Vente de vigne au clos de Chambrezais : Azé (53) 1542

près Château-Gontier, sur les côteaux d’Azé

Le vendeur, René de Charnières, vit à Angers, c’est ce qui explique que l’acte est passé à Angers (AD49 série 5E5)
Vous aurez une vue d’Azé à travers mon site de cartes postales de collections privées. Ces cartes postales vous permettront d’entrevoir des côteaux et de comprendre qu’il y a eu de la vigne
Le dictionnaire de l’abbé Angot donne un château et seigneurie à l’article Chambrezais, puis tous ses seigneurs successifs. Citons François de Bellanger en 1506, 1522, puis il passe en 1637 à Jean de Guénant.

le clos de Chambrezais n’était pas sur le côteau qui domine la rivière, mais l’autre côteau, figuré en brun, et vous le trouvez à droite du terme Azé (carte de Cassini)

Retranscription intégrale de l’acte : Le 6 juin 1542 en la court du roy nostre sire à Angers (devant Boutelou notaire) ont esté personnellement estably

honorable homme Me René de Charnières licencié ès loix advocat demeurant en la paroisse de St Pierre de ceste ville d’Angers soubzmectant ses hoirs etc confesse etc avoir aujourd’huy vendu quicté ceddé délaissé et transporté et encores vend quicte cedde délaisse et transporte dès maintenant
à honorable homme René Charlot demeurant en la ville de Chasteau-Gontier à ce présent qui a achapté et achapte pour ses hoirs et ayant cause deux quartiers ung tiers de vigne ou environ en deux piezes sis au cloux de Chambrezays
l’une des piezes joignant d’un cousté à la vigne Jehan Coustard d’autre cousté à la vigne dudit Charlot aboutant d’un bout à la vigne de noble homme Julien de Baubigné d’autre bout à des buyssons et gastz joignant le pré de la Mynteraye
l’autre pieze et lopin joignant des deux coustez à la vigne dudit Coustard aboutant d’un bout à la vigne dudit de Baubigné d’autre bout à la vigne messire Gervays Garnier
tenues lesdites choses du fief et seigneurie de Chambrezays à ung denier de cens rente et debvoir pour toutes charges et debvoirs fors les droits de dixmes
et est faite ceste présente vendition pour le pryx et somme de 30 livres tournois payées baillées comptant à veu de nous par ledit achepteur audit vendeur en or et monnoye ayant cours qu’iceluy vendeur a eut prise et reveu et dont il s’est tenu à contant et en a quicté et quicte ledit achepteur ses hoirs à laquelle cendition et tout ce que dessus est dict tenir garentit s’oblige etc… (c’est impressionnant de voir l’or circuler pour acheter une petite vigne)
faict et passé au pallays royal d’Angers en présence de Me Jehan Perronnet demeurant Angers et René Daumoures paroissien de la Meignanne tesmoings à ce requis et appellez ledit jour et an que dessus. Signé de Charnières, Perronnet, Boutelou. (je n’ai pas trouvé la signature de l’acheteur)

  • Je poursuis la migration sous WordPress de quelques actes restés sous Dotclear en 2008 lors de mon changement de logiciel et je reporte les commentaires de l’époque, que vous pouvez encore commenter.
  • Commentaires

    1. Le dimanche 20 juillet 2008 à 12:54, par Marie-Laure

    je me demande si le petit batiment au bord de l’eau , sur cette carte postale , est une petite remise pour une barque , un genre de = »boat house « ?

    Note d’Odile : un peu étroite et surélevée, plutôt une cabine de bain.

    2. Le dimanche 20 juillet 2008 à 14:42, par Marie-Laure

    oui , en effet , on pourait plonger du balcon…

    3. Le dimanche 20 juillet 2008 à 14:49, par Du Périgord

    Mais pourquoi pas un abri pour pêcheurs ….

