saints Mamers, Pancrace, Servais, les saints de glace

Voici les 3 saints de glace, selon l’encyclopédie Migne :

Attention, le premier des saints de glace, souvent tu en gardes la trace.

saint Mamert, Mamertus, évêque de Vienne en Dauphiné. Son savoir, ses vertus et le don des miracles dont Dieu le favorisé rendirent son nom illustre. Mais ce qui a le plus contribué à l’immortaliser dans l’Eglise, c’est l’institution des Rogations. Des éruptions volcaniques, des tremblements de terre et d’autres fléaux effrayaient alors les populations. Mamert, voyant dans ces calamnités une marque de la colère de Dieu contre les crimes des hommes, établit dans son diocèse, pendant les trois jours qui précèdent l’Ascension, des supplications publiques, connues sous le nom de Grandes Litanies. Cette sainte institution fut bientôt adoptée dans les diocèses voisins et devint ensuite une pratique universelle en Occident. Saint Mamert ordonna prêtre Claudien Mamert, son frère, qui au rapport de saint Sidoine Apollinaire, était le plus beau génie et l’homme le plus savant de son siècle. Sa piété égalait sa science, et il rendit d’importants services à Mamert dans le gouvernement de son Eglise. Le saint évêque de Vienne arrêta par ses prières deux incendies qui menaçaient de détruire sa ville épiscopale. Il mourut trois ans après son frère, c’est-à-dire, en 477. Fêté le 11 mai

saint Pancrace, neveu du martyr saint Denis, fut martarysé lui-même à Rome, sous le règne de Dioclétien, en 304, à l’âge de 14 ans. Il fut enterré dans le cimetière de saint Calépode, qui prit ensuite son nom. On bâtit sous son invocation une église qui fut réparée dans le Ve siècle, par le pape Symmaque, et dans les VIIe par Honorius 1er. Saint Grégoire de Tours l’appelle le vengeur des parjures, et dit que Dieu, par un miracle continuel, punit visiblement les faux serments qui ont été faits en présence de ses reliques. Une partie de ces précieuses reliques fut envoyée, en 655, à Oswi, roi d’Angleterre, par le pape Vitalien. Il y a dans ce royaume, ainsi qu’en France, en Italie, en Espagne, un grand nombre d’églises qui portent le nom de saint Pancrace – Fêté le 12 mai.

Avant Saint-Servais, point d’été, après Saint-Servais, plus de gelée.

saint Servais, Servatius, évêque de Tongres, occupait déjà ce siége lorsqùe saint Athanase, patriarche d’Alexandrie, fut exilé à Trèves par Constantin, en 336. Il reçut avec de grands honneurs cet illustre confesseur de la foi, dont il partageait les sentiments, comme il le prouva au concile de Sardique, en 347. Dans le concile de Rimini, tenu en 359, il s’opposa fortement aux manoeuvres des ariens avec saint Phébade d’Agen, et si ces deux saints évêques se laissèrent tromper par les hérétiques en souscrivant une profession de foi rédigée en termes captieux, ils réparèrent cette faute, qui n’était qu’une surprise faite à leur bonne foi, en travaillant de tout leur pouvoir à dévoiler la fourberie de ces hérétiques. Saint Servais prédit l’invasion des Gaules par les Huns, et la vue des malheurs que ces barbares devaient causer à sa patrie lui fit essayer de fléchir la colère divine par ses prières, ses larmes et ses austérités. Il entreprit même, en 382, le pèlerinage de Rome, pour intéresser en faveur de son pays les apôtres saint Pierre et saint Paul ; mais Dieu lui révéla qu’il avait résolu de punir les péchés des Gaulois par le fléau de l’invasion, dont il ne devait pas être témoin ; car il mourut peu après son retour à Tongres, vers l’an 384. On éleva sur son tombeau, qui avait été illustré par plusieurs miracles, une église en son honneur. La plus grande partie de ses reliques fut portée à Maestricht, lors de la translation du siége épiscopal de Tongres dans cette ville. — 13 mai.

Anceau, Anseaulme, Anselme

Un seul et même prénom, parfois féminin, et plusieurs saints porteurs de ce nom Ancelmus, mais le plus célèbre est l’archevêque de Cantorbery. Voici quelques actes montrant le prénom :

Le Louroux-Béconnais : « Le XXVIIe jour dudit moys (août 1556) fut baptizée Perrine fille de Jehan Rabin de la Roussaye et de Jacquine Hallet sa femme parrain Pierre Besruau maraine Joye femme de Thibault Templer Jehanne fille de Jehanne Lyvenaye par frère Anseaulme Prioulleau religieux de Pontron » v°148-164

« Audit jour (30 août 1555) fut baptizée Anceaulme fille de Gilles Gratien et de Jehanne Beaunes sa femme parrain vénérable personne François Anceaulme Prioulleau religieux de Pontortran marraines Marye Beaunes femme de Robert Perier et Guyonne Herbert femme de Jehan Lermitte par Dubreil » v°143-164

Et voici la biographie des saints, selon l’encyclopédie Migne :

ANSELME ( saint ), Anselmus, premier abbé de Nonantola, dans le duché de Modène, florissait sur la fin du VIIIe siècle et mourut en 803. — 3 mars.

