Mémoire d’Avent, l’oeuvre clandestine d’un Angevin à Saint-Julien-de-Concelles 1794-1802 : René Lemesle – chapitre 2

(C) Editions Odile HALBERT
ISBN 2-9504443-1-8
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Chapître II

  • DANS LE SILENCE DES CLOCHERS
  • Dans le silence des clochers
  • Le « silence des clochers » est l’expression utilisée par certains auteurs (13) pour masquer la double face de la réalité religieuse et ne retenir que le côté négatif. Ceux qui étalent complaisamment l’apostasie sont plus discrets pour mettre en avant l’héro‹sme de beaucoup d’autres prêtres : l’église du silence a de tous temps répondu au silence des clochers. C’est elle qui de nos jours, comme il y a deux siècles, envers et contre tout, a maintenu et maintient encore la lampe allumée en Chine, en URSS et partout où l’église est en détresse.
    Les saints ne s’épanouissent pas nécessairement dans le bruit des cloches. Le silence de celles-ci favorise leur éclosion car c’est dans l’épreuve que se révèlent les plus grands.
    Non seulement des prêtres catholiques insermentés ont exercé leur ministère clandestin dans le silence, mais ils manquaient aussi des éléments indispensables à leur ministère. Les cloches ne sont pas indispensables, mais le vin, le pain et le papier le sont. Les deux premiers n’ont pas manqué à Saint-Julien-de-Concelles pays de vigne : les républicains n’ont pas tout pris ou détruit. Le papier a fait défaut, or, le prêtre doit noter. Il consigne méthodiquement les baptêmes depuis l’ordonnance de Villers-Cotterêts en ao–t 1539, et les baptêmes, mariages et sépultures depuis celle de Blois en mai 1579. Les registres, tenus obligatoirement en double, sont confidentiels encore de nos jours, pendant 100 ans.
    Voici comment l’Evêque de Nantes rappelait cet aspect de la confidentialité dans le « Rituale nannetense » de 1776 :

    Ces Registres étant d’une extrême conséquence pour la tranquillité des familles, les Curés et Vicaires apporteront tous leurs soins pour les conserver et les tenir en bon ordre. Pour cet effet ils les garderont enfermés sous la clef ; et comme ils contiennent souvent des secrets très importants à l’honneur des familles, ils ne les confieront à personne, non pas même à leur sacristain ; et ils ne s’en rapporteront pas à lui pour dresser ces Actes ; l’expérience faisant connoitre que la plupart de ces sacristains ne sont pas instruits de ce qui est essentiel à ces Actes, pour être chargés de leur enregistrement (14).

    La tenue d’un registre est difficilement conciliable avec la clandestinité. On ne retrouve pas de registre clandestin avant août 1794 en pays lorousain. A cette date, la hiérarchie a manifestement autorisé la tenue de registres ou de minutes, sous réserve d’un minimum de garantie du secret, malgré la persécution. Les confréries servirent-elles de garant de la confidentialité en assurant la garde des papiers ? En raison de son volume, un registre circulait rarement sur le prêtre ; celui-ci rédigeait des minutes d’actes pour les recopier, quand cela était possible, sur le registre qui restait caché en lieu sûr. C’est certainement de cette manière que René Lemesle opérait.

  • L’attente concelloise
  • René Lemesle a desservi Saint-Julien-de-Concelles pendant 8 ans et 2 mois. Les Concellois se sont en grande partie soulevés en 1793. Le pays concellois comprend surtout La Chapelle-Basse-Mer et Le Loroux-Bottereau. Ces deux paroisses représentent à elles seules plus de la moitié des mariages avec des non-Concellois avant 1789. Viennent ensuite les paroisses voisines : Basse-Goulaine, La Chapelle-Heulin, La Boissière-du-Doré, La Remaudière, Landemont, La Varenne. Les alliances plus lointaines sont épisodiques.
    Le pays concellois bute contre la Loire, frontière naturelle étudiée par Yves Durand (15), qui y voit les différences de culture historico-géographique entre les deux rives. La guerre civile va quelque peu rendre perméable cette frontière. Une partie de la municipalité concelloise ne s’est-elle pas réfugiée à Thouaré dès mars 1793 !
    Lorsque René Lemesle arrive, et commence son ministère, la paroisse est sans prêtre ; toutefois, un diacre natif de Saint-Julien, Sévère Bertaudeau, a recopié quelques baptêmes de Concellois faits par les recteurs Massonnet et Robin. Lui-même a commencé à baptiser, mais n’a sans doute pas pris seul l’initiative de cet intermède. On peut supposer une intervention des confrères (voir chapître « les Réseaux concellois »), en contact avec la hiérarchie catholique réfractaire.
    René Lemesle commence à baptiser le 07.10.1794 des enfants qui ont quelques jours à un mois, à l’exception de 3 enfants âgés de quelques mois. Puis la règle du baptême dans les trois jours est suivie. Que s’est-il passé entre-temps pour que l’on trouve peu d’enfants âgés dans les premières semaines de son ministère ?
    La Virée de Galerne d’octobre à décembre 1793, les colonnes infernales en mars 1794, les mauvaises conditions de vie de l’automne 1793 à août 1794, ont pu faire chuter la natalité et augmenter la mortalité infantile. On serait tenté de conclure, au premier abord, que s’il n’y a pas de baptisés âgés, c’est qu’il y a peu d’enfants.