    4. Le dimanche 20 juillet 2008 à 16:13, par Marie

    Je penche aussi pour l’abri de pêcheurs réservé a ces messieurs du château de Haute Roche.

    5. Le dimanche 20 juillet 2008 à 18:54, par Marie-Laure

    oui , j’avais aussi pensé à un abri pour pêcheur : surtout si c’était un endroit où cela mordait bien …Quel genre de poissons?

    Note d’Odile : la propriétaire d’alors vient de me préciser qu’il y avait un bâteau, et la cabane est en fait assise sur un petit ponton à bâteau. Elle servait à ranger le matériel de pêche et le matériel de jardin, mais tout cela a surement disparu car désormais les bords de rivière sont expropriés pour y faire (à la joie de tous) des chemins de promenade.

    Odile Halbert – Lorsque vous mettez mes travaux sur un autre site ou base de données, vous enrichissez leurs propriétaires en leur donnant toujours plus de valeur marchande dans mon dos

    Hôtellier de l’hôtellerie du Lion d’or : Pouancé, 1722

    Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E20

    Avant hier nous avons vu les Peccot aller de St Erblon à Angers pour vendre leur part d’une maison à St Erblon. En fait, l’acquéreur demeurait à Angers, et ce sont les vendeurs qui ont fait le déplacement.

    Aujourd’hui nous fonctionnons en sens inverse. L’acquéreur est à Pouancé, vend un bien à la Prévière, et le vendeur est à Angers. La distance est la même que pour les Peccot, car Pouancé est à côté de St Erblon. Il faut donc que le vendeur descende à l’auberge, et elle a pour nom le Lion d’or, ce qui me fait une auberge de plus dans ma base.

    A Angers les notaires sont quasiement tous royaux, c’est à dire ayant juridiction sur tout le royaume de France, alors qu’en campagne, c’est l’inverse et les notaires sont le plus souvent seigneuriaux, c’est à dire ne pouvant vendre un bien que dans l’étendue de la seigneurie dont ils détiennent l’office, ce qui est très limitant, et les destine surtout à faire des baux, des inventaires, les petites ventes de lopins de terre, et les petits prêts. Les grosses affaires se traitent à Angers.

    François Rousseau, installé à Vergonnes, près de Pouancé, est notaire royal. C’est donc lui qui a compétence sur tout ce petit monde et sur la Prévière.

    Le 31 décembre 1722 devant Rousseau Nre Royal à Vergonnes, François Hervé Sr de Bellenault dt à Angers de présent logé à Pouancé en l’auberge du Lion d’Or, vend à René Vallas et Louise Jallot la métairie de Launay à La Prévière pour 5 420 L. (Le prix est très élevé pour une métairie, et j’en conclue qu’elle est importante et surtout fertile, rapportant confortablement).
    Le Lion d’or a existé un peu partout, et voici le bail de celui de Craon qui a la particulariré d’avoir changé de nom :

    Le 20 juin 1707 devant Rousseau Nre Vergonnes, Delle Georgine Corbin femme de Me Jean Leroux Cr du roi au grenier à sel de Pouancé, bail à loyer de l’hostellerie du Lion-d’Or appellée maintenant le Dauphin à Craon, à h.h. Jean Vallet pour 80 L de rente foncière (le loyer n’est pas cher, et il est celui d’une maison de ville à chambre haute. J’en conclue que l’hôtellerie en question n’est pas très importante, sinon le loyer serait plus élevé s’agissant d’un lieu qui rapporte de l’argent)

    Le Lion d’or a aussi existé à Saint-Sébastien (aujourd’hui c’est une cave). Il fut la ligne d’autobus de ma jeunesse. En effet, il avait donné son nom à tout son quartier, puis son nom à la ligne de bus. Il existe toujours un hôtel du Lion d’Or rue des Hauts Pavés à Nantes, preuve décidément que même à Nantes, on a conservé le parfum des noms d’antan…