ANSELME (saint), évêque de Lucques et confesseur, était neveu du pape Alexandre Il, et naquit à Mantoue, au commencement du XIe siècle. Il se livra d’abord à l’étude de la grammaire et de la dialectique ; il embrassa ensuite l’état ecclésiastique, et s’appliqua avec ardeur à l’étude de la théologie et du droit canon, dans lesquels il fit de grands progrès. Badage, évêque de Lucques, son oncle, étant devenu pape en 1061 sous le nom d’Alexandre Il, le nomma au siége qu’il venait de quitter et l’envoya en Allemagne pour y recevoir, des mains de l’empereur Henri IV, l’investiture de son siége, selon l’usage de ce temps ; mais Anselme revint sans avoir voulu la recevoir aux conditions que lui proposait l’empereur, persuadé que ce n’était pas à la puissance séculière à conférer ainsi les dignités ecclésiastiques. Ayant été sacré par Grégoire VII en 1073, il consentit enfin à recevoir de Henri l’anneau et la crosse ; mais il en eut des scrupules quelque temps après, et il alla se faire moine à Cluny ; il fallut un ordre du pape pour lui faire reprendre le gouvernement de son diocèse. De retour à Lucques, il voulut, en 1079, obliger les chanoines de sa cathédrale à la vie commune, conformément à un décret du pape Léon IX. La comtesse Mathilde, souveraine de Lucques et d’une grande partie de la Toscane, le secondait dans cette entreprise ; mais il ne put vaincre la résistance des chanoines, quoiqu’il eût déployé toute la sévérité des peines canoniques. Les chanoines se révoltèrent et excitèrentune sédition contre l’évéque, qui fut forcé de sortir de Lucques : il se retira auprès de la comtesse Mathilde, dont il était le directeur. Le pape ne le laissa pas longtemps dans la retraite qu’il s’était choisie : il le fit son légat en Lombardie, et le chargea de la conduite de plusieurs diocèses, que la fameuse querelle entre l’empire et le saint-siège, au sujet des investitures, avait laissés sans pasteurs. Il mourut à Mantoue le 18 mars 1086, et sa sainteté fut bientôt attestée par de nombreux miracles. Il en avait déjà opéré plusieurs de son vivant, ce qui l’a fait honorer d’un culte public en Italie et choisir par la ville de Mantoue pour son patron. Il était d’une vaste érudition et lorsqu’on le questionnait sur quelque passage de l’Ecriture sainte, qu’il savait tout entière, par coeur, il exposait, sur-le-champ, comment chaque saint Père l’avait expliqué. Parmi les ouvrages qu’il a laissés, nous citerons l’Apologie pour Grégoire VII, l’Explication des Lamentations de Jérémie, une Collection de canons, la Réfutation des prétentions de l’antipape Guibert, et l’Explication des Psaumes: il entreprit ce dernier ouvrage à la prière dé la comtesse Mathilde, mais la mort ne lui permit pas de l’achever. — 18 mars.

ANSELME (saint), archevêque de Cantorbéry, né à Aoste en Piémont, l’an 1033, était fils de Gondulphe et d’Ermengarde, l’un et l’autre d’une famille noble et considérée dans le pays. Formé à la piété par sa vertueuse mère et instruit dans les sciences par d’habiles maîtres, il prit à l’âge de quinze ans la résolution d’embrasser l’état monastique ; mais l’abbé auquel il se présenta refusa de l’admettre dans son monastère, parce qu’il craignait le ressentiment de Gondulphe. Anselme ayant perdu sa mère, négligea peu à peu ses exercices de piété et tomba insensiblement dans la tiédeur. Il alla plus loin, et se livra aux désordres d’un monde corrompu ; il finit même par perdre le goût de l’étude. Revenu à Dieu plus tard, il ne cessa de déplorer les égarements de sa jeunesse qu’il a retracés dans ses Méditations avec les sentiments de la plus vive componction. Son père, irrité de son inconduite, l’avait pris en aversion. Anselme, après son retour à la vertu, voyant qu’il ne pouvait le fléchir et qu’il était même souvent en butte à de mauvais traitements, quitta la maison paternelle et sa patrie, et vint en Bourgogne où il reprit avec ardeur le cours de ses études. Après trois ans de séjour dans cette province, il se rendit à l’abbaye du Bec pour prendre des leçons du célèbre Lanfranc, qui en était prieur, et qui sut le distinguer de ses autres disciples. Il conçut bientôt pour lui une véritable affection. Gondulphe étant mort, Anselme hésita quelque temps sur le choix d’un état. Tantôt il était d’avis de rester dans le monde et d’employer sa fortune en bonnes oeuvres; tantôt il inclinait pour la solitude, comme un moyen plus sûr de se sanctifier. Au milieu de ces perplexités, il pria Lanfranc de l’aider de ses conseils; mais celui-ci, craignant de trop écouter l’affection qu’il avait pour Anselme, le renvoya à Mauirille, archevêque de Rouen, qui lui conseilla d’entrer dans l’ordre de Saint-Benoît. Il prit donc l’habit dans l’abbaye du Bec, alors gouvernée par l’abbé Herluin, et il fit profession en 1060, étant âgé de vingt-sept ans. Trois ans après, il remplaça Lanfranc dans la dignité de prieur.
Sa jeunesse excita d’abord quelques murmures, mais par sa douceur et sa patience il vint à bout de gagner l’affection de toute la communauté. Il eut aussi le bonheur de retirer du déréglement et de faire rentrer dans les voies de la perfection un jeune moine nommé Osbern. Il avait un talent tout particulier pour connaître ce qu’il y avait de plus intime dans le coeur, et l’on eût dit qu’il lisait dans l’intérieur de chacun, ce qui lui servait beaucoup pour la conduite des âmes. La bonté, la charité tempéraient la rigueur des remèdes qu’il lui fallait employer quelquefois ; car il n’était pas partisan de la sévérité, surtout envers les jeunes religieux. Un abbé du voisinage, qui était d’un avis différent sur ce point, ne l’eut pas plus tôt entendu, qu’il résolut de l’imiter, et l’expérience lui prouva qu’il avait bien fait. Les nombreuses occupations attachées à la charge de prieur n’empêchaient point Anselme de s’appliquer à la théologie.