    Avant l’arrivée de René Lemesle, on observe quelques retranscriptions de baptêmes de Concellois bénis par Massonnet et Robin en août 1794. Le registre du recteur Robin à La Chapelle-Basse-Mer a brûlé pour cette période. Il refit aussitôt un autre registre qui ne contient pas les mêmes actes de baptêmes que ceux retranscrits à Saint-Julien. Robin a baptisé au moins 6 Concellois connus, deux de 7 mois. Les Concellois, pendant l’absence de prêtre insermenté, ont donc cherché un prêtre ailleurs et n’ont pas hésité à se déplacer.
    L’attitude des Concellois, pendant cette période de privation de prêtre, peut être appréhendée à travers les registres voisins. En effet, on y décèle le comportement des populations privées, ou non, de prêtre. Le registre clandestin du Loroux-Bottereau, entre autres, permet de retracer les conduites individuelles, famille par famille, en particulier pour les non-résidents.

  • Les non-Lorousains baptisés au Loroux
  • Les Concellois, comme d’autres populations privées de prêtre avant août 1794, ont été au Loroux-Bottereau où Clair Massonnet, baptise 88 enfants non-Lorousains entre le 09.08.1794 et le 03.02.1795, dont 35 nés à Saint-Julien-de-Concelles, 28 à Haute-Goulaine, 9 à Basse-Goulaine, 7 à La Chapelle-Heulin, 7 à Vertou, 2 à la Haye-Fouassière. Deux enfants n’ont pas été pris en compte car ils se révèlent des enfants de Lorousains réfugiés dans leur proche famille, l’un à Rezé, l’autre à Nantes.
    Les Concellois sont baptisés entre le 9 août et le 16 août, puis ne vont plus au Loroux. M. Robin et S. Bertaudeau, le diacre concellois, ont pris la relève.