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  • 1. Le samedi 5 juillet 2008 à 12:17, par Marie-Laure

    au lit l’on dort ! selon le calembour décrit par Stanilas , pour un billet précédent…! Les hôtes devaient avoir un certain « standing « si j’en juge par celui d’ATHEE (53) qui semble avoir été témoin plusieurs fois fin XVII ème siècle …?Hélas , le nom de son auberge n’est jamais fourni…

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    Vente de la métairie de la Prouverie par Pierre Le Cornu du Plessis et de Cosme : Pommerieux (53) 1587

    J’ai relevés plusieurs actes concernant la famille Le Cornu, dont cette vente de la Prouverie en Pommerieux. Par contre, Pierre Le Cornu n’est pas le seul vendeur, et je n’ai aucune idée de ses liens avec les 2 autres vendeurs, en particulier j’ignore s’ils sont liés et si oui comment.

    Cet acte notarié est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E7.

    Voici la retranscription de l’acte : Le 24 octobre 1587 après midy, Dvt Grudé Nre royal Angers, en la court du roy notre sire à Angers endroit personnellement establiz

    Pierre Le Cornu escuyer Sr du Plessis et de Cosme et de la Rongère demeurant audit lieu du Plessis paroisse dudit Cosme,
    honorable homme René Rousseau Sr de la Tementière demeurant au lieu de la Rousselière paroisse dudit Cosme,
    et Me Jullien de St Denys advocat à Angers et y demeurant paroisse St Pierre
    soubzmettant eulx et chacun d’eulx seul et pur le tout sans division de personne ni de biens etc confessent etc avoir aujourd’hui vendu quité ceddé délaissé et transporté et par ces présentes vend quitte cède délaisse et transporte perpétuellement par héritage et promys garantir de tous troubles empeschement
    à noble homme David de la Marqueraye Sr de la Primetière conseiller du roy en sa court de parlement de Bretaigne à ce présent stippulant et acceptant et lequel a achaité et achaité pour luy ses hoirs
    le lieu domaine mestayrie appartenantes et deppendances de la Prouverie

    (l’abbé Angot donne Courbeveille, Laubrières et Pommerieux, et pour celle de Courbeveille il donne seigneur en 1590 Jean Le Cornu du Plessis de Cosmes)

    sis et situé en la paroisse de St Clément de Craon composé de maisons granges estbales ayreaux rues yssues jardins vergers de 60 journaux de terre labourable ou environ et autres appartenances et dépendances, et tout ainsi que ledit lieu et mestairie de la Prouverye se poursuit et comporte avecques toutes et chacunes ses appartenances et dépendances sans aucune chose en excepter retenir ne réserver
    tenu ledit lieu du fief et seigneurie du Breil Berard aux cens rentes et debvoyrs seigneuriaux et féodaux anciens et acoustumez que les partyes advertyes de l’édit royal ont vériffié ne pouvoyr déclarer franche et quite des arrérages du passé transportz etc (l’abbé Angot donne le Breil Bérard sous l’article du Breil (le Haut-), tout en citant le nom du Breil Bérard qu’il avait rencontré en 1343, puis 1648 et 1693. En est seigneur en 1538 Jean Le Cornu du Plessis de Cosmes, maintenu en possession contre Guy de Scépeaux. Ce fief était situé sur Pommerieux à la limite Nord et joignant Denazé. Donc le notaire a fait une légère erreur en donnant le lieu situé à Craon, car il s’agit bien de Pommerieux)
    et est faicte la présente vendition pour le prix et somme de 400 escuz sol en allant à (soit) la somme de 1 200 livres tournois payée et baillée comptée et nombrée manuellement contant par ledit achaiteur auxdits vendeurs quelle somme lesdits vendeurs ont prinse et receue en pièces et au veu de nous en seze escus quart d’escu le tout au poix pris et court de l’édit royal dont ils se sont tenys à contant et en ont quité et quitent ledit achaiteur…
    fait et passé audit Angers maison de noble homme Me Hervé de la Marqueraye Sr de Villegontier advocat audit siège.

