Inhumé « par charité »


La sépulture de Guillaume Bonhommet comporte la mention
par charité
L’avez-vous rencontrée ?
Et, si oui, pensez-vous que c’est parce qu’on ne pouvait pas payer les frais ?

4 réponses sur “Inhumé « par charité »

  1. Bonjour Odile,

    Voilà qui est surprenant. Comme vous, j’ai toujours cru que l’expression « par charité » signifiait que le défunt et sa famille n’a pas les moyens de payer les frais d’inhumation. Cela me parait toutefois étonnant ici car je pensais que les maîtres tailleurs d’habits avaient un peu de biens.
    Ne peut-on pas alors y voir plutôt une allusion au fait que Guillaume Bonhomme a été inhumé dans un cimetière alors qu’il ne devait pas pouvoir y prétendre pour une raison ou pour une autre ? Peut-être n’a-t-il pas reçu le sacrement d’extrême onction ? Ou ne s’est-il pas confessé dans l’année ? J’ai vu un cas où le prêtre de la paroisse ne voulait pas inhumé un de ses paroissiens pour cause de vie dissolue, il y a finalement été forcé par ses supérieurs.
    Pour en savoir plus, il faudrait retrouver l’inventaire après décès de Guillaume Bonhomme et Marie Toutain.

    Bonne journée.
    Marie-Laure

    1. Bonjour Marie-Laure
      Merci.
      Je note bien votre suggestion religieuse et effectivement, autrefois c’était un objet de refus de sépulture.
      Pour ce qui est des biens de Guillaume Bonhomme, je suis très très perturbée, car sa fille Anne aliàs Marie-Anne, dont je descends, meurt en 1759 à la tête d’une solide fortune. En outre, elle signait à son mariage et partout ensuite, alors que son père ne signait pas, et cela c’est stupéfiant !
      Et je suis bien consciente qu’il faudrait encore trouver des actes notariés et/ou inventaires, mais hélas je ne peux plus me déplacer à Laval.
      Par ailleurs, avez-vous vu l’âge indiqué sur sa sépulture ? Je suis stupéfaite, car cela voudrait dire que mon ancêtre Anne aliàs Marie-Anne, née en 1688, avait un papa âgé de 78 ans à sa naissance !!!!
      j’ai fait ce matin en vain tous les B possible même à Changé, en vain.
      Et je vais continuer pour trouver le décès de Marie Toutain
      Bien cordalement
      Odile

  2. Bonjour Mme,

    Je l’ai rencontrée à de nombreuses reprises dans les registres paroissiaux d’Avénières, et en effet, cette mention « inhumé par charité » dénote probablement, pour la majorité des cas, l’absence totale d’aisance pécuniaire, pour ne pas dire l’indigence des défunts portés en terre. Mais je pense aussi qu’elle peut s’appliquer à certaines sépultures de personnes de passage étrangères à la paroisse où elles sont décédées, et que faute d’avoir quelques parents « sous la main » présents à l’office funèbre, le clergé célébrait l’office et faisait inhumer sans frais « par charité » (étant dans l’impossibilité de les recouvrer).
    Voici quelques actes portant cette mention :
    4 et 7 août 1710 « L’an mil sept cent dix le quatriesme d’aoust decedda Marie Chemineau femme de Mathurin Daudin, venüe depuis très peu de Lhuisserie, et le sixiesme dudit mois et an decedda au village des Besnières […] femme de […] Philippot, garde des gabelles révoqué venus depuis très peu de la parroisse d’Entrames, et les jours suivvant, lors corps furent inhumez au cimetière assistez du clergé de nostre église par charité ». (BMS 1706-1713, vue 101/154)

    21 janvier 1712 « L’an mil sept cent douze le vingtiesme de janvier decedda […] Rabbay garçon meusnier au Bois Gamats et le jour suivvant son corps fut inhumé au cimetière assisté du clergé de nostre église par charité ». (BMS 1706-1713, vue 130/154)

    28 janvier 1712 « L’an mil sept cent douze le vingt et huict de janvier decedda Julien Arnoul, antien garçon, et le jour suivant son corps fut inhumé au cimetière assisté du clergé de nostre église par charité et de Yves Arnoul son frère qui a déclaré ne scavoir signer » (BMS 1706-1713, vue 130/154)

    12 septembre 1712 « L’an mil sept cent douze l’onziesme de septembre decedda dans la grange du prieuré de cette paroisse, un pauvre passant qu’on a dit s’appeller […] de la paroisse de Meslay et le jour suivant son corps fut inhumé au cimetière assisté du clergé de nostre église par charité » (BMS 1706-1713, vue 144/154)

    30 avril 1714 « Le vingt neuf avvril précédent mil sept cent quattorze décedda au lieu de La Refrerie (?), le nommé Julien Baron qui estoit un passant de La Chappelle Crannoise et le jour suivvant son corps fut inhumé par charité au cimetière » (BMS 1713-1720, vue 20/137).

    Cordialement

    Frédéric Chopin

    1. Bonjour Frédéric et merci
      je vais tenter cet APM de relire des livres religieux aussi, car l’hypothèse de Marie-Laure est intéressante aussi.
      Odile

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