    Ainsi, le 24.08.1794, M. Robin s’intitule « recteur du Pellerin desservant la paroisse de Saint-Julien, où il n’y a aucun prêtre maintenant, et celle de La Chapelle-Basse-Mer ». Pour ce baptême d’un Concellois, M. Robin se déplace lui-même à la Chebuette « baptiser au foyer à cause de la persécution ». L’enfant a 6 mois et demi : à cet âge, et en cette saison, les parents pouvaient lui faire faire quelques kilomètres.
    De février 1795 à juin 1797, il n’y a pas de baptêmes de non-Lorousains dans le registre du Loroux. Les non-Lorousains ont sans doute trouvé un autre prêtre.
    Les baptisés non-lorousains, toutes paroisses d’origine confondues, sont âgés, alors que la règle est de baptiser dans les trois jours (voir p.31). Plus les baptisés sont âgés, plus les parents ont rencontré de difficultés pour trouver un prêtre qui leur convienne.
    Si on considère les dates de naissance, et non les dates de baptême des baptisés non-Lorousains, on observe une corrélation entre leur nombre et le calendrier des difficultés.
    On voit ci-contre que la pénurie de prêtre commence en septembre 1793. Si elle avait été plus ancienne, on observerait des enfants plus âgés en plus grande quantité.
    La période critique culmine de novembre 1793 à août 1794. Après cette date, des prêtres clandestins apparaissent progressivement dans le pays.
    La courbe ci-dessus doit être rapprochée de celle de la saisonnalité des naissances (voir p.28). Le mois de juin est un mois naturellement creux en période normale, par conséquent la baisse en juin n’est pas significative. On dénombre 35 Concellois baptisés au Loroux, ce qui signifie qu’il n’y a aucun prêtre à Saint-Julien-de-Concelles avant René Lemesle. Cette courbe met en évidence, a contrario, l’absence de prêtre et cette observation concorde avec la phrase de M.Robin fin août 1794, citée ci-avant. On a ainsi la certitude que René Lemesle n’était pas physiquement présent à Saint-Julien avant le 07.10.1794.
    Dans le registre du Loroux, entre juin 1797 et ao–t 1799, il y a de nouveau des baptisés non-lorousains. Ils sont, cette fois, au nombre de 79, dont : 38 baptisés âgés, nés à Vallet, 24 à La Chapelle-Heulin d’âge très variable, 6 à La Chapelle-Basse-Mer, 3 à la Remaudière, 2 à Monnières, 2 à Saint-Sébastien, 2 à Saint-Julien-de-Concelles, 1 à Nantes Saint Denis, 1 à Haute-Goulaine. Il est intéressant de les étudier, car ils reflètent les difficultés momentanées propres à chaque paroisse.
    Les difficultés à Vallet culminent entre octobre 1798 et mars 1799. A La Chapelle-Heulin, le recteur Marchand est présent entre 1795 et 1796 et l’est moins régulièrement en 1797 : beaucoup d’enfants ont deux ans et plus.
    Mis à part les baptisés nés à Vallet et à La Chapelle-Heulin, tous les autres enfants sont nés dans des familles ayant des attaches familiales au Loroux.

    Ainsi, en juin 1795 Denis Guillet baptise la fille de Louis Godin meunier à Sèvres en Saint-Sébastien, âgée de 23 mois. Ce Louis Godin est né au Loroux et a épousé à Pirmil en Saint-Sébastien, le 17.06.1788 la fille du meunier de Sèvres.
    Le jeune couple est installé à Sèvres avec le beau-père, mais les échanges commerciaux et familiaux entre meuniers sont maintenus.
    Le 25.08.1797, l’abbé Guillet baptise Jean-Louis Grandpoirier né à Saint-Julien-de-Concelles. Son père, Pierre-François Grandpoirier, né à Salins dans le Jura, chasseur au Bataillon de Cassel, a épousé à Nantes-Lepelletier, le 11.09.1794, Jeanne Alalinard, née à Oudon d’un père natif de Lourdoueix-Saint-Pierre près de Guéret dans la Creuse. Le couple vit à Oudon, déclare l’enfant né à Saint-Julien, mais a des attaches lorousaines, puisque le père Alalinard, couvreur, s’était installé au Loroux en 1769 et puisque Maurice Alalinard, le frère de Jeanne, y vit pendant la Révolution. Cette famille n’a rien à voir avec Saint-Julien et ne faisait qu’y transiter.

  • Le choix du prêtre ?
  • Si la présence dans le registre du Loroux de baptisés non-lorousains, âgés ou non, d’ao–t 1794 à février 1795, est liée aux difficultés des populations voisines à trouver un prêtre pendant cette période, on est tenté de conclure que leur absence par la suite correspond à l’apparition de prêtres clandestins dans ces paroisses. La date de février 1795 est celle de la pacification et de l’espoir qui va durer un peu ; le culte a repris, même s’il n’a pas laissé de traces écrites d’actes.

    Existe-t-il des actes de baptêmes et mariages dont nous n’avons aucune trace ?

    A cette hypothèse, on pourrait objecter la baisse de la pratique religieuse de ces populations après février 1795, ou la fréquentation d’un prêtre assermenté à défaut de prêtre insermenté. L’étude ci-après tente d’appréhender le comportement de ces populations privées de prêtre. Nous verrons successivement le cas de Nantes, avec prêtre assermenté, puis celui de paroisses sans prêtre assermenté.

