Contrat de mariage de Philippe Cosnard et Anne Chappelière, Angers, 1622

elle est native du Maine

Parfois dans les contrats de mariage, on reste sur sa fin. Ici, ni les parents du futur, ni sa fortune personnelle ne sont évoqués.

Par contre, la future, ntaive de Blandouet, était servante chez Jean Joullain. Autrefois, le maître, c’est ainsi qu’on nommait l’employeur, ne versait pas un salaire mensuel, mais le plus souvent annuel, voire lors du mariage seulement, ainsi le domestique faisait malgré lui des économies, se constituant un petit pécule, certes souvent modeste, mais néanmoins suffisant pour s’installer.

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E5. Voici la retranscription intégrale de l’acte : samedy 1er octobre 1622 après midy, devant nous Nicolas Leconte notaire royal à Angers, ont esté présents
Phelippe Cosnard tissier en toille demeurant en la paroisse Saint Pierre de ceste ville d’une part,
et Anne Chappelière fille de deffunctz Jacques Chappelière et Nicole Joué sa femme vivants demeurant en la paroisse de Blandouet pays du Mayne demeurante ladite Anne en ceste ville dite paroisse Saint Pierre d’autre,
lesquels establys et soubzmis se sont promys et promettent mariage et icelluy solempniser en face de notre mère Ste léglise catholique apostolicque et romayne sy tost que l’un en sera par l’autre requis tout empeschement légityme cessant et ce (se) prendre avecq leurs droictz noms raisons et actions
o condition expresse que les deniers de ladite future espouze qu’elle a et luy peuvent estre deues tant pour ses services que autres et qui reviennent jusques à la somme de 100 livres et plus qu’elle a assuré et de partye de laquelle somme elle a cedulle de Jean Joullain son maistre et de laquelle somme elle fera aparoir dans le jour de leurs espousailles, seront par lesdits futurs espoux mis et employés aussy tost qu’il les aura receus en acquest d’héritage en ce pays d’Anjou de pareille valleur que les deniers qu’il recepvra sans qu’ils puissent ne aucune portion d’iceux tomber en la future communauté ains demeurer le propre patrimoyne et matrimoyne d’icelle future espouze et à deffault de faire ledit employ a ledit futur espoux constitué et constitue à sadite future espouze rente à rayson du denier vingt rachetable un an après la dissolution dudit futur mariage pour pareille somme de deniers qu’il aura rouchée à elle appartenant par un seul payement demeurant iceluy futur espoux tenu de payer ses debtes sur son bien hors par de communauté sans que aucuns biens de ladite Chappelière y puissent estre employés, (à propos des 100 livres, il est fort probable que le futur en possède un peu plus, mais l’acte ne dit pas si elle quittera son maître pour s’installer aussi tissier en toile, mais c’est ce que je suppose, parce que dans ce temps là le travail artisanal était en famille)
assignant ledit Cosnard futur espoux douayre coustumier à ladite Chappelière future espouse au désir de la coustume de ce pays cas de douayre avenant (lorsque l’un des deux est natif d’une province autre que que l’Anjou, le contrat de mariage spécifie à quel droit coutumier on se rapporte)
par ce que du tout lesdites parties sont demeurés d’accord et tout ainsy voulleu stippulé et accepté et à ce que dit est tenir etc dommages etc obligent lesdites parties etc renonçant etc foy jugement etc
fait audit Angers mayson et présence de noble homme Me François Brecheu Sr de la Prodhommerye advocat en ceste ville, aussy présents Estienne Chappelier frère de ladite future espouze menuysier demeurant de présent en ceste ville, Me Jean Michau licencié ès loix demeurant audit Angers, lesquels Cosnard et Chappelière ont dit ne scavoir signer

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Une réponse sur “Contrat de mariage de Philippe Cosnard et Anne Chappelière, Angers, 1622

  1. Report des commentaires parus dans mon ancien blog :
    Josette, le 29 juillet : en acquest d’héritage en ce pays d’Anjou …
    Comme vous l’aviez déjà signalé, les acquisitiosn seront faites en Anjou … Aujourd’hui, encore quelle richesse dans vos données … Nous espérons tous, un jour, découvrir parmi tous ces trésors découvrir un acte qui parlera des nôtres

    Note d’Odile le 29 juillet : Et je venais juste de mettre ce billet en ligne, lorsque j’ai lu en ligne, sur un grand quotidien, les tentatives de Bruxelles face au nombre croissant de mariages intracommunautaires et des droits nationaux différents sur le mariage. Je peux alors comparer cette Europe aux droits différents, à ce que nos ancêtres ont connu avec de réelles frontières douanières internes (nous n’en avons aucune en Europe !) et des droits coutumiers différents (nous avons des droits nationaux différents sur le plan civil du moins). Si j’ai bien compris ce que j’ai lu sur ce point, il faut trouver une solution européenne aux divorces, car qui dit montée en puissance des mariages intraeuropéens, dit aussi, inévitablement, montée des divorces compliqués…

    Marie-Laure, le 29 juillet : en effet surtout pour la garde des enfants…
    Par exemple avec la GB = ici ,il n’y a pas de de livret de famille.Le mariage peut être légal juste en se faisant à l’église (pas besoin de passer devant Mr le Maire…) , si athée ou de religion diffèrente on va au « Registry office  » (genre de mairie…).Un mariage sur trois finit par un divorce…alors le partage des biens est plutot compliqué ,d’un pays à l’autre, surtout si l’un des ex-conjoints retourne dans son pays d’origine…

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