Tour de labbaye du Bec-Hellouin
Tour de l'abbaye du Bec-Hellouin
L’Ecriture et la Tradition étaient ses guides dans l’étude de cette science sur laquelle il composa des ouvrages qui portèrent au loin sa réputation et attirèrent beaucoup de personnes à l’abbaye du Bec.
Saint Anselme de Cantorbery - http://www.abbayedubec.com/
Saint Anselme de Cantorbery - http://www.abbayedubec.com/
Hennin étant mort en 1078, Anselme, élu pour le remplacer, ne consentit que difficilement à son élection. Il confia la gestion du temporel de l’abbaye à des religieux versés dans cette partie, afin d’avoir plus de temps à donner au gouvernement spirituel. Comme la maison du Bec avait des propriétés en Angleterre, il y fit quelques voyages, ce qui lui fournissait l’occasion de revoir son ancien maître et ami Lanfranc, qui était devenu archevêque de Cantorbéry. Anselme recevait de la part des Anglais, lorsqu’il se trouvait dans leur île, des marques éclatantes d’estime et de vénération ; la noblesse et le clergé s’empressaient à l’envi de lui être utile; le roi lui-même, qui était si peu accessible à ses sujets, s’humanisait avec l’abbé du Bec. Anselme, de son côté, tâchait de se faire tout à tous et il faisait tourner au profit de la religion l’ascendant qu’il avait sur les coeurs. Hugues, comte de Chester, qui avait conçu pour lui une profonde vénération, étant tombé dangereusement malade en 1092, lui envoya coup sur coup trois courriers pour le prier de passer en Angleterre, afin de le consulter sur la fondation d’un monastère qu’il faisait bâtir à Chester, et pour mourir entre ses bras. Anselme, qui avait appris qu’on voulait le faire archevêque de Cantorbéry, ne se souciait pas d’entreprendre le voyage, mais le désir de procurer à un ancien ami les secours qu’il réclamait l’emporta. A son arrivée il trouva le comte guéri. Il fut cependant retenu cinq mois en Angleterre, tant pour les affaires de son abbaye que pour celles du monastère que Hugues fondait à Chester. Guillaume le Roux, qui avait succédé en 1087 à Guillaume le Conquérant, son père, s’emparait des biens de l’Eglise et s’appropriait les revenus des siéges vacants, et afin d’en jouir plus longtemps, il défendit de remplacer les évêques qui venaient à mourir. C’est ainsi que l’Eglise de Cantorbéry resta cinq ans sans pasteur, après la mort de Lanfranc. Guillaume avait juré que ce siége ne serait jamais rempli de son vivant; niais étant tombé malade à Glocester, la crainte des jugements de Dieu le fit rentrer en lui-même, et il promit, s’il guérissait, de réparer ses injustices envers les églises. Il commença par celle de Cantorbéry et y nomma Anselme. Ce choix fut approuvé de tout le monde, à l’exception du saint, qui alléguait son grand âge, sa mauvaise santé et son peu de capacité pour les affaires. Le roi, chagriné de ce refus, lui représenta que de son acceptation dépendait le salut de son âme : « Car je suis persuadé, disait-il, que Dieu ne me fera pas miséricorde, si le siège de Cantorbéry n’est pas rempli avant ma mort. » Les évêques et les seigneurs qui étaient présents joignirent leurs instances à celles du roi. « Si sous persistez dans votre refus, qui nous scandalise, dirent-ils à Anselme, vous serez responsable devant Dieu de tous les maux qui tomberont sur l’Eglise et sur le peuple d’Angleterre. » Ils le forcèrent à prendre la crosse, en présence du roi, et le portèrent ensuite à l’église, où ils chantèrent le Te Deum. Ceci arriva le 6 mars 1093.