    Ainsi, toutes les familles de Nantes-Saint-Jacques n’acceptent pas le prêtre assermenté : certaines vont aller à Saint-Julien voir René Lemesle (voir p.35), ou au Loroux comme ci-avant (voir p.23) et vraisemblablement ailleurs. Pourtant 362 enfants sont baptisés à Saint-Jacques de Nantes du 01.01.1796 au 05.06.1796 par le prêtre constitutionnel. Le délai de baptême dans les trois jours y est respecté, même pour les enfants nés hors de la paroisse. Seuls quelques baptisés ont quelques mois et même quelques années. Ce registre constitutionnel des baptêmes de Saint-Jacques est écrit sur un livre de comptes de l’Oratoire. La récupération de registres, devenus désormais inutiles, pallie l’absence de papier, qui fait défaut même à un prêtre assermenté.
    Les baptisés âgés ne sont donc pas seulement le reflet de l’absence de prêtre. Ils témoignent aussi de l’attachement des parents à un prêtre insermenté. Il y avait des paroisses qui possédaient encore un prêtre assermenté, accepté par la majorité de la population, mais rejeté par quelques familles.

  • La continuité dans la pratique
  • La pratique religieuse d’une famille est continue : si elle fait baptiser un nouveau-né et a par ailleurs un enfant de 18 mois dont le baptême nous est inconnu, c’est que le baptême de ce dernier ne nous est pas parvenu et non que l’enfant n’a pas été baptisé. Cette continuité s’observe sur les familles lorousaines reconstituées.

    Cette règle de la continuité s’est avérée au fur et à mesure que les registres clandestins du pays lorousain étaient mis sur ordinateur. Au départ, seul celui du Loroux-Bottereau avait été dépouillé, dans le cadre de l’étude de démographie historique de la période révolutionnaire. Ce registre est relativement volumineux et il est supposé complet. Il laisse cependant des lacunes inexpliquables dans certaines familles : il manque soit un mariage, soit un ou plusieurs baptêmes, dans des familles qui ont une attitude clandestine prononcée. On peut en déduire que des actes religieux ont existé ailleurs ; le registre clandestin du Loroux-Bottereau n’est pas exhaustif.
    A ce stade du dépouillement, l’hypothèse de l’existence d’un autre registre clandestin, qui aurait précédé celui qui est connu, paraît plausible. Si l’on considère la difficulté à avoir du papier, soulevée par Clair Massonnet au début du registre du Loroux, on peut admettre qu’avant ao–t 1794 les baptêmes auraient été notés sur des minutes volantes qui ont disparu. Ce préregistre n’expliquerait pas toutes les lacunes, car le dépouillement exhaustif des registres des paroisses voisines comble une grande partie des lacunes. Ils contiennent des actes qui manquaient dans les familles lorousaines. L’une de ces familles est citée au chapître « Pertes de mémoire ».

    Le registre de Saint-Julien-de-Concelles a engendré, à son tour, des lacunes, par extension du phénomène à des familles concelloises, sébastiennaises (voir p.50) ou bas-goulainaises (voir ci-après) ; d’où l’existence d’actes inconnus.
    Tous les actes clandestins ne nous sont donc pas parvenus. Chaque registre ne recouvre pas la totalité d’une paroisse, même lorsque le prêtre est solidement ancré sur place pendant la durée de la guerre civile comme au Loroux, à La Chapelle-Basse-Mer et à Saint-Julien-de-Concelles. Chaque registre complète les autres par les actes de « non-résidents » venus chercher un sacrement là où ils ont connaissance de la présence d’un prêtre à un moment donné. Opportunité et proximité comptent plus que la notion de paroisse.
    Tous ces recoupements entre registres voisins, après reconstitution des familles, montrent la continuité de la pratique religieuse ; un couple ne fait pas baptiser un enfant sans l’autre ; un couple uni pendant la guerre civile ne fait baptiser un enfant sans avoir fait bénir son union.

    Par ailleurs, la tâche était numériquement trop lourde pour certains prêtres. La somme de travail du prêtre desservant Le Loroux était considérable, puisque Denis Guillet était pratiquement seul pour un territoire d’environ 5 000 survivants, après le départ de Clair Massonnet au printemps 1795. Une grande partie des Lorousains était plus proche des paroisses voisines que de Sainte-Radegonde où il se cachait. La position excentrée de cette cachette explique partiellement le surcroît de Lorousains trouvés dans le registre de René Lemesle.

