une certaine Marie Phélippeau, dont j’aimerais que vous me donniez la restranscription fiable, car la mienne ne l’est assurément pas… Il semble qu’il soit question d’un baptème “dans la maison” par “Perrine Allain ……(?)” et plus haut il semble être question “d’exorcisme”. Mon imagination me joue t’elle des tours ?
  • Voici d’abord ma retranscription de ce baptême :
  • Beaufort « Le mercredy vingt troiziesme jour d’apvril mil six cents cinquante neuf ont estées supplées les exorcismes et cérémonies du baptesme à Marye fille de Me François Phelippeau et de Marye Besnard ses père et mère, a esté le parrain Pierre Nouel Me boullanger et la marraine Marthe Lebouvyer femme de Me Jehan Phelippeau tous de ceste ville laquelle Marye a esté baptizée dans la maison par Perrine Allain matrosne la croyant en péril de mort les susdies cérémonies faictes par moy Craigaind prêtre soubzsigné ledit jour mois et an que dessus – Signé Noel, Marthe Bouvier, Laugain ?, Gerard ?, Frementière, Craigaind »

  • But du baptême
  • Effacer le péché originel et entrer dans la famille du Christ. Ce péché originel fait allusion au péché d’Adam et Ève, s’étant crus plus malins que Dieu, et tous les humains naissent avec ce lourd héritage dont le baptême lave complètement.

    La cérémonie actuelle comporte toujours une phase de renonciation au mal. Le prêtre demande :

      Renoncez-vous à Satan ?

    On est censé répondre : j’y renonce.

  • Baptême d’antan, en latin
  • Autrefois le baptême était précédé d’une exhortation en Français, qui rappelait au parrain et à la marraine leurs engagements vis à vis de l’enfant, et commençait ainsi :

      C’est une nécessité indispensable, pour les descendants d’Adam, qui viennent au monde infectés de son péché, de recevoir le Baptême pour en être purifiés, et pouvoir entrer dans le royaume de Dieu. (extrait du Rituel du diocèse de Nantes, 1776)

    Suivait une seule question, en Français :

      Quel nom donnez-vous à cet enfant ?

    Le parrain et la marraine répondaient, d’où la phrase souvent rencontrée dans les baptêmes de nos vieux registres paroissiaux nommé par , suivi du nom du parrain et de la marraine.
    Ensuite le prêtre officiait en latin, et voici la phase par laquelle il chasse Satan :

    Exorciso te creatura salis, in nomine Dei Patris omnipotentis † & in charitate Domini nostri Jesu Christi † & in virtute Spiritus Sancti †. Exorciso te per Deum vivum † per Deum verum † per Deum sanctum † per Deum qui te ad tutelam humani generis procreavit, & populo venienti ad credulitatem per servos suos consecrari praecepit ; ut in nomine Sanctaie Trinitatis efficiaris falutare Sacramentum ad effugandum inimucum,

  • Exorcisme
  • Il s’agissait donc bien autrefois de chasser Satan par une prière, dite exorcisme.

    Exorciser : Prononcer sur le sel, sur l’eau, les prières de l’Église.
    Exorcisme : Nom de certaines prières ecclésiastiques qui se font pour chasser le démon (Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877)

    De nos jours, voici les 3 sens du mot exorcisme selon l’Encyclopédie Larousse :

    Pratique religieuse ayant pour but de chasser le démon qui a pris possession de quelqu’un.
    Prière par laquelle on exorcise quelqu’un ou quelque chose.
    Littéraire. Ce qui chasse une angoisse, une douleur morale qui hante quelqu’un.

    En conclusion, lors des baptêmes autrefois, on chassait bien Satan par une prière appelée exorcisme, mais le but était de laver l’enfant du péché originel, et n’avait rien à voir avec une notion de possession.
    Je pense qu’en l’espace de ma génération, on a gommé dans tous les domaines l’existence de Satan, de sorte que les jeunes aujourd’hui doivent en avoir une image caricaturale. Ceci dit je ne suis pas certaine que la notion de Satan qu’on nous inculquait par le passé était souhaitable !

    Pour en savoir plus sur le baptême : Histoire du baptême sur la site coire.com

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    Attestation de titre sacerdotal, Martin Rousseau, Denazé, 1622