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  • 1. Le samedi 2 août 2008 à 17:14, par Du Périgord

    Quel est cet ouvrage de l’abbé ANGOT auquel vous vous référez ?

    2. Le samedi 2 août 2008 à 17:22, par Odile

    le Dictionnaire Historique Topographique et Biographique de la Mayenne, en 4 volumes (épaix), de l’Abbé A. Angot, qui a été réédité en 1982 et toujours disponible aux Editions Joseph Floch à Mayenne en Mayenne.

    3. Le samedi 2 août 2008 à 18:22, par Stanislas

    Pierre Le Cornu est le fameux capitaine ligueur de Craon, les généalogies ne donnent pas de liens avec ses co-vendeurs.

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    Avaleur de vin, début 17e siècle, Angers St Pierre

    qui décharge le vin (ou le cidre) des bâteaux et le livre dans les caves des acheteurs

    Je suis née avant guerre, ainsi parlait-on jusqu’aux années 60 des personnnes qui avaient connu la guerre.
    Or donc, j’ai vécu les descentes précipitées à la cave. Mes parents avaient une maison du 19e siècle, époque où l’on construisait encore les maisons de ville sur cave en sous-sol, juste un soupirail y accédant de l’extérieur, destiné à livrer le charbon, alors répandu. Nous pouvions donc nous mettre à l’abri tandis que les Américains déversaient 3 tonnes de bombes sur Nantes…
    Si j’ose parler de cet abri souterrain, c’est que la cave souterraine est en voie de disparition, et il est probable que beaucoup de petits Français d’aujourdh’ui assimilent le terme cave avec ces horribles caveaux, peu souterrains pour la majorité, qui sont sous les appartements des immeubles… Rassurez-vous, je connais, c’est ainsi que je vis depuis des années, dans une tour pur béton.

    Aujourd’hui nous partons dans les caves de la ville d’Angers, dans lesquelles chacun conserve son vin en busse :

    Angers St Pierre : le dimanche deuxième jour de juillet 1606 décéda Nicolas Rommy vivant avaleur de vins. (Il demeure donc au port de réception des boissons pour la ville d’Angers)

    La meilleure définition est dans le Dictionnaire du monde rural de Marchel Lachiver, Fayard, 1997 : ouvrier qui descend du vin dans la cave. Et voici le verbe avaler : 1. Faire descendre, faire tomber – 2. Descendre rapidement, dévaler. – 3. Faire descendre dans le gosier (Larousse, Dictionnaire de l’ancien français – Moyen Âge, 1994) – Le même dictionnaire, mais de l’époque suivante, c’est à dire du Moyen Français, la Renaissance, donne toujours : 1. Descendre, tirer vers le bas. – 2. Faire descendre, conduire ou envoyer vers le bas. – 3. Faire tomber… abaisser, etc…

    Reste à savoir si c’est le vin qu’on descendait ou le vin et son contenant, qui était alors la busse. Avant de comprendre, mettons les choses au point :

    la vin (ou le cidre) est vendu dans une unité de mesure du commerce, appelée la pipe. La pipe angevine mesure 446, 4 litres, et tous les actes notariés portant vente de ces boissons sont effectués sur la base de cette unité commerciale.
    ces transactions commerciales, tout comme les droits issus des baux à moitié, etc… s’entendent net, ce qui signifie qu’on y traite commercialement que du liquide (le contenu des fûts) et jamais du contenant (le fût)
    le vin (ou le cidre) est transporté et stocké en fûts de bois, dont le plus utilisé est la busse. La busse mesure une demi-pipe, soit 223,2 litres.
    le tonneau existe bien, mais ne circule pas. Il est une autre unité de mesure, correspondant à 2 pipes, soit 892,8 litres
    pour compliquer la chose, les transactions plus importantes (celle des marchands de vin) sont exprimées en fourniture. La fourniture est donc elle aussi une unité de compte, et vaut 21 pipes, soit 9 374,4 litres.
    l’Anjou exporte du vin, et le vin circule par bateaux. Outre Nantes, on livre aussi Château-Gontier, d’où, chargés sur des charrettes, ils sont acheminés vers Laval et Craon (Michel Le Mené, les Campagnes angevines à la fin du Moyen âge, 1982)
    grâce à la traite (impôt sur le vin) et les péages (par exemple celui de Champtoceaux), on a des chiffres du trafic. La Loire voit chaque année quelques dizaines de milliers de pipes de vin vers Nantes.
    Après avoir vu les bases du commerce du vin, revenons à la cave de notre acheteur et au livreur à domicile :