  • « Pas un prêtre de Liré à Nantes »
  • Cette petite phrase est extraite du registre de M. Robin, desservant La Chapelle-Basse-Mer, qui aimait donner des détails dans son registre. Elle fut probablement vraie dans le premier semestre 1794, puis il y eut des prêtres à Chantoceaux dans le Maine-et-Loire, entre Liré et La Chapelle-Basse-Mer (16), à Vallet, au Loroux-Bottereau, à Saint-Julien-de-Concelles, à La Remaudière. Il y en eut temporairement à La Chapelle-Heulin où M. Marchand fit quelques passages. En outre, les paroisses suivantes connurent aussi provisoirement un prêtre :

    Haute-Goulaine

    Pierre-Honoré Jaulin, né à Nantes-Saint-Donatien le 24.07.1749, est âgé de 45 ans en 1794. Il se déplace beaucoup pendant la Révolution : il est à Haute-Goulaine d’août 1795 à octobre 1797. Manquant de papier, il a l’idée d’utiliser la fin du registre de catholicité de 1746. Ce registre n’a guère attiré l’attention sur lui depuis deux siècles, car il était dans une double clandestinité grâce au stratagème utilisé par P. Jaulin. C’est en recherchant les Lorousains que je l’ai trouvé en mairie. Tous les registres clandestins ne sont pas encore identifiés ou découverts à l’heure actuelle.
    P.H. Jaulin a eu ensuite un registre en octobre 1795, conservé en mairie et assimilé à l’état civil, d’où l’oubli de l’aspect sacramentel de ces actes :

    Ce n’est qu’en fin 1795 qu’apparut l’Abbé Jaulin. Ce prêtre réfractaire, non assermenté, était un fugitif. Pourchassé par les « bleus », il se cachait de ferme en ferme, célébrant de nuit la messe dans les fermes. Il mit pourtant à jour le registre d’état civil. (17)

    L’état civil d’autres communes possède de tels registres clandestins, ainsi à Chantoceaux. La « fusion » discrète avec le document officiel est un gage de conservation dans de meilleures conditions. Peu de mairies cependant ont conscience de la présence de ce type de document.
    P. Jaulin bénit 45 couples, dont 74,2 % sont venus de loin, alors qu’il ne reste que peu de temps à Haute-Goulaine. Il est apparemment connu par ses passages à Vertou et Basse-Goulaine. Il n’y était pas vicaire et n’y est pas né ; il avait donc l’habitude de s’y cacher. Le graphique ci-après donne les origines exprimées en pourcentages rapportés aux 90 mariés.

    Les « divers » représentent 13 mariés nés à Sainte-Luce, Thouaré, Orvault, Chantenay, Nantes, Monnières, Saint- Philbert, La Haye-Fouassière, La Chapelle-Heulin, La Varenne, Drain, diocèse de Bordeaux, diocèse de Saint-Brieuc.
    Pour la plupart d’entre eux, Jaulin a reçu un certificat de l’un de ses confrères. Il est donc en relation avec eux.
    On le signale fin 1797 à Fresnais.
    Il est à Saint-Sébastien en 1800 et y rédige deux actes de mariages. Nommé à Saint-Vincent-des-Landes en 1803 puis à Pannecé en 1808, il meurt en retraite à Nantes-Saint-Nicolas le 16.04.1829. C’est le type même des prêtres itinérants ; il a d– tenir des minutes qui ne nous sont pas parvenues.

    Basse-Goulaine
    Le registre clandestin de René Lemesle montre que les Bas-Goulainais viennent moins après 1794. Ce manque de suite dans la pratique religieuse ne s’avère pas concevable et on peut supposer qu’un autre prêtre clandestin est à leur service. M. Connard y est présent grâce à la retranscription suivante :

    Le 07.09.1798 a été baptisé à Basse-Goulaine par Mr Conard prêtre catholique Jeanne-Marie née le 01.01.1798 fille de Jean Ménager et de Marie-Rose Brevet son épouse légitime…(registre clandestin de Vallet)

    Landemont
    Le registre clandestin de Vallet retranscrit des baptêmes faits par A.L. Peuriot, desservant Landemont à partir de 1798, alors âgé de 64 ans :

    Le 19.05.1798 Marie née le même jour au Bois-Benoît fille de Mathieu Babonneau et de Jeanne Sebileau a été baptisée par Mr Peuriot vice gérant de Landemont … (Acte recopié par Aubert dans le registre clandestin de Vallet)… Le 01.08.1799 Jean fils de Mathieu (idem)

    Ouvrage paru en 1990
    (C) Editions Odile HALBERT
    ISBN 2-9504443-1-8

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