    Voir le site de la cathédrale de Canterbury
    Voir le site d’abbaye du Bec-Hellouin

Anselme, qui ne se rendait pas encore, finit enfin par accepter, mais à deux conditions : la première, que le roi rendrait à son église tous les biens qu’elle possédait du temps de son prédécesseur; la seconde, qu’il reconnaîtrait Urbain Il pour pape légitime. Les choses ainsi arrangées, il se laissa sacrer le 4 décembre. Guillaume, à peine guéri, oublia ses bons sentiments et ses promesses. Ayant demandé à ses sujets de nouveaux subsides, Anselme lui offrit 500 livres d’argent, dont le roi parut d’abord se contenter; mais bientôt après, il demanda encore à Anselme 1 000 livres. Le saint répondit qu’il ne pouvait donner cette somme, parce qu’il n’était pas permis de disposer du bien des pauvres. Il l’exhorta à permettre aux évêques de tenir des conciles, comme cela s’était toujours pratiqué, et à donner des supérieurs aux abbayes vacantes ; mais le prince lui répondit avec colère qu’il ne se dessaisirait pas plus des abbayes que de sa couronne. Il ne négligea rien pour le déposséder de son siége : il défendit aux prélats qui lui étaient dévoués de le regarder comme archevêque et de lui obéir comme primat, alléguant pour raison qu’Anselme, pendant le schisme, avait été soumis à Urbain II, qui n’était point encore reconnu en Angleterre. Il essaya ensuite de gagner la noblesse; mais la plupart des seigneurs répondirent qu’Anselme étant archevêque de Cantorbéry. et primat du royaume, ils lui obéiraient dans les choses de la religion; que leur conscience ne leur permettait pas de se soustraire à une autorité légitime, vu surtout que celui qui l’exerçait n’avait été convaincu d’aucun crime. Le roi, n’ayant pu réussir dans son projet, envoya à Rome un ambassadeur qui reconnut Urbain, espérant, par cette démarche, mettre le pape dans ses intérêts et l’engager à se réunir à lui contre l’archevêque ; il lui offrit même une pension annuelle sur l’Angleterre, s’il voulait le déposer. Urbain envoya sur les lieux un légat qui déclara au roi que la chose ne pouvait se faire. Anselme, qui ignorait la trame ourdie contre lui, reçut du légat le pallium que le pape lui envoyait. Il écrivit à Urbain pour l’en remercier, et dans sa lettre il se plaint de la pesanteur du fardeau qu’on lui avait imposé, et témoigne un vif regret d’avoir été arraché à sa chère solitude. Voyant que Guillaume cherchait de nouveau à usurper les biens de son Eglise, et que toutes ses représentations n’étaient pas écoutées, il demanda avec instance la permission de sorfir de l’Angleterre. Le roi la lui refusa par deux fois, et comme Anselme revenait à la charge, Guillaume lui déclara que s’il sortait de son royaume, il saisirait tous les revenus de son archevêché et qu’on ne le reconnaîtrait plus pour primat. Le saint, vivement affligé de l’oppression de son église qu’il ne pouvait plus empêcher, partit au mois d’octobre 1097, pour Rome, déguisé en pèlerin, et s’embarqua à Douvres avec deux moines, dont l’un était Eadmer, qui écrivit sa Vie. Arrivé en France, Il passa quelque temps à Cluny avec saint Hugues, qui en était abbé : de là il se rendit à Lyon, où l’archevêque Hugues lui fit un accueil distingué et le reçut avec de grandes marques de respect. Sa santé s’étant trouvée dérangée, il ne put partir de cette ville qu’au mois de mars de l’année suivante, ce qui fut un bonheur pour lui ; car s’il en fût parti plus tôt, il serait tombé dans les embûches que l’antipape Guibert lui avait dressées sur sa route, à la nouvelle de son voyage d’Italie. Le pape le reçut de la manière la plus honorable et le logea dans son propre palais. Anselme lui ayant appris tout ce qui s’était passé à son sujet, il lui promit sa protection, et écrivit au roi d’Angleterre une lettre très-forte pour l’engager à rétablir l’archevêque de Cantorbéry dans tous les droits dont ses prédécesseurs avaient joui. Anselme écrivit aussi, de son côté, afin de fléchir Guillaume. Comme l’air de Rome était contraire à sa santé, il n’y resta que dix jours, et se retira dans le monastère de Saint-Sauveur en Calabre, où il acheva l’ouvrage intitulé : Pourquoi le Fils de Dieu s’est-il fait homme?