    tous les inventaires après décès estiment scrupuleusement les fûts, un par un, vide ou plein.
    les fûts vides ne quittent pas la cave et appartiennent en propre à l’acheteur. Ils ont une valeur variable selon leur état, mais assez élevée (je vous ferai prochainement un billet sur le prix du fût vide). Nous avons vu ci-dessus que ces fûts sont généralement des busses. Bien sur, le fût dure des années.
    or, le vin est réceptionné chaque année
    Le vin (ou le cidre) ne peut donc être déchargé des bateaux vers chaque cave qu’en vrac, et transporté liquide jusqu’au fût de l’acheteur. Les bâteaux repartent ensuite à fût vide, faire un nouveau chargement. D’ailleurs, de nos jours, tous les camions citernes qui circulent sur nos autoroutes (et Dieu sait s’il en circule) fonctionnenent de même, pour ne pas souiller au retour la citerne par un autre produit. C’est important pour l’essence mais encore plus pour les produits alimentaires… On fonctionne donc toujours de même 4 siècles plus tard…

    Sur Internet (une fois n’est pas coutume, car on trouve n’importe quoi le plus souvent, donc il faut surtout ne rien y regarder ! Dans le cas présent je pense qu’on peut avalider connaissant le sérieux de Mr de Tarade qui dirige le grand armorial) les avaleurs de vin et les jaugeurs de foin de la ville de Béthune (Picardie) blasonnent d’or à un chevron de gueules chargé de deux billettes d’argent
    Ceci est extrêmement intéressant, car ces avaleurs de vin y sont alliés aux jaugeurs de foin. Ce qui laisse à penser qu’ils jaugent tous. Donc, on peut en conclure qu’outre le transport en seau, notre avaleur de vin avait pour mission de mesurer (contrôler) la transaction commerciale, et ses seaux devaient être jaugés. Les réceptacles jaugés étaient alors rares, les jaugeurs aussi, donc l’avaleur de vin possédait en propre des seaux jaugés.

    J’ai essayé de comprendre comment certains en étaient venus à penser que les fûts pleins descendaient chaque année les étroits escaliers des caves… (rappelez vous un busse contient 223,2 litres, sans compter son poids propre). J’ai alors trouvé dans l’Encyclopédie de Diderot : AVALAGE, s. m. terme de Tonnelier ; c’est l’action par laquelle les maîtres Tonneliers descendent les vins dans les caves des particuliers. – POULAIN, instrument dont les Tonneliers se servent pour descendre les pieces de vin dans les caves, ou pour les en retirer. Il y en a de deux sortes, savoir le grand & le petit poulain.
    Je pense qu’il faut comprendre l’Encyclopédie en fût vide, livré par le tonnelier. Sinon, aucune transaction commerciale, aucun inventaire après décès ne tient debout, sans parler de la difficulté d’un telle descende de 300 kg par un escalier étroit, même avec les poulains.

    Je suis tellement troublée par la méthode de commercialisation, livraison, et réception des boissons, que je vous promets de mettre bientôt sur ce blog des exemples d’achat, de voiturage, et aussi l’estimation du prix des fûts vides… A bientôt.