    Tout comme la dot, il existait le titre sacerdotal par lequel les parents dotaient un fils ou une fille entrant en religion. Ici, les parents sont décédés, et leur fils a déja fait les partages de leurs biens avec ses frère et soeur. Il est propriétaire de la Touchardière en Denazé, mais il a besoin d’une attestation lui servant de titre sacerdotal, et c’est l’objet de cet acte notarié :

    la Touchardière : commune de Denazé, fief mouvant de Cangin, dont un livre de remembrances de 1516 se trouvait aux archives de Bourg-l’Evêque. – Seigneurs : Godefroy Touchard et Robert Bigot, son frère, mantionnés parmi les fondateurs du prieuré de Ballue, 1149, 1168 – Guillaume de Cens, 1466 – Martin Rousseau et Marguerite Gegu – Martin Rousseau leur fils, prêtre, par partages avec ses frère et soeurs en 1622 – François Maumusseau, conseiller au présidial de Château-Gontier, 1683 – Pierre Soulin, par acquisition sur René et Martin Maumusseau sieur de Champgrenu, 1704 (Dict. de la Mayenne, Abbé Angot, 1900) En rouge, le complément que j’apporte avec l’acte ci-dessous

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E5 – Voici la retranscription intégrale de l’acte : Le 15 septembre 1622 avant midy, devant nous Nicolas Leconte notaire royal à Angers, fut présent estably et soubzmis Me Martin Rousseau escollier demeurant en la paroisse de Cherancé fils de deffunctz Martin Rousseau et Marguerite Gegu, vivant demeurant à Denazé,
    lequel désirant parvenir aux saincts ordres de prestrise et sachant qu’il luy est besoing de titre sacerdotal a déclaré estre seigneur du lieu et closerie de la Touchardière situé en la paroisse de Denazé composé de maisons jardins chesnayes vergers d’une hommée de pré, de 8 journaux de terre labourable, ainsi que le tout est plus amplement spécifié aux partages faicts entre luy et ses frère et sœur des biens de leursdits père et mère pardevant Simon notaire de Saint-Laurent des Mortiers le 17 août dernier
    et que ledit lieu vault de revenu annuel pour le moings la somme de 60 livres tz dont il se contente pour sondit titre

    et furent aussi à ce présents maistre Olivier Simon notaire dudit Saint-Laurent des Mortiers demeurant à Miré et Jehan Desvans Me tailleur d’habits audit Angers demeurant paroisse st Pierre
    lesquels establis et deuement soubzmis et obligés solidairement sans division de personne ne de biens ont attesté vérifié et assuré par ces présentes estre véritable que ledit lieu et closerie de la Touchardière appartient audit Rousseau duquel il jouit paisiblement et lequel lieu de revenu annuel en vaudrait bien ladite somme et où le pourroit ne la valoir promettent le prendre audit prix et le faire valloir autant et par chacun an durant la vie dudit Rousseau dont les avons jugez et à ce que dit est tenir et accomplir etc dommages etc ledit Rousseau etc renonczant etc spécialement au bénéfice de division discussion et ordre de priorité et postériorité foy jugement condamnation

    fait et passé audit Angers maison de nous notaire présents maistres René Boutin et Pierre Sourdrille clercs demeurant audit Angers
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    Saint Sérène

    Poursuivant ma retranscription du registre paroissial du Louroux-Béconnais, je rencontre Serené Soret. Son prénom étant toujours orthographié ainsi, je pense qu’il est disctinc de saint Céneré, et comme cela n’est pas la première fois que je rencontre ce prénom de Serene, voici mes recherches.

    Comment un prénom rare arrivait-il ainsi en Anjou ? Soit Serene Soret est natif d’ailleurs, ce que je n’ai pas encore déterminé, soit, et c’est aussi probable, la proximité de l’abbaye de Pontron faisait que parfois des moines aient prêché en l’église du Louroux, et pu faire les louanges de tels ou tel saint !

      Pannonie : Province romaine située en Hongrie

    Voici les saints Sérène selon l’encyclopédie Migne, Dict. hagiographique des saints, abbé Pétin.