Charmé de sa nouvelle solitude, et n’espérant plus pouvoir jamais faire aucun bien à Cantorbéry, il pria le pape d’accepter sa démission ; mais le pape lui répondit qu’un homme de cœur ne devait point abandonner son poste ; qu’il n’avait eu d’ailleurs à essuyer que des menaces et des duretés. Anselme répondit qu’il ne craignait pas les souffrances ni les tourments, qu’il ferait même volon- tiers le sacrifice de sa vie pour la cause de Dieu ; mais qu’il lui serait impossible de faire aucun bien dans un pays où l’on foulait aux pieds toutes les règles de la justice. li se soumit pourtant aux ordres d’Urbain, et en attendant, il alla demeurer à Sélanie, sur une montagne située près du monastère de Saint-Sauveur, et afin d’avoir le mérite de l’obéissance dans toutes ses actions, il demanda au pape pour supérieur Eadmer, qui ne l’avait pas quitté depuis son départ d’Angleterre. Il assista, au mois d’octobre de la même au-née (1098), au concile qu’Urbain II avait assemblé à Bari pour travailler à la réunion des Grecs. Ceux-ci ayant proposé leurs difficultés sur la procession du Saint-Esprit, embrouillaient la question par des longueurs interminables. Le pape, voulant mettre fin à ces disputes qui ne menaient à rien, s’écria : « Anselme, notre père et notre maître, où êtes-vous? » Il le fit asseoir près de lui et l’engagea à déployer ses talents, lui représentant que l’occasion était belle et que Dieu l’avait ménagé à dessein pour venger l’Eglise des attaques de ses ennemis. Le saint archevêque prit aussitôt la parole, et s’exprima avec tant de force et de solidité qu’il réduisit les Grecs au silence. Dès qu’il eut cessé de parler, tous les assistants dirent anathème à quiconque nierait que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils. On passa ensuite à l’affaire du roi d’Angleterre : on parla fort au long de ses menées simoniaques, de ses injustices et de ses vexations envers l’Eglise, de ses persécutions envers l’archevêque de Cantorbéry, et de son opiniâtreté incorrigible malgré les fréquentes monitions qu’il avait reçues. Le concile fut d’avis d’agir avec la plus grande sévérité, et le pape allait prononcer contre lui une sentence d’excommunication, lorsque Anselme, se jetant à ses pieds, le conjura de ne point porter de censure. Cette démarche, en faveur d’un prince dont il avait tant à se plaindre, excita l’admiration de tout le concile, et l’on fit droit à sa demande. Après le concile; Anselme retourna avec le pape à Rome, où il recevait les témoignages les plus honorables de respect et d’affection. Les schismatiques eux-mêmes ne pouvaient refuser de rendre hommage à sa vertu et à son mérite. Il assista avec distinction au concile de Rome en 1099, et reprit ensuite la route de Lyon, où l’archevêque Hugues se faisait d’avance un plaisir de le recevoir. Il lui céda l’honneur d’officier dans son église, et le pria d’y exercer toutes les fonctions épiscopales, comme s’il eût été dans son propre diocèse. C’est dans cette ville qu’Anselme composa son livre de la Conception de la sainte Vierge et du péché originel. Après la mort d’Urbain, qui eut lieu au mois de juillet de la même année (1099), il écrivit à Pascal II, son successeur, pour l’instruire de son affaire, Il y avait déjà quelque temps qu’il était convaincu qu’il ne pourrait remonter sur son siége, tant que Guillaume vivrait, lorsqu’il apprit sa fin tragique, étant à l’abbaye de la Chaise-Dieu en Auvergne. Ce prince avait été tué à la chasse, sans avoir eu le temps de se reconnaître et sans avoir pu recevoir les sacrements de l’Eglise. Anselme pleura sa mort, dont les circonstances étaient si terribles aux yeux de la foi. Henri 1er frère et successeur de Guillaume le Roux, rappela le saint, qui partit sans délai pour l’Angleterre et débarqua à Douvres le 23 septembre 1100. Son retour causa une grande joie dans tout le royaume ; le roi le reçut avec bonté; tuais ces dispositions bienveillantes ne durèrent pas longtemps. Henri exigea qu’Anselme lui demandât l’investiture de sa dignité et lui rendît hommage pour son siége. Anselme s’y refusa, se fondant sur le dernier concile de Rome qui le défendait sous peine d’excommunication. Le roi ne se rendant pas, on convint de part et d’autre qu’on s’adresserait au pape à ce sujet. Mais dans l’intervalle, Henri se vit sur le point de perdre sa couronne. Robert, duc de Normandie, son frère aîné, à son retour de la terre sainte, résolut de faire valoir ses droits au trône d’Angleterre dont on avait disposé en faveur de Henri pendant son absence. Il leva une armée dans son duché, passa la Manche