    Commentaires

    1. Le lundi 23 juin 2008 à 15:59, par sarah

    dans le Larousse: « Poulain (manut.) assemblage de deux madriers ou de deux profilés réunis par des entretoises et dont on se sert soit pour la manutention des tonneaux soit pour celle des pièces lourdes:(machines-outils, blocs de pierre etc… Poulain mécanique (manut.) poulain comportant un berceau sur lequel on place la charge, qui se déplace le long du poulain, à l’aide d’un système mécanique actionné à la main ou par un moteur » Ce système qui devait être à poulies, je suppose, devait permettre de descendre les tonneaux pleins dans les caves…

    Note d’Odile : c’était dans mon billet, extrait de l’encyclopédie Diderot. Mais ces poulains ne servaient pas à descendre les busses dans les caves puisque le vin n’est pas vendu en busse mais en unité commerciale la pipe, et sans aucun contenant. Or, je vous ai expliqué que le contenant qui est un fût de busse et non pas un tonneau, vaut cher, et qu’on le garde de très longues années… Par ailleurs, le terme tonneau est inexact, car en Anjou il mesure 892 litres et ne sort donc pas des chaix. Sarah, merci d’oublier le présent, et de comprendre qu’autrefois le cidre et le vin ne se conservaient pas, devaient être consommés dans l’année, et qu’on renouvelait chaque année le remplissage des fûts dans la cave… surtout pas en descendant chaque année un fût plein puiqu’il est bien plus facile de le vider au bateau, puis de transporter le vin dans le fût de la cave. Seuls les fûts partant en haute mer, dans un port maritime comme Nantes, ma ville, pour des mois, pouvaient être considérés comme des contenants perdus… pas ceux des particuliers…

    Route du clou : décès de Charles Laisné de La Coulonche à Longué (49)

    la route des Normands vers l’Anjou et l’Ouest continue…

    Merci à Carole Boulay d’avoir noté le décès de Charles Laisné, venant ainsi apporter sa pierre à la route du clou :

    Il est inhumé à Longué (49) le 6 novembre 1706 inhumation « Charles Laisné vivant époux de Renée Hardy de naissance de la paroisse de la Coulonge en Normandie et décédé à la ville de Longué et son corps a esté inhumé dans le cimetière de Longué par nous vicaire en présence de Hierosme Langlois son cousin, de Nicolas Langlois, de Nicolas Langlois (sic, 2 fois), et Michel Langlois et Louis Bunié ses amis qui onté déclaré ne savoir signer, or lesdits Hierosme et Nicolas les Anglois qui ont signé »

    Charles LAISNÉ °La Coulonche 4.11.1663 †Longué (49) 6 novembre 1706 Fils de François LAISNE et de Louise LOUVEL x La Coulonche 14.2.1697 Renée HARDY °La Coulonche 29.12.1667 Fille de Anthoine et de Louise Salles

    Simon LAISNÉ °La Coulonche ca 1700 x La Coulonche 28.1.1725 Barbe MESENGE Dont postérité
    Il y a 175 km de La Coulonche à Longué, située près de Beaufort-en-Vallée (Maine-et-Loire), à descendre de Laval sur Saumur. On notera que 4 Langlois assistent à la sépulture. Cela ferait beaucoup de Normands ensemble pour être en route avec des marchandises, et on peut supposer que l’un ou plusieurs d’entre eux résident déjà en Anjou. Les uns faisant sans doute la navette avec des marchandises livrées au autres.

    J’ai mis à jour la reconstitution des Laisné de La Coulonche et La Sauvagère.

    Pourpoint, bas de chausse et chemise neufs : Morannes (49) 1626

    le prix de vêtements de domestique (AD49 Jucqueau notaire)

    Les catalogues d’hiver sortent en ce moment, alors voyons comment s’habiller l’hiver prochain en 1626. A part les inventaires après décès qui donnent le prix des vêtements plus ou moins usagée, il est rare de trouver le prix de vêtements neufs dans les actes notariés, car l’achat se passait de la main à la main, surtout pour les vêtements modestes. Voyez ma page sur l’habillement.