    SERENE (saint), Serenus, jardinier et martyr à Sirmich, était Grec de naissance. Ayant quitté sa patrie, il alla se fixer à Sirmich, en Pannonie, où il acheta un jardin qu’il cultivait lui-même et dont le produit suffisait à sa subsistance. Il vivait en solitaire dans sa petite propriété, sanctifiant son travail par la prière et les pratiques de la pénitence. Une persécution ayant éclaté sous les empereurs Galère et Maximin II, il se cacha, dans la crainte d’être arrêté ; mais il revint bientôt après reprendre la culture de son jardin.
    Un jour qu’il était occupé à son travail, une dame, accompagnée de deux jeunes filles, y entra vers l’heure de midi, comme pour s’y promener. Sérène l’apercevant lui demanda ce qu’elle cherchait. Votre jardin m’a paru agréable, répondit-elle, et avec votre permission je vais y faire un tour de promenade. — Une femme de votre condition, madame, ne se promène pas à une telle heure. Vous devriez être actuellement chez vous, et c’est un autre motif que la promenade qui vous amène ici ; mais je ne suis pas tel que vous pensez. Sortez donc au plus vite, et soyez désormais plus attentive à garder la retenue qui convient à votre sexe.
    Cette femme, irritée de cet accueil et furieuse de ce qu’elle n’avait pu satisfaire ses désirs coupables, écrivit à son mari, qui était employé dans la maison de l’empereur. Galère, pour se plaindre d’une prétendue violence que Sérène lui aurait faite. Le mari va trouver le prince et lui dit : Pendant que notre vie se consume au service de Votre Majesté, nos femmes se trouvent exposées à l’insolence d’un corrupteur. Galère lui donne un rescrit adressé au gouverneur de la Pannonie, qui enjoint de faire au mari outragé la plus ample réparation.
    Celui-ci part avec l’ordre de l’empereur et se rend à Sirmich pour le remettre au gouverneur, afin qu’il lui fasse donner satisfaction de l’injure qu’il a reçue dans la personne de sa femme. Quel est, demande ce magistrat, l’insolent qui a osé attenter à la vertu d’une femme dont le mari approche de si près la personne du prince ? — C’est un misérable jardinier nommé Sérène.
    Le gouverneur ayant fait venir l’inculpé, lui demanda son nom et son état ; il lui dit ensuite : Comment avez-vous l’audace d’insulter la femme d’un personnage si haut placé ? — Jamais il ne m’est arrivé d’insulter aucune femme. — Qu’on lui donne la question pour lui faire avouer le crime qu’il a voulu commettre dans son jardin. — Je me souviens qu’une dame vint, il y a quelque temps, dans mon jardin, d une heure indue, dans le dessein, disait-elle, de s’y promener, je me permis de lui représenter qu’il n’était pas décent à une personne de son sexe et de sa qualité de se promener d une pareille heure. Cette réponse ouvrit les yeux à l’officier sur la conduite de sa femme, et il se retira couvert de confusion, sans donner suite à sa plainte. Le gouverneur, voyant que Sérène avait des moeurs pures, puisque, loin de profiter de la faiblesse d’une femme qui faisait les premières avances, il lui avait au contraire fait sentir l’indécence de sa démarche, le soupçonna d’être chrétien. L’ayant donc questionné sur sa religion, Sérène répondit sans hésiter qu’il était chrétien. — Où vous êtes-vous donc caché jusqu’ici, pour avoir pu échapper à nos recherches ? — C’est la Providence qui a permis cela et qui a voulu me réserver pour ce moment-ci. Au reste, je suis prêt à tout souffrir pour la confession de Jésus-Christ. — Eh bien ! puisque vous avez voulu vous soustraire par la fuite aux édits des empereurs qui ordonnent de sacrifier aux dieux, je vous condamne à être décapité.
    La sentence fut exécutée sur-le-champ, le 25 février 307. — 25 février.

    SERENE (saint), reclus, né en Italie, d’une famille noble de Spolète, après avoir fait ses études, se rendit à Rome avec saint Cérenie, son frère, et ils y furent ordonnés diacres-cardinaux. Ils vinrent ensuite en France et s’établirent à Saulge, dans le diocèse du Mans. Cérène s’étant trouvé seul par le départ de son frère, qui alla se fixerdans la solitude d’Hyesme, reçut plusieurs disciples qui vinrent se placer sous sa conduite. Il refusa la dignité d’archidiacre que lui offrait l’évêque du Mans. Les miracles qu’il opéra pendant sa vie et après sa mort l’ont fait honorer comme saint. On ignore s’il survécut à son frère, qui mourut vers l’an 669. — 7 mai.

    SERENE (saint), évêque de Marseille, florissait sur la fin du VIe siècle. Saint Grégoire le Grand lui avait recommandé d’une manière toute spéciale saint Augustin et les autres missionnaires qui se rendaient de Rome dans la Grande-Bretagne. Ce saint pape vivait encore lorsque Sérène entreprit le voyage de Rome, mais il mourut peu après. Sérène ne lui survécut pas longtemps, étant mort la même année, avant d’être revenu dans son diocèse. Son corps fut inhumé à Bandicérate, près de Verceil, en Piémont, où il est resté jusqu’en 1839, qu’on découvrit ses reliques qui furent rapportées à Marseille. La fête de cette translation se célèbre le 9 août.

    SERENE (sainte), martyre à Tarse, est honorée le 3 juillet.

    SERENE (sainte), Serena, martyre à Rome, était femme de Dioclétien, avant son élévation à l’empire. Il la répudia ensuite, mais on ignore en quelle année elle versa son sang pour Jésus-Christ. Elle est mentionnée dans les Actes de sainte Susanne, qui souffrit vers l’an 285. — 16 août.

    SERENE (sainte), est honorée comme martyre à Metz, où ses reliques furent apportées de Spolète par l’évêque Thierri, qui les plaça dans l’église abbatiale de Saint-Vincent. Plus tard elles furent transférées dans l’église de Sainte-Marie de la même ville. On croit que sainte Sérène souffrit à Spolète l’an 291, sous l’empereur Dioclétien. — 30 janvier.