et marcha contre Henri. Celui-ci, à la vue du danger, qui le menaçait, fit les plus belles promesses à l’archevêque de Cantorbéry, s’engageant à suivre en tout ses conseils, protestant qu’il aurait toujours une déférence entière pour le saint-siége, et qu’il respecterait toujours les droits de l’Eglise. Anselme lui resta fidèle, et fit tout ce qu’il put pour arrêter les progrès de la révolte, représentant aux seigneurs qui avaient juré fidélité à Henri l’obligation de tenir leur serment. Il publia même une sentence d’excommunication contre Robert, qui était regardé comme un usurpateur, et bientôt la cause du roi prit une tournure plus favorable. Robert, avant fait sa paix avec son frère, retourna en Normandie. Le danger passé, le roi oublia les grandes obligations qu’il avait envers l’archevêque de Cantorbéry, ainsi que les promesses solennelles qu’il lui avait faites. Loin de rendre la liberté à l’Église d’Angleterre, il continua de s’arroger le droit de donner l’investiture des bénéfices. Le saint archevêque, de son côté, se montra ferme et refusa de sacrer les évêques nommés par le roi, contrairement aux règles canoniques. Il tint en 1102 un concile national dans l’église de Saint-Pierre, à Westminster, pour corriger les abus et pour rétablir la discipline ecclésiastique. La querelle des investitures s’envenimant de plus en plus, il fut enfin convenu qu’Anselme irait en personne consulter le pape sur cette question. Il s’embarqua, le 27 avril 1103, et se rendit à Rome, où le roi avait aussi envoyé un ambassadeur. Le pape, qui était Pascal II, ne fut point favorable à Henri; il porta même la peine d’excommunication contre ceux qui recevraient de lui l’investiture des dignités ecclésiastiques. Anselme se remit en chemin pour l’Angleterre; mais arrivé à Lyon, Henri lui fit défendre de rentrer dans son royaume, tant qu’il ne serait pas disposé à se soumettre. Il resta donc à Lyon, où l’archevêque Hugues, son ancien ami, s’efforça, par toutes sortes d’égards et de bons traitements, de lui faire oublier ses tribulations. Il se retira ensuite à l’abbaye du Bec, où le pape lui envoya une commission pour juger l’affaire de l’archevêque de Rouen, accusé de plusieurs crimes. Pascal lui permit aussi d’admettre à la communion ceux qui avaient reçu du roi l’investiture de leurs bénéfices. Henri fut si charmé de cette condescendance du pape, que, sur-le-champ, il envoya prier Anselme de revenir en Angleterre; mais une maladie grave ne lui permit pas de se rendre de suite aux désirs du roi. Après sa guérison, il retourna en Angleterre où il fut reçu comme en triomphe par tous les ordres du royaume et par la reine Mathilde, en l’absence du roi qui était alors en Normandie. Anselme, rendu à son siège, passa les dernières années de sa vie dans une langueur continuelle, et les six derniers mois qui précédèrent sa mort, il était tombé dans un tel état de faiblesse que, ne pouvant plus marcher, il se faisait porter tous les jours à l’église, pour y entendre la messe.
Il mourut le 21 avril 1109, âgé de soixante-seize ans, et fut enterré dans la cathédrale de Cantorbéry, où se sont opérés plusieurs miracles par son intercession. Clément XI, par un décret de 171), a placé saint Anselme parmi les docteurs de l’Eglise, et il méritait cet honneur par ses ouvrages en faveur de la religion. Les principaux sont : le Traité de la Procession du Saint-Esprit, contre les Grecs ; le Traité du Pain azyme et du pain levé, contre les mêmes ; le Monologue et le Prologue sur l’existence et les attributs de Dieu ; le Traité de la foi ce la Trinité et de l’Incarnation, contre Roscelin; les deux livres : Pourquoi le fils de Dieu s’est-il fait homme ? le Traité de la Conception virginale et du péché originel ; le livre de la Volonté de Dieu ; des Homélies au nombre de seize ; des Méditations au nombre de vingt et une ; des Oraisons ou prières au nombre de soixante-quatorze , et quatre livres de Lettres. On remarque dans ses écrits polémiques une connaissance profonde de la métaphysique et de la théologie, l’élévation des pensées et la solidité des raisonnements jointes à un style clair et précis; quant à ses ouvrages ascétiques, ils sont instructifs, édifiants, plein d’onction et d’un tendre amour pour Dieu, qui échauffe les coeurs: dans ses Méditations, il déplore avec la plus vive componction les égarements de sa jeunesse. — 21 avril.