    Ici, il ne s’agit pas à proprement parler d’un achat de vêtements, mais le tailleur d’habits doit de l’argent à un serviteur probablement propriétaire avec son frère de la maison ou du jardin louée par le tailleur d’habits, qui va donc le payer en nature, en lui fabriquant des vêtements neufs.

    Le prix est peu élevé, mais la qualité grossière, et la couleur absente. D’ailleurs, elle était le plus souvent absente autrefois des vêtements ordinaires, le noir mis à part.

    Retranscription littérale de l’acte : Le 25 janvier 1626 Dvt Jacques Jucqueau Nre royal de la court de St Laurent des Mortiers Dt à Miré, Jean Trottier serviteur demeurant à la Chevallerie paroisse de Soeurdres et Jacques Ruau tailleur d’habits en la paroisse de Soeurdres, lesquels confessent avoir fait le conte que s’ensuit,

    savoir que ledit Ruau est demeuré tenu bailler et fournir audit Trottier un pourpoint de toille de réparon (le réparon est la seconde qualité de lin, après le passage au séran, c’est donc une toile grossière. Le pourpoint est une veste assez longue, boutonnée jusqu’au cou, et j’en ai même trouvé en vente sur le Web, style Moyen-âge, pour une somme tout à fait abordable, on peut même payer par carte bancaire !),
    une chemisolle (la chemisette est une sorte de camisole que portent les personnes de basse condition : Chemisette grise. Chemisette de serge, de futaine. Chemisette rouge – Selon le Dict. de l’Académie, 1694) de frise blanche (la frise est sorte d’étoffe de laine à poil frisé),
    un bas de chausse de sarge blanc (c’est le tissu de laine ordinaire, et nous avons déjà vu le sarger ou sergier)
    le tout neuf et prest à servir audit Trottier et ce dedans le jour et feste de Saint Martin prochaine (il a le temps, car c’est le 11 novembre et l’acte est passé le 25 janvier)
    quels habits sont pour demeurer quittes ledit Ruau vers ledit Trottier de la somme de 6 L 8 sols tournois en quoy il est tenu vers ledit Trottier par l’acte passé par René Geslin notaire où il est porté que ledit Ruau doibt audit Trottier la somme de 20 L 9 sols pour la jouissance de certains héritages appartenant audit Trottier et à Charles Trottier son frère duquel Charles ledit Jean se dit héritier

    6 L 8 sols est une somme assez importante, pourtant ce sont des vêtements simples et des tissus modestes. Autrefois, on achetait rarement de vêtements neufs : les tissus étaient plus solides que maintenant, et on usait jusqu’au bout, en rapiéçant et raccomodant souvent. J’ai appris pour mon bac S (sciences de l’époque) la couture facultative, et j’ai pratiqué à la maison la pose de pièces sur les vêtements usagés. C’était tout un art… probablement en voie de disparition… car maintenant on aime voir les trous, ou coller les pièces autocollantes….

    Commentaires

    1. Le dimanche 13 juillet 2008 à 14:17, par Marie-Laure

    c’est par cette coutume du  » recyclage  » des vêtements que la peste était parvenue dans ce village , en GB , dont j’avais parlé auparavant, les puces porteuses de peste ayant voyagé de Londres dans ces vêtements  » d ‘ occasion  » …

    2. Le dimanche 13 juillet 2008 à 16:15, par Josette

    Il ne s’agit, parobablement, pas de vêtements déjà portés puisque Jacques RUAU est tailleur d’habits

    Odile Halbert – Lorsque vous mettez mes travaux sur un autre site ou base de données, vous enrichissez leurs propriétaires en leur donnant toujours plus de valeur marchande dans mon dos