Paquier, Paquière, prénoms donnés le jour de Pâques

Pâques était le 25 mars en 1554, et voici les prénoms Pasquier donné ce jour-là au Louroux-Béconnais :

« Le vingt et cinquiesme jour dudit moys jour et feste de Pasques l’an mil cinq cens cinquante et quatre fut baptizé Pasquyère fils de deffunt Pierre Salle et (blanc) Bodinyer sa femme quand il vivoyt parrains René Heulin et Guillaume Mangeard drappier marraine Thyephayne Legendre femme de Mathurin Joulayn par Dubreil » v°137-164

« Audit jour fut baptizée Pasquyère fille de Jehan Salmon et Jacquyne Brundeau sa femme parrain Gilles Pucelle marraines Jacquyne Hallet et Maturine Perrone femme de Gilles Rousseau par Dubreil » v°137-164

Et demain, nous avons notre rendez-vous mensuel des retranscriptions totales des registres du Louroux-Béconnais ! A demain !

saint Drouet

Nous avons vu dimanche dernier le Dieu Fort, et le prénom Fort, et à la même époque, milieu 16e siècle, je rencontre au Louroux-Béconnais le prénom Drouet :

Le Louroux-Béconnais : « Le pénultieme jour dudit moys (mars 1562 n.s.) fut baptizé Jehan filz de Drouet Delaistre et Jehanne Thibault sa femme parrains Pierre Prichez et Jehan filz de Julien Leroy marraine (blanc) fille de Jehan Hallet tanneur par Dubreil » v°012-156

Il a bien existé un saint de ce nom, selon l’encyclopédie Migne, 19e siècle :

saint Drouaud ou Drouet, Droctoaldus, évêque d’Auxerre, florissait au commencement du 6e siècle. Il mourut en 1532 et il eut pour successeur saint Eleuthère. Fête le 8 novembre

Eleuthère est le prénom de nombreux saints, et voici celui qui succèda à Drouet à Auxerre :

saint Eleuthere, évêque d’Auxerre, succéda à saint Droctuald sur la fin de l’année 532. Il assista à plusieurs conciles qui se tinrent à Orléans vers le milieu du 6e siècle, et il eut une grande part aux sages règlements qui s’y firent sur la discipline. On croit qu’il mourut le 16 août 561, après un épiscopat de près de 29 ans. Fête le 16 août

J’ai des prénoms encore plus curieux sur Le Louroux-Béconnais, et je vous les ferai découvrir bientôt !
Si vous en rencontrez aussi en Anjou, n’hésitez pas à les signaler ici, ou sur une autre page de ce blog, en spécifiant sur quelle vue des registres paroissiaux, cette curiosité existe. Je m’efforcerai de répondre dans la mesure du possible.

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog et non aller en discuter dans mon dos sur un forum ou autre blog. Tout commentaire ou copie partielle de cet article sur autre blog ou forum ou site va à l’encontre du projet européen d’éthique des blogueurs, disponible sur le site du Parlement européen.

le prénom Fort et les communes Saint-Fort : Dieu Fort

Poursuivant mes retranscriptions des registres paroissiaux du Louroux-Béconnais, je rencontre dans les années 1560 un Fort Lhermitte qui fait des enfants, et même ici, en 1562, il transmet son curieux prénom à Fort Girardière.

Le Louroux-Béconnais : « Le neufiesme jour dudit moys d’octobre l’an que dessus (1562) fut baptizé Fort filz de Jehan Gerardière et Perrine Templez sa femme parrains Fort Lermitte tet Pierre filz de deffunct Jehan Belou maraine Macée Esnault femme de Aulbin Vyollaie par Rolard »

Aucun saint de ce nom, mais écoutons plutôt ce que nous dit l’abbé Angot à l’article Saint-Fort, commune de l’arrondissement de Château-Gontier, dans son Dictionnaire de la Mayenne :

Saint-Fort : … L »église, dédiée à saint Évroul (fête le 15 juillet) et au Dieu-Fort (fête à la Trinité), se composait primitivement d’une nef relativement large et d’un choeur plus étroit, en rond-point, le tout d’époque romane, comme l’indique encore le cintre de l’arcade intermédiaire. Les fenêtres furent bouchées au Nord, refaîtes et un peu agrandies au midi au 14e siècle. Des chapelles latérales furent ouvertes plus tard aux côtés du choeur ; celle du Nord se prolongeant et ouvrant sur la nef, est ajourée d’une belle fenêtre de la Renaissance, font malheureusement le tympan en demi-rosace, caché par la voûte, ne se voit que du dehors. Les chapelles qui étaient autrefois sous les vocables de Saint-Simon et de Saint-Denis, ont maintenant des statues de saint Évroul (côté de l’épître) et du Dieu-Fort ayant en mains pour attributs un globe (ou un coeur) et une croix.

Je remarque que cette paroisse a changé de nom au milieu du 16e siècle, passant de Saint-Evroul à Saint-Fort. Or, c’est précisément à cette période que je rencontre le prénom Fort au Louroux-Béconnais. J’en conclue qu’il y a eu manifestement un intérêt et des prédications pour le Dieu Fort, à cette époque. Serait-ce lié aux troubles d’alors ? une réaction ?
Quoiqu’il en soit, nous chantons toujours le Dieu Fort :

    Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Étérnel, béni soit ton nom !

Ainsi les trois noms sous lesquels Dieu se révèle dans l’Ancien testament, sont : Élohim (ou Éloah et El), c’est-à-dire Dieu ; puis El-Shaddaï, le Dieu Fort Tout-puissant, et Jéhovah, l’Éternel.

    En savoir plus : sur le site des questions bibliques : Les noms sous lesquels Dieu se fait connaître dans sa parole

La ville de Saint-Fort en Mayenne n’a pas retenue l’explication de l’abbé Angot, et se réfère à un prétendu évêque, que je ne trouve nulle part dans les sources abondantes sur les saints (encyclopédie Migne). Celle de Saint-Fort-sur-Gironde ne mentionne par d’origine.

    Voir le site de la commune de Saint-Fort en Mayenne
    Voir le site de la commune de Saint-Fort-sur-Gironde

En conclusion, je pense que le patronyme Fort relève bien du nom de Dieu Fort, fête à la Trinité, fête mobile, qui était le 24 mai en 1562, et le 16 juin cette année 2009, en même temps que la fête des pères, plus récente.
La Trinité était autrefois une fête plus importante, songez à toutes les paroisses qui sont sous le vocable de la Trinité ! Tout comme Épiphanie, Noël, étaient des prénoms, Fort fut aussi un prénom, si ce n’est qu’on n’a pas été jusqu’à avoir la prétention de s’appeler Dieu, et on a conservé Fort.

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sainte Avoie

Le prénom Avoie est rare en Anjou au 16e siècle, mais cependant présent, et je l’ai déjà vu à plusieurs reprises.
En retranscrivant tout le Louroux-Béconnais ancien, je rencontre encore au moins une Avoie au 16e siècle, époque à laquelle il y a plusieurs Ursule sur la même paroisse.
Or, sainte Ursule et sainte Avoie sont contemporaines et ont vécu ensemble, Avoie ayant suivi Ursule. Je suppose donc qu’il y eut une prédication au Louroux-Béconnais, relatant la vie de ces deux saintes, et qu’à la suite de cette édifiante épopée, toute empreinte de légendes plus que de faits historiques authentiques, quelques familles ont eut recours ce ces saintes lors du baptêmes de leurs filles. Il est vrai que sur cette paroisse je trouve plusieurs prénoms encore bien plus rares voir impossibles à trouver, et je vous en reparlerai.

et j’en profite pour faire le point sur cette sainte controversée, car sa vie tient de la légende et voici la totalité de cette légende :

AVOYE ou AURÉE (sainte), Aurea, vierge et martyre, l’une des compagnes de sainte Ursule, était originaire de Sicile, et sortait d’une famille qui jouissait des droits de souveraineté sur une partie de l’île. Elle consacra à Dieu sa virginité et refusa tous les partis qui se présentaient. Elle se trouvait dans la Grande Bretagne chez sainte Ursule, qu’on croit être sa cousine, lorsque celle-ci, pour se soustraire aux poursuites d’un chef saxon qui voulait avoir sa main, quitta sa patrie avec un grand nombre de vierges qui, commie elle, ne voulaient pas devenir les épouses des oppresseurs de leur nation. Lorsqu’elles eurent débarqué eu Allemagne, à l’embouchure du Rhin, elles remontèrent ce fleuve jusques vers Cologne ; mais étant tombées au milieu d’une troupe de Huns, qui dévastaient le pays, elles furent exposées à de nouveaux dangers et préférèrent la perte de leur vie à la perte de leur virginité. Avoye parvint à s’échapper des mains de ces barbares, et elle se réfugia dans une solitude près de la mer, du côté de Boulogne, où elle mena quelque temps la vie anachorétique. De nouveaux barbares ayant pénétré dans sa retraite, la massacrèrent après le milieu du Ve siècle. Il y avait autrefois à Paris, une église qui portait sou nom, et son culte était très célèbre dans plusieurs diocèses de France. — 6 mai. (Dict. hagiographique des saints, abbé Pétin, encyclopédie Migne, 19e siècle)

Le site Nominis la donne fête locale, fêtée dans le diocèse de Paris. Effectivement, la ville de Paris, possède dans le 3e arrondissent un quartier sainte Avoie, qui a pour frontières la rue Rambuteau, la rue des Archives, la rue des Gravilliers et le boulevard Sébastopol. Ce quatrier possède de nombreux passages pittoresques dont le passage Sainte-Avoie qui relie la rue du Temple à la rue Rambuteau. On trouve dans ce secteur de Paris le quartier de l’Horloge, le Jardin Anne Franck, le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme et de la Poupée.

Je crois cependant que les Parisiens n’ont jamais eu le privilège exclusif de sainte Avoie, et je permets de le leur rappeler ici. J’ai d’ailleurs surgraissé le passage de l’encyclopédie Migne, qui la donnait célébrée dans plusieurs diocèses de France, ce qui me paraît plus exact.

Mais par contre j’ignore si une paroisse d’Anjou avait pour elle un culte particulier. Je ne la trouve patronne d’aucune paroisse d’Anjou. Voir ma page des saints patrons des paroisses d’Anjou.